Carême
Publié le 11/04/2009 à 12:00 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
Samedi Saint (Vigile pascale)
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,1-4.
Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en haut, où le Christ demeure assis à la droite de Dieu; affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles de la terre : car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu.
Quand le Christ, votre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez, vous aussi, avec lui dans la gloire.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,1-7.
Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie la Magdaléenne et l'autre Marie allèrent voir le tombeau.
Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre, car un ange du Seigneur, étant descendu du ciel, s'approcha, roula la pierre, et s'assit dessus.
Son aspect était (brillant) comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige.
Dans l'effroi qu'ils en eurent, les gardes tremblèrent et devinrent comme morts.
Et prenant la parole, l'ange dit aux femmes : " Vous, ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus le crucifié.
Il n'est point ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez et voyez la place où il était; et hâtez-vous d'aller dire à ses disciples :Il est ressuscité des morts, et voici qu'il vous précède en Galilée; c'est là que vous le verrez. Je vous ai dit. "
Bienheureux Guerric d'Igny (v.1080-1157), abbé cistercien
3ème Sermon pour la Résurrection (trad. SC 202, p.249s rev.)
« Voici le jour que le Seigneur a fait »
« Voici le jour que le Seigneur a fait. Tressaillons d'allégresse, réjouissons-nous en lui ! » (Ps 117,24) Frères, attendons le Seigneur en tressaillant d'allégresse, afin de le voir et de nous réjouir de sa lumière. Abraham a exulté à la seule pensée de voir le jour du Christ, et il a mérité ainsi de le voir et de s'en réjouir (Jn 8,56). Toi aussi, il te faut veiller chaque jour aux portes de la Sagesse (Pr 8,34)..., avec Marie Madeleine monter la garde à la porte au tombeau du Christ. Alors, j'en suis sûr, tu éprouveras avec elle combien est vrai ce qu'on lit dans l'Écriture au sujet de la Sagesse en personne, qui est le Christ : « Ceux qui l'aiment la contemplent sans peine, car elle se laisse découvrir par ceux qui la cherchent » (Sg 6,12)...
Lui-même en a fait la promesse : « J'aime ceux qui m'aiment, et ceux qui demeurent vigilants pour me chercher me trouveront » (Pr 8,17). C'est ainsi que Marie a trouvé Jésus dans la chair, elle qui veillait en venant au tombeau alors qu'il faisait encore sombre. Toi, il est vrai, tu ne dois plus le connaître selon la chair (2Co 5,16) mais selon l'esprit. Mais tu le trouveras spirituellement si tu cherches avec un désir semblable à celui de Marie... : « Mon âme t'a désiré pendant la nuit ; au plus profond de moi, mon esprit te cherche » (Is 26,9). Dis avec le psalmiste : « Dieu, mon Dieu, je te cherche dès l'aurore ; mon âme a soif de toi » (62,2)...
Veillez donc, frères, et priez intensément !... Veillez d'autant mieux que pointe déjà l'aurore du jour sans déclin... Oui, « voici pour nous l'heure de sortir du sommeil, car la nuit est déjà avancée, le jour est proche » (Rm 3,11-12). Veillez donc, pour que la Lumière du matin, le Christ, se lève sur vous, lui dont « le lever est prêt comme celui de l'aurore » (Os 6,3), car il est prêt à renouveler souvent le mystère de sa résurrection matinale en faveur de ceux qui veillent pour lui. Alors, le coeur jubilant, tu pourras chanter : « Le Seigneur Dieu nous a illuminés. Voici le jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous en lui ! »
Publié le 10/04/2009 à 12:00 par auto23652
1° Station - Jésus condamné à mort.
La condamnation à mort survient après cette nuit pâle de souffrance et de prière vécue par le Christ. Il se tient seul, au centre de la scène, agenouillé sur la terre de ce jardin. Comme toute personne affrontée à la mort, le Christ aussi est tenaillé par l’angoisse. Saint Luc emploie le mot d’« agonie », c’est-à-dire de lutte. La prière de Jésus est dramatique, tendue comme dans un combat, et la sueur mêlée de sang qui coule sur son visage est le signe d’un tourment âpre et dur. Son cri est lancé vers le ciel, vers ce Père qui semble mystérieux et muet : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe », coupe de souffrance et de mort. Jacob lui aussi, durant une nuit sombre sur les rives d’un affluent du Jourdain, avait rencontré Dieu au travers d’une personne mystérieuse qui « avait lutté avec lui jusqu’au lever de l’aurore ».
Prier au moment de l’épreuve est une expérience qui bouleverse le corps et l’âme. Le Christ lui aussi, dans les ténèbres de ce terrible soir a poussé un grand cri dans les larmes, et a prié en suppliant Dieu de pouvoir le sauver de la mort.
Dans le Christ de Gethsémani aux prises avec l’angoisse, nous nous retrouvons nous-mêmes quand nous traversons la nuit de la souffrance qui déchire, la nuit de la solitude lorsque les amis nous abandonnent, la nuit du silence de Dieu. En lui nous découvrons aussi notre visage, quand il est baigné de larmes et marqué par la désolation.
Regardons ce Saint, ce Juste et ce Véritable qui fut jugé par les pécheurs et mis à mort. Et pourtant, tandis qu'ils Le jugeaient, ils étaient forcés de L'acquitter. Judas, après L'avoir trahi, alla dire aux prêtres : " J'ai péché, car j'ai livré le sang innocent. " Pilate, qui rendit la sentence, dit à son tour : " Je suis innocent du sang de ce juste ", et rejeta le crime sur les Juifs. Le Centurion qui L'avait vu crucifier dit aussi : " En vérité, celui-ci était un juste. "
Ainsi toujours, le Christ est justifié jusque dans ses paroles et il est vainqueur quand il est jugé. Le combat de Jésus n’aboutit pas à la tentation de se laisser vaincre par le désespoir, mais il aboutit à professer sa confiance dans le Père et dans son mystérieux dessein. Ce sont les paroles du « Notre Père » qu’il propose de nouveau en cette heure amère : « Priez pour ne pas entrer en tentation… Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne ! ». Et voici qu’apparaît l’ange de la consolation, du soutien et du réconfort, qui aide Jésus et qui nous aide à continuer jusqu’au bout notre chemin.
Accordez-nous Seigneur la grâce d'être vrai avec nous même, avec vous, et que reconnaissant notre état de pécheur et votre amour infini, nous sachions nous tourner humblement vers vous pour recevoir votre pardon et la force de changer de vie.
2° Station - Jésus reçoit sa Croix.
Le soleil du vendredi saint s’est levé derrière le Mont des Oliviers, après avoir éclairé les vallées du désert de Judas. Les 71 membres du Sanhédrin, la plus haute institution juive, sont réunis autour du Christ. L’audience va s’ouvrir, avec la procédure habituelle des procès en justice : le contrôle d’identité, les chefs d’inculpation, les témoins. Le jugement est de nature religieuse selon les compétences de ce tribunal, comme il apparaît aussi dans les deux questions décisives : « Es-tu le Christ ? … Es-tu le Fils de Dieu ? ».
La réponse du Christ exprime au début comme un désabusement : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ; et si j’interroge, vous ne répondrez pas ». Il sait que, dans ce simulacre de procès, il y a l’incompréhension, la suspicion et l’équivoque. Il ressent autour de lui la froideur d’un mur de défiance et d’hostilité, encore plus oppressante parce que dressée contre lui par sa propre communauté religieuse et par sa propre nation.
L’accusation, qui conduira à une sentence de mort, à porter la croix, devient une révélation et notre profession de foi dans le Christ, Fils de Dieu. Cet accusé, humilié par une cour orgueilleuse, par une assemblée présomptueuse et par un jugement désormais scellé, rappelle à tous le devoir de rendre témoignage à la vérité, la vérité de la croix, la vérité de notre Rédemption. Un témoignage à faire retentir même quand est forte la tentation de se cacher, de se résigner, de se laisser aller à la dérive de l’opinion dominante.
O Seigneur, Dieu Tout-Puissant, qui portez sans lassitude le poids du monde entier, qui avez porté avec une fatigue accablante le fardeau de tous nos péchés, Vous qui conservez nos corps par votre Providence, soyez aussi le Sauveur de nos âmes par votre précieux sang et donnez-nous d’être des témoins de la Croix.
3° Station - Jésus tombe pour la première fois sous le poids de sa Croix.
Satan tomba du ciel au commencement, par la sentence de Dieu contre lequel il s'était révolté. Plus tard il réussit à associer l'homme à sa rébellion et Dieu vint pour sauver sa créature : pour se faire le Verbe revêtu de chair, fut mis sous le pouvoir du démon, qui jadis frappé par Dieu, frappa à son tour Celui contre Lequel il se rebella : Ce coup fut la cause de la chute de Jésus. A travers cette chute nous pouvons donc y voir l’attaque perfide du diable mais aussi nos propres attaques, nos propres lâchetés et nos trahisons. Tel Judas… Cette trahison et ce baiser sont devenus au cours des siècles le symbole de toutes les infidélités, de toutes les apostasies, de toutes les tromperies. Le Christ rencontre donc une autre épreuve, celle de la trahison qui provoque l’abandon et l’isolement. Ce n’est pas cette solitude qui lui était si chère, telle celle quand il se retirait sur la montagne pour prier, ce n’est pas la solitude intérieure, source de paix et de tranquillité parce que, par elle, se dévoile à nous le mystère de l’âme et de Dieu. Au contraire, il s’agit de cette solitude causée par l’abandon, notre abandon, quand tant de fois nous l’abandonnons, quand tant de fois nous nous détournons de lui et de notre prochain. A chaque fois, nous participons à cette chute du Christ, à chaque fois nous freinons la progression de ce Corps mystique… à chaque fois nous réactualisons cette terrible phrase de Notre-seigneur : « C’est maintenant votre heure, c’est la domination des ténèbres ». Cessons de faire chuter le Christ à travers son corps mystique, cessons de permettre au mal de se développer dans son linceul de violence, d’agression et de brutalité. Relevons-nous avec le divin Seigneur, Lui qui fut toujours certain que le pouvoir des ténèbres – apparemment invincible et jamais rassasié de triomphes – est destiné à être vaincu. À la nuit succède l’aube, à l’obscurité la lumière, à la trahison le repentir, à la chute, la reprise confiante.
Seigneur, c'est pour nous, que vous avez eu ce courage. Et nous qui démissionnons si souvent devant les efforts à faire, devant les plus petits sacrifices ! Apprenez-nous à vous aimer et à nous aimer comme vous nous aimez. Apprenez-nous nous à marcher à votre suite, à nous relever dans les difficultés, les combats, car avec vous il y a le salut des âmes à gagner. Faites nous grandir dans l'amour, ayez pitié de notre faiblesse et venez nous aider à nous relever lorsque nous tombons, que nous soyons des hommes dignes afin d'être de dignes enfants du Père.
4° Station - Jésus rencontre sa Mère.
Toute mère est visage de l'amour, refuge de tendresse, fidélité qui n'abandonne pas, parce qu'une vraie mère aime même quand elle n'est pas aimée. Marie est Mère! Sur le chemin de croix de Jésus, se trouve Marie, sa Mère. Durant la vie publique de son fils, elle avait dû se tenir à l’écart, pour faire place à la nouvelle famille de Jésus, à la famille naissante de ses disciples. Elle avait entendu ses paroles qui peuvent nous paraître dures de la part de son Fils : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? ... Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. » Et bien on voit à présent qu’elle est la Mère de Jésus, non seulement dans son corps, mais dans son cœur. Avant même de l’avoir conçu dans son corps, elle l’avait conçu dans son cœur, grâce à son obéissance. Et Siméon lui avait prédit « ton cœur sera transpercé par un glaive ». A présent tout devient réalité. Mais dans son cœur, demeure bien vivant la parole que l’ange lui avait dite quand tout avait commencé: « Sois sans crainte, Marie ». Les disciples se sont enfuis, elle, non. Elle reste là, avec son courage de mère, avec sa fidélité de mère, avec sa bonté de mère et avec sa foi, qui résiste dans l’obscurité : « Heureuse celle qui a cru » est-il écrit dans saint Luc ; ainsi que… « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? ». Oui, à ce moment-là, Il le sait : il trouvera la foi. En cette heure-là, c’est sa grande consolation.
Nous sommes loin de l’attitude de Saint Pierre qui révèle une âme misérable, sa fragilité, son égoïsme, sa peur. Pourtant, quelques heures auparavant, celui-là avait proclamé : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas… Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas ».
Cependant, le rideau ne tombe pas sur cette trahison, un son déchire le silence de Jérusalem mais surtout la conscience de Pierre : c’est le chant d’un coq. À ce moment précis, Jésus sort du tribunal qui l’a condamné. Luc décrit le croisement des regards entre le Christ et Pierre en utilisant un verbe grec qui indique le fait de fixer profondément un visage. Mais, comme le note l’évangéliste, ce n’est pas n’importe quel homme qui en regarde maintenant un autre, c’est « le Seigneur », dont les yeux scrutent le cœur et les reins, c’est-à-dire le secret intime d’une âme.
Et des yeux de l’apôtre coulent les larmes du repentir. Cet événement concentre tant d’histoires d’infidélité et de conversion, de faiblesse et de libération. « J’ai pleuré et j’ai cru ! ».
Seigneur comme notre amour pour vous est loin de ressembler à celui de Marie! Nous qui avons tant peur de souffrir… Notre-Dame, venez nous donner la main, pour nous apprendre à suivre Jésus et à faire la volonté du Père tout au long de notre vie, chaque jour de notre vie.
5° Station - Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix.
Simon fait ce qu’il doit faire, avec certainement beaucoup de répugnance, mais de cette rencontre involontaire est née la foi. Le mystère de Jésus souffrant et muet a touché son cœur. Jésus, dont seul l’amour divin pouvait et peut racheter l’humanité entière, veut que nous partagions sa croix, pour compléter ce qui manque encore à ses souffrances comme dit Saint Paul. Chaque fois qu’avec bonté nous allons à la rencontre de celui qui souffre, de celui qui est persécuté et faible, en partageant sa souffrance, nous aidons Jésus à porter sa propre croix. Ainsi nous obtenons le salut et nous pouvons nous-mêmes coopérer au salut du monde.
Oui Simon tu portes la croix d'un Autre, tu soulèves le bois de souffrance et tu empêches qu'il n'écrase la victime.
Tu nous rappelles que nous ne sommes nous-mêmes que si nous ne pensons pas à nous-mêmes. Saurons-nous reconnaître ces croix des autres à porter avec eux ? Viendrons-nous en aide plus ardemment à notre prochain après ce jour du Vendredi Saint ? Ou mourrons-nous dans notre égoïsme?
Serons-nous l’image de l’indifférence, du manque d’intérêt, du primat de l’opportunisme. L’indifférence est pire que l’immoralité explicite, car elle engendre au moins un sursaut ou une réaction ; l’indifférence en revanche, est pure amoralité ; elle paralyse la conscience, elle éteint le remords et elle émousse l’intelligence. L’indifférence est la mort lente de l’image de Dieu en nous.
Seigneur, regarde comme nous démissionnons rapidement dès que cela devient un peu dur. Vois aussi combien de fois nous « faisons semblant » de porter notre fardeau alors que nous nous arrangeons sinon pour le laisser de côté, du moins pour le traîner derrière nous. Seigneur, agissant ainsi nous sommes loin de ressembler à Simon, et pourtant nous prétendons être tes disciples. Oh Jésus toutes nos croix ne sont que des petits bouts de la tienne et si nous les portons avec toi, c'est surtout toi qui les portes avec nous ! Apprends nous Seigneur à porter nos croix avec toi, que ce soit les nôtres ou celles des autres. Apprends-nous à te suivre ainsi dans l'effort, mais surtout dans l'amour et la confiance.
6° Station - La Face de Jésus est essuyée par Véronique.
« C’est ta face, Seigneur, que je cherche ; ne me cache pas ta face », nous font chanter les psaumes. Véronique ne se laisse ni gagner par la brutalité des soldats, ni immobiliser par la peur des disciples. Elle est l’image de la femme éprise de bonté qui, dans le désarroi et l’obscurité des cœurs, garde le courage de la bonté, et ne permet pas que son cœur s’obscurcisse. « Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ! » Au début, Véronique voit seulement un visage maltraité et marqué par la souffrance. Mais l’acte d’amour imprime dans son cœur la véritable image de Jésus : sur son visage humain, couvert de sang et de blessures, elle voit le visage de Dieu et de sa bonté, qui nous accompagne aussi dans la souffrance la plus profonde. C’est seulement avec le cœur que nous pouvons voir Jésus. Seul l’amour nous rend capables de voir et nous rend purs. Seul l’amour nous fait reconnaître Dieu, qui est l’amour même.
Seigneur, que notre visage Vous soit agréable, qu'il ne soit pas souillé par le péché, mais lavé et purifié par votre précieux Sang. Aurions-nous eu le courage d'une telle démarche ? Rien n'est moins sûr quand nous regardons toutes nos fuites devant les responsabilités, les risques à prendre. Seigneur aide nous dans notre faiblesse, nos lâchetés, nos compromis et fais nous grandir. Seigneur, que l'exemple de cette femme soit source de grâce en nous et que nous apprenions à avoir le courage de vivre notre foi sous le regard des autres.
7° Station - Jésus tombe une seconde fois.
Satan subit une seconde chute quand Notre-Seigneur vint sur la terre. Il avait depuis longtemps usurpé l'empire du monde entier, et s'en nommait roi. Et il osa enlever dans ses bras le Sauveur très-saint, lui montrer tous les royaumes de la terre et lui faire la promesse blasphématoire de les lui donner, à Lui, son Créateur, s'il voulait l'adorer. Jésus lui répondit : « Retire-toi, Satan ! » ; et Satan tomba du haut de la montagne. Et Jésus rendit témoignage de cette chute en disant : « Je vis Satan tomber du ciel comme l'éclair ». Le Démon se souvenant de cette seconde défaite, frappa le Christ pour la seconde fois.
La tradition établit un parallèle entre la chute du Christ, toute physique, avec celle d’Adam et de l’humanité, morale celle-ci. Au cours de l’histoire, la chute de l’homme prend des formes toujours nouvelles. Dans sa première épître, saint Jean parle d’une triple chute de l’homme : Celle de la chair, celle de l’orgueil et celle des richesses matérielles. Cependant nous pouvons aussi penser à nos détachements de la foi, à nos abandons. N’est-ce pas là ce que produisent les grandes idéologies, comme la banalisation de l’homme qui ne croit plus à rien et qui se laisse simplement aller, construisant ainsi un nouveau paganisme, un paganisme plus mauvais, qui, en voulant mettre définitivement Dieu à part, a fini par se débarrasser de l’homme. L’homme gît ainsi dans la cendre. Le Seigneur porte ce poids, il tombe et il retombe, pour pouvoir venir jusqu’à nous ; il nous regarde afin que notre cœur se réveille ; il retombe pour nous relever.
O mon Dieu, apprenez-nous à souffrir avec Vous, et à ne pas craindre les soufflets que Satan pourrait donner à ceux qui lui résistent.
8° Station - Les femmes de Jérusalem pleurent sur Notre-Seigneur.
Écouter Jésus alors qu’il fait des reproches aux femmes de Jérusalem qui le suivent et qui pleurent sur lui nous surprend puis nous fait réfléchir. Comment comprendre cette attitude du Christ ? S’agit-il de reproches adressés à une piété purement sentimentale et qui n’a rien d’une vraie conversion et d’une foi vécue ? Il ne sert à rien de pleurer sur les souffrances de ce monde avec des paroles et par des sentiments, alors que notre vie continue toujours à être égale à elle-même. C’est pourquoi le Seigneur nous avertit du danger dans lequel nous sommes nous-mêmes. Il nous montre la gravité du péché et la gravité du jugement. Malgré tous nos discours effrayés devant le mal et la souffrance des innocents, ne sommes-nous pas trop enclins à banaliser le mystère du mal ? En définitive, de l’image de Dieu et de Jésus, nous ne retenons peut-être que l’aspect doux et aimable, alors que nous avons évacué tranquillement l’aspect du jugement… Nous nous demandons si Dieu peut encore prendre notre faiblesse au tragique. Car nous ne sommes que des hommes ! Mais en regardant les souffrances du Fils, nous voyons toute la gravité du péché, nous voyons comment il doit être expié jusqu’à la fin pour pouvoir être vaincu. Le mal ne peut pas continuer à être banalisé devant l’image du Seigneur qui souffre. A nous aussi, le Seigneur déclare : Ne pleurez pas sur moi, pleurez sur vous-mêmes ... car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ?
Les larmes ne suffisent pas. Les larmes doivent se transformer en amour qui éduque, en force qui guide. Les larmes doivent empêcher d'autres larmes !
9° Station - Jésus tombe pour la troisième fois.
Que peut nous dire la troisième chute de Jésus sous le poids de la croix ? A nouveau comment ne pas penser à la chute de l’homme ? Mais cette fois-ci considérons à ce que le Christ souffre dans son Église Elle-même ? Combien de fois abusons-nous du Saint-Sacrement, de sa présence, dans quel cœur vide et mauvais entre-t-Il souvent ? Combien de fois ne célébrons-nous que nous-mêmes, et ne prenons-nous même pas conscience de sa présence ? Combien de fois sa Parole est-elle déformée et galvaudée ? Quel manque de foi dans de très nombreuses théories, combien de paroles creuses ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! Que de manques d’attention au sacrement de pénitence, où le Christ nous attend pour nous relever de nos chutes ! Tout cela est présent dans sa passion. La trahison des disciples, la réception indigne de son Corps et de son Sang sont certainement les plus grandes souffrances du Rédempteur, celles qui lui transpercent le cœur.
Satan fera une troisième et dernière chute à la fin du monde, alors qu'il sera enfermé pour toujours dans la prison éternelle de l’absence de Dieu. Il sait dès le commencement que telle sera sa fin, il n'a nulle espérance ; il est plongé dans le désespoir. Il savait donc bien qu'aucune souffrance infligée au Christ ne servirait pas à le faire échapper à ce sort inévitable. Mais il avait résolu, dans sa haine et son horrible rage, de l'insulter et de le torturer, pendant qu’il était encore son pouvoir. Voilà pourquoi il Le renversa une troisième fois.
Il ne nous reste plus qu’à adresser à Notre Dieu, du plus profond de notre âme, ce cri : Kyrie, eleison.
10° Station - Jésus est dépouillé de ses vêtements.
Le vêtement donne à l’homme sa position sociale, il lui donne sa place dans la société, il le fait être quelqu’un. Être dépouillé en public signifie, pour Jésus, n’être plus personne, n’être rien d’autre qu’un exclu, méprisé de tous. Le moment du dépouillement nous rappelle aussi l’exclusion du paradis : la splendeur de Dieu a disparu en l’homme qui maintenant se trouve là, nu et exposé, dénudé et honteux. De cette manière, Jésus assume encore une fois la situation de l’homme pécheur. Ce Jésus dépouillé nous rappelle le fait que, tous, nous avons perdu notre «premier vêtement», c’est-à-dire la splendeur de Dieu. Sous la croix les soldats tirent au sort pour se partager ses pauvres biens, ses vêtements. Les évangiles rappellent qu'il s’agit là de l’accomplissement des prophéties. Rien n’est pure coïncidence, tout ce qui arrive est contenu dans la Parole de Dieu et voulu par son dessein divin. Le Seigneur fait l’expérience de toutes les stations et de tous les degrés de la perdition humaine, et chacun de ces degrés est, avec toute son amertume, une étape de la Rédemption : c’est ainsi qu’il ramène au bercail la brebis perdue.
En outre, cet habit du Christ était riche de symbole : en effet, saint Jean nous enseignant que sa tunique était toute d’une pièce, on peut y voir une allusion au vêtement du grand prêtre, qui lui aussi était tissé d’une seule pièce. Dès lors, comment ne pas comprendre que Lui, le Crucifié, est le véritable grand prêtre.
11° Station - Jésus est cloué à la Croix.
Les minutes de l’agonie s’écoulent et l’énergie vitale de Jésus s’épuise lentement sur la croix. Pourtant il a encore la force d’accomplir un dernier acte d’amour à l’égard de l’un des deux condamnés à mort qui sont à ses côtés. Entre le Christ et cet homme se déroule un fragile dialogue qui tient en deux phrases essentielles : D’un côté, l’appel du malfaiteur, du bon larron, du converti de la dernière heure : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton Royaume ». La réponse de Jésus est très brève… comme un souffle : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». Ce mot « Paradis » est très rare dans l’Écriture : Il n’apparaît que deux autres fois dans le Nouveau Testament. Il évoque à l’origine un jardin fertile et fleuri : C’est une image évocatrice du Royaume de lumière et de paix que Jésus avait annoncé dans sa prédication et qu’il avait inauguré par ses miracles. C’est le but de notre difficile chemin dans l’histoire, c’est la plénitude de la vie, c’est l’intimité de l’étreinte avec Dieu. C’est le don ultime que le Christ nous fait à travers le sacrifice de sa mort qui s’ouvre sur la gloire de la résurrection.
Le dialogue s’arrête donc là. Mais ces quelques paroles jaillissant péniblement des deux gorges desséchées, se font encore entendre aujourd’hui et elles résonnent toujours comme un signe de confiance et de salut pour celui qui a péché mais qui aussi a cru et espéré, fût-ce à la toute dernière extrémité de sa vie.
12° Station - Jésus meurt sur la Croix.
Au début de ce chemin de croix, nous avons considéré la nuit pâle de Gethsémani. Mais maintenant c’est l’obscurité. Les ténèbres semblent donc vaincre la terre où Dieu meurt. Le Fils de Dieu pour être vraiment homme et notre frère, doit aussi boire le calice de la mort car cette dernière est commune à nous autres, fils d’Adam. Ainsi devient-Il par sa mort, semblable à ses frères. Il devient pleinement l’un de nous, présent avec nous à ce moment terrible. Moment qui se produit certainement en ce moment même pour un homme ou une femme, ici à Paris, dans d’autres villes et lieux de ce monde.
Dans le Christ qui meurt, il y a un Dieu passionné, amoureux de ses créatures au point de mourir librement dans la souffrance. C’est pour cela que le Christ Crucifié est le signe humain universel de la solitude de la mort, de l’injustice et du mal ; mais aussi le signe divin universel d’espérance, de don de soi et de vie.
En effet, même lorsqu’il est là, mourant sur la croix, tandis que son souffle s’éteint, Jésus ne cesse pas d’être le Fils de Dieu. À ce moment-là, toutes les souffrances et toutes les morts sont traversées et prises par la divinité, elles sont irradiées d’éternité, un germe de vie éternelle est déposé en elles, et sur elles brille une étincelle de lumière divine.
« Père, entre tes mains je remets mon esprit… Consummatum est… Tout est accompli… » Le mystère de l'amour de Dieu envers nous est accompli !
La rançon est payée et nous sommes rachetés. Dieu ne voulait pas nous pardonner gratuitement afin de nous montrer combien nous étions chers à ses yeux : Ce que l'on achète a de la valeur. Aussi pour montrer son amour pour nous, Il fixa un prix : La mort de son propre Fils, revêtu de notre nature humaine.
13° Station - Jésus est déposé dans les bras de sa sainte Mère.
Si Marie avait commencé à se détacher de son Fils depuis ses douze ans où Il lui avait dit qu’il avait une autre maison et une autre mission à accomplir, à ce moment précis, son détachement est suprême. C’est une heure de déchirement, celle que connaît toute mère quand elle voit renversée la logique même de la nature selon laquelle ce sont les mères qui doivent mourir avant leurs enfants. Mais saint Jean n’évoque aucune larme sur son visage, aucun cri sur ses lèvres. C’est au contraire un halo de silence.
Ce détachement extrême n’est pas stérile : au contraire il est d’une fécondité inattendue, semblable à une mère qui accouche. En effet, Marie redevient mère. Et de fait l’Evangile reprend le mot de « mère » 5 fois dans ce tragique passage. Marie donc, redevient mère et ses fils seront tous ceux qui, comme « le disciple bien-aimé », se placent sous le manteau de la grâce divine et qui suivent le Christ dans la foi et dans l’amour.
À partir de cet instant, Marie ne sera plus seule, elle deviendra la mère de l'Église, d’un peuple immense, de toute langue, nation et race, qui, tout au long des siècles, se pressera avec elle autour de la croix du Christ, son premier-né.
Jésus est maintenant redevenu votre propriété, ô Vierge-Mère, car le monde et Lui se sont séparés pour toujours. Il vous avait quittée pour faire l'œuvre de son Père, Il l'a terminée et l'a soufferte. Satan et les mauvais hommes n'ont plus maintenant aucun droit sur Lui, trop longtemps Il a été dans leurs mains. Vous avez maintenant droit à Le reprendre, maintenant que le monde a fini de Lui nuire.
Vierge Mère de Dieu, priez pour nous.
14° Station - Jésus est déposé dans le sépulcre.
Le corps crucifié et torturé du Christ est délicatement enveloppé dans le Saint-Suaire par Joseph d’Arimathie et placé dans le sépulcre taillé dans le roc. Durant les heures de silence qui vont suivre, le Christ sera vraiment comme tous les hommes qui entrent dans les entrailles obscures de la mort et de la rigidité cadavérique. Pourtant, dans ce crépuscule du Vendredi saint, il y a comme un frémissement : Saint Luc note que « déjà brillaient les lumières du sabbat » aux fenêtres des maisons de Jérusalem. La veillée que les Juifs vivent dans leurs maisons devient presque le symbole de l’attente des femmes et de Joseph d’Arimathie et des autres disciples. Une attente qui emplit maintenant avec une tonalité nouvelle le cœur de tout croyant qui se trouve devant un tombeau ou qui sent la main glacée de la maladie ou de la mort l’envahir. C’est l’attente d’une aube nouvelle. En cette aurore, sur le chemin qui mène aux tombeaux, l’ange viendra à notre rencontre et il nous dira : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité ! ». Et sur le chemin du retour vers nos maisons, c’est le Ressuscité qui s’approchera de nous, marchant avec nous, et qui passera le seuil de la maison pour être l’hôte de notre table.
Chemin de Croix, prêché par l'abbé René Sébastien Fournié au Centre Saint Paul en 2004.
Publié le 10/04/2009 à 12:00 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
Vendredi Saint
Livre de l'Exode 12,1-11.
Yahweh dit à Moïse et à Aaron dans le pays d'Egypte :
"Que ce mois-ci soit pour vous le commencement des mois; il sera pour vous le premier des mois de l'année.
Parlez à toute l'assemblée d'Israël, et dites: Le dixième jour de ce mois, que chacun prenne un agneau par famille, un agneau par maison.
Si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, on le prendra en commun avec le voisin le plus proche, selon le nombre des personnes; vous compterez pour cet agneau d'après ce que chacun peut manger.
Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an; vous prendrez, soit un agneau, soit un chevreau.
Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour de ce mois, et toute l'assemblée d'Israël l'immolera entre les deux soirs.
On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux montants et sur le linteau de la porte, dans les maisons où on le mangera.
On en mangera la chair cette nuit-là; on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères.
Vous n'en mangerez rien cru ou bouilli dans l'eau, mais tout sera rôti au feu, tête, jambes et entrailles.
Vous n'en laisserez rien jusqu'au matin, et, s'il en reste quelque chose, vous le brûlerez au feu.
Vous le mangerez ainsi: les reins ceints, les sandales aux pieds, et le bâton à la main, et vous le mangerez à la hâte. C'est la Pâque de Yahweh.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18,1-40.19,1-42.
Après avoir ainsi parlé, Jésus se rendit, accompagné de ses disciples, au-delà du torrent de Cédron, où il y avait un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples.
Judas, qui le trahissait, connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus y était souvent allé avec ses disciples.
Ayant donc pris la cohorte et des satellites fournis par les Pontifes et les Pharisiens, Judas y vint avec des lanternes, des torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s'avança et leur dit: "Qui cherchez-vous?"
Ils lui répondirent: "Jésus de Nazareth." Il leur dit: "Jésus de Nazareth, c'est moi." Or, Judas, qui le trahissait, était là avec eux.
Lors donc que Jésus leur eut dit: "C'est moi," ils reculèrent et tombèrent par terre.
Il leur demanda encore une fois: "Qui cherchez-vous?" Et ils dirent: "Jésus de Nazareth."
Jésus répondit: "Je vous l'ai dit, c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci."
Il dit cela afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite: "Je n'ai perdu aucun de ceux que vous m'avez donnés."
Alors, Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira, et, frappant le serviteur du grand prêtre, il lui coupa l'oreille droite: ce serviteur s'appelait Malchus.
Mais Jésus dit à Pierre: "Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je donc pas le calice que mon Père m'a donné?"
Alors la cohorte, le tribun et les satellites des Juifs se saisirent de Jésus et le lièrent.
Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne parce qu'il était beau-père de Caïphe, lequel était grand-prêtre cette année-là.
Or, Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs: "Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple."
Cependant Simon-Pierre suivait Jésus avec un autre disciple. Ce disciple, étant connu du grand-prêtre, entra avec Jésus dans la cour du grand-prêtre,
Mais Pierre était resté près de la porte, en dehors. L'autre disciple, qui était connu du grand-prêtre sortit donc, parla à la portière, et fit entrer Pierre.
Cette servante, qui gardait la porte, dit à Pierre: "N'es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme?" Il dit: "Je n'en suis point."
Les serviteurs et les satellites étaient rangés autour d'un brasier, parce qu'il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait aussi avec eux, et se chauffait.
Le grand-prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.
Jésus lui répondit: "J'ai parlé ouvertement au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret.
Pourquoi m'interroges-tu? Demande à ceux qui m'ont entendu, ce que je leur ai dit; eux ils savent ce que j'ai enseigné."
A ces mots, un des satellites qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant: "Est-ce ainsi que tu réponds au grand-prêtre?"
Jésus lui répondit: "Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu?"
Anne avait envoyé Jésus lié à Caïphe, le grand-prêtre.
Or, Simon-Pierre était là, se chauffant. Ils lui dirent: "N'es-tu pas, toi aussi, de ses disciples?"
Un des serviteurs du grand-prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit: "Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin?"
Pierre nia de nouveau et aussitôt le coq chanta.
Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire: c'était le matin. Mais ils n'entrèrent pas eux-mêmes dans le prétoire, pour ne pas se souiller et afin de pouvoir manger la Pâque.
Pilate sortit donc vers eux, et dit: "Quelle accusation portez-vous contre cet homme?"
Ils lui répondirent: "Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré."
Pilate leur dit: "Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi." Les Juifs lui répondirent: "Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort.":
Afin que s'accomplît la parole que Jésus avait dite, lorsqu'il avait indiqué de quelle mort il devait mourir.
Pilate donc, étant rentré dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit: "Es-tu le roi des Juifs?"
Jésus répondit: "Dis-tu cela de toi-même, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi?"
Pilate répondit: "Est-ce que je suis Juif? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi: qu'as-tu fait?"
Jésus répondit: "Mon royaume n'est pas de ce monde; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs, mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas."
Pilate lui dit: "Tu es donc roi?" Jésus répondit: "Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité: quiconque est de la vérité écoute ma voix."
Pilate lui dit: "Qu'est-ce que la vérité?" Ayant dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit:
"Pour moi, je ne trouve aucun crime en lui. Mais c'est la coutume qu'à la fête de Pâque je vous délivre quelqu'un. Voulez-vous que je vous délivre le roi des Juifs?"
Alors tous crièrent de nouveau: "Non, pas lui, mais Barabbas." Or, Barabbas était un brigand.
Alors Pilate prit Jésus et le fit flageller.
Et les soldats ayant tressé une couronne d'épines, la mirent sur sa tête, et le revêtirent d'un manteau de pourpre;
Puis s'approchant de lui, ils disaient: "Salut, roi des Juifs!" et ils le souffletaient.
Pilate sortit encore une fois et dit aux Juifs: "Voici que je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime."
Jésus sortit donc, portant la couronne d'épines et le manteau d'écarlate, et Pilate leur dit: "Voici l'homme."
Lorsque les Princes des prêtres et les satellites le virent, ils s'écrièrent: "Crucifie-le, crucifie-le!" Pilate leur dit: "Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car pour moi, je ne trouve aucun crime en lui."
Les Juifs lui répondirent: "Nous avons une loi, et d'après notre loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu"
Ayant entendu ces paroles, Pilate fut encore plus effrayé.
Et rentrant dans le prétoire, il dit à Jésus: "D'où es-tu?" Mais Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit: "C'est à moi que tu ne parles pas? Ignores-tu que j'ai le pouvoir de te délivrer et le pouvoir de te crucifier?"
Jésus répondit: "Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait pas été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui m'a livré à toi a un plus grand péché."
Dès ce moment, Pilate cherchait à le délivrer. Mais les Juifs criaient, disant: "Si tu le délivres, tu n'es point ami de César; quiconque se fait roi, se déclare contre César."
Pilate, ayant entendu ces paroles, fit conduire Jésus dehors, et il s'assit sur son tribunal, au lieu appelé Lithostrotos, et en hébreu Gabbatha.
C'était la Préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: "Voici votre roi."
Mais ils se mirent à crier: "Qu'il meure! Qu'il meure! Crucifie-le." Pilate leur dit: "Crucifierai-je votre roi?" les Princes des prêtres répondirent : "Nous n'avons de roi que César."
Alors il le leur livra pour être crucifié.
Et ils prirent Jésus et l'emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire, en Hébreu Golgotha;
C'est là qu'ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate fit aussi une inscription, et la fit mettre au haut de la croix; Elle portait ces mots: "Jésus de Nazareth, le roi des Juifs."
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, car le lieu où Jésus avait été crucifié était près de la ville, et l'inscription était en hébreu, en grec et en latin.
Or les princes des prêtres des Juifs dirent à Pilate: "Ne mets pas: Le roi des Juifs, mais que lui-même a dit: Je suis le roi des Juifs."
Pilate répondit: "Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit."
Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une pour chacun d'eux. Ils prirent aussi sa tunique: c'était une tunique sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas.
Ils se dirent donc entre eux: "Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera."; afin que s'accomplît cette parole de l'Écriture: "Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré ma robe au sort." C'est ce que firent les soldats.
Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie-Madeleine.
Jésus ayant vu sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: "Femme, voilà votre fils."
Ensuite il dit au disciple: "Voilà votre mère." Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Après cela, Jésus sachant que tout était maintenant consommé, afin que l'Écriture s'accomplît, dit: "J'ai soif."
Il y avait là un vase plein de vinaigre; les soldats en remplirent une éponge, et l'ayant fixée au bout d'une tige d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche.
Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: "Tout est consommé", et baissant la tête il rendit l'esprit.
Or, comme c'était la Préparation, de peur que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, car le jour de ce sabbat était très solennel, les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés et qu'on les détachât.
Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui.
Mais quand ils vinrent à Jésus, le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes.
Mais un des soldats lui transperça le côté avec sa lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau.
Et celui qui l'a vu en rend témoignage, et son témoignage est vrai; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous aussi vous croyiez.
Car ces choses sont arrivées afin que l'Écriture fut accomplie: "Aucun de ses os ne sera rompu."
Et il est encore écrit ailleurs: "Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé."
Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate d'enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus.
Nicodème, qui était venu la première fois trouver Jésus de nuit, vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, d'environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent dans des linges, avec les aromates, selon la manière d'ensevelir en usage chez les Juifs.
Or, au lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne n'avait encore été mis.
C'est là, à cause de la Préparation des Juifs, qu'ils déposèrent Jésus, parce que le sépulcre était proche.
Sévérien de Gabala (?-vers 408), évêque en Syrie
6e Homélie sur la création du monde, 5-6 (trad. Soeur Isabelle de la Source, Lire la Bible; Médiaspaul 1988, t. 1, p. 31)
La croix, arbre de vie
Il y avait au milieu du Paradis un arbre. Le serpent s'en servit pour tromper nos premiers parents. Remarquez cette chose étonnante : pour abuser l'homme, le serpent va recourir à un sentiment inhérent à sa nature. En façonnant l'homme, le Seigneur en effet avait mis en lui, outre une connaissance générale de l'univers, le désir de Dieu. Dès que le démon découvrit ce désir ardent, il dit à l'homme : « Vous deviendrez comme des dieux (Gn 3,5). Maintenant vous n'êtes que des hommes et vous ne pouvez pas être toujours avec Dieu ; mais si vous devenez comme des dieux, vous serez toujours avec lui »... Ainsi, c'est le désir d'être égal à Dieu qui séduisit la femme..., elle mangea et elle engagea l'homme à en faire autant... Or, après la faute, « Adam entendit la voix du Seigneur qui se promenait dans le Paradis vers le soir » (Gn 3,8)... Béni soit le Dieu des saints d'avoir visité Adam vers le soir ! Et de le visiter encore maintenant vers le soir, sur la croix.
Car c'est bien à l'heure où Adam venait de manger que le Seigneur souffrit sa passion, à ces heures marquées par la faute et le jugement, c'est-à-dire entre la sixième heure et la neuvième. À la sixième heure, Adam mangea, selon la loi de la nature ; ensuite il se cacha. Et vers le soir, Dieu vint à lui.
Adam avait désiré devenir Dieu ; il avait désiré une chose impossible. Le Christ a comblé ce désir. « Tu as voulu devenir, dit-il, ce que tu ne pouvais être ; mais moi, je désire devenir homme, et je le peux. Dieu fait tout le contraire de ce que tu as fait en te laissant séduire. Tu as désiré ce qui était au-dessus de toi ; je prends, moi, ce qui est au-dessous de moi. Tu as désiré être l'égal de Dieu ; je veux, moi, devenir l'égal de l'homme... Tu as désiré devenir Dieu et tu ne l'as pas pu. Moi, je me fais homme, pour rendre possible ce qui était impossible. » Oui, c'est bien pour cela que Dieu est venu. Il en témoigne à ses apôtres : « J'ai désiré d'un grand désir manger cette pâque avec vous » (Lc 22,15)... Il est descendu vers le soir et il a dit : « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9)... Celui qui est venu pour souffrir est le même que celui qui est descendu dans le Paradis.
Publié le 09/04/2009 à 12:00 par auto23652
Arrestation de Jésus Caravage 1602
TRIDUUM
Mot latin signifiant « un espace de trois jours » (tres : « trois » et dies : « jour »). Le Triduum pascal, qui va de la messe du soir le Jeudi saint au dimanche de Pâques inclus, est le centre de gravité de l’année liturgique.
De la Cène à la Résurrection s’écoulent ces trois jours auxquels le Seigneur a souvent fait allusion (cf. Mt 12, 40 ; 26, 61 ; Jn 2, 19) dans l’Évangile et qui, ensemble, constituent le Mystère pascal. Voir Jeudi saint, Vendredi saint, Samedi saint, Pâques.
Portail de la liturgie Catholique
Ces trois jours ont un caractère fortement symbolique : ils rappellent ceux évoqués dans l’Évangile de Jean. Jésus ayant chassé les marchands du Temple, des juifs lui demandent de manifester l’autorité au nom de laquelle il remet en cause le lieu saint de Jérusalem, et il leur répond : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai. » Préfigurant de la résurrection, l’évangéliste précise : « Il parlait du sanctuaire de son corps » (Jean 2, 18-21).
Dans la soirée du jeudi avant Pâques, les catholiques célèbrent la Cène, l’ultime repas du Christ avec ses disciples, où il leur annonce le don qu’il va faire de sa vie, librement et par amour. Ce don est signifié de manière différente selon les quatre Évangiles. Marc, Matthieu et Luc montrent Jésus partageant aux Douze du pain et du vin, dont il fait les signes de son corps et de son sang livrés.
Dans l’Évangile de Jean, cette scène est absente, et le don de Jésus est traduit au travers du geste du lavement des pieds. Jésus se place ainsi dans la situation du serviteur et laisse à ses disciples ce testament : « C’est un exemple que je vous ai donné pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous » (Jean 13, 15).
Fidèle à la mémoire du Christ, l’Église procède, le soir du Jeudi saint, au rite du lavement des pieds et célèbre solennellement l’Eucharistie. À la fin de la messe, les fidèles poursuivent leur prière en accompagnant le Christ dans la nuit de son arrestation au Jardin des oliviers.
Publié le 09/04/2009 à 12:00 par auto23652
MESSE VESPÉRALE DU JEUDI SAINT - Blanc à la Messe -
(Violet à l'Office )
Le graduel de la Messe Vespérale du Jeudi Saint exalte le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est un passage célèbre de l’épître aux Philippiens :
Christus factus est pro nobis obédiens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exaltávit illum, et dedit ílli nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom.
Ce Graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l'office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième est ajouté mórtem aútem crúcis, et le troisième l'on entend la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce Graduel est faite de formules que l'on retrouve dans de nombreux autres Graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties.
Le Père PERRODON écrit : « Nous nous trouvons là en face d'un sommet de beauté. Si l'on doutait encore de l'influence que le christianisme a pu exercer sur la musique, par son besoin de faire déborder dans le lyrisme du chant l'ivresse d'amour inspirée par le mystère du Christ, on n'aurait, pour s'en convaincre, qu'à écouter cette admirable pièce
Una Voce
http://www.unavoce.fr/index2.php?option=com_content&task=view&id=34&pop=1&page=0&Itemid=26
Publié le 09/04/2009 à 12:00 par auto23652
Ford Madox Brown(Angleterre, 1821-1893)
Jésus lavant les pieds de ses disciples
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
Jeudi Saint (messe vespérale solennelle)
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,20-32.
Mes frères, lorsque vous vous assemblez, ce n'est plus la cène du Seigneur que vous mangez;
car, à table, chacun commence par prendre son propre repas, en sorte que tels ont faim, tandis que d'autres se gorgent.
N'avez-vous pas des maisons pour y manger et boire? ou méprisez-vous l'Eglise de Dieu, et voulez-vous faire un affront à ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je? Que je vous loue? Non, je ne vous loue point en cela.
Car, pour moi, j'ai reçu du Seigneur, ce que je vous ai aussi transmis, savoir, que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâces, le rompit et dit : " Prenez et mangez; ceci est mon corps, qui sera livré pour vous; faites ceci en mémoire de moi. "
De même, après avoir soupé, il prit le calice et dit : " Ce calice est la nouvelle alliance en mon sang; faites ceci, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi. "
Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez ce calice, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.
C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur.
Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice; car celui qui mange et boit indignement, sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit son propre jugement.
C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup de gens débiles et de malades, et qu'un grand nombre sont morts.
Si nous nous examinions nous-mêmes nous ne serions pas jugés.
Mais le Seigneur nous juge et nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec ce monde.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,1-15.
Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin.
Pendant le souper, lorsque déjà le diable avait mis dans le cœur de Judas, fils de Simon Iscariote, le dessein de le livrer, Jésus, qui savait que son Père avait remis toutes choses entre ses mains, et qu'il était sorti de Dieu et s'en allait à Dieu, se leva de table, posa son manteau, et ayant pris un linge, il s'en ceignit.
Puis il versa de l'eau dans le bassin et se mit à laver les pieds de ses disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.
Il vint donc à Simon-Pierre; et Pierre lui dit: "Quoi, vous Seigneur, vous me lavez les pieds!"
Jésus lui répondit: "Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt."
Pierre lui dit: "Non, jamais vous ne me laverez les pieds." Jésus lui répondit: "Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi."
Simon-Pierre lui dit: "Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête!"
Jésus lui dit: "Celui qui a pris un bain n'a besoin que de laver ses pieds; il est pur tout entier. Et vous aussi, vous êtes purs, mais non pas tous."
Car il savait quel était celui qui allait le livrer; c'est pourquoi il dit: "Vous n'êtes pas tous purs."
Après qu'il leur eut lavé les pieds, et repris son manteau, il se remit à table et leur dit: "Comprenez-vous ce que je vous ai fait?
Vous m'appelez le Maître et le Seigneur: et vous dites bien, car je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres.
Car je vous ai donné l'exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes.
Pape Benoît XVI
Exhortation apostolique « Sacramentum caritatis » (trad. DC 2377, p. 303 © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13)
Sacrement de l'amour, la sainte eucharistie est le don que Jésus Christ fait de lui-même, nous révélant l'amour infini de Dieu pour tout homme. Dans cet admirable sacrement se manifeste l'amour « le plus grand », celui qui pousse « à donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). En effet, Jésus « les aima jusqu'au bout ». Par cette expression, l'évangéliste introduit le geste d'humilité infinie accompli par Jésus : avant de mourir pour nous sur la croix, se nouant un linge à la ceinture, il lave les pieds de ses disciples. De la même manière, dans le sacrement de l'eucharistie, Jésus continue de nous aimer « jusqu'au bout », jusqu'au don de son corps et de son sang. Quel émerveillement a dû saisir le coeur des disciples face aux gestes et aux paroles du Seigneur au cours de la Cène ! Quelle merveille doit susciter aussi dans notre coeur le mystère eucharistique !...
En effet, dans ce sacrement, le Seigneur se fait nourriture pour l'homme assoiffé de vérité et de liberté. Puisque seule la vérité peut nous rendre vraiment libres (Jn 8,36), le Christ se fait pour nous nourriture de Vérité... Tout homme porte en effet en lui le désir inextinguible de la vérité, ultime et définitive. C'est pourquoi le Seigneur Jésus, « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6), s'adresse au coeur désirant de l'homme, qui se sent pèlerin et assoiffé, au coeur qui aspire ardemment à la source de la vie, au coeur quêtant la vérité. En effet, Jésus Christ est la vérité faite personne, qui attire le monde à lui...
Dans le sacrement de l'eucharistie, Jésus nous montre en particulier la vérité de l'amour, qui est l'essence même de Dieu. C'est cette vérité évangélique qui intéresse tout homme et tout l'homme. Par conséquent, l'Église, qui trouve dans l'eucharistie son centre vital, s'engage sans cesse à annoncer à tous, « à temps et à contretemps » (2Tm 4,2), que Dieu est amour. C'est justement parce que le Christ s'est fait pour nous nourriture de la vérité que l'Église s'adresse à l'homme, l'invitant à accueillir librement le don de Dieu.
Publié le 08/04/2009 à 12:00 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
Mercredi Saint
Livre d'Isaïe 53,1-12.
En ces jours-là Isaïe parla en ces termes : Seigneur, qui a cru ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras du Seigneur?
Il s'est élevé devant lui comme un frêle arbrisseau ; comme un rejeton gui sort d'une terre desséchée; il n'avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour.
Il était méprise et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, comme un objet devant lequel on se voile la face; en butte au mépris, nous n'en faisions aucun cas.
Vraiment c'était nos maladies qu'il portait, et nos douleurs dont il s'était chargé; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié.
Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie ; et Yahweh a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous.
On le maltraite, et lui se soumet et n'ouvre pas la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'ouvre point la bouche.
Il a été enlevé par l'oppression et le jugement, et, parmi ses contemporains, qui a pensé qu'il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple?
On lui a donné son sépulcre avec les méchants, et dans sa mort il est avec le riche, alors qu'il n'a pas commis d'injustice, et qu'il n'y a pas de fraude dans sa bouche.
Il a plu à Yahweh de le briser par la souffrance; mais quand son âme aura offert le sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et le dessein de Yahweh prospérera dans ses mains.
A cause des souffrances de son âme, il verra et se rassasiera. Par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d'hommes, et lui-même se chargera de leurs iniquités.
C'est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands; il partagera le butin avec les forts. Parce qu'il a livré son âme à la mort et qu'il a été compté parmi les malfaiteurs ; et lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 22,39-71.23,1-53.
En ce temps-là, étant sorti, Jésus alla, selon sa coutume, vers le mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.
Lorsqu'il fut à l'endroit, il leur dit : " Priez afin de ne pas entrer en tentation. "
Et il s'éloigna d'eux environ d'un jet de pierre; et, s'étant mis à genoux, il priait, disant :
" Père, si vous voulez, détournez de moi ce calice. Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la vôtre qui soit faite. "
Et lui apparut, (venant) du ciel, un ange qui le réconfortait.
Et, se trouvant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des gouttes de sang, qui tombaient sur la terre.
S'étant relevé de (sa) prière, il vint vers les disciples, qu'il trouva plongés dans le sommeil à cause de la tristesse.
Et il leur dit : " Pourquoi dormez-vous? Levez-vous et priez, afin que vous n'entriez point en tentation. "
Comme il parlait encore, voici (venir) une foule, et le nommé Judas, l'un des Douze, les précédait. Il s'approcha de Jésus pour lui donner un baiser.
Et Jésus lui dit : " Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ! "
Ceux qui étaient autour de lui, voyant ce qui allait arriver, dirent : " Seigneur, si nous frappions du glaive? "
Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui emporta l'oreille droite.
Jésus répondit : " Laissez (faire) jusque là ! " Et touchant l'oreille, il le guérit.
Et Jésus dit à ceux qui étaient venus contre lui, grands prêtres, commandants du temple et anciens : " Comme contre un brigand, vous êtes sortis avec des glaives et des bâtons !
Alors que chaque jour j'étais avec vous dans le temple, vous n'avez pas porté les mains sur moi. Mais c'est (maintenant) votre heure et la puissance des Ténèbres. "
S'étant saisis de lui, ils l'emmenèrent et le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Or Pierre suivait de loin.
Ayant allumé du feu au milieu de la cour, ils s'assirent autour, et Pierre s'assit parmi eux.
Une servante, qui le vit assis près de la flamme, le dévisagea et dit : " Celui-là aussi était avec lui. "
Mais il nia, en disant : " Femme, je ne le connais point. "
Un peu après, un autre, l'ayant vu, dit : " Toi aussi, tu en es. " Mais Pierre dit : " Homme, je n'en suis point. "
Et une heure environ s'étant écoulée, un autre affirma avec force : " Pour sûr, celui-là aussi était avec lui; aussi bien, il est Galiléen. "
Pierre dit : " Homme, je ne sais ce que tu dis. " Et à l'instant, comme il parlait encore, un coq chanta.
Et le Seigneur, s'étant retourné, arrêta son regard sur Pierre, et Pierre se souvint de la parole du Seigneur, comme il lui avait dit : " Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu me renieras trois fois. "
Et étant sorti, il pleura amèrement.
Et ceux qui le tenaient se moquaient de lui et le frappaient.
Et lui ayant voilé (le visage), ils l'interrogeaient, disant : " Prophétise ! Quel est celui qui t'a frappé? "
Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures.
Quand il fit jour, se réunit le conseil des anciens du peuple, grands prêtres et scribes; et ils l'amenèrent à leur tribunal.
Ils dirent : " Si tu es le Christ, dis-le-nous. " Il leur dit : " Si je vous le dis, vous ne le croirez pas;
et si je vous interroge, vous ne répondrez pas.
Mais dès maintenant le Fils de l'homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. "
Ils dirent tous : " Tu es donc le Fils de Dieu? " Il leur répondit : " Vous le dites : je le suis. "
Et ils dirent : " Qu'avons-nous encore besoin de témoignage? Car nous l'avons nous-mêmes entendu de sa bouche. "
Alors toute l'assemblée s'étant levée, ils le menèrent à Pilate; et ils se mirent à l'accuser, en disant : " Nous avons trouvé que cet homme détourne notre nation en l'empêchant de payer les impôts à César et en disant de lui-même qu'il est Christ-roi. "
Pilate l'interrogea, disant : " Es-tu le roi des Juifs? " Jésus lui répondit : " Tu le dis. "
Pilate dit aux grands prêtres et aux foules : " Je ne trouve rien de coupable en cet homme. "
Mais eux insistaient avec force, disant : " Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu'ici. "
A ces mots, Pilate demanda si l'homme était Galiléen; et apprenant qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode, qui, lui aussi, était à Jérusalem en ces jours-là.
Hérode, en voyant Jésus, se réjouit fort, car depuis longtemps il avait le désir de le voir, pour ce qu'il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire quelque miracle.
Il lui adressa beaucoup de questions, mais lui ne répondit rien.
Or les grands prêtres et les scribes se trouvaient là, l'accusant avec force.
Hérode le traita avec mépris, ainsi que ses hommes d'armes, se moqua de lui et, après l'avoir revêtu d'un vêtement de couleur éclatante, il le renvoya à Pilate.
En ce jour même, Hérode et Pilate devinrent amis, eux qui auparavant étaient en inimitié entre eux.
Pilate, ayant convoqué les grands prêtres, les chefs et le peuple, leur dit : " Vous m'avez amené cet homme comme détournant le peuple; or j'ai instruit l'affaire devant vous et je n'ai rien trouvé de coupable en cet homme quant aux choses dont vous l'accusez; ni Hérode non plus, car il nous l'a renvoyé; c'est bien qu'il n'a rien fait qui mérite la mort.
Je le relâcherai donc après l'avoir fait châtier. "
Or il était obligé, à chaque fête, de leur relâcher quelqu'un.
Mais tous ensemble ils crièrent : " Fais mourir celui-ci, et relâche-nous Barabbas ! " lequel était en prison à cause d'une sédition qui avait eu lieu dans la ville et d'un meurtre.
Et de nouveau Pilate, qui désirait relâcher Jésus, s'adressa à eux; mais ils clamaient, disant : " Crucifie ! crucifie-le ! "
Pour la troisième fois, il leur dit : " Qu'a-t-il donc fait de mal? Je n'ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Donc, après l'avoir fait châtier, je le relâcherai. "
Mais ils insistaient avec de grands cris, demandant qu'il fût crucifié, et leurs cris allaient grandissant.
Alors Pilate décréta qu'il serait fait selon leur demande.
Il relâcha celui qui avait été mis en prison pour sédition et meurtre, qu'ils demandaient, et il livra Jésus à leur volonté.
Comme ils l'emmenaient, ils saisirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait de la campagne, et ils le chargèrent de la croix, pour qu'il la portât derrière Jésus.
Or, il était suivi d'une grande masse du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.
Se tournant vers elles, Jésus dit : " Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants, car voici venir des jours où l'on dira : Heureuses les stériles, et les entrailles qui n'ont point enfanté et les mamelles qui n'ont point allaité !
Alors on se mettra à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! et aux collines : Recouvrez-nous !
Car, si l'on traite ainsi le bois vert, qu'en sera-t-il du sec? "
On menait aussi deux autres, des malfaiteurs, pour être exécutés avec lui.
Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, ils l'y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche.
Et Jésus disait : " Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. " Et se partageant ses vêtements, ils les tirèrent au sort.
Le peuple se tenait là et regardait. Même les chefs raillaient, disant : " Il en a sauvé d'autres, qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ de Dieu, l'Elu ! "
Les soldats aussi se moquèrent de lui, s'avançant pour lui présenter du vinaigre, et disant :
" Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! "
Il y avait aussi au-dessus de lui une inscription en caractères grecs, latins et hébraïques : " Celui-ci est le roi des Juifs. "
Or, l'un des malfaiteurs, mis en croix l'injuriait, disant : " N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même et sauve-nous ! "
Mais l'autre le reprenait, disant : " Tu n'as pas même la crainte de Dieu, toi qui subis la même condamnation !
Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons faites; mais lui n'a rien fait de mal. "
Et il dit : " Jésus, souvenez-vous de moi, quand vous reviendrez avec votre royauté. "
Et il lui dit : " Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. "
Il était alors environ la sixième heure, et il se fit des ténèbres sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure,
le soleil s'étant éclipsé, et le voile du sanctuaire se fendit par le milieu.
Et Jésus clama d'une voix forte : " Père, je remets mon esprit entre vos mains. " Et, ce disant, il expira.
Le centurion, ayant vu ce qui s'était passé, glorifia Dieu, disant : " Réellement, cet homme était un juste. "
Et toutes les foules rassemblées à ce spectacle, après voir regardé ce qui s'était passé, s'en retournaient en se frappant la poitrine.
Tous ceux de sa connaissance se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui l'avaient suivi depuis la Galilée, pour voir (tout) cela.
Et alors un homme, nommé Joseph, qui était membre du conseil, homme bon et juste,
— il n'avait donné son assentiment à leur résolution ni à leur acte, — d'Arimathie, ville juive, qui attendait le royaume de Dieu, cet (homme) alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus;
il le descendit, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis.
Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
Jesus, the Word to Be Spoken (trad. Jésus, celui qu'on invoque, Nouvelle Cité 1988, ch. 8)
« Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer »
Voyez de quelle compassion le Christ a fait preuve à l'égard de Judas, l'homme qui a reçu tant d'amour et pourtant a trahi son propre Maître, ce Maître qui a gardé un silence sacré sans le trahir auprès de ses compagnons. Jésus, en effet, aurait pu facilement parler ouvertement et dire aux autres les intentions cachées de Judas et ses agissements ; mais non. Il a préféré faire preuve de miséricorde et de charité ; au lieu de le condamner, il l'a appelé ami (Mt 26,50). Si seulement Judas avait regardé Jésus dans les yeux comme Pierre l'a fait (Lc 22,61), Judas aurait été l'ami de la miséricorde de Dieu. Jésus a toujours éprouvé de la miséricorde.
Publié le 07/04/2009 à 12:00 par auto23652
Rembrandt (1606-1669)
Le Reniement de saint Pierre, vers 1660
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
Mardi Saint
Saint du jour : Sts Epiphane, Donat et Rufin
Livre de Jérémie 11,18-20.
En ces jours-là, Jérémie dit : Le Seigneur m'a fait voir quelles sont leurs pensées, et je les ai connues; alors il m'a fait connaitre leurs œuvres!
Moi, j'étais comme un agneau familier Qu'on mène à la boucherie, Et je ne savais qu'ils formaient des desseins contre moi. "Détruisons l'arbre avec son fruit! Retranchons-le de la terre des vivants, Et qu'on ne se souvienne plus de son nom!"
Mais Jéhovah des armées juge avec justice; Il sonde les reins et les cœurs; Je verrai la vengeance que vous tirerez d'eux, Car c'est à vous que j'ai confié ma cause.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,32-72.15,1-46.
En ce temps-là Jésus et ses disciples allèrent ensuite dans un lieu appelé Gethsémani, et Jésus dit à ses disciples : "Asseyez-vous ici, pendant que je prierai."
Et il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à sentir de la frayeur et de l'angoisse.
Et il leur dit : " Mon âme est triste jusqu'à la mort; restez ici et veillez. "
S'étant un peu avancé, il tomba sur la terre; et il priait que cette heure, s'il était possible, s'éloignât de lui,
et il disait : " Abba, Père, tout vous est possible, détournez de moi ce calice; cependant, non ce que je veux, mais ce que vous (voulez) ! "
Et il vient et il les trouve endormis, et il dit à Pierre : " Simon, tu dors ! Tu n'as pas eu la force de veiller une heure !
Veillez et priez afin que vous n'entriez point en tentation. L'esprit est ardent, mais la chair es faible. "
Il s'en alla de nouveau et pria, disant la même parole.
Puis, étant revenu, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient appesantis, et ils ne savaient que lui répondre.
Il revint une troisième fois et leur dit : " Dormez désormais et reposez-vous. C'est assez ! L'heure est venue; voici que le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs.
Levez-vous, allons ! Voici que celui qui me trahit est proche. "
Aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l'un des Douze, et avec lui une foule, armée de glaives et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens.
Celui qui le trahissait leur avait donné un signe de convention : " Celui à qui je donnerai un baiser, c'est lui : arrêtez-le et emmenez-le en prenant vos sûretés. "
Quand il fut arrivé, s'avançant aussitôt vers lui, il dit : " Rabbi ! " et il lui donna un baiser.
Eux mirent la main sur lui et l'arrêtèrent.
Un de ceux qui étaient là, tirant le glaive, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui emporta l'oreille.
Jésus, prenant la parole, leur dit : " Comme contre un brigand, vous êtes sortis avec des glaives et des bâtons pour me prendre !
Chaque jour j'étais près de vous dans le temple, où j'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté; mais c'est afin que les Ecritures s'accomplissent. "
Et tous l'abandonnèrent et prirent la fuite.
Or un jeune homme le suivait, enveloppé d'un drap sur (son corps) nu, et on l'arrêta;
mais il lâcha le drap et s'enfuit nu de leurs mains.
Ils emmenèrent Jésus chez le grand prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se réunirent.
Pierre l'avait suivi de loin, jusque dans l'intérieur du palais du grand prêtre, et il était assis avec les satellites et se chauffait près du feu.
Les grands prêtres et tous le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir, et ils n'en trouvaient point.
Car beaucoup portaient de faux témoignages contre lui, mais les témoignages ne s'accordaient pas.
Et quelques-uns, se levant, portèrent contre lui ce faux témoignage :
" Nous l'avons entendu dire : Je détruirai ce sanctuaire fait de main d'homme, et en trois jours j'en rebâtirai un autre, non fait de main d'homme. "
Mais même sur cela leur témoignage ne s'accordait pas.
Le grand prêtre se leva, et (venant) au milieu, il interrogea Jésus, disant : " Tu ne réponds rien? Qu'est-ce que ces hommes déposent contre toi? "
Mais il garda le silence et ne répondit rien. Le grand prêtre l'interrogea de nouveau et lui dit : " Es-tu le Christ, le Fils du Béni? "
Jésus dit : " Je le suis, et vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la Puissance, et venant avec les nuées du ciel. "
Et le grand prêtre déchira ses vêtements et dit : " Qu'avons-nous encore besoin de témoins?
Vous venez d'entendre le blasphème : que vous paraît-il? " Tous le condamnèrent (comme) méritant la mort.
Et quelques-uns se mirent à cracher sur lui, et, lui voilant le visage, ils le frappaient du poing, en lui disant : " Prophétise ! "; et les satellites lui administraient des soufflets.
Pendant que Pierre était en bas, dans la cour, vint une des servantes du grand prêtre;
et voyant Pierre qui se chauffait, elle le fixa du regard et lui dit : " Toi aussi, tu étais avec le Nazaréen Jésus ! "
Mais il nia, en disant : " Je ne sais, ni ne comprends ce que tu veux dire. " Et il s'en alla dehors, vers le porche, et un coq chanta.
La servante, l'ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents : " Celui-là en est ! "
Et il nia de nouveau. Un peu après, de nouveau, ceux qui étaient présents dirent à Pierre : " pour sûr, tu en est; aussi bien, tu es Galiléen. "
Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer : " Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. "
Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole telle que Jésus la lui avait dite : " Avant que le coq ait chanté deux fois, trois fois tu me renieras; " et il éclata en pleurs.
Dès le matin les grands prêtres tinrent conseil avec les anciens et les scribes, tout le Sanhédrin; après avoir lié Jésus, ils l'emmenèrent et le remirent à Pilate.
Pilate l'interrogea : " Es-tu le roi des Juifs? " Jésus lui répondit : " Tu le dis. "
Comme les grands prêtres portaient contre lui beaucoup d'accusations,
Pilate l'interrogea de nouveau, disant : " Tu ne répons rien? " Vois combien d'accusations ils portent contre toi. "
Mais Jésus ne répondit plus rien, en sorte que Pilate était dans l'étonnement.
Or, à chaque fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu'ils demandaient.
Il y avait dans la prison le nommé Barabbas, avec les séditieux, pour un meurtre qu'ils avaient commis dans la sédition.
La foule qui venait de monter se mit à réclamer ce qu'il leur accordait toujours.
Pilate leur répondit : " Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs? "
Il savait, en effet, que c'était par jalousie que les grands prêtres l'avaient livré.
Mais les grands prêtres excitèrent la foule pour qu'il leur relâchât plutôt Barabbas.
Pilate, reprenant la parole, leur dit : " Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs? "
Eux crièrent de nouveau : " Crucifiez-le ! "
Pilate leur dit : " Qu'a-t-il donc fait de mal? " Et ils crièrent encore plus fort : " Crucifiez-le ! "
Pilate, voulant donner satisfaction à la foule, leur relâcha Barabbas; et après avoir fait flageller Jésus, il le remit (aux soldats) pour être crucifié.
Les soldats l'emmenèrent à l'intérieur du palais, c'est-à-dire au prétoire, et ils convoquèrent toute la cohorte.
Ils le revêtirent de pourpre et le ceignirent d'une couronne d'épines qu'ils avaient tressée.
Et ils se mirent à le saluer : " Salut, roi des Juifs ! "
Et ils lui frappaient la tête avec un roseau, et ils lui crachaient dessus et, se mettant à genoux, ils se prosternaient devant lui.
Après s'être moqués de lui, ils lui retirèrent la pourpre, lui remirent ses vêtements et le firent sortir pour qu'on le crucifiât.
Ils réquisitionnèrent un passant, Simon le Cyrénéen, le père d'Alexandre et de Rufus, qui revenait de la campagne, pour porter sa croix,
et ils le menèrent au lieu (dit) Golgotha, ce qui se traduit : lieu du Crâne.
Et ils lui donnèrent du vin mêlé de myrrhe, mais il n'en prit pas;
et ils le crucifièrent et se partagèrent ses vêtements, en les tirant au sort, à qui aurait quelque chose.
Il était la troisième heure lorsqu'ils le crucifièrent.
L'inscription indiquant la cause (de sa condamnation) portait : " Le roi des Juifs. "
Ils crucifièrent avec lui deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche.
Ainsi fut accomplie cette parole de l'Ecriture : Et il a été compté parmi les malfaiteurs.
Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : " Hé ! Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, et descends de la croix !| "
De même, les grands prêtres aussi, avec les scribes, se moquaient de lui entre eux et disaient : " Il en a sauvé d'autres, il ne peut se sauver lui-même.
Que le Christ, le roi d'Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions ! " Ceux même qui avaient été crucifiés avec lui l'insultaient.
La sixième heure arrivée, il se fit des ténèbres sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure.
Et à la neuvième, heure, Jésus cria d'une voix forte : " Eloï, Eloï, lama sabacthani, " ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? "
Quelques-uns de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, disaient : " Voilà qu'il appelle Elie. "
Et quelqu'un courut imbiber une éponge de vinaigre, et l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui présentait à boire, disant : " Laissez ! que nous voyions si Elie va venir le descendre. "
Jésus jeta un grand cri et expira.
Et le voile du sanctuaire se fendit en deux, du haut en bas.
Le centurion qui se tenait en face de lui, ayant vu qu'il avait expiré ainsi, dit: "Vraiment cet homme était Fils de Dieu. "
Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie la Magdaléenne, Marie mère de Jacques le Petit et de José, et Salomé, qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée, et beaucoup d'autres qui étaient montées à Jérusalem avec lui.
Le soir étant venu, comme c'était Préparation, c'est-à-dire veille du sabbat,
vint Joseph d'Arimathie, membre honoré du grand conseil, qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu. Il alla hardiment auprès de Pilate pour demander le corps de Jésus.
Mais Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort, fit venir le centurion, et lui demanda s'il y avait longtemps qu'il était mort.
Renseigné par le centurion, il accorda le cadavre à Joseph.
Ayant acheté un linceul, il le descendit, l'enveloppa dans le linceul, le déposa dans un sépulcre qui avait été taillé dans le roc, et il roula une pierre à l'entrée du sépulcre.
Saint Romanos le Mélode (?-vers 560), compositeur d'hymnes
Hymne 34 (trad. SC 128, p. 111s)
Le reniement de Pierre
Bon pasteur qui as donné ta vie pour tes brebis (Jn 10,11), hâte-toi, toi le saint, sauve ton troupeau...
Après le repas, le Christ a dit : « Mes enfants, mes chers disciples, cette nuit vous me renierez tous et vous me fuirez » (cf Jn 16,32). Et comme tous étaient saisis d'une même stupeur, Pierre s'est exclamé : « Quand bien même tous renieraient, moi je ne renie pas. Je serai avec toi ; avec toi je mourrai en te criant : Hâte-toi, toi le saint, sauve ton troupeau.
« Que dis-tu, Maître ? Moi, te renier ? Moi, t'abandonner et m'enfuir ? Et ton appel, et l'honneur que tu m'as fait, je ne m'en souviendrais plus ? Je me rappelle encore comment tu m'as lavé les pieds, et tu dis : ' Tu me renieras ' ? Je te revois t'approcher en portant un bassin, toi qui soutiens la terre et portes le ciel. De ces mains dont j'ai été façonné, mes pieds viennent d'être lavés, et tu déclares que je tomberai et que je ne te crierai plus : Hâte-toi, toi le saint, sauve ton troupeau » ?...
Sur ces mots, le créateur de l'homme a répondu à Pierre : « Que me dis-tu, Pierre, mon ami ? Tu ne me renieras pas ? Tu ne me fuiras pas ? Tu ne me rejetteras pas ? Je le veux bien, moi aussi, mais ta foi est chancelante, et tu ne résistes pas aux tentations. Te rappelles-tu comment tu as failli te noyer si je ne t'avais pas tendu la main ? Car tu as bien marché sur la mer, comme moi-même, mais aussitôt tu as hésité et bien vite tu as succombé (Mt 14,28s). Alors j'ai accouru vers toi qui criais : Hâte-toi, toi le saint, sauve ton troupeau.
« Voici, dès maintenant je te le dis : avant que chante le coq, trois fois tu me trahiras, et, laissant battre de toutes parts et submerger ton esprit comme par les vagues de la mer, trois fois tu me renieras. Toi qui alors avais crié et qui maintenant pleureras, tu ne me trouveras plus pour te donner la main comme la première fois : c'est que je m'en servirai pour écrire une lettre de rémission en faveur de tous les descendants d'Adam. De ma chair que tu vois je ferai un papier, et de mon sang de l'encre pour y inscrire le don que je distribue sans relâche à ceux qui crient : Hâte-toi, toi le saint, sauve ton troupeau
Publié le 06/04/2009 à 12:00 par auto23652
Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)
Lundi Saint
Saint du jour : St Prudence Galindo
Livre d'Isaïe 50,5-10.
En ces jours-là, Isaïe par la ainsi : Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et je n'ai point résisté, je ne me suis point retiré en arrière.
J'ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe ; je n'ai pas dérobé mon visage aux outrages et aux crachats.
Le Seigneur Yahweh m'est venu en aide; c'est pourquoi l'outrage ne m'a point abattu ; c'est pourquoi j'ai rendu ma face semblable à un caillou; et je savais que je ne serais pas confondu.
Il est proche, celui qui me justifie : qui plaidera contre moi? Comparaissons ensemble! Qui est mon adversaire : qu'il s'approche de moi !
Le Seigneur Yahweh m'est venu en aide: qui est-ce qui me condamnerait? Ah! ils tomberont tous en lambeaux comme un vêtement; la teigne les dévorera
Qui d'entre vous craint Yahweh, et écoute la voix de son Serviteur? Quiconque marche dans les ténèbres, privé de lumière, qu'il se confie dans le nom de Yahweh, et qu'il s'appuie sur son Dieu !
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,1-9.
Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie, où se trouvait Lazare, qu'il avait ressuscité des morts.
Là, on lui fit un souper, et Marthe servait. Or, Lazare était de ceux qui se trouvaient à table avec lui.
Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard très pur, très précieux, en oignit les pieds de Jésus, et les essuya avec ses cheveux. Et la maison fut remplie de l'odeur du parfum.
Alors, un de ses disciples, Judas Iscariote, celui qui devait le trahir, dit:
"Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres?"
Il dit cela, non qu'il se souciât des pauvres, mais parce qu'il était voleur, et qu'ayant la bourse, il dérobait ce qu'on y mettait.
Jésus lui dit donc: "Laisse-la; elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture.
Car vous aurez toujours des pauvres avec vous; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours!"
Un grand nombre de Juifs surent que Jésus était à Béthanie, et ils vinrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir Lazare qu'il avait ressuscité des morts.
Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Marc ; PLS 2, 125s (trad. DDB 1986, p. 96 rev. ; cf SC 494, p. 217)
« La maison fut remplie par l'odeur du parfum »
Dans l'évangile de Marc nous lisons : « Tandis qu'il était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, alors qu'il était à table, une femme vint avec un flacon d'albâtre contenant un parfum de grand prix » (14,3). Cette femme vous concerne directement, vous qui allez recevoir le baptême. Elle a brisé le flacon d'albâtre pour que le Christ, l'Oint du Seigneur, fasse de vous des chrétiens par l'onction. C'est ce qui est dit dans le Cantique des Cantiques : « Ton nom est un parfum qui s'épand : voilà pourquoi les jeunes filles t'aiment. Entraîne-moi à ta suite, courons ! » (1,3-4) Tant que le parfum était enfermé, tant que Dieu n'était connu qu'en Judée, tant que son nom n'était grand qu'en Israël (Ps 75,2) les jeunes filles ne suivaient pas Jésus. Mais dès que le parfum a été répandu dans le monde entier, les âmes des croyants ont suivi le Sauveur... Elle a brisé son flacon d'albâtre, afin que tous profitent du parfum...; cet acte rappelle « le grain de blé qui, s'il ne meurt pas en terre, ne porte pas de fruit » (Jn 12,24) : de même, si le flacon n'est pas brisé, nous ne pouvons pas nous oindre de parfum.
Cette femme n'est pas celle qu'un autre évangile cite pour avoir lavé les pieds du Seigneur (Lc 7,38). Car cette femme-là, qui jusque là était une pécheresse de mauvaise vie..., inonde de ses larmes les pieds du Sauveur et les essuie avec ses cheveux ; mais ce n'est qu'en apparence qu'elle lave les pieds du Sauveur, car en vérité elle se lave de ses péchés...
Qu'il en soit de même pour vous qui allez recevoir le baptême : puisque nous sommes tous pécheurs, que « nul n'est pur, même si sa vie n'a duré qu'un seul jour », (Jb 14,4 LXX)..., commencez par saisir les pieds du Sauveur, lavez-les de vos larmes, essuyez-les avec vos cheveux ; lorsque vous aurez fait cela, vous lui toucherez alors la tête, comme la femme chez Marc. Au moment de descendre dans la source de vie avec le Sauveur, vous devez apprendre comment le parfum arrive à la tête du Sauveur. Car si « la tête de tout homme, c'est le Christ » (1Co 11,3), votre tête aussi doit être parfumée, c'est par le baptême que vous recevrez cette onction.
Publié le 05/04/2009 à 12:00 par auto23652
DIMANCHE DES RAMEAUX - Violet - 2ème classe -
Rappelons que le temps de la Passion (tempus Passionis) s'étend des 1res Vêpres du 1er dimanche de la Passion jusqu'à la messe de la vigile pascale, exclusivement.
La semaine du 2e dimanche de la Passion (Dominica II Passionis) ou des Rameaux jusqu'au Samedi Saint inclusivement s'appelle la Semaine Sainte (Hebdomada Sancta), et les trois derniers jours de cette semaine sont désignés par le terme de Triduum sacré.
Ce dimanche est le deuxième du temps de la Passion, ainsi que le sixième et dernier dimanche du Carême. Mais il est surtout connu sous le nom de dimanche des Rameaux. En effet la liturgie de ce jour, qui est d'une ampleur exceptionnelle, comporte deux parties très contrastées. La première partie c'est la bénédiction et la procession des Rameaux, commémorant l'entrée du Christ à Jérusalem avec des chants joyeux et enthousiastes. La deuxième partie c'est la messe du deuxième dimanche de la Passion, la plus douloureuse de toute l'année, au cours de laquelle on lit à l'évangile le récit de la Passion selon saint Matthieu...
Bénédiction et procession des Rameaux:
Les chants de la bénédiction des Rameaux commencent par une petite antienne légère et joyeuse, dont le texte reprend les acclamations des Hébreux saluant l'entrée du Christ à Jérusalem, en citant un verset du psaume 117, psaume que l'on retrouve à Pâques. Ce verset est répété tous les jours à la messe dans le Sanctus :
Hosanna filio David, benedictus qui venit in nomine Domini, Rex Israël, hosanna in excelsis.
Hosanna au fils de David, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d'Israël, hosanna dans les hauteurs.
Pendant la distribution des Rameaux, on chante deux autres petites antiennes également joyeuses et légères Pueri Hebræorum, portantes ramos olivarum, obviaverunt Domino, clamantes et dicentes : " Hosanna in excelsis. "
Pueri Hebræorum vestimenta prosternébant in via, et clamabant dicentes : " Hosanna filio David : benedictus qui venit in nomine Domini. "
Les enfants des Hébreux portant des Rameaux d'olivier allèrent à la rencontre du Seigneur en s'écriant : " Hosanna dans les hauteurs. "Les enfants des Hébreux étendaient leurs vêtements sur le chemin et s'écriaient : " Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. "
Pour la procession qui suit la bénédiction des Rameaux il est prévu un certain nombre de chants que l'on choisit selon la longueur du trajet. Mais on doit obligatoirement terminer la procession par le chant de l'hymne Gloria laus auquel nous nous limiterons ici. Ce chant est attribué à l'évêque d'Orléans Théodulphe qui vivait au IXe siècle, et l'on raconte qu'ayant été mis en prison pour avoir comploté contre le roi de France Louis le Pieux, c'est dans sa prison qu'il aurait composé cette hymne. Lorsque le roi entendit ce chant, il le trouva si beau qu'il fit aussitôt libérer le prisonnier. Cette hymne au Christ Roi a une forme un peu particulière car elle comporte un refrain et des couplets ; elle s'accompagnait autrefois d'un très beau rite qui a malheureusement été abandonné à peu près partout et c'est bien dommage.
Lorsque la procession, qui doit se dérouler normalement à l'extérieur de l'église, arrivait devant celle-ci, les chantres entraient seuls dans l'édifice dont la porte restait fermée, et ils entonnaient l'hymne dont la foule reprenait le refrain à l'extérieur. Ils représentaient les anges qui allaient accueillir le Christ ressuscité dans le ciel. A la fin du chant le célébrant frappait trois fois la porte avec la croix, signifiant que le Christ devait passer par la mort sur la croix et trois jours dans le tombeau avant la résurrection. Puis la porte de l'église s'ouvrait, et le clergé et toute la foule entraient dans l'église au chant du Répons Ingrediente que nous verrons ensuite.
Voici d'abord le refrain.
Gloria, laus, et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor : Cui puerile decus prompsit Hosanna pium.
Gloire, louange et honneur à Vous, Christ-Roi, rédempteur, pour qui l'hommage des enfants fit jaillir un pieux Hosanna.
Ce chant comporte cinq couplets.
Isræl es tu Rex, Davidis et inclyta proles : Nomine qui in Domini, Rex benedicte, venis.
Plebs Hebræa tibi cum palmis obvia venit : cum prece, voto, hymnis, adsumus ecce tibi.
Cœtus in excelsis te laudat cælicus omnis, Et mortalis homo, et cuncta creata simul.
Hi tibi passuro solvebant munia laudis : Nos tibi regnanti pangimus ecce melos.
Hi placuere tibi, placeat devotio nostra : Rex bone, Rex clemens, cui bona cuncta placent.
Vous êtes le roi d'Israël, l'illustre descendant de David. C'est au nom du Seigneur, roi béni, que vous venez.
Le peuple hébreu vient à votre rencontre avec des palmes, et nous, nous voici devant vous avec nos prières, nos vœux et nos hymnes.
Les anges dans les cieux se rassemblent pour vous chanter ; l'homme et tout l'univers s'unissent pour vous acclamer.
Il vous offrait sa louange, à la veille de votre mort. Aujourd'hui nous vous chantons régnant au ciel.
Vous avez aimé ses chants ; que notre hommage vous plaise ! Tout amour vous réjouit, Roi de bonté, Dieu de pardon.
Voici maintenant le Répons Ingrediente que l'on chante en rentrant dans l’Eglise. Le texte est tout à fait analogue à celui des petites antiennes de la bénédiction des Rameaux ; il est inspiré de l’Evangile, mais la mélodie est évidemment beaucoup plus ornée, faite de formules que l'on rencontre dans d'autres Répons : elle est calme et douce, nous préparant déjà à l'ambiance toute différente de la messe.
Ingrediente Domino in sanctam civitatem, Hebræorum pueri, resurrectionem vitæ pronuntiantes, cum ramis palmarum hosanna clamabant in excelsis.
Comme le Seigneur entrait dans la cité Sainte, les enfants des Hébreux, annonçant par avance la résurrection de celui qui est la vie, tenant des Rameaux de palmiers criaient : Hosanna au plus haut des cieux.
Comme tous les Répons celui-ci comporte un verset après lequel est reprise la dernière phrase :
Cumque audisset populus quod Jesus veniret Jerusalem, exierunt obviam ei.
Lorsque le peuple apprit que Jésus venait à Jérusalem, ils sortirent au devant de lui.
Introït : Domine ne longe
Les chants de la messe du dimanche des Rameaux, ou deuxième dimanche de la Passion, sont entièrement consacrés à la passion de Notre Seigneur, et forment un contraste frappant avec les joyeuses acclamations de la procession. Comme ceux du dimanche précédent, tous les chants du propre sont placés dans la bouche du Christ, qui exprime douloureusement sa souffrance, mais aussi, nous le verrons en particulier dans le Graduel, son abandon à la volonté de son père. Un psaume tient une grande place dans les chants de cette messe : c'est le psaume 21, que notre Seigneur a récité sur la croix, au moins le premier verset : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? "
Comme nous le disions dimanche dernier, dans sa passion Notre Seigneur cache sa divinité, et c'est sa nature humaine, confrontée à l'horreur du péché et de ses conséquences, qui exprime son désarroi, empruntant les paroles de David au milieu de ses plus grandes épreuves. De plus ce psaume prophétise la passion d'une façon très précise, annonçant l'abandon de tous, les moqueries des pharisiens, les soldats se partageant les vêtements, les pieds et mains percés. Mais toute la dernière partie du psaume est un chant d'espoir qui annonce la victoire de la résurrection et la naissance de l’Eglise.
L'Introït est formé de deux versets de ce psaume 21 parmi les plus douloureux :
Domine, ne longe facias auxilium tuum a me, ad defensionem meam aspice : libera me de ore leonis, et a cornibus unicornuorum humilitatem meam.
Seigneur n'éloignez pas de moi votre secours. Veillez à ma défense, délivrez-moi de la gueule du lion, protégez ma faiblesse des cornes des licornes.
Les licornes sont des animaux fabuleux et qui figurent comme le lion tous les ennemis du Christ ligués contre lui.
La mélodie commence d'une façon grave et sombre puis elle s'élève progressivement dans la deuxième phrase jusqu'à l'aigu en un cri douloureux. La troisième phrase est plus calme et plus assurée, introduisant une note de confiance qui n'est pas dans le texte. Le verset est bien entendu le premier du psaume 21, celui que notre Seigneur a récité sur la croix :
Deus, Deus meus, respice in me, quare me dereliquisti ? longe a salute mea verba delictorum meorum.
Mon Dieu, mon Dieu, regardez-moi. Pourquoi m'avez-vous abandonné ? Elle éloigne de moi le salut la voix de mes péchés.
Et comme dimanche dernier on ne chante pas le Gloria Patri et on reprend aussitôt l'Introït.
Una Voce
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