"Que ton coeur ne soit pas troublé. N’aie pas peur de cette maladie ni d’aucune autre maladie ou angoisse. Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère? N’es-tu pas sous ma protection? Ne suis-je pas ta santé? Ne reposes-tu pas heureux en mon sein? Que désires-tu de plus? Ne sois pas malheureux ou troublé par quoi que ce soit"
(Paroles de Notre Dame à Juan Diego)
Premier Jour
O très aimante Dame de Guadalupe, Mère féconde de sainteté, enseigne-moi tes chemins de bonté et de force. Ecoute l’humble prière que je t’offre avec une sincère confiance, te suplliant de m’accorder cette faveur....
Notre Père, Je te salue Marie, Gloire au Père.
Deuxième Jour
Marie, conçue sans péché, je viens devant ton trône de grâce partager la fervente dévotion des tes fidèles enfants Mexicains qui t’invoquent sous le glorieux titre Aztèque de Guadalupe.
Obtiens moi une foi vive afin de toujours faire la volonté de ton Fils: Que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Notre Père, Je te salue Marie, Gloire au Père.
Troisième Jour
Marie, dont le Coeur Immaculé fut transpercé de sept glaives de douleur, aide moi à marcher vaillamment au milieu des épines qui jonchent ma route. Obtiens pour moi la force de te prendre vraiment comme modèle. Je te le demande, mère très aimante.
Notre Père, Je te salue Marie, Gloire au Père.
Quatrième Jour
Très aimante Mère de Guadalupe, je te supplie de m’accorder une forte volonté de suivre l’exemple de charité de Ton Divin Fils, de toujours chercher le bien de ceux qui sont dans le besoin. Accorde moi cette grâce, je te le demande humblement.
Notre Père, Je te salue Marie, Gloire au Père.
Cinquième Jour
Très sainte Mère, je te supplie de m’obtenir le pardon de tous mes péchés, ainsi que d’abondantes grâces afin que, dorénavant, je serve Ton Fils avec plus de fidélité, et finalement j’obtienne la grâce de Le louer avec toi pour toujours dans le ciel.
Notre Père, Je te salue Marie, Gloire au Père.
Sixième Jour
Marie, Mère des vocations, multiplie les vocations sacerdotales et remplis la terre de maisons religieuses qui seront la lumière et la chaleur du monde, la sécurité dans les nuits orageuses. Supplie ton Fils de nous envoyer beaucoup de prêtres et de religieuses. Nous te le demandons, O notre Mère.
Notre Père, Je te salue Marie, Gloire au Père.
Septième Jour
Notre Dame de Guadalupe, nous te supplions d’accorder aux parents la grâce de mener une vie sainte et d’éduquer chrétiennement leurs enfants; que les enfants leur obéissent et suivent leurs conseils; que tous les membres de la famille prient et adorent Dieu ensemble. Nous te le demandons, O notre Mère.
Notre Père, Je te salue Marie, Gloire au Père.
Huitième Jour
Je me prosterne devant toi, O Mère avec un coeur rempli de sincère vénération t’implorant de m’obtenir la grâce d’accomplir mes devoirs d’état avec fidélité et persévérance.
Notre Père, Je te salue Marie, Gloire au Père.
Neuvième Jour
Seigneur Dieu, il T’a plu de nous combler d’innombrables faveurs en nous plaçant sous la protection spéciale de la Bienheureuse Vierge Marie. Accorde nous, tes humbles serviteurs, qui nous réjouissons de l’honorer sur la terre, la joie de la voir face à face dans le ciel.
Notre Père, Je te salue Marie, Gloire au Père.
Nous lisons dans le Livre des Lévites comment le SEIGNEUR raconta à Moïse le grave crime de ceux qui offraient des enfants à Molech, se référant à la coutume de Canaan de sacrifier des enfants au dieu Molech. Les petites victimes étaient d’abord assassinées puis incinérées. (Voir Lévites 20,1-5 et 18,21)
Aux Amériques, il y a cinq siècles de cela, le rituel le plus cruel en sacrifice humain jamais connu dans l’Histoire fut accompli par l’empire Aztèque. Entre 20,000 et 50,000 humains étaient sacrifiés chaque année. Ce rituel comprenait le cannibalisme des membres des victimes. La plupart d’entre eux étaient des captifs ou des esclaves, qui, de plus, incluaient aussi des femmes et des enfants. Le premier historien Mexicain Ixtlilxochitl estimait qu’un enfant sur cinq était sacrifié au Mexique.
L’apogée de ces rituelles assassines survint en 1487 lors de la consécration du nouveau temple de Huitzilopochtli, somptueusement décoré de serpents, à Tenochtitlan ( maintenant Mexico) quand, lors d’une seule cérémonie qui dura quatre jours et quatre nuits , l’empereur Aztèque Tlacaellel, adorateur du démon, présida au sacrifice de plus de 80,000 hommes au son constant de tambours géants faits de peau de serpent.
Notre Dame de Guadeloupe écrasa ce serpent en 1531.
Aujourd’hui, l’ancien Serpent a certainement accompli un autre chef d’oeuvre de ses rites de sang contre la vie humaine. Des millions d’enfants à naître sont tués chaque année dans le monde, par des procédés qui dans certains pays ne sont pas seulement légaux mais aussi officiellement soutenus et financés par le gouvernement. Dans de nombreux cas le procédé suit les mêmes règles que celles des sacrifices au dieu Molech: l’assasinat et l’incinération des petits enfants.
Cette femme vêtue de soleil , figurant dans l’image de Notre Dame de Guadeloupe, Protectrice des enfants à naitre, écrasera ce serpent à nouveau.
Ave Maria
Notre Dame de la Guadeloupe
Une rencontre marquante entre deux continents
Christophe Colomb (1451-1506) découvrit et débarqua sur le continent américain le 12 octobre 1492. La rencontre entre les européens et les peuples de l’Amérique centrale fut violente aussi bien du point de vue belliqueux que du point de vue religieux. Le Jeudi saint, 22 avril 1519, le noble capitaine Hernán (ou Fernand) Cortés (c. 1484-1547) débarqua sur le continent latino-américain et, à la tête de 508 hommes et d’alliés indigènes, il entreprit la conquête du Mexique. Le 13 août 1521, un véritable massacre survint: environ 240,000 guerriers indigènes furent tués; la ville fut saccagée et détruite. Hernán conquit ainsi la superbe capitale du monde aztèque, Tenochtitlan (i.e. ville de Tenoch, chef des Aztèques, ou ville du cactus)[1] – la ville de Mexico –, et devint l’arbitre absolu du destin de millions d’indigènes mexicains. En 1523, pendant que H. Cortés était nommé capitaine-général et gouverneur de la Nouvelle-Espagne, les premiers missionnaires catholiques arrivèrent pour faire la conquête religieuse du Mexique. Le frère Bernardino de Sahagún et ses compagnons franciscains s’immergèrent immédiatement dans l’étude intensive des langues indigènes, de l’histoire, des coutumes et des pratiques religieuses des Mexicas, qu’ils appelèrent Aztèques. Ils apprirent vite le nahuatl et procédèrent à la traduction de textes religieux et enseignèrent les doctrines chrétiennes. Mais, après une génération, ils n’eurent que très peu de succès: quelques centaines d’indigènes seulement se convertirent à la foi chrétienne. Peut-être ceux-ci ne comprenaient tout simplement pas ce que leur offraient les missionnaires, ou peut-être avaient-ils simplement l’impression que les missionnaires voulaient faire d’eux leurs esclaves; chose certaine, le christianisme n’était pas du tout populaire auprès des indigènes. Tout changea à partir des apparitions de «la Guadeloupe» les 9-12 décembre 1531. Cette année-là où l’évêque franciscain Juan de Zumárraga (1468-1548) – premier évêque de la ville de Mexico –, animé d’un esprit illuminé et progressiste, écrivait à ses confrères européens en se vantant d’avoir fait détruire 500 temples indigènes et 20,000 idoles, la Vierge Marie apparut à l’humble paysan Juan Diego Cuahtlatoatzin (1474-1548) et, en seulement six ans (1532-1537), environ sept à huit millions d’indigènes demandèrent et reçurent le baptême. En 1541, neuf ans après les apparitions, on comptait neuf millions d’indigènes qui s’étaient convertis à la foi chrétienne, soit en moyenne trois mille conversions par jour, le même nombre de convertis que le jour de la Pentecôte (cf. Ac 2, 41). Qu’est-ce qui se passa exactement? Le Nican Mopohua (i.e. “Ici on raconte”),[2] écrit vers 1552-1560 par un noble aztèque, Antonio Valeriano (+1605), élève du collège franciscain de Santa Cruz de Tlatelolco, le raconte. Les peuples de l’Amérique centrale, enclins à pratiquer un culte au dieu soleil, se sont laissés changer par le Christ, «Lumière du monde» (Jn 8, 12), grâce à l’intervention de sa Mère, la Vierge Marie, Notre Dame de la Guadeloupe.
Une rencontre éclairante
À sa cinquième et dernière apparition, cette fois-ci à Juan Bernardino, oncle de Juan Diego, la Vierge révéla son nom, Tecuauhtlacuepeuh (i.e. celle qui vient de la ‘région de lumière’ en volant comme un ‘aigle de feu’) ou Tecoatlaxopeuh (i.e. celle qui écrase le serpent de pierre), du mot nahuatl Coatlaxopeuh (i.e. celle qui écrase le serpent) qui se prononce «quatlasupe»; ce mot, entendu par des hispanophones, a pu être confondu avec le mot Guadeloupe (en espagnol Guadalupe, mot d’origine arabe qui signifie «rivière du loup» ou «fleuve de lumière» ou «rivière cachée»), nom du principal sanctuaire marial de l’Espagne dans les montagnes Estremadura. D’une part, pour les indigènes, le mot Coatlaxopeuh rappelait le mythe aztèque du serpent plumé, le dieu Quetzalcoatl (i.e. serpent plumé), que plusieurs prophéties identifiaient au conquéreur H. Cortés. D’autre part, pour les européens chrétiens, l’image de la Vierge de Guadeloupe pouvait rappeler l’image biblique de la Vierge qui écrase le serpent (cf. Gn 3, 19; Rm 5, 12. 15. 17) ou celle de l’Apocalypse (cf. Ap 12, 1ss) qui semblait être reproduite sur la tilma de Juan Diego, ou même, plus tard, celle qui représente l’Immaculée Conception dont la fête a été, par la suite, fixée de précepte en 1708 par Clément XI et dont le dogme a été défini le 8 décembre 1854 (bulle Ineffabilis Deus) par Pie IX. La Vierge de Guadeloupe est debout, devant le soleil – puisque qu’on ne voit que ses rayons qui entourent la Vierge –, signe qui indique, pour les aztèques, qu’elle est plus grande que le dieu-soleil qu’elle éclipse. Au Tepeyac, le lieu même où l’on adorait la déesse-mère Tonantzin, la Vierge de Guadeloupe est apparue, enceinte, pour préparer la rencontre nuptiale (l’alliance) entre les “fils du soleil” (aztèques) et son divin Fils, le vrai “Soleil de justice” (Ml 3, 20), “l’astre d’en haut” (Lc 1, 78-79) qui viendra les visiter.
Laisser naître le Christ sur notre terre
La tilma de Juan Diego – sur laquelle fut reproduite l’image de la Vierge de la Guadeloupe – mesure 1.78 m. sur 1.05 m.; et l’image elle-même, 1.43 m.; la Vierge y est représentée de la tête aux pieds, très belle et pleine de douceur, portée par un ange aux ailes déployées. Elle est devant le soleil, la lune sous les pieds, et a les mains jointes. On peut remarquer qu’elle porte sur son sein un ruban noir; dans la culture locale, ce ruban noir portée par les mères indigènes indiquait qu’elles étaient enceintes. La Vierge de la Guadeloupe est la Mère de Jésus, le Messie. Elle veut l’enfanter sur ce “nouveau” continent qui attend l’Évangile de la vie et de la justice. Elle, la Madrecita (i.e. la petite Mère), veut offrir son Fils, dont le nom “Jésus” signifie “Dieu sauve”, à tous les peuples du continent américain qui attendent encore la pleine libération. Sous le ruban noir de la Vierge de Guadeloupe, on peut remarquer une petite croix indigène ou “quincunce”, formée de quatre points périphériques (les quatre points cardinaux) et d’un point central (Dieu), qui avait une signification précise pour les indigènes: les voies (dans les quatre directions) des hommes croisent inévitablement les voies de Dieu (le point central),[3] comme le dit l’apôtre Paul, “c’est en lui qu’il nous est donné de vivre, de nous mouvoir, d’exister. … Oui, nous sommes de sa race” (Ac 17, 28). Le fait que la Vierge de Guadeloupe ait cette croix indigène sur son sein, sous le ruban noir, signifie que le nouveau centre de l’univers est Celui qu’elle porte en son sein. Le sein de la Vierge Marie est en quelque sorte le temple de la nouvelle présence de Dieu parmi les êtres humains. Au centre du petit médaillon que la Vierge de Guadeloupe porte à son cou, on peut remarquer une “croix chrétienne”. Ce détail indique au monde aztèque que la Vierge de Guadeloupe n’est pas seulement la Mère de Jésus-Sauveur, mais elle en est aussi la disciple; elle, la Morenita qui symbolise la nouvelle race née de l’union des races indigène et espagnole, est du nombre des chrétiens, des disciples de son Fils.
f. Camille M. Jacques, o.s.m.
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[1] Tenochtitlan, fameuse capitale des aztèques, avait été fondée en 1325 sur une île du lac de Texcoco, située à 5 kilomètres de la terre ferme avec laquelle elle était reliée par quatre routes soulevées (dont l’une passait par le Tepeyac). Selon la légende, elle avait surgi au temps de la grande migration aztèque. Parvenus à la Vallée d’Anahuac, les aztèques, sans demeure fixe, avaient vu se réaliser l’ancienne prophétie: un aigle royal, symbole de leur divinité suprême, avait été vu se poser sur un cactus dans une île du lac de Texcoco et dévorer un serpent. C’était là le signe du lieu où devait naître leur nouvelle patrie. Tenochtitlan, en náhuatl, a une double signification: il désigne soit « la ville de Tenoch », le chef mythique des Aztèques, soit « la ville du cactus », puisque dans la langue indigène cette plante est appelée telnochtli. En 1473, Tenochtitlan, étant unie à l’île jumelle Tlatelolco, couvrait en tout une superficie de dix kilomètres carrés.
[2] Le texte original du Nican Mopohua est conservé dans la Bibliothèque Lennox de New York. Pour une traduction française, voir : http://www.interlupe.com.mx/nican%20frances.htm ou http://www.virgendeguadalupe.org.mx/apariciones/Nican%20Mopohua/Nican%20Mopohua%20frances.htm
[3] Le monde aztèque décrivait cette conception de l’univers par un mythe: Ometeotl (dieu de la dualité, en qui s’intègrent les valeurs absolues opposées, telles que tangible-intangible, visible-invisible, bien-mal, mouvement-statisme, masculin-féminin, matière-esprit, vie-mort), le dieu au visage paternel et maternel, créa au commencement quatre fils: Xipe Totec (notre seigneur le désolé, dieu de la renaissance végétal, du printemps, à qui est confié le rouge), Yayauhqui (à qui est confié le noir) ou Tezcatlipoca (dieu du ciel nocturne, du vent de la nuit, des guerres et des discordes), Huitzilopochtli (colibri de la gauche, à qui est confié le bleu) et Quetzalcoatl (serpent emplumé, dieu des maintenances et de l’auto-sacrifice, créateur de la cinquième humanité, celle de l’ère actuelle, à qui est confié le blanc), auxquels il confia les quatre régions du monde. Cf. Canova Pietro, Guadalupe, dalla parte degli ultimi. Storia e messaggio (Edizioni Istituto San Gaetano, Vicenza 1984) p. 69.