Liturgie
Publié le 28/08/2009 à 04:25 par auto23652
Un retour à une plus grande Sacralité du Rite.
Un recentrage du Rite sur le Sacré, y compris une ré-orient-ation du célébrant et des fidèles vers l'Orient et la Croix.
« Parfois on a changé pour le simple goût de changer par rapport à un passé perçu comme en tous points négatif et dépassé. Parfois on a conçu la réforme comme une rupture et non comme un développement organique de la Tradition »
Le « Ministre de la Liturgie » du Pape, le Cardinal Cañizares, a aussi fait étudier la possibilité de
retrouver l'orientation du célébrant vers l'Orient, au moins à l'instant de la Consécration Eucharistique, comme cela arrivait en pratique
avant la réforme, lorsque tant les fidèles que le prêtre regardaient vers la Croix et le prêtre tournait donc le dos à l'assemblée.
Ratzinger riforma la messa.
Basta con l'ostia sulla mano
C'est le titre d'un article d'Andrea Tornielli dans Il giornale du 22 août dernier.
Le document a été remis entre les mains de Benoît XVI, le matin du 4 avril dernier par le Cardinal espagnol Antonio Cañizares Llovera, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin.
C'est le résultat d'un vote confidentiel du 12 Mars, au cours de la réunion « plénière » du Ministère qui s'occupe de Liturgie, et cela représente le premier pas concret vers cette « réforme de la réforme » plusieurs fois souhaitée par le Pape .
Presque à l'unanimité les Cardinaux et les Evêques membres de la Congrégation ont voté en faveur d'une plus grande sacralité du rite, d'une récupération du sens de l'Adoration Eucharistique,
d'une récupération de la langue latine dans la célébration et d'une refonte des parties introductives du missel pour mettre un frein aux abus, expérimentations sauvages et autres créativités déplacées.
Ils se sont aussi déclarés favorables à réaffirmer que la façon usuelle de recevoir la Communion selon les règles n'est pas sur la main, mais dans la bouche. Il y a, c'est vrai, un indult qui permet, à la requête des Episcopats, de distribuer l'Hostie également sur la paume de la main, mais cela doit rester un fait extraordinaire.
Le « Ministre de la Liturgie » du Pape, le Cardinal Cañizares, a aussi fait étudier la possibilité de
retrouver l'orientation du célébrant vers l'Orient, au moins à l'instant de la Consécration Eucharistique, comme cela arrivait en pratique avant la réforme, lorsque tant les fidèles que le prêtre regardaient vers la Croix et le prêtre tournait donc le dos à l'assemblée.
Ceux qui connaissent le Cardinal Cañizares, surnommé « le petit Ratzinger » avant son transfert à Rome, savent qu'il a l'intention de défendre ce projet avec décision, à partir de ce qui est établi par le Concile Vatican II dans la constitution liturgique Sacrosanctum Concilium, qui a été en réalité dépassée par la réforme post-conciliaire entrée en vigueur à la fin des années Soixante. Le porporato, interviewé récemment par le mensuel 30 Giorni , avait dit à ce propos : « Parfois on a changé pour le simple goût de changer par rapport à un passé perçu comme en tous points négatif et dépassé. Parfois on a conçu la réforme comme une rupture et non comme un développement organique de la Tradition ».
C'est pourquoi les « propositions » votées par les Cardinaux et les Evêques à la session plénière de Mars dernier prévoient un retour au sens du sacré et à l'adoration,
mais aussi une récupération des célébrations en latin dans les diocèses, au moins lors des principales solennités, ainsi que la publication de missels bilingues - une demande qui avait été faite en son temps par Paul VI - avec le texte latin en regard.
Les propositions de la Congrégation que Cañizares a présentées au Pape, en obtenant son approbation, sont parfaitement en ligne avec l'idée plusieurs fois exprimée par Jopseph Ratzinger lorsqu'il était encore Cardinal, comme en attestent les passages inédits sur la Liturgie qui seront publiés dans le livre "Davanti al Protagonista" (ed. Cantagalli), présenté en avant-première au Meeting de Rimini (ndt: Communion et Libération). Avec une remarque très significative: pour la réalisation de la « réforme de la réforme » il faudra beaucoup d'années. Le Pape est convaincu qu'il ne sert à rien de faire des pas précipités, ni de lancer simplement des directives d'en haut, avec le risque qu'ensuite elles restent lettre morte. Le style Ratzinger est celui du débat et surtout de l'exemple. Comme le montre le fait que, depuis plus d'un an, ceux qui reçoivent la communion du Pape, doivent s'agenouiller sur un prie-Dieu expressément installé par les cérémoniaires.
Source: Site http://benoit-et-moi.
Publié le 24/08/2009 à 03:50 par auto23652
Publié le 21/02/2009 à 12:00 par auto23652
Ascensio ad Altare Montée à l'Autel
Il s'agit du début de la messe selon le rite extraordinaire, qui reprend le psaume 42
P: In nomine Patris, † et Filii, et Spiritus Sancti. Amen
Introibo ad altare Dei.
R: Ad deum qui laetificat juventutem meam. P: Judica me Deus, et discerne causam meam de gente non sancta : ab homine iniquo et doloso erue me.
R: Quia tu es Deus fortitudo mea : quare me repulisti, et quare tristis incedo, dum affligit me inimicus ? P: Emitte lucem tuam, et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt, et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernacula tua. R: Et introibo ad altare Dei : ad Deum qui laetificat juventutem meam. P: Confitebor tibi in cithara Deus, Deus meus: quare tristis es anima mea, et quare conturbas me ? R: Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi : salutare vultus mei, et Deus meus.
P: Gloria Patri, et Filio, et Spiritu Sancto.
R: Sicut erat in principio et nunc, et semper, et in saecula saeculorum. Amen. P: Introibo ad altare Dei. R: Ad Deum qui laetificat juventutem meam. P: Adjutorium nostrum † in nomine Domini. R: Qui fecit coelum et terram.
P: Au Nom † du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
J'irai vers l'autel de Dieu .
R: De Dieu Qui fait la joie de ma jeunesse .
PSAUME 42
P: Jugez-moi, mon Dieu, séparez ma cause de celle des impies : de l'homme injuste et trompeur, délivrez-moi .
R: Car Vous êtes ma force, mon Dieu . Pourquoi m'avez-Vous rejeté et pourquoi m'en vais-je triste lorsque l'ennemi m'afflige ?
P: Envoyez Votre Lumière et Votre vérité : elles me conduiront vers Votre montagne sainte, vers Vos tabernacles.
R: J'irai vers l'autel de Dieu, de Dieu Qui fait la joie de ma jeunesse.
P: Je Vous louerai avec la cithare, Dieu, mon Dieu . Pourquoi être triste, mon âme ? Pourquoi te troubler ?
R: Espère en Dieu, car je Le louerai encore, Lui, mon Sauveur et mon Dieu.
P: Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit .
R: Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Amen.
P: J'irai vers l'autel de Dieu,
R: De Dieu Qui fait la joie de ma jeunesse.
P: Notre secours est dans le Nom†du Seigneur.
R: Qui a fait le ciel et la terre.
Cette première partie est suivie du confiteor, je confesse à Dieu.
Publié le 31/01/2009 à 12:00 par auto23652
Le Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon
Le 30 janvier 2009 - (E.S.M.) -
Evêque négationniste: le cardinal Barbarin affirme que "la pensée du pape Benoît XVI est très claire" sur "ces propos scandaleux, contraires à la vérité, affreusement blessants" et "sur la triste histoire de l'Allemagne à cette époque"
Evêque négationniste: le card. Barbarin affirme : la pensée du pape Benoît XVI est très claire
Guillaume Tabard - Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, est ce soir l'invité du Talk Orange-Le Figaro. Mgr Barbarin, bonsoir.
Le 30 janvier 2009 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde -
Philippe Barbarin - Bonsoir à tous les téléspectateurs.
On le sait vendredi, à la fin de la semaine, le pape Benoît XVI a annoncé qu'il levait l'excommunication qui pesait sur les quatre évêques qui avaient été ordonnés par Mgr Lefebvre, et, simultanément, on a entendu les propos qu'on va voir tout de suite de l'un de ces quatre évêques niant l'existence des chambres à gaz. On regarde tout de suite ce qu'il disait (passage vidéo). Que dire face à de tels propos ?
Que ce sont deux choses qui sont à distinguer, c'est-à-dire que ces propos sont scandaleux. La question qu'on se pose toujours quand on est face à un négationniste ou bien on l'exclut et on ne lui parle plus. On dit que c'est une horreur, et on se demande s'il se rend compte que premièrement c'est faux historiquement ; puis, deuxièmement, de la foule de gens qu'il blesse, comme ce sont des propos affreux. Que peut-on faire pour dire la vérité, pour le faire changer d'avis et le mettre face à ses responsabilités. Évidemment, ça n'a rien à voir avec l'excommunication parce qu'on ignorait tout des propos de cet évêque et on savait qu'il avait été consacrée d'une manière complètement interdite le 30 juin 1988 par Mgr Lefebvre qui enfreignait un ordre très précis et très direct du pape Jean-Paul II.
On va revenir sur la décision elle-même, mais sur les propos. Maintenant le mal est fait, le scandale est réel et notamment la communauté juive est blessée par cette décision?
Pas que la communauté juive, moi aussi.
Oui, bien sûr. Que faut-il faire ? Faut-il que le Pape demande à cet évêque des excuses publiques pour ce qu'il a dit ? Faut-il que le Pape mette de côté sa décision le concernant ?
Il faut que nos amis les juifs sachent que ce ne sont pas du tout les propos d'un chrétien, que ce sont des propos horribles, scandaleux et contraire à la vérité, affreusement blessants, comme tous les propos des négationnistes. Sur ce point, il faut que ce soit tout à fait clair. Lui, il le sait, il a étudié de près ce qu'il en est de la triste histoire de l'Allemagne à cette époque et il en a manifesté le repentir. Quand récemment il a été informé de la Shoah en Ukraine, il a immédiatement réagi en disant : « Je ne savais pas que nous avions été coupables de telles horreurs. » La pensée du pape Benoît XVI sur ce sujet est très claire.
Il y a tout de même un soupçon qui pèse et certains responsables de la communauté juive reprochent à Benoît XVI de faire l'impasse sur tout le travail entrepris par Jean XXIII et par Jean-Paul II. Est-ce un procès d'intention qui lui est fait ?
Je crois que c'est faux. Par exemple, j'avais participé à une grande rencontre de rabbins et cardinaux à New York, lui n'avait pas pu venir et le premier message venait de lui. C'est lui qui nous parlait, pace qu'il avait fait un enregistrement spécialement pour ça. Lorsqu'il y a eu une rencontre du Congrès juif européen à la mairie de Paris, il y avait une lettre personnelle du pape Benoît XVI au cardinal Lustiger en disant : « Je viens d'apprendre cela et pour moi c'est un effroi supplémentaire. Je savais déjà tout ce qui s'était passé en Allemagne, mais je ne savais pas ce qui s'était passé en Ukraine et donc vous m'informez. » Les liens si profonds qui existaient entre le cardinal Lustiger et le cardinal Ratzinger et ensuite le pape Benoît XVI, tout le monde les connaît.
Aujourd'hui, qui peut éteindre l'incendie ? Est-ce le Pape qui doit parler ? Est-ce vous, les cardinaux de l'Église catholique, qui devaient monter au créneau, comme vous le faites en ce moment ?
Nous, les cardinaux de l'Église catholique, notre pensée sur ce sujet est claire, connue et sans faille. C'est vrai que moi immédiatement j'ai téléphoné à mes amis juifs pour leur dire : «Vous savez bien que ces propos-là me scandalisent autant que vous.» Au Saint-Siège aussi, immédiatement, ils ont dit que ça n'avaient rien à avoir avec la levée de cette excommunication. La levée de l'excommunication, c'est un acte juridique, qui a pour but de dire, puisque vous voulez une discussion de fond et que vous demandez la levée de l'excommunication pour qu'on arrive à cette discussion ; eh bien on lève l'excommunication. Maintenant on en arrive à la possibilité effective d'une discussion de fond sur l'enracinement du concile Vatican II dans l'ensemble de la tradition catholique.
Beaucoup de chrétiens se posent des questions sur cette décision elle-même. Un internaute rappelle que nous achevons la semaine de prières pour l'unité des chrétiens et dit : « Est-ce que plutôt de se tourner vers les intégristes, il n'est pas plus urgent pour l'Église de se réconcilier avec les autres confessions chrétiennes ? »
Mais elle le cherche aussi et tout autant, avec tout le monde. Pour nous, c'est un commandement de Jésus qui est dans l'Évangile où il dit : « C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres, qu'on vous reconnaîtra pour mes disciples. » Que je sache les intégristes sont les disciples de Jésus et disent qu'ils le sont et les protestants, les orthodoxes, les anglicans, les baptistes, etc. aussi. Qu'à l'intérieur de la semaine de prières pour l'unité des chrétiens, on dise : « Moi, quand les baptistes parlent, j'aime la façon dont ils aiment Jésus et je veux vraiment que le témoignage de l'unité nous le redonnions. » Ça me paraît très important. Il n'y a pas de concurrence entre l'un ou l'autre ; on ne va pas d'un côté et de l'autre. Les baptisés ce sont ceux qui ont reçu la sainteté de Dieu dans le baptême de Jésus-Christ. C'est la comparaison du corps qui est utilisé chez saint Paul : « Le Christ est la tête et nous sommes tous les membres de ce corps. » Il y a un seul sang qui coule dans toutes les artères et ce sang, c'est la grâce du baptême. Il faut que le corps soit réuni plutôt que déchiré.
Pour autant, avec cette décision, ça ne met pas un terme du jour au lendemain au schisme qui avait été provoqué en 1988 par Mgr Lefebvre. Que faut-il aujourd'hui pour que la communion entre ces chrétiens et l'Église catholique soit pleinement rétablie ?
Vous avez raison en 1965, le pape Paul VI et la patriarche Athénagoras ont levé des excommunications beaucoup plus anciennes, car elles dataient de 1054.
Entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe.
Oui. Pourtant l'unité n'est pas encore faite. Je crois que ce sont les conditions enfin réunies pour un dialogue sérieux et pour un dialogue de fond. Sur quoi ? Sur l'enseignement du magistère de l'Église et du concile Vatican II, et sur son enracinement dans la tradition de l'Église catholique. Du côté d'Ecône, ils disent que c'est contraire à la doctrine de l'Église catholique et, de l'autre, l'Église catholique répond que non, le concile Vatican II s'inscrit dans la grande tradition de l'Église et que c'est sur ce sujet qu'il faut discuter. De quoi s'agit-il en détails ? De quoi s'agit-il de façon précise ? Maintenant les conditions sont réunies pour ce dialogue. Ce n'est pas sûr qu'il soit réussi et qu'on gagne.
Vous, concrètement, en tant qu'archevêque d'une grande ville et d'un grand diocèse, quels sont les moyens concrets que vous pouvez prendre pour aider à cette réconciliation ?
Moi, j'ai à l'intérieur de mon diocèse une communauté, même plusieurs d'ailleurs qui dépendent d'Ecône, qui sont polies ou réservées vis-à-vis de moi. Naturellement, pour l'instant, je ne pouvais pas les autoriser à célébrer la messe à la basilique de Fourvière ou dans la cathédrale, et ils font ce qu'ils veulent chez eux, sans m'en demander l'autorisation. Une ou deux fois, ils m'ont fait une visite fort respectueuse en m'expliquant qui ils étaient et en disant qu'à l'intérieur de la messe ils priaient pour le pape Benoît et pour leur évêque Philippe. Ce sont des relations respectueuses, mais qui ne sont pas des relations de communion parce qu'ils n'obéissent en aucune façon à ce que je demande. Ils ne sont pas nommés par moi à cet endroit-là ni même avec mon accord. Naturellement, si au terme de ces discussions, il y a une place canonique, une place juridique, qui leur est redonnée dans l'Église, alors ils la retrouveront à l'intérieur de l'Église catholique, et donc de mon diocèse. Mais cela ce sont des modalités qui ne viendront que si le dialogue porte un bon fruit de communion et de réunion.
Comment situer cette décision dans le cadre de l'ensemble du pontificat de Benoît XVI ?
C'est dans la logique de ce qu'il a dit dès le premier jour, c'est-à-dire : « Si on n'agit pas tout de suite, après ce sera irrécupérable. » Voyez, par exemple, avec les orthodoxes, la cassure datait de 1054 et on a fait à Bari un concile en 1099. On en a refait un autre à Lyon d'ailleurs au XIIIe siècle. Neuf siècles plus tard, on traîne encore cette division. L'idée de Benoît XVI c'est de dire que c'est sans doute encore récupérable avec cette génération. Osons des actes précis, sinon ce sera une fracture qui va durer pendant des siècles. Il y en a bien assez déjà des fractures dans l'Église !
On voit bien que face à l'action du pape Benoît XVI et en particulier cette décision, les avis sont très contrastés, certains internautes comme reprochent aux évêques de France de ne pas être assez enclins à mettre en œuvre ce que souhaite Benoît XVI : en particulier, dans le domaine liturgique. D'autres lui reprochent de faire trop de concessions à la partie la plus traditionnelle de l'Église. Comment fait-on l'unité avec tout cela ?
Ce n'est pas trop difficile parce que l'Église n'est pas un parti. Je n'ai pas à soutenir le Pape en disant : « Il faut faire ce que dit le Pape, je suis du parti du Pape ». A l'intérieur de l'Église catholique, on ne conteste ou on soutient le Pape. On obéit au Pape simplement. C'est un choix qu'il a fait. On peut dire qu'il l'a mûri et qu'il y a longuement réfléchi. C'est parfaitement cohérent avec ce qu'il a dit dès le premier jour. Il le met en œuvre et nous obéissons.
Vous avez évoqué la coupure historique avec l'Église orthodoxe. En ce moment même le patriarcat de Moscou, le plus important de toute l'Église orthodoxe, élit son patriarche. Que peut-on en attendre sur le plan des relations entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe ?
C'est un des grands fruits du pontificat de Benoît XVI, c'est que le rapprochement avec l'Église russe a beaucoup avancé. Vous savez, quand le patriarche Alexis est venu à Paris, c'est la première fois que le patriarche de Moscou et de toutes les Russies sortait de Russie depuis quatre siècles que ce patriarcat existe, et il est venu à Paris. Évidemment c'était une manière de dire qu'il venait à Notre-Dame de Paris, dans un haut lieu de l'Église catholique et tout le monde avait à l'esprit et c'est d'ailleurs ce que le cardinal Ricard, président de la conférence des évêques à ce moment-là, a dit : « J'espère que c'est un premier pas pour la rencontre avec le Saint-Père. » On peut aussi espérer et peut-être que le nouveau patriarche fera le pas de plus qui permettra soit d'aller à Rome, soit d'accueillir le Pape à Moscou.
On parle beaucoup de crise dans l'Église : de crise des vocations, de crise de la pratique. Décelez-vous actuellement des signes de changement, et en particulier, la visite de Benoît XVI en France au mois de septembre a-t-elle permis de faire bouger un peu les lignes ?
Je ne sais pas. Que cela veut-il dire « bouger les lignes » ? C'est une expression sociologique ou politique, je ne sais pas si elle correspond à quelque chose chez nous. On a vu une merveilleuse atmosphère de paix. Tous ceux qui ont assisté à la messe de l'esplanade des Invalides, avec son silence, sa beauté, c'était la liturgie du pape Paul VI concélébrée par des milliers de prêtes avec le Pape en plein milieu et il y avait de la place pour du latin et du français. Il y avait tout un peuple de toutes les générations mélangé sur une place historique de la ville de Paris. Une atmosphère de paix et de silence, de prières et de joie qui était considérable. Je ne sais pas si j'ai déjà vu des messes aussi belles que celle des Invalides le 13 septembre. Personnellement, j'étais encore plus ému par la messe du lundi 15 auprès des malades. À Lourdes, il n'y avait plus de barrières, beaucoup moins de police et on a vu les malades approcher jusqu'à Benoît XVI. Lui leur donner le sacrement des malades. On a même vu, c'était magnifique, un jeune malade qui n'arrivait pas à avaler l'hostie et le Pape restait avec l'hostie suivante dans les mains en attendant que ce malade puisse le faire.
Les sujets d'actualité, le travail du dimanche va revenir à l'Assemblée, la révision de la bioéthique. Êtes-vous inquiet sur l'évolution de la société française ?
Non. La loi de bioéthique en 2004 m'avait beaucoup blessé, comme elle avait beaucoup blessé les catholiques, je pense aux déclarations de mon prédécesseur, Mgr Millet, qui avait dit « l'embryon humain n'est pas une chose. On ne l'utilise pas, on ne le produit pas, c'est quelque chose de tout à fait clair. » Cette inquiétude est tombée à l'eau au moment de la loi sur la fin de vie, qui est une loi magnifique, qui a ouvert une loi française qui a donné l'exemple à toute l'Europe et à beaucoup d'autres pays du monde. Ici, nous sommes consultés, il va y avoir des assises nationales de la bioéthique et j'espère que tout le monde prendra la parole. Ce sont des problèmes qui touchent tous les Français. Et les catholiques doivent prendre la parole puisque leur avis est sollicité comme tous les autres à l'intérieur de ce débat de toute notre société.
Sources : articles/interviews/talk-Orange-Figaro
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 30.01.2009 - T/Eglise
Publié le 22/01/2009 à 12:00 par auto23652
Son Eminence, le Cardinal André Vingt-trois, Archevêque de Paris
en l'église Saint-Eugène de Paris
Son Éminence, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des Évêques de France, a célébré la Messe tridentine pour une seconde fois, le dimanche 4 janvier 2009
La célébration de la Messe, eut lieu en l'église de Saint-Eugène, à Paris, pour la fête de Sainte Geneviève Patronne de Paris
Publié le 17/01/2009 à 12:00 par auto23652
LA PRESENCE DU SAINT-SACREMENT ET DE L'AUTEL NE PERMET PAS D'UTILISER UNE EGLISE POUR AUTRE CHOSE QUE LA LITURGIE.
Evidemment, les évêques et le clergé ont oublié qu'une église, édifié souvent grâce aux sacrifices faits par les fidèles, avait été "dédiée", "consacrée" - mots qui rappellent l'acte par lequel on offre quelque chose de très personnel à ceux qu'on aime - à Dieu. Dédier signifie que cela ne m'appartient plus, mais lui appartient. Si je le reprenais pour moi, ce serait une trahison.
Alors, faire des actes non sacrés qui normalement se font ailleurs, est une profanation, c'est-à-dire aller en dehors du "fanum", le temple. C'est donc une chose grave, parce que nous enlevons à Dieu ce qui est à lui, ce que nous-mêmes nous avons fait le serment de lui donner. Que ce soit un serment, c'est-à-dire un acte sacré, c'est ce que démontre le rite sacré de la consécration de l'église. A quoi servirait ce rite solennel si, ensuite, le lieu sacré est destiné au profane?
Mais aujourd'hui, combien savent ce que veut dire sacré et saint? On pourrait faire un excursus dans l'histoire des religions, le judaïsme spécialement, - précisément au moment même de la période de Noël, les juifs célèbrent "hannuccah", la fête de la Dédicace du Temple, après la profanation païenne - mais arrêtons-nous au christianisme.
Les disciples du Seigneur qui se réunissaient pour les divins mystères, créaient un "espace saint" qui, peu à peu, en raison de l'assiduité des fidèles, impliquait la construction d'un édifice de culte. Ainsi, le terme "église" qui indiquait la "communauté" convoquée par le Seigneur, indique à présent, de manière significative le lieu saint. Depuis les origines, la communauté chrétienne a décidé de le réserver au service exclusif du culte divin, et souligne cette décision par une action solennelle - une fois pour toutes - qui implore surtout la grâce de Dieu.
Ce rite extraordinaire, avec ses gestes et ses textes vénérables, offre aux chrétiens l'occasion de réfléchir sur eux-mêmes, comme corps mystique consacré au Seigneur; sur l'authenticité du culte, et sur le sérieux de l'engagement pris avec Dieu: à savoir l'Alliance nouvelle et éternelle. Les liturgistes diraient que "en raison de la vérité du signe", l'église ne peut-être affectée à autre chose qui ne soit pas le culte, sous peine de commettre une offense grave envers le Seigneur auquel elle avait été offerte.
Est-il possible que, malgré la réforme liturgique, on fasse le contraire? N'y a-t-il donc plus de lieux autres que les églises pour faire des concerts, des représentations théâtrales et autres?
Alors, que l'on ne s'étonne pas si on a perdu le sens du sacré, c'est-à-dire de la Présence Divine. Quand une église devient un théâtre où l'on rit, où l'on applaudit, où l'on crie et où l'on parle, il devient difficile ensuite d'exiger, dans ce même lieu, les attitudes propres au culte: écoute, recueillement, silence, adoration.
Seuls les régimes totalitaires ont transformé les lieux de culte en théâtres, en salles de gymnastique, et en magasins.
Certains objecteront que le chrétiens, pour leur culte, n'ont pas besoin de temple. C'est vrai, un culte spirituel suffit. Alors, n'en construisons plus, et réunissons-nous seulement à ciel ouvert, le chaud et le froid le permettant. Si nous devons continuer à le faire, nous devons être cohérents. Les chrétiens ne sont-ils pas les pierres vivantes de l'édifice spirituel, comme le dit Saint Pierre (1 Pierre 2, 5)? Et cette vérité n'est-elle pas cachée de manière mystique dans le signe du temple? Ou bien, les paroles de Paul aux Corinthiens ne nous touchent-elles plus: "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple ("naos") de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous? Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira. Parce qu'il est saint le temple de Dieu que vous êtes" (1 Corinthiens 3, 16-17). Les rites de la consécration: procession, aspersion avec l'eau, onction avec le Chrême de l'autel, des murs, de la porte, l'offrande du Saint Sacrifice, parlent d'eux-mêmes de la signification de ce lieu dédié à Dieu, après l'avoir exorcisé du Malin, c'est-à-dire chassé en dehors dans le profane.
Comme le chrétien, dans l'initiation se consacre lui-même à Dieu après l'exorcisme, de même le lieu saint, avec la consécration est consacré à Dieu après avoir été soustrait à l'influence du Malin qui doit rester en dehors du temple avec toutes ses actions. On ne peut pas accueillir telles ou telles actions simplement profanes là où l'on célèbre les Divins Mystères.
Dans le Pontifical Romain, renouvelé en 1997, la Messe de la Dédicace souligne la volonté de la communauté ecclésiale de dédier le nouvel édifice de manière exclusive et perpétuelle au culte divin. En particulier, la présence du Saint-Sacrement et de l'Autel ne permet aucune autre utilisation; en effet, ils sont là pour rappeler que l'église est le signe du Sanctuaire Céleste où Jésus a pénétré "afin de paraître maintenant devant la face de Dieu en notre faveur" (Hébreux, 9, 24c).
L'église ne saurait être que la demeure de Dieu, comme le rappelle si clairement l'Introït de la messe de la dédicace: terribilis est locus iste: hic domus Dei est et porta caeli... Il est redoutable, ce lieu: il est la maison de Dieu et la porte du ciel.
D'après l'Abbé Nicola Bux et l'Abbé Salvatore Vitiello (source: Eucharistie Miséricordieuse)
Publié le 14/01/2009 à 12:00 par auto23652
POUR PENETRER LE SENS LA LITURGIE.
Nos sociétés actuelles sont en manque de repères qui puissent donner un sens à notre identité d'homme. Or la liturgie de l'Eglise, lorsqu'elle est débarrassée de ses scories et soustraite de la manipulation des clercs, répond à la question essentielle que se posent les hommes à un moment ou à un autre: "Quelle sens a ma vie sous le ragrd de Dieu?" La liturgie authentique répond à cette question, car elle se présente comme une invitation à découvrir une "autre" manière, une "nouvelle" manière d'être Homme.
Mais pour exposer cette "autre" manière d'être homme, la liturgie doit être débarrassée de tout ce qui en elle pourrait apparaître comme trop humain.
En premier lieu elle doit être débarrassée de tout ce qui risque d'en faire un instrument au service d'un objectif pastoral préconçu. Car la liturgie n'a, au fond, aucun but "pratique" au sens où nous l'entendons habituellement: en apparence, elle ne révolutionne pas l'Eglise, ne prétend pas exercer une mission irremplaçable, ne change pas le cours de l'Histoire, ne rend pas les gens miraculeusement meilleurs...
Mais si la liturgie n'a pas de but "pratique", elle a cependant une efficacité incontestable qui lui vient de ce qu'elle est simplement là, au coeur de la vie de l'Eglise, comme elle doit être, où elle doit être, comme elle doit être: ni plus, ni moins. Elle tire toute son efficacité du fait même qu'elle est là, de cette façon qui lui est spécifique et qui en fait, indépendamment de nos compétences, de nos savoir-faire ou de nos qualités, "la source et le sommet de la vie de l'Eglise".
La liturgie célébrée dans les églises n'a donc aucun "but", sinon celui d'annoncer l'achèvement des temps, le moment de la rencontre avec Dieu dans sa gloire. Pour reprendre une belle image du Père Timothy Radcliffe o.p., la liturgie pourrait être comparée à la présence de gens qui attendent à l'arrêt d'un bus. Le seul fait que ces gens soient là, à attendre, indique simplement qu'un bus va sûrement arriver. Ce n'est pas leur présence qui fait venir l'autobus: elle est simplement, pour qui sait voir, un signe qui a un sens. On sait que les personnes qui prendront le bus qu'elles attendent, arriveront à la destination à laquelle elles souhaitent se rendre. De la même façon, la liturgie est un signe qui a un sens, mais dont il est inutile de vouloir trouver à tout prix un but provisoire ou partiel. C'est précisément par cette apparente absence de but que la liturgie révèle aux hommes une plénitude de sens qu'ils n'auront jamais fini d'explorer, de découvrir, d'admirer.
Les Disciples de Jésus n'ont pas cru à la résurrection parce qu'ils ont vu le Seigneur en train de ressusciter au milieu des tambours et des trompettes célestes: ils ont cru parce qu'ils ont vu le tombeau vide et qu'ils ont "simplement" découvert les bandelettes dans lesquelles le Seigneur avait été enveloppé (cf. Lc 24, 13). C'est ce signe, apparamment sans but et auquel ils ne s'attendaient pas, qui a confirmé leur foi. Cette démarche des Disciples devrait être la démarche des fidèles participant à une célébration liturgique.
C'est une grave erreur - malheureusement courante de nos jours - que d'entrer dans la liturgie avec un programme préétabli et une liste de buts pastoraux à atteindre, de refrains à faire chanter, de rites à expliquer, de prières à comprendre, d'oraisons à adapter... C'est une erreur car en procédant de la sorte, on ne demeure attaché qu'à une histoire - "notre" histoire - laquelle, en interférant avec la liturgie reçue de l'Eglise, met plus ou moins à distance le sens essentiel de la célébration liturgique
Pour que le sens d'une célébration se révèle progressivement, il est donc nécessaire d'apprendre à nouveau à entrer dans la liturgie sans vouloir y trouver quoi que ce soit de particulier, mais simplement avec le désir de se laisser imprégner par le rituel. Car c'est essentiellement par imprégnation que la liturgie révèle peu à peu son sens aux âmes. Dans la Divine Liturgie de S. Jean Chrysostome, ce qu'on appelle la "liturgie des fidèles" débute par l'Hymne des Chérubins qui indique les dispositions de coeur et d'esprit à acquérir pour qui veut vivre la liturgie de l'intérieur: "Nous qui dans ce mystère représentons les chérubins et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis de ce monde. Pour recevoir le Roi de toutes choses, invisiblement escorté par les armées des anges. Alleluia, Alleluia, Alleluia."
Deux verbes sont particulièrement importants dans cette magnifique prière: "déposer" et "recevoir". On ne peut rien recevoir de la liturgie tant qu'on n'a pas préalablement déposé ce qui parasite nos dispositions intérieures, tant qu'on ne s'est pas "désencombré". Seul celui qui a appris à se "désencombrer" peut recevoir les richesses de la liturgie de l'Eglise: il est alors tellement ouvert à ce que lui apporte cette liturgie que le fait qu'elle soit célébrée en latin, en langue courante, face au peuple ou face à l'Orient... ne le dérange plus guère. Bien au contraire: ces éléments qui participent à la mise en oeuvre du rite apparaissent comme des moyens supplémentaires de "désencombrement" et donc comme des "méthodes"1 éprouvées par la tradition et qui nous sont proposées par l'Eglise pour découvrir davantage encore le sens profond de la liturgie par le moyen de la confiance.
Association Pro Liturgia
9c, avenue G. Clemenceau
-F-67560 ROSHEIM
Mél : info@proliturgia.org
http://pagesperso-orange.fr/proliturgia/Informations.htm
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Publié le 16/12/2008 à 12:00 par auto23652
L'Avent, du latin Adventus
L'Avent (du latin adventus : venue, arrivée) est la période qui couvre quelques semaines précédant Noël, quatre (la dernière pouvant être incomplète) dans la tradition de l'Église latine.
Dans les Églises utilisant le calendrier romain, l'Avent débute le quatrième dimanche avant Noël, et marque le début de l'année ecclésiastique ou liturgique.
Chez les Orientaux et les Mozarabes, comme dans le temps chez les Celtes, Espagnols et Gaulois, le temps de l'Avent dure 6 semaines, en commençant soit le 11, soit le 15 novembre.
La couleur liturgique de cette période est en général le violet. Certains épiscopaliens et luthériens utilisent du bleu, et certains byzantins utilisent du rouge ou du blanc.
Depuis le pape Grégoire Ier, nommé aussi Grégoire le Grand, l'Avent représente la période où l'on se prépare à la venue du Christ, à sa naissance.
Les thèmes que sont la lecture et l'enseignement pendant la période de l'Avent préparent à la seconde venue du Christ et commémore en même temps sa première venue. Avec pour dessein de faire se concentrer les chrétiens sur la première et seconde venue de Jésus Christ (comme Sauveur, puis comme Juge), des leçons supplémentaires sont dispensées les quatre dimanches de l'Avent. En outre, l'Eglise encourage alors des sermons sur les thèmes suivants : l'attente (veilleur d'Isaïe) et l'Espérance (retour du Christ dans la gloire).
Publié le 17/09/2008 à 12:00 par auto23652
Le pape Benoît XVI "liturge", la leçon à Paris et à Lourdes
Rome, le 16 septembre 2008 - (E.S.M.) - Pendant son voyage en France, Benoît XVI n'a pas seulement défendu le rite ancien de la messe. A plusieurs reprises, il a expliqué et montré ce que signifie réellement selon lui la liturgie catholique d'aujourd’hui et de toujours. Et sur la musique sacrée, il a déclaré...
Le pape Benoît XVI "liturge", la leçon à Paris et à Lourdes
par Sandro Magister
Au cours des trois messes célébrées pendant son voyage à Paris et à Lourdes, Benoît XVI a suivi le rite postconciliaire. Mais il l’a volontairement enrichi d’éléments caractéristiques du rite ancien: la croix au centre de l’autel, la communion donnée dans la bouche aux fidèles agenouillés, la sacralité de l’ensemble.
L’"enrichissement" mutuel entre les deux rites est l’objectif principal qui a poussé Benoît XVI à promulguer en 2007 le Motu Proprio "Summorum Pontificum" qui a libéralisé le recours au rite ancien de la messe, celui du missel romain de 1962.
Les opposants au motu proprio estiment en revanche que le recours au rite ancien n’enrichit pas mais vide les conquêtes du Concile Vatican II dans son ensemble. Les évêques français ont été parmi les plus critiques à l’égard de l‘initiative du pape, avant et après la promulgation du motu proprio.
Le dimanche 14 septembre, lors de sa rencontre avec les évêques français à Lourdes, le pape Joseph Ratzinger les a encouragés à être des pasteurs accueillants envers tous, y compris les fidèles qui se sentent plus "chez eux" dans l’ancien rite.
Le pape avait exprimé en avant-première ses idées sur les deux rites de la messe en répondant aux journalistes présents dans l’avion qui l’a conduit en France, le vendredi 12 septembre.
Mais Benoît XVI en a dit bien davantage à ce sujet pendant les quatre jours de son voyage à Paris et à Lourdes.
Dans son discours au Collège des Bernardins, le 12 septembre, il a évoqué la naissance de la grande musique occidentale dans les monastères du Moyen Age, en des termes qui obligent à réfléchir à la médiocre qualité de la musique sacrée actuelle et à la nécessité de lui redonner vie conformément à son sens premier.
Lors des Vêpres à la cathédrale Notre-Dame, le pape a appelé de ses vœux, pendant l’homélie, une "beauté" qui rapprocherait les liturgies terrestres de celles du ciel. Et il a exhorté les prêtres à rester fidèles à la prière quotidienne de la liturgie des heures.
Pendant la messe sur l’Esplanade des Invalides, le 13 septembre, il a parlé, dans son homélie, de la doctrine de l’eucharistie et de la "présence réelle" du corps et du sang du Christ en des termes très exigeants qui obligent à célébrer la messe avec une sacralité qui a été largement négligée au cours des dernières décennies.
Benoît XVI est revenu sur cette "présence réelle" dans la méditation qui a clôturé la procession eucharistique à Lourdes, le soir du 14 septembre. Avec un passage consacré à ceux qui "ne peuvent pas recevoir Jésus dans le sacrement mais qui peuvent Le contempler avec foi et amour et exprimer le désir de pouvoir s’unir finalement à Lui". On peut compter parmi eux les catholiques divorcés et remariés, auxquels l’Église ne donne pas la communion. Mais leur "désir", a dit le pape, "a une grande valeur devant Dieu".
Outre ces rappels à l’esprit authentique de la liturgie, Benoît XVI a donné, le 14 septembre à Lourdes, une illustration du sens profond de l’Angélus, la prière mariale qu’il récite en public tous les dimanches de l’année, à midi.
On trouvera ci-dessous ce que Benoît XVI a dit, jour après jour, sur chacun de ces points:
Sur la messe selon le rite ancien
Extrait de la conférence de presse à bord de l’avion du pape, le 12 septembre 2008
Q. – Que dites-vous à ceux qui, en France, craignent que le motu proprio "Summorum Pontificum" marque un retour en arrière sur les grandes intuitions du Concile Vatican II?
R. – C'est une peur infondée parce que ce motu proprio est simplement un acte de tolérance, dans un but pastoral pour des personnes qui ont été formées dans cette liturgie, l'aiment, la connaissent, et veulent vivre avec cette liturgie. C'est un petit groupe parce que cela suppose une formation en latin, une formation dans une culture certaine. Mais pour ces personnes avoir l'amour et la tolérance de permettre de vivre avec cette liturgie cela me semble une exigence normale de la foi et de la pastorale d'un évêque de notre Église.
Il n'y a aucune opposition entre la liturgie renouvelée par le Concile Vatican II et cette liturgie. Chaque jour, les pères conciliaires ont célébré la messe selon l'ancien rite et, en même temps, ils ont conçu un développement naturel pour la liturgie dans tout ce siècle car la liturgie est une réalité vivante qui se développe et conserve dans son développement son identité. Il y a donc certainement des accents différents, mais quand même une identité fondamentale qui exclue une contradiction, une opposition entre la liturgie renouvelée et la liturgie précédente.
Je pense quand même qu'il y a une possibilité d'un enrichissement des deux parties. D'un côté les amis de l'ancienne liturgie peuvent et doivent connaître les nouveaux saints, les nouvelles préfaces de la liturgie, etc. D'autre part, la liturgie nouvelle souligne plus la participation commune mais, toujours, n'est pas simplement une assemblée d'une certaine communauté mais toujours un acte de l'Église universelle, en communion avec tous les croyants de tous les temps, et un acte d'adoration. Dans ce sens, il me semble qu'il y a un enrichissement réciproque et c'est clair que la liturgie renouvelée est la liturgie ordinaire de notre temps.
► Conférence de presse de Benoît XVI dans l'avion
Sur la naissance de la grande musique occidentale
Extrait du discours au Collège des Bernardins, Paris, le 12 septembre 2008
Les Psaumes contiennent en plusieurs endroits des instructions sur la façon dont ils doivent être chantés et accompagnés par des instruments musicaux. Pour prier sur la base de la Parole de Dieu, la seule labialisation ne suffit pas, la musique est nécessaire. Deux chants de la liturgie chrétienne dérivent de textes bibliques qui les placent sur les lèvres des Anges: le "Gloria" qui est chanté une première fois par les Anges à la naissance de Jésus, et le "Sanctus" qui, selon Isaïe 6, est l’acclamation des Séraphins qui se tiennent dans la proximité immédiate de Dieu. Sous ce jour, la Liturgie chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et à donner à la parole sa plus haute fonction. À ce sujet, écoutons encore une fois Jean Leclercq: «Les moines devaient trouver des accents qui traduisent le consentement de l’homme racheté aux mystères qu’il célèbre: les quelques chapiteaux de Cluny qui nous aient été conservés montrent les symboles christologiques des divers tons du chant» (cf. ibid., p. 229).
Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume: "Coram angelis psallam Tibi, Domine" – en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf. 138, 1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d’être soumis à la mesure suprême: prier et chanter pour s’unir à la musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l’harmonie du cosmos, de la musique des sphères.
À partir de là, on peut comprendre la sévérité d’une méditation de saint Bernard de Clairvaux qui utilise une expression de la tradition platonicienne, transmise par saint Augustin, pour juger le mauvais chant des moines qui, à ses yeux, n’était en rien un incident secondaire. Il qualifie la cacophonie d’un chant mal exécuté comme une chute dans la "regio dissimilitudinis", dans la "région de la dissimilitude". Saint Augustin avait tiré cette expression de la philosophie platonicienne pour caractériser l’état de son âme avant sa conversion (cf. "Confessions", VII, 10.16): l’homme qui est créé à l’image de Dieu tombe, en conséquence de son abandon de Dieu, dans la "région de la dissimilitude", dans un éloignement de Dieu où il ne Le reflète plus et où il devient ainsi non seulement dissemblable à Dieu, mais aussi à sa véritable nature d’homme. Saint Bernard se montre ici évidemment sévère en recourant à cette expression, qui indique la chute de l’homme loin de lui-même, pour qualifier les chants mal exécutés par les moines, mais il montre à quel point il prend la chose au sérieux. Il indique ici que la culture du chant est une culture de l’être et que les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté.
De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés est née la grande musique occidentale. Ce n’était pas là l’œuvre d’une «créativité» personnelle où l’individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son propre moi, s’érige un monument à lui-même. Il s’agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les «oreilles du cœur» les lois constitutives de l’harmonie musicale de la création, les formes essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l’homme, et d’inventer une musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l’homme et qui proclame hautement cette dignité.
► Benoît XVI s'adresse au monde de la culture au collège des Bernardins
Sur la liturgie des heures
Extrait de l’homélie des vêpres dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 12 septembre 2008
Dieu a pris chair dans le sein d'une Femme, d’une Vierge. Votre cathédrale est une vivante hymne de pierre et de lumière à la louange de cet acte unique de l'histoire de l'humanité: la Parole éternelle de Dieu entrant dans l'histoire des hommes à la plénitude des temps pour les racheter par l’offrande de lui-même dans le sacrifice de la Croix. Nos liturgies de la terre, tout entières ordonnées à la célébration de cet Acte unique de l'histoire ne parviendront jamais à en exprimer totalement l'infinie densité. La beauté des rites ne sera, certes, jamais assez recherchée, assez soignée, assez travaillée, puisque rien n'est trop beau pour Dieu, qui est la Beauté infinie. Nos liturgies de la terre ne pourront jamais être qu'un pâle reflet de la liturgie céleste, qui se célèbre dans la Jérusalem d'en haut, objet du terme de notre pèlerinage sur terre. Puissent, pourtant, nos célébrations s'en approcher le plus possible et la faire pressentir!
Dès maintenant, la Parole de Dieu nous est donnée pour être l'âme de notre apostolat, l'âme de notre vie de prêtres. Chaque matin, la Parole nous réveille. Chaque matin, le Seigneur Lui-même nous "ouvre l'oreille" (Is 50, 5) par les psaumes de l'Office des lectures et des Laudes. Tout au long de la journée, la Parole de Dieu devient la matière de la prière de l'Église tout entière, qui veut ainsi témoigner de sa fidélité au Christ. Selon la célèbre formule de saint Jérôme, qui sera reprise au cours de la XIIe Assemblée du Synode des Évêques, au mois d’octobre prochain : "Ignorer les Écritures, c'est ignorer le Christ" (Prologue du commentaire d'Isaïe). Chers frères prêtres, n'ayez pas peur de consacrer beaucoup de temps à la lecture, à la méditation de l'Écriture et à la prière de l'Office Divin! Presque à votre insu la Parole lue et méditée en Église agit sur vous et vous transforme. Comme manifestation de la Sagesse de Dieu, si elle devient la "compagne" de votre vie, elle sera votre "conseillère pour le bien", votre "réconfort dans les soucis et dans la tristesse" (Sg 8, 9).
► Benoît XVI préside les Vêpres à Notre-Dame de Paris
Sur la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie
Extrait de l’homélie de la messe sur l’Esplanade des Invalides, le 13 septembre 2008
Comment parvenir à Dieu? Comment parvenir à trouver ou retrouver Celui que l'homme cherche au plus profond de lui-même, tout en l'oubliant si souvent? Saint Paul nous demande de faire usage non seulement de notre raison, mais surtout de notre foi pour le découvrir. Or, que nous dit la foi? Le pain que nous rompons est communion au Corps du Christ ; la coupe d'action de grâce que nous bénissons est communion au Sang du Christ. Révélation extraordinaire, qui nous vient du Christ et qui nous est transmise par les Apôtres et par toute l'Église depuis deux millénaires: le Christ a institué le sacrement de l'Eucharistie au soir du Jeudi Saint. Il a voulu que son sacrifice soit de nouveau présenté, de manière non sanglante, chaque fois qu'un prêtre redit les paroles de la consécration sur le pain et le vin. Des millions de fois, depuis deux mille ans, dans la plus humble des chapelles comme dans la plus grandiose des basiliques ou des cathédrales, le Seigneur ressuscité s'est donné à son peuple, devenant ainsi, selon la formule de saint Augustin, "plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes" (cf. Confessions III, 6. 11).
Frères et sœurs, entourons de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Église et à toute l'humanité. Ne négligeons rien pour lui manifester notre respect et notre amour! Donnons-lui les plus grandes marques d'honneur! Par nos paroles, nos silences et nos gestes, n'acceptons jamais de laisser s'affadir en nous et autour de nous la foi dans le Christ ressuscité présent dans l'Eucharistie! Comme le dit magnifiquement saint Jean Chrysostome lui-même: "Passons en revue les ineffables bienfaits de Dieu et tous les biens dont il nous fait jouir, lorsque nous lui offrons cette coupe, lorsque nous communions, lui rendant grâce d'avoir délivré le genre humain de l'erreur, d'avoir rapproché de lui ceux qui en étaient éloignés, d'avoir fait, des désespérés, et des athées de ce monde, un peuple de frères, de cohéritiers du Fils de Dieu" (Homélie 24 sur la Première Lettre aux Corinthiens, 1). En effet, poursuit-il, "ce qui est dans la coupe, c'est précisément ce qui a coulé de son côté, et c'est à cela que nous participons" (ibid.). Il n'y a pas seulement participation et partage, il y a "union", dit-il.
La Messe est le sacrifice d'action de grâce par excellence, celui qui nous permet d'unir notre propre action de grâce à celle du Sauveur, le Fils éternel du Père. En elle-même, la Messe nous invite aussi à fuir les idoles, car, saint Paul insiste, "vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais" (1 Co 10, 21). La Messe nous invite à discerner ce qui, en nous, obéit à l'Esprit de Dieu et ce qui, en nous, reste à l'écoute de l'esprit du mal. Dans la Messe, nous ne voulons appartenir qu'au Christ et nous reprenons avec gratitude le cri du psalmiste: "Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'Il m'a fait?" (Ps 115, 12). Oui, comment rendre grâce au Seigneur pour la vie qu'Il nous a donnée? Là encore, la réponse à la question du psalmiste se trouve dans le psaume lui-même, car la Parole de Dieu répond miséricordieusement elle-même aux questions qu'elle pose. Comment rendre grâce au Seigneur pour tout le bien qu'il nous fait sinon en se conformant à ses propres paroles: "J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur" (Ps 115,13) ?
Élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur, n'est-ce pas précisément le meilleur moyen de "fuir les idoles", comme nous le demande saint Paul? Chaque fois qu'une Messe est célébrée, chaque fois que le Christ se rend sacramentellement présent dans son Église, c'est l’œuvre de notre salut qui s'accomplit. Célébrer l’Eucharistie signifie reconnaître que Dieu seul est en mesure de nous offrir le bonheur en plénitude, de nous enseigner les vraies valeurs, les valeurs éternelles qui ne connaîtront jamais de couchant. Dieu est présent sur l'autel, mais il est aussi présent sur l'autel de notre cœur lorsque, en communiant, nous le recevons dans le Sacrement eucharistique. Lui seul nous apprend à fuir les idoles, mirages de la pensée.
Or, chers frères et sœurs, qui peut élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur au nom du peuple de Dieu tout entier, sinon le prêtre ordonné dans ce but par l'Évêque? Ici, chers fidèles de Paris et de la région parisienne, mais aussi vous tous qui êtes venus de la France entière et d'autres pays limitrophes, permettez-moi de lancer un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n'ayez pas peur! N'ayez pas peur de donner votre vie au Christ! Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l'Église! Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde!
► Homélie du pape Benoît XVI en la fête de St Jean Chrysostome
Sur la prière de l’Angélus
Extrait du message de l’Angélus à midi, Lourdes, le 14 septembre 2008
Chaque jour, la prière de l’Angélus nous offre la possibilité de méditer quelques instants, au plein milieu de nos activités, sur le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu. A midi, alors que les premières heures du jour commencent déjà à faire peser sur nous leur poids de fatigue, notre disponibilité et notre générosité sont renouvelées par la contemplation du "oui" de Marie. Ce "oui" limpide et sans réserve s'enracine dans le mystère de la liberté de Marie, liberté pleine et entière devant Dieu, dégagée de toute complicité avec le péché, grâce au privilège de son Immaculée Conception.
Ce privilège concédé à Marie, qui la distingue de notre condition commune, ne l'éloigne pas, mais au contraire la rapproche de nous. Alors que le péché divise, nous éloigne les uns des autres, la pureté de Marie la rend infiniment proche de nos cœurs, attentive à chacun de nous et désireuse de notre vrai bien. Vous le voyez ici à Lourdes, comme dans tous les sanctuaires mariaux, des foules immenses accourent aux pieds de Marie pour lui confier ce que chacun a de plus intime, ce qui lui tient particulièrement à cœur. Ce que, par gêne ou par pudeur, beaucoup n'osent parfois pas confier même à leurs proches, ils le confient à Celle qui est la toute pure, à son Cœur immaculé: avec simplicité, sans fard, en vérité. Devant Marie, en vertu même de sa pureté, l'homme n'hésite pas à se montrer dans sa faiblesse, à livrer ses questions et ses doutes, à formuler ses espérances et ses désirs les plus secrets. L'amour maternel de la Vierge Marie désarme tout orgueil; il rend l'homme capable de se regarder tel qu'il est et il lui inspire le désir de se convertir pour rendre gloire à Dieu.
Marie nous montre ainsi la juste manière d'avancer vers le Seigneur. Elle nous apprend à nous approcher de lui dans la vérité et la simplicité. Grâce à elle, nous découvrons que la foi chrétienne n'est pas un poids, mais elle est comme une aile qui nous permet de voler plus haut pour nous réfugier entre les bras de Dieu.
La vie et la foi du peuple des croyants manifestent que la grâce de l'Immaculée Conception faite à Marie n'est pas seulement une grâce personnelle, mais elle est pour tous. Elle est une grâce faite au peuple de Dieu tout entier. En Marie, l'Église peut déjà contempler ce qu'elle est appelée à devenir. Chaque croyant peut dès à présent contempler l'accomplissement parfait de sa propre vocation. Puisse chacun de nous demeurer toujours dans l'action de grâce pour ce que le Seigneur a voulu révéler de son plan de salut à travers le mystère de Marie. Mystère dans lequel nous sommes impliqués de la plus belle des manières, puisque du haut de la Croix, que nous fêtons et que nous exaltons aujourd'hui, il nous est révélé, de la bouche même de Jésus, que sa Mère est notre mère. En tant que fils et filles de Marie, nous profitons de toutes les grâces qui lui ont été faites, et la dignité incomparable que lui procure sa Conception Immaculée rejaillit sur nous, ses enfants.
► Paroles du saint-Père à l'Angélus
Encore sur la messe selon le rite ancien
Discours aux évêques de France, Lourdes, le 14 septembre 2008
Le culte liturgique est l'expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme aussi de l'enseignement catéchétique. Votre charge de sanctification du peuple des fidèles, chers frères, est indispensable à la croissance de l'Église. J'ai été amené à préciser, dans le motu proprio "Summorum Pontificum", les conditions d'exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d'utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l'indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n'est de trop dans l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de pasteurs, en faisant de nous les bergers de ses brebis. Nous ne pouvons que Lui rendre grâce de l'honneur et de la confiance qu'Il nous fait. Efforçons-nous donc toujours d'être des serviteurs de l'unité.
► Discours de Benoît XVI aux évêques de France
Encore sur la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie
Extrait de la méditation qui a clôturé la procession eucharistique, Lourdes, le 14 septembre 2008
L'Hostie Sainte est le Sacrement vivant, efficace de la présence éternelle du Sauveur des hommes à son Église. [...] Une foule immense de témoins est invisiblement présente à nos côtés, tout près de cette grotte bénie et devant cette église voulue par la Vierge Marie; la foule de tous ceux et de toutes celles qui ont contemplé, vénéré, adoré, la présence réelle de Celui qui s’est donné à nous jusqu'à sa dernière goutte de sang; la foule de tous ceux et de toutes celles qui ont passé des heures à L'adorer dans le Très Saint Sacrement de l'autel. [...] Saint Pierre-Julien Eymard nous dit tout, lorsqu'il s'écrie: "La sainte Eucharistie, c'est Jésus-Christ passé, présent et futur".
Jésus-Christ passé, dans la vérité historique de la soirée au cénacle, où nous ramène toute célébration de la sainte Messe.
Jésus-Christ présent, parce qu'il nous dit: "Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps, ceci est mon sang". "Ceci est", au présent, ici et maintenant, comme dans tous les ici et maintenant de l'histoire des hommes. Présence réelle, présence qui dépasse nos pauvres lèvres, nos pauvres cœurs, nos pauvres pensées. Présence offerte à nos regards comme ici, ce soir, près de cette grotte où Marie s'est révélée comme l’Immaculée Conception.
L'Eucharistie est aussi Jésus-Christ futur, Jésus-Christ à venir. Lorsque nous contemplons l'Hostie Sainte, son Corps de gloire transfiguré et ressuscité, nous contemplons ce que nous contemplerons dans l'éternité, en y découvrant le monde entier porté par son Créateur à chaque seconde de son histoire. Chaque fois que nous Le mangeons, mais aussi chaque fois que nous Le contemplons, nous L'annonçons, jusqu'à ce qu'Il revienne, "donec veniat". C'est pourquoi nous Le recevons avec un infini respect.
Certains parmi nous ne peuvent pas ou ne peuvent pas encore Le recevoir dans le Sacrement, mais ils peuvent Le contempler avec foi et amour, et exprimer le désir de pouvoir s’unir à Lui. C’est un désir qui a une grande valeur aux yeux de Dieu. Ceux-ci attendent son retour avec plus d’ardeur; Ils attendent Jésus-Christ à venir.
Sources : La chiesa.it
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité) - 16.09.2008 - T/Lourdes
Publié le 10/07/2008 à 12:00 par auto23652
Que pourra faire Benoît XVI face à un épiscopat qui semble défier Rome ?
Le 09 juillet 2008 - (E.S.M.) - Mais que pourra faire le pape Benoît XVI face à un épiscopat qui donne l'impression de toujours vouloir défier Rome en déclarant haut et fort qu'il n'y a pas de problème liturgique et en refusant d'appliquer les textes magistériels?
Que pourra faire Benoît XVI face à un épiscopat qui semble défier Rome ?
Il n'y a pas de problème liturgique en France, sauf que ...
Sur le site internet de "TopChrétien" où il est question de liturgie, on apprend que la "messe en latin" attire des jeunes... ce qui conduit Mgr Le Gall à reconnaître que cette situation "pose question à l'Eglise". Curieuse réaction d'un ancien Abbé bénédictin qui ne s'était jamais posé de question - semble-t-il - lorsqu'il voyait de nombreux jeunes venir à la messe célébrée en latin et grégorien dans son monastère. En réalité, le fait que le latin attire des jeunes ne pose pas question à l'Eglise, mais aux Pasteurs, lesquels n'avaient jamais envisagé, dans les années 80, que le latin allait davantage attirer que les "messes rock" et les chants de Mannick et Akepsimas dont on nous garantissait pourtant le succès auprès des nouvelles générations.
Pour "ramener des fidèles" aux messes ordinaires, "il faut réintroduire davantage de silence, de hiératisme, d'intériorité, de beauté dans les vêtements liturgiques", dit encore Mgr Le Gall, actuel Archevêque de Toulouse et responsable de la liturgie en France. Mais comment va-t-on faire pour "ramener des fidèles" vers quelque chose qui n'a jamais existé et qui n'existe toujours pas dans nos paroisses plus de 40 ans après Vatican II (sauf très rares exceptions)? Comment va-t-on faire pour "ramener des fidèles" vers des messes "ordinaires" qui n'existent pas parce qu'on a tout bonnement interdit qu'elles puissent exister? Tout le problème est là puisque dans la majorité des paroisses, la messe "ordinaire", que bien peu de prêtres savent célébrer, est devenue synonyme de laideur et de laisser-aller.
Au séminaire, une formation pour apprendre à célébrer la messe en latin pourrait être introduite, indique encore Mgr Le Gall. De tels propos, s'ils ont vraiment été prononcés, montrent bien que nos Pasteurs ne maîtrisent plus guère la situation: ils sont dépassés et suivent le mouvement au lieu de le contrôler. Car enfin, nous dire qu' "une formation... pourrait être introduite" alors que voilà plus de 40 ans qu'elle aurait dû être assurée parce qu'elle était explicitement demandée par Vatican II (cf. Sacrosanctum Concilium, n°14 - 20), voilà qui est pour le moins révélateur d'une grande pagaille!
On en vient maintenant à envisager une formation (par qui sera-t-elle assurée?) qui a été systématiquement refusée pendant des années aux séminaristes qui la souhaitaient: voilà qui est aussi révélateur de l'état d'esprit de certains de nos Pasteurs qui n'envisagent pas d'apprendre à célébrer la messe correctement parce que l'Eglise le demande, mais simplement parce que, à la suite d'un changement de mentalités, des fidèles le demandent. Autrement dit, si les fidèles n'avaient rien demandé, les prêtres auraient continué à ignorer les enseignements magistériels et à saccager la liturgie de l'Eglise en imposant partout des célébrations plus ou moins burlesques.
Il y a quarante ans, demander une formation liturgique ou une messe en latin vous faisait passer pour un "intégriste"; aujourd'hui, ça vous fait passer pour quelqu'un d'ouvert et de "branché". Quel crédit accorder aux propos de ces Pasteurs opportunistes qui préfèrent suivre le troupeau au lieu de le guider? Combien de fois changeront-ils encore de direction au gré de la mode?
Il n'en demeure pas moins vrai que le fond du problème liturgique continue à être ignoré puisqu'au moment de la parution du Motu Proprio Summorum pontificum de Benoît XVI, on a pu entendre nos évêques nous dire qu'il n'y a pas de problèmes liturgiques en France. C'est le discours officiel de notre épiscopat: il procède de la méthode Coué bien appliquée mais ne parvient cependant pas à dissimuler la réalité. Il y a bel et bien un problème liturgique en France qui vient de ce que, d'une part, depuis des années, les prêtres n'ont plus eu de formation liturgique sérieuse et de ce que, d'autre part, les lignes tracées par le Vatican pour permettre un redressement de la situation n'ont jamais été suivies. Si le Missel romain et le Concile étaient suivis, comme on nous assure qu'ils le sont, comment expliquerait-on qu'il n'y a pas deux messes qui se ressemblent dans nos paroisses? Cette absence d'unité liturgique n'est-elle pas la preuve évidente qu'il y a un "bogue", c'est-à-dire une sérieuse "anomalie" dans le programme liturgique?
Il y a quelques jours, un maître de chœur s'adresse à la Supérieure d'une communauté religieuse qui héberge habituellement des groupes de fidèles, pour lui demander s'il y aurait la possibilité de venir avec une vingtaine de personnes pour faire un week-end de formation au chant. "Pas de problème, répond aimablement la Sœur, nous recevons souvent des groupes venant faire des sessions et nous avons de quoi héberger les gens." Puis, elle ajoute: "Quelle sorte de chant faites-vous?" "Du chant grégorien", répond le maître de chœur. Et la religieuse de répondre un peu gênée: "Oh, alors vous pourrez venir avec votre groupe, mais je ne pense pas que vous pourrez participer à notre messe: notre liturgie ne correspond probablement pas à votre style." Ainsi donc, on ne peut désormais participer à une messe que si l'on en accepte le "style" local né le plus souvent du refus de suivre les normes liturgiques. Cette situation porte un nom: "pagaille".
Que nos évêques ne veuillent pas reconnaître officiellement cette "pagaille" n'arrange pas les choses. Fort heureusement, le Saint-Père Benoît XVI, qui viendra en France, connaît la situation véritable. Il sait parfaitement, par exemple, que dans nos diocèses les fidèles ont les plus grandes difficultés à trouver une messe célébrée dignement et dans le respect des livres liturgiques officiels.
Mais que pourra faire le pape Benoît XVI face à un épiscopat qui donne l'impression de toujours vouloir défier Rome en déclarant haut et fort qu'il n'y a pas de problème liturgique et en refusant d'appliquer les textes magistériels?
Sources : PRO LITURGIA
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 09.07.2008 - T/Liturgie