Posté le 10.09.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962
10 septembre
St Nicolas de Tolentino, confesseur
Saint du jour : St Nicolas de Tolentino
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,9-14.
Car il semble que Dieu nous ait fait paraître, nous les Apôtres, comme les derniers des hommes, comme des condamnés à mort, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.
Nous, nous sommes insensés à cause du Christ, et vous, vous êtes sages en Jésus-Christ; nous, nous sommes faibles, et vous, vous êtes forts; vous, vous êtes en honneur, et nous dans le mépris !
A cette heure encore, nous souffrons la faim, la soif, la nudité; nous sommes meurtris de coups, nous n'avons ni feu ni lieu,
et nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains; maudits, nous bénissons; persécutés, nous le supportons;
calomniés, nous supplions; nous sommes jusqu'à présent comme des balayures du monde, le rebut des hommes.
Ce n'est pas pour vous faire honte que j'écris ces choses; mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,32-34.
Ne crains point, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume.
Vendez ce que vous avez, et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s'usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n'approche pas et la teigne ne détruit point.
Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d'Antioche puis de Constantinople, docteur de l'Église
Homélie sur les Evangiles
L'aumone est un trésor inépuisable dans les cieux
Il n'est point de péché que l'aumône ne puisse effacer, c'est un remède efficace pour toutes les blessures. Or, on ne fait pas seulement l'aumône en donnant de l'argent, mais en faisant des oeuvres de charité, en défendant le faible, en guérissant les malades, en donnant un sage conseil.
Sans l'aumône en effet, il est impossible de posséder le royaume ; une source qui retient ses eaux, se corrompt, il en est de même de ceux qui conservent leurs richesses pour eux-mêmes.
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Posté le 09.09.2008 par auto23652
"Santa Teresa de Jesús". Peinture à l'huile d'Alonso del Arco, XVIIe
Thérèse d'Ávila
Thérèse d'Ávila (15 mars 1515 - 4 octobre 1582), (en religion : Teresa de Jesús, baptisée : Teresa de Cepeda y Ahumada) est une sainte catholique et une réformatrice monastique du XVIe siècle.
En plus de son talent à réformer les couvents, elle s'est imposée comme un maître de la spiritualité chrétienne, fait remarquable à cette époque pour une femme. Elle naquit à Ávila (à 70 km au Nord-Ouest de Madrid), en Castille et mourut à Alba de Tormes (province de Salamanque) dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582, quand l'Espagne et le monde catholique basculèrent du calendrier julien au calendrier grégorien. Elle est fêtée le 15 octobre.
L'idéal pieux et l'exemple édifiant de la vie des saints et martyrs lui furent instillés dès son enfance par ses parents, le chevalier Alonso Sánchez de Cepeda et Beatriz d'Ávila y Ahumada. Sa famille paternelle était issue de Juifs convertis de Tolède. La branche maternelle était de la petite noblesse castillane. Elle est la troisième enfant d'une famille qui en comptera douze.
Selon la description faite dans ses écrits destinés à son confesseur (recueillis dans une autobiographie : Vida de Santa Teresa de Jesús), Thérèse montra dès sa tendre enfance une nature passionnée et une imagination fertile.
Son père, amateur de lecture, possédait quelques romans, dont l'étude suscita l'éveil de la sensibilité de la petite fille de six ans.
Précocement instruite des histoires édifiantes de la vie des saints, elle souhaitait vivre le martyre en allant avec son frère Rodrigue dans les “terres des infidèles”. Convaincus que leur projet était irréalisable, le frère et la sœur décidèrent de se faire ermites. Thérèse écrit : “Je faisais l'aumône comme je pouvais, et je pouvais peu. J'essayais la solitude pour prier mes dévotions, qui étaient nombreuses, et particulièrement le rosaire… J'aimais beaucoup faire comme si nous étions des nonnes dans des monastères, quand je jouais avec d'autres petites filles, et je pense que je souhaitais l'être."
En 1527,à l'âge de douze ans, Thérèse perdit sa mère. Passionnée de romans de chevalerie (elle en écrivit en 1529), elle oublia ses jeux d'enfance. Voilà ses paroles : “J'ai commencé à porter de beaux habits, et à vouloir paraître élégante, je soignais mes mains, ma coiffure et mes parfums, et toutes les vanités de cet âge, car j'étais très curieuse… j'avais quelques cousins germains… ils étaient à peu près de mon âge, un peu plus vieux que moi; nous étions toujours ensemble, ils m'aimaient beaucoup et chaque fois que quelque chose les rendait heureux, nous discutions et j'écoutais leurs joies et leurs enfantillages… Tout le mal me vint d'une parente (une cousine semble-t-il) qui venait souvent chez nous. Je me trouvais fréquemment en sa compagnie pour bavarder, car elle m'aidait dans toutes les idées de passe-temps qui me venaient à l'esprit, et m'en proposait même d'autres; elle me faisait également part de ses fréquentations et de ses futilités. Il me semble que ce fut lorsque je me mis à la fréquenter, à l'âge de quatorze ans, que le péché mortel m'éloigna de Dieu."
Seulement pendant trois mois, et avec la complicité des domestiques, elle succomba aux passe-temps des agréables compagnies, faisant ainsi courir un danger à elle-même et à l'honneur de son père et de ses frères. Elle avait aussi pris le goût de la parure avec le désir de plaire. Cependant elle-même déclare "qu'elle détestait les choses malhonnêtes". Son père coupa le mal à la racine en envoyant Thérèse au couvent de Santa María de Gracia à Ávila en 1531. Thérèse supporta difficilement son manque de liberté. Elle ne voulait pas devenir sœur, et ses adorateurs lui envoyaient des billets, mais comme selon ses propres mots “il n'y avait pas place pour tout cela, la chose cessa promptement”. Thérèse y resta jusqu'à l'automne 1532, sans se décider à embrasser la carrière religieuse.
Vocation religieuse
Tombée gravement malade, elle dut rentrer chez son père. Après sa convalescence, il la confia à sa sœur Marie de Cepeda qui vivait à Castellanos de la Cañada avec son mari, Don Martín de Guzmán y Barrientos. Luttant contre elle-même, elle parvint à dire à son père qu'elle souhaitait entrer dans les ordres, tout en sachant qu'elle ne reviendrait pas sur sa décision. Son père lui répondit qu'il ne l'accepterait jamais de son vivant. Thérèse fugua du domicile familial le 2 novembre 1533 pour le couvent de l'Incarnation d'Ávila. Celui-ci était un monastère non cloîtré permettant aux religieuses de sortir et de recevoir des visites. Elle y fit ses vœux le 3 novembre 1534. Thérèse passa vingt-sept ans dans cette communauté très nombreuse, de style encore médiéval. Ces premières années au carmel se passèrent sans événements très notables. Mais, très critique vis-à-vis des pratiques religieuses de l'ordre, elle souhaitait le réformer.
Après être entrée au couvent sa santé se détériora. Elle souffrit très probablement de crises d'épilepsie, d'évanouissements, d'une cardiopathie non définie et d'autres troubles ; ainsi se passa la première année. Pour la guérir, son père l'emmena en 1535 à Castellanos de la Cañada avec sa sœur. Thérèse resta dans ce village, où elle réussit à convertir un prêtre vivant en concubinage, jusqu'au printemps 1536, puis s'en fut à Becedos. De retour à Ávila (le dimanche des Rameaux de l'année 1537), elle subit en juillet une rechute de quatre jours chez son père. Elle resta paralysée pendant plus de deux ans. Aussi bien avant qu'après sa rechute, ses souffrances physiques furent extraordinaires.
Vers le milieu de l'année 1539, Thérèse recouvra la santé, selon elle grâce à Saint-Joseph. Avec la santé revinrent les goûts mondains, faciles à satisfaire, car la vie cloîtrée ne fut imposée à toutes les religieuses qu'en 1563. Thérèse vivait à nouveau au couvent, où elle recevait de fréquentes visites.
Selon elle son esprit s'alanguissait, au point de lui faire abandonner la prière (1541). Elle affirme qu'en 1542 Jésus-Christ lui apparut dans le parloir; le visage courroucé, il lui reprocha ses relations familières avec les personnes vivant dans le siècle. Thérèse conserva pourtant ce comportement pendant plusieurs années, jusqu'à ce qu'elle cessa de fréquenter ces personnes après avoir vu une image de Jésus sur la croix.
Les derniers mots de son père (décédé en 1541) l'avaient profondément impressionnée. Le prêtre qui lui avait donné les derniers sacrements (le dominicain Vicente Barón) devint le directeur de conscience de Thérèse, qui jusque là, connaissant ses fautes, ne voulait pas s'en corriger. La lecture des Confessions de Saint Augustin l'encouragea dans sa conversion. En 1555, les Jésuites Juan de Padranos et Baltasar Alvarez fondèrent un collège à Avila. Padranos devint le confesseur de Thérèse ; l'année suivante (1556), celle-ci commença à ressentir des faveurs spirituelles intenses, et peu après (1557) elle se vit encouragée par Saint-François Borgia. En 1558 elle eut sa première apparition ainsi que la vision de l'enfer; en 1559 elle prit pour confesseur Baltasar Alvarez, qui dirigea sa conscience pendant six ans, et reçut, dit-elle, de grandes faveurs célestes, parmi lesquelles la vision de Jésus ressuscité. En 1560 elle fit le vœu de toujours aspirer à la plus grande perfection ; saint Pierre d'Alcántara approuva cet état d'esprit, et San Luis Beltrán l'encouragea à mettre en œuvre son projet de réforme de l'Ordre du Carmel, qu'elle avait conçu vers cette date : elle voulait fonder à Ávila un monastère observant strictement la règle de l'Ordre, qui incluait l'obligation de la pauvreté, de la solitude et du silence. Son confesseur, le Dominicain Pedro Ibáñez, lui ordonna d'écrire sa vie, travail qui allait durer de 1561 à juin 1562 ; enfin, conseillée par Soto, elle réécrivit sa vie en 1566.
Selon le biographe Pierre Boudot : «Dans toutes les pages (du livre de sa vie) se voient les marques d'une passion vive, d'une franchise absolue et d'un illuminisme de la foi des fidèles. Toutes ses révélations témoignent de sa croyance profonde en une union spirituelle entre elle et le Christ. Elle voyait Dieu, la Vierge, les saints et les anges dans toute leur splendeur et elle recevait d'en-haut des inspirations mises à profit pour discipliner sa vie intérieure. Dans sa jeunesse, ses aspirations furent peu nombreuses et semblent confuses ; ce fut seulement en plein âge mûr qu'elles devinrent plus précises, plus fréquentes et aussi plus extraordinaires. Elle avait plus de quarante trois ans quand elle vécut sa première extase. Ses visions se succédèrent sans interruption pendant deux ans et demi (1559-1561). Soit par méfiance, soit pour la mettre à l'épreuve, ses supérieurs lui interdirent de s'abandonner à cet ardent penchant pour les dévotions mystiques, qui étaient pour elle comme une seconde vie, et lui ordonnèrent de résister à ces extases, dans lesquelles se consumait sa santé. Elle obéit, mais en dépit de ses efforts, sa prière était si continue que même le sommeil ne parvenait à en arrêter le cours. Simultanément, embrasée d'un violent désir de voir Dieu, elle se sentait mourir. Cet état singulier déclencha à plusieurs reprises la vision qui serait à l'origine d'une fête particulière dans l'ordre du Carmel. »
Cette allusion est évoquée dans sa biographie en français de 1559 : « Je vis un ange proche de moi du côté gauche… Il n'était pas grand mais plutôt petit, très beau, avec un visage si empourpré, qu'il ressemblait à ces anges aux couleurs si vives qu'ils semblent s'enflammer … Je voyais dans ses mains une lame d'or, et au bout, il semblait y avoir une flamme. Il me semblait l'enfoncer plusieurs fois dans mon cœur et atteindre mes entrailles : lorsqu'il le retirait, il me semblait les emporter avec lui, et me laissait toute embrasée d'un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu'elle m'arrachait des soupirs, et la suavité que me donnait cette très grande douleur, était si excessive qu'on ne pouvait que désirer qu'elle se poursuive, et que l'âme ne se contente de moins que Dieu. Ce n'est pas une douleur corporelle, mais spirituelle, même si le corps y participe un peu, et même très fort. C'est un échange d'amour si suave qui se passe entre l'âme et Dieu, que moi je supplie sa bonté de le révéler à ceux qui penseraient que je mens… Les jours où je vivais cela, j'allais comme abasourdie, je souhaitais ni voir ni parler avec personne, mais m'embraser dans ma peine, qui pour moi était une des plus grandes gloires, de celles qu'ont connu ses serviteurs » (Vie de Sainte Thérèse, chap. XXIX).
Pour perpétuer la mémoire de cette mystérieuse blessure, le Pape Benoît XIII, à la demande des Carmélites d'Espagne et d'Italie, établit en (1726) la fête de la Transverbération du cœur de Sainte Thérèse. Le biographe français ajoute : « Jusqu'à son dernier soupir, Thérèse eut le privilège de converser avec les personnes divines, qui la consolaient ou lui révélaient certains secrets du ciel; celui d'être transportée en enfer ou au purgatoire, et encore celui de prévoir l'avenir. »
Caractéristiques physiques
Francisco de Rivera, le confesseur de la sainte la décrivait ainsi : « Elle était de bonne stature, et au temps de sa jeunesse, belle, et encore au temps de sa vieillesse, elle supportait bien sa fatigue, le corps épais et très blanc, le visage rond et plein, de bonne taille et proportion ; le teint de couleur blanche et incarné, et lorsqu'elle était en prière, il s'enflammait et elle devenait très belle, tout ce teint clair et paisible ; la chevelure, noire et crépue, le front large, égal et beau; les sourcils de couleur claire et tirant un peu sur le noir, grands et un peu épais, non en arc, mais un peu plats.
Des couvents fondés dans toute l'Espagne
Dès 1560, Pierre d'Alcantara inspira Thérèse dans sa détermination à mettre en pratique sa foi et son appel mystique. Il devint son maître spirituel et son conseiller. Ce support moral lui permit d'entreprendre la création d'un carmel différent du laxisme qui l'avait choqué dans de nombreux cloîtres dont celui de l'Incarnation. L'entreprise fut financée par Guimara de Ullon, une riche donatrice et amie de la sainte.
Fin 1561, Thérèse reçut une somme d'argent envoyée par l'un de ses frères depuis le Pérou. Elle finança son projet de fondation du couvent Saint-Joseph. Pour ce projet, elle reçut l'aide de sa sœur Jeanne, dont le fils aurait été ressuscité par la sainte. Au début de l'année 1562, Thérèse partit à Tolède chez Doña Luisa de la Cerda, chez qui elle resta jusqu'en juin. La même année, elle fit connaissance du père Báñez, qui devint ensuite son principal directeur, et du frère García de Toledo, tous deux Dominicains.
Mécontente du « relâchement » des règles, qui avaient été assouplies en 1432 par Eugène IV, Thérèse décida de réformer l'ordre pour revenir à l'austérité, la pauvreté et l'isolement qui faisaient partie pour elle de l'esprit carmélite authentique. Elle demanda conseil à Francisco de Borja et à Pedro de Alcántara qui approuvèrent sa ligne de pensée et sa doctrine.
Après deux années de combat, la bulle de Pie IV pour la construction du couvent Saint-Joseph lui fut remise par ordre de frère García de Toledo à Ávila. Il inauguré le 24 août 1562, créant un type nouveau de communauté, mieux adapté à l'époque et plus fidèle à la tradition du Carme : selon elle, les religieux doivent vivre dans la pauvreté. Ils abandonnent les chaussures et sont ainsi rebaptisés les Carmes déchaussés ou les Carmes déchaux. Quatre novices du nouvel ordre des carmélites déchaussées de Saint-Joseph y emménagèrent.
Le dépouillement absolu du couvent Saint-Joseph, suscita critiques et hostilité chez les Avilans de tous bords et les édiles de la cité. Rapidement la nouvelle institution fut menacée de fermeture. Mais l'appui de puissants prescripteurs, dont l'évêque et les succès de subsistance déjouèrent l'animosité. Peu à peu, l'expérience devint un modèle.
En mars 1563, elle reçu la sanction papale pour ses principes de pauvreté absolue et de renoncement à la propriété formulés dans une "Constitution." Son but était le retour aux règles monastiques strictes telles que :
trois disciplines de cérémonie (flagellation) pour les messes hebdomadaires
le déchaussement des carmes
ou la substitution des chaussures par des sandales.
Les cinq premières années, Thérèse resta recluse, engagée dans son projet d'écriture.
Une réformatrice
Rubeo de Ravenna, principal des carmes, publia une lettre patente en 1567, autorisant la création d'autres couvents. Cet essaimage dans toutes les provinces d'Espagne généra de nombreux voyages pour la sainte qui fonda 17 couvents (Le Livre des fondations (publié, Madrid, 1880)). De 1567 à 1571, des couvents réformés furent ainsi établis à Medina del Campo, Malagon, Valladolid, Tolède, Pastrana, Salamanque et Alba de Tormes. Elle suscite le même élan chez les carmes, dont l'un des premiers fut Jean de la Croix.
Des émeutes à Ávila obligèrent la sainte à retourner au couvent de l'Incarnation, et, une fois les esprits calmés, Thérèse vécut quatre ans au couvent de Saint-Joseph dans une grande austérité. Les religieuses fidèles à sa réforme dormaient sur une paillasse, portaient des sandales de cuir ou de bois ; elles consacraient huit mois par an aux rigueurs du jeûne et s'abstenaient totalement de manger de la viande. Thérèse ne désira aucune distinction pour elle-même et vécut de la même manière que les autres religieuses.
La réforme progressa rapidement, malgré les faibles moyens dont disposait son instigatrice. Le père Rossie, supérieur général du Carmel, visita en 1567 le couvent de San José, et donna à Thérèse la permission de fonder d'autres couvents de femmes, et deux couvents d'homme. Elle se rendit à Madrid et Alcalá de Henares (fondé par son amie Marie de Jésus), pour réformer de nouveaux couvents Puis la réforme prit de l'ampleur dans les couvents d'hommes : un nouveau monastère fut fondé à Malagón. Thérèse se rendit ensuite à Tolède, où elle tomba malade, et passant par Escalona, elle revint à Ávila, avant de repartir pour Valladolid où elle fonda un nouveau couvent.
Elle vint ensuite à Alba (1574), avant d'aller, malgré son état de santé déplorable à Medina del Campo, Ávila et Ségovie. Dans cette ville elle créa un nouveau couvent qui servit aux religieuses chassées de leur cloître par Ana de Mendoza de la Cerda, princesse d'Éboli, ayant décidé de se convertir en religieuse sous le nom de sœur Ana de la Madre de Dios, sous un ordre différent de celui des Carmes.
Suivant son exemple et son esprit Jean de la Croix initia un mouvement de réforme monastique analogue. Les fondations de couvents de Ségovie (1571), Vegas de Segura (1574), Séville (1575), et de Caravaca de la Cruz (Murcie, 1576) furent appuyées par Géronimo Grecian, visiteur de l'ancienne observance carmélite et vicaire apostolique. Mais le charismatique et mystique Jean, usa de son pouvoir de prédication et d'enseignement pour donner son âme au mouvement.
La même année fut soumise, pour la première fois à l'Inquisition l'autobiographie de Thérèse, qui de retour à Ávila, après avoir terminé son prieuré à l'Incarnation le (6 octobre) était retournée à son couvent de Saint-Joseph. Puis elle alla à Valladolid en fin d'année. Début janvier 1575 elle vint à Avila en passant par Medina. Après une courte halte elle repartit pour Veas, Tolède, Malagón et Almodóvar. Dans cette dernière localité, elle fit les prophéties élégiaques du bienheureux Juan Bautista de la Concepción, réformateur des Trinitains. Après la fondation du dixième carmel à Veas le 24 février, et celui d'Almodóvar del Campo, elle continua le 7 mars, malade et éprouvée par le voyage, vers Séville. Elle y subit de nombreuses contradictions, mais parvint à ouvrir un couvent, son dernier, dans cette ville.
En 1576 une série de persécutions fut lancée par l'ordre carmélite de l'ancienne observance contre les réformateurs, Thérèse et ses disciples. En suivant des décrets adoptés lors de la réunion générale du chapitre à Plaisance, les "définisseurs" de l'ordre gelèrent toute nouvelle ouverture de couvents. Thérèse fut assignée à rester dans l'un de ses couvents. Elle obéit et choisit Saint-Joseph à Tolède. Ses amis et disciples furent soumis à des décisions encore plus sévères.
Dernières fondations
Thérèse d'Ávila par RubensAprès (1582), elle fut à Medina del campo, Valladolid, Palencia et Burgos, presque toujours malade. Elle sut que le seizième couvent carmélite avait été créé à Grenade et un de déchaussées à Lisbonne. Le dix-septième carmel fut créé à Burgos, où elle initia sa dernière fondation. Après Burgos, elle continua sa route en passant par Palencia, Valladolid, Medina del Campo et Peñaranda.
Décès et reliques
A son arrivée à Alba de Tormes (le 20 septembre) son état empira. Elle mourut dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582, quand l'Espagne et le monde catholique basculèrent du calendrier julien au calendrier grégorien. Sa dépouille fut enterrée dans le couvent de l'Annonciation de la ville, une main ayant été sectionnée et conservée dans un reliquaire d'Avila (le père Gracián en coupa le petit doigt).
A son exhumation le 25 novembre 1585, découverte incorrompue alors que les vêtements avaient pourri, on y laissa un bras et le reste du corps fut envoyé à Avila, dans la salle du chapitre du couvent de Saint-Joseph. Le transfert se fit un samedi du mois de novembre de 1585, presque en secret. Les religieuses du couvent d'Alba de Tormes demandèrent à conserver un bras comme relique. Quand le duc d'Alba se rendit compte du transfert, il se plaignit à Rome et entama des négociations pour le récupérer. Le corps fut renvoyé à nouveau à Alba de Tormes, par ordre papal (1586). En 1598, un sépulcre fut édifié. On y transféra son corps, toujours intact, dans une nouvelle chapelle en 1616, puis en 1670, dans une chasse d'argent.
Après ces événements, on ne fit plus d'autres atteintes à ses restes. Ils sont désormais dans plusieurs endroits :
Son pied droit et une partie de la mandibule supérieure sont à Rome.
Sa main gauche à Lisbonne
Son œil gauche et sa main droite à Ronda (Espagne).
Son bras gauche et son cœur dans des reliquaires du musée de l'église de l'Annonciation d'Alba de Tormes.
Ses doigts sont conservés dans divers endroits d'Espagne.
Titres posthumes
Thérèse fut béatifiée en 1614 par Paul V, et incluse parmi les saints par Grégoire XV le 12 mars 1622 puis fut désignée (1627) comme patronne d'Espagne par Urbain VIII.
Le pape Paul VI la proclame, avec Catherine de Sienne, docteur de l'Église en 1970. Le mysticisme de son œuvre influença durablement les théologiens des siècles suivants, notamment saint François de Sales, Fénelon, et les jansénistes de Port-Royal.
Elle a profondément inspiré Paul Verlaine dans son travail de reconversion, et notamment pour le recueil "Sagesse" ("Ô mon Dieu vous m'avez blessé d'amour"). Elle était pour lui l'exemple même de "la femme de génie" ("Voyage en France par un Français").
Œuvre littéraire
Animée par son enthousiasme, Thérèse sut rendre par écrit sa foi au travers de poèmes aux vers faciles. Le style ardent et passionné est témoin de cet idéal d'amour embrassé par le choix de la vie monastique.
Œuvres mystiques à portée didactique
Elle a laissé plusieurs écrits traitant de spiritualité, en particulier :
Chemins de perfection, Camino de perfección (entre 1569-1576, l'ouvrage ayant eu de nombreuses révisions, le manuscrit étant parti à l'Escurial, partie au carmel de Valladolid)
Pensées sur l'amour de Dieu, Conceptos del amor de Dios
Le Château intérieur, Castillo Interior ou las moradas, écrit en trois mois en 1577 et dont le manuscrit est conservé au carmel de Séville.
Œuvres d'organisation et de prière
Vida de Santa Teresa de Jesús (1562-1565) autobiographie dont les originaux se trouvent au Monastère Saint-Laurent de l'Escorial;
Libro de las relaciones;
Les Fondations (Libro de las fundaciones) (1573-1582);
Libro de las constituciones (1563);
Avisos de Santa Teresa ;
Modo de visitar los conventos de religiosas;
Exclamaciones del alma a su Dios;
Meditaciones sobre los cantares;
Visita de descalzas;
Avisos;
Ordenanzas de una cofradía;
Apuntaciones;
Desafío espiritual et
Vejamen.
Autres contributions
Thérèse écrivit aussi de nombreux poèmes, cartes. Ses écrits ont fait l'objet de traductions dans beaucoup de langues. Son nom figure parmi le Catalogue des autorités de la langue (espagnole) publié par la Real Academia Española.
Il existe également une importante correspondance, plus de 400 lettres ayant été conservées.
Citations
"Si Satan pouvait aimer, il arrêterait d'être mauvais."
" nada te turbe,
nada te espante,
todo se pasa,
Dios no se muda
La paciencia todo lo alcanza
quien a Dios tiene
nada le falta
solo Dios basta."
"Que rien ne te trouble
Que rien ne t'effraie
Tout passe
Dieu ne change pas
La patience permet tout
Qui en Dieu a foi
Ne manquera de rien
Seul Dieu suffit"
Lien avec les oeuvres de la Sainte
http://auto23652.centerblog.net/4124051-Le-Chateau-Interieur
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Posté le 09.09.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
9 septembre
de la férie
Saint du jour : Saint Omer
Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens 4,1-6.
Je vous prie donc instamment, moi qui suis prisonnier dans le Seigneur, d'avoir une conduite digne de la vocation à laquelle vous avez été appelés,
en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant mutuellement avec charité,
vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix.
Il n'y a qu'un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés par votre vocation à une même espérance.
Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême,
un Dieu, Père de tous, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous, qui est en tous.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,34-46.
Les Pharisiens, ayant appris que Jésus avait réduit au silence les Sadducéens, se rassemblèrent.
Et l'un d'eux, docteur de la loi, lui demanda pour l'embarrasser :
" Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi? "
Il lui dit : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
C'est là le plus grand et le premier commandement.
Un second lui est égal : Tu aimeras ton proche comme toi-même.
En ces deux commandements tient toute la Loi, et les Prophètes. "
Les Pharisiens étant rassemblés, Jésus leur fit cette question :
" Que pensez-vous du Christ? De qui est-il fils? " Ils lui disent : " De David. —
Comment donc, leur dit-il, David (inspiré) par l'Esprit l'appelle-t-il Seigneur, quand il dit :
Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis sous tes pieds?
Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils? "
Et nul ne pouvait lui répondre mot, et, depuis ce jour, personne n'osa plus l'interroger.
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l'Église
Cinquième Demeure, 3
Le grand commandement
Dieu ne demande de nous que deux choses : que nous l'aimions et que nous aimions notre prochain. Voilà quel doit être le but de nos efforts. Si nous nous y conformons d'une manière parfaite, nous accomplissons sa volonté et nous lui sommes unis. Mais que nous sommes loin de remplir ce double précepte comme nous le devrions au service d'un Dieu si grand ! Plaise à sa Majesté de nous donner sa grâce, afin que nous méritions de parvenir à cette perfection, car cela est en notre pouvoir, si nous le voulons.
La marque la plus sûre, à mon avis, pour savoir si nous avons ce double amour consiste à aimer véritablement le prochain, car nous ne pouvons avoir la certitude que nous aimons Dieu, bien que nous en ayons des indices très sérieux ; mais nous pouvons savoir sûrement si nous aimons le prochain. Soyez certaines que plus vous découvrirez en vous de progrès dans l'amour du prochain, plus vous serez avancées dans l'amour de Dieu. L'amour que Dieu nous porte est tellement profond qu'en retour de celui que nous avons pour le prochain il perfectionne de mille manières celui que nous portons à lui-même ; je ne puis avoir aucun doute sur ce point. Voilà pourquoi il est très important de bien considérer comment nous aimons le prochain ; dès lors que cet amour est parfait, on a réalisé tout ce qu'il fallait. Car, à mon avis, notre nature est tellement dépravée que, si notre amour pour le prochain ne prenait ses racines dans l'amour même de Dieu, il ne pourrait s'élever à la perfection.
Posté le 07.09.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
8 septembre
Nativité de la sainte Vierge
Saint du jour : Nativité de la Sainte Vierge
Livre des Proverbes 8,22-25.
« Yahweh m'a possédée au commencement de ses voies, avant ses oeuvres les plus anciennes.
J'ai été fondée dès l'éternité, dès le commencement, avant les origines de la terre.
Il n'y avait point d'abîmes quand je fus enfantée, point de sources chargées d'eaux.
Avant que les montagnes fussent affermies, avant les collines, j'étais enfantée.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1,1-16.
Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham.
Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères;
Juda, de Thamar, engendra Pharès et Zara; Phares engendra Esrom; Esrom engendra Aram;
Aram engendra Aminadab; Aminadab engendra Naasson; Naasson engendra Salmon;
Salmon, de Rahab, engendra Booz; Booz, de Ruth, engendra Obed; Obed engendra Jessé;
Jessé engendra le roi David. David engendra Salomon de la femme d'Urie;
Salomon engendra Roboam; Roboam engendra Abia; Abia engendra Asa;
Asa engendra Josaphat; Josaphat engendra Joram; Joram engendra Ozias;
Ozias engendra Joatham; Joatham engendra Achaz; Achaz engendra Ezéchias;
Ezéchias engendra Manassé; Manassé engendra Amon; Amon engendra Josias;
Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone.
Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel; Salatheil engendra Zorobabel;
Zorobabel engendra Abioud; Abioud engendra Eliacim; Eliacim engendra Azor;
Azor engendra Sadoc; Sadoc engendra Achim; Achim engendra Elioud;
Elioud engendra Eléazar; Eléazar engendra Matthan; Matthan engendra Jacob;
Jacob engendra Joseph l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qu'on appelle Christ.
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Nicolas Cabasilas (vers 1320-1363), théologien laïc grec
Homélie pour la Nativité de la Mère de Dieu, 16, 18 ; Patrologia orientalis, t. 19 (trad. Homélies mariales byzantines, p. 482s)
« Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21,5)
Lorsque le moment fut venu pour la nature humaine de rencontrer la nature divine et de lui être unie si intimement que les deux ne formeraient qu'une seule personne, chacune d'entre elles devait nécessairement être déjà manifestée dans son intégrité. Dieu, pour sa part, s'était révélé de la manière qui convenait à Dieu ; et la Vierge est seule à mettre la nature humaine en lumière... Il semble bien que si Dieu s'est mêlé à la nature humaine non pas dès son origine mais à la fin des temps (Ga 4,4), c'est parce que, avant ce moment, cette nature n'était pas encore pleinement née, tandis que maintenant, en Marie, elle apparaît pour la première fois dans son intégrité...
C'est tout cela que nous sommes venus célébrer avec éclat aujourd'hui. Le jour de la naissance de la Vierge est aussi celui de la naissance du monde entier, car ce jour a vu naître le premier être pleinement humain. Maintenant, « la terre » a vraiment « donné son fruit » (Ps 66,7), cette terre qui de tout temps n'avait produit, avec des ronces et des épines, que la corruption du péché (Gn 3,18). Maintenant le ciel sait qu'il n'a pas été bâti en vain, puisque l'humanité, pour laquelle il fut construit, voit le jour...
C'est pourquoi la création tout entière fait monter vers la Vierge une louange sans fin, toute langue chante sa gloire d'une voix unanime, tous les hommes et tous les choeurs des anges ne cessent de créer des hymnes à la Mère de Dieu. Nous aussi, nous la chantons et nous lui offrons tous ensemble notre louange... A toi seule, Vierge digne de toute louange, ainsi qu'à ton amour pour les hommes, il appartient d'apprécier le bienfait de la grâce obtenue non par nous mais par ta générosité. Choisie comme don offert à Dieu parmi toute notre race, tu as paré de beauté le reste de l'humanité. Sanctifie donc notre coeur qui a conçu les paroles que nous t'adressons, et empêche le terrain de notre âme de produire aucun mal, par la grâce et la bonté de ton Fils unique, le Seigneur Dieu et notre Sauveur Jésus Christ.
Posté le 07.09.2008 par auto23652
Fideliter N° 185 - Motu proprio un an après - Editorial par l'abbé Régis de Cacqueray
Depuis un an, des jugements contradictoires ont été émis concernant le Motu Proprio Summorum pontificum de juillet 2007. Avec le recul, il est possible d'y voir plus clair.
Le point fondamental pour bien l'interpréter, me semble-t-il, est de percevoir qu'il inaugure un mouvement concernant la liturgie et, de ce fait, l'Église elle-même (Lex orandi, lex credendi). C'est seulement en évaluant le sens et la portée de ce mouvement qu'on peut exprimer un jugement juste, et justifié.
Un mouvement démarre d'un point de départ. Quelle est la situation de la liturgie en juin 2007? La domination quasi totale, écrasante, de la messe dite de Paul VI, et l'élimination à peu près absolue de la messe traditionnelle, considérée soit comme totalement dépassée, soit comme carrément interdite.
Face à cela, deux très petits groupes. D'une part, les « traditionalistes » qui déclarent sans discontinuer que la messe traditionnelle n'est pas interdite et ne peut pas l'être, et qui n'ont jamais accepté la messe de Paul VI; mais ceux-là sont durement persécutés par les autoritésecclésiastiques. D'autre part, les « Ecclesia Dei » à qui, par la grâce de quelques lois d'exception, est permis dans des conditions restrictives de célébrer la messe traditionnelle, au titre d'une préférence spirituelle.
Le premier article du Motu Proprio est évidemment inacceptable: la messe traditionnelle et la messe de Paul VI sont « deux mises en œuvre de l'unique rite romain ». Mais cette formule exprime simplement le point de départ.
Or, à partir de cet état des lieux (catastrophique), le Motu Proprio va ouvrir la voie, et beaucoup plus largement que tout ce qui avait été fait jusqu'ici, à la célébration de la messe traditionnelle.
« Le Missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le Bx Jean XXIII doit (...) être honoré en raison de son usage vénérable »; « Il est donc permis de célébrer le sacrifice de la messe suivant l'édition type du Missel romain promulgué par le Bx Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé »; « Tout prêtre catholique de rite latin, qu'il soit séculier ou religieux, peut utiliser le Missel romain publié en 1962 par le Bx Pape Jean XXIII »; « Pour célébrer ainsi (...), le prêtre n'a besoin d'aucune autorisation, ni du Siège apostolique ni de son Ordinaire », etc.
Et aussi (lettre du pape): « Je voudrais attirer l'attention sur le fait que le Missel de 1962 n'a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé ».
Le Motu Proprio ouvre donc une porte vers la liturgie traditionnelle pour tous ceux, et ils sont immensément nombreux, qui en ont été privés illégitimement depuis quarante ans.
Cela ne concerne pas, bien sûr, ceux qui savent que la messe traditionnelle ne peut pas être interdite, et y assistent donc en toute sûreté de conscience. Pour cette minorité, hélas! que sont les « traditionalistes », utiliser le Motu Proprio serait une régression: ce serait admettre que la messe de Paul VI a « la même dignité » que la messe traditionnelle: ce qu'à bon droit nous avons toujours refusé.
En revanche, ceux qui ne connaissent que la messe de Paul VI et étaientjusqu'ici persuadés, en raison de la propagande, que la messe traditionnelle était interdite voire mauvaise, peuvent désormais avoir l'occasion, grâce au Motu Proprio, d'accéder à cette messe et d'en découvrir les richesses.
Tel est le sens essentiel du mouvement inauguré par le Motu Proprio: une certaine possibilité, pour tant de baptisés qui en ont été privés depuis des décennies, de voir pour la première fois la liturgie traditionnelle de l'Église et de s'y réhabituer; passage progressif mais humainement nécessaire pour commencer à sortir, au moins au plan liturgique, de la crise.
Les évêques français (en particulier) ne s'y sont pas trompés, qui font tout pour bloquer, restreindre, dénaturer le Motu Proprio.
Ne nous y trompons donc pas nous-mêmes.
Abbé Régis de Cacqueray †, Supérieur du District de France
Posté le 07.09.2008 par auto23652
Una Voce
http://www.unavoce.fr/content/view/1041/26/
XVIIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE - Vert - 2 e classe
Nous abordons, avec le dix-septième dimanche après la Pentecôte, la dernière partie de ce temps liturgique. Rappelons qu'il représente dans l'année la longue marche de l'Église depuis les Apôtres jusqu'à la fin des temps, et en ces derniers dimanches la pensée de l'Église se tourne de plus en plus vers le retour glorieux du Seigneur et le jugement dernier ; on en avait déjà eu un écho dans le Graduel du seizième dimanche, où une phrase annonçait qu'il paraîtrait dans sa majesté.
Un des thèmes que nous allons retrouver le plus souvent durant cette période, lié à la perspective du Jugement dernier, est celui de la justice et de la miséricorde, les deux attributs divins...
C'est précisément le thème de l'Introït de ce dimanche, qui réunit deux versets du psaume 118, la longue méditation sur la loi de Dieu et sa volonté, que nous avons souvent rencontré, et qui reviendra à plusieurs reprises en ces derniers dimanches après la Pentecôte. Ces deux versets, très courts, ne se suivent pas dans le psaume et ont été ici rapprochés intentionnellement :
Justus es, Domine, et rectum judicium tuum ; fac cum servo tuo secundum misericordiam tuam.
Vous êtes juste, Seigneur, et votre jugement est droit ; traitez votre serviteur selon votre miséricorde.
La justice et la miséricorde semblent à première vue s'opposer : la justice nous condamne, la miséricorde nous sauve ; nous affirmons la première : justus es..., nous implorons la seconde : fac cum servo tuo... Mais en Dieu la justice et la miséricorde ne font qu'un, l'une ne va pas sans l'autre ; c'est ce qu'exprime la mélodie de cet Introït, très ramassée, qui fait de ces deux phrases littéraires une seule phrase musicale, avec une grande montée qui part en plein élan dès l'intonation et s'élève jusqu'au sommet sur les mots servo tuo, suivie d'une descente calme et progressive.
Le verset de cet Introït est bien entendu le premier du psaume 118 :
Beati immaculati in via, qui ambulant in lege Domini.
Heureux ceux qui s'avancent sans tache dans la voie de la loi du Seigneur.
Graduel : Beata gens
Comme l'Introït, le Graduel du dix-septième dimanche après la Pentecôte est formé de deux versets de psaume qui ne se suivent pas dans le texte original et ont été ici rapprochés intentionnellement. Il s'agit cette fois du psaume 32, cantique de louange à la bonté et à la toute puissance du créateur, par lequel les Israélites célébraient le bonheur de faire partie du peuple élu :
Beata gens cujus est Dominus Deus eorum, populus, quem elegit in hereditatem sibi. Verbo Domini cæli firmati sunt, et spiritu oris ejus omnis virtus eorum.
Heureuse la nation dont le Seigneur est le Dieu, le peuple qu'il s'est choisi pour héritage. Par la parole du Seigneur les cieux ont été affermis, et par le souffle de sa bouche toute leur puissance.
Il faut entendre ici les cieux au sens cosmique : c'est tout l'univers qui chante son créateur, la parole verbum qui lui donne la vie, et le souffle spiritus qui lui donne la cohésion ; nous reconnaissons ce que le psalmiste annonçait sans le savoir, les trois personnes divines, le créateur, le verbe et l'esprit, et leur toute puissance agissante. Le peuple de Dieu, qui est maintenant l'Église, est également leur œuvre.
Ce Graduel, comme celui du septième dimanche après la Pentecôte, était déjà chanté le mercredi de la quatrième semaine de Carême, appelé ferie des grands scrutins, car c'était le jour où l'on désignait dans l'église primitive les catéchumènes qui allaient recevoir le baptême à la Vigile pascale. " Le peuple que Dieu s'est choisi ", c'était eux, aujourd'hui ce sont tous les baptisés : heureux sommes nous d'en faire partie. Mais on ne peut s'empêcher en chantant ces mots de penser ê la France, qui est actuellement si infidèle à sa vocation...
La mélodie exprime bien ce bonheur, cette reconnaissance et cette louange. Si elle ne comporte pas de grandes vocalises, elle est ample et développée, avec des montées pleines d'ardeur et des descentes très calmes. La première partie culmine sur le mot populus, très affirmé ; dans la deuxième partie, la première phrase bondit dès le départ et se tient dans les hauteurs, culminant sur le mot cæli, puis on retrouve les montées et descentes pleines de ferveur.
Alléluia : Domine exaudi
Le texte de l'Alléluia du dix-septième dimanche après la Pentecôte est encore le premier verset d'un psaume ; il s'agit du psaume 101, auquel le Graduel du dimanche précédent était déjà emprunté. Mais il s'agissait alors d'un passage pris dans la dernière partie du psaume, chant d'espérance du peuple d'Israël exilé, alors que le début est un appel angoissé à l'aide divine :
Domine exaudi orationem meam et clamor meus ad te veniat.
Seigneur exaucez ma prière et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
Ce verset est bien connu ; il revient continuellement dans la liturgie, en particulier avant certaines oraisons. Il s'agit d'un appel suppliant comme on en rencontre sans cesse, et il tranche sur les Alléluias des semaines précédentes, acclamations de louange à la majesté et à la toute puissance divine. Comme nous l'avons déjà constaté, un Alléluia n'est pas toujours joyeux.
Cependant la vocalise du mot alléluia, assez courte mais franchissant toute l'octave en une belle courbe élégante, pourrait se prêter à une expression joyeuse. Mais le verset est une supplication intense, culminant sur les deux mots exaudi et meus en deux montées très expressives.
Offertoire : Oravi
Nous retrouvons dans l'Offertoire du dix-septième dimanche après la Pentecôte un des grands Offertoires de ce temps liturgique qui ne sont pas tirés des psaumes mais d'autres livres de l'Ancien Testament, comme nous en avons déjà trouvé au septième et au douzième dimanche, et nous retrouverons de plus en plus de textes analogues dans les chants du propre de ces derniers dimanches, Offertoires mais aussi Introïts. Ce sont souvent des prières du peuple d'Israël reconnaissant humblement qu'il a mérité par ses péchés les châtiments qui se sont abattus sur lui, et suppliant le Seigneur de le délivrer ; c'est toujours le thème de la justice et de la miséricorde que présentait l'Introït de cette messe.
L'Offertoire de ce dimanche est tiré du livre de Daniel ; nous avions déjà rencontré au septième dimanche la belle prière des trois jeunes Hébreux dans la fournaise, que nous retrouverons à l'Introït du vingtième. Ici c'est Daniel lui-même qui s'adresse au Seigneur en des circonstances analogues ; mais le texte de cet Offertoire ne reprend pas dans cette prière la partie d'humble reconnaissance des péchés, gardant seulement la partie suppliante :
Oravi Deum meum ego Daniel, dicens : Exaudi, Domine, preces servi tui ; illumina faciem tuam super sanctuarium tuum : et propitius intende populum istum, super quem invocatum est nomen tuum, Deus.
Moi, Daniel, j'ai prié mon Dieu en disant : Seigneur, exaucez les prières de votre serviteur ; faites briller votre visage sur votre sanctuaire, et tournez-vous avec bienveillance vers ce peuple sur lequel est invoqué votre nom, Ô Dieu !
L'expression " faites briller votre visage " que l'on rencontre assez souvent dans la Bible (voir la Communion du dimanche de la Septuagésime) signifie : montrez vous favorable. De plus le texte de Daniel précise : sur votre sanctuaire dévasté, mot qui n'a pas été conservé dans l'Offertoire ; il s'agit donc du temple de Jérusalem abandonné et ruiné, que le peuple hébreu captif aspire à retrouver. Aujourd'hui le " sanctuaire dévasté " pour lequel nous prions c'est l'Église en proie à une crise douloureuse, et comme au Graduel nous ne pouvons nous empêcher de penser aussi à la France...
Communion : Vovete
Le texte de la Communion du dix-septième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 75, cantique d'action de grâces au Seigneur après une grande victoire remportée par le peuple d'Israël sur les rois et les puissants de ce monde qui refusaient de reconnaître le vrai Dieu ; tout le peuple était invité en une grande procession triomphale à venir apporter ses offrandes autour de l'autel en reconnaissance au Dieu tout puissant :
Vovete, et reddite Domino Deo vestro, omnes qui in circuitu ejus affertis munera ; terribili, et ei qui aufert spiritum principum : terribili apud omnes reges terræ.
Faites des vœux et acquittez-les au Seigneur votre Dieu, vous qui l'entourez en apportant vos présents, à ce Dieu redoutable, lui qui enlève la vie aux puissants, redoutable devant tous les rois de la terre.
Au moment de la communion, nous venons aussi en procession nous offrir au Christ qui a emporté la victoire sur Satan et qui nous soutient dans notre combat. La mélodie, solennelle et pleine de mouvement, est vraiment celle d'une procession triomphale. On notera le contraste entre les deux terribili : le premier s'élance hardiment dans l'aigu, où toute la phrase se tient ensuite avec une joyeuse assurance ; le second au contraire amorce une descente de la mélodie dans le grave, pleine d'autorité, avant qu'elle ne remonte avec force pour la cadence finale.
Posté le 07.09.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
7 septembre
Saint du jour : Ste Reine
Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens 4,1-6.
Je vous prie donc instamment, moi qui suis prisonnier dans le Seigneur, d'avoir une conduite digne de la vocation à laquelle vous avez été appelés,
en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant mutuellement avec charité,
vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix.
Il n'y a qu'un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés par votre vocation à une même espérance.
Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême,
un Dieu, Père de tous, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous, qui est en tous.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,34-46.
Les Pharisiens, ayant appris que Jésus avait réduit au silence les Sadducéens, se rassemblèrent.
Et l'un d'eux, docteur de la loi, lui demanda pour l'embarrasser :
" Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi? "
Il lui dit : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
C'est là le plus grand et le premier commandement.
Un second lui est égal : Tu aimeras ton proche comme toi-même.
En ces deux commandements tient toute la Loi, et les Prophètes. "
Les Pharisiens étant rassemblés, Jésus leur fit cette question :
" Que pensez-vous du Christ? De qui est-il fils? " Ils lui disent : " De David. —
Comment donc, leur dit-il, David (inspiré) par l'Esprit l'appelle-t-il Seigneur, quand il dit :
Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis sous tes pieds?
Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils? "
Et nul ne pouvait lui répondre mot, et, depuis ce jour, personne n'osa plus l'interroger.
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Basile (vers 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l'Église
Grandes Règles, Q. 2 (trad. Lèbe, Maredsous 1969, p. 50 )
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur »
Nous avons reçu de Dieu la tendance naturelle à faire ce qu'il commande et nous ne pouvons donc pas nous insurger comme s'il nous demandait une chose tout à fait extraordinaire, ni nous enorgueillir comme si nous apportions plus que ce qui nous est donné... En recevant de Dieu le commandement de l'amour, nous avons aussitôt, dès notre origine, possédé la faculté naturelle d'aimer. Ce n'est pas du dehors que nous en sommes informés ; chacun peut s'en rendre compte par lui-même car nous cherchons naturellement ce qui est beau...; sans qu'on nous l'apprenne, nous aimons ceux qui nous sont apparentés par le sang ou par l'alliance ; nous manifestons enfin volontiers notre bienveillance à nos bienfaiteurs.
Or, quoi de plus admirable que la beauté de Dieu ?... Quel désir est ardent comme la soif provoquée par Dieu dans l'âme purifiée, s'écriant dans une émotion sincère : « L'amour m'a blessée » ? (Ct 2,5)... Cette beauté est invisible aux yeux du corps ; l'âme seule et l'intelligence peuvent la saisir. Chaque fois qu'elle a illuminé les saints, elle a laissé en eux l'aiguillon d'un grand désir, au point qu'ils se sont écriés : « Malheur à moi, parce que mon exil s'est prolongé » (Ps 119,5), « Quand irai-je contempler la face du Seigneur ? » (Ps 41,3) et « Je voudrais m'en aller et être avec le Christ » (Ph 1,23). « Mon âme a soif du Seigneur vivant » (Ps 41,3)... C'est ainsi que les hommes aspirent naturellement vers le beau. Mais ce qui est bon est aussi souverainement aimable ; or Dieu est bon ; donc tout recherche le bon ; donc tout recherche Dieu...
Si l'affection des enfants pour leurs parents est un sentiment naturel qui se manifeste dans l'instinct des animaux et dans la disposition des hommes à aimer leur mère dès leur jeune âge, ne soyons pas moins intelligents que des enfants, ni plus stupides que des bêtes sauvages : ne restons pas devant Dieu qui nous a créés comme des étrangers sans amour. Même si nous n'avons pas appris par sa bonté ce qu'il est, nous devrions encore, pour le seul motif que nous avons été créés par lui, l'aimer par-dessus tout, et rester attachés à son souvenir comme des enfants à celui de leur mère.
Posté le 05.09.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
6 septembre
De la Sainte Vierge (Salve sancta parens)
Saint du jour : St Bertrand
Livre de l'Ecclésiastique 24,14-16.
Je me suis élevée comme le palmier sur les rivages, et comme les rosiers à Jéricho; comme un bel olivier dans la plaine, et je me suis élevée comme un platane.
J'ai donné du parfum comme la cannelle et comme le baume odorant, et comme une myrrhe choisie j'ai répandu une odeur suave, comme le galbanum, l'onyx et le stacte, et comme la vapeur de l'encens dans le tabernacle.
J'ai étendu mes branches comme le térébinthe, et mes rameaux sont des rameaux de gloire et de grâce.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,27-28.
Or, comme il parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : " Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles que vous avez sucées ! "
Mais il lui dit : " Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! "
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Père Emmanuel André (1826 - ?), o.s.b.
Méditations pour tous les jours - Éd. Sainte-Madeleine, TÉQUI (cliquer)
Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu
Que cette parole est puissante et qu'elle est grande! Elle signe à l'avance tout ce que Notre-Seigneur dira, comme tout ce qu'il a dit.
Il faut l'écouter : sinon, on se place en dehors de toute vérité, de toute lumière, en dehors de la voie du salut.
Il faut l'écouter, sinon on s'exclut soi-même du royaume de Dieu, de toute paix, de toute justice, de tout bonheur, de tout amour.
Ô Seigneur Jésus, nous voulons vous écouter, par la foi, et croire à toutes vos paroles; par la charité, et marcher toujours dans la voie de votre amour; dans la prière, et toujours recevoir le mouvement de votre grâce, l'inspiration de votre Esprit.
Toujours, Seigneur, nous dirons comme le Psalmiste : «J'écouterai ce que dira en moi le Seigneur mon Dieu.»
Parlez, Seigneur Jésus, mon âme vous écoute.
Posté le 05.09.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
5 septembre
St Laurent Justinien, évêque et confesseur
Saint du jour : St Laurent Justinien
Livre de l'Ecclésiastique 44,16-27.45,3-20.
Hénoch fut agréable au Seigneur, et il a été transporté, exemple de pénitence pour les générations.
Noé a été trouvé parfait et juste; au temps de la colère, il fut la rançon de l'humanité. C'est pourquoi un reste fut laissé à la terre, lorsque le déluge arriva.
Une alliance éternelle a été faite avec lui, afin que toute chair ne fût plus détruite par un déluge.
Abraham est l'illustre père d'une multitude de nations, et il ne s'est trouvé personne qui l'égalât en gloire.
Il a gardé la loi du Très-Haut, et il est entré en alliance avec lui. Il a institué cette alliance dans sa chair, et, dans l'épreuve, il s'est montré fidèle.
Aussi Dieu lui assura par serment que les nations seraient bénies dans sa race; il lui promit de le multiplier comme la pussière de la terre, d'élever sa postérité comme les étoiles, de leur donner en héritage depuis la mer jusqu'à l'autre mer, depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre.
De la même manière il confirma en Isaac, à cause de son père Abraham, la bénédiction de tous les peuples et l'alliance.
Et il la fit reposer ensuite sur la tête de Jacob; il eut égard à lui dans ses bénédictions; il lui donna le pays en héritage; il en fit diverses portions, et les partagea entre les douze tribus.
Par sa parole, il a fait cesser les prodiges; il l'a glorifié devant les rois; il lui a donné des commandements pour son peuple, et il lui a fait voir un rayon de sa gloire.
A cause de sa foi et de sa mansuétude, il l'a consacré, il l'a choisi d'entre tous les mortels.
Il lui a fait entendre sa voix, et l'a introduit dans la nuée; il lui a donné face à face des commandements, la loi de la vie et de la science, pour qu'il enseignât à Jacob son alliance, et ses décrets à Israël.
Il a élevé Aaron, un saint semblable à lui, son frère, de la tribu de Lévi.
Il conclut avec lui une alliance éternelle, et lui donna le sacerdoce de son peuple. Il l'orna d'une splendide parure, et le ceignit de la robe de gloire.
Il le revêtit d'une souveraine magnificence, et lui assigna des vêtements d'honneur : les caleçons, la longue tunique et l'éphod.
Il l'entoura de grenades, avec de nombreuses clochettes d'or à l'entour, qui devaient retentir quand il marchait, et faire entendre leur son dans le temple; c'était un mémorial pour les fils de son peuple.
Il l'entoura du vêtement sacré, tissé d'or, d'hyacinthe et de pourpre, ouvrage du brodeur; du rational du jugement, avec l'Urim et le Thummin, fait de fils d'écarlate, oeuvre d'un artiste;
avec des pierres précieuses, gravées comme les cachets, et enchâssées dans l'or, travail d'un lapidaire, pour être un mémorial, des noms étant écrits, selon le nombre des tribus d'Israël.
Il lui mit sur la tiare la couronne d'or, portant ces mots gravés : Saint du Seigneur, insigne d'honneur, ouvrage parfait, délices des yeux, parure magnifique.
Rien de pareil n'a été avant lui et ne sera jamais; aucun étranger ne s'en est revêtu, mais seulement ses fils, et ses descendants dans toute la suite des âges.
Ses holocaustes seront offerts, deux fois chaque jour, sans interruption.
Moïse lui remplit les mains, et l'oignit de l'huile sainte. Ce fut pour lui une alliance éternelle, et pour sa race, tant que dureront les jours du ciel, de servir le Seigneur et de remplir les fonctions du sacerdoce, et de bénir son peuple en son nom.
Le Seigneur le choisit parmi tous les vivants, pour lui présenter l'offrande, le parfum et la suave odeur en souvenir, et pour faire l'expiation des péchés de son peuple.
Il lui donna, dans ses commandements, autorité sur les saintes ordonnances, pour apprendre à Jacob ses préceptes, et enseigner sa loi à Israël.
Des étrangers conspirèrent contre lui, et furent jaloux de lui dans le désert : les hommes du parti de Dathan et d'Abiron, et la bande de Coré, ardente et furieuse.
Le Seigneur le vit et n'y eut pas plaisir, et ils furent exterminés dans l'ardeur de sa colère; il fit contre eux des prodiges, et les consuma par la flamme de son feu.
Et il augmenta la gloire d'Aaron, et lui assigna un héritage : il lui donna en partage les prémices des fruits de la terre; avant tout il prépara le pain pour les rassasier.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,14-23.
Car il en est comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs et leur remit ses biens.
A l'un il donna cinq talents, à un autre deux, à un autre un, à chacun selon sa capacité, et il partit en voyage. Aussitôt,
celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla les faire valoir, et il en gagna cinq autres.
De la même manière, celui qui (avait reçu) les deux, en gagna lui aussi deux autres.
Mais celui qui en avait reçu un s'en alla faire un trou en terre, et il y cacha l'argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revient et leur fait rendre compte.
S'avançant, celui qui avait reçu les cinq talents en présenta cinq autres, en disant : " Maître, vous m'aviez remis cinq talents; voici cinq autres talents que j'ai gagnés. "
Son maître lui dit : " Bien, serviteur bon et fidèle; en peu tu as été fidèle, je te préposerai à beaucoup; entre dans la joie de ton maître. "
S'avançant aussi, celui qui (avait reçu) les deux talents dit : " Maître, vous m'aviez remis deux talents; voici deux autres talents que j'ai gagnés. "
Son maître lui dit : " Bien, serviteur bon et fidèle, en peu tu as été fidèle, je te préposerai à beaucoup; entre dans la joie de ton maître. "
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
l'Abbé Duquesne (1732-1791)
L'évangile médité - 271e méditation
La bonté du maître
Quelle bonté dans ce maître, et quel bonheur pour ces serviteurs ! Ils n'avaient rien, et ce tendre maître leur confie son bien, et, en le leur confiant, il les met en état de travailler et de mériter leur récompense. Chacun de nous est un de ces serviteurs qui de lui-même n'a rien, et qui, dans l'ordre de la nature a reçu de Dieu tout ce qu'il a. Mais, dans l'ordre de la grâce, nous devons concevoir que ce maître est Jésus-Christ, qui, en montant au ciel, a laissé à son Eglise ses biens, ses grâces, ses mérites, ses paroles, ses vérités, ses sacrements. Tout ce que nous avons vient de lui : ayons soin de l'en remercier et d'en bien user.
Posté le 03.09.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
4 septembre
de la férie
Saint du jour : Ste Rose de Viterbe
Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens 3,13-21.
C'est pourquoi je vous prie de ne pas vous laisser décourager à cause des afflictions que j'endure pour vous : elles sont votre gloire.
A cause de cela, je fléchis le genou devant le Père,
de qui tire son nom toute famille dans les cieux et sur le terre,
afin qu'il vous donne, selon les trésors de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit en vue de l'homme intérieur,
et que le Christ habite dans vos cœurs par la foi, de sorte que, étant enracinés et fondés dans la charité,
vous deveniez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, la profondeur et la hauteur,
même de connaître l'amour du Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu.
A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de ce que nous demandons et concevons,
à Lui soit la gloire dans l'Eglise et en Jésus-Christ, dans tous les âges, aux siècles des siècles ! Amen !
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1-11.
Un jour de sabbat, comme il était entré dans la maison d'un chef des Pharisiens pour y manger, eux le guettaient.
Et voici qu'un homme hydropique se trouvait devant lui.
Et Jésus, prenant la parole, dit aux docteurs de la Loi et aux Pharisiens : " Est-il permis de guérir le jour du sabbat, ou non? "
Mais ils gardaient le silence. L'ayant pris, il le guérit et le congédia.
Puis, il leur dit : " Qui d'entre vous, si son fils ou son bœuf tombe dans un puits, ne l'en retire pas aussitôt, un jour du sabbat?"
Et à cela ils ne purent répliquer.
Et il dit une parabole aux invités, ayant remarqué comment ils choisissaient les premières places. Il leur dit :
" Quand tu seras invité par quelqu'un à un repas de noces, ne te mets pas à la première place : un homme plus considérable que toi pourrait avoir été invité par lui,
et celui qui vous aurait invités l'un et l'autre viendrait te dire : " Cède-lui la place, " et alors tu n'aurais, avec confusion, qu'à occuper la dernière place.
Mais, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place; de cette façon, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : " Mon ami, avance plus haut. " Alors ce sera pour toi un honneur devant tous les convives.
Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. "
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Bruno de Segni (vers 1045-1123), évêque
Commentaire sur l'évangile de Luc, 2,14 ; PL 165,406 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 435)
« Qui s'abaisse sera élevé »
« Tu prépares une table pour moi devant mes ennemis » (Ps 22,5)... Que pourrions-nous donc désirer de plus ? Pourquoi choisirions-nous les premières places ? Quelle que soit la place que nous occupions, nous avons tout en abondance et ne manquons de rien. Mais toi qui cherches à avoir la première place, qui que tu sois, va t'asseoir à la dernière place. Ne permets pas que ton savoir te gonfle d'orgueil ; ne te laisse pas exalter par la renommée. Mais plus tu es grand, plus il faut t'humilier en toute chose et « tu trouveras grâce auprès de Dieu » (Lc 1,30), si bien qu'au moment favorable il te dira: « Mon ami, avance plus haut », et « ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi ».
Assurément, pour autant que cela dépendait de lui, Moïse occupait la dernière place. Lorsque le Seigneur voulait l'envoyer vers les fils d'Israël et l'a invité à accéder à un rang plus élevé, il lui a répondu : « Je t'en prie, Seigneur, envoie qui tu voudras envoyer, car je n'ai pas la parole facile. » (Ex 4,13) C'est comme s'il avait dit : « Je ne suis pas digne d'une fonction aussi haute. » Saül aussi se considérait comme un homme d'humble condition, quand le Seigneur a fait de lui un roi. Et de même Jérémie, craignant de monter à la première place, disait : « Oh ! Seigneur mon Dieu, vois donc : je ne sais pas parler, je ne suis qu'un enfant. » (1,6) C'est donc par l'humilité, non par l'orgueil, par les vertus, non par l'argent, que nous devons chercher à occuper la première place.