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Theologie

Benoît XVI : de la réalité des anges déchus

Posté le 02.08.2008 par auto23652
Rome, le 30 juillet 2008 - (E.S.M.) - L'athéisme pratique comporte non seulement la mort de Dieu mais la mort de l'homme. Le pape Benoît XVI l'exprime souvent [...], l'homme séparé de Dieu ne parvient plus à trouver son identité ni sa raison d'être.

Le "prince de ce monde" -

"L'une des manières les plus efficaces pour semer la confusion dans les esprits, c'est la suppression des symboles. Le mot "diable" est le contraire du mot "symbole" : diabolos = ce qui sépare; Symbolon = ce qui unit, signe de reconnaissance. Le mépris et la suppression des symboles laissent l'intelligence de l'homme dans le vide, car les réalités les plus profondes se manifestent à nous à travers des signes extérieurs et à travers des symboles."

Benoît XVI : de la réalité des anges déchus

C'est le titre que nous pouvons lire aujourd'hui dans "La Stampa", un quotidien italien, qui reprend un entretien de Monseigneur Andrea Gemma, unique évêque catholique qui pratique habituellement le ministère de l'exorcisme où il livre quelques réflexions personnelles et affirme : "Le Diable existe et je l'ai rencontré" et il ajoute : "Depuis qu'il est élu, le pape Benoît XVI parle souvent de l'existence réelle de l'enfer et de l'action néfaste du démon dans le monde."

En préambule, pour que vous ne pensiez pas que le texte qui suit ne concerne que le XVIème siècle, nous pensons qu'il est essentiel de dire que l'enseignement de l'Église, aujourd'hui, n'a pas varié. Le pape Benoît XVI a développé cette parole dans son encyclique "Deus Caritas est" : "Nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru" (1Jn 4,16). La vie chrétienne, aujourd'hui comme hier, exige la volonté d'aller à contre-courant. Elle est toujours un choix entre égoïsme et amour, elle nous demande de choisir entre honnêteté et malhonnêteté, finalement entre Dieu et Satan. C'est ce qu'a développé le pape Benoît XVI dans une inoubliable homélie prononcée à Velletri. (lire) A une autre occasion, en présence de plusieurs milliers de jeunes, le pape les invite à se tenir ferme contre les ruses du diable (L'enfer existe éternellement). Plus récemment, il rencontra le clergé de Rome, l'attention fut concentrée en grande partie sur l'existence réelle de l'enfer (mise en garde). Nous pourrions continuer ainsi, il est temps de vous laisser à votre lecture :

Marie-Isabelle ALVIRA

UNE RÉFLEXION SUR LE DIABLE SUGGÉRÉE PAR LA LECTURE DE SAINTE THÉRÈSE D'AVILA

Les derniers temps, c'est-à-dire le temps de l'Église qui s'écoule de la Résurrection du Christ à la fin du monde, revêt un caractère de lutte particulièrement acharnée contre le démon. Celui-ci, en effet, se sachant vaincu par la Croix salvifique du Christ (Catéchisme de l'Eglise catholique, no 1086, no1708), veut mettre à profit ce qui reste de l'histoire humaine pour ôter à Dieu un maximum de gloire. Le combat est dès lors inévitable. Voilà pourquoi l'Apocalypse en particulier décrit la vie de l'Église avec cette vision de lutte.

Comme Patrick de Laubier le rappelle dans Le Temps de la fin des temps, l'expérience des mystiques nous est précieuse par les informations qu'elles nous apportent sur les réalités surnaturelles.

Sainte Thérèse d'Avila est peut-être l'une des mystiques chrétiennes qui a le mieux décrit l'action de Dieu dans son âme. Elle nous livre aussi de nombreuses descriptions et réflexions sur l'action du diable dans sa vie.

En effet, s'il est vrai que le diable tente de détourner l'humanité entière de Dieu, il mène aussi un combat particulièrement rude contre les saints, car ce sont eux qui lui enlèvent le plus de proies; plus l'action du saint sera profonde et universelle, plus le diable s'acharnera d'une manière ou d'une autre contre lui, comme l'histoire de l'Église nous le montre.

Les récits de Sainte Thérèse nous permettront de guider et d'orienter notre réflexion sur la nature et l'activité du diable. Ils renferment en outre une véritable praxis sur la conduite à tenir à son sujet pour le maîtriser et le vaincre. La sainte d'Avila était en toute circonstance une femme pratique. Elle faisait sien l'adage castillan : " Celui qui se sauve a le vrai savoir, autrement il ne sait rien " (Dictionnaire Académie Espagnole Ed. Gredos, 1984, Lettre S, p.4).

Le savoir définitif est le savoir qui sauve, c'est-à-dire le savoir pratique qui comporte le bon usage de la volonté. Notre savoir sur le diable doit par conséquent, nous conduire à la victoire sur lui.

1. Nature et identité du diable

Nous connaissons bien le mot de Baudelaire : "La plus belle ruse du diable est da nous persuader qu'il n'existe pas." Mais il en a élaboré une autre pour ceux qui ont refusé de nier ouvertement son existence : les convaincre que son "statut" n'est pas personnel. Cette opinion a, en effet, souvent été exprimée ces dernières années : "Dire le diable personnel, cela nous semble équivoque (...) Nous dirions volontiers que le diable "ne mérite pas" d'être personnel. Il n'a pas assez de valeur positive pour être personnel (...) Son existence, tout à fait particulière, ne prend pas forcément forme personnelle. C'est pourquoi nous préférons, en ce qui nous concerne, parler de "forces diaboliques" ou encore du "diabolique" plus que du diable proprement dit" (La diable, oui ou non ? PASCAL THOMAS, Paris, Centurion, 1939, p.205)..

L'argumentation sur laquelle s'appuie cette thèse est énoncée clairement par des théologiens comme Urs van Balthasar : "La personne présuppose toujours une relation positive à une autre personne, une forme de sympathie ou du moins une forme d'inclination ou d'intérêt naturel. Mais voilà précisément ce qu'on ne pourrait plus dire d'un être qui aurait rejeté entièrement, radicalement, Dieu, c'est-à-dire l'Amour même" (Espérer pour tous, Paris, Desclée de Brouwer, 1987).

Néanmoins : ce n'est pas parce que le diable ne peut plus aimer qu'il ne possède plus son caractère de personne. Il ne faut pas confondre le plan ontologique et le plan moral. En effet, si le diable est devenu, à cause de son péché, le "professionnel" du mal par excellence, il a été pourtant créé bon, excellent, par Dieu (Catéchisme de l'Église Catholique, no 391) 6 (ibid. n° 2851). Et Dieu, après la faute, n'a pas annihilé ni modifié sa nature. Étant un ange, créature spirituelle, il est une personne (Vie, In Œuvres complètes da Ste Thérèse de Jésus. Paris. Éd. du Seuil, 32. p.345), caractérisée - comme toute personne par son irréductibilité et sa capacité de relation. C'est pourquoi Dieu peut lui parler, comme Goethe nous le rappelle dans son célèbre Faust.

Si l'ange déchu n'a pas perdu, en péchant, son caractère de personne, il a, par contre, perdu à jamais - tout comme l'homme damné -l'espoir de trouver sa vraie identité. Il en est ainsi parce que les créatures personnelles, anges et hommes, ne peuvent trouver leur identité, séparées de Dieu. Créées par lui et pour lui, leur nature ne trouve son accomplissement et sa raison d'être qu'en Dieu.

D'où le drame des damnés et des démons. Il n'y aurait plus de malheur moral pour eux s'ils cessaient d'être des personnes. Mais la description que Sainte Thérèse nous fait de l'enfer nous détrompe : là, en effet, toutes les souffrances sensibles que l'on ressent "ne sont rien encore auprès de l'agonie de l'âme. Elle éprouve une oppression, une angoisse, une affliction si sensible, une peine si désespérée et si profonde, que je ne saurais l'exprimer. Si je dis que l'on vous arrache continuellement l'âme, c'est peu, car, dans ce cas, c'est un autre qui semble vous ôter la vie. Mais ici c'est l'âme elle-même qui se met en pièces" .

Tout comme l'homme damné, le diable a perdu tout espoir de se retrouver lui-même et se met continuellement "en pièces", devenant l'agitation et l'agitateur par excellence.

2. Action du diable

L'agir suit l'être. Chaque être se comporte selon ce qu'il est. Le diable se comporte comme ce qu'il est : un être où coïncident de manière paradoxale le meilleur et le pire : la meilleure nature créée et la pire volonté libre tournée entièrement vers le mal. Comme le dit le vieil adage philosophique : "Corruptio optimi, pessima".

Tout le pouvoir du démon est par conséquent destructeur, négatif. Refusant de servir Dieu, Satan s'efforce d'éloigner la création de son Créateur. Il ne veut pas qu'elle accomplisse sa fin : rendre gloire à Dieu.

Selon l'interprétation de la philosophie classique, le péché est à l'origine du désordre de l'univers. Le professeur R. Spaemann, dans son livre Das Natürliche und das Vernünftige a défendu la thèse selon laquelle le péché qui a brisé l'ordre universel a été le péché de l'ange, le diable étant appelé "le prince de ce monde".

S'il est "prince de ce monde" (Jn 14, 30), l'homme, lui, est le roi de la création et, comme nous le rappelle un autre mystique, il doit ramener à Dieu.

Ce monde où le démon a introduit le désordre : "Il convient Seigneur que je t'aime, afin que je mérite d'être servi par les créatures, qui n'ont d'autre manière de parvenir à toi si ce n'est en me servant moi, lorsque je te sers; lorsque je t'aime et que je suis celui que je dois être, alors toutes les créatures s'unissent à toi et atteignent le but de leur création : moi pour toi et les créatures à travers moi. Mais quand je ne suis pas celui que je dois être, je sème la confusion et perds et pervertis tout ce que tu as créé. En revanche, lorsque je t'aime, par l'amour que je te voue, je répare, unis et conserve l'univers tout entier" (Diego de Estella, Ed. Catalica, 1948, p.384).

Comment le diable s'y prendra-t-il pour s'opposer à ce dessein ? Car si Dieu Créateur ne s'impose pas à sa créature, respectant ainsi sa liberté, le diable, lui, peut encore moins le faire. Son pouvoir est grand, mais limité. Il sait qu'il ne peut pas s'imposer directement à un être libre. Il doit agir "en biais", en déployant une stratégie rusée et séductrice. Cette stratégie consiste en un exercice constant de séparation.

Il est possible de discerner deux sortes de stratégies de la part du démon :

I - Une générale, qu'il essaie de déployer à travers l'histoire.
II - Une particulière, qui s'adresse à chaque homme.

I - Sa stratégie générale vise successivement deux fronts:

a) Le front surnaturel : spirituel, ecclésial, théologique.

b) Le front naturel : philosophique et moral.

a) Il s'agit d'abord de couper les hommes de la vie da la grâce, de l'union avec Dieu.
Pour cela, il voudrait en finir avec l'Église qui dispense la grâce à travers les sacrements, ou tout au moins en écarter le maximum de chrétiens. Sainte Thérèse a été témoin au cours du XVIème siècle de l'effort réalisé pour relativiser la valeur des sacrements. En effet, ce furent des chrétiens désireux de parvenir à une conception plus pure du christianisme, qui supprimèrent dans une grande partie de l'Europe les sacrements de l'Ordre, de l'Eucharistie et de la Pénitence.

La mort du Christ sur la Croix inaugure la victoire "historique" sur le diable. Or, la Sainte Messe célébrée par le prêtre in persona Christi perpétue et renouvelle le Sacrifice du Calvaire. L'absence du prêtre implique l'absence de la Messe, l'absence de la présence réelle du Christ, l'absence du sacrement de Réconciliation qui redonne la vie de la grâce à celui qui l'a perdue...

Quand on observe une carte de l'Europe du XVI" siècle - le siècle de Sainte Thérèse ainsi que de la Réforme Protestante - on peut avoir l'impression d'assister à l'effondrement de l'Église Catholique, tant les défections des peuples ont été massives à la suite de leur roi. C'est ce qui pousse Sainte Thérèse à s'écrier : "0 mon Rédempteur, je ne puis supporter ce spectacle sans que mon coeur soit brisé de douleur ! Que sont devenus aujourd'hui les chrétiens ? (...) Le monde est en feu l On voudrait, pour ainsi dire, condamner de nouveau Jésus-Christ puisqu'on l'accable de tant de calomnies ! On voudrait en finir avec son Église ! (Chemin de la Perfection, ch 1, p. 584-585).

Cependant, même si l'on peut quitter l'Église et croire toujours en Dieu, du déisme à l'athéisme, il n'y a pas une grande distance à parcourir. Le seuil a été vite franchi. Pourtant l'athéisme théorique implique une justification, une réflexion sur Dieu. L'athéisme absolu et plus achevé est sans doute l'athéisme pratique qui se passe de toute préoccupation intellectuelle, de toute référence. Il a par conséquent l'avantage d'être moins prétentieux, de se présenter de manière plus modeste : à chacun sa vérité, tout est relatif, il faut surtout vivre...

"La philosophie, selon F. Vandenbroucke, a cherché les bases rationnelles d'une négation de Dieu sans précédent dans l'histoire de la pensée humaine. Cette recherche a suivi une courbe qui commença par la 'sécularisation' du Christianisme, pour atteindre sa 'liquidation', au terme de laquelle apparaît paradoxalement le déchaînement des forces démoniaques" (Vld. "Démon" in Dictionnaire de Spiritualité Ascétique et Mystique, Paris, Beauchesne.1937 - 1988, coll. 231-232).

b) une fois le front surnaturel "dépassé", le diable peut facilement s'attaquer au front "naturel", car une nature sans sur-nature est forcément, dans l'état actuel de l'homme, une nature pécheresse.

L'athéisme pratique comporte non seulement la mort de Dieu mais la mort de l'homme, comme nombre de philosophes modernes l'ont mis en relief. Et cela parce que, tout comme l'ange, l'homme séparé de Dieu ne parvient plus à trouver son identité ni sa raison d'être. La grâce est la lumière qui lui permet de se reconnaître, de voir en lui ce Dieu dont il est à l'image. Car il est image... Mais s'il la rejette, il tombe comme Satan dans cet orgueil qui le pousse à vouloir être Dieu le Père, Créateur et origine de toute chose. Alors, il veut toute la gloire pour lui-même; alors il veut remodeler sa nature et se dégager de toute loi morale; alors il veut être maître de la vie et de la mort...

Il - Cependant le diable sait qu'une stratégie générale n'est pas suffisante.

Voilà pourquoi il dresse, selon l'expression de Sainte Thérèse, toute une "batterie" pour gagner chaque âme. Son arme ordinaire est la tentation qui est une invitation "personnalisée". Cette invitation est lancée à travers un dialogue rusé et séducteur, car il s'agit en définitive de tromper l'intelligence de l'homme et d'affaiblir sa volonté pour le pousser à pécher.

a) Action sur l'intelligence

Il est intéressant de signaler que le diable cherche à accéder à l'intelligence et à la volonté de l'homme à travers l'imagination et l'appétit sensible.

"C'est l'imagination que le démon trompe et séduit" (V.D. 3 p. 917). Il n'a pas beaucoup de difficultés à le faire dans un monde matérialiste où l'imagination reproductrice d'images est constamment sollicitée et comme exacerbée. En revanche, l'imagination créatrice, intimement liée à l'intelligence et à l'effort intellectuel est devenue très pauvre.

Or, l'intelligence nous a été donnée pour saisir la vérité et en définitive pour contempler la Vérité par excellence : Dieu.

"Cette vérité dont je parle, et qui a daigné se révéler à moi, est en soi la Vérité même; elle est sans commencement et sans fin. Toutes les autres vérités dépendent de cette Vérité, comme tous les autres amours, de cet Amour, et toutes les autres grandeurs, de cette Grandeur" (Vie 40, p.463).

En revanche, "tout ce qui vient du démon est mensonge comme lui" (Vie 15, p.152). Alors que le Christ est le Logos, la Parole, le diable est le parler trompeur. Grand connaisseur des techniques rhétoriques, il cherche à obscurcir la raison et à confondre les idées. "Le mensonge est l'offense la plus directe à la vérité. (...) En blessant la relation de l'homme à la vérité et au prochain, le mensonge offense la relation fondatrice de l'homme et de sa parole au Seigneur" (Catéchisme de l'Église Catholique n° 2483).

L'une des manières les plus efficaces pour semer la confusion dans les esprits, c'est la suppression des symboles. Le mot "diable" est le contraire du mot "symbole" : diabolos = ce qui sépare; Symbolon = ce qui unit, signe de reconnaissance. Le mépris et la suppression des symboles laissent l'intelligence de l'homme dans le vide, car les réalités les plus profondes se manifestent à nous à travers des signes extérieurs et à travers des symboles.

"D'une manière habituelle, notre pensée a besoin d'un appui" (Vie 22, p. 226) .

En effet, "l'homme étant un être à la fois corporel et spirituel, il exprime et perçoit les réalités spirituelles à travers des signes et des symboles matériels. Comme être social, l'homme a besoin de signes et de symboles pour communiquer avec autrui, par le langage, par des gestes, par des actions. Il en est de même pour la relation à Dieu" (Catéchisme de l'Église Catholique n" 1146).

"Il y avait en moi si peu d'aptitude pour me peindre les objets à l'aide de l'entendement, que je ne pouvais imaginer les choses que je n'avais pas sous les yeux (...) Voilà le motif pour lequel j'aimais tant les images. Hélas I qu'ils sont malheureux ceux qui, par leur faute, se privent d'une ressource aussi précieuse l On voit bien qu'ils n'aiment pas notre Seigneur. S'ils l'aimaient, ils seraient contents de voir son portrait; car même ici-bas c'est une joie de voir le portrait d'un ami" (Vie 9, p. 91).

C'est donc une ruse caractérisée du démon d'enlever d'abord tout ce qui peut réveiller en nous l'amour de Dieu, ainsi que tout ce qui nous rappelle la dignité, la nature, la profondeur, la raison d'être, la finalité des diverses réalités voulues par Dieu. La suppression ou le mépris des signes comporte une subversion profonde, comme l'histoire récente nous le montre.

b) Action sur la volonté

Le diable cherche à affaiblir la volonté par deux moyens essentiels :

1 - En inspirant la peur de faire le bien. Il cherche à décourager.
2 - En incitant au péché. Tout péché enchaîne la volonté.

1- Il inspire la peur sur les personnes ordinaires, afin de les empêcher de viser la sainteté et de les installer ainsi dans la tiédeur et dans la médiocrité. C'est le cri : "je ne peux pas !"

Il veut d'abord, par dessus tout, empêcher le dialogue personnel de la prière, car elle est la porte et le chemin sûr de l'amour de Dieu. C'est dans la prière que naissent les grands désirs de sainteté ainsi que la force pour les mettre en œuvre.

Or "le diable ne veut pas que tous soient saints" (Lettre de Sainte Thérèse au Père Gratien, novembre 1576). "Je crois que le démon porte beaucoup de préjudice aux âmes qui font oraison, et les empêche de réaliser de grands progrès par les fausses idées qu'il leur donne de l'humilité. Il leur représente qu'il y a de l'orgueil à entretenir de grands désirs, à vouloir imiter les saints, à souhaiter le martyre (...) Nos cœurs sont tellement étroits que la terre, ce semble, va nous manquer, sî nous venons à négliger tant soit peu le corps, pour veiller aux intérêts de l'âme" (Vie 13, p. 124).

Alors qu'il agit habituellement sur l'imagination pour inspirer la peur, il doit avoir recours à des moyens plus importants pour inspirer la peur paralysante aux saints : c'est ce qu'il a fait avec Sainte Thérèse à maintes reprises, en lui apparaissant et en la soumettant à des tourments, lui infligeant des coups, etc. (Vld. Vie, 31).

Il percevait sans doute le rayonnement de sa vie et de son œuvre au long de l'histoire, ses appels pressants à une vie de prière. La vie mystique, telle que Sainte Thérèse l'a vécue, suppose en quelque sorte un avant-goût du ciel, une présence extraordinaire de Dieu dans l'âme. La mystique thérésienne, tout comme les autres mystiques espagnols du XVIème siècle, lance une invitation universelle à la prière mentale. En outre, sa personnalité attrayante et son langage populaire touchent un très large public. Les difficultés auxquelles le mouvement mystique et la Réforme Carmélitaine ont eu affaire ont été immenses.

2 - Le diable incite au péché en introduisant ainsi une triple séparation

* le péché brise l'unité de l'homme, produisant en lui une tension inévitable. La paix est le fruit de l'union des puissances de l'homme entre elles et avec Dieu.
* le péché brise l'unité avec les autres
* le péché brise l'unité avec Dieu

Rien, nous le savons, ne désintègre autant la personnalité humaine, la société et le monde que le péché.

Enfin, dans cette situation, le démon est aussi Satan, l'accusateur. L'accusateur de Dieu et de l'homme. Il prétend par là empêcher le retour à Dieu, en enlevant la confiance et en poussant au désespoir.

3. Pouvoir de l'homme sur le diable

Arrivés à ce stade de notre réflexion, nous pouvons nous demander ce que nous pouvons faire pour vaincre le diable.

Le diable est soumis à Dieu. S'il a reçu de Dieu la permission de mettre l'homme à l'épreuve, il ne peut outrepasser le pouvoir qui lui a été donné. De plus, comme nous l'avons dit, il ne peut pas faire violence à la liberté de l'homme. Le péché" est toujours volontaire. "Ma fille, la lumière est bien différente des ténèbres; je suis fidèle; personne ne se perdra sans le savoir" (Relation 22, p.547). Après de violentes tentations, Sainte Thérèse écrit : "Parfois, il m'a semblé que les démons s'amusaient à se renvoyer mon âme comme une balle, sans qu'elle put s'échapper de leurs mains (...) La seule lumière du libre arbitre demeure toujours" (Vie 30, p. 318)..

La tradition chrétienne propose de nombreux moyens pour vaincre le diable. Etant impossible de les énumérer tous, nous soulignerons, suivant Sainte Thérèse, trois moyens qui se rattachent à l'exercice des vertus théologales :

1. La recherche d'une science humble, ce qui fortifie la foi : "A mon avis, le démon redoute souverainement la science humble et vertueuse; il sait qu'alors ses ruses seront déjouées et qu'il sortira vaincu du combat" (Vie 13, p.133).

"Il redoute comme la peste les dispositions fondées sur la vérité. Il est ami du mensonge et le mensonge même; aussi, il ne fera jamais de pacte avec celui qui marche dans la vérité" (Vie 25, p.266).

2. La détermination, doublée de la bonne humeur, ce qui est une manifestation de la vertu d'espérance :

"Le démon redoute beaucoup les âmes vaillantes. L'expérience lui a appris quels préjudices elles lui causent Tout ce qu'il fait pour leur nuire tourne à leur avantage et à celui du prochain, et finalement c'est lui qui y perd" (Chemin de la Perfection 25, p.702).

"Si, en effet, ce Maître est tout-puissant, comme je le vois et je le sais, si les démons sont ses esclaves, comme la foi ne me permet pas d'en douter, quel mal peuvent-ils me faire à moi, dès lors que je suis la servante de ce Seigneur et de ce Roi ? Pourquoi n'aurais-je pas la force de combattre contre tout l'enfer réuni ? Je prenais à la main une croix et il me semblait en vérité que Dieu me donnait du courage. En très peu de temps, je me vis toute transformée et je n'aurais pas craint de me mesurer avec tous les démons à la fois; il me semblait qu'avec cette croix, je pouvais facilement les vaincre tous.

Aussi, je leur disais : maintenant, venez tous, je suis la servante de Dieu, je veux voir ce que vous pouvez contre moi !

Ce qui est hors de doute, à mon avis, c'est qu'ils avaient peur de moi. Je me trouvais si tranquille et si rassurée contre eux tous que toutes mes craintes antérieures se sont dissipées. S'il m'est arrivé parfois de les voir depuis lors (...), non seulement je n'en avais presque aucune crainte, mais il me semblait plutôt que j'étais pour eux un objet de terreur. J'avais donc acquis, par la bonté manifeste du Maître du monde, un tel empire contre eux, que je n'en faisais pas plus de cas que de simples mouches. A mon avis, ils sont tellement lâches que, s'ils se voient méprisés, ils n'ont plus aucun courage. (...) Daigne Sa Majesté imprimer en nos coeurs la seule crainte que nous devons avoir et nous faire comprendre' qu'un seul péché véniel peut nous causer plus de mal que tout l'enfer réuni, comme c'est la vérité" (Vie 25, p. 265 - 266).

Et elle ajoute plus loin : "Je ne puis concevoir les craintes qui provoquent ces exclamations : Le démon ! Le démon l quand nous pouvons dire : Mon Dieu I Mon Dieu I et faire ainsi trembler l'esprit de ténèbres. Ne savons-nous pas qu'il ne peut faire le moindre mouvement, si Dieu ne le lui permet ? Pourquoi donc ces frayeurs ? Pour moi, je l'affirme, je redoute bien plus ces hommes si timides devant le démon, que le démon lui-même" (lbid. p.287).

3. Le recours au pardon de Dieu est ce qui nous permet de recouvrer la charité.

Sainte Thérèse ne cesse de nous parler tout au long de ses œuvres de la miséricorde de Dieu. "Elle gémît d'avoir offensé Dieu, mais elle se sent dilatée par sa miséricorde" (lbid. 30, p. 317).

Le recours au pardon divin est le chemin sûr et efficace pour revenir vers Lui, et échapper ainsi à l'emprise du diable. Car, par le péché, il nous tient soumis à lui.

Les textes thérésiens sur la miséricorde de Dieu et sur le recours au sacrement de pénitence sont innombrables. Le pardon est l'une des manifestations les plus éclatantes de l'Amour : Dieu nous rachète en rachetant notre passé : "Tous tes péchés sont devant moi comme s'ils n'avaient jamais existé ; il te faut maintenant prendre courage" (Relations 58, p.574).

C'est ce même courage, manifestation éclatante du pouvoir de l'amour, qui soutiendra, selon Sainte Thérèse, les "apôtres des derniers temps" : "Faisant un jour oraison, avec beaucoup de recueillement, de douceur et de quiétude, il me semblait que j'étais toute environnée d'anges et très rapprochée de Dieu. Je me mis à prier avec ferveur Sa Majesté pour les besoins de l'Église. Il me fut donné de voir le grand bien qu'un certain Ordre devait faire dans les derniers temps et le courage avec lequel ses membres soutiendraient la foi" (Vie 40, p.468-469).

En effet, celui qui contente Dieu "peut fouler aux pieds tout l'enfer" (Vie 28, p.292).


Sources : spip.php-article154 - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 30.07.08 -T/Théologie



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La Cloture: Approche Théologique

Posté le 30.07.2008 par auto23652
«Dans le silence et la solitude, on n’entend plus que l’essentiel.»

Le Grand silence: une introspection sans fin

Le tapage de notre société de consommation serait-il le plus terrible, celui de la vacuité?



Extrait de Monseigneur Jean-Louis BRUGUÈS


LA CLÔTURE : APPROCHE THÉOLOGIQUE

La clôture existe depuis les premiers temps de la vie monastique. La dernière interprétation autorisée est fort récente : le 13 mai 1999, la « Congrégation romaine pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique » rendait publique l’Instruction Verbi sponsa, sur la vie contemplative et la clôture des moniales. Cette dernière revêtirait une quadruple dimension théologique.

1°) La solitude avec Christ

Tout chrétien est appelé à suivre le Christ. Toutefois les chemins de l’imitation diffèrent selon les vocations personnelles. Le moine se propose de rechercher le Christ dans les lieux de solitude où celui-ci retrouvait son Père et s’entretenait intimement avec lui, selon l’Evangile.

Nous avons déjà souligné l’importance du désert. Les quarante jours passés dans le désert ont constitué le préambule ou la préparation préalable de Jésus à sa mission publique. Le désert est perçu de manière ambivalente : lieu de tentation, de combat et d’affrontement contre le démon et les forces du mal, il est aussi l’endroit des retrouvailles et de l’intimité avec Dieu.

La clôture favorise une manière particulière d’être avec le Christ, puisqu’elle propose de partager sa solitude et sa prière contemplative.

2°) Une demande d’amour

On ne comprendrait rien au christianisme si l’on oubliait que l’amour réside au cœur de son mystère. Dieu est Amour, communion des personnes divines. Il crée par amour et par amour encore il envoie le Fils pour le salut de l’humanité entière. Le Christ appelle chaque homme à l’amour. Son amour à lui été absolu, puisqu’il l’a conduit au sacrifice de soi sur la croix. Certains baptisés sont conduits par l’Esprit à répondre par un amour absolu à celui du Christ. C’est le cas des moines.

L’homme vivra cet amour sur le mode de l’imitation et de la reproduction de la personne du Christ. La femme verra en lui l’Epoux par excellence et s’unira à lui dans des épousailles mystiques. Elle recherchera l’intimité et le face à face constant avec lui.

On sait l’importance du thème du mariage mystique avec le Christ dans la littérature spirituelle et monastique. La clôture marque alors l’espace privé et sacré de l’intimité sponsale.

3°) La dimension ascétique

L’entrée volontaire dans un monastère ne va pas de soi. Celui qui s’y risque y perd sa vie, selon les termes mêmes de Jésus ; il choisit une voie faite de renoncement, tandis que le vœu de pauvreté le met dans un état de dépendance radicale.

Or, ce sont là les conditions de la virginité monastique. Dans l’espace fermé du cloître, la moniale apprend les conditions pratiques de la sixième béatitude, la plus solennelle selon les spécialistes : « Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu ».

La clôture a pour objectif de favoriser l’intimité sponsale des moniales avec l’Epoux et ainsi de limiter à l’essentiel les échanges avec l’extérieur.

4°) Au cœur de l’Eglise

En choisissant de se mettre à l’écart de la société, les moines se retrouvent au cœur de l’Eglise. Cette affirmation se trouve vérifiée de deux manières.

La communauté monastique est dite eschatologique : par la qualité et la ferveur des échanges fraternels qui la caractérisent, elle préfigure le Royaume de Dieu et anticipe ce que deviendra la condition humaine quand tout se trouvera récapitulé dans le Christ.

On n’entre jamais seul au monastère. Celui que s’y présente sait qu’il passera son existence à prier pour ceux qui se recommandent à lui, ou ceux qui ne prient pas. Il intercède pour eux. Sans cesse, il les présente à la miséricorde divine. En ce sens, on peut soutenir que les monastères constituent le fondement, ou le poumon spirituel, de la mission de l’Eglise : une carmélite, Thérèse de Lisieux, fut ainsi proclamée patronne des missions.

La clôture vise alors à garantir les conditions d’exercice de cette mission d’intercession.



LA CLÔTURE : SES APPLICATIONS PRATIQUES

Il existe plusieurs formes de la clôture religieuse. Les moniales jouissent de la forme la plus rigoureuse, dite clôture papale.

La clôture papale présente les caractéristiques suivantes :

- Elle couvre non seulement les lieux d’habitation, mais encore tous ceux, internes et externes, dans lesquels les moniales se rendent habituellement.

- Elle doit être matérielle et efficace et non pas seulement symbolique. C’est ainsi, par exemple, que les portes doivent être fermées à clé, et des murs construits, afin d’interdire l’entrée et la sortie.

- Condition sine qua non de la vie monastique, elle est donc obligatoire. Le monastère ne se donne pas à lui-même la clôture dont il pense avoir besoin ; il la reçoit de l’Eglise et ne peut donc la modifier de sa propre initiative.

- Elle règle les échanges avec l’extérieur. C’est ainsi, par exemple, que les moniales sont autorisées à sortir en cas de péril grave et imminent ; ou encore, avec la permission de la supérieure régulière, pour consulter le médecin ou être hospitalisées ; pour l’exercice des droits civiques, ou pour réaliser un travail particulier.

Si l’absence de la moniale dépasse la semaine, la supérieure doit solliciter l’accord de l’évêque du lieu ; si elle excède les trois mois, c’est l’accord du Saint-Siège qui doit être obtenu.

***

Ces quelques rappels sommaires n’appellent pas de conclusion, semble-t-il. Je me contenterai d’attirer votre attention sur une dernière particularité de la vie monastique. Il existe, donnant nécessairement sur le cloître, un espace bien particulier : la salle capitulaire. Les moines s’y rendent tous les jours pour y entendre le commentaire de la Règle. Ils s’y rendent aussi, à intervalles fixes, pour y discuter des affaires communes et prendre, par un vote, les décisions qui s’imposent. Enfin, ils y tiennent régulièrement un chapitre dit « des coulpes », au cours duquel chacun sollicite le pardon de la communauté ou d’un frère en particulier quand son comportement a pu les offenser.


Le symbolisme des lieux ne peut pas ne pas nous frapper. La salle du chapitre doit toujours rester ouverte sur le cloître qui, lui, grâce à la clôture, n’est ouvert que sur le ciel. Le pardon constitue ainsi la voie la plus nécessaire et la plus sûre pour entrer dans la vie de Dieu.


Cette longue expérience chrétienne, presque bi-millénaire, nous oblige à nous demander alors quel peut être l’avenir d’une société comme la nôtre qui réclame de plus en plus de justice et poursuit la moindre responsabilité, mais ne veut ou ne peut accorder la moindre place au pardon.

Extrait de Jean-Louis BRUGUÈS

Evêque d’Angers



La contemplation et l'action

Posté le 29.07.2008 par auto23652
La Grande Chartreuse

« La contemplation et l'action, c'est le double visage de la vie. » La première illumine la seconde, en effet, et la guide; celle-ci prépare à celle-là son pain quotidien. L'une et l'autre évertuent nos puissances, les entraînent, les reposent tour à tour par un balancement harmonieux et les conduisent à l'équilibre. Comme la théologie est un regard sur Dieu de la raison rectifiée, comme la liturgie est un envol vers Dieu de l'affectif discipliné, ainsi la contemplation va chercher l'eau des fontaines éternelles pour le rafraîchissement de sa sœur aux mains calleuses, ainsi l'action tonifie la contemplation, redonne la vigueur à ses élans et la mesure à ses rêves.

Comme la théologie et la liturgie sont les deux visages de la religion vraie, la vie active et la vie contemplative, parallèlement pratiquées, aménagent au disciple une existence mystérieuse, à laquelle ceux du dehors ne comprennent rien et dont les rares élus ne racontent que de très brefs récits.
L'Amour est le principe de tout cela; il s'agit d'en agrandir l'étincelle que le Père nous confia, de l'approfondir, de la discipliner, de la transmuer. Nous aimons l'argent, les sciences, les arts, les machines, la réputation, les grands paysages, l'orgueil d'être obéis, les chaînes de la fortune, l'oisive liberté du vagabond, le cœur de nos amis. Mais c'est nous-mêmes que nous chérissons à travers ces objets. Toutes ces amours voilent l'Amour; il faut greffer ces sauvageons, extraire de ces venins la médecine de la Sagesse, atteindre, au delà de ces fantômes décevants, la Réalité permanente, toujours identique à elle-même.
L'Amour, bon ou mauvais, repose dans les ténèbres de l'inconscient; il préexiste à la rencontre extérieure dont le choc semble le faire naître. Uni à l'imagination, il engendre le désir; celui-ci, épousant son objet, génère la volonté; cette dernière, enfin, s'incarne dans l'acte, qui assure l'équilibre de tout le système. Prenons donc pour règle de toujours poursuivre jusqu'à l'acte le prolongement de nos pensées, de nos désirs, de nos impressions. Dès que l'un de ces mouvements émerge à la surface de notre conscience, demandons-nous immédiatement à quelle œuvre il nous sollicite.

L'ascétisme est la lutte contre soi-même entreprise pour transformer en vertus chacune des forces égoïstes. Aussi le travail ascétique dure-t-il toute la vie; jamais il ne se termine, car le mauvais ferment subsistera en nous jusqu'à la minute lointaine du baptême en Esprit.
Tous les artistes affirment que la maîtrise ne s'obtient que par un certain nombre d'exercices inlassablement répétés. Mais la maîtrise spirituelle exige bien d'autres efforts et une tout autre persévérance. L'ascète a entendu la voix de sa vocation, il se dirige vers elle avec toutes ses énergies, qui sont les aspects multiformes de l'Énergie fondamentale : l'Amour. Et chacun de ses efforts ascendants évoque irrésistiblement la descente d'un mode, de plus en plus parfait, de l'Idéal auquel son cœur brûle de donner asile.

La guérison intégrale de l'homme

Posté le 16.07.2008 par auto23652
Comme le dit Benoît XVI, le Camillianum prend à cœur la “guérison intégrale de l’homme”


Cité du Vatican, le 15 juillet 2008 - (E.S.M.) - Le Camillianum est une une théologie qui réfléchit sur l’action de la communauté croyante qui, à l’exemple de Jésus, prend à cœur la “guérison intégrale de l’homme” (selon les mots de Benoît XVI à l’Angélus, il y a quelques dimanches.
Saint Camille de Lellis -

Le Camillianum prend à cœur la “guérison intégrale de l’homme” comme le dit Benoît XVI

“Découvrir dans la santé un ‘itinéraire’ de salut, dans la souffrance une ‘voie’ pour l’espérance”- Interview du Directeur de du Camillianum, le Père Luciano Sandrin, par l’Agence Fides

L’Institut international de Théologie pastorale sanitaire “Camillianum” est un centre de recherche, de formation théologique et de pratique pour le monde de la santé, qui appartient à l’Ordre des Ministres des infirmes (Camilliens). Cette année le Camillianum fête sa vingtième année d’activité, et pour la circonstance, l’Agence Fides a posé quelques questions au Directeur, le Père Luciano Sandrin, réélu récemment pour les trois prochaines années.

Mon Père, pourquoi il y a 20 ans est né le Camillianum? Qui le fréquente et quels sont ses principaux enseignements ?

Le Camillianum est né du charisme de Saint Camille de Lellis, un saint qui à travers son expérience de malade a découvert l’importance de « prendre soin » de ceux qui souffrent dans leur intégrité, « âme et corps », de « sauver » les personnes s’engageant pour leur santé. Comme Institut académique, incorporé au Teresianum, le Camillianum est appelé à faire un travail de recherche pour fonder théologiquement ce « prendre soin » et trouver les voies relationnelles pour le transmettre. L’approfondissement des problèmes liés à la vie, à la santé et à la souffrance des personnes, est fait dans une perspective théologique et pastorale, dans laquelle « dialoguent » la théologie, la philosophie, la médecine, la bioéthique, le counseling et les sciences humaines. Une approche qui ouvre l’esprit, élargit la capacité de lecture des situations et stimule à donner des réponses spirituelles moins standardisées (et aussi moins banales). Les étudiants viennent des différentes parties du monde. Ce sont des prêtres, des religieux et des laïcs, qui veulent s’engager dans le vaste domaine de la santé, en accordant une attention particulière à la dimension spirituelle des personnes impliquées.

Les malades et leurs parents, les médecins, les opérateurs sanitaires... Que trouvent-ils dans le contact et dans le rapport avec ceux qui ont fréquenté le Camillianum ? Quelle est la valeur ajoutée qui enrichit le travail et la vie de vos étudiants et anciens étudiants ?

Je crois qu’ils peuvent trouver, chez ceux qui ont été formés au Camillianum, une façon particulière d’entrer en contact avec les personnes “là où elles en sont”, de cheminer avec les malades et tous ceux qui les assistent et qui les soignent, en partageant avec eux “les joies et les espérances, les tristesses et les angoisses”, en citant Gaudium et Spes, leurs doutes et leurs questions, en communiquant la Parole de Dieu qui réconforte et en célébrant les sacrements qui guérissent, en partant de la « diakonia » de la présence, de l’écoute et de la relation. La valeur ajoutée est une sensibilité empathique capable d’exprimer la compassion divine, une présence qui sache transmettre la miséricorde du Père.

Vous arrive-t-il de rencontrer des personnes malades qui demandent pourquoi Dieu permet leur souffrance et ne la fait pas s’arrêter ? De quelle façon êtes-vous leurs compagnons, dans cette question ? Réussissez-vous à transmettre à ceux que vous assistez l’expérience de la force de votre foi ?

« Pourquoi ? », « Pourquoi moi ? », « Qu’ai-je fait de mal ? », « Pourquoi Dieu me punit-il ? » : ce sont des questions récurrentes, que le malade et sa famille posent notamment aux personnes (aumôniers, sœurs, opérateurs pastoraux) qui symbolisent de plus près le divin. Diverses sont les réponses que « l’on peut donner théologiquement », mais dans les moments de souffrance particulière, elles n’arrivent pas au cœur de la question. Elles ne sont pas écoutées car les personnes sont « pré-occupées », sont déjà occupées par des émotions qui peuvent supprimer à la pensée sa lucidité. Aux côtés de ceux qui souffrent, il est important de redécouvrir la « théodicée pastorale » faite d’accompagnement patient mais constant, de proximité et d’amour, fragiles mais précieuses traductions de la présence divine silencieuse. Jésus a guéri en profondeur les personnes qui accouraient à lui, en partant parfois du pardon des péchés, parfois de la guérison du corps, parfois de la réconciliation relationnelle, etc. Le but est de sauver « la personne », la route doit être « personnalisée ». Le témoignage de foi, offert au moment opportun et de façon discrète, laisse toujours un signe. Il peut être un réconfort mais aussi une provocation.

Etre quotidiennement digne face à la vie, à la mort et à la douleur: comment se prépare-t-on à affronter ces problématiques, à une époque historique où, très souvent, c’est plus l’âme que le corps qui est malade et inquiète ?

Ce n’est pas facile de rester quotidiennement aux côtés de ceux qui souffrent et qui meurent, de « veiller avec eux » dans le moment de l’angoisse la plus forte. Même les disciples se sont « endormis » et presque tous ont fui. Pour pouvoir aider le malade et sa famille quotidiennement, et pendant de longues périodes, il est important aussi d’« avoir soin de soi », de se connaître (ses points forts et ses points faibles), de maintenir vive sa capacité de penser et surtout de devenir « compétent » du point de vue relationnel. Je me permets de citer, à ce propos, mon dernier livre : Aie soin de toi. Il y a un temps pour les autres et un temps pour soi. Les inquiétudes de l’âme se reflètent dans le corps, et quand le corps devient malade, les grandes « questions » oubliées reviennent. Pour une relation d’aide, efficace aussi spirituellement, il est important d’aider les malades et ceux qui les assistent à redécouvrir l’âme, à rendre la parole à ce qui donne une signification à la vie, à la souffrance et à la mort. Mais si nous-mêmes nous avons oublié notre âme, et si notre vie est devenue sans saveur ? Il est important de prendre soin de soi, de son corps et de son âme ». Cela se reflètera positivement dans l’amour des autres, dans les relations d’aide et de soin.

Quel est le coeur de la théologie sanitaire pastorale, dont se nourrit toute l’activité du Camillianum?

Il s’agit d’une théologie qui réfléchit sur l’action de la communauté croyante qui, à l’exemple de Jésus, prend à cœur la “guérison intégrale de l’homme” (selon les mots de Benoît XVI à l’Angélus, il y a quelques dimanches). Annonce du Règne et guérison des malades étaient pour le Christ l’expression d’une mission unique. Cela doit l’être aussi pour la pastorale de l’Eglise. Réfléchir théologiquement sur l’aspect multidimensionnel de cet action signifie comprendre que la pastorale de la santé a sa spécificité dans les structures sanitaires, mais qu’elle ne peut s’arrêter à ces lieux. De plus en plus elle est appelée à s’intégrer aux autres sensibilités pastorales et à influencer la pastorale quotidienne des diocèses et des communautés paroissiales. Qu’il suffise de penser à tous ces malades et ces personnes souffrantes qui vivent en famille, derrière la porte voisine. Souvent nous ne nous en rappelons que lorsque arrivent les nouvelles dramatiques, quand la charge de douleur a le dessus sur l’amour. La pastorale de la santé a son expression spécifique qui s’exprime dans des lieux déterminés d’assistance et de soin, mais elle est aussi une importante dimension pastorale à l’intérieur d’une pastorale complète. Faire aujourd’hui de la santé une pastorale, et réfléchir théologiquement sur cela, signifie surtout redécouvrir la dimension « guérissante » (salvifique-salutaire) de toute l’action ecclésiale (annonce, célébrations, diaconies et relations de communion).

Votre oeuvre a une dimension internationale: comment se conjuguent médecine et mission?

Si le modèle auquel se référer est le Christ lui-même, je ne crois pas que ce soit difficile. On ne peut annoncer l’amour de Dieu sans s’engager en faveur de la vie, notamment dans ses moments les plus fragiles, de la qualité de vie et de la santé des personnes. Parfois cet engagement se concrétise dans des structures médicales spécifiques, parfois il s’exprime dans un travail de prévention des maladies et de promotion de la santé, d’autres fois dans un travail de formation sanitaire ou plus spécifiquement pastorale. Intégrer dans la culture le commandement de Jésus d’« annoncer et guérir » est le but de la mission camillienne, dans ses différents modes d’expression. Le camillien est appelé à s’engager en faveur de la dignité des personnes, dans la totalité de leur vie, de leurs relations, de leur souffrance et de leur mort.

Mi-mai, dans le cadre des évènements pour ses 20 ans d’activité, un congrès s’est déroulé au Camillianum, sur le thème « Santé et Salut » : quel est le rapport entre ces deux grandes exigences -morales et matérielles- de l’homme ?
La mission que Jésus a confiée à sa communauté est d’annoncer un salut (salus) qui est “participation à la vie divine”, qui ne sera pleinement telle que lorsque nous pourrons voir Dieu face à face et qui n’est donc aujourd’hui “pas encore pleinement exprimée”, et de la rendre présente “déjà” dans nos diaconies de soin et de guérison, par le lavement des pieds, l’amélioration de la vie des personnes, la défense de leur pleine dignité dans tous les moments de leur vie, à travers une charité qui s’exprime dans la justice, mais qui sache de façon « créative » et communautaire aller au-delà. L’engagement pour la santé est ce signe « déjà » efficace d’un « pas encore », du salut dont l’expression pleine sera seulement dans l’escaton de Dieu. Le but est de découvrir dans la santé un « itinéraire » pour le salut, dans la souffrance une « voie » pour l’espérance. La dernière encyclique de Benoît XVI parle de la souffrance comme un lieu d’apprentissage de l’espérance, et de nous tous comme « ministres de l’espérance ». Le Camillianum est sur la même longueur d’onde.

Récemment vous avez été confirmé comme Directeur pour le prochain triennat: que souhaitez-vous ces prochaines années pour votre charge et pour la vie du Camillianum?

Je souhaite que le Camillianum soit de plus en plus apprécié comme un don à l’Eglise et comme une école de théologie pastorale où l’on apprenne non seulement à être de bons aumôniers d’hôpital, mais aussi à diriger un bureau diocésain qui coordonne les nombreux sujets et les associations qui travaillent dans ce cadre, à donner des cours sur la pastorale de la santé, sur la théologie de la douleur et sur l’accompagnement de la mort, dans les séminaires et dans les facultés théologiques, mais aussi à sensibiliser toute la communauté chrétienne sur les grands thèmes de la vie, de la maladie, de la faiblesse, de la douleur et de la mort, en sachant accueillir les questions radicales (et sérieuses) qui sont posées dans ces domaines. En sachant surtout rester avec les personnes (comme Marie au pied de la croix, stabat mater) même quand nous ne pouvons « résoudre » leurs problèmes. Je rêve d’une communauté chrétienne (dans tous ses membres) qui comprenne la provocation pastorale inhérente à ces expériences de vie et qui soit plus proche, non seulement en paroles mais aussi dans la pratique pastorale, de ceux qui les vivent. Et surtout qui comprenne que la personne malade (ayant un handicap, ou souffrant de différentes façons), est « sujet d’évangélisation et de salut » : ce sont des mots de Jean-Paul II dans la Chritifideles laici, que certains n’ont pas encore lue ou ont trop hâtivement oubliée.


Sources : www.vatican.va (P.C.) - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 15.07.2008 - T/Eglise

La Grâce Divine

Posté le 01.07.2008 par auto23652
Saint Hubert frappé par la Grâce Divine

La Grace Divine


On nomme grâce, en théologie, une disposition de faveur divine. Elle a aussi le sens de pardon, affection, amour et bienveillance.

"La Grâce divine, c'est l'oeuvre de Dieu dans notre âme, qui nous aide au salut. Dieu nous donne sa Grâce divine de bon gré à cause du sacrifice du Christ sur la croix.
Sans l'aide de la Grâce divine, nous ne pouvons rien faire pour notre rédemption. La Grâce divine est de deux sortes : la Grâce divine secourable et la Grâce divine sanctifiante.
La Grâce divine secourable, c'est l'aide du saint Esprit qui éclaire la raison et qui affermit la volonté pour faire le bien et éviter le mal.
Cette Grâce est donnée à chaque homme sans tenir compte s'il est honnête ou misérable.
La Grâce divine nous amène vers le salut, si nous travaillons avec Dieu et ne sommes pas contre Lui.
La Grâce sanctifiante est l'aide du saint Esprit qui nous transforme en fils de Dieu.
La Grâce sanctifiante est une aide de Dieu qui transforme l'état de notre âme. L'homme pitoyable et injuste devient saint et juste, sans faute, et évite le châtiment éternel.
Il faut que nos bonnes actions aient de la diligence devant Dieu; elles nous gagnent la récompense divine et la multiplication de la Grâce de Dieu.
L'homme reçoit la Grâce divine par des prières et des bonnes actions. Aussitôt gagnée, la Grâce divine doit être gardée comme le trésor le plus précieux." Père Olivian


Dans le catholicisme, celle-ci est consécutive à une recherche de recueillement. La grâce se distingue par là du miracle, censé pouvoir atteindre aussi bien un esprit non préparé, et même un incroyant.

Dans le protestantisme, la grâce désigne plus spécifiquement le don, immérité, du salut en Jésus-Christ. Elle entraîne la foi.

On parle de grâce lorsque Dieu accorde une faveur imméritée à l'homme (par exemple, le salut par grâce), à l'inverse de la miséricorde qui se produit lorsque Dieu ne donne pas à l'homme le châtiment qu'il mérite.

On distingue d'abord la grâce incréée de la grâce créée. La première est la bonne disposition dont Dieu témoigne à l'égard de l'homme en habitant en lui ; la seconde consiste en une transformation de l'homme.

La grâce créée se subdivise en grâce gratis data, pouvoir qu'ont certains hommes — appartenant au clergé — de contribuer au salut des autres, et en grâce gratum faciens, qui consiste simplement en la sanctification d'un homme.

La grâce gratum faciens peut à son tour être habituelle, c'est-à-dire constituer une disposition stable (habitus), ou bien actuelle, c'est-à-dire relever d'une intervention ponctuelle.

On distingue encore la grâce coopérante, dans laquelle la volonté de l'homme a l'initiative sur la grâce, de la grâce opérante, dans laquelle c'est la grâce qui initie la modification de la volonté.

Enfin, on parle de grâce efficace quand elle produit un acte bon, par opposition à la grâce suffisante qui nous y rend simplement aptes.

Les textes fondamentaux sur la grâce divine sont liés aux débuts du Christianisme, religion qui enseigne la damnation ou le salut individuel. Ainsi saint Paul dans ses épîtres aux Galates et aux Romains traite abondamment du salut par les œuvres ou par la grâce. Ces textes sont puissants, passionnés mais passablement obscurs. Leur forme justifie les débats ultérieurs sur ce sujet, débats qui se réfèrent tous à l'oeuvre paulinienne.

Le concept de grâce fut au cœur de débats théologiques principalement à deux époques : à la fin du IVe siècle dans le conflit entre les thèses de Pélage et d'Augustin, puis aux XVIe et XVIIe siècles. Ce débat fut l'une des principales sources de la Réforme.

Le pélagianisme minimisait le rôle de la grâce : Pélage prétendait que l'homme pouvait, par son seul libre arbitre, s'abstenir du péché, et niait en particulier la nécessité de la grâce. Contre lui Augustin défendait la position adoptée ensuite par l'Eglise Catholique, soit que la grâce divine était proposée à tout homme mais que chaque individu pouvait l'accepter ou la refuser.

Luther et surtout Calvin contestèrent la doctrine catholique sur ce sujet, qui laisse une place au libre arbitre de chacun, pour insister sur la prédestination.

Reprenant les thèses de Saint Augustin et critiquant par exemple le molinisme, les Jansénistes entendirent rétablir les notions de grâce et de prédestination (cf. le « pari » de Blaise Pascal selon lequel le « libertin » - entendre le libre penseur- (plus proche de la doctrine des Jésuites avec le « libre-arbitre ») n'aurait rien à perdre à croire : soit, il est « élu de Dieu » soit il ne l'est pas....

Psaume 126, asocié à la Grâce Divine

ROME, Mardi 30 août 2005– Benoît XVI souligne que le Psaume 126 n’hésite pas à taxer d’ « inutile » la sueur de qui travaille sans avoir Dieu à ses côtés.

« Dieu récompense au contraire jusqu’au sommeil de ses amis », souligne le pape en commentant le psaume 126. Voici une partie de la traduction du texte de la catéchèse de Benoît XVI.
Une société solide naît, certes, de l'engagement de tous ses membres, mais elle a besoin de la bénédiction et du soutien de ce Dieu qui, malheureusement, est souvent exclu ou ignoré. Le Livre des Proverbes souligne le primat de l'action divine pour le bien-être d'une communauté et il le fait de façon radicale, en affirmant que « c'est la bénédiction du Seigneur qui enrichit, sans que l'effort y ajoute rien » (Pr 10, 22).
Le Psaume 126 a souvent été utilisé par les auteurs spirituels précisément pour exalter cette présence divine, décisive pour avancer sur la voie du bien et du royaume de Dieu. Ainsi, le moine Isaïe (mort à Gaza en 491) dans son Asceticon (Logos 4, 118), rappelant l'exemple des antiques patriarches et prophètes, enseigne: « Ils se sont placés sous la protection de Dieu en implorant son assistance, sans placer leur confiance dans quelque labeur qu'ils aient pu accomplir. Et la protection de Dieu a été pour eux une ville fortifiée, car ils savaient que sans l'aide de Dieu, ils étaient impuissants et leur humilité leur faisait dire avec le Psalmiste: “Si le Seigneur ne construit pas la maison, en vain le gardien veille” » (Recueil ascétique, Abbaye de Bellefontaine, 1976, pp. 74-75).

Cela est aussi valable aujourd'hui: seule la communion avec le Seigneur peut préserver nos maisons et nos villes


1 Si le Seigneur ne bâtit la maison,
Les bâtisseurs travaillent en vain;
Si le Seigneur ne garde la ville,
C'est en vain que veillent les gardes.

2 En vain tu devances le jour,
Tu retardes le moment de ton repos,
Tu manges un pain de douleur :
Dieu comble son bien-aimé quand il dort.

3 Des fils, voilà ce que donne le Seigneur,
Des enfants, la récompense qu'il accorde;
4 comme des flèches aux mains d'un guerrier,
Ainsi les fils de la jeunesse.

5 Heureux l'homme vaillant
Qui a garni son carquois de telles armes!
S'ils affrontent leurs ennemis sur la place,
Ils ne seront pas humiliés.


On ne fait généralement pas assez attention aux lois supérieu­res de la vie de la grâce. C’est un réconfort spirituel de les connaître et d’en vivre.
On connaît les lois de l’énergie physique, celles de la vie végétale, de la vie animale, et les lois naturelles de la vie humaine, mais on ne connaît pas assez les lois de la vie de la grâce.
Nous connaissons par ex. la loi de la conservation de l’énergie physique, d’après laquelle la quantité de l’énergie physique reste la même en ses différentes transformations ; ainsi le mouvement local produit la chaleur comme on le voit en se frottant les mains ; la chaleur produite est une forme d’énergie équivalente au mouve­ment qui l’engendre. Lorsque l’énergie disparaît sous une forme, elle reparaît sous une autre : mouvement, chaleur, lumière, électri­cité, etc.
Nous connaissons aussi la loi de la dégradation de l’énergie, selon laquelle l’énergie, dont la quantité se conserve, perd de sa qualité ou se dégrade. C’est ainsi que l’eau des sources chaudes se refroidit. C’est ainsi encore que les astres peu à peu s’étei­gnent et se refroidissent. De même l’énergie des vivants se ralentit et se refroidit dans la vieillesse.
Tous nous connaissons les lois de la vie végétale par ex. celles de la germination, selon lesquelles un bon grain de froment dans une bonne terre donne un épi de 30 grains, quelque fois de 6o et même de 100, comme il est dit dans l’Évangile (Marc. IV, 8). Nous n’y faisons pas assez attention, c’est là une des merveilles de la nature que le froment puisse produire 6o et même 100 pour un.

Qui a donné cette force vitale, ce pouvoir germinatif au grain de blé ? C’est le Créateur, l’Auteur de la vie, et c’est là, dit l’Evangile, le symbole de ce que la grâce sanctifiante peut produire et pro­duit de fait dans une âme parfaitement fidèle.

Nous connaissons aussi les lois du développement des facultés natu­relles de l’enfant, de son intelligence, de sa volonté, de tout de qui contribue à la formation du caractère moral ou des vertus acquises de prudence, prévoyance, justice, courage, patience, tempérance. Nous pouvons encore facilement connaître les lois de la géné­ration des vices qui s’opposent aux vertus. Ainsi l’amour déréglé de soi-même ou l’égoïsme, parfois si accentué, engendre la con­cupiscence de la chair, celle des yeux et l’orgueil de la vie, comme le dit Sait jean (Ia Ep., II, 16). Ensuite de ces trois concupiscences dérivent, comme le montre S. Thomas (I-II, q. 77, a. 4, 5 ; q. 84, a. 4) les sept péchés capitaux et de ceux-ci proviennent des péchés encore plus graves comme l’apostasie, le désespoir, la haine de Dieu et du prochain.



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Saint Thomas d'Aquin et l'Existence de Dieu

Posté le 29.06.2008 par auto23652
L’imparfait renvoit en effet toujours à quelque chose qui est plus parfait

Saint Thomas d’Aquin a résumé toutes les preuves de l’existence de Dieu en cinq grandes voies (Somme Théologique Ia pars, q. 2, a. 2 et 3). Toutes les autres preuves valides peuvent être réduites à l’une de ces voies. Contrairement à de nombreux autres philosophes, St Thomas semble n’accorder aucun crédit aux preuves qui procèdent à partir d’arguments « subjectifs » (ou psychologiques). Voici, d’une façon très résumée, l’argument central de chacune de ses preuves :

Le simple fait que les choses (l’univers, le monde, tout ce qui contient de la matière) sont en mouvement, nous renvoit à la nécessité d’un « premier moteur », c’est-à-dire une première cause de mouvement. Pourquoi ? Parce que tout ce qui est mû, est mû par autre chose. Or, toute série de causes dépend nécessairement d’une première cause. Il y a donc nécessairement un premier moteur qui n’est pas mû.

Rien ne peut être cause de soi-même, parce que pour l’être, il faudrait qu’il ait existé avant lui-même. Ce qui est absurde. Il faut donc remonter à l’infini les causes efficientes. Mais s’il n’y avait pas de première cause efficiente, il n’y aurait pas non plus de dernier effet et encore moins de causes efficientes intermédiaires. Or, on voit bien que dans la nature, il y a un ordre de causes efficientes. Il faut donc qu’il y ait aussi une première cause efficiente.

Si on considère vrai que : Tous les êtres peuvent ne pas exister. Sachant que rien de ce qui peut ne pas exister ne peut durer éternellement, c’est-à-dire que tout ce qui peut ne pas exister, à un certain moment, n’existait pas. On doit en déduire que TOUS les êtres, à un certain moment, n’existaient pas. Mais s’ils n’existaient à un certain moment, alors il ne devrait rien exister maintenant ! Ce qui est absurde. Il faut donc que la première prémisse soit fausse : Il y a donc (au moins) un être dont l’existence est nécessaire.

L’imparfait renvoit en effet toujours à quelque chose qui est plus parfait. Or, il y a des choses moins parfaites, moins vraies, moins bonnes - et qui ont donc moins d’être - que d’autres. Ces degrés de perfection impliquent nécessairement l’existence d’un « maximum ». Or, puisque ce qu’il y a de mieux dans un genre doit être la cause de tout ce qu’il y a dans le genre, (par exemple : ce qu’il y a de parfait dans la bonté doit être la cause de la bonté que l’on trouve dans toutes les choses). Il faut donc conclure qu’il doit y avoir quelque chose qui est cause des êtres et de toutes leurs perfections.

Tout ce qui est ordonné vers une fin suppose un esprit. Or toutes les choses naturelles sont ordonnées vers une fin. Il doit donc il y avoir un esprit par lequel les être naturels sont ordonnées vers une fin.


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(Ce qui rend d'ailleurs difficilement viable une société, uniquement civile..., et les idéaux qui oublient de remonter dans la généalogie de l'Idéal... Le matérialisme effectue un raisonnement analogue, aboutissant au matérialisme idéal en tant que finalité et origine, fait de progrés matériels, d'innovations, et de progrés social qui n'est pas d'ailleurs dénué de l'"esprit", tout en niant sa supériorité et sa suprématie dans sa propre généalogie... Il n'y a que cette approche qui permette de voir la faille de nos sociétés et le poison qu'elles secrètent et que tout un chacun pressent sans pouvoir l'expliquer! Nos sociétés modernes ont jeté "le bébé avec l'eau du bain" devenant multicéphales dans leurs matérialités par nécessité intrinsèque au matérialisme, à défaut de vouloir remonter dans la généalogie de l'unicité de la perfection spirituelle, et ressemblant par la même occasion à la bête multicéphale de l'Apocalypse... A méditer! )





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La Parousie

Posté le 26.05.2008 par auto23652
La PAROUSIE


Ce mot vient du grec parousia qui signifie « présence ».

Ce terme est utilisé en théologie. Il s'agit du retour glorieux de Jésus Christ à la Fin des temps bibliques dans le but d'établir définitivement le Royaume de Dieu sur la terre.

Quelques textes pour mener une réflexion

"Quand au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges du ciel, mais le Père seul. Tels furent les jours de Noé, tel sera l'avènement du Fils de l'Homme. Car dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs filles, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; et ils ne surent rien, jusqu'à ce que le déluge survint qui les emporta tous. Alors, de deux hommes qui seront dans les champs, l'un sera pris, l'autre laissé, de deux femmes qui seront à moudre à la meule, l'une sera prise, l'autre laissée" (Mt. 24 : 36-41).

"Et comme il arriva aux jours de Noé, ainsi arrivera-t-il aux jours du Fils de l'Homme. Les hommes mangeaient et buvaient, ils se mariaient et mariaient leurs , jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; et le déluge vint qui les fit périr tous. Et comme il arriva aux jours de Loth : les hommes mangeaient et buvaient, ils achetaient et vendaient, Ils plantaient et bâtissaient : mais le jour où Loth sortit de Sodome, une pluie de feu et de souffre tomba du ciel, et les fit périr tous ; ainsi en sera-t-il au jour où le Fils de l'Homme paraîtra. En ce jour, que celui qui sera sur le toit, et dont les vêtements seront dans la maison, ne descende point pour les prendre ; et que celui qui sera au champs ne revienne pas non plus en arrière.

Souvenez-vous de la femme de Loth. Quiconque cherchera à sauver sa vie, la perdra, et quiconque l'aura perdue, la régénérera.

Je vous le dis : en cette nuit-là, de deux personnes qui seront dans le même lit, l'une sera prise, l'autre laissée ; de deux femmes qui moudront ensemble, l'une sera prise, l'autre laissée.

Ils lui dirent : "Où sera-ce, Seigneur ?" Il répondit : "Où sera le corps, là s'assembleront les aigles" (Lc. 17 : 26-37).

"Veillez donc et priez sans cesse, afin que vous soyez trouvés dignes d'échapper à tous ces maux qui doivent arriver, et de paraître devant le Fils de l'Homme" (Lc. 21 : 36).

"Mais nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis, afin que vous ne vous affligiez pas, comme les autres hommes qui n'ont pas d'espérance. Car si nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, (croyons) aussi (que) Dieu amènera avec Jésus ceux qui se sont endormis en lui.

Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d'après la parole du Seigneur : Nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis, nous, les vivants, laissés pour l'avènement de Notre-Seigneur. Car, au signal donné, à la voix de l'archange, au son de la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d'abord. Puis nous, qui vivons, qui sommes restés, nous seront emportés avec eux sur les nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles" (I Thess. 4 : 13-18).

"Parce que tu as gardé ma parole sur la patience, moi aussi je te garderai à l'heure de l'épreuve qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre" 'Apoc. 3 : 10).

"A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés dans son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère" (Rom. 5 : 9).

"Selon la grâce de Dieu qui m'a été donnée, j'ai comme un sage architecte, posé le fondement, et un autre bâtit dessus. Seulement que chacun prenne garde comment il bâtit dessus. Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui est déjà posé, savoir Jésus-Christ. Si l'on bâtit sur ce fondement avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l'ouvrage de chacun sera manifesté ; car le jour (du Seigneur) le fera connaître, parce qu'il va se révéler dans le feu, et le feu même éprouvera ce qu'est l'ouvrage de chacun. Si l'ouvrage que l'on aura bâti dessus subsiste, on recevra une récompense ; si l'ouvrage de quelqu'un est consumé, il perdra sa récompense : lui pourtant sera sauvé, mais comme au travers du feu" (I Cor. 3 : 10-15).

Un indice important nous est fourni par la distinction très nette de deux discours eschatologiques complets en saint Luc, l'un au chapitre 17, l'autre au chapitre 21 :

"Il dit encore à ses disciples : "Viendra un temps où vous désirerez voir un seul jour du Fils de l'Homme et vous ne le verrez point. On vous dira : "Il est ici", "Il est là" , gardez-vous d'y aller et de courir après. Car, comme la lueur de l'éclair brille d'un bout du ciel à l'autre, ainsi en sera-t-il du Fils de l'Homme en son jour. Mais il faut auparavant qu'il souffre beaucoup, et qu'il soit rejeté par cette génération. Comme il arriva aux temps de Noé, ainsi arrivera-t-il aux jours du Fils de l'Homme. Les hommes mangeaient et buvaient…(Lc. 17 : 22-37).

"Et il y aura des signes dans le soleil et dans la lune et dans les étoiles, et sur la terre ; les nations seront dans l'angoisse et la consternation, au bruit de la mer et des flots, les hommes séchant de frayeur dans l'attente de ce qui doit arriver sur la terre entière : car les puissances des cieux seront ébranlées.

Alors, on verra le Fils de l'Homme venant dans une nuée avec une grande puissance et une grande gloire.

"Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance approche". Et il leur dit cette comparaison : " Voyez le figuier et tous les arbres: dès qu'ils se sont mis à pousser, vous savez de vous-même, en les voyant, que l'été est proche. Je vous le dis, en vérité cette génération (race) ne passera pas que tout soit accompli. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas.

Prenez garde à vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne s'appesantissent par l'excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne fonde sur vous à l'improviste ; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent la face de la terre entière. Veillez donc et priez sans cesse, afin que vous soyez trouvés dignes d'échapper à tous ces maux qui doivent arriver et de paraître debout devant le Fils de l'Homme" (Lc. 21 : 25-36).

Le premier discours est relatif au premier jour (enlèvement), et l'autre, au second jour (jugement). Ces deux jours en effet diffèrent totalement : celui qui nous est présenté au chapitre 17 est inopiné et ne comporte aucun signe annonciateur ; il viendra comme un éclair de chaleur un soir d'été (Lc. 17 : 24). L'autre est précédé de signes formidables dans le ciel, sur la terre, et. :

" Il y aura de grands tremblements de terre, des pestes et des famines en divers lieux, et dans le ciel d'effrayantes apparitions et des signes extraordinaires" (Lc. 21 : 11 et 25-27).

Cette distinction s'impose parallèlement en saint Matthieu.

Alors si quelqu'un vous dit : "Le Christ est ici", ou 'Il est là" ne le croyez point. Car il s'élèvera de faux christs et de faux prophètes ; et ils feront de grands prodiges et des choses extraordinaires, jusqu'à séduire, s'il se pouvait, les élus eux-mêmes. Voilà que je vous l'ai prédit. Si donc on vous dit : "Le voici dans le désert", ne sortez point ; "le voici dans le lieu le plus retiré de la maison", ne le croyez point. Car comme l'éclair part de l'orient et brille jusqu'à l'occident, ainsi en sera-t-il de l'avènement du Fils de l'Homme" (Mt. 24 : 23-28).

Ce texte se rapporte à la révélation pour l'enlèvement. Mais d'autre part, Mt. 24 : 29-31 concerne l'apparition pour le jugement :

"Aussitôt après ces jours d'affliction, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont des cieux, et les puissances des cieux seront ébranlées. Alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l'Homme, et toutes les tributs de la terre se frapperont la poitrine, et elles verront le Fils de l'Homme venant sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté. Et il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents depuis une extrémité du ciel jusqu'à l'autre".

N.B. Le second jour est précédé, disons-nous, de signes formidables. C'est celui-là qui est le jour de la fin. C'est celui-là qui est l'objet de la question des Apôtres : "Dites-nous quel sera le signe de votre avènement et de la fin (du siècle)" Ce mot fin revient quatre fois en saint Matthieu :

"… quel sera le signe de votre avènement et de la fin du monde ?" (24 : 3-4) ;

"… il faut que ces choses arrivent, mais ce ne sera pas encore la fin" (6) ;

"… cet Evangile sera prêché dans le monde entier… alors viendra la fin" (14) ;

"… qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé" (14).


Il y aura de faux christs, mais la fin ne viendra pas si tôt. Il y aura des persécutions épouvantables, mais patience ! celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé.

Le vrai signe de la fin, ce sera l'Evangile du Règne prêché en témoignage à toutes les nations. Et remarquons que si ce signe de la fin s'intercale entre les faux christs et l'apparition du juge suprême.

Si nous ajoutons qu'à ce signe, somme toute éloigné, de l'apparition, s'ajoute le signe prochain de "l'abomination de la désolation dans le lieu saint", nous aurons là un raccourci de la grande tribulation qui sépare la révélation du Fils de l'Homme, pour l'enlèvement, de son apparition, pour le jugement

Le mystère de la redemption du corps

Posté le 12.04.2008 par auto23652
Le mystère de la rédemption du corps

En affirmant que celui qui choisit le mariage " fait bien " et que celui qui choisit la virginité " fait mieux ", l’Apôtre se rapporte à la caducité du monde ou à tout ce qui est temporel.
L’homme ne peut pas trop s’accrocher aux biens qui sont à la mesure du monde périssable.
Et tandis que le mariage est lié au choix de ce monde qui passe et impose donc, dans un certain sens, la nécessité de s’enfermer dans cette caducité, l’abstention du mariage libère au contraire, pourrait-on dire, d’une telle nécessité. C’est précisément pour cela que l’Apôtre déclare que celui qui choisit la continence " fait mieux ".
L’Apôtre est pleinement conscient que, bien que la continence à cause du royaume de Dieu demeure toujours digne de recommandation, en même temps, la grâce, c’est-à-dire " le don propre de Dieu " aide aussi les époux dans cette communauté de vie en laquelle ils sont si étroitement unis qu’ils deviennent " une seule chair " (Gn 2, 24). Cette communauté de vie en la chair est donc soumise à la puissance du " don qui vient de Dieu ". L’Apôtre écrit avec le même réalisme qui caractérise tout son raisonnement dans le chapitre 7 de cette Lettre : " Que le mari remplisse ses devoirs envers sa femme, et que la femme fasse de même envers son mari. Ce n’est pas la femme qui dispose de son corps, c’est son mari. De même, ce n’est pas le mari qui dispose de son corps, c’est sa femme " (1 Co 7, 3-4).
En effet, dans l’une et l’autre manière de vivre - dans l’une et l’autre vocation, dirions-nous aujourd’hui — travaille ce " don " que chacun reçoit de Dieu, c’est-à-dire la grâce qui fait que le corps est " le temple de l’Esprit Saint " et qu’il demeure tel aussi bien dans la virginité (dans la continence) que dans le mariage si l’homme demeure fidèle à ce don et, conformément à son état ou à sa vocation, s’il ne déshonore pas ce temple de l’Esprit Saint qu’est son corps.

Rome, le 12 avril 2008 - (E.S.M.) - Durant nos réflexions précédentes, rappelait Jean-Paul II, en analysant le septième chapitre de la Première Lettre aux Corinthiens, nous avons cherché à recueillir et à comprendre les enseignements et les conseils que saint Paul donne aux destinataires de sa lettre au sujet des questions concernant le mariage et la continence volontaire.
Pour

Jean Paul II nous parle du mystère de la rédemption du corps

Textes proposés dans le cadre de la 45ème Journée Mondiale de prière pour les vocations célébrée dimanche prochain.
Textes précédents :

1) Le libre choix entre la virginité et le mariage
2) L'avantage de la virginité
3) L’homme cherche toujours à plaire à la personne aimée

Continence et théologie du corps

Jean Paul II, Aud. générale du 14 juillet 1982, non traduite en français au Vatican, texte original : Italien [Espagnol, Portugais]

Le mariage lié au monde qui passe

Durant nos réflexions précédentes, en analysant le septième chapitre de la Première Lettre aux Corinthiens, nous avons cherché à recueillir et à comprendre les enseignements et les conseils que saint Paul donne aux destinataires de sa lettre au sujet des questions concernant le mariage et la continence volontaire (ou l’abstention du mariage). En affirmant que celui qui choisit le mariage " fait bien " et que celui qui choisit la virginité " fait mieux ", l’Apôtre se rapporte à la caducité du monde ou à tout ce qui est temporel.

Il est facile de comprendre que la raison de la caducité et de la fragilité de ce qui est temporel parle, dans ce cas, avec une force beaucoup plus grande que ne le fait la référence à la réalité de l’" autre monde ". Bien que l’Apôtre s’exprime ici avec quelque difficultés, nous pouvons cependant être d’accord pour dire qu’à la base de l’interprétation paulinienne du thème " mariage-virginité " se trouve non seulement la métaphysique même de l’être accidentel (donc passager), mais plutôt la théologie d’une grande attente dont Paul a été un fervent partisan. Ce n’est pas le " monde " qui constitue la destinée éternelle de l’homme mais le royaume de Dieu. L’homme ne peut pas trop s’accrocher aux biens qui sont à la mesure du monde périssable.

L’abstention du mariage libère de cette caducité

Le mariage est également lié à " ce monde " qui passe. Ici nous sommes, dans un certain sens, très proches de la perspective ouverte par le Christ dans son énoncé sur la résurrection future. C’est pourquoi, le chrétien, selon l’enseignement de Paul, doit vivre le mariage du point de vue de sa vocation définitive. Et tandis que le mariage est lié au choix de ce monde qui passe et impose donc, dans un certain sens, la nécessité de s’enfermer dans cette caducité, l’abstention du mariage libère au contraire, pourrait-on dire, d’une telle nécessité. C’est précisément pour cela que l’Apôtre déclare que celui qui choisit la continence " fait mieux ". Bien que son argumentation se poursuive sur cette voie, elle met cependant au premier plan (comme nous l’avons déjà constaté) surtout le problème du " plaire au Seigneur " et de " se préoccuper des choses du Seigneur ".

On peut admettre que les mêmes raisons parlent en faveur de ce que l’Apôtre conseille aux femmes demeurées veuves. " La femme est liée à son mari aussi longtemps qu’il vit. Si le mari meurt, elle est libre d’épouser qui elle veut, mais un chrétien seulement. Cependant, elle sera plus heureuse, à mon avis, si elle reste comme elle est ; et je crois, moi aussi, avoir l’Esprit de Dieu " (1 Co 7, 39-40). Qu’elle demeure donc veuve plutôt que de contracter un nouveau mariage.

Le corps, temple de l’Esprit Saint

À travers ce que nous découvrons dans une lecture perspicace de la Lettre aux Corinthiens se dévoile tout le réalisme de la théologie paulinienne du corps. Si, dans sa lettre, l’Apôtre proclame que " votre corps est le temple de l’Esprit Saint qui est en vous " (1 Co 6, 19), en même temps, il est pleinement conscient de la faiblesse et du péché auxquels l’homme est soumis, précisément en raison de la concupiscence de la chair.

Cependant, une telle conscience n’obscurcit en aucune manière la réalité du don de Dieu dont sont participants aussi bien ceux qui s’abstiennent du mariage que ceux qui prennent femme ou mari. Dans le chapitre 7 de la Première Lettre aux Corinthiens, nous trouvons un encouragement clair à l’abstention du mariage, la conviction que celui qui se décide à cela " fait mieux ", mais nous ne trouvons cependant aucun fondement pour considérer comme " charnels " ceux qui vivent dans le mariage et, au contraire, comme " spirituels " ceux qui, pour des motifs religieux, choisissent la continence. En effet, dans l’une et l’autre manière de vivre - dans l’une et l’autre vocation, dirions-nous aujourd’hui — travaille ce " don " que chacun reçoit de Dieu, c’est-à-dire la grâce qui fait que le corps est " le temple de l’Esprit Saint " et qu’il demeure tel aussi bien dans la virginité (dans la continence) que dans le mariage si l’homme demeure fidèle à ce don et, conformément à son état ou à sa vocation, s’il ne déshonore pas ce temple de l’Esprit Saint qu’est son corps.

Le don de Dieu dans le mariage et les devoirs des époux

Dans l’enseignement de Paul, contenu surtout dans le chapitre 7 de la Première Lettre aux Corinthiens, nous ne trouvons rien de ce que l’on appellera plus tard le manichéisme. L’Apôtre est pleinement conscient que, bien que la continence à cause du royaume de Dieu demeure toujours digne de recommandation, en même temps, la grâce, c’est-à-dire " le don propre de Dieu " aide aussi les époux dans cette communauté de vie en laquelle ils sont si étroitement unis qu’ils deviennent " une seule chair " (Gn 2, 24). Cette communauté de vie en la chair est donc soumise à la puissance du " don qui vient de Dieu ". L’Apôtre écrit avec le même réalisme qui caractérise tout son raisonnement dans le chapitre 7 de cette Lettre : " Que le mari remplisse ses devoirs envers sa femme, et que la femme fasse de même envers son mari. Ce n’est pas la femme qui dispose de son corps, c’est son mari. De même, ce n’est pas le mari qui dispose de son corps, c’est sa femme " (1 Co 7, 3-4).

On peut dire que ces formulations sont un commentaire clair, de la part du Nouveau Testament, des paroles qui viennent d’être rappelées du Livre de la Genèse (Gn 2, 24). Cependant, les expressions employées ici, en particulier celles de " devoir " et " ne dispose pas " ne peuvent pas être expliquées, si l’on fait abstraction de la juste dimension de l’alliance conjugale.

Une concession significative

Pour le moment, continuons à porter toute notre attention aux autres phrases de ce même passage du chapitre 7 de la Première Lettre aux Corinthiens, où l’Apôtre adresse aux époux les paroles suivantes : " Ne vous refusez pas l’un à l’autre, sauf d’un commun accord et temporairement, afin de vous consacrer à la prière puis retournez ensemble, de peur que votre incapacité à vous maîtriser ne donne à Satan l’occasion de vous tenter. En parlant ainsi, je vous fais une concession, je ne vous donne pas d’ordre " (1 Co 7, 5-6).

Il est très significatif que l’Apôtre qui, dans toute son argumentation sur le mariage et la continence, fait, comme le Christ, une claire distinction entre le commandement et le conseil évangélique, éprouve le besoin de se référer également à la " concession ", comme à une règle supplémentaire, et cela précisément surtout en référence aux conjoints et à la vie commune. Saint Paul dit clairement que tant la vie conjugale que l’abstention volontaire et périodique des conjoints doivent être le fruit de " ce don de Dieu " qui leur est " propre " et qu’en coopérant consciemment avec ce don, les conjoints eux-mêmes peuvent maintenir et renforcer ce lien personnel réciproque et, en même temps, cette dignité que le fait d’être le " temple de l’Esprit Saint qui est en eux " (1 Co 6, 19), confère à leur corps.

Il semble que la règle paulinienne de " concession " indique la nécessité de prendre en considération tout ce qui, de quelque manière, correspond à la subjectivité si différenciée de l’homme et de la femme. Tout ce qui, dans cette subjectivité, est de nature non seulement spirituelle, mais également psychosomatique, toute la richesse subjective de l’être humain, laquelle, entre son être spirituel et son être corporel, s’exprime dans la sensibilité spécifique tant pour l’homme que pour la femme, tout cela doit demeurer sous l’influence du don que chacun reçoit de Dieu, don qui lui est propre.

Comme on le voit, dans le chapitre 7 de la Première Lettre aux Corinthiens, saint Paul interprète l’enseignement du Christ sur la continence à cause du royaume des cieux de cette manière, très pastorale, qui lui est propre, en n’omettant pas à cette occasion des accents tout à fait personnels. Il interprète l’enseignement sur la continence et sur la virginité, parallèlement à la doctrine sur le mariage, en conservant le réalisme propre d’un pasteur et, en même temps, les dimensions que nous trouvons dans l’Évangile, dans les paroles du Christ lui-même.

Les deux dimensions complémentaires de la vocation humaine

Dans l’énoncé de Paul, on peut retrouver cette structure fondamentale porteuse de la doctrine révélée sur l’homme qui est également destiné à la " vie future " avec son corps. Cette structure porteuse se trouve à la base de tout l’enseignement évangélique sur la continence à cause du royaume de Dieu mais, en même temps, l’accomplissement définitif de la doctrine évangélique sur le mariage s’appuie également sur elle. Ces deux dimensions de la vocation humaine ne s’opposent pas entre elles, elles sont complémentaires. Toutes les deux fournissent une réponse totale à l’une des questions fondamentales de l’homme à la question sur la signification d’" être corps ", c’est-à-dire sur la signification de la masculinité et de la féminité, d’être, " dans son corps ", un homme ou une femme.

Ce que nous définissons ici d’habitude comme théologie du corps apparaît comme quelque chose de fondamental et de constitutif pour l’herméneutique anthropologique et, en même temps également, pour l’éthique et pour la théologie de l’éthos humain. Dans chacun de ces domaines, il faut écouter attentivement non seulement les paroles du Christ lorsqu’il se réfère à l’" origine " (Mt 19, 4) ou au " cœur " comme lieu intérieur et en même temps " historique " (Mt 5, 28) de la rencontre avec la concupiscence de la chair. Nous devons aussi écouter attentivement les paroles par lesquelles le Christ s’est référé à la résurrection pour mettre dans le coeur agité de l’homme les premières semences de la réponse à la question sur ce que signifie être " chair " dans la perspective de l’" autre monde ".

A travers le mystère de la rédemption du corps (extraits)
Jean Paul II, Audience générale du 21 juillet 1982, non traduite en français au Vatican, texte original : Italien [Espagnol, , Portugais]

Parce que, dans ces textes, le Christ parle de la profondeur divine du mystère de la rédemption, ses paroles servent à comprendre l’espérance dont parle la Lettre aux Romains (Rm 8, 19-23). " La rédemption du corps " est en définitive, selon l’Apôtre, ce que nous " attendons ". C’est ainsi que nous attendons précisément la victoire eschatologique sur la mort, à laquelle le Christ a surtout rendu témoignage par sa résurrection. À la lumière du mystère pascal, ses paroles sur la résurrection des corps et sur la réalité de " l’autre monde " rapportées dans les Évangiles synoptiques, ont acquis leur pleine éloquence. Aussi bien le Christ que Paul, par la suite, ont proclamé l’abstention du mariage " à cause du royaume des cieux ", précisément au nom de cette réalité eschatologique.

Cependant, précisait Jean-Paul II, la " rédemption du corps " ne s’exprime pas seulement dans la résurrection comme victoire sur la mort. Elle est également présente dans les paroles du Christ adressées à l’homme " historique " aussi bien lorsqu’il confirme le principe de l’indissolubilité du mariage comme principe venant du Créateur lui-même, que lorsqu’il invite également, dans le Discours sur la Montagne, à dépasser la concupiscence, et cela même dans les mouvements uniquement intérieurs du cœur humain. De l’un et l’autre de ces énoncés clés, il faut dire qu’ils se réfèrent à la morale humaine, qu’ils ont un sens éthique. Il s’agit ici non pas de l’espérance eschatologique de la résurrection, mais de l’espérance de la victoire sur le péché que l’on peut appeler l’espérance de chaque jour.

dans la vie quotidienne

Dans sa vie quotidienne, l’homme doit puiser au mystère de la rédemption l’inspiration et la force pour dépasser le mal qui est assoupi en lui sous la forme de la triple concupiscence. L’homme et la femme qui sont liés par le mariage doivent entreprendre quotidiennement la tâche de l’union indissoluble de cette alliance qu’ils ont faite entre eux. Mais un homme et une femme, qui ont choisi volontairement la continence à cause du royaume des cieux, doivent également donner quotidiennement un témoignage vivant de la fidélité à ce choix en écoutant les directives du Christ dans l’Évangile et celles de saint Paul dans la Première Lettre aux Corinthiens. Dans chaque cas, il s’agit d’une espérance de tous les jours qui, dans les tâches et les difficultés normales de la vie quotidienne, aide à vaincre " le mal par le bien " (Rm 12, 21). En effet, " nous avons été sauvés dans l’espérance ". L’espérance de chaque jour manifeste sa puissance dans les actions humaines et même dans les mouvements du cœur, en ouvrant la voie, dans un certain sens, à la grande espérance eschatologique qui est liée à la rédemption du corps.

En pénétrant dans la vie quotidienne avec la dimension de la morale humaine, la rédemption du corps aide, avant tout, à découvrir tout ce bien où l’homme remporte la victoire sur le péché et sur la concupiscence. Les paroles du Christ, qui découlent de la divine profondeur du mystère de la rédemption, permettent de découvrir et de renforcer ce lien qui existe entre la dignité de l’être humain (de l’homme et de la femme) et la signification sponsale du corps. Elles permettent de comprendre et de réaliser, sur la base de cette signification, la liberté mûre du don qui s’exprime d’une manière dans le mariage indissoluble et d’une autre manière par l’abstention du mariage à cause du royaume de Dieu. Sur ces voies différentes, le Christ dévoile pleinement l’homme à l’homme en lui faisant connaître " sa très haute vocation ". Cette vocation est inscrite dans l’homme selon tout son composé psychique et physique, précisément à travers le mystère de la rédemption du corps.


Sources : www.vatican.va - E.S.M.

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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 11.04.08 - TPrêtres

Une utopie fallacieuse: le paradis sur terre

Posté le 08.04.2008 par auto23652
Le paradis sur terre, affirme Benoît XVI, est une utopie fallacieuse
Monseigneur,
Mesdames, Messieurs!

Je suis heureux de vous saluer et de vous exprimer combien j'apprécie le travail que vous accomplissez dans un domaine de grand intérêt pour la vie de l'Église. Je félicite votre Président et chacun de vous pour le chemin accompli au cours de ces années.

Comme vous le savez bien, ce fut Léon XIII qui, face à une historiographie orientée par l'esprit de son temps et hostile à l'Église, prononça la célèbre phrase: "Nous n'avons pas peur de rendre public les documents" et qui rendit les archives du Saint-Siège accessibles à la recherche. Dans le même temps, il créa une commission de Cardinaux pour la promotion des études historiques, que vous, Mesdames et Messieurs les professeurs, pouvez considérer comme l'ancêtre du Comité pontifical des Sciences historiques, dont vous êtes membres. Léon XIII était convaincu du fait que l'étude et la description de l'histoire authentique de l'Église ne pouvaient être que bénéfiques à celle-ci.

Depuis cette époque, le contexte culturel a subi une profonde transformation. Il ne s'agit plus seulement d'affronter une historiographie hostile au christianisme et à l'Église. Aujourd'hui, c'est l'historiographie elle-même qui traverse une crise plus sérieuse, devant lutter pour son existence dans une société façonnée par le positivisme et par le matérialisme. Ces deux idéologies ont conduit à un enthousiasme effréné pour le progrès qui, marqué par des découvertes spectaculaires et des succès techniques, malgré les désastreuses expériences du siècle dernier, détermine la conception de la vie dans de larges secteurs de la société. Le passé apparaît ainsi uniquement comme un arrière-plan obscur, sur lequel le présent et l'avenir resplendissent de promesses invitantes. A tout cela est encore liée l'utopie d'un paradis sur terre, en dépit du fait que cette utopie se soit révélée fallacieuse.

Un trait typique de cette mentalité et le désintérêt pour l'histoire, qui se traduit par la marginalisation des sciences historiques. Là où ces forces idéologiques sont à l'œuvre, la recherche historique et l'enseignement de l'histoire à l'université et dans les écoles de tous les niveaux et degrés sont négligés. Cela engendre une société qui, oubliant son passé et donc dépourvue de critères acquis à travers l'expérience, n'est plus en mesure d'élaborer un projet de coexistence harmonieuse et un engagement commun dans la réalisation des objectifs futurs. Cette société se présente comme particulièrement vulnérable à la manipulation idéologique.

Le danger s'accroît dans une mesure toujours plus grande en raison de l'importance excessive accordée à l'histoire contemporaine, en particulier lorsque les recherches dans ce secteur sont conditionnées par une méthodologie inspirée du positivisme et de la sociologie. Par ailleurs, d'importants domaines de la réalité historique, voire des époques entières, sont ignorés. Dans de nombreux programmes d'étude, par exemple, l'enseignement de l'histoire ne commence qu'à partir des événements de la Révolution française. Le produit inévitable de ce développement est une société qui ignore son propre passé et qui est donc privée de mémoire historique. Chacun se rend compte de la gravité d'une telle conséquence: comme la perte de la mémoire provoque chez l'individu la perte de l'identité, de manière analogue ce phénomène a lieu pour la société dans son ensemble.

Il est évident que cet oubli historique comporte un danger pour l'intégrité de la nature humaine dans toutes ses dimensions. L'Église, appelée par Dieu créateur à accomplir le devoir de défendre l'homme et son humanité, a à cœur une culture historique authentique, un progrès effectif des sciences historiques. La recherche historique de haut niveau appartient en effet, même au sens le plus strict, à un intérêt spécifique de l'Église. Même lorsqu'elle ne concerne pas directement l'histoire ecclésiastique, l'analyse historique concourt cependant à la description de cet espace vital dans lequel l'Église a accompli et accomplit sa mission à travers les siècles. La vie et l'action ecclésiales ont, sans aucun doute, toujours été déterminées, facilitées ou rendues plus difficiles par les différents contextes historiques. L'Église n'est pas de ce monde mais elle vit en lui et pour lui.

Si nous prenons à présent en considération l'histoire ecclésiastique du point de vue théologique, nous remarquons un autre aspect important. En effet, sa tâche essentielle se révèle comme la mission complexe d'enquêter et d'éclaircir ce processus d'accueil et de transmission, de paralépsis et de paràdosis, à travers lequel s'est concrétisée, au cours des siècles, la raison d'être de l'Église. Il ne fait effectivement aucun doute que l'Église puisse tirer l'inspiration de ses choix en puisant au trésor pluriséculaire d'expériences et de mémoires.

Illustres membres du Comité pontifical des Sciences historiques, je désire donc vous encourager de tout cœur à vous engager comme vous l'avez fait jusqu'à présent au service du Saint-Siège pour atteindre ces objectifs, en poursuivant votre engagement incessant et digne d'éloges dans la recherche et dans l'enseignement. Je souhaite, que, en synergie avec l'activité d'autres collègues sérieux et faisant autorité, vous puissiez réussir à poursuivre de manière efficace les objectifs pourtant difficiles que vous vous êtes fixés et à œuvrer pour une science historique toujours plus authentique.

Avec ces sentiments et en vous assurant de mon souvenir dans la prière, pour vous et votre engagement délicat, je donne à tous une Bénédiction apostolique spéciale.

Synthèse : Le pape reçoit les Membres du Comité Pontifical des Sciences Historiques : (ici)

Texte intégral du discours du Saint Père ► Italien


Sources : www.vatican.va - E.S.M.

© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana/070308

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 07.04.08 - BENOÎT XVI

Le mensonge

Posté le 06.04.2008 par auto23652
" Bon sang ne saurait mentir"

En théologie le problème de l'existence de Dieu est étroitement lié à celui de la recherche de la vérité. Les adversaires de Dieu disent qu'il n'existe pas de vérité, et c'est par ce postulat que s'infiltrent tous les mensonges du monde, qui maintenant sont si nombreux qu'ils paralysent tout progrès réel.

Le problème de la vérité dépasse la méthode scientifique, et rejoint le spirituel. Le bien et la vérité sont étroitement liés. C'est pour cela que la vision du monde dépasse celle de la matière. On ne peut faire dire à la matière plus qu’elle ne dit. Depuis la physique quantique, nous savons que le phénomène tangible en tant que tel n'existe pas, et que la physique quantique se rapproche plus des lois spirituelles que d'aucune autre. Effectivement la matière, sur laquelle repose le matérialisme n'existe pas. Pourquoi alors tant de mauvaise foi de la part des matérialistes? C'est que les adversaires de la vérité sont aussi de « nature spirituelle » et doivent donc se combattre comme tels. L’Exégèse des écritures le montre bien. La définition théologique du diable se rapproche de celle du mensonge. Il en est de même pour celle du crime contre l'Esprit. Le mensonge est souvent le fruit de l'orgueil et permet une "liberté" de manœuvre et de manipulation dans le mal. Il est par nature, politique, et il est inhérent à l'homme. Il constitue, presqu’à lui seul, le risque objectif, symbolisé par la chute d'Adam. C’est ce que disent toujours les religions, parfois les sciences sociales, et jamais les partis politiques. Un exemple des duplicités de la vie civile, commerciale et politique est celui du traitement du mensonge (...), pour le droit positif, mentir est rarement un délit, sauf lorsque l'on a prêté serment... Le mensonge arrange qui, pour que celui-ci se banalise à ce point? Est-il le corollaire d’une liberté corrompue, d’un esprit ravalé aux choses, comme le disent les écritures ? Par quel cancer moral, le relativisme s’est-il répandu dans l’esprit tout entier, au point d'effacer tout repère éthique? Quel est l'esprit sensé qui conteste le relatif, vérité évidente, en contestant le relativisme? Mais du relatif au relativisme, il y a une barrière, une frontière, un mur qui n'aurait jamais dû être franchi, ou qu'aucun esprit réellement moral, cultivé et initié, n'aurait dû franchir. Le relativisme a relativisé le bien et le mal audelà du relatif acceptable. La pire des dictatures est celle du mensonge et de la manipulation. Un relativisme généralisé s'est infiltrés à tous les niveaux. L’Univers m’apparaît comme une pensée, disait Einstein, ajoutant, Dieu ne joue pas aux dés…

Les Docteurs de l'Eglise ont parfaitement développé le problème que pose la vérité. La recherche de la vérité ne peut être dissociée de celle du bien. Ils ont donné le chemin de la vie, en commentant les évangiles. Que les artisans du mensonge se méfient parce que les temps changent.
Certains me trouveront excessif, mais il y a des jours où, comme Jésus, on est excédé par les marchands du temple.



M.


« Le danger du monde occidental est aujourd’hui que l’homme, précisément à raison de l’importance de son savoir et de son pouvoir, pourrait abandonner la question de la Vérité »

Splendide ! Une leçon extraordinaire de notre professeur Benoît XVI ! Ci-dessous, un très court extrait (le texte intégral sera mis en ligne ultérieurement) du discours que le pape AURAIT DÛ prononcer à l’Université de la Sapienza. Nous ne pouvons que compatir à la tristesse et à la souffrance de Benoît XVI se voyant refuser l'accès dans une université. Un nouveau signe des temps ? Quoiqu'il en soit, par son extrême importance, cette nouvelle leçon magistrale (on se souvient aussi de l'importance de la leçon de Ratisbonne) restera dans l’histoire de l’Eglise...


« L’homme veut connaître : il veut la vérité. La vérité est avant tout affaire de voir, de comprendre, de théorie, comme l’appelle la tradition grecque. Mais la vérité n’est pas non plus seulement théorique. Augustin, en faisant la corrélation entre les Béatitudes du Discours de la Montagne et les dons de l’Esprit mentionnés dans Isaïe 11, a affirmé une réciprocité entre la « science » et la « tristesse » : la simple connaissance, dit-il, rend triste. Et en effet, celui qui voit et apprend seulement tout ce qui se produit dans le monde, finit par devenir triste. Mais la vérité signifie plus que le savoir : la connaissance de la vérité a pour but la connaissance du bien. C’est même le sens du questionnement socratique : Quel est ce bien qui nous rend vrais ? La vérité nous rend bons, et la bonté est vraie : là est l’optimisme qui vit dans la foi chrétienne, parce que c’est à celle-ci qu’à été concédée la vision du Logos, de la Raison créatrice qui, dans l’incarnation de Dieu, s’est révélée en même temps comme le Bien, comme la Bonté même »
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