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Recueillement et Grégorien Doctrine et Liturgie. Audio. Una Voce
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08.07.2007
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06.10.2008
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Docteurs et Saints de l Eglise

Saint François d'Assises

Posté le 04.10.2008 par auto23652
Saint François d'Assises

Né à Assise en Ombrie, saint François fut suscité par Dieu pour travailler en même temps que saint Dominique au relèvement moral du monde, à une époque des plus troublées. Appelé Jean à son baptême, il reçut de son père le nom de François, parce que ce fut après une heureuse tournée commerciale en France qu'il trouva au retour son nouveau-né.

« Plus ce sublime insensé, dit Montalembert, se cachait et s'avilissait pour se rendre digne, par l'humilité et le mépris des hommes, d'être le vaisseau de l'amour divin, plus par un effet merveilleux de la grâce, les hommes se précipitèrent à sa suite , »

François eut bientôt des disciples qui se réduisirent à la même pauvreté que lui et partagèrent son ardeur pour la conversion des peuples.

« Mes frères, leur disait-il, prêchons la pénitence plus par nos exemples que par nos paroles. »

Il leur donna en 1209 une Règle qui fut approuvée par Innocent III. Peu de temps après, il obtint des Bénédictins la petite église de Notre-Dame-des-Anges, appelée Portioncule, qui fut le berceau de son Ordre. cette nouvelle famille religieuse dont il enrichit l'Église se multiplia avec une telle rapidité qu'il y eut jusqu'à cinq mille frères au chapitre général tenu à Assise environ dix ans après la naissance de l'Ordre . Voulant qu'ils se regardassent comme les plus petits et les plus humbles parmi les religieux, saint François leur donna le nom de Fréres-Mineurs. A côté de ce premier Ordre, il en fonda un second qui est l'Ordre des « pauvres dames » ou Clarisses, ainsi nommé de l'illustre vierge d'Assise sainte Claire ». Enfin, en 1221, il en institua un troisième, appelé le « Tiers-Ordre de la pénitence », auquel les Papes, et spécialement Léon XIII qui se faisait un honneur d'y appartenir, prodiguèrent les plus puissants encouragements et les plus riches faveurs, saint François envoya ses disciples en France, en Allemagne, en Espagne, en Afrique; lui-même voulut aller en Palestine et au Maroc, mais la divine Providence l'arrêta en route. L'amour divin dont il était embrasé lui valut le surnom de Séraphique. L'Église a consacré une fête le 17 septembre à l'impression des Sacrés Stigmates sur le corps de saint François. Le 4 octobre 1226, ce saint rendit son âme à Dieu, alors qu'il achevait le dernier verset du Psaume 141:

« Tirez mon âme de sa prison, Seigneur, afin qu'elle aille chanter vos louanges . »


On raconte que Saint François d'Assise avait le don de parler aux animaux et notamment aux oiseaux. On le voit souvent représenté en compagnie de volatiles.



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Sainte Hildegarde

Posté le 16.09.2008 par auto23652

Hildegard von Bingen (Hildegarde de Bingen) fut une grande visionnaire, une musicienne qui composa de nombreux cantiques, un grand médecin et une grande naturaliste, dont l'oeuvre rencontre aujourd'hui beaucoup d'échos, surtout pour ses deux derniers aspects.


Hildegarde de Bingen, née le 16 septembre 1098 à Bermersheim vor der Höhe près de Alzey (Hesse rhénane) et décédée le 17 septembre 1179 à Rupertsberg (près de Bingen), était une religieuse bénédictine et une mystique allemande.

Dixième enfant d'une famille noble très croyante, elle fut consacrée au Seigneur dès son plus jeune âge. À l'âge de huit ans, elle entre au couvent des bénédictines de Disibodenberg sur le Rhin, dans le diocèse de Mayence, pour son instruction sous la tutelle de Jutta de Sponheim. Elle prononce ses vœux perpétuels et reçoit le voile monastique des mains de l'évêque Otto de Bamberg, vers l'âge de quatorze ou quinze ans.

Lorsque Jutta meurt en 1136, Hildegarde est élue abbesse de Disibodenberg, à l'âge de 38 ans.

Elle commence à 43 ans à consigner ses visions, qu'elle a depuis l'enfance, dans le Scivias (du latin sci vias Dei « sache les voies de Dieu »). En 1147, elle fonde le monastère de Rupertsberg.

L'approbation du pape Eugène III lors d'un synode réuni à Trèves fin 1147 - début 1148 encouragea Hildegarde à poursuivre son activité littéraire. Elle achève le Scivias, composé en 1151. Puis elle écrit le Liber vitae meritorum entre 1158 et 1163 et le Liber divinorum operum entre 1163 et 1174. En 1165, elle fonde le monastère d'Eibingen.

La plupart de ses écrits sont réunis dans un grand livre (le Riesencodex) conservé à la bibliothèque régionale de Hesse à Wiesbaden en Allemagne. Bernard de Clairvaux lui-même lui a assuré que ses visions étaient grâces du ciel.

Elle ne reçut pas de formation académique, mais disposait de vastes connaissances dans tous les domaines.

Elle écrivit aussi un ouvrage sur la langue inconnue (Lingua ignota) et sur l'alphabet inconnue (Litterae ignotae). Le Lingua ignota propose une terminoologie latine et allemande nouvelle dans des domaines aussi variés que l'angélologie, les structures sociales, les animaux et les plantes.

Elle écrivit de nombreuses lettres qui nous sont très précieuses pour la compréhension de sa vie et de son oeuvre, ainsi qu'un traité sur la Règle de Saint Benoît, sur le symbole de Saint Athanase, la Vita sancti Ruperti et la Vita sancti Disibodi. Les Expositiones Quorundam evangeliorum sont des commentaires sur les évangiles, sur le mode de prédications.

Hildegard eut aussi une grande activité de médecin et de naturaliste. On lui attribue notamment: la Physica ou Liber subtilis medicinae, le Causae et Curae et le Liber compositae medicinae.


Liste de ses écrits :

Scivias seu Visiones (1141-1151)
Liber divinorum operum simplicis hominis (1163-1173/1174)
Liber vitae meritorum (1158-1163)
Solutiones triginta octo quaestionum
Explanatio Regulae S. Benedicti
Explanatio Symboli S. Athanasii
Vita S. Ruperti
Vita S. Disibodi
Physica, sive Subtilitatum diversarum naturarum creaturarum libri novem
Hymnodia coelestis.
Ignota lingua, cum versione Latina
Tractatus de sacramento altaris.
Homeliae LVIII in Evangelia
Libri simplicis et compositae medicinae.

Œuvres traduites : (Éditions Jérôme Millon)

Le livre des subtilités (I et II : traduction Pierre Monat, 1996)
Les causes et les remèdes (traduction Pierre Monat, 2005)
La symphonie des harmonies célestes (Traduction Rebecca Lenoir et Christophe Carraud, 2003)



Hildegarde a composé plus de 70 chants, hymnes et séquences, dont certains ont fait l'objet d'enregistrements récents par des ensembles de musique médiévale : Ave generosa, Columba aspexit, O presul vere civitatis... Ce dernier est un hommage à Disibod, moine irlandais du VIIe siècle fondateur du monastère double de Disibodenberg, dont Hildegarde fut la biographe. Elle a aussi composé un drame liturgique intitulé Ordo virtutum, qui comporte quatre-vingt-deux mélodies et qui met en scène les tiraillements de l'âme entre le démon et les vertus.

Hildegarde fut parmi les premiers saints pour lesquels une procédure officielle de canonisation fut appliquée, mais la procédure était si longue qu'aucune des quatre tentatives de canonisation ne fut menée à son terme (la dernière se déroula en 1244, sous le pape Innocent IV), et Hildegarde resta une bienheureuse. Cependant, elle fut très vite qualifiée de sainte par le peuple, et à la fin du XVIe siècle, comme elle était l'objet d'une dévotion de longue date, son nom fut inscrit au martyrologe, avec le titre de sainte.

Fête le 17 septembre.

La châsse contenant les reliques d'Hildegarde est conservée dans le monastère d'Eibingen près de Rüdesheim (sur le Rhin).


Sainte Thérèse d'Avila

Posté le 09.09.2008 par auto23652
"Santa Teresa de Jesús". Peinture à l'huile d'Alonso del Arco, XVIIe


Thérèse d'Ávila


Thérèse d'Ávila (15 mars 1515 - 4 octobre 1582), (en religion : Teresa de Jesús, baptisée : Teresa de Cepeda y Ahumada) est une sainte catholique et une réformatrice monastique du XVIe siècle.

En plus de son talent à réformer les couvents, elle s'est imposée comme un maître de la spiritualité chrétienne, fait remarquable à cette époque pour une femme. Elle naquit à Ávila (à 70 km au Nord-Ouest de Madrid), en Castille et mourut à Alba de Tormes (province de Salamanque) dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582, quand l'Espagne et le monde catholique basculèrent du calendrier julien au calendrier grégorien. Elle est fêtée le 15 octobre.

L'idéal pieux et l'exemple édifiant de la vie des saints et martyrs lui furent instillés dès son enfance par ses parents, le chevalier Alonso Sánchez de Cepeda et Beatriz d'Ávila y Ahumada. Sa famille paternelle était issue de Juifs convertis de Tolède. La branche maternelle était de la petite noblesse castillane. Elle est la troisième enfant d'une famille qui en comptera douze.

Selon la description faite dans ses écrits destinés à son confesseur (recueillis dans une autobiographie : Vida de Santa Teresa de Jesús), Thérèse montra dès sa tendre enfance une nature passionnée et une imagination fertile.

Son père, amateur de lecture, possédait quelques romans, dont l'étude suscita l'éveil de la sensibilité de la petite fille de six ans.


Précocement instruite des histoires édifiantes de la vie des saints, elle souhaitait vivre le martyre en allant avec son frère Rodrigue dans les “terres des infidèles”. Convaincus que leur projet était irréalisable, le frère et la sœur décidèrent de se faire ermites. Thérèse écrit : “Je faisais l'aumône comme je pouvais, et je pouvais peu. J'essayais la solitude pour prier mes dévotions, qui étaient nombreuses, et particulièrement le rosaire… J'aimais beaucoup faire comme si nous étions des nonnes dans des monastères, quand je jouais avec d'autres petites filles, et je pense que je souhaitais l'être."

En 1527,à l'âge de douze ans, Thérèse perdit sa mère. Passionnée de romans de chevalerie (elle en écrivit en 1529), elle oublia ses jeux d'enfance. Voilà ses paroles : “J'ai commencé à porter de beaux habits, et à vouloir paraître élégante, je soignais mes mains, ma coiffure et mes parfums, et toutes les vanités de cet âge, car j'étais très curieuse… j'avais quelques cousins germains… ils étaient à peu près de mon âge, un peu plus vieux que moi; nous étions toujours ensemble, ils m'aimaient beaucoup et chaque fois que quelque chose les rendait heureux, nous discutions et j'écoutais leurs joies et leurs enfantillages… Tout le mal me vint d'une parente (une cousine semble-t-il) qui venait souvent chez nous. Je me trouvais fréquemment en sa compagnie pour bavarder, car elle m'aidait dans toutes les idées de passe-temps qui me venaient à l'esprit, et m'en proposait même d'autres; elle me faisait également part de ses fréquentations et de ses futilités. Il me semble que ce fut lorsque je me mis à la fréquenter, à l'âge de quatorze ans, que le péché mortel m'éloigna de Dieu."

Seulement pendant trois mois, et avec la complicité des domestiques, elle succomba aux passe-temps des agréables compagnies, faisant ainsi courir un danger à elle-même et à l'honneur de son père et de ses frères. Elle avait aussi pris le goût de la parure avec le désir de plaire. Cependant elle-même déclare "qu'elle détestait les choses malhonnêtes". Son père coupa le mal à la racine en envoyant Thérèse au couvent de Santa María de Gracia à Ávila en 1531. Thérèse supporta difficilement son manque de liberté. Elle ne voulait pas devenir sœur, et ses adorateurs lui envoyaient des billets, mais comme selon ses propres mots “il n'y avait pas place pour tout cela, la chose cessa promptement”. Thérèse y resta jusqu'à l'automne 1532, sans se décider à embrasser la carrière religieuse.


Vocation religieuse

Tombée gravement malade, elle dut rentrer chez son père. Après sa convalescence, il la confia à sa sœur Marie de Cepeda qui vivait à Castellanos de la Cañada avec son mari, Don Martín de Guzmán y Barrientos. Luttant contre elle-même, elle parvint à dire à son père qu'elle souhaitait entrer dans les ordres, tout en sachant qu'elle ne reviendrait pas sur sa décision. Son père lui répondit qu'il ne l'accepterait jamais de son vivant. Thérèse fugua du domicile familial le 2 novembre 1533 pour le couvent de l'Incarnation d'Ávila. Celui-ci était un monastère non cloîtré permettant aux religieuses de sortir et de recevoir des visites. Elle y fit ses vœux le 3 novembre 1534. Thérèse passa vingt-sept ans dans cette communauté très nombreuse, de style encore médiéval. Ces premières années au carmel se passèrent sans événements très notables. Mais, très critique vis-à-vis des pratiques religieuses de l'ordre, elle souhaitait le réformer.

Après être entrée au couvent sa santé se détériora. Elle souffrit très probablement de crises d'épilepsie, d'évanouissements, d'une cardiopathie non définie et d'autres troubles ; ainsi se passa la première année. Pour la guérir, son père l'emmena en 1535 à Castellanos de la Cañada avec sa sœur. Thérèse resta dans ce village, où elle réussit à convertir un prêtre vivant en concubinage, jusqu'au printemps 1536, puis s'en fut à Becedos. De retour à Ávila (le dimanche des Rameaux de l'année 1537), elle subit en juillet une rechute de quatre jours chez son père. Elle resta paralysée pendant plus de deux ans. Aussi bien avant qu'après sa rechute, ses souffrances physiques furent extraordinaires.

Vers le milieu de l'année 1539, Thérèse recouvra la santé, selon elle grâce à Saint-Joseph. Avec la santé revinrent les goûts mondains, faciles à satisfaire, car la vie cloîtrée ne fut imposée à toutes les religieuses qu'en 1563. Thérèse vivait à nouveau au couvent, où elle recevait de fréquentes visites.


Selon elle son esprit s'alanguissait, au point de lui faire abandonner la prière (1541). Elle affirme qu'en 1542 Jésus-Christ lui apparut dans le parloir; le visage courroucé, il lui reprocha ses relations familières avec les personnes vivant dans le siècle. Thérèse conserva pourtant ce comportement pendant plusieurs années, jusqu'à ce qu'elle cessa de fréquenter ces personnes après avoir vu une image de Jésus sur la croix.

Les derniers mots de son père (décédé en 1541) l'avaient profondément impressionnée. Le prêtre qui lui avait donné les derniers sacrements (le dominicain Vicente Barón) devint le directeur de conscience de Thérèse, qui jusque là, connaissant ses fautes, ne voulait pas s'en corriger. La lecture des Confessions de Saint Augustin l'encouragea dans sa conversion. En 1555, les Jésuites Juan de Padranos et Baltasar Alvarez fondèrent un collège à Avila. Padranos devint le confesseur de Thérèse ; l'année suivante (1556), celle-ci commença à ressentir des faveurs spirituelles intenses, et peu après (1557) elle se vit encouragée par Saint-François Borgia. En 1558 elle eut sa première apparition ainsi que la vision de l'enfer; en 1559 elle prit pour confesseur Baltasar Alvarez, qui dirigea sa conscience pendant six ans, et reçut, dit-elle, de grandes faveurs célestes, parmi lesquelles la vision de Jésus ressuscité. En 1560 elle fit le vœu de toujours aspirer à la plus grande perfection ; saint Pierre d'Alcántara approuva cet état d'esprit, et San Luis Beltrán l'encouragea à mettre en œuvre son projet de réforme de l'Ordre du Carmel, qu'elle avait conçu vers cette date : elle voulait fonder à Ávila un monastère observant strictement la règle de l'Ordre, qui incluait l'obligation de la pauvreté, de la solitude et du silence. Son confesseur, le Dominicain Pedro Ibáñez, lui ordonna d'écrire sa vie, travail qui allait durer de 1561 à juin 1562 ; enfin, conseillée par Soto, elle réécrivit sa vie en 1566.

Selon le biographe Pierre Boudot : «Dans toutes les pages (du livre de sa vie) se voient les marques d'une passion vive, d'une franchise absolue et d'un illuminisme de la foi des fidèles. Toutes ses révélations témoignent de sa croyance profonde en une union spirituelle entre elle et le Christ. Elle voyait Dieu, la Vierge, les saints et les anges dans toute leur splendeur et elle recevait d'en-haut des inspirations mises à profit pour discipliner sa vie intérieure. Dans sa jeunesse, ses aspirations furent peu nombreuses et semblent confuses ; ce fut seulement en plein âge mûr qu'elles devinrent plus précises, plus fréquentes et aussi plus extraordinaires. Elle avait plus de quarante trois ans quand elle vécut sa première extase. Ses visions se succédèrent sans interruption pendant deux ans et demi (1559-1561). Soit par méfiance, soit pour la mettre à l'épreuve, ses supérieurs lui interdirent de s'abandonner à cet ardent penchant pour les dévotions mystiques, qui étaient pour elle comme une seconde vie, et lui ordonnèrent de résister à ces extases, dans lesquelles se consumait sa santé. Elle obéit, mais en dépit de ses efforts, sa prière était si continue que même le sommeil ne parvenait à en arrêter le cours. Simultanément, embrasée d'un violent désir de voir Dieu, elle se sentait mourir. Cet état singulier déclencha à plusieurs reprises la vision qui serait à l'origine d'une fête particulière dans l'ordre du Carmel. »

Cette allusion est évoquée dans sa biographie en français de 1559 : « Je vis un ange proche de moi du côté gauche… Il n'était pas grand mais plutôt petit, très beau, avec un visage si empourpré, qu'il ressemblait à ces anges aux couleurs si vives qu'ils semblent s'enflammer … Je voyais dans ses mains une lame d'or, et au bout, il semblait y avoir une flamme. Il me semblait l'enfoncer plusieurs fois dans mon cœur et atteindre mes entrailles : lorsqu'il le retirait, il me semblait les emporter avec lui, et me laissait toute embrasée d'un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu'elle m'arrachait des soupirs, et la suavité que me donnait cette très grande douleur, était si excessive qu'on ne pouvait que désirer qu'elle se poursuive, et que l'âme ne se contente de moins que Dieu. Ce n'est pas une douleur corporelle, mais spirituelle, même si le corps y participe un peu, et même très fort. C'est un échange d'amour si suave qui se passe entre l'âme et Dieu, que moi je supplie sa bonté de le révéler à ceux qui penseraient que je mens… Les jours où je vivais cela, j'allais comme abasourdie, je souhaitais ni voir ni parler avec personne, mais m'embraser dans ma peine, qui pour moi était une des plus grandes gloires, de celles qu'ont connu ses serviteurs » (Vie de Sainte Thérèse, chap. XXIX).

Pour perpétuer la mémoire de cette mystérieuse blessure, le Pape Benoît XIII, à la demande des Carmélites d'Espagne et d'Italie, établit en (1726) la fête de la Transverbération du cœur de Sainte Thérèse. Le biographe français ajoute : « Jusqu'à son dernier soupir, Thérèse eut le privilège de converser avec les personnes divines, qui la consolaient ou lui révélaient certains secrets du ciel; celui d'être transportée en enfer ou au purgatoire, et encore celui de prévoir l'avenir. »


Caractéristiques physiques

Francisco de Rivera, le confesseur de la sainte la décrivait ainsi : « Elle était de bonne stature, et au temps de sa jeunesse, belle, et encore au temps de sa vieillesse, elle supportait bien sa fatigue, le corps épais et très blanc, le visage rond et plein, de bonne taille et proportion ; le teint de couleur blanche et incarné, et lorsqu'elle était en prière, il s'enflammait et elle devenait très belle, tout ce teint clair et paisible ; la chevelure, noire et crépue, le front large, égal et beau; les sourcils de couleur claire et tirant un peu sur le noir, grands et un peu épais, non en arc, mais un peu plats.


Des couvents fondés dans toute l'Espagne

Dès 1560, Pierre d'Alcantara inspira Thérèse dans sa détermination à mettre en pratique sa foi et son appel mystique. Il devint son maître spirituel et son conseiller. Ce support moral lui permit d'entreprendre la création d'un carmel différent du laxisme qui l'avait choqué dans de nombreux cloîtres dont celui de l'Incarnation. L'entreprise fut financée par Guimara de Ullon, une riche donatrice et amie de la sainte.

Fin 1561, Thérèse reçut une somme d'argent envoyée par l'un de ses frères depuis le Pérou. Elle finança son projet de fondation du couvent Saint-Joseph. Pour ce projet, elle reçut l'aide de sa sœur Jeanne, dont le fils aurait été ressuscité par la sainte. Au début de l'année 1562, Thérèse partit à Tolède chez Doña Luisa de la Cerda, chez qui elle resta jusqu'en juin. La même année, elle fit connaissance du père Báñez, qui devint ensuite son principal directeur, et du frère García de Toledo, tous deux Dominicains.

Mécontente du « relâchement » des règles, qui avaient été assouplies en 1432 par Eugène IV, Thérèse décida de réformer l'ordre pour revenir à l'austérité, la pauvreté et l'isolement qui faisaient partie pour elle de l'esprit carmélite authentique. Elle demanda conseil à Francisco de Borja et à Pedro de Alcántara qui approuvèrent sa ligne de pensée et sa doctrine.

Après deux années de combat, la bulle de Pie IV pour la construction du couvent Saint-Joseph lui fut remise par ordre de frère García de Toledo à Ávila. Il inauguré le 24 août 1562, créant un type nouveau de communauté, mieux adapté à l'époque et plus fidèle à la tradition du Carme : selon elle, les religieux doivent vivre dans la pauvreté. Ils abandonnent les chaussures et sont ainsi rebaptisés les Carmes déchaussés ou les Carmes déchaux. Quatre novices du nouvel ordre des carmélites déchaussées de Saint-Joseph y emménagèrent.

Le dépouillement absolu du couvent Saint-Joseph, suscita critiques et hostilité chez les Avilans de tous bords et les édiles de la cité. Rapidement la nouvelle institution fut menacée de fermeture. Mais l'appui de puissants prescripteurs, dont l'évêque et les succès de subsistance déjouèrent l'animosité. Peu à peu, l'expérience devint un modèle.

En mars 1563, elle reçu la sanction papale pour ses principes de pauvreté absolue et de renoncement à la propriété formulés dans une "Constitution." Son but était le retour aux règles monastiques strictes telles que :

trois disciplines de cérémonie (flagellation) pour les messes hebdomadaires
le déchaussement des carmes
ou la substitution des chaussures par des sandales.
Les cinq premières années, Thérèse resta recluse, engagée dans son projet d'écriture.


Une réformatrice

Rubeo de Ravenna, principal des carmes, publia une lettre patente en 1567, autorisant la création d'autres couvents. Cet essaimage dans toutes les provinces d'Espagne généra de nombreux voyages pour la sainte qui fonda 17 couvents (Le Livre des fondations (publié, Madrid, 1880)). De 1567 à 1571, des couvents réformés furent ainsi établis à Medina del Campo, Malagon, Valladolid, Tolède, Pastrana, Salamanque et Alba de Tormes. Elle suscite le même élan chez les carmes, dont l'un des premiers fut Jean de la Croix.

Des émeutes à Ávila obligèrent la sainte à retourner au couvent de l'Incarnation, et, une fois les esprits calmés, Thérèse vécut quatre ans au couvent de Saint-Joseph dans une grande austérité. Les religieuses fidèles à sa réforme dormaient sur une paillasse, portaient des sandales de cuir ou de bois ; elles consacraient huit mois par an aux rigueurs du jeûne et s'abstenaient totalement de manger de la viande. Thérèse ne désira aucune distinction pour elle-même et vécut de la même manière que les autres religieuses.

La réforme progressa rapidement, malgré les faibles moyens dont disposait son instigatrice. Le père Rossie, supérieur général du Carmel, visita en 1567 le couvent de San José, et donna à Thérèse la permission de fonder d'autres couvents de femmes, et deux couvents d'homme. Elle se rendit à Madrid et Alcalá de Henares (fondé par son amie Marie de Jésus), pour réformer de nouveaux couvents Puis la réforme prit de l'ampleur dans les couvents d'hommes : un nouveau monastère fut fondé à Malagón. Thérèse se rendit ensuite à Tolède, où elle tomba malade, et passant par Escalona, elle revint à Ávila, avant de repartir pour Valladolid où elle fonda un nouveau couvent.

Elle vint ensuite à Alba (1574), avant d'aller, malgré son état de santé déplorable à Medina del Campo, Ávila et Ségovie. Dans cette ville elle créa un nouveau couvent qui servit aux religieuses chassées de leur cloître par Ana de Mendoza de la Cerda, princesse d'Éboli, ayant décidé de se convertir en religieuse sous le nom de sœur Ana de la Madre de Dios, sous un ordre différent de celui des Carmes.

Suivant son exemple et son esprit Jean de la Croix initia un mouvement de réforme monastique analogue. Les fondations de couvents de Ségovie (1571), Vegas de Segura (1574), Séville (1575), et de Caravaca de la Cruz (Murcie, 1576) furent appuyées par Géronimo Grecian, visiteur de l'ancienne observance carmélite et vicaire apostolique. Mais le charismatique et mystique Jean, usa de son pouvoir de prédication et d'enseignement pour donner son âme au mouvement.

La même année fut soumise, pour la première fois à l'Inquisition l'autobiographie de Thérèse, qui de retour à Ávila, après avoir terminé son prieuré à l'Incarnation le (6 octobre) était retournée à son couvent de Saint-Joseph. Puis elle alla à Valladolid en fin d'année. Début janvier 1575 elle vint à Avila en passant par Medina. Après une courte halte elle repartit pour Veas, Tolède, Malagón et Almodóvar. Dans cette dernière localité, elle fit les prophéties élégiaques du bienheureux Juan Bautista de la Concepción, réformateur des Trinitains. Après la fondation du dixième carmel à Veas le 24 février, et celui d'Almodóvar del Campo, elle continua le 7 mars, malade et éprouvée par le voyage, vers Séville. Elle y subit de nombreuses contradictions, mais parvint à ouvrir un couvent, son dernier, dans cette ville.

En 1576 une série de persécutions fut lancée par l'ordre carmélite de l'ancienne observance contre les réformateurs, Thérèse et ses disciples. En suivant des décrets adoptés lors de la réunion générale du chapitre à Plaisance, les "définisseurs" de l'ordre gelèrent toute nouvelle ouverture de couvents. Thérèse fut assignée à rester dans l'un de ses couvents. Elle obéit et choisit Saint-Joseph à Tolède. Ses amis et disciples furent soumis à des décisions encore plus sévères.


Dernières fondations


Thérèse d'Ávila par RubensAprès (1582), elle fut à Medina del campo, Valladolid, Palencia et Burgos, presque toujours malade. Elle sut que le seizième couvent carmélite avait été créé à Grenade et un de déchaussées à Lisbonne. Le dix-septième carmel fut créé à Burgos, où elle initia sa dernière fondation. Après Burgos, elle continua sa route en passant par Palencia, Valladolid, Medina del Campo et Peñaranda.


Décès et reliques

A son arrivée à Alba de Tormes (le 20 septembre) son état empira. Elle mourut dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582, quand l'Espagne et le monde catholique basculèrent du calendrier julien au calendrier grégorien. Sa dépouille fut enterrée dans le couvent de l'Annonciation de la ville, une main ayant été sectionnée et conservée dans un reliquaire d'Avila (le père Gracián en coupa le petit doigt).

A son exhumation le 25 novembre 1585, découverte incorrompue alors que les vêtements avaient pourri, on y laissa un bras et le reste du corps fut envoyé à Avila, dans la salle du chapitre du couvent de Saint-Joseph. Le transfert se fit un samedi du mois de novembre de 1585, presque en secret. Les religieuses du couvent d'Alba de Tormes demandèrent à conserver un bras comme relique. Quand le duc d'Alba se rendit compte du transfert, il se plaignit à Rome et entama des négociations pour le récupérer. Le corps fut renvoyé à nouveau à Alba de Tormes, par ordre papal (1586). En 1598, un sépulcre fut édifié. On y transféra son corps, toujours intact, dans une nouvelle chapelle en 1616, puis en 1670, dans une chasse d'argent.

Après ces événements, on ne fit plus d'autres atteintes à ses restes. Ils sont désormais dans plusieurs endroits :

Son pied droit et une partie de la mandibule supérieure sont à Rome.
Sa main gauche à Lisbonne
Son œil gauche et sa main droite à Ronda (Espagne).
Son bras gauche et son cœur dans des reliquaires du musée de l'église de l'Annonciation d'Alba de Tormes.
Ses doigts sont conservés dans divers endroits d'Espagne.

Titres posthumes

Thérèse fut béatifiée en 1614 par Paul V, et incluse parmi les saints par Grégoire XV le 12 mars 1622 puis fut désignée (1627) comme patronne d'Espagne par Urbain VIII.

Le pape Paul VI la proclame, avec Catherine de Sienne, docteur de l'Église en 1970. Le mysticisme de son œuvre influença durablement les théologiens des siècles suivants, notamment saint François de Sales, Fénelon, et les jansénistes de Port-Royal.

Elle a profondément inspiré Paul Verlaine dans son travail de reconversion, et notamment pour le recueil "Sagesse" ("Ô mon Dieu vous m'avez blessé d'amour"). Elle était pour lui l'exemple même de "la femme de génie" ("Voyage en France par un Français").


Œuvre littéraire

Animée par son enthousiasme, Thérèse sut rendre par écrit sa foi au travers de poèmes aux vers faciles. Le style ardent et passionné est témoin de cet idéal d'amour embrassé par le choix de la vie monastique.


Œuvres mystiques à portée didactique

Elle a laissé plusieurs écrits traitant de spiritualité, en particulier :

Chemins de perfection, Camino de perfección (entre 1569-1576, l'ouvrage ayant eu de nombreuses révisions, le manuscrit étant parti à l'Escurial, partie au carmel de Valladolid)
Pensées sur l'amour de Dieu, Conceptos del amor de Dios
Le Château intérieur, Castillo Interior ou las moradas, écrit en trois mois en 1577 et dont le manuscrit est conservé au carmel de Séville.

Œuvres d'organisation et de prière

Vida de Santa Teresa de Jesús (1562-1565) autobiographie dont les originaux se trouvent au Monastère Saint-Laurent de l'Escorial;
Libro de las relaciones;
Les Fondations (Libro de las fundaciones) (1573-1582);
Libro de las constituciones (1563);
Avisos de Santa Teresa ;
Modo de visitar los conventos de religiosas;
Exclamaciones del alma a su Dios;
Meditaciones sobre los cantares;
Visita de descalzas;
Avisos;
Ordenanzas de una cofradía;
Apuntaciones;
Desafío espiritual et
Vejamen.

Autres contributions

Thérèse écrivit aussi de nombreux poèmes, cartes. Ses écrits ont fait l'objet de traductions dans beaucoup de langues. Son nom figure parmi le Catalogue des autorités de la langue (espagnole) publié par la Real Academia Española.

Il existe également une importante correspondance, plus de 400 lettres ayant été conservées.


Citations

"Si Satan pouvait aimer, il arrêterait d'être mauvais."

" nada te turbe,
nada te espante,
todo se pasa,
Dios no se muda
La paciencia todo lo alcanza
quien a Dios tiene
nada le falta
solo Dios basta."

"Que rien ne te trouble
Que rien ne t'effraie
Tout passe
Dieu ne change pas
La patience permet tout
Qui en Dieu a foi
Ne manquera de rien
Seul Dieu suffit"


Lien avec les oeuvres de la Sainte

http://auto23652.centerblog.net/4124051-Le-Chateau-Interieur


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Saint Pie X

Posté le 03.09.2008 par auto23652
Saint Pie X

Pie X (en latin Pius X, en italien Pio X), né Giuseppe Melchiorre Sarto à Riese en Vénétie (alors en Autriche-Hongrie, maintenant Riese Pie X, dans la province de Trévise, en Italie) le 2 juin 1835, mort le 20 août 1914 à Rome, pape du 4 août 1903 à sa mort. Béatifié le 3 juin 1951. Canonisé le 29 mai 1954.

Carrière pastorale

Né dans une famille de condition modeste — son père Giovanni Battista Sarto (1792-1852) est fermier et sa mère Margherita Sanson (1813-1894), couturière —, il reçut la tonsure en 1850 et entra au séminaire de Padoue. Il fut ordonné prêtre en 1858. Il devint vicaire de la paroisse de Tombolo, avant d'être nommé archiprêtre de Salzano en 1867, puis chanoine de la cathédrale de Trévise en 1875. Parallèlement, il devint directeur spirituel du séminaire du diocèse.

En 1884, il fut consacré évêque de Mantoue.

Il effectua deux visites pastorales et organisa un synode diocésain, avant de devenir patriarche de Venise en 1893 et de recevoir la barette de cardinal-prêtre (pour la paroisse de San Bernardo alle Terme) lors d'un consistoire secret en juin 1893. Le gouvernement italien refusa d'abord son exequatur, sous prétexte que sa nomination avait été le fait du gouvernement austro-hongrois. Sarto dut attendre 18 mois avant de recevoir son nouveau diocèse.


Élection

Conclave de 1903.
À la mort de Léon XIII, son successeur considéré le plus probable était son secrétaire d'État le cardinal Rampolla.

Le cardinal Sarto fut élu le 4 août par cinquante voix contre dix à Rampolla, et prit le nom de Pie X, en souvenir des papes du XIXe siècle qui « [avaient] courageusement lutté contre les sectes et les erreurs pullulantes ». Il fut couronné le 9 août.


Pontificat

Le nouveau pape avait pour particularité de n'avoir aucune expérience diplomatique, ni véritable formation universitaire. Il compensa toutefois ces handicaps en s'entourant de gens compétents, comme le cardinal Rafael Merry del Val, âgé de 38 ans, polyglotte et directeur de l'Académie des nobles ecclésiastiques, dont Pie X fait son secrétaire d'État.

Comme les futurs papes ex-patriarches de Venise, Jean XXIII et Jean-Paul Ier, Pie X était issu d'un milieu populaire. Il tenta de rester accessible et fit aménager un appartement privé dans le palais des papes, pour préserver sa vie privée. Prenant le contre-pied de la politique de son prédécesseur, il afficha tout de suite une politique conservatrice.

Il fut canonisé par Pie XII en 1954.


Conservateur et réformateur

En matière administrative, il se montra pourtant réformateur : il confia à Mgr Gasparri une refonte du droit canonique, qui aboutira en 1917 à la promulgation d'un Code de droit canonique ; il fit rédiger le catéchisme qui porte son nom.

Sur le plan financier, il réunit les revenus du Denier de Saint-Pierre et ceux du patrimoine du Vatican puis fit acheter de nouveaux bâtiments. Surtout, il réforma l'organisation de la Curie romaine par la constitution Sapienti consilio du 29 juin 1908, supprimant des dicastères devenus inutiles et en concentrant les prérogatives des différents organes.


Antimodernisme

Le modernisme était à l'époque une tendance théologique considérée déviante et menant à l'hérésie. S'appuyant sur les idées philosophiques modernes développées notamment par Kant et la lecture moderne d'Aristote, les modernistes acceptaient l'idée d'une évolution dynamique de la doctrine de l'Église par opposition à un ensemble de dogmes fixes.

Dans Lamentabili sane exitu (1907), Pie X condamne formellement 65 propositions modernistes, rappelées dans Pascendi Dominici. Le résumé de la position antimoderniste est donné dans la motu proprio Sacrorum antistitum de 1910 , encore appelé serment antimoderniste que chaque prêtre était tenu de prononcer jusqu'à sa suppression en 1967. 40 ecclésiastiques refusèrent de prêter serment.

La position intransigeante de Pie X sur le modernisme permit à l'Église d'aborder la modernité sans se renier elle-même.

En 1913, Apollinaire écrira a son sujet :
"L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X"



La « question française »

Il dut faire face à la loi française de séparation de l'Église et de l'État, votée par le parlement, le 9 décembre 1905 Elle s'inscrivait dans le prolongement de la politique anticléricale menée par le précédent gouvernement d'Emile Combes, qui avait ordonné la dissolution des congrégations religieuses et l'expulsion des religieux réguliers : enseignants, personnel des hospices, etc. (pendant de longues années, les religieux congréganistes désireux d'enseigner devront porter la soutane du clergé séculier).

Pie X se montra moins conciliant et plus dogmatique que son prédécesseur, Léon XIII.

Bien que la majorité des évêques français conseillât de se plier à la loi, Pie X interdit toute collaboration par l'encyclique Vehementer nos (11 février 1906), l'allocution consistoriale Gravissimum (21 février), et l'encyclique Gravissimo Officii Munere (10 août), que Mgr Louis Duchesne baptisa malicieusement Digitus in oculo (« doigt dans l'œil »). Cette opposition du pape à la loi française eut pour conséquence de compromettre la création des associations cultuelles, prévues par la loi, et de faire transférer les biens immobiliers de l'Église au profit de l'État. Ce ne fut qu'en 1923 que la situation fut débloquée par la création des associations diocésaines.

En 1911, le concordat portugais prit pareillement fin. Il vint en aide également aux Indiens d'Amérique du Sud par l'encyclique Lacrimabili statu du 7 juin 1912.

Saint Joseph Calasanz

Posté le 26.08.2008 par auto23652
La dernière communion de Joseph Calasanz par Goya


Joseph Calasanz ou Calasanctius - 1556-1648 est le fondateur des Piaristes, Congrégation religieuse destinée à l'éducation.

Joseph Calasanz est né au château de Calasanz, près de Peralta de la Sal, en Aragon (Espagne). Ses parents, Don Pedro Calasanza et Donna Maria Gaston lui donnèrent une excellente éducation, à la maison d'abord, puis à l'école de Peralta. Il était le cadet des cinq enfants de la famille.

Après ses études classiques, il apprit la philosophie et la jurisprudence à Lerida et obtint le diplôme de docteur en Droit. Il compléta ensuite ses études théologiques à Valence et à Alcalá de Henares.

A la mort de sa mère et d'un de ses frères, son père, Don Pedro, souhaitait qu'il se marie et puisse perpétuer la lignée familiale. Mais une très grave maladie qui faillit l'emporter, en 1582 brisa ces projets et une fois guéri, Joseph Calasanz fut ordonné prêtre le 17 décembre 1583 par l'évêque d'Urgel, Hugo Ambrosio de Moncada.

Joseph commença son ministère dans le diocèse d'Albarracin où l'évêque dela Figuera lui confia la charge de théologien, de confesseur et de procurateur. Quand l'évêque fut transféré à Lerida, Joseph le suivit dans son nouveau diocèse.

En 1586, de la Figuera fut envoyé comme visiteur apostolique à l'abbaye de Montserrat et Joseph l'accompagna en tant que secrétaire. L'évêque mourut l'année suivante, et Joseph partit, bien qu'il lui ait été vivement demandé de rester. Après avoir fait un voyage rapide à Calasanz pour les obsèques de son père, il fut appelé par l'évêque d'Urgel pour être vicaire général du district de Tremp.

En 1592, Joseph s'embarqua pour Rome, où il trouva un protecteur en la personne du cardinal Marcoantonio Colonna, qui le choisit comme théologien personnel et éducateur de son neveu. Rome était le terrain idéal pour la mise en œuvre de la charité, tant l'instruction des enfants pauvres et errants était négligée. Beaucoup étaient orphelins et sans la moindre instruction. Joseph rejoignit une confraternité de doctrine chrétienne, et rassembla les enfants des rues pour les emmener à l'école. Les professeurs, déjà fort peu rémunérés, refusèrent d'accueillir ce surcroît de travail.

Antonio Brendani, pasteur de Santa Dorotea, lui offrit deux pièces et lui promit de l'aider pour l'enseignement de ces malheureux. Ultérieurement, deux autres prêtres lui offrirent de l'aide. C'est ainsi qu'en 1597, Joseph Calasanz put ouvrir la première école gratuite en Europe.

Le Pape Clément VIII offrit une subvention annuelle, et d'autres personnalités firent des dons, ce qui permit à Joseph, d'accueillir de nombreux enfants. En 1602, il loua une maison à San Andrea della Valle et y installa la communauté de l'Ordre des Ecoles Pies, ou Piaristes.

Il eut à lutter contre une forte opposition, envers lui et son institut, mais il surmonta ces difficultés. En 1612 son école fut transférée au Palais Torres, près de San Pantaleone, c'est là que Joseph termina sa vie au milieu des enfants perdus auxquels il avait dévoué toute sa vie.

Il mourut le 25 août 1648 à Rome.


Béatification - Canonisation

Il fut béatifié le 7 août 1748
Et canonisé par le Pape Clément XIII le 16 juillet 1767

Saint Romanos le Melode

Posté le 21.08.2008 par auto23652

Saint Romanos le Mélode

Le plus célèbre des anciens poètes byzantins, il naquit à Émèse (Homs) en Syrie. Après avoir été diacre de la cathédrale de la Résurrection de Béryte (Beyrouth, il fut transféré à Constantinople où il entra au service de l'église de la Théotokos dans le quartier de Cyr. Là il inaugura son activité poétique par ordre de la Mère de Dieu qui lui aurait apparu et lui aurait inspiré ce premier hymne de la Nativité, la plus célèbre de ses ouvres. Il y sou- ligne la réalité et l'union des deux natures du Christ dans une période déchirée par le schisme du monophysisme.

Prooïmion

Aujourd'hui la Vierge met au monde l'être suprasubstantiel, et la terre offre une grotte à l'Inaccessible. Les anges avec les bergers chantent sa gloire, les mages avec l'étoile vont leur chemin : car c'est pour nous qu'est né, petit enfant, le Dieu d'avant les siècles.

1. Bethléeem a rouvert l'Eden, allons voir. Nous avons trouvé les délices en un lieu caché, allons reprendre dans la grotte les biens du Paradis. Là est apparue la racine qu'on n'a pas arrosée, d'où a fleuri le pardon. Là s'est retrouvé le puits qu'on n'a pas creusé, où David jadis eut envie de boire. Là une vierge, par son enfantement, a étanché aussitôt la soif d'Adam et la soif de David. Hâtons-nous donc vers ce lieu où est né, petit enfant, le Dieu d'avant les siècles.

2. Le père de la mère est, de son propre gré, devenu son fils; le sauveur des nouveau-nés est un nouveau-né lui-même, couché dans une crèche. Sa mère le contemple et lui dit : Dis-moi, mon enfant, comment as-tu été semé, as-tu été formé en moi? Je te vois, ô ma chair, avec stupeur, car mon sein est plein de lait et je n'ai pas eu d'époux; je te vois dans les langes, et voici que le sceau de ma virginité est toujours intact : car c'est toi qui l'as gardé quand tu as daigné venir au monde, mon petit enfant, Dieu d'avant les siècles.

3 O roi très haut, qu'y a-t-il de commun entre toi et la race miséreuse? Créateur du ciel, pourquoi venir chez les êtres de la terre? Es-tu épris d'une grotte, amoureux d'une crèche? Vois, pour ta servante il n'y a pas de place à l'auberge; que dis-je? Pas de place? Pas même une grotte, car celle-ci est à d'autres. Lorsque Sarah mit au monde un enfant, elle reçut de vastes terres en partage, moi je n'ai pas même une tanière : on m'a prêté cette caverne où tu as voulu habiter, ô mon petit enfant, Dieu d'avant les siècles.

4. En disant tout bas ces mots, en priant celui qui connaît l'invisible, elle entend les mages qui demandent l'enfant. Aussitôt la Vierge s'écria : Qui êtes-vous? Qui es-tu toi-même, lui répondirent-ils, toi qui as mis un tel enfant au monde? Qui est ton père, qui est ta mère, à toi la mère et la nourrice d'un enfant qui n'a pas de père? Quand nous avons vu son étoile, nous avons compris qu'un petit enfant était apparu, Dieu d'avant les siècles.

5. Exact est le sens que Balaam nous a proposé de ses prophéties, en disant qu'un astre se lèverait qui éteindrait tous les oracles et les augures; un astre qui résoudrait les paraboles des sages et leurs sentences et leurs énigmes; un astre bien plus éclatant que cet astre visible à nos yeux, car il est le créateur de tous les astres, lui dont il est écrit : 'Du milieu de Jacob se lèvera un petit enfant, Dieu d'avant les siècles.'

6. Quand Marie entendit ces étonnantes paroles, elle se prosterna pour adorer le fils de ses entrailles et dit en pleurant : Grandes, ô mon enfant, grandes sont toutes les choses que tu as faites avec ma misère : voici que les mages te demandent là dehors, les princes de l'Orient cherchent ton visage, et les riches de ton peuple supplient pour te voir : car ils sont bien ton peuple, ces hommes à qui tu t'es fait connaître, ô mon petit enfant , Dieu d'avant les siècles. [.]

16.-Ainsi, dit Marie aux mages fidèles, vous avez parcouru Jérusalem tout entière, cette ville qui tue les prophètes? Et comment l'avez-vous traversée sans dommage, elle dont l'oil est mauvais pour tous? Comment avez-vous échappé à Hérode, qui respire le meurtre et non la justice? Ils lui répondirent : Vierge, nous ne lui avons pas échappé, nous l'avons berné; nous abordions tout le monde, demandant où était né le petit enfant, Dieu d'avant les siècles. [.]

20. Voilà ce que disaient les mages véridiques. Et la Vierge sainte scellait tout en son cour, et le nouveau-né confirmait les paroles de l'une et des autres, en gardant sans tache le sein de sa mère après sa conception, en épargnant toute lassitude, après leur route, à l'âme des mages comme à leurs pieds. Car aucun d'eux ne subit de fatigue, de même qu'Habacuc, lorsqu'il vint auprès de Daniel. Celui qui se manifesta aux prophètes se manifesta aussi aux mages : c'est le petit enfant, Dieu d'avant les siècles.

21. Après tous ces récits, les mages, leurs présents dans les mains, se prosternèrent devant le présent des présents, devant le parfum des parfums. Ils offrirent au Christ l'or et la myrrhe, et puis l'encens, en s'écriant : Reçois ce triple don, comme tu reçois des Séraphins l'hymne qui te proclame trois fois saint; ne le rejette pas comme celui de Caïn, reçois-le plutôt dans ton sein comme l'offrande d'Abel, au nom de celle qui t'as mis au monde, de celle par qui tu nous es né, petit enfant, Dieu d'avant les siècles.

22. La mère sans tache, voyant les mages apporter dans les mains ces présents nouveaux et splendides, et tomber à genoux, voyant l'étoile qui le désignait et les bergers qui chantaient, priait ainsi le Créateur et le Seigneur de tous ces êtres : Reçois, mon enfant, cette trinité de présents, et accorde trois demandes à celle qui t'a mis au monde : je te prie pour les airs, pour les fruits de la terre et pour tous ceux qui l'habitent. Réconcilie le monde entier, puisque tu es né par moi, ô mon petit enfant, Dieu d'avant les siècles.

23. Je ne suis pas simplement ta mère, sauveur miséricordieux; ce n'est pas en vain que j'allaite le dispensateur du lait, mais je te prie pour tous les hommes. Tu as fait de moi la voix et l'honneur de toute ma race; la terre que tu as faite a en moi une sûre protection, un rempart et un appui. Vers moi tournent le regard ceux que tu chassas du paradis de délices, car je les y ramène; que l'univers prenne conscience que tu es né de moi, mon petit enfant, Dieu d'avant les siècles.

24. Sauveur, sauve le monde: c'est pour cela que tu es venu. Restaure toute ton ouvre : c'est pour cela que tu as brillé devant moi, devant les mages et devant toute la création. Vois : les mages, à qui tu as manifesté la lumière de ton visage, sont à tes pieds et t'apportent des présents utiles, beaux et très recherchés; car j'en ai bien besoin, puisque je vais partir pour l'Égypte, et fuir avec toi et pour toi, ô mon fils, mon guide, toi qui m'as créée, toi qui me fais riche, mon petit enfant, Dieu d'avant les siècles.

Saint Romanos le Mélode (fin du Ve-?555-565)

Saint Gaëtan de Thienne

Posté le 06.08.2008 par auto23652
Saint Gaëtan de Thienne

Gaëtan de Thienne (Vicence 1480 - Naples 1547)

Réformateur et fondateur des théatins

La grande part qu'il joua dans la réforme du clergé corrompu de son époque a trop souvent été méconnue.

Les antécédents de Gaëtan lui promettaient une grande carrière : né dans la famille de comtes de Thienne, il fut étudiant à l'université de Padoue où il obtint un succès remarquable en théologie et en droit. Il devint ensuite sénateur à Vicence et fut nommé plus tard protonotaire à Rome par le pape Jules Il en 1506. Alors qu'il remplissait ses devoirs ecclésiastiques et légaux à Rome, il mit toute son énergie dans un projet cher à son coeur: le renouveau de la congrégation des prêtres, la confrérie de l'Amour divin. À la mort de Jules Il en 1513, il démissionna de son poste, rejetant l'avenir brillant qui l'attendait dans l'administration et se consacra aux pauvres et à la réforme d'un clergé dépravé.

Après son ordination en 1516, Gaëtan revint à Vicence pour travailler avec la confrérie de Saint-Jérôme au secours des pauvres et au soin des malades, surtout des incurables. Il fonda une maison semblable à Vérone, puis à Venise.

L'ordre des Théatins

En 1523, il fonda avec Pietro Carafa (le futur fanatique et impopulaire Paul IV) une communauté qui devait se consacrer au travail pastoral et aux soins des malades et des pauvres. Gaëtan espérait que ces congrégations rétabliraient les valeurs apostoliques d'un clergé renommé pour sa corruption. Il encouragea les prêtres à croire à la divine providence et à étudier la Bible et les écrits chrétiens. Ses prêtres étaient connus sous le nom de théatins, parce que Carafa était évêque de Chieti qui se dit en latin Theatinus.

Les progrès de la communauté furent lents, mais il est remarquable qu'elle ait survécu à la prise de Rome par Charles Quint en 1527. Celui-ci avait détruit la maison. L'ordre déménagea à Naples où il se renforça lentement. Carafa avait été nommé prévôt général en 1524, mais en 1530 Gaëtan fut élu supérieur pour trois

ans. À la fin de cette période, Carafa fut réélu et Gaëtan partit pour Vérone, puis pour Naples, où il défendit les réformes des évêques et s'opposa aux hérésies en nombre croissant dans la région. Il y fonda aussi les monts-de-piété, magasins de marchandises d'occasion tenus pour aider les pauvres et non pour faire des profits.

Gaëtan mourut à Naples le 7 août. Il fut canonisé en 1671. On se souvient de lui comme d'un grand et infatigable réformateur qui anticipa de nombreuses décisions prises au concile de Trente. L'ordre des Théatins souffrit de l'impopularité de Carafa et sans doute aussi de la concurrence de la Compagnie de Jésus de saint Ignace de Loyola, plus célèbre et mieux organisée.


LETTRE DE S. GAÉTAN À ÉLISABETH PORTO

Je suis un pécheur et je m'estime peu de chose, mais je recours aux plus excellents serviteurs du Seigneur, afin qui'ils prient pour toi le Christ béni et sa Mère. Mais oublie pas que tous les saints ne peuvent pas te rendre chère au Christ autant que tu le peux toi-même : c'est là ton affaire. Et si tu veux que le Christ te chérisse et vienne à ton aide, chéris-le toi-même, dirige vers lui ta volonté afin de lui plaire en tout; et ne doute pas que, même si tous les saints et toutes les créatures t'abandonnaient, lui du moins sera toujours auprès de toi dans tes nécessités. Sache-le comme une chose certaine: nous sommes ici sur terre comme des étrangers et des voyageurs. Notre patrie est le ciel. Celui qui se gonfle d'orgueil s'égare loin du chemin et court à la mort. En vivant ici-bas, nous devons acquérir la vie éternelle, que nous ne méritons pas, car nous l'avons perdue à cause de nos péchés, mais que Jésus Christ a reconquise pour nous. C'est pourquoi nous devons toujours lui rendre grâce, l'aimer. lui obéir et, autant que c'est possible, être toujours avec lui. Il s'est donné pour nous en nourriture: malheureux, celui qui méconnaît un si grand don! Il nous est donné de posséder le Christ, fils de la Vierge Marie, et nous le refusons. Malheur à celui qui ne se soucie pas de le recevoir! Ma fille, voici le bien que je souhaite pour moi et que j'implore pour toi, mais il n'y a pas d'autre voie pour l'obtenir que de prier souvent la Vierge Marie: qu'elle te visite avec son glorieux Fils. Mieux encore: ose lui demander de te donner son Fils, qui est la véritable nourriture de l'âme dans le Saint Sacrement de l'autel. Elle te le donnera volontiers, et lui-même viendra plus volontiers encore pour te fortifier, pour que tu puisses avancer sans crainte dans cette sombre forêt où tant d'ennemis nous guettent, mais qui demeurent loin de nous s'ils voient que nous sommes gardés par un tel protecteur. Ma fille, ne communie pas à Jésus Christ afin d'user de Lui à ton gré; je veux que tu t'abandonnes à lui, et que lui t reçoive, afin que lui-même, ton Dieu sauveur, fasse pou toi et en toi ce qu'il veut. Voilà ce que je désire, à quoi je t'exhorte et, autant que j'en ai le pouvoir, ce que j'exige de toi.

Tout homme qui croit en Jésus Christ aura la vie éternelle. Je n'ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus, afin d'être justifiés par la foi au Christ.

Dieu qui inspiras au prêtre saint Gaëtan de vivre à la manière des Apôtres, fais qu'à son exemple et par sa prière, nous mettions toujours en toi notre confiance et cherchions sans relâche ton Royaume.

Saint Ignace de Loyola

Posté le 31.07.2008 par auto23652
Ignace de Loyola

Aujourd'hui le monde aime le bruit, non plus le silence et le recueillement. Il veut être "libre" des lois et de la discipline. Peut-on encore parler de recherche de la volonté de Dieu dans la disposition de la propre vie?


Íñigo de Oñaz y Loyola, francisé en Ignace de Loyola (né le 24 décembre 1491 à Azpeitia dans le Pays basque espagnol et mort le 31 juillet 1556 à Rome) est le fondateur et le premier Supérieur général de la Compagnie de Jésus — en latin abrégé SJ pour Societas Jesu — congrégation catholique reconnue par le pape Paul III en 1540 et qui prit une importance considérable dans la réaction de l'église catholique aux XVIe et XVIIe siècles, face à l'ébranlement causé par la Réforme protestante.

Auteur des Exercices spirituels, il fut un extraordinaire directeur de conscience. La spiritualité ignacienne est l'une des principales sources d'introspection religieuse dans la religion catholique. À la tête des Jésuites, il devint le fer de lance de la lutte contre le protestantisme et un ardent promoteur de la Réforme catholique, aussi appelée Contre-Réforme.

Il a été canonisé par le pape Grégoire XV le 12 mars 1622, en même temps que François Xavier et Thérèse d'Avila. Sa fête est célébrée le 31 Juillet.

Eneko (Íñigo en castillan) est né dans le château de Loyola sur la commune d'Azpeitia, à 25 kilomètres au sud-ouest de Donostia-San Sebastián dans la province de Guipuzcoa, au Pays basque (Espagne). Son nom, Iñigo, vient de Saint Enecus (Innicus), père-abbé d'Oña; le nom Ignatius fut pris plus tard lorsqu'il résidait à Rome.


Basilique San Ignacio à Azpeitia dans le Pays BasqueDernier né d'une fratrie de 13 enfants, Ignace grandit au sein d'une famille de la petite noblesse basque, alliée traditionnelle de la maison de Castille. Il a seulement 7 ans quand sa mère, Marina Saenz de Lieona y Balda, mourut et il noue une relation forte avec son père, don Beltrán Yáñez de Oñez y Loyola. Il connaît l'éducation du grand siècle espagnol qui éclot en cette fin du XVe siècle.

En 1506, à l'âge adulte, Ignace devient page de cour, puis gentilhomme et secrétaire au service d'un parent de sa mère, Juan Velázquez de Cuéllar, trésorier général (contador mayor) de la Reine de Castille, Isabelle la Catholique. Il mène pendant dix ans une vie de Cour, comme il le dit dans son Autobiographie : Jusqu'à la vingt-sixième année de sa vie, il fut un homme adonné aux vanités du monde et principalement il se délectait dans l'exercice des armes. Il se lie avec la princesse Catalina, sœur de Charles Quint, séquestrée par sa mère Jeanne la Folle à Tordesillas.

En 1516, la mort de Ferdinand d'Aragon à qui succède Charles Quint entraîne le renvoi de Juan Velázquez et donc d'Ignace. En 1517, Ignace entre dans l'armée du vice-roi de Navarre, récemment rattachée au Royaume de Castille (1512). Le 20 mai 1521, alors qu'il a atteint l'âge de trente ans, il se retrouve à défendre la ville de Pampelune (Pays basque) contre les troupes franco-navarraises, qui avec l'appui de François Ier, cherchait à récupérer la couronne de Navarre au bénéfice de la famille d'Albret. Submergés par le nombre, les Espagnols voulurent se rendre, mais Ignace les exhorte à se battre. Une jambe blessée, l'autre brisée par un boulet de canon, il est ramené à son château et « opéré », mais sa jambe droite restera plus courte de plusieurs centimètres pour le restant de sa vie.

Durant sa convalescence, faute de trouver les célèbres romans de chevalerie du temps, il lit de nombreux livres religieux comme une Vie de Jésus de Ludolphe le Saxon en quatre volumes ou la Légende dorée de Jacques de Voragine, richement illustrée qui narre les faits et gestes de saints. Dans un mélange de ferveur et d'anxiété, il voit en songe lui apparaître "Notre-Dame avec le Saint Enfant Jésus", il rejette "sa vie passée et spécialement les choses de la chair". Il ne songe plus qu'à adopter une vie d'ermite et suivre les préceptes de saint François d'Assise et d'autres grands exemples monastiques. Il se décide à se dévouer entièrement à la conversion des infidèles en Terre Sainte. Un esprit de compétition l'anime. Par ailleurs, Ignace, en signe d'expiation veut partir en pélerinage et toute sa vie, il recherchera les sites consacrés à la dévotion chrétienne. Il devint pélerin, dans la tradition médiévale, "el pelegrino", ainsi qu'il titre ses souvenirs dicté à Gonçalves de Camara à la fin de sa vie.

Après son rétablissement, il quitte en février 1522 la maison familiale pour rejoindre Jérusalem. Sur le chemin, arrivé au monastère bénédictin de Montserrat, près de Barcelone, il se confesse à un père d'origine française, le père Chanon, et passe trois jours en prières. Dans la nuit du 24 mars 1522, dans un geste de rupture avec sa vie ancienne de chevalier, il accroche ses habits militaires et ses armes devant la statue de la Vierge Noire. Vêtu d'un simple tissu, une espèce de soutane en toile, avec une corde en guise de ceinture, l’home del sac (en catalan), veut reprendre la route de Barcelone.


Mais, meurtri par son voyage, ses blessures mal cicatrisées, l'ascèse, et certains diront bloqué par la peste qui sévit à Barcelone, d'autres pour éviter le cortége du nouveau pape Adrien VI qui se rend de Madrid à Rome, il passe plusieurs mois dans une grotte près de la ville de Manresa (Manrèse en français) en Catalogne ou il pratique le plus rigoureux ascétisme.

Il mène jusqu'au début de 1523 une vie d'ermite au cours de laquelle il commence la rédaction de ce qui deviendra les Exercices spirituels. Depuis sa "conversion", Ignace avait pris l'habitude de consigner dans des carnets, les extraits les plus frappants des textes qu'il lisait. Lors de son séjour à Manrèse, il prend l'habitude de consigner ses expériences dans un cahier, une sorte de journal intime qui deveindra l'un des livres clés de la spiritualité chrétienne.

Il prend alors comme « pèlerin de Dieu » la route de la Terre Sainte et, le 20 mars 1523, embarque pour l'Italie. Béni à Rome par le pape Adrien VI, il continue son périple jusqu'à Venise, et parvient à Jérusalem ou il ne reste que trois semaines en septembre 1523, avant d'être prié par les frères franciscains de quitter le pays. À nouveau en Italie, traversée par les armées espagnoles et françaises, il se retrouve à Venise et se convainc de l'absolue nécessité d'étudier pour enseigner. Après la méthode religieuse mise au jour dans les Exercices, la conviction du rôle des études va être une autre des caractéristiques du futur projet jésuite. Il est de retour à Barcelone en mars 1524.

Il consacre les onze années suivantes aux études, plus d'un tiers de ce qu'il lui restait à vivre. Il reprend des cours de base (grammaire et latin) à Barcelone et, dès 1526, il en sait assez pour suivre les cours de philosophie et de théologie à l'université d'Alcalá de Henares. Foyer intellectuel brillant de la Castille, cette Université rassemble tous les alumbrados et conversos qui forment le climat spirituel de cette époque[12]. À la fin de 1527, encouragé par Alonso de Fonseca, archevêque de Tolède, il rejoint la plus prestigieuse de toutes : l'université de Salamanque. Mais les attaques vives qu'il subit en particulier de la part de l'Inquisition et des dominicains le décide à se rendre à Paris en février 1528.


Ses progrès dans la compréhension des mécanismes de l'enseignement et sa capacité à dominer intellectuellement y compris plus érudit que lui-même par l'usage du « discernement », le distinguent. Mais sa personnalité rigoureuse et entière et son attitude réformatrice lui créent de nombreux ennemis. À Barcelone, il est battu très sévèrement, et son compagnon tué, sur l'instigation de notables vexés de ne plus être admis dans un couvent qu'Ignace avait récemment réformé. À Alcalá, un inquisiteur, le grand vicaire Figueroa, le harasse constamment le soupçonnant d'illuminisme, allant jusqu'à l'emprisonner pendant quelques semaines. A Paris, ses épreuves furent variées, pauvreté, maladie, œuvres de charité, discipline du collège, particulièrement sévère dans celui de Montaigu, ou il résida, car trop pauvre et ignorant avant de rejoindre celui plus « libéral » du Collège Sainte-Barbe, ou il fut accusé publiquement par Diego de Gouvea, recteur du collège, d'enfreindre les règles mais il se défendit et obtint des excuses publiques.

À l'Université de Paris, Ignace se retrouve « dans le chaudron de la Renaissance », au cœur de ce que Jean Lacouture appelle la décennie prodigieuse qui débute en 1525 avec la polémique entre Erasme (De libo arbitrio) et Luther (De servo arbitrio), puis la création du collège de France en 1530, la parution du Pantagruel de Rabelais (1532) et enfin, de l’Institution de la religion chrétienne de Calvin (1536 [15]. Il est reçu maître ès arts le 13 mars 1533. Pendant ce temps, ayant débuté ses études de théologie, il est licencié en 1534, mais il ne peut être reçu docteur, ses ennuis de santé le conduisant hors de Paris en mars 1535.

En France, Ignace de Loyola regroupe autour de lui des étudiants de qualité issus d'horizons divers, mais tous unis par une commune fascination pour Ignace. Il connut en particulier au collège Sainte-Barbe, ses deux premiers compagnons qui furent le Savoyard Pierre Favre et le Navarrais Francisco Iassu de Aprizcuelta y Xavier dit François Xavier; puis, Diego Lainez et Alonso Salmerón le rallièrent, connaissant sa réputation d'Alcalà; enfin, Nicolás Bobadilla et Simón Rodríguez de Azevedo, un Portugais.

Ignace évolua progressivement sur l'attitude et la discipline qu'il s'imposait. Prenant en compte les critiques reçues à Alcalà ou Salamanque sur les pratiques d'extrême pauvreté et de mortification, il s'adapta à la vie dans la cité, en dirigeant les efforts de tous vers les études et les exercices spirituels. Le lien devint très fort avec ses compagnons unis dans le grand idéal de vivre en Terre Sainte la même vie que le Christ.

Le 15 août 1534, à l'issue de la messe célébrée à Montmartre dans la crypte Notre-Dame par Pierre Favre, ordonné prêtre trois mois auparavant, les sept prononcent les deux vœux de pauvreté et chasteté et le troisième de se rendre dans les deux ans à Jérusalem pour y convertir les infidèles, à la fin de leurs études.

Ils furent ensuite rejoints par Claude Le Jay, un autre Savoyard de Genève et deux Français : Jean Codure et Paschase Broët. Unis par le charisme d'Ignace, les nouveaux amis décident de ne plus se séparer.


Après avoir quitté Paris, il se rend six mois en Espagne puis à Bologne, où incapable de se remettre aux études, il se consacre à des œuvres de charité, attendant que ses 10 compagnons rejoignent Venise (6 janvier 1537) sur la route de Jérusalem. Mais la guerre avec les Turcs les empêchent de poursuivre. Ils décident de reporter d'un an leur engagement, après quoi ils se mettront à disposition du pape. Ignace de Loyola, comme la plupart de ses compagnons est ordonné prêtre à Venise le 24 juin 1537. Ils partent ensuite dans des villes universitaires voisines, Ignatius avec Pierre Favre et Laynez prennent en octobre 1537 la route de Rome. Ignace, en vue de la ville, au lieu-dit la Storta, a une vision de Dieu s'adressant à lui après l'avoir placé aux côtés du Christ : « Je vous serai propice à Rome ».


Le pape Paul III approuve la création de la Compagnie de Jésus en 1540. À Rome, capitale des États pontificaux, Alexandre Farnèse venait en 1534 d'être élu pape, sous le nom de Paul III. Il règne sur une capitale en crise, à peine remise du sac de Rome par les troupes de l'empereur en 1527, en butte à la corruption généralisée et siège d'une église en crise, profondément ébranlée par la fulgurante progression de la Réforme. Paul III semble rapidement voir tout le profit à tirer de cette nouvelle société de prêtres savants, rigoureux, intègres et d’un immense volontarisme réformateur. En novembre 1538, Paul III, après de nombreux contacts avec Lainez, reçoit Ignace et ses compagnons venus faire leur « oblation » au pape. Celui-ci leur ordonne de travailler à Rome qui sera leur Jérusalem. Dès lors, s'ébauche la Compagnie de Jésus ou Ordre des jésuites.

De mars à juin 1539, selon les minutes rédigées par Pierre Favre, ils débattent de la forme à donner à leur action, devoir d'obéissance, cohésion du groupe alors que l'activité missionnaire disperse les jésuites, rôle dans l'éducation… En août 1539, Ignace, Codure et Favre rédigent la prima Societatis Jesu instituti summa, esquisse des constitutions de la Compagnie avec quelques points forts : l'obéissance à un Préposé général, l'exaltation de la pauvreté, le refus du cérémonial monastique, et en particulier de la prière collective et des mortifications.

Malgré quelques oppositions à la Curie, la création de la Compagnie de Jésus est acceptée par le pape Paul III le 27 septembre 1540, dans sa bulle Regimini militantis ecclesiae, qui reprend la formula instituti tout en limitant le nombre de profès[19] à soixante. Cette restriction fut rapidement éliminée lors de la promulgation de la bulle Injunctum nobis du 14 Mars 1543.

Le 22 avril 1541, Ignace est élu, en dépit de ses réticences, premier supérieur général de la Compagnie de Jésus puis il fit avec ses compagnons, sa profession dans la basilique Saint-Paul-hors-les-murs. L'Ordre est dès lors constitué.

Ignace fut chargé en 1541 de mettre au point les règles d'organisation de la nouvelle compagnie, les fameuses Constitutions, mais il ne démarra pas les travaux en fait avant 1547, introduisant progressivement des coutumes, destinées à se transformer à terme en lois. En 1547, Juan de Polanco devint son secrétaire, et avec son aide, il réalisa un premier jet des Constitutions entre 1547 et 1550, tout en sollicitant simultanément l'approbation pontificale de réaliser une nouvelle édition de la Formula Instituti. Le pape Jules III l'accepta dans la bulle Exposcit Debitum, le 21 juillet 1550.

En parallèle, un nombre important de pères révisèrent le premier texte, mais bien que ne proposant que peu de changements, la version suivante réalisée par Ignace en 1552 était assez différente. Cette version fut publiée et pris force de loi dans la Compagnie. Des amendements légers furent jusqu'à sa mort introduits par Ignace.

Sous le nouveau général Jacques Lainez, la Ie Congrégation générale de la compagnie décida d'imprimer le texte qui resta tel quel jusqu'aux modifications introduites par la XXXIVeCongrégation en 1995.

Il envoya ses compagnons comme missionaires en Europe pour créer un réseau d'écoles de collèges et de séminaires. Juan de Vega, l'ambassadeur de Charles Quint à Rome y avait connu Ignace. L'estimant énormément ainsi que ses jésuites, quand il fut nommé Vice-roi de Sicile, il y attira ceux-ci. Un premier collège fut fondé en 1548 à Messine; il eut rapidement un grand succès et et ses règles et méthodes furent ensuite reproduites partout.

À sa mort, le 31 juillet 1556 à Rome, la Compagnie de Jésus compte déjà plus de mille membres répartis dans douze Provinces, soixante-douze résidences et soixante-dix-neuf maisons et collèges.

Les Exercices spirituels sont un ouvrage de méditation et de prière qui est considéré comme le chef-d'œuvre spirituel d'Ignace de Loyola à partir de sa propre expérience spirituelle, vécue notamment à Manrèse. Tout l’enseignement d’Ignace de Loyola, est orienté vers le discernement, car pour lui, toute décision humaine est le lieu d’une rencontre avec le Seigneur. Le livre fait environ 200 pages. Il veut être le « livre du maître » qui guide l'accompagnateur spirituel lors d'une retraite d'environ 30 jours.

Les méditations ont été écrites de manière à refléter authentiquement la spiritualité catholique, mais l'accent mis sur la rencontre personnelle entre le retraitant et Dieu attire aussi des chrétiens d'autres confessions.

Saint Ignace n’est pas un ‘grand écrivain’, au sens où on l’entend habituellement. Ses écrits sont fonctionnels (direction spirituelle ou gouvernement de la Compagnie) ou personnels (journal spirituel). Une édition critique de l’ensemble de ses écrits se trouve dans les MHSI: les Monumenta Ignatiana (22 volumes).

Livret de méditations et contemplations organisées en quatre semaines, permettant un progrès dans la compréhension de soi-même et des mystères de la vie du Christ pour se les assimiler. Pour chaque méditation, seuls quelques ‘points’ sont donnés, chaque fois avec beaucoup de sobriété. Dans l’esprit de Saint Ignace les ‘exercices spirituels’ sont toujours faits avec un guide dont le rôle doit être cependant effacé car «il doit laisser le Créateur agir sans intermédiaire avec la créature [retraitant], et la créature avec son Createur et Seigneur» (ES, N°15)


6815 lettres et instructions sont connues, écrites par lui-même ou - en son nom - par son secrétaire, Juan de Polanco. Lettres de direction spirituelle (la plus ancienne date de 1524) et de gouvernement, d’encouragement et de réprimande. Instructions pour ceux qui vont fonder un collège ou participer au concile de Trente. Ces lettres sont adressées à des compagnons jésuites, personnages importants, bienfaiteurs de la Compagnie, ou encore parents de novices, fils ou filles spirituelles.


http://www.gesuiti.it/moscati/Francais/Fr_Esercizi.html

Sainte Anne

Posté le 26.07.2008 par auto23652

Sainte Anne

La Bible ne mentionne pas sainte Anne (hébreu : Hannah). Selon plusieurs Évangiles apocryphes écrits entre les deuxième et sixième siècles, le protévangile de Jacques et le Pseudo-Mathieu, elle était la mère de la Vierge Marie et donc la grand-mère de Jésus-Christ.

Beaucoup de saints orientaux ont magnifiquement prêché sur sainte Anne, tels saint Jean Damascène, saint Épiphane, saint Sophrone de Jérusalem...

La vie de sainte Anne fut inspirée par celle d'Hannah et son fils, le prophète Samuel dans l'Ancien Testament. Après un mariage de vingt ans sans enfants avec Joachim (hébreu : Jojakim), Anne enfanta de Marie. Selon la tradition, ils avaient fait un vœu et menèrent Marie lorsqu'elle avait trois ans au temple à Jérusalem pour qu'elle y fût éduquée.

En 550, on construisit une église à Constantinople en l'honneur de sainte Anne. La fin du Moyen Âge vit l'apogée de son culte, ce qu'on peut voir par exemple dans la multitude des statues montrant Anne, Marie et l'enfant Jésus, appelées « trinités mariales », par opposition à la sainte Trinité. En 1481, le pape Sixte IV fit ajouter la fête solennelle de sainte Anne au calendrier. En 1584, le pape Grégoire XIII fixa sa fête solennelle au 26 juillet et officialisa son culte. Mais l'Église interdit la représentation des trinités mariales pour éviter la confusion avec la Trinité au sens théologique.

En breton, sainte Anne est surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à-dire la grand-mère des Bretons. Elle serait apparue à un paysan, Yves Nicolazic, en 1624 près d'Auray en Morbihan. Nicolazic reste encore, aujourd'hui, le seul a l'avoir vue. Elle lui a demandé la construction d'une chapelle en son honneur, en ce lieu du village de Ker-Anna (qui en breton signifie Le village d'Anne) devenu champ qui la louait autrefois. Le 7 mars 1625, pour preuve de cette apparition, Nicolazic déterre au vu de tous une statue millénaire de la sainte. L'évêque de Vannes autorise alors son culte et la construction de la chapelle devenue basilique au fil des ans.

Le lieu a pris le nom de Sainte-Anne-d'Auray, sainte Anne est devenue patronne des Bretons et le pardon qui s'y déroule chaque année est le plus important de Bretagne, 3e lieu de pèlerinage en France après Lourdes et Lisieux.

En 1996, à l'initiative de l'évêque en place Mgr Gourvès, le pape Jean-Paul II est venu la prier dans son sanctuaire breton. Il est le premier pape à avoir foulé le sol de Bretagne.

La sainte est fréquemment représentée enseignant la lecture à sa fille Marie.

Sa popularité chez les Bretons est généralement expliquée par la rémanence de l'antique déesse celtique Dana.



Saint jacques le Majeur

Posté le 25.07.2008 par auto23652
Jacques le Majeur est l'un des douze apôtres de Jésus Christ. Il est nommé « Jacques, fils de Zébédée » dans le Nouveau Testament

Fils de Marie Salomé. Saint Jacques est appelé le Majeur. Cette épithète lui vient de sa qualité d'aîné. Il est le frère aîné de l'apôtre Jean, et tous deux sont surnommés Boanerges, c'est-à-dire « fils du tonnerre » (Marc III:17).cela permet aussi de le distinguer de l'autre apôtre « Jacques, fils d'Alphée ».

Saint Jacques est l'un des tout premiers disciples à suivre Jésus, et il est un de ses plus proches. Il participe, avec Pierre et Jean, à des événements importants : la Transfiguration, l'agonie de Jésus au Mont des Oliviers. Ce même groupe de trois apôtres est le seul à le suivre lorsqu'il va ressusciter la fille du chef de la synagogue. Enfin Jacques est cité parmi les témoins de la troisième apparition de Jésus après sa mort, sur les bords du lac de Tibériade (épisode de la pêche miraculeuse rapporté par saint Jean).

Jacques est le seul apôtre dont la mort est rapportée dans le Nouveau Testament : « Il (Hérode) fit périr par le glaive Jacques, frère de Jean. » (Actes, XII:2)

Il est fêté le 25 juillet

Il y a trois personnages nommés Jacques dans le Nouveau Testament:

Jacques fils de Zébédée, frère de Jean, un des Apôtres.
Jacques le Juste, frère du Seigneur,
Jacques le fils d'Alphée, un des Apôtres.
Il faut y ajouter le Jacques, rédacteur de l'Epître de Jacques qui selon l'exégèse contemporaine n'est aucun de ces trois (ce pourrait être un anonyme avec un prénom d'emprunt). Mais pour la Chrétienté médiévale et pour Compostelle en particulier, il n'y avait qu'un seul Jacques, apôtre et rédacteur de l'Epître.

Selon la tradition chrétienne, le tombeau de saint Jacques reposerait en Galice, dans la ville de Compostelle, mais les historiens considèrent qu'il n'y a pas de preuves pour avancer une telle affirmation.

Toujours est-il que la tradition fait voyager les reliques de saint Jacques le Majeur en Espagne où elles furent retrouvées à Compostelle. D'après les récits, saint Jacques partit du Proche-Orient prêcher dans la péninsule Ibérique ainsi sous entendues les rives africaines, Maurétanie, Numidie, Carthage, puis retourna à Jérusalem où il fut décapité. Ses compagnons transportèrent ses reliques en Galice et le tombeau aurait été retrouvé quelques centaines d'années plus tard, au IXe siècle par l'ermite Pelayo (ou Pelagius) qui eut une révélation dans son sommeil. Théodomir, évêque d'Ira-Flavia (aujourd'hui Padrón) reconnut ce tombeau comme étant celui de saint Jacques au IXe siècle. Le roi Alphonse II y fit édifier une église. Le pape Léon XIII officialisa la reconnaissance du tombeau de saint Jacques par l'Église en 1884.

L’apôtre saint Jacques, jusqu’aux confins de la Terre selon saint Isidore de Séville.

Dans le De Ortu et Obitu Sanctorum Patrum, Isidore de Séville écrit : « Jacques, fils de Zébédée et frère de Jean [...] prêcha l'Évangile en Hispanie, dans les régions occidentales, et diffusa la lumière de sa prédication aux confins de la Terre. Il succomba sous le coup de l'épée du tétrarque Hérode. Il fut enseveli à Achaia Marmarica. … »

C'est à cette époque (vers 650) que commence à circuler une traduction latine des catalogues apostoliques grecs qui présente comme particularité remarquable de faire prêcher à Jacques l'Evangile « en Espagne et dans les régions de l'Occident» (au lieu de Jérusalem). Comme lieu de sépulture, le texte latin nomme uniquement la Marmarique.

L'ouvrage le plus ancien qui contienne ce texte est le Brevarium apostolarum, « l’abrégé » ou « bréviaire des Apôtres. »

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle devint l'un des plus importants au Moyen Âge. De nombreux chemins menaient à Compostelle depuis toute l'Europe occidentale, jalonnés d'hospices dédiés au saint. Les pèlerins avaient pour coutume de rapporter comme témoignage de leur voyage des coquilles de pectens, qu'ils fixaient à leur manteau ou à leur chapeau, d'où le nom de coquilles Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques. Aujourd'hui encore, des dizaines de milliers de pèlerins continuent de se rendre à Compostelle chaque année.

Lors de la Reconquista, saint Jacques serait apparu miraculeusement et serait intervenu aux côtés des chrétiens et aurait reçu pour cette raison le surnom de Matamoros, « tueur de Maures ».

Un ordre militaire lui a été dédié, l'ordre de Santiago (Santiago qui est la contraction de Sant et Iago et qui peut se traduire par saint Jacques).

Saint Jacques, réputé être le plus « bouillant » des apôtres du Christ, est souvent représenté en Espagne sous l'aspect du matamore, c'est-à-dire le « tueur de Maures ». Sa statue le montre alors monté sur un cheval blanc, frappant de son épée un ou plusieurs guerriers musulmans.

Cette figure de saint Jacques Matamore date de la bataille de Clavijo, qui opposa en 844 le roi des Asturies Ramiro Ier à l'émir de Cordoue Abd el Rahman II.

L'histoire raconte que, au plus fort de la mêlée, apparut un cavalier chevauchant un blanc destrier, portant un étendard blanc frappé d'une croix rouge, qui fendit littéralement de son épée les Maures qu'il trouvait sur son passage. Toujours selon cette histoire, la fougueuse apparition donna l'avantage aux combattants chrétiens, qui reconnurent en elle saint Jacques.

On voit dans cet épisode légendaire l'origine du fameux cri de guerre « ¡Santiago, cierra España! », équivalent de « Montjoie, saint Denis ! ».

Saint Jacques allait être durant toute la Reconquista le symbole et le saint patron de la lutte contre l'Infidèle. Un ordre de moines guerriers, les chevaliers de Santiago, allait même porter son nom.

La statue de saint Jacques Matamore a récemment fait l'objet d'une polémique concernant un éventuel retrait de la nef de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle et un transfert au musée attenant. La commission culturelle du sanctuaire voulait éviter de « risquer de heurter la sensibilité d'autres groupes religieux ».

On peut comprendre l'objet de cette polémique. Les religieux chrétiens, juifs et musulmans y voient un blasphème. En effet, pour les plus savants d'entre eux, un Saint ne saurait intervenir en temps de guerre, seul le diable en serait capable.
Par ailleurs, cette statue constitue un non sens historique. Saint Jacques connaissait très bien les territoires mauresque et numide, puisqu'ils étaient alors un refuge pour les chrétiens. Les peuples d'Afrique du Nord à cette époque étaient juifs, chrétiens ou paiens.

L'apôtre est souvent représenté en trois façons :

en majesté, assis : c'est la figure auréolée du saint qui trône sur le maître autel de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle ;
en pèlerin, debout: à partir du XIIIe siècle, sous l’influence du pèlerinage de Compostelle, il porte la tenue traditionnelle du jacquet, avec le bourdon (bâton de pèlerin), la besace, la calebasse (gourde), le mantelet (grande cape) et le chapeau de feutre à larges bords orné d'une coquille Saint-Jacques.
en tueur de maures, armé d'une épée sur un cheval blanc.
Les symboles qui le représentent et qui permettent de le reconnaître sur les peintures et les sculptures :
la coquille Saint-Jacques
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