Ordo misae
Publié le 25/10/2009 à 02:17 par auto23652
Fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi - Ie Classe - Blanc
La fête du Christ-Roi est célébrée, dans le rit tridentin, le dernier dimanche d'octobre.
La fête du Christ-Roi a été instituée en 1925 par le Pape Pie XI pour lutter contre le laïcisme, hérésie qui prétend organiser toute la vie sur la terre comme si Dieu n'existait pas, et rappeler aux hommes que seule la soumission à la royauté de Notre Seigneur et à son enseignement peuvent ramener la paix et le bonheur dans la société. Il l'a fixée au dimanche qui précède la Toussaint, la fête du ciel, et la commémoration des défunts, prière pour les âmes du purgatoire, pour bien montrer que ce n'est pas seulement dans l'au-delà, mais sur cette terre que doit s'établir le règne du Christ.
Dans le nouveau calendrier qui est suivi maintenant dans la plupart des paroisses, cette fête a été renvoyée à la fin de novembre, au dernier dimanche de l'année liturgique, après celui où on lit l'Évangile de la fin du monde, ce qui semble reporter ce règne après le jugement dernier et dénature ainsi le sens de la fête. Les chants de la messe ont été composés à cette occasion en 1925, et pourtant c'est de l'authentique chant grégorien, qui n'est donc pas seulement une musique du moyen âge, mais qui est de tous les temps, comme l'Église, dont il est la prière.
Introït : Dignus est Agnus
Le texte de l'Introït est tiré de l'Apocalypse de saint Jean au chapitre V. C'est la grande vision de l'Agneau immolé qui est seul digne d'ouvrir le livre aux sept sceaux, ayant mérité la royauté universelle par son sacrifice. Il reçoit les louanges et les acclamations de multitudes d'anges auxquels s'unit toute la création.
Dignus est Agnus, qui occisus est, accipere virtutem, et divinitatem, et sapientiam, et fortitudinem, et honorem. Ipsi gloria et imperium in sæcula sæculorum.
Il est digne l'Agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force et l'honneur.A Lui la gloire et l'empire pour les siècles des siècles.
Cette dernière phrase est prise dans un autre passage de l'Apocalypse, au début du livre. La mélodie de cet Introït est originale, mais on y retrouve des formules habituelles à bon nombre d'autres pièces. Elle est très noble et solennelle. On remarquera la magnifique progression des substantifs depuis virtutem jusqu'à honorem, culminant au début de la deuxième phrase sur le sommet de la pièce Ipsi gloria, (à lui la gloire).
Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 71, grand psaume messianique que nous allons retrouver au Graduel.
Deus, judicium tuum Regi da : et justitiam tuam Filio Regis.
Dieu, donnez au Roi votre jugement et au Fils du Roi votre justice.
Una Voce
http://www.unavoce.fr/index2.php?option=com_content&task=view&id=433&pop=1&page=0&Itemid=26
Publié le 18/10/2009 à 03:43 par auto23652
VINGTIÈME DIMANCHE APRES LA PENTECÔTE
vert - 2e classe
Introït : Omnia quæ fecisti
Comme ceux du dimanche précédent, les chants du propre de la messe du vingtième dimanche après la Pentecôte sont tirés des psaumes, à l'exception de l'Introït qui est pris cette fois dans un autre livre de l'Ancien Testament, le livre de Daniel, et plus précisément dans la grande prière des trois jeunes hébreux dans la fournaise qui est souvent utilisée dans la liturgie. Nous l'avons trouvée en particulier dans le chant d'Offertoire du septième dimanche après la Pentecôte, et nous avions signalé que le prêtre en récitait également un passage dans les prières de l'Offertoire de la messe. Nous y retrouvons aujourd'hui le thème de la justice et de la miséricorde qu'exposait déjà de façon très concise l'Introït Justus est du dix-septième dimanche, et qui revient souvent en cette fin de l'année liturgique dans la perspective du jugement dernier.
Omnia quæ fecisti nobis, Domine, in vero judicio fecisti, quia peccavimus tibi, et miandatis tuis non obedivimus : sed da gloriam nomini tuo, et fac nobiscum, secundum multitudinem misericordiæ tuæ.
Tout ce que Vous nous avez fait, Seigneur, c'est par un juste jugement que Vous l'avez fait, car nous avons péché contre Vous et nous n'avons pas obéi à vos commandements. Mais glorifiez Votre nom et agissez avec nous selon l'abondance de Votre miséricorde.
On voit que ce texte comprend deux parties : l'humble aveu de nos fautes qui nous ont mérité les châtiments que nous avons subis, puis l'appel suppliant au Seigneur pour qu'il nous sauve en sa miséricorde.
Cela s'applique évidemment à chacun de nous qui sommes tous pécheurs, mais nous pouvons l'appliquer aussi au peuple de Dieu, l’Eglise et à notre pays la France, pour lesquels cet Introït nous invite à prier avec insistance. La mélodie exprime parfaitement les sentiments de ces deux parties. D'abord une prière humble et contrite, même si le début s'élève vers l'aigu avec une certaine assurance, puis une grande supplication à partir des mots da gloriam, sur lesquels on remarquera les deux montées successives très appuyées. Enfin après un dernier élan très fervent sur le mot misericordiæ, elle s'achève dans la paix. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 118, d'où était tiré l'Introït du dix-septième dimanche dont celui-ci développe le thème et qui revient souvent en cette période de l'année, notamment dans les Communions :
Beati immaculati in via : qui ambulant in lege Domini.
Heureux ceux dont la conduite est sans tache et qui marchent selon la loi du Seigneur.
Una Voce
http://www.unavoce.fr/index2.php?option=com_content&task=view&id=1074&pop=1&page=0&Itemid=26
Psaume 118 ( le plus loin du psautier)
http://auto23652.centerblog.net/6094586-Psaume-118--le-plus-long-du-psautier
Publié le 11/10/2009 à 06:42 par auto23652
DIX-NEUVIÈME DIMANCHE APRES LA PENTECÔTE -Vert - 2e classe
Le Musée d'Art René Quilliot - Place Louis Deteix à Clermond-Ferrand est un superbe musée, très lumineux, installé à l'emplacement de l'ancien couvent des Ursulines (XVIIe-XVIIIe s.), dont quelques éléments d'architecture ont été intelligemment intégrés dans le nouveau bâtiment.
Le Maître du Fils Prodigue (peintre flamand anonyme du milieu XVIes.) : La Parabole du Festin. Plusieurs scènes, d'après un texte de saint Matthieu, regroupées sur le même panneau. La partie droite est consacrée aux préparatifs du repas (décor de ruines). La partie gauche est consacrée aux jugements du roi, incendie, accueil des « élus », condamnation du « mal vêtu".
Introït : Salus populi
Les chants du propre de la messe du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte sont tous tirés des psaumes, à l'exception cette fois de l'Introït, qui est d'ailleurs assez exceptionnel.
C'est le seul Introït de tous les dimanches de l'année dont le texte ne soit pas strictement scripturaire, bien qu'on trouve des textes voisins en de nombreux passages de la Sainte Ecriture. Ensuite, c'est un des rares Introïts (il n'y en a que deux ou trois) où c'est Dieu qui parle ; la plupart des autres étant des prières que nous adressons au Seigneur ou des affirmations de notre adoration ou de notre confiance.
Salus populi ego sum, dicit Dominus : de quacumque tribulatione clamaverint ad me, exaudiam eos : et ero illorum Dominus in perpetuum.
Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur. De quelque détresse qu'ils crient vers Moi, je les exaucerai, et Je serai pour eux le Seigneur à jamais.
On voit que Dieu parle ici en des termes très consolants et très encourageants pour le peuple élu et à travers lui pour nous tous qui en sommes les héritiers, nous incitant à une prière confiante, quelles que soient les épreuves que nous avons à traverser. En ces derniers dimanches de l'année liturgique, marqués par l'approche de la fin du monde qui sera un temps d'épreuves (nous nous en apercevons déjà), Il nous invite à la patience et à la persévérance finale. La mélodie de cet Introït est très douce. Le Seigneur nous parle ici avec la tendresse d'un père pour ses enfants. Cependant la deuxième phrase, très affirmative, a davantage de mouvement avec trois cadences qui se répètent pleines d'assurance. On retrouve la douceur dans la dernière phrase avec la calme descente de Dominus et la belle montée contemplative de in perpetuum. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 77, dans lequel le psalmiste raconte au peuple d'Israël toutes les merveilles que le Seigneur a accomplies en sa faveur, malgré ses infidélités :
Attendite popule meus legem meam : inclinate aurem vestram in verba oris mei.
Mon peuple, soyez attentif à mon enseignement, Tendez l'oreille aux paroles de ma bouche.
Una Voce
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Publié le 04/10/2009 à 03:11 par auto23652
DIX-HUITIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE - vert - 2e classe
Introït : Da pacem
En ces derniers dimanches après la Pentecôte, nous allons trouver de plus en plus de chants du propre de la messe tirés, non du livre des psaumes, mais d'autres livres de l'ancien testament ; ce sera le cas en ce dix-huitième dimanche de l'Introït et de l'Offertoire. De plus ce dimanche figure au missel à la suite des Quatre-Temps de septembre, dont il est toujours proche même si une ou deux semaines l'en séparent. Nous avons déjà parlé du samedi des Quatre-Temps à propos du quatrième dimanche de l'Avent et de l'Alleluia de la fête de la Sainte Trinité ; ce samedi était dans l’Eglise primitive le jour des ordinations sacerdotales, dont la cérémonie durait toute la nuit et servait de messe du dimanche. Lorsqu'elle fut avancée au samedi matin, il fallait une autre messe pour le dimanche, qui était le plus souvent le dix-huitième après la Pentecôte. On choisit celle de la dédicace de la basilique de Saint-Michel à Rome, qui était célébrée le 29 septembre (nous en reparlerons à propos de cette fête), date également proche de ce dimanche. Seul l'Alleluia actuel y fut introduit plus tardivement.
Ces considérations historiques étaient nécessaires pour comprendre pourquoi les chants de cette messe se rapportent spécialement au sacerdoce des prêtres, et à la consécration des églises, deux éléments directement ordonnés au culte divin.
Le texte de l'Introït s'inspire d'un passage du livre de l'Ecclésiastique, mais en le modifiant un peu :
Da pacem, Domine, sustinentibus te, ut prophetæ tui fideles inveniantur : exaudi preces servi tui, et plebis tuæ Israël.
Donnez la paix, Seigneur, à ceux qui se confient en Vous, que vos prophètes soient trouvés fidèles : exaucez les prières de votre serviteur et de votre peuple Israël.
En réalité le texte biblique ne parle pas de paix. Il demande seulement au Seigneur d'exaucer les prières de ses serviteurs, en étant fidèle à ses promesses transmises par les prophètes, et en sauvant son peuple : c'est intentionnellement que la liturgie a rajouté à ce texte l'idée de la paix, en relation d'ailleurs avec le psaume 121, dont le début est chanté comme verset de cet Introït et qu'on va retrouver au Graduel :
Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus.
Je me suis réjoui de ce qu'il m'a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur.
C'est dans la maison du Seigneur, figure de l'Eglise, que les fidèles trouvent la paix, ainsi que le chante un autre verset du même psaume, que nous retrouverons également au Graduel, et où les prophètes, ceux qui annoncent les paroles de Dieu, rappellent les promesses du Seigneur qui s’accomplissent avec fidélité. C'est là enfin que sont exaucées les prières du peuple chrétien, l’Eglise des âmes, avec à sa tête le serviteur, le prêtre, que la liturgie met ici au singulier (servi tui). La mélodie de cet Introït est très suppliante et pleine de ferveur, avec un grand élan dès le début. Mais elle est également très douce et comme le dit Dom Gajard : " Ce chant qui est destiné à demander la paix, finit par nous donner la paix. "
Una Voce
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Publié le 27/09/2009 à 01:30 par auto23652
XVIIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE - Vert - 2eclasse
Nous abordons, avec le dix-septième dimanche après la Pentecôte, la dernière partie de ce temps liturgique. Rappelons qu'il représente dans l'année la longue marche de l'Église depuis les Apôtres jusqu'à la fin des temps, et en ces derniers dimanches la pensée de l'Église se tourne de plus en plus vers le retour glorieux du Seigneur et le jugement dernier ; on en avait déjà eu un écho dans le Graduel du seizième dimanche, où une phrase annonçait qu'il paraîtrait dans sa majesté.
Un des thèmes que nous allons retrouver le plus souvent durant cette période, lié à la perspective du Jugement dernier, est celui de la justice et de la miséricorde, les deux attributs divins...
Aujourd’hui l’introït est tiré du psaume 118, qui, à cause de son verset initial : Beati immaculati in via, avait à Rome un certain caractère processionnel, si bien qu’on le chantait dans l’après-midi du Vendredi saint, durant le trajet du cortège stationnal se rendant du Latran à la Basilique Sessorienne. « Vous êtes juste, ô Seigneur, et droit est votre jugement. Avec votre serviteur pourtant, qui se confie à votre bonté et vous supplie de ne pas entrer en jugement avec lui selon votre écrasante sainteté, agissez selon votre miséricorde, laquelle, dans la vie présente, est au-dessus de toutes vos œuvres. »
Justus es, Domine, et rectum judicium tuum ; fac cum servo tuo secundum misericordiam tuam.
Vous êtes juste, Seigneur, et votre jugement est droit ; traitez votre serviteur selon votre miséricorde.
La justice et la miséricorde semblent à première vue s'opposer : la justice nous condamne, la miséricorde nous sauve ; nous affirmons la première : justus es..., nous implorons la seconde : fac cum servo tuo... Mais en Dieu la justice et la miséricorde ne font qu'un, l'une ne va pas sans l'autre ; c'est ce qu'exprime la mélodie de cet Introït, très ramassée, qui fait de ces deux phrases littéraires une seule phrase musicale, avec une grande montée qui part en plein élan dès l'intonation et s'élève jusqu'au sommet sur les mots servo tuo, suivie d'une descente calme et progressive.
Le verset de cet Introït est bien entendu le premier du psaume 118 :
Beati immaculati in via, qui ambulant in lege Domini.
Heureux ceux qui s'avancent sans tache dans la voie de la loi du Seigneur.
http://www.unavoce.fr/index2.php?option=com_content&task=view&id=1041&pop=1&page=0&Itemid=26
Publié le 20/09/2009 à 00:50 par auto23652
XVIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
Vert - 2e classe
L'oeuvre d'Isaac Moillon (1614 - 1673) illustre l'Évangile de dimanche, le XVIe Dimanche après la pentecôte.
Il s'agit de la guérison de l'hydropique le jour du sabbat (Saint Luc, 1-11)
La guérison de l'âme malade
Encore un vrai dimanche ! Les pensées se rattachent étroitement à celles du dimanche précédent : là, le thème de Pâques était inclus dans l'image de la résurrection ; ici, il se retrouve dans l'image de l'hydropique. Là, l'Église nous adressait une exhortation sur le « renouvellement dans l'Esprit » ; ici, elle prie pour l'affermissement intérieur des chrétiens. Si nous voulons une pensée d'ensemble, ce sera celle-ci : la guérison de l'âme malade.
La messe (Miserere mihi). - Le ciel est sombre : persécutions et tentations pèsent lourdement sur le Christ mystique ; dans la messe précédente, le soleil avait bientôt percé ; aujourd'hui, les nuages demeurent jusqu'à la fin ; une seule fois (au Grad. et à l'Allel.), le soleil essaie de se montrer. Dans la nature également, l'automne a fait son apparition ; les jours deviennent plus courts, les nuits plus longues ; c'est pour les âmes le symbole de la nuit et des persécutions.
Dom Pius Parsch Guide de l'Année Liturgique
Les chants du propre de la messe du seizième dimanche après la Pentecôte sont tous tirés des psaumes, et, à l'inverse de dimanche dernier, mais comme tous les précédents, seul le texte de l'Alleluia sera le premier verset d'un psaume...
Le texte de l'Introït est la suite de celui de dimanche dernier, au début du psaume 85, et la première phrase de celui d'aujourd'hui reprend même la dernière phrase du précédent. On se souvient que cette dernière phrase de l'Introït du quinzième dimanche était un véritable cri suppliant lancé du fond de notre misère. Ici c'est tout différent, car cette phrase suppliante est suivie de paroles d'espoir
et de confiance dans la miséricorde divine.
Miserere mihi Domine, quoniam ad te clamavi tota die : qui a tu Domine suavis ac mitis es, et copiosus in misericordia omnibus invocantibus te.
Ayez pitié de moi Seigneur car je crie vers vous tout le jour ; car vous êtes Seigneur plein de douceur et de mansuétude et riche en miséricorde pour tous ceux qui vous invoquent.
On comprend donc que la première phrase exprime sa supplication d'une manière calme et pleine d'une ferme assurance. La deuxième phrase qui est la plus importante est beaucoup plus longue. Elle s'élève progressivement dans les hauteurs en un magnifique élan d'amour et de confiance avant de redescendre tranquillement pour une cadence paisible.
On retrouve comme verset le début du psaume qui était en partie le début de l'Introït de dimanche dernier :
Inclina Domine aurem tuam et exaudi me : quoniam inops et pauper sum ego.
Tendez l'oreille Seigneur et écoutez-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Una Voce
http://www.unavoce.fr/index2.php?option=com_content&task=view&id=1040&pop=1&page=0&Itemid=26
Publié le 12/09/2009 à 22:07 par auto23652
XVe DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
Vert - 2e classe
L'Évangile nous relate l'épisode touchant de la résurrection du fils de la veuve de Naïm.
L'épisode si touchant de la veuve de Naïm donne aujourd'hui son nom au quinzième Dimanche après la Pentecôte. L'Introït nous présente la forme des prières que nous devons adresser au Seigneur dans tous nos besoins. L'Homme-Dieu a promis, Dimanche dernier, d'y pourvoir toujours, à la condition d'être servi par nous fidèlement dans la recherche de son royaume. En lui adressant nos supplications, montrons-nous confiants dans sa parole, comme il est juste de l'être, et nous serons exaucés.
Dom Guéranger L'Année Liturgique
Introït : Inclina Domine
Comme les dimanches précédents, les chants du propre de la messe du quinzième dimanche après la Pentecôte sont tirés des psaumes sauf la Communion, et ils expriment les sentiments de supplication, de confiance, de louange et d'action de grâces qui doivent animer les chrétiens durant leur séjour sur la terre. Mais ils présentent aujourd'hui une particularité qui les oppose à ceux des dimanches précédents. Les alléluias des dix derniers dimanches, du cinquième au quatorzième après la Pentecôte, avaient tous pour texte le premier verset d'un psaume. Mais ce ne sera pas le cas cette fois-ci ; ce seront au contraire les autres pièces, Introït, Graduel et Offertoire, qui auront pour texte le premier verset d'un psaume.
Le texte de l'Introït est le début du psaume 85, un des nombreux psaumes où David, qui se sent humainement perdu devant la puissance de ses ennemis, lance un appel suppliant vers Dieu pour qu'Il le délivre.
Inclina, Domine, aurem tuam ad me, et exaudi me : salvum fac servum tuum, Deus meus, sperantem in te : miserere mihi, Domine, quoniam ad te clamavi tota die.
Seigneur, tendez l'oreille vers moi, écoutez-moi, sauvez votre serviteur qui espère en vous, mon Dieu ; ayez pitié de moi, Seigneur, car je crie vers vous tout le jour.
Chacun de nous peut faire sienne cette prière dans les épreuves et les tentations au milieu desquelles nous nous débattons. La mélodie est une des plus belles et des plus expressives du répertoire. Elle commence par une intonation qui s'élève en un grand élan, franchissant d'un bon toute l'octave pour culminer sur le mot Domine ; puis elle redescend et la phrase s'achève dans le grave sur exaudi me, prière plus humble mais tout aussi suppliante. La deuxième phrase, celle de l'espérance, est plus assurée, les mots Deus meus sont vraiment pleins de confiance. On retrouve dans la troisième phrase une supplication presque angoissée, s'enfonçant dans le grave puis se reprenant pour remonter sur le mot clamavi, qui est vraiment un cri lancé du fond de notre misère. Si les mots de profundis ne sont pas dans le texte, ils sont dans la mélodie. On entendra ensuite comme verset psalmodié la suite du psaume.
Lætifica animam servi tui : quoniam ad te, Domine, animam meam levavi.
Donnez la joie à l'âme de votre serviteur car j'élève vers vous mon âme Seigneur.
Una voce
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Publié le 06/09/2009 à 01:04 par auto23652
QUATORZIEME DIMANCHE APRES LA PENTECÔTE
Vert - 2e classe
Ce dimanche s'appelait autrefois le dimanche de la Providence, Domínica Providéntiae, en raison du bel Évangile qui nous parle de la bonté paternelle de Dieu. Puisse cette belle formule nous accompagner toute la semaine !
La messe Protéctor noster de ce dimanche est de nouveau une messe belle et joyeuse. Aujourd'hui la communauté et l'âme ont l'impression d'assister à des fiançailles. Comme l'âme a désiré passer le « jour du Seigneur » dans les « parvis de Dieu », dans son « tabernacle » ! C'est ici sa « demeure ». Elle implore de Dieu un regard de complaisance sur son « oint » (c'est l'âme et la communauté, le Christ mystique).
Les chants du propre de la messe du XIVe dimanche après la Pentecôte, comme dimanche dernier, proviennent encore tous du livre des psaumes, hormis la Communion, qui est, cette fois, nous allons le voir , extraite de l'Évangile...
Introït : Protector noster
Le texte de l'Introït est emprunté au psaume 83, qui est utilisé assez souvent dans la liturgie. Nous l'avons rencontré notamment au Graduel du cinquième dimanche, qui commençait par les mêmes mots que l'Introït de ce jour. Dans ce psaume, le peuple d'Israël, exilé loin de Jérusalem et du temple, exprimait son ardent désir de revoir la maison de Dieu, et dans les versets qui forment cet Introït, c'est le roi d'Israël, oint du Seigneur (en latin Christus) qui lève les yeux vers le ciel pour le supplier.
Protector noster, aspice, Deus, et respice in faciem Christi tui : quia melior est dies una in atriis tuis super millia.
Dieu, notre protecteur, regardez et jetez les yeux sur le visage de votre oint, car un seul jour passé dans vos parvis vaut mieux que mille.
L'oint du Seigneur, le roi d'Israël, est comme toujours la figure du Messie, mot qui signifie aussi oint en hébreu, et le temple, la maison de Dieu est la figure de l'Eglise, dont le Christ est la tête ; il est aussi la figure du ciel, où nous supplions Dieu de trouver un jour le bonheur éternel. Ce texte convient particulièrement bien au début de la messe où le prêtre, qui représente le Christ, monte à l'autel pour présenter nos prières. La première phrase exprime notre supplication par une mélodie très ardente avec un grand élan, qui culmine sur le mot Christi. La deuxième phrase exprime notre bonheur de nous trouver dans l'Eglise et notre aspiration au bonheur du ciel par une mélodie plus douce et mystique mais non moins fervente. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 83 :
Quam dilecta tabernacula tua, Domine virtutum ! concupiscit, et deficit anima mea in atria Domini.
Que vos tabernacles sont aimables, Seigneur des armées célestes. Mon âme soupire et languit après vos parvis.
Psaume 84 (83)
http://auto23652.centerblog.net/6582941-Psaume-84-83
Una Voce
http://www.unavoce.fr/index2.php?option=com_content&task=view&id=53&pop=1&page=0&Itemid=169
Publié le 30/08/2009 à 04:56 par auto23652
TREIZIEME DIMANCHE APRES LA PENTECOTE - Vert - 2ème classe
Le treizième Dimanche prend aujourd'hui son nom de l'Évangile des dix lépreux qu'on lit à la Messe.
Les chants du propre de la messe de ce treizième dimanche après la Pentecôte sont encore tous extraits des psaumes, à l'exception de la Communion qui est comme celle du onzième dimanche empruntée à un autre livre de l'Ancien Testament. Mais ils présentent une particularité assez rare : c'est que l'Introït et le Graduel ont à peu près exactement le même texte.
Il provient du psaume 73, supplication collective du peuple élu à un moment où il est ruiné et livré à la fureur des impies, et se sent abandonné de Dieu. Il rappelle alors au Seigneur ses promesses et ses bienfaits passés pour le supplier de le sauver encore...
Introït : Réspice, Dómine
Réspice, Dómine, in testaméntum tuum, et ánimas páuperum tuórum ne derelínquas in finem : exsúrge, Dómine, et iúdica causam tuam, et ne obliviscáris voces quæréntium te.
Souvenez-vous Seigneur de votre alliance et n'abandonnez pas à jamais les âmes de vos pauvres ; levez-vous Seigneur, faite justice à votre cause et n'oubliez pas la voix de ceux qui vous cherchent.
On remarquera la répétition des pronoms et possessifs à la deuxième personne, comme si le peuple élu voulait insister sur sa totale appartenance à Dieu. C'est le cas maintenant de l'Eglise, le peuple élu d'aujourd'hui, qui, malgré les tribulations que nous connaissons, ne doit jamais se sentir abandonné.
La mélodie divise cet Introït en deux parties qui commencent chacune par un grand élan suppliant vers l'aigu ; le deuxième sur les mots exsurge Domine est un véritable cri, mais à chaque fois la mélodie s'apaise aussitôt et se tient presque immobile et horizontale, comme si l'âme après avoir lancé son appel se tenait humblement prosternée.
Le verset qui accompagne cet Introït est le début du psaume 73.
Ut quid, Deus, reppulísti in finem : irátus est furor tuus super oves páscuæ tuæ ?
Pourquoi, mon Dieu, nous repousser à jamais et faire éclater votre colère sur les brebis de votre pâturage ?
Una Voce
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Publié le 23/08/2009 à 04:24 par auto23652
Domínica Duodécima post Pentecóstem
XIIe dimanche après la Pentecôte - Vert - 2e classe
C'est l'Évangile du bon Samaritain qui donne aujourd'hui son nom au douzième Dimanche après la Pentecôte.
L'Introït débute par le beau verset du psaume 69 : O Dieu, venez à mon aide ; Seigneur, hâtez-vous de me secourir ! Dans sa dixième Conférence, Cassien montre comment ce cri de l'âme convient à tous les états et répond à tous les sentiments. Durand de Mende en fait application dans la circonstance présente à Job, parce que les lectures de l'Office de la nuit tirées du Livre où sont racontées ses épreuves se rencontrent quelquefois, quoique rarement, avec ce Dimanche. Rupert y voit de préférence les accents du sourd-muet, dont la guérison mystérieuse faisait, il y a huit jours, l'objet de nos méditations. « Le genre humain dans la personne de nos premiers parents, dit-il, était devenu sourd pour écouter les commandements du Créateur, et muet pour chanter ses louanges ; le premier mouvement de sa langue déliée par le Seigneur est pour invoquer Dieu. » C'est aussi chaque matin le premier élan de l'Église, comme sa première parole à chacune des Heures du jour et de la nuit.
Introït : Deus, in adjutórium
Dans l'Introït c'est le psaume 69, supplication adressée au Seigneur pour obtenir son secours au milieu des dangers et des épreuves de cette vie. Le premier verset est très connu, car il est chanté au début de toutes les heures de l'Office divin sans exception, appel plein de confiance en Dieu qui est prêt à nous accorder ses grâces, mais qui veut qu'on les lui demande :
Deus, in adjutórium meum inténde : Dómine, ad adjuvándum me festína : confundántur et revereántur inimíci mei, qui quærunt ánimam meam.
À ce premier verset du psaume, le texte de l'Introït ajoute le deuxième verset.
Avertántur retrórsum et erubéscant : qui cógitant mihi mala..
Qu'ils soient couverts de honte et de confusion les ennemis qui en veulent à ma vie.
La mélodie de cet Introït est assez originale. Elle se lance d'abord dans l'aigu en une affirmation pleine d'assurance. Si le texte est très suppliant la mélodie exprime une confiance absolue. Puis elle devient plus calme et statique, tournant toujours autour des mêmes notes pour s'achever par une cadence au grave très paisible. Le verset suivant qui est psalmodié à la suite redit à peu près la même chose :
Avertantur retrorsum et erubescant, qui volunt mihi mala.
Qu'ils s'en retournent en rougissant ceux qui me veulent du mal.
Una Voce
http://www.unavoce.fr/index2.php?option=com_content&task=view&id=1256&pop=1&page=0&Itemid=26