Posté le 06.08.2008 par auto23652
Saint Gaëtan de Thienne
Gaëtan de Thienne (Vicence 1480 - Naples 1547)
Réformateur et fondateur des théatins
La grande part qu'il joua dans la réforme du clergé corrompu de son époque a trop souvent été méconnue.
Les antécédents de Gaëtan lui promettaient une grande carrière : né dans la famille de comtes de Thienne, il fut étudiant à l'université de Padoue où il obtint un succès remarquable en théologie et en droit. Il devint ensuite sénateur à Vicence et fut nommé plus tard protonotaire à Rome par le pape Jules Il en 1506. Alors qu'il remplissait ses devoirs ecclésiastiques et légaux à Rome, il mit toute son énergie dans un projet cher à son coeur: le renouveau de la congrégation des prêtres, la confrérie de l'Amour divin. À la mort de Jules Il en 1513, il démissionna de son poste, rejetant l'avenir brillant qui l'attendait dans l'administration et se consacra aux pauvres et à la réforme d'un clergé dépravé.
Après son ordination en 1516, Gaëtan revint à Vicence pour travailler avec la confrérie de Saint-Jérôme au secours des pauvres et au soin des malades, surtout des incurables. Il fonda une maison semblable à Vérone, puis à Venise.
L'ordre des Théatins
En 1523, il fonda avec Pietro Carafa (le futur fanatique et impopulaire Paul IV) une communauté qui devait se consacrer au travail pastoral et aux soins des malades et des pauvres. Gaëtan espérait que ces congrégations rétabliraient les valeurs apostoliques d'un clergé renommé pour sa corruption. Il encouragea les prêtres à croire à la divine providence et à étudier la Bible et les écrits chrétiens. Ses prêtres étaient connus sous le nom de théatins, parce que Carafa était évêque de Chieti qui se dit en latin Theatinus.
Les progrès de la communauté furent lents, mais il est remarquable qu'elle ait survécu à la prise de Rome par Charles Quint en 1527. Celui-ci avait détruit la maison. L'ordre déménagea à Naples où il se renforça lentement. Carafa avait été nommé prévôt général en 1524, mais en 1530 Gaëtan fut élu supérieur pour trois
ans. À la fin de cette période, Carafa fut réélu et Gaëtan partit pour Vérone, puis pour Naples, où il défendit les réformes des évêques et s'opposa aux hérésies en nombre croissant dans la région. Il y fonda aussi les monts-de-piété, magasins de marchandises d'occasion tenus pour aider les pauvres et non pour faire des profits.
Gaëtan mourut à Naples le 7 août. Il fut canonisé en 1671. On se souvient de lui comme d'un grand et infatigable réformateur qui anticipa de nombreuses décisions prises au concile de Trente. L'ordre des Théatins souffrit de l'impopularité de Carafa et sans doute aussi de la concurrence de la Compagnie de Jésus de saint Ignace de Loyola, plus célèbre et mieux organisée.
LETTRE DE S. GAÉTAN À ÉLISABETH PORTO
Je suis un pécheur et je m'estime peu de chose, mais je recours aux plus excellents serviteurs du Seigneur, afin qui'ils prient pour toi le Christ béni et sa Mère. Mais oublie pas que tous les saints ne peuvent pas te rendre chère au Christ autant que tu le peux toi-même : c'est là ton affaire. Et si tu veux que le Christ te chérisse et vienne à ton aide, chéris-le toi-même, dirige vers lui ta volonté afin de lui plaire en tout; et ne doute pas que, même si tous les saints et toutes les créatures t'abandonnaient, lui du moins sera toujours auprès de toi dans tes nécessités. Sache-le comme une chose certaine: nous sommes ici sur terre comme des étrangers et des voyageurs. Notre patrie est le ciel. Celui qui se gonfle d'orgueil s'égare loin du chemin et court à la mort. En vivant ici-bas, nous devons acquérir la vie éternelle, que nous ne méritons pas, car nous l'avons perdue à cause de nos péchés, mais que Jésus Christ a reconquise pour nous. C'est pourquoi nous devons toujours lui rendre grâce, l'aimer. lui obéir et, autant que c'est possible, être toujours avec lui. Il s'est donné pour nous en nourriture: malheureux, celui qui méconnaît un si grand don! Il nous est donné de posséder le Christ, fils de la Vierge Marie, et nous le refusons. Malheur à celui qui ne se soucie pas de le recevoir! Ma fille, voici le bien que je souhaite pour moi et que j'implore pour toi, mais il n'y a pas d'autre voie pour l'obtenir que de prier souvent la Vierge Marie: qu'elle te visite avec son glorieux Fils. Mieux encore: ose lui demander de te donner son Fils, qui est la véritable nourriture de l'âme dans le Saint Sacrement de l'autel. Elle te le donnera volontiers, et lui-même viendra plus volontiers encore pour te fortifier, pour que tu puisses avancer sans crainte dans cette sombre forêt où tant d'ennemis nous guettent, mais qui demeurent loin de nous s'ils voient que nous sommes gardés par un tel protecteur. Ma fille, ne communie pas à Jésus Christ afin d'user de Lui à ton gré; je veux que tu t'abandonnes à lui, et que lui t reçoive, afin que lui-même, ton Dieu sauveur, fasse pou toi et en toi ce qu'il veut. Voilà ce que je désire, à quoi je t'exhorte et, autant que j'en ai le pouvoir, ce que j'exige de toi.
Tout homme qui croit en Jésus Christ aura la vie éternelle. Je n'ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus, afin d'être justifiés par la foi au Christ.
Dieu qui inspiras au prêtre saint Gaëtan de vivre à la manière des Apôtres, fais qu'à son exemple et par sa prière, nous mettions toujours en toi notre confiance et cherchions sans relâche ton Royaume.
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Posté le 06.08.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
7 août
St Gaëtan de Thienne, confesseur
Saint du jour : St Gaétan (Cajetan) de Thienne, confesseur (+ 1547)
Livre de l'Ecclésiastique 31,8-11.
Heureux le riche qui sera trouvé sans tache, et qui n'est pas allé après l'or !
Qui est-il, pour que nous le proclamions heureux? Car il a fait une chose merveilleuse parmi son peuple.
Quel est celui qui a été éprouvé à ce sujet et trouvé sans reproche? Que cette épreuve lui soit un sujet de gloire ! Qui a pu violer la loi et ne l'a pas violée, faire le mal et ne l'a pas fait?
Sa fortune sera affermie, et l'assemblée publiera ses bienfaits.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,24-33.
Nul ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse.
C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre âme de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. L'âme n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?
Regardez les oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent et n'amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux?
Qui de vous, à force de soucis, pourrait ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie?
Et pourquoi vous inquiétez-vous pour le vêtement? Observez les lis des champs, comment ils croissent : il ne peinent ni ne filent.
Or je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme l'un d'eux.
Si donc Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui est aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne (le fera-t-il) pas bien plus pour vous, gens de peu de foi?
Ne vous mettez donc point en peine, disant : Que mangerons-nous ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous?
— c'est de tout cela en effet que les païens sont en quête, — car votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela.
Cherchez premièrement le royaume [de Dieu] et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus.
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Silouane (1866-1938), moine orthodoxe
Écrits (trad. Eds. Présence 1973, p. 384)
« Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie »
Le Seigneur a dit à ses disciples : « Je vous donne ma paix » (Jn 14,27). Cette paix du Christ, il faut la demander à Dieu, et le Seigneur la donnera à celui qui demande. Lorsque nous la recevons, nous devons veiller saintement sur elle et la faire croître.
Celui qui, dans ses afflictions, ne s'abandonne pas à la volonté de Dieu ne peut pas connaître la miséricorde de Dieu. Si un malheur te frappe, ne te laisse pas abattre, mais souviens-toi que le Seigneur te regarde avec bonté. N'accepte pas cette pensée : « Le Seigneur va-t-il jeter un regard sur moi alors que je l'offense ? », car le Seigneur est bonté par nature. Mais tourne-toi avec foi vers Dieu et dis comme l'enfant prodigue de l'Evangile : « Je ne suis pas digne d'être appelé ton fils » (Lc 15,21). Alors tu verras combien tu es cher au Père, et ton âme connaîtra une joie indescriptible.
http://auto23652.centerblog.net/5472772-Saint-Silouane
Posté le 06.08.2008 par auto23652
Méditation du Père LEV sur la Transfiguration
Les textes de l'Ancien Testament que nous entendons au cours des vêpres de la fête, le soir du 5 août, nous préparent à comprendre le mystère de la Transfiguration. Nous entendons tout d'abord (Exode 24:12-18) le récit du séjour de Moïse sur le SinaÏ, lorsqu'il y passa quarante jours et quarante nuits. Les raisons du choix de ce texte sont très compréhensibles. Moïse est un des personnages de l' Ancienne Alliance qui sont présents auprès de Jésus transfiguré, d'après le récit évangélique. Puis il y a le thème de la montagne : «Monte vers moi sur la montagne et demeures-y». C'est aussi sur une montagne que Jésus sera transfiguré. Il y a le parallélisme - et le contraste - entre les deux modes de révélation reçue sur la montagne : dans le premier cas, Dieu donne à Moïse une loi écrite sur des tables de pierre; dans le deuxième cas, Dieu manifeste la personne vivante de son Fils unique. Enfin, la lumière ou la nuée de la présence divine, cette "gloire" qui pour les Hébreux avait une signification physique - «...La nuée couvrit la montagne, et la gloire du Seigneur s'établit sur le mont Sinaï... Cette gloire du Seigneur revêtait... l'aspect d'une flamme dévorante couronnant la montagne..." - annonce déjà la lumière de la Transfiguration. Nous lisons ensuite (Exode 33:11-23, 34:4-6,8) un épisode dont chaque parole peut merveilleusement s'appliquer à notre propre vie spirituelle. Dieu dit à Moïse :"J'irai moi-même, et je te donnerai le repos". Moïse demande à Dieu : «Fais-moi, de grâce, voir ta gloire». Dieu répond : «Je ferai passer devant toi toute ma splendeur... mais tu ne peux pas voir ma face». Moïse vient au rendezvous fixé par Dieu; il se tient debout sur le Sinaï, ayant dans ses mains les tables de la loi. «Le Seigneur descendit en forme de nuée... Le Seigneur passa devant lui et cria : Seigneur, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et fidélité...». Dieu nous parle intérieurement comme il parlait à Moise, «face à face, comme un homme converse avec un ami». Comme devant Moise, il fait passer sa bonté plutôt que sa gloire. Mais, plus heureux que Moise, nous savons que la face de Dieu peut être contemplée par nous dans la personne du Fils. Enfin nous lisons (dans les textes traduits des Septante, (3 Rois 19 : 3-9,11-13,15-16) deux épisodes de la vie du prophète Elie. C'est d'abord sa retraite de quarante jours sur le mont Horeb, où un ange lui apporte du pain et de l'eau; puis c'est la révélation de la présence divine, non dans le feu, le vent et le tremblement de terre, mais dans «le bruit d'une brise légère» . Ces trois lectures de l' Ancien Testament associent les personnes de Moïse et d'Elie, parce que tous deux seront témoins de la Transfiguration de Notre-Seigneur.
Aux matines, nous entendons le récit de la Transfiguration dans l'évangile selon Saint Luc (9:28-36). A la liturgie, nous entendons ce même récit dans l' évangile selon Saint Matthieu (17:1-9). L'épître lue à la liturgie est la deuxième écrite par Pierre (2:10-19) : celui-ci était, avec Jacques et Jean, un des trois témoins oculaires de la Transfirguration. Aussi trouverons-nous particulièrement émouvant le rappel qu'il fait de ce mystère : «... nous fûmes témoins oculaires de sa majesté... Lorsque la gloire pleine de majesté lui transmit cette parole : Celui-ci est mon Fils bien-aimé... Cette voix, nous, nous l'avons entendue; elle venait du ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte...». Pierre compare ces paroles à celles des prophètes, qui sont encore «plus fermes» (soit parce que les lecteurs de Pierre n'ont pas eu la même expérience que lui; soit que lui-même, par humilité, mette l'Ecriture au-dessus de sa propre expérience; soit qu'il veuille souligner l' autorité divine de l'ensemble des prophéties). La parole prophétique, semblable à la lumière de la Transfiguration, «brille dans un lieu obscur», dit Pierre, «jusqu'à ce que le jour commence à poindre et que l'astre du matin se lève dans vos coeurs».
Essayons maintenant de considérer quelques aspects du récit évangélique de la Transfiguration.
Jésus prend avec lui ses trois plus intimes disciples. Dieu se manifeste parfois aux pécheurs d'une manière extraordinaire. Mais, en général, le privilège de contempler Dieu et d'entrer dans la joie de la Transfiguration est réservé à ceux qui ont suivi longtemps et fidèlement le Maître.
Jésus conduit ses disciples sur une haute montagne . Avant d'atteindre à la lumière de la Transfiguration, les ascensions pénibles de l'ascèse sont nécessaires.
L'aspect habituel de Jésus est changé. Sa face resplendit «comme le soleil». Son vêtement devient «d'une blancheur fulgurante». C'est en ceci que consiste la Transfiguration. Ce Jésus que les disciples connaissaient bien et dont l'aspect, dans la vie quotidienne, ne différait pas de celui des autres leur apparaît soudain sous une forme nouvelle et glorieuse. Une expérience semblable peut se produire, dans notre vie intérieure, de trois manières. Parfois notre image intérieure de Jésus devient (aux yeux de notre âme) si lumineuse, si resplendissante, qu'il nous semble vraiment voir la gloire de Dieu sur sa face : la beauté divine du Christ devient en quelque sorte pour nous un objet d'expérience. Parfois aussi nous éprouvons d'une façon intense que la lumière intérieure, cette lumière donnée à tout homme venant en ce monde pour guider sa pensée et son action, s'identifie à la personne de Jésus-Christ : la puissance de la loi morale se fond avec la personne du Fils, l'attrait du sacrifice nous fait entrevoir le Sauveur crucrifié et entendre son appel. Parfois enfin nous devenons conscients de la présence de Jésus dans te1 homme ou dans telle femme que Dieu a mis sur notre route, surtout quand il nous est donné de nous pencher avec compassion sur leurs souffrances : cet homme ou cette femme se transfigure en Jésus-Christ, sous les yeux de la foi. On pourrait, de ce dernier fait, dégager une méthode précise de spiritualité, une méthode de transfiguration applicable à tous, partout et toujours.
Auprès de Jésus apparaissent Moise et Elie.Moïse représente la loi. Elie représente les prophètes. Jésus est l'accomplissement de toute loi et de toute prophétie. Il est le terme final de toute l'Ancienne Alliance.
Il est la plénitude de toute la révélation divine.
Moise et Elie s' entretiennent avec Jésus de sa Passion prochaine. Cet aspect de la Transfiguration n'est, en général, pas assez remarqué. On ne peut pas, dans la vie de Jésus, séparer les mystères glorieux des mystères douloureux. C' est au moment où Jésus se prépare à sa Passion qu'il est transfiguré. Nous n'entrerons dans la joie de la Transfiguration que si, dans notre propre vie, nous acceptons la croix.
Pierre voudrait se fixer dans la béatitude de la Transfiguration. Il suggère à Jésus la construction de trois tentes. Ainsi un fidèle, au début de sa vie spirituelle, désire prolonger les «consolations», les moments de douceur intime. Jésus laisse sans réponse la suggestion de Pierre. Ni aux premiers disciples ni à nous mêmes il n'est permis de se soustraire aux durs travaux de la pIaine et de s'établir dès maintenant dans une paix qui n'appartient qu'à la vie future .
La nuée lumineuse de la présence divine couvre le sommet de la montagne. Du milieu de la nuée, une voix se fait entendre : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, mon Elu, écoutez-le». Les mêmes paroles, ou presque, avaient déjà été prononcées par la même voix, lors du baptême de Jésus. Elles donnent à la scène de la Transfiguration tout son sens. Pourquoi Jésus change-t-Il d'aspect ? Pourquoi s'enveloppe-t-Il de lumière ? Ce n'est pas pour offrir aux apôtres un spectacle impressionnant et confortant; C'est pour traduire à l'extérieur le témoignage solennel que le Père rend à son Fils. Et le Père lui-même donne une conclusion pratique à la vision : «Ecoutez-le». Une grâce extraordinaire ne produit son effet que si elle nous rend plus attentifs et plus obéissants à la Parole divine.
Les disciples sont terrassés d'effroi. Jésus les touche et les rassure. «Et, eux, levant les yeux, ne virent plus personne que lui, Jésus, seul ». Nous pouvons trouver à cette phrase des sens divers, également vrais. D'une part, la condition normale du disciple de Jésus, en ce monde, est de s' attacher à la personne de Jésus sans que celle ci revête les attributs extérieurs de la gloire divine; le disciple doit voir «Jésus, seul», Jésus dans son humilité; si, à de rares moments, son image nous semble enveloppée de lumière, et si nous croyons entendre la voix du Père désignant le Fils à notre affection, ces éclairs ne durent pas; et nous devons aussitôt retrouver Jésus là où Il se trouve habituellement, au milieu de nos humbles et parfois difficiles devoirs quotidiens. Voir «Jésus, seul», cela signifie encore : concentrer sur Jésus seul notre attention et notre regard, ne point nous laisser distraire par les choses du monde ni par les hommes et les femmes que nous rencontrons, bref, rendre Jésus suprême et unique dans notre vie. Est-ce à dire qu'il faille fermer les yeux au monde qui nous entoure et qui souvent a besoin de nous ? Quelques uns sont appelés à rester absolument seuls avec le Maître :
qu'ils soient fidèles à cette vocation. Mais la plupart des disciples de Jésus, vivant au milieu du monde, peuvent donner aux mots «Jésus, seul» encore une autre interprétation . Sans renoncer à un contact reconnaissant avec les choses créées, à un contact aimant et dévoué avec les hommes, ils peuvent atteindre un degré de foi et de charité où Jésus deviendra transparent à travers les hommes et les choses; toute beauté naturelle, toute beauté humaine deviendront la frange de la beauté même du Christ; nous verrons son reflet dans tout ce qui, en d' autres, attire et mérite notre sympathie; bref, nous aurons «transfiguré » le monde, et, dans tous ceux sur lesquels nous ouvrirons les yeux, nous trouverons «Jésus seul».
Le mystère de la Transfiguration a encore un autre aspect que les textes scripturaires de la fête n'indiquent pas clairement, mais que les chants liturgiques soulignent. «Pour montrer la transformation de la nature humaine...lors de ton Second et redoutable Avènement... Sauveur...tu t'es transfiguré... ô toi qui as sanctifié tout l'univera par ta lumière..». Ces paroles, que nous chantons à matines, font allusion au caractère cosmique et eschatologique de la Transfiguration. La nature entière - qui maintenant subit les conséquences du péché, cause du mal physique - sera affranchie, renouvelée, lorsque le Christ reviendra glorieusement, à la fin des temps. Cette transformation du monde est proposée à notre croyance, à notre espoir, à notre attente. Il faut se garder toutefois d'exagérer cet aspect de la Transfiguration au détriment des autres Les évangiles nous montrent que le sens premier, fondamental, de la Transfiguration concerne la personne même de Notre-Seigneur, que son père glorifie avant de le laisser aller à la Passion. Les effusions envers le mystère de la transfiguration de la «terre» ne doivent pas voiler cette vérité : à savoir que la Transfiguration est d'abord, avant tout, la Transfiguration du Fils bien aimé.
Enfin la Transfiguration est aussi une révélation du père et de l'Esprit. Elle soulève le voile qui recouvre pour nous, en cette vie terrestre, la vie intime des trois personnes divines. Disons avec toute l'Eglise, dans la neuvième ode des matines : «Tenons-nous spirituellement dans la cité du Dieu vivant et considérons avec admiration la divinité immatérielle du Père et de l'Esprit resplendissant dans le Fi1s unique».
Texte tirés du livre "L'an de grâce du Seigneur" du Père Lev Gillet
("Un moine de l'Eglise d'Orient") aux éditions du Cerf
Posté le 06.08.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
6 août
Transfiguration de Notre-Seigneur Jésus-Christ
Saint du jour : Sts Sixte II (pape) et comp., martyrs (+ 258), Transfiguration de Notre Seigneur
Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre 1,16-19.
Ce n'est pas, en effet, sur la foi de fables ingénieusement imaginées que nous vous avons fait connaître la puissance et l'avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ, mais en témoins oculaires de sa majesté.
En effet, il reçut honneur et gloire de Dieu le Père, lorsque de la gloire magnifique une voix se fit entendre qui disait : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances.
- Et nous, nous entendîmes cette voix venue du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la montagne sainte.
Et ainsi a été confirmée pour nous l'Ecriture prophétique, a laquelle vous lattes bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à poindre et que l'étoile du matin se lève dans vos coeurs.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 17,1-9.
Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l'écart sur une haute montagne
Et il se transfigura devant eux : son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.
Et voilà que Moïse et Elie leur apparurent, conversant avec lui.
Prenant la parole, Pierre dit à Jésus : " Seigneur, il nous est bon d'être ici; si vous le voulez, je ferai ici trois tentes, une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie. "
Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse les couvrit, et voilà que du sein de la nuée une voix dit : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances : écoutez-le. "
En entendant, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d'une grande frayeur.
Et Jésus, s'approchant, les toucha et dit : " Levez-vous, ne craignez point. "
Levant les yeux, ils ne virent plus que Jésus seul.
Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur fit ce commandement : " Ne parlez à personne de cette vision, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité des morts. "
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Jean de Damas (vers 675-749), moine, théologien, docteur de l'Eglise
Homélie sur la Transfiguration du Seigneur, 16-18 ; PG 96, 572 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 503)
« Voici que leur apparurent Moïse et Elie, qui s'entretenaient avec lui »
« Une nuée lumineuse les couvrit de son ombre » et les disciples ont été saisis d'une grande crainte en voyant Jésus le Sauveur, avec Moïse et Elie, dans la nuée. Jadis, il est vrai, quand Moïse a vu Dieu, il est entré dans la nuée divine (Ex 24,18), donnant ainsi à comprendre que la Loi était une ombre. Écoute ce que dit saint Paul : « La Loi, en effet, n'avait que l'ombre des biens à venir, non la réalité même » (He 10,1).
Israël, en ce temps-là, « n'avait pas pu fixer les yeux sur la gloire passagère du visage de Moïse » (2Co 3,7). « Mais nous, le visage découvert, nous reflétons la gloire du Seigneur et nous sommes transformés d'une gloire en une gloire plus grande, par l'action du Seigneur qui est Esprit » (v.18). C'est pourquoi la nuée qui a couvert les disciples de son ombre n'était pas remplie de ténèbres mais de lumière. En effet, « le mystère resté caché depuis les siècles et les générations a été révélé » (Col 1,26) et la gloire perpétuelle et éternelle est manifestée. Voilà pourquoi Moïse et Élie, aux côtés du Sauveur, personnifiaient la Loi et les prophètes. Celui qu'annonçaient la Loi et les prophètes, c'est, en vérité, Jésus, le dispensateur de la vie.
Moïse représente aussi l'assemblée des saints qui se sont endormis jadis (Dt 34,5) et Elie, celle des vivants (2R 2,11), car Jésus transfiguré est le Seigneur des vivants et des morts. Et Moïse est enfin entré dans la Terre promise, car c'est Jésus qui y conduit. Autrefois, Moïse avait vu de loin seulement l'héritage promis (Dt 34,4) ; aujourd'hui il le voit clairement.
Posté le 05.08.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
5 août
Dédicace de sainte Marie aux Neiges
Sainte du jour : Notre-Dame des Neiges
Livre de l'Ecclésiastique 24,14-16.
Je me suis élevée comme le palmier sur les rivages, et comme les rosiers à Jéricho; comme un bel olivier dans la plaine, et je me suis élevée comme un platane.
J'ai donné du parfum comme la cannelle et comme le baume odorant, et comme une myrrhe choisie j'ai répandu une odeur suave, comme le galbanum, l'onyx et le stacte, et comme la vapeur de l'encens dans le tabernacle.
J'ai étendu mes branches comme le térébinthe, et mes rameaux sont des rameaux de gloire et de grâce.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,27-28.
Or, comme il parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : " Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles que vous avez sucées ! "
Mais il lui dit : " Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! "
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 179, 8-9 ; PL 38, 970-971 (in Brésard, 2000 ans A, p. 80).
Écouter et mettre en pratique
Ne vous trompez pas vous-mêmes, frères, si vous êtes venus avec empressement écouter la parole sans l'intention de mettre en pratique ce que vous entendez. Pensez-y bien : s'il est bon d'écouter la parole, il est bien meilleur encore de la mettre en pratique. Si tu ne l'écoutes pas, si tu ne fais pas ce que tu as entendu, tu ne bâtis rien. Si tu l'écoutes et ne la mets pas en pratique, tu construis une ruine... Écouter et mettre en pratique, c'est bâtir sur le roc. Et le seul fait d'écouter, c'est construire.
« Quant à celui qui entend ces paroles, continue le Seigneur, et ne les met pas en pratique, il est semblable à l'insensé qui, lui aussi, bâtit sa maison ». Et que construit-il ? Lui aussi il bâtit. Il bâtit sa maison, mais parce qu'il ne met pas en pratique ce qu'il entend, il a beau entendre, il bâtit sur le sable...
Quelqu'un me dira peut-être : « À quoi bon écouter ce que je n'ai pas l'intention de faire ? Puisque je bâtirai une ruine si j'écoute sans mettre en pratique, n'est-il pas plus sûr de ne rien écouter ? » Le Seigneur n'a pas pris en compte cette attitude dans la parabole qu'il nous a présentée, mais il nous a donné de quoi en apprécier la valeur. En ce monde, la pluie, les vents, les torrents ne cessent pas. Tu ne bâtis pas sur le roc, pour que lorsque les torrents viendront, ils ne t'emportent pas ? Tu n'édifies pas sur le sable, pour qu'à leur venue, ta maison ne soit emportée ? Tu resteras donc sans toit, puisque tu n'écoutes rien...
Réfléchis donc bien au parti que tu vas prendre. De n'avoir rien écouté ne te mettra pas en sûreté, comme tu le penses. Sans protection et sans le moindre toit, tu vas être forcément renversé, emporté, submergé.
Posté le 05.08.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
5 août
Dédicace de sainte Marie aux Neiges
Sainte du jour : Notre-Dame des Neiges
Livre de l'Ecclésiastique 24,14-16.
Je me suis élevée comme le palmier sur les rivages, et comme les rosiers à Jéricho; comme un bel olivier dans la plaine, et je me suis élevée comme un platane.
J'ai donné du parfum comme la cannelle et comme le baume odorant, et comme une myrrhe choisie j'ai répandu une odeur suave, comme le galbanum, l'onyx et le stacte, et comme la vapeur de l'encens dans le tabernacle.
J'ai étendu mes branches comme le térébinthe, et mes rameaux sont des rameaux de gloire et de grâce.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,27-28.
Or, comme il parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : " Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles que vous avez sucées ! "
Mais il lui dit : " Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! "
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 179, 8-9 ; PL 38, 970-971 (in Brésard, 2000 ans A, p. 80).
Écouter et mettre en pratique
Ne vous trompez pas vous-mêmes, frères, si vous êtes venus avec empressement écouter la parole sans l'intention de mettre en pratique ce que vous entendez. Pensez-y bien : s'il est bon d'écouter la parole, il est bien meilleur encore de la mettre en pratique. Si tu ne l'écoutes pas, si tu ne fais pas ce que tu as entendu, tu ne bâtis rien. Si tu l'écoutes et ne la mets pas en pratique, tu construis une ruine... Écouter et mettre en pratique, c'est bâtir sur le roc. Et le seul fait d'écouter, c'est construire.
« Quant à celui qui entend ces paroles, continue le Seigneur, et ne les met pas en pratique, il est semblable à l'insensé qui, lui aussi, bâtit sa maison ». Et que construit-il ? Lui aussi il bâtit. Il bâtit sa maison, mais parce qu'il ne met pas en pratique ce qu'il entend, il a beau entendre, il bâtit sur le sable...
Quelqu'un me dira peut-être : « À quoi bon écouter ce que je n'ai pas l'intention de faire ? Puisque je bâtirai une ruine si j'écoute sans mettre en pratique, n'est-il pas plus sûr de ne rien écouter ? » Le Seigneur n'a pas pris en compte cette attitude dans la parabole qu'il nous a présentée, mais il nous a donné de quoi en apprécier la valeur. En ce monde, la pluie, les vents, les torrents ne cessent pas. Tu ne bâtis pas sur le roc, pour que lorsque les torrents viendront, ils ne t'emportent pas ? Tu n'édifies pas sur le sable, pour qu'à leur venue, ta maison ne soit emportée ? Tu resteras donc sans toit, puisque tu n'écoutes rien...
Réfléchis donc bien au parti que tu vas prendre. De n'avoir rien écouté ne te mettra pas en sûreté, comme tu le penses. Sans protection et sans le moindre toit, tu vas être forcément renversé, emporté, submergé.
Posté le 03.08.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
4 août
St Dominique, confesseur
Saint du jour : St Dominique de Guzman, confesseur (+ 1221)
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,1-8.
Je t'adjure devant Dieu et le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, et par son apparition et par son règne :
prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, censure, exhorte, avec une entière patience et (souci d')instruction.
Car un temps viendra où (les hommes) ne supporteront pas la saine doctrine, mais au gré de leurs désirs se donneront une foule de maîtres, l'oreille leur démangeant,
et ils détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables.
Pour toi, sois sobre en toutes choses, endure la souffrance, fais œuvre de prédicateur de l'Evangile, remplis pleinement ton ministère.
Quant à moi, je suis déjà offert en sacrifice, et le moment de mon départ approche.
J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi :
désormais m'est réservée la couronne de la justice, que m'accordera en ce jour-là le Seigneur, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront chéri son apparition.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,35-40.
Que vos reins restent ceints et vos lampes allumées !
Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent leur maître à son retour des noces, afin que, lorsqu'il arrivera et frappera, ils lui ouvrent aussitôt.
Heureux ce serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant ! Je vous le dis en vérité, il se ceindra, les fera mettre à table et passera pour les servir.
Et si c'est à la deuxième ou à la troisième veille qu'il arrive et (les) trouve ainsi, heureux sont-ils !
Sachez-le bien, si le maître de maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts, car c'est à l'heure que vous ne pensez pas que le Fils de l'homme viendra. "
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Maximilien Kolbe (1894-1941), franciscain, martyr
Conférence du 13/2/1941 (trad. Villepelée, Mission, Lethielleux 2003, rev)
« Gardez vos lampes allumées »
Que faut-il faire pour vaincre la faiblesse de l'âme ? Il y a deux moyens pour cela : la prière et le détachement de soi. Le Seigneur Jésus nous recommande de veiller. Il faut veiller si nous voulons que notre coeur soit pur, mais il faut veiller dans la paix pour que notre coeur soit touché. Car il peut être touché par des choses bonnes ou par des choses mauvaises, intérieurement ou extérieurement. Donc, il faut bien veiller.
Ordinairement l'inspiration de Dieu est une grâce discrète : il ne faut pas la rejeter...; si notre coeur n'est pas attentif, la grâce se retire. L'inspiration divine est très précise ; tout comme l'écrivain dirige sa plume, ainsi la grâce de Dieu dirige l'âme. Essayons donc de parvenir à un plus grand recueillement intérieur.
Le Seigneur veut que nous ayons le désir de l'aimer. L'âme qui reste vigilante se rend compte qu'elle tombe et que, par elle-même, elle ne peut pas y arriver ; c'est pourquoi elle ressent le besoin de la prière. La supplication est fondée sur la certitude que nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes, mais que Dieu peut tout. La prière est nécessaire pour obtenir la lumière et la force.
Posté le 02.08.2008 par auto23652
Douzième dimanche après la Pentecôte : dim. 3 août 2008 - Vert. 2ème classe
Les chants du propre de la messe de ce dimanche sont encore tirés des psaumes, à l'exception cette fois de l'Offertoire, qui est, nous le verrons, assez exceptionnel. Les trois premiers de ces chants Introït, Graduel et Alleluia ont pour texte le début d'un psaume...
Introït : Deus in loco
Le texte de l'Introït est tiré du psaume 67, cantique triomphal d'action de grâces pour toutes les victoires que le Seigneur a accordées à son peuple. Il est particulièrement utilisé aux fêtes de l'Ascension et de la Pentecôte, et nous avions dit à cette occasion qu'il évoque une grande procession liturgique, avec l'arche d'alliance en tête, depuis la sortie d'Égypte et le Sinaï jusqu'à la montée au mont Sion où sera bâti le temple. L'Introït de ce jour regroupe des versets pris au début et à la fin du psaume.
Deus in loco sancto suo : Deus, qui inhabitare facit unanimes in domo : ipse dabit virtutem et fortitudinem plebi suæ.
Dieu est présent dans son lieu saint ; c'est Dieu qui fait habiter dans sa maison ceux qui sont unis d'un seul coeur. C'est lui qui donnera à son peuple la puissance et la force.
Le lieu saint où Dieu réside, c'est l'arche d'alliance qui va être placée dans le temple de Jérusalem, figure de l'Église. Maintenant c'est dans notre église de pierres que nous venons nous rassembler et trouver l'unité, la force et le courage. C'est elle que nous chantons aujourd'hui pour remercier le Seigneur des bienfaits que nous y avons reçus. On remarquera que les trois phrases commencent par le nom de Dieu, ou le pronom le représentant, énoncé à chaque fois de façon très affirmative. La mélodie revêt ainsi un caractère joyeux et plein d'assurance, avec un beau crescendo vers le mot unanimes. Toutefois à la fin les mots fortitudem plebi suæ s'enveloppent d'une certaine douceur et presque de tendresse. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 67.
Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus : et fugiant, qui oderunt eum, a facie ejus.
Dieu se lève et ses ennemis sont dispersés, et ceux qui le haïssent s'enfuient devant sa face.
Graduel : In Deo speravit
Una Voce
http://www.unavoce.fr/content/view/1031/26/
Posté le 02.08.2008 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
3 août
Saint du jour : Ste Lydie de la Pourpre (1er s.)
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,4-9.
Cette assurance, nous l'avons par le Christ en vue de Dieu.
Ce n'est pas que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes; mais notre aptitude vient de Dieu.
C'est lui également qui nous a rendus capables d'être ministres d'une novelle alliance, non de la lettre, mais de l'esprit; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie.
Or, si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été entouré de gloire au point que les fils d'Israël ne pouvaient fixer leurs regards sur la face de Moïse à cause de l'éclat de son visage, tout passager qu'il fût,
combien plus le ministère de l'esprit ne sera-t-il pas entouré de gloire?
C'est qu'en effet, si le ministère de la condamnation a été glorieux, le ministère qui confère la justice le surpasse de beaucoup.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,23-37.
Et se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier : " Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous, vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. "
Et voici qu'un docteur de la Loi se leva, et, pour l'embarrasser, lui dit : " Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle? "
Il lui dit : " Qu'y a-t-il d'écrit dans la Loi? Qu'y lis-tu? "
Il répondit : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton proche comme toi-même. "
Il lui dit : " Tu as bien répondu : fais cela et tu vivras. "
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : " Et qui est mon proche? "
Jésus reprit et dit : " Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho; il tomba entre les mains de brigands qui, après l'avoir dépouillé et chargé de coups, s'en allèrent, le laissant à demi-mort.
Or, par hasard, un prêtre descendait par ce chemin; il le vit et passa outre.
De même un lévite aussi vint en ce lieu, le fit et passa outre.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, vint près de lui, le vit et fut touché de compassion.
Il s'approcha, banda ses blessures, y versant de l'huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit dans une hôtellerie et prit soin de lui.
Le lendemain, tirant deux deniers, il les donna à l'hôtelier et lui dit : " Prends soin de lui, et ce que tu pourrais dépenser en plus, c'est moi qui te le rembourserai à mon retour. "
Lequel de ces trois te semble avoir été le proche de l'homme qui était tombé aux mains des brigands? "
Il dit : " Celui qui a pratiqué la miséricorde envers lui. " Et Jésus lui dit : " Va, toi aussi fais de même. "
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon
Saint Sévère d'Antioche (vers 465-538), évêque
Homélie 89 (trad. de Lubac, Catholicisme, Le Cerf 1947 rev.)
« Il est descendu du ciel » (Credo)
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. » Le Christ...n'a pas dit « quelqu'un descendait » mais « un homme descendait », car le passage concerne toute l'humanité. Celle-ci, par suite de la faute d'Adam, a quitté le séjour élevé, calme, sans souffrance et merveilleux du paradis, nommé à bon droit Jérusalem -- nom qui signifie « la Paix de Dieu » -- et est descendu vers Jéricho, pays creux et bas, où la chaleur est étouffante. Jéricho, c'est la vie fiévreuse de ce monde, vie qui sépare de Dieu... Une fois donc que l'humanité s'est détournée du bon chemin vers cette vie..., la troupe des démons sauvages vient l'attaquer à la manière d'une bande de brigands. Ils la dépouillent des vêtements de la perfection, ils ne lui laissent aucune trace de la force d'âme, ni de la pureté, ni de la justice, ni de la prudence, ni de rien de ce qui caractérise l'image divine (Gn 1,26), mais la frappant ainsi par les coups répétés des divers péchés, ils l'abattent et la laissent enfin à demi morte...
La Loi donnée par Moïse a passé..., mais elle a manqué de force, elle n'a pas conduit l'humanité à une guérison complète, elle n'a pas relevé celle qui gisait... Car la Loi offrait des sacrifices et des offrandes « qui ne pouvaient pas rendre parfaits, sous le rapport de la conscience, ceux qui pratiquaient ce culte » parce que « le sang des taureaux et des boucs était impuissant à ôter les péchés » (He 10,1.4)...
Enfin un Samaritain vint à passer. Le Christ se donne exprès le nom de Samaritain. Car...c'est lui-même qui est venu, accomplissant le dessein de la Loi et faisant voir par ses oeuvres « qui est le prochain » et qu'est-ce que « aimer les autres comme soi-même ».
Posté le 02.08.2008 par auto23652
Rome, le 30 juillet 2008 - (E.S.M.) - L'athéisme pratique comporte non seulement la mort de Dieu mais la mort de l'homme. Le pape Benoît XVI l'exprime souvent [...], l'homme séparé de Dieu ne parvient plus à trouver son identité ni sa raison d'être.
Le "prince de ce monde" -
"L'une des manières les plus efficaces pour semer la confusion dans les esprits, c'est la suppression des symboles. Le mot "diable" est le contraire du mot "symbole" : diabolos = ce qui sépare; Symbolon = ce qui unit, signe de reconnaissance. Le mépris et la suppression des symboles laissent l'intelligence de l'homme dans le vide, car les réalités les plus profondes se manifestent à nous à travers des signes extérieurs et à travers des symboles."
Benoît XVI : de la réalité des anges déchus
C'est le titre que nous pouvons lire aujourd'hui dans "La Stampa", un quotidien italien, qui reprend un entretien de Monseigneur Andrea Gemma, unique évêque catholique qui pratique habituellement le ministère de l'exorcisme où il livre quelques réflexions personnelles et affirme : "Le Diable existe et je l'ai rencontré" et il ajoute : "Depuis qu'il est élu, le pape Benoît XVI parle souvent de l'existence réelle de l'enfer et de l'action néfaste du démon dans le monde."
En préambule, pour que vous ne pensiez pas que le texte qui suit ne concerne que le XVIème siècle, nous pensons qu'il est essentiel de dire que l'enseignement de l'Église, aujourd'hui, n'a pas varié. Le pape Benoît XVI a développé cette parole dans son encyclique "Deus Caritas est" : "Nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru" (1Jn 4,16). La vie chrétienne, aujourd'hui comme hier, exige la volonté d'aller à contre-courant. Elle est toujours un choix entre égoïsme et amour, elle nous demande de choisir entre honnêteté et malhonnêteté, finalement entre Dieu et Satan. C'est ce qu'a développé le pape Benoît XVI dans une inoubliable homélie prononcée à Velletri. (lire) A une autre occasion, en présence de plusieurs milliers de jeunes, le pape les invite à se tenir ferme contre les ruses du diable (L'enfer existe éternellement). Plus récemment, il rencontra le clergé de Rome, l'attention fut concentrée en grande partie sur l'existence réelle de l'enfer (mise en garde). Nous pourrions continuer ainsi, il est temps de vous laisser à votre lecture :
Marie-Isabelle ALVIRA
UNE RÉFLEXION SUR LE DIABLE SUGGÉRÉE PAR LA LECTURE DE SAINTE THÉRÈSE D'AVILA
Les derniers temps, c'est-à-dire le temps de l'Église qui s'écoule de la Résurrection du Christ à la fin du monde, revêt un caractère de lutte particulièrement acharnée contre le démon. Celui-ci, en effet, se sachant vaincu par la Croix salvifique du Christ (Catéchisme de l'Eglise catholique, no 1086, no1708), veut mettre à profit ce qui reste de l'histoire humaine pour ôter à Dieu un maximum de gloire. Le combat est dès lors inévitable. Voilà pourquoi l'Apocalypse en particulier décrit la vie de l'Église avec cette vision de lutte.
Comme Patrick de Laubier le rappelle dans Le Temps de la fin des temps, l'expérience des mystiques nous est précieuse par les informations qu'elles nous apportent sur les réalités surnaturelles.
Sainte Thérèse d'Avila est peut-être l'une des mystiques chrétiennes qui a le mieux décrit l'action de Dieu dans son âme. Elle nous livre aussi de nombreuses descriptions et réflexions sur l'action du diable dans sa vie.
En effet, s'il est vrai que le diable tente de détourner l'humanité entière de Dieu, il mène aussi un combat particulièrement rude contre les saints, car ce sont eux qui lui enlèvent le plus de proies; plus l'action du saint sera profonde et universelle, plus le diable s'acharnera d'une manière ou d'une autre contre lui, comme l'histoire de l'Église nous le montre.
Les récits de Sainte Thérèse nous permettront de guider et d'orienter notre réflexion sur la nature et l'activité du diable. Ils renferment en outre une véritable praxis sur la conduite à tenir à son sujet pour le maîtriser et le vaincre. La sainte d'Avila était en toute circonstance une femme pratique. Elle faisait sien l'adage castillan : " Celui qui se sauve a le vrai savoir, autrement il ne sait rien " (Dictionnaire Académie Espagnole Ed. Gredos, 1984, Lettre S, p.4).
Le savoir définitif est le savoir qui sauve, c'est-à-dire le savoir pratique qui comporte le bon usage de la volonté. Notre savoir sur le diable doit par conséquent, nous conduire à la victoire sur lui.
1. Nature et identité du diable
Nous connaissons bien le mot de Baudelaire : "La plus belle ruse du diable est da nous persuader qu'il n'existe pas." Mais il en a élaboré une autre pour ceux qui ont refusé de nier ouvertement son existence : les convaincre que son "statut" n'est pas personnel. Cette opinion a, en effet, souvent été exprimée ces dernières années : "Dire le diable personnel, cela nous semble équivoque (...) Nous dirions volontiers que le diable "ne mérite pas" d'être personnel. Il n'a pas assez de valeur positive pour être personnel (...) Son existence, tout à fait particulière, ne prend pas forcément forme personnelle. C'est pourquoi nous préférons, en ce qui nous concerne, parler de "forces diaboliques" ou encore du "diabolique" plus que du diable proprement dit" (La diable, oui ou non ? PASCAL THOMAS, Paris, Centurion, 1939, p.205)..
L'argumentation sur laquelle s'appuie cette thèse est énoncée clairement par des théologiens comme Urs van Balthasar : "La personne présuppose toujours une relation positive à une autre personne, une forme de sympathie ou du moins une forme d'inclination ou d'intérêt naturel. Mais voilà précisément ce qu'on ne pourrait plus dire d'un être qui aurait rejeté entièrement, radicalement, Dieu, c'est-à-dire l'Amour même" (Espérer pour tous, Paris, Desclée de Brouwer, 1987).
Néanmoins : ce n'est pas parce que le diable ne peut plus aimer qu'il ne possède plus son caractère de personne. Il ne faut pas confondre le plan ontologique et le plan moral. En effet, si le diable est devenu, à cause de son péché, le "professionnel" du mal par excellence, il a été pourtant créé bon, excellent, par Dieu (Catéchisme de l'Église Catholique, no 391) 6 (ibid. n° 2851). Et Dieu, après la faute, n'a pas annihilé ni modifié sa nature. Étant un ange, créature spirituelle, il est une personne (Vie, In Œuvres complètes da Ste Thérèse de Jésus. Paris. Éd. du Seuil, 32. p.345), caractérisée - comme toute personne par son irréductibilité et sa capacité de relation. C'est pourquoi Dieu peut lui parler, comme Goethe nous le rappelle dans son célèbre Faust.
Si l'ange déchu n'a pas perdu, en péchant, son caractère de personne, il a, par contre, perdu à jamais - tout comme l'homme damné -l'espoir de trouver sa vraie identité. Il en est ainsi parce que les créatures personnelles, anges et hommes, ne peuvent trouver leur identité, séparées de Dieu. Créées par lui et pour lui, leur nature ne trouve son accomplissement et sa raison d'être qu'en Dieu.
D'où le drame des damnés et des démons. Il n'y aurait plus de malheur moral pour eux s'ils cessaient d'être des personnes. Mais la description que Sainte Thérèse nous fait de l'enfer nous détrompe : là, en effet, toutes les souffrances sensibles que l'on ressent "ne sont rien encore auprès de l'agonie de l'âme. Elle éprouve une oppression, une angoisse, une affliction si sensible, une peine si désespérée et si profonde, que je ne saurais l'exprimer. Si je dis que l'on vous arrache continuellement l'âme, c'est peu, car, dans ce cas, c'est un autre qui semble vous ôter la vie. Mais ici c'est l'âme elle-même qui se met en pièces" .
Tout comme l'homme damné, le diable a perdu tout espoir de se retrouver lui-même et se met continuellement "en pièces", devenant l'agitation et l'agitateur par excellence.
2. Action du diable
L'agir suit l'être. Chaque être se comporte selon ce qu'il est. Le diable se comporte comme ce qu'il est : un être où coïncident de manière paradoxale le meilleur et le pire : la meilleure nature créée et la pire volonté libre tournée entièrement vers le mal. Comme le dit le vieil adage philosophique : "Corruptio optimi, pessima".
Tout le pouvoir du démon est par conséquent destructeur, négatif. Refusant de servir Dieu, Satan s'efforce d'éloigner la création de son Créateur. Il ne veut pas qu'elle accomplisse sa fin : rendre gloire à Dieu.
Selon l'interprétation de la philosophie classique, le péché est à l'origine du désordre de l'univers. Le professeur R. Spaemann, dans son livre Das Natürliche und das Vernünftige a défendu la thèse selon laquelle le péché qui a brisé l'ordre universel a été le péché de l'ange, le diable étant appelé "le prince de ce monde".
S'il est "prince de ce monde" (Jn 14, 30), l'homme, lui, est le roi de la création et, comme nous le rappelle un autre mystique, il doit ramener à Dieu.
Ce monde où le démon a introduit le désordre : "Il convient Seigneur que je t'aime, afin que je mérite d'être servi par les créatures, qui n'ont d'autre manière de parvenir à toi si ce n'est en me servant moi, lorsque je te sers; lorsque je t'aime et que je suis celui que je dois être, alors toutes les créatures s'unissent à toi et atteignent le but de leur création : moi pour toi et les créatures à travers moi. Mais quand je ne suis pas celui que je dois être, je sème la confusion et perds et pervertis tout ce que tu as créé. En revanche, lorsque je t'aime, par l'amour que je te voue, je répare, unis et conserve l'univers tout entier" (Diego de Estella, Ed. Catalica, 1948, p.384).
Comment le diable s'y prendra-t-il pour s'opposer à ce dessein ? Car si Dieu Créateur ne s'impose pas à sa créature, respectant ainsi sa liberté, le diable, lui, peut encore moins le faire. Son pouvoir est grand, mais limité. Il sait qu'il ne peut pas s'imposer directement à un être libre. Il doit agir "en biais", en déployant une stratégie rusée et séductrice. Cette stratégie consiste en un exercice constant de séparation.
Il est possible de discerner deux sortes de stratégies de la part du démon :
I - Une générale, qu'il essaie de déployer à travers l'histoire.
II - Une particulière, qui s'adresse à chaque homme.
I - Sa stratégie générale vise successivement deux fronts:
a) Le front surnaturel : spirituel, ecclésial, théologique.
b) Le front naturel : philosophique et moral.
a) Il s'agit d'abord de couper les hommes de la vie da la grâce, de l'union avec Dieu.
Pour cela, il voudrait en finir avec l'Église qui dispense la grâce à travers les sacrements, ou tout au moins en écarter le maximum de chrétiens. Sainte Thérèse a été témoin au cours du XVIème siècle de l'effort réalisé pour relativiser la valeur des sacrements. En effet, ce furent des chrétiens désireux de parvenir à une conception plus pure du christianisme, qui supprimèrent dans une grande partie de l'Europe les sacrements de l'Ordre, de l'Eucharistie et de la Pénitence.
La mort du Christ sur la Croix inaugure la victoire "historique" sur le diable. Or, la Sainte Messe célébrée par le prêtre in persona Christi perpétue et renouvelle le Sacrifice du Calvaire. L'absence du prêtre implique l'absence de la Messe, l'absence de la présence réelle du Christ, l'absence du sacrement de Réconciliation qui redonne la vie de la grâce à celui qui l'a perdue...
Quand on observe une carte de l'Europe du XVI" siècle - le siècle de Sainte Thérèse ainsi que de la Réforme Protestante - on peut avoir l'impression d'assister à l'effondrement de l'Église Catholique, tant les défections des peuples ont été massives à la suite de leur roi. C'est ce qui pousse Sainte Thérèse à s'écrier : "0 mon Rédempteur, je ne puis supporter ce spectacle sans que mon coeur soit brisé de douleur ! Que sont devenus aujourd'hui les chrétiens ? (...) Le monde est en feu l On voudrait, pour ainsi dire, condamner de nouveau Jésus-Christ puisqu'on l'accable de tant de calomnies ! On voudrait en finir avec son Église ! (Chemin de la Perfection, ch 1, p. 584-585).
Cependant, même si l'on peut quitter l'Église et croire toujours en Dieu, du déisme à l'athéisme, il n'y a pas une grande distance à parcourir. Le seuil a été vite franchi. Pourtant l'athéisme théorique implique une justification, une réflexion sur Dieu. L'athéisme absolu et plus achevé est sans doute l'athéisme pratique qui se passe de toute préoccupation intellectuelle, de toute référence. Il a par conséquent l'avantage d'être moins prétentieux, de se présenter de manière plus modeste : à chacun sa vérité, tout est relatif, il faut surtout vivre...
"La philosophie, selon F. Vandenbroucke, a cherché les bases rationnelles d'une négation de Dieu sans précédent dans l'histoire de la pensée humaine. Cette recherche a suivi une courbe qui commença par la 'sécularisation' du Christianisme, pour atteindre sa 'liquidation', au terme de laquelle apparaît paradoxalement le déchaînement des forces démoniaques" (Vld. "Démon" in Dictionnaire de Spiritualité Ascétique et Mystique, Paris, Beauchesne.1937 - 1988, coll. 231-232).
b) une fois le front surnaturel "dépassé", le diable peut facilement s'attaquer au front "naturel", car une nature sans sur-nature est forcément, dans l'état actuel de l'homme, une nature pécheresse.
L'athéisme pratique comporte non seulement la mort de Dieu mais la mort de l'homme, comme nombre de philosophes modernes l'ont mis en relief. Et cela parce que, tout comme l'ange, l'homme séparé de Dieu ne parvient plus à trouver son identité ni sa raison d'être. La grâce est la lumière qui lui permet de se reconnaître, de voir en lui ce Dieu dont il est à l'image. Car il est image... Mais s'il la rejette, il tombe comme Satan dans cet orgueil qui le pousse à vouloir être Dieu le Père, Créateur et origine de toute chose. Alors, il veut toute la gloire pour lui-même; alors il veut remodeler sa nature et se dégager de toute loi morale; alors il veut être maître de la vie et de la mort...
Il - Cependant le diable sait qu'une stratégie générale n'est pas suffisante.
Voilà pourquoi il dresse, selon l'expression de Sainte Thérèse, toute une "batterie" pour gagner chaque âme. Son arme ordinaire est la tentation qui est une invitation "personnalisée". Cette invitation est lancée à travers un dialogue rusé et séducteur, car il s'agit en définitive de tromper l'intelligence de l'homme et d'affaiblir sa volonté pour le pousser à pécher.
a) Action sur l'intelligence
Il est intéressant de signaler que le diable cherche à accéder à l'intelligence et à la volonté de l'homme à travers l'imagination et l'appétit sensible.
"C'est l'imagination que le démon trompe et séduit" (V.D. 3 p. 917). Il n'a pas beaucoup de difficultés à le faire dans un monde matérialiste où l'imagination reproductrice d'images est constamment sollicitée et comme exacerbée. En revanche, l'imagination créatrice, intimement liée à l'intelligence et à l'effort intellectuel est devenue très pauvre.
Or, l'intelligence nous a été donnée pour saisir la vérité et en définitive pour contempler la Vérité par excellence : Dieu.
"Cette vérité dont je parle, et qui a daigné se révéler à moi, est en soi la Vérité même; elle est sans commencement et sans fin. Toutes les autres vérités dépendent de cette Vérité, comme tous les autres amours, de cet Amour, et toutes les autres grandeurs, de cette Grandeur" (Vie 40, p.463).
En revanche, "tout ce qui vient du démon est mensonge comme lui" (Vie 15, p.152). Alors que le Christ est le Logos, la Parole, le diable est le parler trompeur. Grand connaisseur des techniques rhétoriques, il cherche à obscurcir la raison et à confondre les idées. "Le mensonge est l'offense la plus directe à la vérité. (...) En blessant la relation de l'homme à la vérité et au prochain, le mensonge offense la relation fondatrice de l'homme et de sa parole au Seigneur" (Catéchisme de l'Église Catholique n° 2483).
L'une des manières les plus efficaces pour semer la confusion dans les esprits, c'est la suppression des symboles. Le mot "diable" est le contraire du mot "symbole" : diabolos = ce qui sépare; Symbolon = ce qui unit, signe de reconnaissance. Le mépris et la suppression des symboles laissent l'intelligence de l'homme dans le vide, car les réalités les plus profondes se manifestent à nous à travers des signes extérieurs et à travers des symboles.
"D'une manière habituelle, notre pensée a besoin d'un appui" (Vie 22, p. 226) .
En effet, "l'homme étant un être à la fois corporel et spirituel, il exprime et perçoit les réalités spirituelles à travers des signes et des symboles matériels. Comme être social, l'homme a besoin de signes et de symboles pour communiquer avec autrui, par le langage, par des gestes, par des actions. Il en est de même pour la relation à Dieu" (Catéchisme de l'Église Catholique n" 1146).
"Il y avait en moi si peu d'aptitude pour me peindre les objets à l'aide de l'entendement, que je ne pouvais imaginer les choses que je n'avais pas sous les yeux (...) Voilà le motif pour lequel j'aimais tant les images. Hélas I qu'ils sont malheureux ceux qui, par leur faute, se privent d'une ressource aussi précieuse l On voit bien qu'ils n'aiment pas notre Seigneur. S'ils l'aimaient, ils seraient contents de voir son portrait; car même ici-bas c'est une joie de voir le portrait d'un ami" (Vie 9, p. 91).
C'est donc une ruse caractérisée du démon d'enlever d'abord tout ce qui peut réveiller en nous l'amour de Dieu, ainsi que tout ce qui nous rappelle la dignité, la nature, la profondeur, la raison d'être, la finalité des diverses réalités voulues par Dieu. La suppression ou le mépris des signes comporte une subversion profonde, comme l'histoire récente nous le montre.
b) Action sur la volonté
Le diable cherche à affaiblir la volonté par deux moyens essentiels :
1 - En inspirant la peur de faire le bien. Il cherche à décourager.
2 - En incitant au péché. Tout péché enchaîne la volonté.
1- Il inspire la peur sur les personnes ordinaires, afin de les empêcher de viser la sainteté et de les installer ainsi dans la tiédeur et dans la médiocrité. C'est le cri : "je ne peux pas !"
Il veut d'abord, par dessus tout, empêcher le dialogue personnel de la prière, car elle est la porte et le chemin sûr de l'amour de Dieu. C'est dans la prière que naissent les grands désirs de sainteté ainsi que la force pour les mettre en œuvre.
Or "le diable ne veut pas que tous soient saints" (Lettre de Sainte Thérèse au Père Gratien, novembre 1576). "Je crois que le démon porte beaucoup de préjudice aux âmes qui font oraison, et les empêche de réaliser de grands progrès par les fausses idées qu'il leur donne de l'humilité. Il leur représente qu'il y a de l'orgueil à entretenir de grands désirs, à vouloir imiter les saints, à souhaiter le martyre (...) Nos cœurs sont tellement étroits que la terre, ce semble, va nous manquer, sî nous venons à négliger tant soit peu le corps, pour veiller aux intérêts de l'âme" (Vie 13, p. 124).
Alors qu'il agit habituellement sur l'imagination pour inspirer la peur, il doit avoir recours à des moyens plus importants pour inspirer la peur paralysante aux saints : c'est ce qu'il a fait avec Sainte Thérèse à maintes reprises, en lui apparaissant et en la soumettant à des tourments, lui infligeant des coups, etc. (Vld. Vie, 31).
Il percevait sans doute le rayonnement de sa vie et de son œuvre au long de l'histoire, ses appels pressants à une vie de prière. La vie mystique, telle que Sainte Thérèse l'a vécue, suppose en quelque sorte un avant-goût du ciel, une présence extraordinaire de Dieu dans l'âme. La mystique thérésienne, tout comme les autres mystiques espagnols du XVIème siècle, lance une invitation universelle à la prière mentale. En outre, sa personnalité attrayante et son langage populaire touchent un très large public. Les difficultés auxquelles le mouvement mystique et la Réforme Carmélitaine ont eu affaire ont été immenses.
2 - Le diable incite au péché en introduisant ainsi une triple séparation
* le péché brise l'unité de l'homme, produisant en lui une tension inévitable. La paix est le fruit de l'union des puissances de l'homme entre elles et avec Dieu.
* le péché brise l'unité avec les autres
* le péché brise l'unité avec Dieu
Rien, nous le savons, ne désintègre autant la personnalité humaine, la société et le monde que le péché.
Enfin, dans cette situation, le démon est aussi Satan, l'accusateur. L'accusateur de Dieu et de l'homme. Il prétend par là empêcher le retour à Dieu, en enlevant la confiance et en poussant au désespoir.
3. Pouvoir de l'homme sur le diable
Arrivés à ce stade de notre réflexion, nous pouvons nous demander ce que nous pouvons faire pour vaincre le diable.
Le diable est soumis à Dieu. S'il a reçu de Dieu la permission de mettre l'homme à l'épreuve, il ne peut outrepasser le pouvoir qui lui a été donné. De plus, comme nous l'avons dit, il ne peut pas faire violence à la liberté de l'homme. Le péché" est toujours volontaire. "Ma fille, la lumière est bien différente des ténèbres; je suis fidèle; personne ne se perdra sans le savoir" (Relation 22, p.547). Après de violentes tentations, Sainte Thérèse écrit : "Parfois, il m'a semblé que les démons s'amusaient à se renvoyer mon âme comme une balle, sans qu'elle put s'échapper de leurs mains (...) La seule lumière du libre arbitre demeure toujours" (Vie 30, p. 318)..
La tradition chrétienne propose de nombreux moyens pour vaincre le diable. Etant impossible de les énumérer tous, nous soulignerons, suivant Sainte Thérèse, trois moyens qui se rattachent à l'exercice des vertus théologales :
1. La recherche d'une science humble, ce qui fortifie la foi : "A mon avis, le démon redoute souverainement la science humble et vertueuse; il sait qu'alors ses ruses seront déjouées et qu'il sortira vaincu du combat" (Vie 13, p.133).
"Il redoute comme la peste les dispositions fondées sur la vérité. Il est ami du mensonge et le mensonge même; aussi, il ne fera jamais de pacte avec celui qui marche dans la vérité" (Vie 25, p.266).
2. La détermination, doublée de la bonne humeur, ce qui est une manifestation de la vertu d'espérance :
"Le démon redoute beaucoup les âmes vaillantes. L'expérience lui a appris quels préjudices elles lui causent Tout ce qu'il fait pour leur nuire tourne à leur avantage et à celui du prochain, et finalement c'est lui qui y perd" (Chemin de la Perfection 25, p.702).
"Si, en effet, ce Maître est tout-puissant, comme je le vois et je le sais, si les démons sont ses esclaves, comme la foi ne me permet pas d'en douter, quel mal peuvent-ils me faire à moi, dès lors que je suis la servante de ce Seigneur et de ce Roi ? Pourquoi n'aurais-je pas la force de combattre contre tout l'enfer réuni ? Je prenais à la main une croix et il me semblait en vérité que Dieu me donnait du courage. En très peu de temps, je me vis toute transformée et je n'aurais pas craint de me mesurer avec tous les démons à la fois; il me semblait qu'avec cette croix, je pouvais facilement les vaincre tous.
Aussi, je leur disais : maintenant, venez tous, je suis la servante de Dieu, je veux voir ce que vous pouvez contre moi !
Ce qui est hors de doute, à mon avis, c'est qu'ils avaient peur de moi. Je me trouvais si tranquille et si rassurée contre eux tous que toutes mes craintes antérieures se sont dissipées. S'il m'est arrivé parfois de les voir depuis lors (...), non seulement je n'en avais presque aucune crainte, mais il me semblait plutôt que j'étais pour eux un objet de terreur. J'avais donc acquis, par la bonté manifeste du Maître du monde, un tel empire contre eux, que je n'en faisais pas plus de cas que de simples mouches. A mon avis, ils sont tellement lâches que, s'ils se voient méprisés, ils n'ont plus aucun courage. (...) Daigne Sa Majesté imprimer en nos coeurs la seule crainte que nous devons avoir et nous faire comprendre' qu'un seul péché véniel peut nous causer plus de mal que tout l'enfer réuni, comme c'est la vérité" (Vie 25, p. 265 - 266).
Et elle ajoute plus loin : "Je ne puis concevoir les craintes qui provoquent ces exclamations : Le démon ! Le démon l quand nous pouvons dire : Mon Dieu I Mon Dieu I et faire ainsi trembler l'esprit de ténèbres. Ne savons-nous pas qu'il ne peut faire le moindre mouvement, si Dieu ne le lui permet ? Pourquoi donc ces frayeurs ? Pour moi, je l'affirme, je redoute bien plus ces hommes si timides devant le démon, que le démon lui-même" (lbid. p.287).
3. Le recours au pardon de Dieu est ce qui nous permet de recouvrer la charité.
Sainte Thérèse ne cesse de nous parler tout au long de ses œuvres de la miséricorde de Dieu. "Elle gémît d'avoir offensé Dieu, mais elle se sent dilatée par sa miséricorde" (lbid. 30, p. 317).
Le recours au pardon divin est le chemin sûr et efficace pour revenir vers Lui, et échapper ainsi à l'emprise du diable. Car, par le péché, il nous tient soumis à lui.
Les textes thérésiens sur la miséricorde de Dieu et sur le recours au sacrement de pénitence sont innombrables. Le pardon est l'une des manifestations les plus éclatantes de l'Amour : Dieu nous rachète en rachetant notre passé : "Tous tes péchés sont devant moi comme s'ils n'avaient jamais existé ; il te faut maintenant prendre courage" (Relations 58, p.574).
C'est ce même courage, manifestation éclatante du pouvoir de l'amour, qui soutiendra, selon Sainte Thérèse, les "apôtres des derniers temps" : "Faisant un jour oraison, avec beaucoup de recueillement, de douceur et de quiétude, il me semblait que j'étais toute environnée d'anges et très rapprochée de Dieu. Je me mis à prier avec ferveur Sa Majesté pour les besoins de l'Église. Il me fut donné de voir le grand bien qu'un certain Ordre devait faire dans les derniers temps et le courage avec lequel ses membres soutiendraient la foi" (Vie 40, p.468-469).
En effet, celui qui contente Dieu "peut fouler aux pieds tout l'enfer" (Vie 28, p.292).
Sources : spip.php-article154 - E.S.M.
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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 30.07.08 -T/Théologie