Liturgie
Posté le 17.09.2008 par auto23652
Le pape Benoît XVI "liturge", la leçon à Paris et à Lourdes
Rome, le 16 septembre 2008 - (E.S.M.) - Pendant son voyage en France, Benoît XVI n'a pas seulement défendu le rite ancien de la messe. A plusieurs reprises, il a expliqué et montré ce que signifie réellement selon lui la liturgie catholique d'aujourd’hui et de toujours. Et sur la musique sacrée, il a déclaré...
Le pape Benoît XVI "liturge", la leçon à Paris et à Lourdes
par Sandro Magister
Au cours des trois messes célébrées pendant son voyage à Paris et à Lourdes, Benoît XVI a suivi le rite postconciliaire. Mais il l’a volontairement enrichi d’éléments caractéristiques du rite ancien: la croix au centre de l’autel, la communion donnée dans la bouche aux fidèles agenouillés, la sacralité de l’ensemble.
L’"enrichissement" mutuel entre les deux rites est l’objectif principal qui a poussé Benoît XVI à promulguer en 2007 le Motu Proprio "Summorum Pontificum" qui a libéralisé le recours au rite ancien de la messe, celui du missel romain de 1962.
Les opposants au motu proprio estiment en revanche que le recours au rite ancien n’enrichit pas mais vide les conquêtes du Concile Vatican II dans son ensemble. Les évêques français ont été parmi les plus critiques à l’égard de l‘initiative du pape, avant et après la promulgation du motu proprio.
Le dimanche 14 septembre, lors de sa rencontre avec les évêques français à Lourdes, le pape Joseph Ratzinger les a encouragés à être des pasteurs accueillants envers tous, y compris les fidèles qui se sentent plus "chez eux" dans l’ancien rite.
Le pape avait exprimé en avant-première ses idées sur les deux rites de la messe en répondant aux journalistes présents dans l’avion qui l’a conduit en France, le vendredi 12 septembre.
Mais Benoît XVI en a dit bien davantage à ce sujet pendant les quatre jours de son voyage à Paris et à Lourdes.
Dans son discours au Collège des Bernardins, le 12 septembre, il a évoqué la naissance de la grande musique occidentale dans les monastères du Moyen Age, en des termes qui obligent à réfléchir à la médiocre qualité de la musique sacrée actuelle et à la nécessité de lui redonner vie conformément à son sens premier.
Lors des Vêpres à la cathédrale Notre-Dame, le pape a appelé de ses vœux, pendant l’homélie, une "beauté" qui rapprocherait les liturgies terrestres de celles du ciel. Et il a exhorté les prêtres à rester fidèles à la prière quotidienne de la liturgie des heures.
Pendant la messe sur l’Esplanade des Invalides, le 13 septembre, il a parlé, dans son homélie, de la doctrine de l’eucharistie et de la "présence réelle" du corps et du sang du Christ en des termes très exigeants qui obligent à célébrer la messe avec une sacralité qui a été largement négligée au cours des dernières décennies.
Benoît XVI est revenu sur cette "présence réelle" dans la méditation qui a clôturé la procession eucharistique à Lourdes, le soir du 14 septembre. Avec un passage consacré à ceux qui "ne peuvent pas recevoir Jésus dans le sacrement mais qui peuvent Le contempler avec foi et amour et exprimer le désir de pouvoir s’unir finalement à Lui". On peut compter parmi eux les catholiques divorcés et remariés, auxquels l’Église ne donne pas la communion. Mais leur "désir", a dit le pape, "a une grande valeur devant Dieu".
Outre ces rappels à l’esprit authentique de la liturgie, Benoît XVI a donné, le 14 septembre à Lourdes, une illustration du sens profond de l’Angélus, la prière mariale qu’il récite en public tous les dimanches de l’année, à midi.
On trouvera ci-dessous ce que Benoît XVI a dit, jour après jour, sur chacun de ces points:
Sur la messe selon le rite ancien
Extrait de la conférence de presse à bord de l’avion du pape, le 12 septembre 2008
Q. – Que dites-vous à ceux qui, en France, craignent que le motu proprio "Summorum Pontificum" marque un retour en arrière sur les grandes intuitions du Concile Vatican II?
R. – C'est une peur infondée parce que ce motu proprio est simplement un acte de tolérance, dans un but pastoral pour des personnes qui ont été formées dans cette liturgie, l'aiment, la connaissent, et veulent vivre avec cette liturgie. C'est un petit groupe parce que cela suppose une formation en latin, une formation dans une culture certaine. Mais pour ces personnes avoir l'amour et la tolérance de permettre de vivre avec cette liturgie cela me semble une exigence normale de la foi et de la pastorale d'un évêque de notre Église.
Il n'y a aucune opposition entre la liturgie renouvelée par le Concile Vatican II et cette liturgie. Chaque jour, les pères conciliaires ont célébré la messe selon l'ancien rite et, en même temps, ils ont conçu un développement naturel pour la liturgie dans tout ce siècle car la liturgie est une réalité vivante qui se développe et conserve dans son développement son identité. Il y a donc certainement des accents différents, mais quand même une identité fondamentale qui exclue une contradiction, une opposition entre la liturgie renouvelée et la liturgie précédente.
Je pense quand même qu'il y a une possibilité d'un enrichissement des deux parties. D'un côté les amis de l'ancienne liturgie peuvent et doivent connaître les nouveaux saints, les nouvelles préfaces de la liturgie, etc. D'autre part, la liturgie nouvelle souligne plus la participation commune mais, toujours, n'est pas simplement une assemblée d'une certaine communauté mais toujours un acte de l'Église universelle, en communion avec tous les croyants de tous les temps, et un acte d'adoration. Dans ce sens, il me semble qu'il y a un enrichissement réciproque et c'est clair que la liturgie renouvelée est la liturgie ordinaire de notre temps.
► Conférence de presse de Benoît XVI dans l'avion
Sur la naissance de la grande musique occidentale
Extrait du discours au Collège des Bernardins, Paris, le 12 septembre 2008
Les Psaumes contiennent en plusieurs endroits des instructions sur la façon dont ils doivent être chantés et accompagnés par des instruments musicaux. Pour prier sur la base de la Parole de Dieu, la seule labialisation ne suffit pas, la musique est nécessaire. Deux chants de la liturgie chrétienne dérivent de textes bibliques qui les placent sur les lèvres des Anges: le "Gloria" qui est chanté une première fois par les Anges à la naissance de Jésus, et le "Sanctus" qui, selon Isaïe 6, est l’acclamation des Séraphins qui se tiennent dans la proximité immédiate de Dieu. Sous ce jour, la Liturgie chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et à donner à la parole sa plus haute fonction. À ce sujet, écoutons encore une fois Jean Leclercq: «Les moines devaient trouver des accents qui traduisent le consentement de l’homme racheté aux mystères qu’il célèbre: les quelques chapiteaux de Cluny qui nous aient été conservés montrent les symboles christologiques des divers tons du chant» (cf. ibid., p. 229).
Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume: "Coram angelis psallam Tibi, Domine" – en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf. 138, 1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d’être soumis à la mesure suprême: prier et chanter pour s’unir à la musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l’harmonie du cosmos, de la musique des sphères.
À partir de là, on peut comprendre la sévérité d’une méditation de saint Bernard de Clairvaux qui utilise une expression de la tradition platonicienne, transmise par saint Augustin, pour juger le mauvais chant des moines qui, à ses yeux, n’était en rien un incident secondaire. Il qualifie la cacophonie d’un chant mal exécuté comme une chute dans la "regio dissimilitudinis", dans la "région de la dissimilitude". Saint Augustin avait tiré cette expression de la philosophie platonicienne pour caractériser l’état de son âme avant sa conversion (cf. "Confessions", VII, 10.16): l’homme qui est créé à l’image de Dieu tombe, en conséquence de son abandon de Dieu, dans la "région de la dissimilitude", dans un éloignement de Dieu où il ne Le reflète plus et où il devient ainsi non seulement dissemblable à Dieu, mais aussi à sa véritable nature d’homme. Saint Bernard se montre ici évidemment sévère en recourant à cette expression, qui indique la chute de l’homme loin de lui-même, pour qualifier les chants mal exécutés par les moines, mais il montre à quel point il prend la chose au sérieux. Il indique ici que la culture du chant est une culture de l’être et que les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté.
De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés est née la grande musique occidentale. Ce n’était pas là l’œuvre d’une «créativité» personnelle où l’individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son propre moi, s’érige un monument à lui-même. Il s’agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les «oreilles du cœur» les lois constitutives de l’harmonie musicale de la création, les formes essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l’homme, et d’inventer une musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l’homme et qui proclame hautement cette dignité.
► Benoît XVI s'adresse au monde de la culture au collège des Bernardins
Sur la liturgie des heures
Extrait de l’homélie des vêpres dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 12 septembre 2008
Dieu a pris chair dans le sein d'une Femme, d’une Vierge. Votre cathédrale est une vivante hymne de pierre et de lumière à la louange de cet acte unique de l'histoire de l'humanité: la Parole éternelle de Dieu entrant dans l'histoire des hommes à la plénitude des temps pour les racheter par l’offrande de lui-même dans le sacrifice de la Croix. Nos liturgies de la terre, tout entières ordonnées à la célébration de cet Acte unique de l'histoire ne parviendront jamais à en exprimer totalement l'infinie densité. La beauté des rites ne sera, certes, jamais assez recherchée, assez soignée, assez travaillée, puisque rien n'est trop beau pour Dieu, qui est la Beauté infinie. Nos liturgies de la terre ne pourront jamais être qu'un pâle reflet de la liturgie céleste, qui se célèbre dans la Jérusalem d'en haut, objet du terme de notre pèlerinage sur terre. Puissent, pourtant, nos célébrations s'en approcher le plus possible et la faire pressentir!
Dès maintenant, la Parole de Dieu nous est donnée pour être l'âme de notre apostolat, l'âme de notre vie de prêtres. Chaque matin, la Parole nous réveille. Chaque matin, le Seigneur Lui-même nous "ouvre l'oreille" (Is 50, 5) par les psaumes de l'Office des lectures et des Laudes. Tout au long de la journée, la Parole de Dieu devient la matière de la prière de l'Église tout entière, qui veut ainsi témoigner de sa fidélité au Christ. Selon la célèbre formule de saint Jérôme, qui sera reprise au cours de la XIIe Assemblée du Synode des Évêques, au mois d’octobre prochain : "Ignorer les Écritures, c'est ignorer le Christ" (Prologue du commentaire d'Isaïe). Chers frères prêtres, n'ayez pas peur de consacrer beaucoup de temps à la lecture, à la méditation de l'Écriture et à la prière de l'Office Divin! Presque à votre insu la Parole lue et méditée en Église agit sur vous et vous transforme. Comme manifestation de la Sagesse de Dieu, si elle devient la "compagne" de votre vie, elle sera votre "conseillère pour le bien", votre "réconfort dans les soucis et dans la tristesse" (Sg 8, 9).
► Benoît XVI préside les Vêpres à Notre-Dame de Paris
Sur la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie
Extrait de l’homélie de la messe sur l’Esplanade des Invalides, le 13 septembre 2008
Comment parvenir à Dieu? Comment parvenir à trouver ou retrouver Celui que l'homme cherche au plus profond de lui-même, tout en l'oubliant si souvent? Saint Paul nous demande de faire usage non seulement de notre raison, mais surtout de notre foi pour le découvrir. Or, que nous dit la foi? Le pain que nous rompons est communion au Corps du Christ ; la coupe d'action de grâce que nous bénissons est communion au Sang du Christ. Révélation extraordinaire, qui nous vient du Christ et qui nous est transmise par les Apôtres et par toute l'Église depuis deux millénaires: le Christ a institué le sacrement de l'Eucharistie au soir du Jeudi Saint. Il a voulu que son sacrifice soit de nouveau présenté, de manière non sanglante, chaque fois qu'un prêtre redit les paroles de la consécration sur le pain et le vin. Des millions de fois, depuis deux mille ans, dans la plus humble des chapelles comme dans la plus grandiose des basiliques ou des cathédrales, le Seigneur ressuscité s'est donné à son peuple, devenant ainsi, selon la formule de saint Augustin, "plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes" (cf. Confessions III, 6. 11).
Frères et sœurs, entourons de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Église et à toute l'humanité. Ne négligeons rien pour lui manifester notre respect et notre amour! Donnons-lui les plus grandes marques d'honneur! Par nos paroles, nos silences et nos gestes, n'acceptons jamais de laisser s'affadir en nous et autour de nous la foi dans le Christ ressuscité présent dans l'Eucharistie! Comme le dit magnifiquement saint Jean Chrysostome lui-même: "Passons en revue les ineffables bienfaits de Dieu et tous les biens dont il nous fait jouir, lorsque nous lui offrons cette coupe, lorsque nous communions, lui rendant grâce d'avoir délivré le genre humain de l'erreur, d'avoir rapproché de lui ceux qui en étaient éloignés, d'avoir fait, des désespérés, et des athées de ce monde, un peuple de frères, de cohéritiers du Fils de Dieu" (Homélie 24 sur la Première Lettre aux Corinthiens, 1). En effet, poursuit-il, "ce qui est dans la coupe, c'est précisément ce qui a coulé de son côté, et c'est à cela que nous participons" (ibid.). Il n'y a pas seulement participation et partage, il y a "union", dit-il.
La Messe est le sacrifice d'action de grâce par excellence, celui qui nous permet d'unir notre propre action de grâce à celle du Sauveur, le Fils éternel du Père. En elle-même, la Messe nous invite aussi à fuir les idoles, car, saint Paul insiste, "vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais" (1 Co 10, 21). La Messe nous invite à discerner ce qui, en nous, obéit à l'Esprit de Dieu et ce qui, en nous, reste à l'écoute de l'esprit du mal. Dans la Messe, nous ne voulons appartenir qu'au Christ et nous reprenons avec gratitude le cri du psalmiste: "Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'Il m'a fait?" (Ps 115, 12). Oui, comment rendre grâce au Seigneur pour la vie qu'Il nous a donnée? Là encore, la réponse à la question du psalmiste se trouve dans le psaume lui-même, car la Parole de Dieu répond miséricordieusement elle-même aux questions qu'elle pose. Comment rendre grâce au Seigneur pour tout le bien qu'il nous fait sinon en se conformant à ses propres paroles: "J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur" (Ps 115,13) ?
Élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur, n'est-ce pas précisément le meilleur moyen de "fuir les idoles", comme nous le demande saint Paul? Chaque fois qu'une Messe est célébrée, chaque fois que le Christ se rend sacramentellement présent dans son Église, c'est l’œuvre de notre salut qui s'accomplit. Célébrer l’Eucharistie signifie reconnaître que Dieu seul est en mesure de nous offrir le bonheur en plénitude, de nous enseigner les vraies valeurs, les valeurs éternelles qui ne connaîtront jamais de couchant. Dieu est présent sur l'autel, mais il est aussi présent sur l'autel de notre cœur lorsque, en communiant, nous le recevons dans le Sacrement eucharistique. Lui seul nous apprend à fuir les idoles, mirages de la pensée.
Or, chers frères et sœurs, qui peut élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur au nom du peuple de Dieu tout entier, sinon le prêtre ordonné dans ce but par l'Évêque? Ici, chers fidèles de Paris et de la région parisienne, mais aussi vous tous qui êtes venus de la France entière et d'autres pays limitrophes, permettez-moi de lancer un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n'ayez pas peur! N'ayez pas peur de donner votre vie au Christ! Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l'Église! Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde!
► Homélie du pape Benoît XVI en la fête de St Jean Chrysostome
Sur la prière de l’Angélus
Extrait du message de l’Angélus à midi, Lourdes, le 14 septembre 2008
Chaque jour, la prière de l’Angélus nous offre la possibilité de méditer quelques instants, au plein milieu de nos activités, sur le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu. A midi, alors que les premières heures du jour commencent déjà à faire peser sur nous leur poids de fatigue, notre disponibilité et notre générosité sont renouvelées par la contemplation du "oui" de Marie. Ce "oui" limpide et sans réserve s'enracine dans le mystère de la liberté de Marie, liberté pleine et entière devant Dieu, dégagée de toute complicité avec le péché, grâce au privilège de son Immaculée Conception.
Ce privilège concédé à Marie, qui la distingue de notre condition commune, ne l'éloigne pas, mais au contraire la rapproche de nous. Alors que le péché divise, nous éloigne les uns des autres, la pureté de Marie la rend infiniment proche de nos cœurs, attentive à chacun de nous et désireuse de notre vrai bien. Vous le voyez ici à Lourdes, comme dans tous les sanctuaires mariaux, des foules immenses accourent aux pieds de Marie pour lui confier ce que chacun a de plus intime, ce qui lui tient particulièrement à cœur. Ce que, par gêne ou par pudeur, beaucoup n'osent parfois pas confier même à leurs proches, ils le confient à Celle qui est la toute pure, à son Cœur immaculé: avec simplicité, sans fard, en vérité. Devant Marie, en vertu même de sa pureté, l'homme n'hésite pas à se montrer dans sa faiblesse, à livrer ses questions et ses doutes, à formuler ses espérances et ses désirs les plus secrets. L'amour maternel de la Vierge Marie désarme tout orgueil; il rend l'homme capable de se regarder tel qu'il est et il lui inspire le désir de se convertir pour rendre gloire à Dieu.
Marie nous montre ainsi la juste manière d'avancer vers le Seigneur. Elle nous apprend à nous approcher de lui dans la vérité et la simplicité. Grâce à elle, nous découvrons que la foi chrétienne n'est pas un poids, mais elle est comme une aile qui nous permet de voler plus haut pour nous réfugier entre les bras de Dieu.
La vie et la foi du peuple des croyants manifestent que la grâce de l'Immaculée Conception faite à Marie n'est pas seulement une grâce personnelle, mais elle est pour tous. Elle est une grâce faite au peuple de Dieu tout entier. En Marie, l'Église peut déjà contempler ce qu'elle est appelée à devenir. Chaque croyant peut dès à présent contempler l'accomplissement parfait de sa propre vocation. Puisse chacun de nous demeurer toujours dans l'action de grâce pour ce que le Seigneur a voulu révéler de son plan de salut à travers le mystère de Marie. Mystère dans lequel nous sommes impliqués de la plus belle des manières, puisque du haut de la Croix, que nous fêtons et que nous exaltons aujourd'hui, il nous est révélé, de la bouche même de Jésus, que sa Mère est notre mère. En tant que fils et filles de Marie, nous profitons de toutes les grâces qui lui ont été faites, et la dignité incomparable que lui procure sa Conception Immaculée rejaillit sur nous, ses enfants.
► Paroles du saint-Père à l'Angélus
Encore sur la messe selon le rite ancien
Discours aux évêques de France, Lourdes, le 14 septembre 2008
Le culte liturgique est l'expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme aussi de l'enseignement catéchétique. Votre charge de sanctification du peuple des fidèles, chers frères, est indispensable à la croissance de l'Église. J'ai été amené à préciser, dans le motu proprio "Summorum Pontificum", les conditions d'exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d'utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l'indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n'est de trop dans l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de pasteurs, en faisant de nous les bergers de ses brebis. Nous ne pouvons que Lui rendre grâce de l'honneur et de la confiance qu'Il nous fait. Efforçons-nous donc toujours d'être des serviteurs de l'unité.
► Discours de Benoît XVI aux évêques de France
Encore sur la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie
Extrait de la méditation qui a clôturé la procession eucharistique, Lourdes, le 14 septembre 2008
L'Hostie Sainte est le Sacrement vivant, efficace de la présence éternelle du Sauveur des hommes à son Église. [...] Une foule immense de témoins est invisiblement présente à nos côtés, tout près de cette grotte bénie et devant cette église voulue par la Vierge Marie; la foule de tous ceux et de toutes celles qui ont contemplé, vénéré, adoré, la présence réelle de Celui qui s’est donné à nous jusqu'à sa dernière goutte de sang; la foule de tous ceux et de toutes celles qui ont passé des heures à L'adorer dans le Très Saint Sacrement de l'autel. [...] Saint Pierre-Julien Eymard nous dit tout, lorsqu'il s'écrie: "La sainte Eucharistie, c'est Jésus-Christ passé, présent et futur".
Jésus-Christ passé, dans la vérité historique de la soirée au cénacle, où nous ramène toute célébration de la sainte Messe.
Jésus-Christ présent, parce qu'il nous dit: "Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps, ceci est mon sang". "Ceci est", au présent, ici et maintenant, comme dans tous les ici et maintenant de l'histoire des hommes. Présence réelle, présence qui dépasse nos pauvres lèvres, nos pauvres cœurs, nos pauvres pensées. Présence offerte à nos regards comme ici, ce soir, près de cette grotte où Marie s'est révélée comme l’Immaculée Conception.
L'Eucharistie est aussi Jésus-Christ futur, Jésus-Christ à venir. Lorsque nous contemplons l'Hostie Sainte, son Corps de gloire transfiguré et ressuscité, nous contemplons ce que nous contemplerons dans l'éternité, en y découvrant le monde entier porté par son Créateur à chaque seconde de son histoire. Chaque fois que nous Le mangeons, mais aussi chaque fois que nous Le contemplons, nous L'annonçons, jusqu'à ce qu'Il revienne, "donec veniat". C'est pourquoi nous Le recevons avec un infini respect.
Certains parmi nous ne peuvent pas ou ne peuvent pas encore Le recevoir dans le Sacrement, mais ils peuvent Le contempler avec foi et amour, et exprimer le désir de pouvoir s’unir à Lui. C’est un désir qui a une grande valeur aux yeux de Dieu. Ceux-ci attendent son retour avec plus d’ardeur; Ils attendent Jésus-Christ à venir.
Sources : La chiesa.it
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité) - 16.09.2008 - T/Lourdes
--
Posté le 10.07.2008 par auto23652
Que pourra faire Benoît XVI face à un épiscopat qui semble défier Rome ?
Le 09 juillet 2008 - (E.S.M.) - Mais que pourra faire le pape Benoît XVI face à un épiscopat qui donne l'impression de toujours vouloir défier Rome en déclarant haut et fort qu'il n'y a pas de problème liturgique et en refusant d'appliquer les textes magistériels?
Que pourra faire Benoît XVI face à un épiscopat qui semble défier Rome ?
Il n'y a pas de problème liturgique en France, sauf que ...
Sur le site internet de "TopChrétien" où il est question de liturgie, on apprend que la "messe en latin" attire des jeunes... ce qui conduit Mgr Le Gall à reconnaître que cette situation "pose question à l'Eglise". Curieuse réaction d'un ancien Abbé bénédictin qui ne s'était jamais posé de question - semble-t-il - lorsqu'il voyait de nombreux jeunes venir à la messe célébrée en latin et grégorien dans son monastère. En réalité, le fait que le latin attire des jeunes ne pose pas question à l'Eglise, mais aux Pasteurs, lesquels n'avaient jamais envisagé, dans les années 80, que le latin allait davantage attirer que les "messes rock" et les chants de Mannick et Akepsimas dont on nous garantissait pourtant le succès auprès des nouvelles générations.
Pour "ramener des fidèles" aux messes ordinaires, "il faut réintroduire davantage de silence, de hiératisme, d'intériorité, de beauté dans les vêtements liturgiques", dit encore Mgr Le Gall, actuel Archevêque de Toulouse et responsable de la liturgie en France. Mais comment va-t-on faire pour "ramener des fidèles" vers quelque chose qui n'a jamais existé et qui n'existe toujours pas dans nos paroisses plus de 40 ans après Vatican II (sauf très rares exceptions)? Comment va-t-on faire pour "ramener des fidèles" vers des messes "ordinaires" qui n'existent pas parce qu'on a tout bonnement interdit qu'elles puissent exister? Tout le problème est là puisque dans la majorité des paroisses, la messe "ordinaire", que bien peu de prêtres savent célébrer, est devenue synonyme de laideur et de laisser-aller.
Au séminaire, une formation pour apprendre à célébrer la messe en latin pourrait être introduite, indique encore Mgr Le Gall. De tels propos, s'ils ont vraiment été prononcés, montrent bien que nos Pasteurs ne maîtrisent plus guère la situation: ils sont dépassés et suivent le mouvement au lieu de le contrôler. Car enfin, nous dire qu' "une formation... pourrait être introduite" alors que voilà plus de 40 ans qu'elle aurait dû être assurée parce qu'elle était explicitement demandée par Vatican II (cf. Sacrosanctum Concilium, n°14 - 20), voilà qui est pour le moins révélateur d'une grande pagaille!
On en vient maintenant à envisager une formation (par qui sera-t-elle assurée?) qui a été systématiquement refusée pendant des années aux séminaristes qui la souhaitaient: voilà qui est aussi révélateur de l'état d'esprit de certains de nos Pasteurs qui n'envisagent pas d'apprendre à célébrer la messe correctement parce que l'Eglise le demande, mais simplement parce que, à la suite d'un changement de mentalités, des fidèles le demandent. Autrement dit, si les fidèles n'avaient rien demandé, les prêtres auraient continué à ignorer les enseignements magistériels et à saccager la liturgie de l'Eglise en imposant partout des célébrations plus ou moins burlesques.
Il y a quarante ans, demander une formation liturgique ou une messe en latin vous faisait passer pour un "intégriste"; aujourd'hui, ça vous fait passer pour quelqu'un d'ouvert et de "branché". Quel crédit accorder aux propos de ces Pasteurs opportunistes qui préfèrent suivre le troupeau au lieu de le guider? Combien de fois changeront-ils encore de direction au gré de la mode?
Il n'en demeure pas moins vrai que le fond du problème liturgique continue à être ignoré puisqu'au moment de la parution du Motu Proprio Summorum pontificum de Benoît XVI, on a pu entendre nos évêques nous dire qu'il n'y a pas de problèmes liturgiques en France. C'est le discours officiel de notre épiscopat: il procède de la méthode Coué bien appliquée mais ne parvient cependant pas à dissimuler la réalité. Il y a bel et bien un problème liturgique en France qui vient de ce que, d'une part, depuis des années, les prêtres n'ont plus eu de formation liturgique sérieuse et de ce que, d'autre part, les lignes tracées par le Vatican pour permettre un redressement de la situation n'ont jamais été suivies. Si le Missel romain et le Concile étaient suivis, comme on nous assure qu'ils le sont, comment expliquerait-on qu'il n'y a pas deux messes qui se ressemblent dans nos paroisses? Cette absence d'unité liturgique n'est-elle pas la preuve évidente qu'il y a un "bogue", c'est-à-dire une sérieuse "anomalie" dans le programme liturgique?
Il y a quelques jours, un maître de chœur s'adresse à la Supérieure d'une communauté religieuse qui héberge habituellement des groupes de fidèles, pour lui demander s'il y aurait la possibilité de venir avec une vingtaine de personnes pour faire un week-end de formation au chant. "Pas de problème, répond aimablement la Sœur, nous recevons souvent des groupes venant faire des sessions et nous avons de quoi héberger les gens." Puis, elle ajoute: "Quelle sorte de chant faites-vous?" "Du chant grégorien", répond le maître de chœur. Et la religieuse de répondre un peu gênée: "Oh, alors vous pourrez venir avec votre groupe, mais je ne pense pas que vous pourrez participer à notre messe: notre liturgie ne correspond probablement pas à votre style." Ainsi donc, on ne peut désormais participer à une messe que si l'on en accepte le "style" local né le plus souvent du refus de suivre les normes liturgiques. Cette situation porte un nom: "pagaille".
Que nos évêques ne veuillent pas reconnaître officiellement cette "pagaille" n'arrange pas les choses. Fort heureusement, le Saint-Père Benoît XVI, qui viendra en France, connaît la situation véritable. Il sait parfaitement, par exemple, que dans nos diocèses les fidèles ont les plus grandes difficultés à trouver une messe célébrée dignement et dans le respect des livres liturgiques officiels.
Mais que pourra faire le pape Benoît XVI face à un épiscopat qui donne l'impression de toujours vouloir défier Rome en déclarant haut et fort qu'il n'y a pas de problème liturgique et en refusant d'appliquer les textes magistériels?
Sources : PRO LITURGIA
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 09.07.2008 - T/Liturgie
Posté le 15.06.2008 par auto23652
L’Eucharistie fait partie du dimanche nous dit Benoît XVI
Cité du Vatican, le 14 juin 2008 - (E.S.M.) - Les chrétiens ont toujours été conscients du fait que, sans la Sainte Messe, sans l’Eucharistie au moins le dimanche, ils n’auraient pas pu continuer à vivre. Benoît XVI explique comment le pain et le vin, par la Parole de Dieu, sont transformés dans le Corps du Christ Ressuscité, « afin que l’homme lui aussi, par son union avec celui qui est immortel, devienne participant de l’immortalité ».
L’Eucharistie fait partie du dimanche nous dit Benoît XVI
L’EUCHARISTIE : SACRIFICE, BANQUET ET PRÉSENCE DU SEIGNEUR
“Faites ceci en mémoire de moi”.
Considérons quelle réalité unique Jésus nous a confiée avec son mandat: “Faites ceci en mémoire de moi”.
Sur le sens des paroles de la Dernière Cène « Depuis désormais près de deux mille ans, j’ai prié, j’ai réfléchi, j’ai lutté… En recherchant ainsi leur signification, on doit se proposer clairement avant tout de quelle manière nous voulons les prendre. Il n’y a qu’une seule réponse : en toute simplicité, comme elles se présentent. Le texte veut signifier exactement ce qu’il dit… Jésus, tandis qu’il parlait et agissait, comme on s’y réfère ici-même, savait qu’il s’agissait d’une chose de valeur divine. En voulant ainsi être compris, il parlait de la manière selon laquelle il voulait être compris (extrait de la septième édition italienne de « Vita e pensiero », Mila, 1977, pages 456-457).
C’est cette suggestion, donné par Romano Guardini sans son ouvrage « Le Seigneur », que nous voulons prendre à cœur quand nous voyons que sont révélées, dans les paroles de l’institution de Jésus, et surtout les trois dimensions de la foi eucharistique
« Ceci est mon Corps… offert en sacrifice pour vous »… « Ceci est le calice de mon Sang. versé pour vous ». Les paroles « offert en sacrifice » et, « versé » rappellent que l’Eucharistie est le Sacrifice du Seigneur. Après que Jésus, sur la Croix a accompli son unique offrande, la Rédemption est accomplie une fois pour toutes. Ses dernières paroles « Tous est accompli » ! » (Jean 19, 30), doivent être comprises aussi sous cet aspect : pour notre salut, de sa part, tout a été fait. Mais de notre part, nous avons toujours sans cesse besoin de nous approprier ce Sacrifice salvifique. Le Sacrifice de la Messe sert à cette appropriation ! Il nous fait sortir, pour ainsi dire, de notre existence limitée dans le temps et dans l’espace, et nous met en présence de la Croix. Quand nous célébrons la Messe, nous nous trouvons – non pas localement, mais sacramentellement – au pied de la Croix. Nous pouvons recevoir du Seigneur les fruits produits par l’arbre de la Croix. Mais nous sommes aussi en face de l’autel céleste, où le Seigneur Ressuscité et Elevé, fait don de soi à son Père, et où tous les Anges et tous les Saints s’unissent à cette liturgie céleste : « L’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance et la richesse, la sagesse et la force, l’honneur, la gloire et la bénédiction » (Apocalypse, 5, 12).
Si nous voulions représenter cette réalité dans un film, comme a tenté de le faire Mel Gibson, nous devrions parvenir à produire non seulement un simple mélange de séquences, par un fondu croisé, d’images de la Dernière Cène, de la Croix et de la Messe. Tout comme ne devrait jamais manquer, dans chaque scène, le Ciel ouvert pour libérer le regard sur l’Agneau. La Célébration Eucharistique est le lieu théologique où ce fondu croisé de la salle située à l’étage supérieur (de la Dernière Cène), du Golgotha et de la Jérusalem Céleste ne se passe pas comme dans un film, mais dans la réalité du « mysterium fidei », du mystère de la foi.
Celui qui écoute à la Messe les paroles de la Consécration, qui participe dans la foi au Sacrifice, expérimente sur lui l’action de l’amour de Dieu. Tous ceux qui viennent à la Célébration Eucharistique, peuvent s’exclamer, comme saint Paul : « Il m’a aimé et il s’est donné lui-même pour moi » (Galates 2 ? 20)
“Prenez et mangez”, “Prenez et buvez ». Ces paroles « manger et boire » évoquent un banquet. C’est là le deuxième message que les paroles de la Consécration veulent nous donner : l’Eucharistie est le banquet du Seigneur. Saint Thomas, à ce sujet, composa la séquence bien connue « O sacrum convitum in quo Christus sumitur … mens impletur gratia et futurae gloriae nobis pignus datur » (O banquet sacré dans lequel le Christ est goputé… est remplie de grâce et où nous est accordé le gage de la vie éternelle ». La participation à ce banquet sacré est notre entrée dans le Sacrifice du Christ, et est le passage du Sacrifice du Christ dans notre vie.
La Sainte Messe n’est pas un banquet au sens de vouloir faire revivre la Cène historique de Jésus. La Cène était, à n’en point douter, un banquet pascal juif, une seule fois par an, en un jour précis. Pour cela déjà, la Célébration Eucharistique du dimanche, ou celle de tous les jours, ne peut jamais répéter la Dernière Cène. Quand Jésus dit « faites ceci en mémoire de moi », il veut parler de la Pâque nouvelle qui, même si elle a été instituée par Lui-même dans le cadre de l’ancien banquet pascal, se réfère à la Nouvelle Alliance en Son Sang. Quand, dans le contexte de l’Eucharistie on parle de banquet, on veut surtout parler de la célébration de la Sainte communion. En elle, le Corps du Christ, qui a été sacrifié une seule fois sur la Croix, est offert sous les espèces du pain et du vin comme nourriture et comme boisson. Depuis le début, l’Eglise était consciente du fait que cela représentait un défi inouï pour l’intelligence humaine.
Le Seigneur du banquet de l’Eucharistie, c’est-à-dire l’hôte, est le Christ, qui est le médiateur par le service de l’Eglise. Le don du banquet, c’est Lui-même : « Je suis la pain de vie » (Jean 6, 35), « je suis la vraie vigne » (Jean 15, 1). Nous ne le répéterons jamais assez : la Sainte Hostie n’est pas un « quelque chose », elle n’est pas une chose, elle n’est pas un pain béni, consacré. L’Hostie est le Christ lui-même.
« Sous les humbles espèces du pain et du vin, transsubstantiés en son corps et en son sang, le Christ marche avec nous, étant pour nous force et viatique, et il fait de nous, pour tous nos frères, des témoins d'espérance. Si, face à ce mystère, la raison éprouve ses limites, le cœur, illuminé par la grâce de l'Esprit Saint, comprend bien quelle doit être son attitude, s'abîmant dans l'adoration et dans un amour sans limites » (Ecclesia De Eucharistia, 62). Par ces paroles, le Pape Jean Paul II, dans sa dernière Encyclique, a résumé tout ce que l’Eglise croit et tout ce dont elle vit.
C’est par une expression de foi et d’amour pour Dieu que nous conservons la Sainte Eucharistie non dans des jattes et des écuelles communes, mais dans des calices précieux et dans des coupes dignes. Si nous faisons cela, c’est aussi pour renforcer notre foi dans la présence réelle du Seigneur sous les espèces du pain et du vin. L’œil humain ne parvient pas à voir le mystère. Mais ce mystère peut être indiqué d’autant plus fortement qu’il est traité avec le plus grand respect. Tout ce qui entre en contact avec le « Très Saint Sacrement » doit exprimer une véritable dignité, et non pas une pompe exagérée. La chose la plus importante, toutefois, c’est que la Sainte Communion, du calice sacré, soit déposée dans un cœur humain préparé dignement. Quand Mère Teresa, en 1988 visita le monastère autrichien de Heiligenkreuz, elle fit cette recommandation: « Prions la Sante Vierge afin qu’elle nous donne un cœur si beau, si pur, si immaculé, un coeur si plein d’amour et d’humilité, que nous devenions capables de recevoir Jésus dans le pain de la vie et l’aimer comme il nous a aimés… ».
« Ceci est mon Corps », « Ceci est mon Sang ». Par deux fois il y a l’indication « ceci est ». Même Martin Luther trouva ces paroles tellement immenses qu’il ne put faire de venir le « ceci est », en « ceci signifie ». Quand Jésus qui, en tant qu’homme était un juif, parla, dans sa langue maternelle, du corps et du sang, il entendait cela de manière totalement réelle : « Ceci, c’est moi dans toute ma réalité d’homme ». Mais nous devons l’imaginer comme le Seigneur ressuscité et élevé, dont le corps est transfiguré. La présence de Jésus dans la Sainte Hostie, est en même temps réelle et spirituelle.
La foi catholique, contrairement à Luther, analyse plus à fond encore les paroles de Jésus. Le Pain Eucharistique est le Corps du Christ non seulement au moment de l’Eucharistie. Il reste le Corps du Christ même après la cérémonie. L’Eucharistie est une présence permanente du Seigneur. Quand Jésus dit « Ceci est mon Corps », il ne revient pas en arrière. Une fois consacré, le pain reste Corps du Christ tant que l’espèce du pain reste intacte. Ce qui demeure, après la Messe, ce ne sont pas les restes du banquet, mais plutôt « le Très Saint Sacrement » dignement conservé et adoré dans le tabernacle. Le Seigneur Eucharistique nous attend toujours, il attend une de nos visites, une adoration de notre part. Combien elle est consolante la pensée que le Christ, dans le Saint Sacrement, ne nous abandonne jamais ! Il n’y a plus de solitude pour celui qui croit en cette présence. C’est vrai ce que, il y a quelques années, en enfant de chœur déclara après la Messe, quand on lui permit d’apporter les clefs du tabernacle à la sacristie : »Ces clefs conduisent au mystère le plus grand du monde »
Il faut faire encore une considération. Avec ces contenus de foi, l’Eglise manifeste une considération indiciblement élevée de l’Eucharistie. Et, en conséquence, on attend aussi beaucoup des fidèles qui veulent s’approcher de ce Sacrement. Quand l’Eglise, pour des motifs de foi et de son pastoral des âmes, considère qu’il est impossible que, dans des situations déterminées, quelqu’un puisse recevoir la Sainte Communion, on doit considérer que, dans la Sainte Eucharistie, personne n’est laissé les mains vides. Ceux qui ne peuvent participer à la Sainte Communion, au banquet du Seigneur, recevront une nourriture pour leur vie à la « table de la parole ». Ils peuvent en outre retirer une force le leur union avec le Sacrifice de la Messe, et ont aussi la possibilité de rencontrer Jésus dans l’Adoration Eucharistique.
La goutte d’eau dans le vin
Le fait que dans deux Conciles on ait abordé la question de l’eau mise dans le vin au moment de l’Offertoire, est surprenant même pour les catholiques pratiquants. Mis à part les enfants de chœur à l’autel, seuls quelques assistants à la Messe s’aperçoivent probablement que de l’eau est versée dans le vin.
Dans le sens de la mystagogie, dans une approche aux mystères de la foi, la goutte d’eau peut nous amener à pénétrer plus profondément dans la théologie du Sacrifice de la Messe. Au Concile de Florence (1439), convoqué pour parvenir à un accord avec les chrétiens arméniens, la goutte d’eau fut l’objet d’une étude dogmatique approfondie. Comme matière nécessaire pour le Sacrement de l’Eucharistie, le Concile mentionne « le pain de froment et le vin de raisin auquel, avec la Consécration on doit ajouter quelques gouttes d’eau ».
La déclaration selon laquelle ce fut le Seigneur lui-même qui a institué ce Sacrement de la sorte, est significative, en se servant de vin mêlé d’eau. Evidemment, c’était une ancienne pratique juive de boire le vin mêlé d’eau. L’écrivain Justin, qui mourut martyr vers l’an 165, nous a donné des indications précieuses sur la manière selon laquelle se passaient les Célébrations Eucharistiques proto-chrétiennes. Tout naturellement, il témoigne aussi de ce fait : « Et puis, au premier des frères, on apporte le pain et un calice avec de l’eau et du vin ».
A part cette indication que Jésus lui-même a agi ainsi, et que cette pratique est confirmée par les “témoignages des saints pères et docteurs de l’Eglise”, le Concile de Florence donne aussi une explication allégorique et mystique : « parce que cela convient au mémorial de la passion du Seigneur… On ne doit pas, en effet, offrir dans le calice du Seigneur ou seulement le vin ou seulement l’eau, mais l’un et l’autre ensemble, parce que on lit que l’un et l’autre, c’est-à-dire le sang et l’eau ont jailli du côté du Christ » (cf. Jean 19, 34). Et ainsi, se manifeste le caractère sacrificiel de la Sainte Messe, le Sacrifice de soi-même du Rédempteur par amour de notre salut.
Mais, ainsi s’exprime le Concile de Florence – il s’agit aussi de notre entrée dans son Sacrifice. L’effet que le Sacrement a sur nous doit se manifester dans la goutte d’eau : « Dans la goutte d’eau se préfigure le peuple, et dans le vin, se manifeste le Sang du Christ… Quand, dans le calice, l’eau se mêle donc au vin, le peuple s’unit au Christ, et le peuple fidèle s’unit et se réunit avec celui dans lequel il croit ».
Pourquoi est-ce que cela a été précisément ce concile, dont le contenu fut une conciliation avec les Arméniens, de tendance monophysite, à analyser si en détail le thème de la goutte d’eau ? L’hérésie monophysite tendait à accentuer de manière excessive et unilatérale la nature divine de Jésus-Christ. L’expression “monophysis” veut dire “une seule nature. La nature humaine prise par le Fils de Dieu pour notre salut aurait été, selon eux, absorbée par Sa Divinité. Avec cela, pour les monophysites, la réalité de l’incarnation passait au second plan, l’action rédemptrice sur la Croix perdait sa signification.
Entre la disparition de cette hérésie au V° siècle et les négociations unionistes avec les Arméniens au XV° siècle, un millénaire s’était écoulé. Ce qui, à cause de la distance, était devenu probablement moins problématique au plan de la doctrine, était toujours perceptible dans un détail liturgique. De manière cohérente, les monophysites avaient banni la goutte d’eau de leur liturgie : le divin n’a besoin d’aucun complément humain, d’aucune ajoute de la part de l’homme. Mais la doctrine catholique embrasse ces deux réalités, la nature divine et la nature humaine, dans l’unique personne de Jésus-Christ. De sorte que, aujourd’hui encore, la prière qui accompagne la goutte d’eau mise dans le vin, est la suivante : « Que l’eau unie au vin soit le signe de notre union avec la vie divine de Celui qui a voulu assumer notre nature humaine ».
On lit comme un voyage théologique d’exploration, quand, plus de 100 ans plus tard, en 1562, au Concile de Trente, on voit réapparaître la goutte d’eau dans le vin dans une déclaration dogmatique. Que s’était-il passé ? Martin Luther avait parlé de la toute-puissance de la grâce. La justification de l’homme devant Dieu aurait pu se faire seulement par la grâce. « La seule grâce ». Aucune ajoute n’aurait permis au pécheur de participer à sa rédemption, exception faite de sa foi confiante : « Sola fides ». En conséquence, pour les protestants, la goutte d’eau dans le calice devint tout à fait hors de propos. La pure œuvre divine n’a besoin d’aucune action ajoutée de la part de l’homme.
Mais cela n’est-il pas vrai quand l’apôtre Paul déclare : « Je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ, en faveur de son Corps qui est l’Eglise » (Colossiens 1, 24). Avec cette affirmation, Saint Paul n’entend pas diminuer l’œuvre rédemptrice de l’unique Rédempteur. Au contraire, Saint Paul le savait précisément par sa propre expérience : « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis » (1 Corinthiens, 15, 10). Une fois, le Seigneur lui avait même fait comprendre : « Ma grâce te suffit » (2 Corinthiens 12, 9). Malgré cela, l’Apôtre était conscient de sa tâche « d’instrument ». Ce n’est pas l’action rédemptrice qui a besoin de complément, mais sa médiation aux hommes « par le Corps du Christ » qui a besoin de la contribution humaine. Et comme le Christ ne voulait pas racheter seulement individuellement, et que l’action rédemptrice inclut l’édification de Son Corps, l’Eglise, chaque membre sert de « goutte d’eau ».C’est une manière très simple pour présenter ces raisonnements de haute théologie : Quand Jésus mourut sur la Croix, il le fit en qualité d’unique Médiateur entre Dieu et les hommes. Mais le fait que Marie, Jean, et plusieurs femmes fidèles, au pied de la Croix, s’unirent à son Sacrifice, ne fut pas aux yeux de Dieu une diminution du Sacrifice de Jésus ni une ajoute casuelle. C’est précisément la goutte d’eau dans le calice du salut.
Mais retournons, après cette excursion dans l’histoire de l’Eglise et de la théologie, à l’Offertoire de la Messe. Nous tous, la communauté rassemblée autour de l’autel, nous devons devenir un don agréable à Dieu, en même temps que le Sacrifice du Christ, selon ce que les fidèles expriment dans le « suscipiat » face au prêtre : « Que le Seigneur reçoive de tes mains ce sacrifice à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute la sainte Eglise »
Les observations relatives à un détail apparemment marginal de l’Offertoire, révèlent ainsi la grande richesse spirituelle cachée dans ces moments de la célébration de la Messe. Il est bien compréhensible que les paroles qui accompagnent les actions de l’Offertoire soient normalement récitées à mi-voix, comme le prévoit le Missel. Les fidèles peuvent pendant ce temps, chanter un chant d’offertoire qui aide à l’attitude d’offrande, ou ils peuvent écouter le chœur, ou encore toute chose adaptée à ce qui se passe à ce moment ; ils peuvent aussi élever silencieusement leur cœur et leurs sens vers le Seigneur, alors que qu’un orgue, ce qui est souhaitable, ou un autre instrument, joue doucement comme accompagnement de cette action.
Le Missel dit clairement que les processions d’Offertoire pour les fidèles, sont en correspondance avec le contenu intérieur de cette partie de la Messe. C’e n’est pas par hasard que, à ce moment, on passe pour faire la quête pour recueillir les offrandes pour les exigences et les besoins de l’Eglise, et surtout des plus nécessiteux. Ces petits dons, eux aussi font ainsi que la « goutte d’eau » prend une forme concrète.
Julia Verhaeghe, la Mère fondatrice de la famille spirituelle “L’opera”, dont la vie fut marquée par un amour profond envers l’Eglise et sa liturgie, se voyait elle-même dans la goutte d’eau, ainsi que sa propre mission. « ‘Seigneur, fais que, dans le calice du prêtre qui T’offre le saint Sacrifice, je sois la petite goutte d’eau qui se mélange dans le vin en se perdant en lui ». Pour un fidèle qui veut participer à la célébration de la Sainte Messe de manière plus spirituelle encore, cette intention de prière peut être une aide sérieuse.
Le médicament d’immortalité
Du point de vue de la foi, le péché est la cause ultime et la plus profonde de la mort. La mort, comme nous la connaissons, c’est-à-dire comme force destructrice, n’était pas prévue par Dieu pour l’homme. Si l’homme n’avait pas péché, cela ne serait pas arrivé. « Avec le péché…, la mort a atteint tous les hommes » (Romains 5, 12). La mort est devenue une condition générale et absolument certaine de l’existence humaine : tous ceux qui naissent dans ce monde, le quitteront en mourant.
Avoir l’espérance de la vie éternelle, malgré la mort et au-delà de la mort, n’est pas en notre pouvoir. Personne ne peut acquérir la résurrection par soi-même ; seule la grâce de Dieu peut le faire. « Mais grâces soient à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 15, 57). Celui qui est venu pour nous libérer du péché est aussi Celui qui veut nous sauver du pouvoir de la mort.
Dans le Baptême, Dieu donne le départ, le commencement, en nous donnant la grâce de la « renaissance » pour la vie éternelle. C’est comme une vaccination avant un long et dangereux voyage. Le Baptême nous donne les premiers « vaccins » contre la mort éternelle. A ces « vaccins », dans le cours de la vie, doivent être faits des rappels, en particulier avec les autres Sacrements. Les saints Sacrements, et surtout la Pénitence et l’Eucharistie, sont des médicaments contre mort.
Les chrétiens ont toujours été conscients du fait que, sans la Sainte Messe, sans l’Eucharistie au moins le dimanche, ils n’auraient pas pu continuer à vivre : « Sans la célébration dominicale du Seigneur, nous ne pouvons pas vivre » déclaraient les martyrs d’Abitène (morts en 344) devant le tribunal païen. « Ce n’est pas du positivisme ou la soif de pouvoir, si l’Eglise nous dit que l’Eucharistie fait partie du dimanche (Benoît XVI). Il ne s’agit pas ici d’un commandement imposé de l’extérieur, mais de survie. Si nous ne recevons pas régulièrement le Christ et Sa grâce en nous, si nous ne nous faisons pas « vacciner » continuellement contre la mort et ses conséquences, nous n’avons aucune chance de parvenir à la vie éternelle. Le dimanche est le jour de la semaine où « se fait le vaccin », parce que c’est l’à que la force du Ressuscité devient efficace de la manière la plus authentique.
Le lien intime entre le fait de recevoir l’Eucharistie et la promesse de la résurrection n’est pas une construction faite a posteriori par des théologiens. Ce lien est fondé sur la roche originale de l’Ecriture. L’Evangéliste Jean consacre le sixième chapitre de son Evangile à l’Eucharistie. Il contient le grand discours sur l’Eucharistie fait par Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. Une lecture attentive fait noter la double indication : l’Eucharistie est le gage de la Résurrection (cf. Jean 6, 44.54). Jésus dit clairement : « En vérité, en vérité je vous le dis : si vous ne mangez pas la Chair du Fils de l’Homme et si vous ne buvez pas son Sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange ma Chair et boit mon Sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6, 53-54).
Chez les auteurs anciens, nous trouvons ces affirmations encore plus approfondies et plus développées. Dans l’une de ses Catéchèses, Grégoire de Nysse (mort après 394) compare la condition de l’homme mortel à un empoisonnement fatal. Seul un antidote peut briser cette force porteuse de la mort : « Qu’est-donc alors cette nourriture ? » demande Saint Grégoire, et la réponse éclate : « Rien d’autre que ce corps qui a surmonté la mort et qui nous apporte la vie. Parce que, tout comme, selon les paroles de l’apôtre, un peu de levain rend toute la masse de la pâte semblable à lui, de même aussi ce corps doté d’immortalité formé par Dieu transforme le nôtre à sa ressemblance ». Le Saint Père de l’Eglise explique ensuite comment le pain et le vin, par la Parole de Dieu, sont transformés dans le Corps du Christ Ressuscité, « afin que l’homme lui aussi, par son union avec celui qui est immortel, devienne participant de l’immortalité ».
Une petite aide pour comprendre l’Eucharistie comme "médicament d’immortalité", peut venir d’un bref excursus dans l’histoire des dogmes. Il s’agit, plus précisément, des raisons théologiques pour le dogme de l’Assomption de Marie au Ciel. Pourquoi la Mère de Dieu, à l’heure de sa mort, a-t-elle eu le privilège d’être élevée par Dieu au ciel avec son âme et avec son corps, sans que son corps connaisse la corruption ?
Une raison courante des prédications des Pères de l’Eglise est l’enseignement biblique, selon lequel Marie fut choisie par Dieu comme Mère du Seigneur. Aucune créature n’était liée au Christ comme le fut Marie, Sa Mère. Son Corps provient du corps de Marie, Son Sang vient de Son sang à elle. De la même manière où le corps de la Mère de Dieu L’a porté dans son sein jusqu’à Sa naissance, et L’a nourri, en devenant ainsi un sanctuaire de Dieu, après la mort, également, son corps aurait dû rester sacré et n’aurait pas dû connaître la corruption.
Ce que Marie était en vertu de sa vocation, à savoir, Celle qui porte Dieu en elle, nous pouvons le devenir progressivement. Dans la Sainte Eucharistie, nous recevons le Christ au-dedans de nous. Au fond, il suffirait d’une seule et unique sainte Communion pour nous faire devenir une seule chose avec le Christ. De Son côté, cela serait possible. Mais, à cause de notre fragilité humaine, nous avons besoin de répétition. Nous devons toujours, de nouveau « accueillir le Corps immortel du Christ pour être transformés à la ressemblance de Sa nature divine » (cf. Grégoire de Nysse).
Personne ne peut réaliser l’assomption, de soi-même au ciel. Mais, en portant toujours plus le Christ en nous, comme le fit Marie, à l’avenir, Il devra faire en nous ce qu’il a déjà anticipé en Marie. A l’heure de notre mort, ou du moins, non loin de cette hure de la mort, le Seigneur, un jour, devra devenir notre « viatique » : ce sera la dernière « vaccination », afin que l’aiguillon mortel ne puisse nous nuire. Mais, comme personne ne sait quand viendra cette heure, l’Eucharistie doit être, au moins chaque dimanche, mais dans toute la mesure du possible également les jours de semaine, notre médicament. Et, de la sorte, nous serons prêts pour le passage.
(Agence Fides, Don Christoph Haider, 14/06/2008)
Lire tout le document ► L’EUCHARISTIE : SACRIFICE, BANQUET ET PRESENCE DU SEIGNEUR
Sources : www.vatican.va - E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 14.06.2008 - T/Liturgie
Posté le 18.05.2008 par auto23652
Forme extraordinaire... Extraordinaires progrès...
Motu proprio - Commentaires
13-05-2008
« Forme extraordinaire »
Extraordinaires progrès…
Huit mois après l’entrée en vigueur du Motu proprio Summorum pontificum, une actualité particulièrement riche est venue illustrer ces derniers jours comment la remise à l’honneur dans l’Eglise de la forme traditionnelle de la liturgie latine – la « forme extraordinaire » – est en train de contre-révolutionner le paysage. C’est une nouvelle occasion de rendre grâce. Une nouvelle occasion de constater que les retombées du Motu proprio n’en sont, sûrement, qu’à leurs débuts.
• La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre vient de se voir accorder l’ouverture d’une paroisse personnelle dans le diocèse de Rome, en plein centre historique : l’église « Santissima Trinità dei Pellegrini », qui sera ainsi entièrement rendue au rite catholique traditionnel. L’installation officielle de l’abbé Joseph Kramer, premier curé de cette paroisse nouvelle, aura lieu le 8 juin 2008.
Le recours à la formule des paroisses personnelles est prévue par l’article 10 du Motu proprio. Le décret d’érection, daté du jour de Pâques 2008, établit : « Après avoir reçu la proposition du Cardinal Vicaire [le cardinal Ruini], le Saint-Père a décidé que dans le secteur central de Rome, dans le 1er district, dans un lieu de culte approprié, (…) devrait être érigée une paroisse personnelle afin de satisfaire aux besoins pastoraux de la communauté entière des fidèles traditionnels résidant dans ledit diocèse. »
Décision d’une valeur fortement symbolique : c’est Rome, le diocèse du Pape, qui donne l’exemple, c’est à Rome que s’ouvrira – après une dizaine d’autres paroisses personnelles traditionnelles dans le monde – un lieu de culte où la messe traditionnelle sera célébrée tous les jours, où les activités normales d’une paroisse auront lieu, grâce notamment à la mise à disposition de bâtiments adéquats, et ce dans un lieu traditionnellement voué à l’accueil des pèlerins puisque l’église fut construite sous l’inspiration et la direction de saint Philippe Néri qui fut, rappelle l’abbé John Berg, supérieur de la Fraternité, surnommé le « troisième apôtre » de la Ville Eternelle. L’église, dotée de trésors artistiques, est à cent mètres du Palais Farnèse.
L’abbé Berg entend que la Fraternité Saint-Pierre présente « dans cette église une authentique vie liturgique capable d’illustrer, selon les mots du Pape Benoît XVI, ces “trésors de dévotion et de culture accumulés” dans le rit romain » : une splendeur capable d’attirer les Romains et les pèlerins et de faire rayonner la liturgie traditionnelle au cœur même de l’Eglise.
• Mercredi, lors de l’audience générale de Benoît XVI à Rome, à trois jours du 26e pèlerinage Paris-Chartres, les dirigeants de l’association Notre-Dame de Chrétienté eurent les honneurs des premiers rangs. Son président, Olivier de Durat, son aumônier général, l’abbé Le Coq, Matthieu Joulie, vice-président, mais aussi l’abbé Pozzetto, aumônier émérite, purent dire leur gratitude au Saint-Père pour le Motu Proprio. L’abbé Pozzetto lui remit le livre Génération Chartres édité à l’occasion du 25e pèlerinage ainsi que le DVD « Les marcheurs de Dieu ».
• Un autre DVD vient de sortir, édité par la Fraternité Saint-Pierre aux Etats-Unis avec le concours d’EWTN, la chaîne catholique de Mother Angelica : un DVD de formation à la célébration de la « forme extraordinaire ». Il est « préfacé » d’une interview filmée du cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission Ecclesia Dei.
Ses propos qui visent à expliciter la volonté du Saint-Père dans le Motu proprio sont… formidables. La liturgie traditionnelle y est présentée comme un « don pour tous ».
« Ce n’est pas un don qui s’adresserait à ceux-là seuls qu’on appelle les “traditionalistes” : non, c’est un don pour toute l’Eglise catholique. Et ce don, librement offert, le Saint-Père le fait au moyen de cette merveilleuse structure de l’Eglise que constituent les paroisses, les prêtres et les chapelains dans les chapelles où l’on célèbre l’Eucharistie. Par la volonté du Vicaire du Christ, ils doivent accepter les pétitions et les demandes des fidèles qui désirent cette messe, et ils doivent la leur offrir.
« Et même lorsqu’il n’y a pas de demande spécifique, ni de requête, ils devraient la rendre accessible, afin que chacun puisse avoir accès à ce trésor de la liturgie ancienne de l’Eglise. Là est l’objectif primordial du Motu proprio : une richesse spirituelle et théologique. Le Saint-Père veut que cette forme de la messe devienne normale dans les paroisses afin que, de cette manière, des communautés jeunes puissent aussi se familiariser avec ce rite. »
J’ai traduit l’ensemble de l’interview – traduction non officielle, donc – sur mon blog, www.leblogdejeannesmits.blogspot.com.
A l’heure où, déjà, les « messes Motu proprio » attirent un nombre croissant de fidèles qui n’avaient pas l’habitude d’assister à au « rite plus ancien », comme le désigne le Cardinal, l’Eglise de France va-t-elle se mettre au diapason ?
JEANNE SMITS
Posté le 17.05.2008 par auto23652
Le 08 mai 2008 - (E.S.M.) - La nouvelle édition française de la Présentation Générale du Missel Romain (PGMR) qui vient de paraître sous le titre « L’art de célébrer la messe » constitue l’introduction à la troisième édition typique du Missel romain dont la traduction en français est en préparation pour une parution prévue vers 2010-2012.
L’art de célébrer la messe
En 2e partie, une interview du cardinal Dario Castrillon Hoyos sur la célébration de la messe selon la « forme extraordinaire » du rite romain. (Ici)
Présentation Générale du Missel Romain 3e édition typique 2002.
Préface de Mgr Robert Le Gall
Editions Desclée – Mame, 2008
222 pages, 12,50 €
La nouvelle édition française de la Présentation Générale du Missel Romain (PGMR) qui vient de paraître sous le titre « L’art de célébrer la messe » constitue l’introduction à la troisième édition typique du Missel romain dont la traduction en français est en préparation pour une parution prévue vers 2010-2012. Le titre principal en dit long sur la manière de célébrer l’Eucharistie : c’est un art ! Oui, un art qui ne relève pas de l’improvisation ou de l’approximation, mais d’une intelligente rigueur pour bien faire ce que l’Église fait quand elle célèbre.
On entre dans ce texte en lisant une belle préface de Mgr Robert Le Gall, actuel Président de la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques, nous invitant à redécouvrir l’art de célébrer la messe en l’associant à des mots ou expressions tels que : l’initiation chrétienne, à la mystagogie, la ritualité et les rituels dont celui de la messe (le Missel). C’est ce Missel romain qui contient toujours en tête la Présentation Générale du Missel Romain, dont nous saluons aujourd’hui sa traduction en français. Mgr Le Gall nous aide à comprendre comment cette nouvelle traduction a pris forme. Ce passage intéressant à lire nous apprend de quelle manière un texte-source en latin est traduit en français (donc pour plusieurs pays francophones, ce qui ne rend pas la tâche facile ni rapide). Pour cela, un travail laborieux a été réalisé entre 2002 et 2008, soit 6 ans pour traduire la PGMR !
Quoiqu’il en soit, Mgr Le Gall nous invite à « lire cette Présentation, la faire lire, la comprendre et l’expliquer, pour la mettre en pratique. Mais surtout il nous invite à comprendre que la Liturgie est un ars celebrandi, expression à la fois du pape Jean-Paul II et de Benoît XVI qui en souligne toute l’importance dans son Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis. Pour le pape, c’est de cet ars celebrandi qui favorise le sens du sacré et l’utilisation des formes extérieures (vêtements, ameublement, lieu sacré…). Le pape Benoît XVI ajoute que « pour un ars celebrandi correct, il est tout aussi important d’être attentif à toutes les formes de langage prévues par la liturgie : parole et chant, gestes et silences, mouvements du corps, couleurs liturgiques des vêtements.
L’archevêque de Toulouse invite alors à la docilité et l’obéissance pour mettre en pratique les rites de l’Église concernant l’Eucharistie : « Les rites sacramentels, particulièrement ceux du sacrifice eucharistique, nous sont remis – aux ministres ordonnées et aux équipes de liturgie, chacun selon sa responsabilité propre -, non pour en disposer à notre guise, mais pour les respecter et respecter les fidèles qui en attendent la vivante et sereine nourriture de leurs âmes. Il convient de les étudier, de les connaître, d’être initié à leur sobre et belle célébration. »
La PGMR s’ouvre véritablement avec la Constitution apostolique Missale Romanum promulguant le Missel romain restauré par décret du IIe concile œcuménique du Vatican et signée du pape Paul VI. Ce texte du 3 avril 1969 (bientôt 40 ans !) est à relire si l’on veut comprendre le changement apporté par la Constitution sur la Sainte Liturgie en ce qui concerne la célébration de la messe.
Vient ensuite le texte proprement-dit de la Présentation du Missel Romain qui, avec un Préambule et 9 chapitres décline les multiples aspects à considérer pour la célébration de la Messe. Ici, l’énumération des chapitres montre bien que tous les « acteurs liturgiques » sont directement concernés par cette présentation du missel romain. Chapitre I : Importance et dignité de la célébration eucharistique – Chapitre II : La structure de la messe, ses éléments et ses parties – Chapitre III : Les offices et ministères à la messe – Chapitre IV : Les diverses formes de célébration de la messe – Chapitre V : Disposition et ornementation des églises pour la célébration de l’Eucharistie – Chapitre VI : Ce qui est requis pour la célébration de la messe – Chapitre VII : Choix de la messe et de ses différentes parties – Chapitre VIII : Messes et oraisons pour des intentions diverses, messes des défunts – Chapitre IX : Adaptations qui relèvent des évêques et de leurs Conférences.
Chapitre après chapitre, on découvre (ou redécouvre) la manière juste de célébrer la messe, et il est fort à parier que tous ceux qui les liront seront amenés à s’interroger à frais nouveaux sur leur « ars celebrandi ».
Pour terminer, un Index analytique très important de 68 pages permet de « circuler » encore plus facilement dans le texte pour retrouver les mots et expressions que l’on souhaite. C’est un excellent outil pour les membres des équipes liturgiques qui décideront de prendre du temps pour découvrir la nouvelle Présentation Générale du Missel romain, ce qui, somme toute, est le minimum requis pour vivre, elles aussi, la liturgie comme un ars celebrandi.
Jean PHILIBERT
La messe traditionnelle doit être accessible à tous, dit le cardinal Castrillon Hoyos
Le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, a donné une interview d'introduction au DVD d'instruction sur la célébration de la messe selon la « forme extraordinaire » du rite romain qui vient d'être édité par la Fraternité Saint-Pierre aux Etats-Unis. Cette interview apporte un éclairage sur le but poursuivi par le Pape Benoît XVI à travers le Motu Proprio Summorum pontificum.
« De nombreuses voix dans l’Eglise se sont élevées pour poser cette question : “Qu’est-ce que le Motu proprio Summorum pontificum, que veut le Pape, en promulguant de son propre mouvement, spontanément, cette loi universelle qu’est le Motu proprio Summorum pontificum ?”
« L’Eglise, depuis plus de mille ans, a célébré le rite que l’on en est venu à appeler la “messe de Saint Pie V”. Ce rite a soutenu l’unité à la Foi et est devenu l’expression unique à travers laquelle l’Eglise adore Dieu, rendant présent sur l’autel de manière non sanglante le Sacrifice de la Croix. La foi catholique nous enseigne que la sainte Messe est le Sacrifice de la Croix. Le rite ancien maintient un silence sacré, la contemplation ; bien plus, dans le même temps, il rend présent le Seigneur Jésus-Christ, dans une expression d’une riche beauté liturgique, comme le vainqueur de la mort et du péché.
« C’est pourquoi le Saint-Père propose, non pas de façon obligatoire, mais propose tout de même à l’Eglise tout entière ce trésor du rite plus ancien à travers lequel l’Eglise peut être sanctifiée. Et toute cette richesse liturgique, toute cette richesse spirituelle, et toutes ces prières si bien conservées à travers les siècles, tout cela est offert par la Rome d’aujourd’hui à tous, comme un don pour tous.
« Ce n’est pas un don qui s’adresserait à ceux-là seuls qu’on appelle les “traditionalistes” : non, c’est un don pour toute l’Eglise catholique. Et ce don, librement offert, le Saint-Père le fait au moyen de cette merveilleuse structure de l’Eglise, que constituent les paroisses, les prêtres et les chapelains dans les chapelles où l’on célèbre l’Eucharistie. Par la volonté du Vicaire du Christ, ils doivent accepter les pétitions et les demandes des fidèles qui désirent cette Messe, et ils doivent la leur offrir.
« Et même lorsqu’il n’y a pas de demande spécifique, ni de requête, ils devraient la rendre accessible, afin que chacun puisse avoir accès à ce trésor de la liturgie ancienne de l’Eglise. Là est l’objectif primordial du Motu proprio : une richesse spirituelle et théologique. Le Saint-Père veut que cette forme de la Messe devienne normale dans les paroisses afin que, de cette manière, des communautés jeunes puissent aussi se familiariser avec ce rite.
« Je suis très content de voir ce DVD didactique, qui a été créé pour l’instruction des prêtres, et non seulement des prêtres mais aussi des fidèles qui depuis si longtemps n’ont connu que le nouveau rite, afin qu’ils se familiarisent avec cette forme du rite romain. Cette vidéo a été créée pour préparer des prêtres afin qu’ils puissent célébrer ce rite de manière digne et sainte, avec piété, avec amour, d’une façon qui corresponde à ses exigences particulières.
« C’est pourquoi cette initiative est la bienvenue. Et moi, en tant que président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, à Rome, avec les cardinaux qui en sont membres, nos conseillers et avec le personnel qui travaille sur ces programmes, je remercie Mère Angelica, et tous ceux qui ont participé à ce projet, des efforts consentis pour aider les prêtres à offrir plus dignement à tous les membres de l’Eglise catholique ce trésor du rite plus ancien. Merci. »
Cardinal Dario Castrillon Hoyos - (Source Fraternité Saint-Pierre ) - (Traduction JS)
► Articles sur la Liturgie
Sources : E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 08.05.08 - T/Liturgie
Posté le 04.05.2008 par auto23652
Jean Sébastien Bach
(1685-1750)
Les bienfaits de la musique de Bach sur les enfants et... l'eau polluée !
(Que dire du chant grégorien ...)
Revue de Presse - Blogdei
29-04-2008
Peu de musiciens ont eu une influence comme celle de Jean-Sébastien Bach, cet homme habité par Jésus-Christ et qui faisait précéder toutes ses partitions de cet acronyme: SDG, soli deo gloria (pour la seule gloire de Dieu). Voici quelques uns des fruits étonnants que sa musique inspirée produit encore,...
C'est d'abord en partie à lui que l'on doit l'explosion de la musique d'église hors du chant grégorien. Il composa 300 cantates, 4 oeuvres chorales et d'innombrables oeuvres instrumentales.
Mais ce qui frappe surtout, c'est l'aspect mathématique et parfaitement structuré de sa musique. Les inconditionnels de Pythagore et du nombre d'or n'ont pas fini de vibrer avec les harmoniques qu'il a su transcrire de ce qu'il percevait du royaume de Dieu.
Il est admis depuis longtemps que la musique classique a des effets étonnants et structurants sur les enfants, notamment sur le raisonnement mathématique. Plus habiles que le nouveau système d'ultrasons français, des belges utilisèrent même Bach... dans le métro pour faire fuir les jeunes désoeuvrés.
Si "la musique adoucit les moeurs", elle a aussi des effets inattendus. On connaissait les plantes amoureuses de musique classique, les vaches dont la production de lait augmentait à son écoute, voici maintenant une découverte encore plus étonnante: les cristaux d'eau qui se structurent harmonieusement grâce à la musique, et les eaux polluées qui sont filtrées... avec du Bach ! Bien que contestées, les recherches du "savant fou" japonais Masaru Emoto, si elles frisent le New Age, n'en sont pas moins révélatrices de la perfection d'une oeuvre puisée en Dieu. Comparez les photographies de cristaux nourris à la musique de Jean Sébastien Bach, avec d'autres, déstructurés par de la "musique" metal.
Les liens entre musique et agressivité (qui occuperaient selon certains scientifiques la même zone du cerveau) ne sont plus à prouver, comme le montre cette amusante (mais inquiétante) vidéo. Le Dr Nghiem l'a longuement démontré dans ses théories sur le cerveau reptilien qui, bien que très contestées (on comprend bien pourquoi lorsqu'on sait le travail de sape entrepris dans notre société depuis le fameux retournement de "mai '68"), n'en sont pas moins tout à fait d'actualité.
Amis parents, initiez vos enfants à la musique de Bach. Et enseignez-leur à connaître le Dieu qui fut l'inspiration ultime de Jean-Sébastien Bach: Jésus-Christ. Ils découvriront ainsi le secret du bonheur.
Repris de Blogdei
Posté le 04.05.2008 par auto23652
La liturgie au risque de la modernité
Le 03 mai 2008 - (E.S.M.) -
Le Père Jonathan Robinson, Professeur de théologie et fondateur de l'Oratoire de Toronto (Canada), nous livre aux éditions Tempora une étude de très grande importance sur "La liturgie au risque de la modernité".
Le Père Jonathan Robinson -
La liturgie au risque de la modernité
Le Père Jonathan Robinson, Professeur de théologie et fondateur de l'Oratoire de Toronto (Canada), nous livre aux éditions Tempora une étude de très grande importance sur "La liturgie au risque de la modernité".
L'ouvrage de 345 pages, très dense et d'un abord qui pourra sembler un peu ardu pour qui n'a pas fait d'études de philosophie, comporte trois grandes parties.
Dans la première, l'Auteur rappelle en quoi consistent les différents aspects de cette crise liturgique contemporaine que plus personne ne peut nier : "La liturgie de l'Église s'est gravement fourvoyée. Pour n'être pas universelle, cette conviction - il est important de le comprendre - est néanmoins partagée par des traditionalistes et par bien des gens que l'on ne saurait en aucune manière qualifier de conservateurs ou traditionnels. Le Cardinal Danneels, primat de Belgique, dont on pourrait certainement dire qu'il appartient à l'aile progressiste de l'Église, écrivait dans son bulletin diocésain: "Dans l'ancien droit canon, les rubriques dominaient tout : faute d'être éclairés, les prêtres se conformaient à leurs prescriptions avec une obéissance parfois puérile. Aujourd'hui, la situation est inverse: c'est la liturgie qui doit obéir et s'adapter à nos préoccupations, au point qu'elle ressemble plutôt à un meeting politique ou à un happening. Nous allons célébrer la vie telle que nous la connaissons!" Je pense que le cardinal a raison, et je crois aussi qu'il a mis le doigt sur la déviation fondamentale: la liturgie n'est plus, avant tout, le culte de Dieu mais une célébration de nos besoins et de la vie telle que nous la connaissons. Il est vrai que cela ne gêne pas particulièrement un bon nombre - sinon même la plupart - des gens qui vont encore à la messe; mais pour contrebalancer cette satisfaction (ou autosatisfaction si le cardinal Danneels a raison), il y a quand même deux choses que l'on peut constater.
D'une part, au plus haut niveau de l'Église, on admet qu'il faut véritablement quelque chose comme une réforme de la réforme, et cela montre, à tout le moins, que les critiques portées contre les dispositions liturgiques actuelles ne se réduisent pas à refuser de changer ou d'accepter les dispositions de l'autorité légitime. D'autre part, il y a le fait que, si la situation actuelle peut bien satisfaire ceux qui continuent à aller à la messe, on constate que le nombre de pratiquants et l'influence de l'Église ont connu une baisse catastrophique. Les catholiques non pratiquants sont bien plus nombreux encore - sans parler de tous les gens qui ne pratiquent aucune religion - à ne rien trouver qui les attire dans nos rites, du moins tels que nous les célébrons actuellement." Voilà la réalité brièvement mais clairement résumée. Le Lecteur trouvera dans l'ouvrage du P. Robinson de nombreux textes ou exemples venant étayer cette analyse.
Dans la deuxième partie, l'Auteur se plaît à remonter à la source de la crise actuelle : une source qu'il situe aux XVIIIème siècle et au XIXème siècle. C'est la partie la plus dense, la plus complexe, mais incontestablement la plus riche de l'ouvrage : on y voit que la question des rites est, au fond, secondaire, car le vrai problème est d'ordre philosophique, théologique, ecclésial. Au fond, si notre façon de traiter la liturgie - et ses rites - a conduit à faire un peu tout et n'importe quoi, c'est d'abord parce que notre vision de Dieu, de l'Église et de la foi chrétienne a été en partie faussée par l'introduction dans notre façon de penser, d'idées fausses, héritières des Lumières.
Dans la troisième partie, assez brève, le P. Robinson propose les solutions qu'il faudrait adopter pour enrayer la crise actuelle. Pour lui, il est évident que la restauration liturgique voulue par l'Église au moment de Vatican II était une nécessité car, avant le Concile, "pour un oeil non averti, la messe latine était du théâtre kabuki: statique et incompréhensible. Voir des millions de gens s'agenouiller sans protester tout au long de la messe, dimanche après dimanche, confirmait les sécularistes dans leurs convictions que les catholiques étaient des masses inertes. Mais pour quelqu'un qui avait été catholique toute sa vie, les détails du latin n'avaient guère d'importance. Les cadences majestueuses de la messe empruntaient des connexions neuronales bien établies et possédaient une structure dramatique claire (...). Globalement - les lumières tamisées, le scintillement des vêtements liturgiques, l'incandescence des vitraux, le murmure du latin récité comme un mantra -, cette expérience purifiait l'esprit; elle calmait l'âme, ouvrait les esprits à d'intenses Présences et de vastes Desseins que l'on saisissait mal. Chaque semaine ou même chaque jour s'il le désirait, le temps d'un tremblement, l'homme de la rue avait le Divin à portée de main."
C'est ce genre de célébrations que les liturgistes entreprirent de réformer, et c'était nécessaire. Mais au lieu que les choses s'améliorent - écrit l'Auteur - on a perdu quelque chose : par là fut réduite cette capacité à avoir le Divin à portée de main, ce qui constituait précisément le coeur même de la liturgie.
Faut-il alors revenir en arrière, se demande le P. Robinson ? S'il reconnaît que cette demande possède une certaine validité face aux célébrations liturgiques actuelles dont certaines peuvent difficilement être qualifiées de chrétiennes, il affirme sans détour qu'un retour à l'ancien rite ne serait ni pratique ni même sain. "L'ancien rite n'occupe plus une place centrale dans la mentalité de la plupart des catholiques pratiquants actuels; en fait, la plupart du temps, lorsque des catholiques assistent pour la première fois à une messe dans l'ancien rite, elle leur apparaît bizarre et étrangère. Ce qui ne veut pas dire que certains ne l'apprécieront pas; mais là n'est pas la question. Le fait essentiel est que, pour la plupart des catholiques, l'ancien rite ne constitue plus le point de référence spirituel central; il faut les amener à l'ancien rite. Lorsqu'ils réfléchissent sur le culte de Dieu, ce n'est pas lui qui constitue leur point de départ."
Mais que faire alors ? L'Auteur fait plusieurs propositions bien argumentées. Pour lui, il est urgent :
- de favoriser une participation à la liturgie qui soit d'ordre contemplatif;
- d'éliminer de la liturgie tout ce qui est création personnelle et locale; car plus une liturgie devient personnelle et locale, moins elle peut correspondre à l'objet premier de l'Eucharistie;
- conserver la dimension "illuminative" de la célébration, par laquelle toute liturgie enseigne et reflète la foi catholique sur laquelle elle se fonde;
- fonder toute prédication sur les Écritures telles que l'Église les comprend;
- veiller à ce que la liturgie puisse faire son oeuvre seule, sans qu'interviennent en permanence les préoccupations particulières ou la personnalité propre du célébrant ou de l'animateur;
- veiller à un usage plus intensif du latin dans toutes les paroisses afin de rappeler que ce ne sont pas nos paroles qui sont importantes en liturgie, mais que c'est Dieu qui est au coeur de toute célébration;
- revoir très sérieusement la question de la musique et du chant en ayant conscience que les bonnes intentions ne suffisent pas pour composer ce qui doit pouvoir trouver sa place dans la liturgie;
- sortir la liturgie de sa routine d'autosatisfaction en réintégrant dans les sanctuaires le mouvement ordonné - "rituel" - des acteurs de la liturgie, mouvement qui aide le fidèle à sortir de lui-même en lui rappelant que la liturgie est d'abord une action initiée par Dieu qui nous invite à répondre à son amour.
Oui, l'ouvrage du Père Jonathan Robinson mérite grandement d'être lu, étudié, offert, diffusé... Il trouve incontestablement une place de choix dans le grand débat actuel autour de la liturgie.
P. Jonathan ROBINSON, La liturgie au risque de la modernité, Tempora (25 euros + frais de port).
Ordonné prêtre en 1962, le Père Jonathan Robinson, a enseigné dans divers séminaires et universités avant d’être le secrétaire du Cardinal Leger de Québec puis de fonder l’Oratoire de Toronto (Canada).
Cette réflexion nous est offerte par Denis CROUAN, docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia
Posté le 24.03.2008 par auto23652
Cachant ainsi son visage à la majorité des fidèles...
Voila ce qui se passe lorsque l'on critique tout, sans discernement et de la plus mauvaise foi qui soit. Même le religieux n’y échappe pas. Le sacré écorché en permanence, résiste mal, et les individus désinformés en tout, créent le lit funèbre de l’opinion pour une opinion désabusée mais surtout abusée. Pour critiquer il faut connaître son sujet. Ce n'est visiblement pas le cas de Hervé Yannou, du moins en ce qui concerne le rite Tridentin. C'est ainsi que l'on crée l'opinion. C'est ainsi que l'on colle les étiquettes, au super marché de la communication
Le journalisme de le Star Académie, pour tout, dans tout et partout.
Le drame c’est que l’individu devenu passif vis-à-vis de l’information devient aussi buvard de toutes les tâches d’encre. Il me vient à l’esprit pour ce genre de papier et leurs journalistes, les malédictions de certains Psaumes, concernant les colporteurs de calomnies.
M.
"Ce que le journaliste semble totalement ignorer ici, c'est que les fidèles catholiques viennent à la messe pour rencontrer le Christ et non pour voir la tête du célébrant... Chacun aura d'ailleurs pu constater quand Benoît XVI célèbre l'Eucharistie, sa personne s'efface totalement : le pape s'absorbe dans l'action qu'il réalise. Une façon d'être qui devrait servir de modèle à bien des célébrants qui, depuis qu'ils sont "face au peuple", mettent trop souvent leur ego au-dessus de la liturgie et de la présence réelle du Seigneur sur l'autel."
Le 23 mars 2008 - (E.S.M.) -
Ceux qui connaissent la liturgie auront pu constater que Benoît XVI n'a nullement introduit du "tridentin" dans les célébrations pascales; au demeurant, le mélange des rites est interdit par l'Église.
Cachant ainsi son visage à la majorité des fidèles... -
Benoît XVI n'a nullement introduit du "tridentin" dans les célébrations pascales
Surrexit Dominus vere, Alleluia, Alleluia
Brèves
UN MAUVAIS ARTICLE DU "FIGARO"
Sous le titre "Crosse, trône, liturgie: le retour du solennel au Vatican", Hervé Yannou signe, dans Le Figaro des 22-23 mars, un article prouvant qu'il ne maîtrise pas vraiment son sujet.
On lit d'abord que "Benoît XVI (...) a saisi l'occasion des fêtes de Pâques pour réintroduire dans les cérémonies pontificales des éléments de la liturgie tridentine (...)". Assurément, le journaliste, qui ne connaît ni la liturgie tridentine ni la liturgie actuelle, confond tout : tout particulièrement la "liturgie" et le "cadre" dans lequel se déroule une célébration. Est-ce parce qu'une messe actuelle est chantée dans une église baroque qu'elle devient ipso facto "tridentine" ? Non, bien sûr. Ceux qui connaissent la liturgie auront pu constater que Benoît XVI n'a nullement introduit du "tridentin" dans les célébrations pascales; au demeurant, le mélange des rites est interdit par l'Église.
Plus loin, Hervé Yannou écrit que Benoît XVI "a fait disposer sur l'autel papal de lourds candélabres et un crucifix d'or devant lequel il célèbre la messe, cachant ainsi son visage à la majorité des fidèles". Ce que le journaliste semble totalement ignorer ici, c'est que les fidèles catholiques viennent à la messe pour rencontrer le Christ et non pour voir la tête du célébrant... Chacun aura d'ailleurs pu constater quand Benoît XVI célèbre l'Eucharistie, sa personne s'efface totalement : le pape s'absorbe dans l'action qu'il réalise. Une façon d'être qui devrait servir de modèle à bien des célébrants qui, depuis qu'ils sont "face au peuple", mettent trop souvent leur ego au-dessus de la liturgie et de la présence réelle du Seigneur sur l'autel.
Enfin, Hervé Yannou remarque que le pape "renoue avec des gestes et des parements du cérémonial tombés en désuétude." Cette phrase résume à elle seule tout l'esprit "franchouillard": est-ce parce que nos célébrations "à la française" sont généralement laides et minables - comme le faisait remarquer un jour le Cardinal Danneels -, qu'il faut en conclure que le cérémonial est "partout" (sic) tombé en désuétude ? Quand donc le Français moyen cessera-t-il de croire que son pays est le centre de l'univers et un modèle à suivre ? C'est superbement ignorer les liturgies orientales, les cathédrales anglaises, les églises du monde germanique... que de prétendre que le cérémonial est "partout" tombé en désuétude !
Denis CROUAN docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia
Tous les textes de la Semaine Sainte ► Cliquer
Sources : PRO LITURGIA
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 23.03.08 - Brèves
Posté le 15.03.2008 par auto23652
A l'heure où le pape semble prôner une libéralisation de la messe en latin, il importe, en tant que catholique, de connaître précisément les différences qui existent entre les deux rits. C'est la tâche que ce billet va tenter, modestement, de remplir. Si je suis obscur ou trop incomplet, je vous enjoins à vous reporter aux pages indiquées en liens pour de plus amples précisions.
Tout d'abord il faut savoir de quoi l'on parle. La messe en latin, telle qu'on la qualifie à tort, est le Vieil Ordo Missae (VOM) tel qu'il a été promulgué en 1962. La nouvelle messe est le Nouvel Ordo Missae (NOM), promulgué par Paul VI en 1969, à la suite du concile Vatican II. Pour la commodité de ce billet il m'est apparu plus simple pour souligner la qualité du VOM, de le comparer au NOM. On peut m'accuser d'être à la fois juge et partie, ce qui est vrai puisque depuis que je suis né, je ne me rends quasiment qu'à la messe en latin. Mais les arguments que j'ai à proposer valent la peine d'être examiné.
***
Lorsqu'on regarde dans le détail, il n'y a rien de bien condamnable dans le NOM original, c'est à dire la version latine issue du concile. Mais on trouve, à chaque partie de la messe, des retraits et des imprécisions, ou même des ajouts au mystère de la messe, par rapport au VOM. Un seul retrait en soi n'a pas grande valeur et n'est pas d'une foncière gravité. Mais lorsqu'on l'analyse comme partie intégrante d'une nouvelle façon de dire la messe, on peut se poser des questions sur l'innocence de ces petites touches.
On peut classer toutes ces modifications dans plusieurs registres:
- la définition de la messe. Celle-ci devient, avec le NOM, un rassemblement de fidèles autour de l'Eucharistie, alors que la messe n'a jamais été rien d'autre que le renouvellement du sacrifice du Christ sous des formes non sanglantes.
- la relation de l'Eglise avec le Christ: les mentions des saints et des défunts ont été considérablement amputées.
- le rôle du prêtre qui est clairement minimisé, il n'est plus le ministre in persona Christi, il devient le président de l'assemblée des fidèles quand il n'est pas un frère comme un autre.
- le rôle des fidèles est également modifié, ils sont considérés comme des acteurs, ce qui est inexact, ils ne font que participer par leur prière.
- la désacralisation de la messe est évidente, alors que le rit doit conserver son mystère. L'être humain est fasciné par la beauté et le sacré, non pas par la vulgarisation.
Les exemples abondent pour étayer chacun de ces éléments. Le nombre de génuflexions du prêtre a été considérablement réduit, les fidèles ont le droit de distribuer la communion (mais alors à quoi diable cela sert-il que les prêtres aient les mains consacrées?), à la mode protestante, ce qui contribue à des excès que chacun a pu observer, les marques de respect envers les Saintes Espèces sont denaturées, la messe ne se fait plus dos au peuple, les vêtements liturgiques ne sont plus aussi nombreux, l'imprécision des termes aussi vagues que "pain de vie", et j'en passe.
***
Concernant la définition de la messe, il faut hiérarchiser les éléments. Malgré toute l'importance de l'Eucharistie, elle n'est pas le centre de la messe. Le moment le plus important est la consécration, et non l'Eucharistie comme certains pourraient le croire. On le comprend bien en envisageant le cas d'une messe sans eucharistie, sans communion qui, dans ce cas, demeure une messe valide, ce qu'elle n'est pas, si on la prive de la consécration. L'eucharistie n'est que la conséquence de la consécration et n'est donc pas le moment le plus important de la messe. Avec le nouveau rit, le rôle de la consécration est considérablement amoindrie.
La messe, selon la doctrine catholique a quatre finalités:
- c'est un sacrifice de louange
- c'est un sacrifice eucharistique
- c'est un sacrifice propitiatoire et expiatoire, c'est à dire destiné à réparer nos fautes, et à nous rendre Dieu favorable.
- c'est un sacrifice impétratoire, c'est à dire destiné à présenter une demande
C'est la troisième finalité qui disparaît quasiment complètement dans le NOM. Cela se traduit par une formule de la consécration qui a été largement modifiée par rapport à la version originale. Seule subsiste une offrande du pain et du vin réduite à la portion congrue. En outre, les formules de louange sont également considérablement réduites.
En conséquence, il ne faut pas s'étonner si l'on constate que nombre de catholiques mettent en doute la transsubstantiation, qui est pourtant le centre de la messe, donc de la vie catholique. D'ailleurs, il est paradoxal qu'il ait été ajouté la phrase suivante, déclamée par l'assistance: "Nous annonçons ta mort, Seigneur Jesus, nous annonçons ta .....dans la gloire" alors que le Christ est effectivement présent sur l'autel.
***
Il faut ajouter que la traduction française aggrave les choses. Par exemple, la fin du Notre Père est inexacte. Ainsi, on dit à la fin de celui-ci, "et ne nous soumettez pas à la tentation" (quand on ne tutoie pas Dieu purement et simplement). Cette phrase m'a toujours paru bizarre puisque, sur cette terre, selon la doctrine catholique, nous sommes TOUJOURS soumis à la tentation par le diable ou nos pulsions.
Il est donc inutile de demander à ce que cette soumission cesse. D'autant que Dieu n'est pas actif, il ne fait que la permettre, il ne peut pas en être à l'origine. C'est pour cela que l'ancienne traduction me paraît beaucoup plus pertinente: "et ne nous laissez pas succomber à la tentation". J'avais posé la question à un prêtre "moderniste", qui m'avait confié que c'était l'ancienne signification qu'il fallait comprendre sous la nouvelle formulation. Allez comprendre....
***
Autre exemple sur la dénaturation du sacré. Au moment de la paix des fidèles, en France, c'est une véritable anarchie, les jeunes mâles se précipitant pour saluer les jolies filles deux rangs plus loin, alors que ce moment se situe juste AVANT la communion. Ce n'est donc clairement pas le meilleur moyen de se préparer à celle-ci. J'ai pu constater, au Vietnam, que ce moment se constituait uniquement d'un signe de tête réalisé ensemble, devant et sur les côtés. Attitude de loin beaucoup plus digne. Là encore, cela n'a pas de rapport direct avec le NOM. Mais ça a indéniablement une influence sur la piété et le respect de la communion.
Il est nécessaire de souligner également que certains protestants se reconnaissent dans le NOM, tel qu'il est actuellement célébré. Luther avait écrit un nouveau rit qui ressemblait singulièrement au NOM, l'offertoire y était alors réduit à son minimum. Si l'on est un tant soit peu attaché au particularisme des religions, cet élément ne manquera pas de susciter le trouble.
***
J'ai souvent dit sur ce blog que le latin était nécessaire car le sens n'était plus susceptible de modifications, cette langue étant figée à jamais. Cela permet de conserver le sens originel, tel qu'il a été fixé par le pape St Pie V. Or, il faut reconnaître que la traduction latine du NOM a, elle aussi, été largement modifiée et amputée. Le sens n'est clairement plus le même. Ce qui pourrait paraître pour des broutilles est plus important que cela n'en a l'air, sachant que l'on peut créer des hérésies sur un simple placement de virgule.
Toutes ces modifications vont donc bien au-delà du latin ou de la "mise en scène", de la façon de dire la messe. Elles ne peuvent pas ne pas avoir d'effet sur la croyance et sur les convictions des catholiques d'aujourd'hui. Evidemment, je tiens à préciser qu'une messe prononcée rigoureusement selon le NOM n'est pas condamnable. Il faut également signaler que le plus important n'est pas forcèment le missel utilisé, mais la foi des prêtres et leur volonté de faire respecter le Saint Mystère. Or du point de vue de la formation des prêtres, il y a également des problèmes gravissimes.
Ainsi l'introduction du NOM s'est faite avec un certain nombre de dérives qui ne devraient avoir cours dans aucune église sur cette planète. C'est là tout le problème, et ce n'est pas la désaffection constatée dans les églises qui viendra me contre-dire.
Le vieil adage lex orandi, lex credendi n'a rien perdu de sa pertinence. Il signifie, en gros, telle prière, telle croyance, ou encore, on croit de la même manière que l'on prie. A voir certaines messes, proprement scandaleuses, il est donc légitime de se poser la question de la foi des fidèles qui y participent et donc, non moins légitime d'encourager tous les prêtres à reprendre le VOM, qui lui n'entretient aucune ambiguïté sur la foi catholique.
Posté le 15.03.2008 par auto23652
La descente aux enfers du chant liturgique
Pendant de longs siècles la discipline du chant liturgique, malgré toutes ses évolutions au cours de l'Histoire, avait toujours fait preuve de stabilité dans son fonctionnement rituel et culturel. Depuis les compositeurs jusqu'aux exécutants, le "corps" des musiciens était soigneusement instruit, documenté et structuré. Nulle approximation ou amateurisme n'y était toléré.
Ceci ne veut pas dire que la qualité était en elle-même idéale. En certaines périodes, bien que techniquement et esthétiquement réelle, elle aura été élaborée sur des bases historiquement fausses.
Mais jamais, depuis les origines, qui que ce soit n'a tenté de faire passer pour de la qualité ce qui en était la négation même. Cette contradiction, en revanche, a été l'œuvre du XXe siècle, qui vit apparaître un courant de pensée populiste aux effets pernicieux dont nous sommes aujourd'hui les victimes.
Les musiciens d'église, dérivant dans l'espace du subjectivisme sur leur vaisseau défaillant peuvent toujours lancer le message "Seigneur... nous avons un problème !", la réponse sera claire "Le Ciel vous aidera, mais commencez donc par tout remettre en état". Alors regardons les choses en face, et mettons-nous au travail !
La qualité, donc, fut toujours recherchée jusqu'à la fin du XIXe siècle. Les résultats sonores nous sont évidemment inconnus jusqu'aux premiers disques 78 tours, mais de nombreuses archives nous donnent des indications, soit directement, soit indirectement par la biais d'une analyse logique des tenants et aboutissants. On peut donc s'en faire une idée assez précise époque par époque.
Le plus ancien témoignage de qualité dans le chant liturgique se trouve dans la Bible au Livre de l'Ecclésiaste [Siracide].[i][b] Il est question du prêtre Simon, fils d'Onias, qui apparaît "comme l'étoile du matin qui étincelle à travers les nuages... comme la lune au jour de son plein... comme l'arc en ciel... comme la fleur des roses... comme les lys... comme le parfum sur le feu... comme un vase d'or orné de pierres précieuses... comme l'olivier... comme le cyprès...
Les prêtres l'entourent comme des troncs de palmiers, tous les fils d'Aaron sont revêtus de leurs magnifiques ornements, les fils d'Aaron poussent des cris, ils sonnent de leur trompette de métal battu, ils font entendre d'éclatantes clameurs... Tout le peuple à la fois s'empresse et tombe la face contre terre pour adorer le Seigneur... et les chantres, en déployant leurs voix, le louent ; le vaste temple retentit de doux accords"[/b][/i]
Que dire d'autre, sinon que le but fixé par les hébreux était la splendeur ? Que dire d'autre, sinon qu'ils avaient raison tandis que nous, aujourd'hui dans nos paroisse de France des XXe et XXIe siècles, nous avons tort ? Quel catholique osera dire que le principe liturgique montré par ces hébreux est une erreur ? N'est-il pas inclus dans la Révélation ? N'est-il donc pas, à ce titre, un pilier culturel ?
A-t-on trouvé dans les nouvelles lois promulguées par le Christ une abrogation de cette recherche du Beau dans la liturgie ? Sur quoi, enfin, basons-nous notre refus de la belle musique et des beaux chants dans nos paroisses ? Constatons-le : le débat sur cette question n'existe même pas !
Et pourtant n'avons nous pas le Grégorien...
Les responsables de cette désastreuse dérive, que ces derniers nommeront évolution, et qui sont des concessions permanentes et intempestives au siècle, un modernisme qui n'a pas sa place ici dans le sacré, un déni systémétique et sans discernement du passé, sont les mêmes qui forment les commissions liturgiques. Des hommes mais surtout des femmes, certes de bonne volonté, mais qui n'ont pas la connaissance nécessaire pour remplir cette lourde tâche.
Comment dénigrer les cérémonies passées, quand on constate le niveau, la qualité et le résultat des offices actuels?
Comment des Evèques responsables ont-ils pu confier à des civils non qualifiés pour cela, la responsabilité de la transcendance du chant liturgique qui est là pour nous aider à nous transporter jusqu'aux portes des Cieux?
Un poison s'est infiltré dans l'Eglise, lequel? Je pense que s'est le même que celui qui traine dans la vie civile... L'Eglise a trop vouloir cotoyer le monde, y a attrapé ses virus!
Je me souviens d'un ami juif, brillant comme souvent, qui me disait " ...es tu sûr que vous n'allez pas un peu loin dans l'incarnation de Dieu". Prudemment sachant que le point de discorde théologique, avec nos frères juifs est là, je lui demande du bout des lèvres pourquoi? Il me répondit alors: " à force de l'incarner notre Dieu, et vous n'y aller pas de main morte puisque vous le tutoyez maintenant, vous l'avez rendu mortel!"
Et d'ajouter pour si je n'avais pas compris "tu sais même avec sa femme, un peu de distance est nécessaire, si on veut que cela marche..." je suis resté stupide par la pertinence de sa remarque, il s'en est d'ailleurs rendu compte.
Et moi de me rappeler, mon Evèque dans sa tenue vestimentaire trop ample à force d'être à la page, à renfort de signe et symbole de proximité en tout genre, ressemblant à ma grand mère dans sa robe de chambre quand elle recevait du monde, grand prophète de "tout le monde il est bon, tout le monde ira au paradis", résumé un peu rapide du nouveau testament, et s'adressant à Dieu comme à la voisine du pallier d'en face...et célèbrant la messe avec autant de grace que s'il faisait la cuisine et ensuite la vaisselle! Effectivement par politesse, il ferait mieux de nous tourner le dos... Bien sûr tout cela dans le ballet incessant des Dames de la paroisse qui, elles sont en pantalon, dans un style décidé et qui ne se discute pas, plus proche de la mégère caté-kermesse que de Sainte Thérèse d'Avila; tout cela fait des ravages symboliquement, notamment chez les jeunes! Qu'on se le dise, quand on entre dans l'Eglise, on laisse le monde, sa folie et sa mode, à la porte!
Non aujourd'hui l'Eglise a besoin d'autre chose et nous avons tout dans la Tradition, il suffit de la remettre à l'ordre du jour comme nous le permet la Motu Proprio, et d'en finir avec ce qui ressemble à un blasphème et dont nous récoltons aujourd'hui les fruits.
Certains diront que je manque de charité, mais il arrive un moment où il faut appeler un chat, un chat, et croyez que je le regrette.
M.