Le pape Pie XII et l'eglise pendant la deuxième guerre mondiale (1939-45)
Ici sont résumés, les faits et les actes de l'Eglise Catholique et de Pie XII, dont la falsification constitue un véritable scandale. Une certaine intelligentsia prévaricatrice, que nous avons déjà vu à l'oeuvre contre Benoit XVI, est en train de souiller la mémoire de Pie XII, la réputation de Benoit XVI et avec elle, continue son oeuvre de destruction de l'Eglise. La force morale du Pape et du Vatican gène, les adversaires ne reculent devant rien!
Église catholique pendant la Seconde Guerre mondiale .
Le pontificat de Pie XII commence le 2 mars 1939 et son couronnement a lieu le 12 mars dans la basilique Saint-Pierre, soit trois jours avant l'invasion de Prague par les armées nazies. Le 10 mars, il nomme le cardinal Luigi Maglione, ancien nonce à Paris réputé francophile et très proche du nouveau pape, pour occuper son ancien poste de secrétaire d'État. Le cardinal occupera cette fonction jusqu'à son décès le 22 août 1944.
Quelques mois plus tard, éclate la Seconde Guerre mondiale.
L'attitude du cardinal Pacelli vis-à-vis du Troisième Reich et de la persécution des Juifs est alors de notoriété publique. En effet, à peine deux ans auparavant, il avait participé à la rédaction de l'encyclique Mit brennender Sorge (avec un souci brûlant) publiée le 14 mars 1937 et qui condamnait fermement le nazisme. En mai 1938, Pie XI et son secrétaire d'état s'étaient absentés ostensiblement du Vatican lors de la visite d'Hitler.
Non seulement ce texte, qui donne la position officielle de l'Église, condamnait irrévocablement la doctrine national-socialiste, et en particulier ses fondements racistes, mais le 6 septembre 1938 Pie XI, avait pris spécialement position contre la législation antisémite italienne, en déclarant à un groupe de pèlerins : « Nous, chrétiens, sommes spirituellement des sémites. » . Il avait également ordonné aux universités catholiques d'organiser un enseignement contre l'antisémitisme et le racisme.
Bien que les archives vaticanes de cette période n'aient été publiées qu'en partie (les onze volumes des Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale), on peut retracer les actions de Pie XII de 1939 à 1945.
Le Vatican, cerné par l'État mussolinien (et créé par ce dernier aux termes des accords du Latran entre Pie XI et Mussolini), voit ses moyens d'action se réduire sans cesse. Pendant toute la durée de la guerre, l'administration papale sera surveillée par la police italienne, puis par la police allemande d'occupation. Les valises diplomatiques sont fréquemment fouillées ; les lignes téléphoniques sont mises sur écoute ; l'Osservatore Romano est censuré. Les allées et venues des diplomates et journalistes sont en outre étroitement surveillées. Il ne reste donc à Pie XII que Radio Vatican pour se faire entendre. Mais comme celle de Londres, cette radio sera vite brouillée en représaille aux prises de positions contre les invasions nazies.
Chronologie des événements
1939
Après l'invasion de la Tchécoslovaquie, le 15 mars 1939, la diplomatie vaticane intervient pour empêcher la guerre, sans succès.
Dans sa première encyclique, Summi pontificatus (20 octobre 1939), Pie XII se dresse contre les différentes formes de racisme, dénonçant « l'oubli de cette loi de solidarité humaine et de charité, dictée et imposée aussi bien par la communauté d'origine et par l'égalité de la nature raisonnable chez tous les hommes, à quelque peuple qu'ils appartiennent. »
Il y déclare aussi sa compassion avec la Pologne, et dénonce : « l'esprit de la violence et de la discorde verse sur l'humanité la sanglante coupe de douleurs sans nom. » En affirmant dans cette encyclique que « la Pologne a droit à la sympathie humaine et fraternelle du monde, et attend, confiante dans la puissante intercession de Marie Auxilium Christianorum, l'heure d'une résurrection en accord avec les principes de la justice et de la vraie paix », il suscite une réaction très vive des Nazis qui y voient une condamnation de l'invasion. Mais il surenchérit dans son message de Noël 1939 : « Nous avons dû, hélas ! assister à une série d’actes inconciliables aussi bien avec les prescriptions du droit international qu’avec les principes du droit naturel et même les sentiments les plus élémentaires d’humanité. Ces actes exécutés au mépris de la dignité, de la liberté, de la vie humaine crient vengeance devant Dieu. » La réaction des Nazis est alors si violente que les évêques du pays supplient le pape de ne plus s'indigner de cette façon.
Il dénonce alors à nouveau le « culte de l'État » dans « les dictatures », dans la filiation de Mit Brennender Sorge. Il ne nomme ni Hitler ni Staline, et ce premier « silence » lui sera reproché. Dans un numéro spécial de L'Osservatore Romano du 13 décembre 1981, Michele Maccarrone écrit : « Il est vrai que Pie XII, accusé d'être un pape diplomate, n'a pas pratiqué la grande diplomatie. Il ne s'est pas adressé aux belligérants pour exiger la fin des combats [...], il n'a pas excommunié, il n'a pas prononcé de condamnation solennelle à l'encontre des crimes et des criminels nazis. »
Le 26 décembre 1939, Pie XII condamne l'agression de la Finlande par l'Union soviétique (alors que l'Allemagne et l'Union soviétique sont déjà alliés par la signature du pacte germano-soviétique Ribbentrop-Molotov du 23 août 1939).
1940
Le 18 janvier 1940, après la mort de 15000 civils polonais, Pie XII déclare dans une adresse radiophonique que « l'horreur et les abus inexcusables commis contre un peuple sans défense sont établis par le témoignage indiscutable de témoins oculaires».
Le 4 mai 1940, le Vatican prévient la Hollande que l'Allemagne va l'attaquer le 10.
Après l'invasion de la Hollande et de la Belgique par les Allemands, le pape envoie un message de sympathie à la reine Wilhelmine des Pays-Bas, au roi Léopold III de Belgique et à la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg, en ne faisant mention que des malheurs qui accablent ces pays, sans jamais utiliser le terme « Invasion » et sans jamais ni dénoncer ni condamner directement l'envahisseur, pour limiter les représailles des Nazis. Mais quand Mussolini apprend l'existence de ces messages, il accuse le pape de prendre parti contre les alliés des Italiens et proteste officiellement auprès du Saint-Siège. Le ministre des Affaires étrangères du régime fasciste déclarera que « Pie XII était prêt à être déporté plutôt que de trahir sa conscience ».
Au printemps 1940, un groupe de généraux allemands désireux de renverser Hitler et de faire la paix avec les Anglais approche Pie XII.
Pie XII choisit de maintenir l'Église hors du conflit des belligérants. À la supplique des évêques polonais décrivant les atrocités des nazis et demandant de l'aide (plus qu'une déclaration publique qui ne ferait qu'aggraver les choses), il réplique par la voix de Mgr Tardini :
« Tout d'abord, il ne semblerait pas opportun qu'un acte public du Saint-Siège condamne et proteste contre tant d'injustices. Non pas que la matière manque (…) mais des raisons pratiques semblent imposer de s'abstenir. »
Mgr Tardini ajoute qu'une condamnation officielle du Vatican « accroîtrait les persécutions ». Pie XII précise lui-même :
« Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d'intervention — afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposé des limites dans nos déclarations. »
Au printemps 1940, le cardinal secrétaire d'État Luigi Maglione reçoit une demande du Grand Rabbin de la Palestine mandataire Isaac Herzog afin que le pape intercède en faveur des juifs lituaniens déportés par les Allemands. Pie XII appelle Ribbentrop le 11 mars et proteste énergiquement contre le traitement des juifs.
1941
À cette date, il semble clair que l'information sur l'étendue de l'entreprise d'extermination est parvenue très tôt au plus haut de la hiérarchie catholique. En 1941, le cardinal Theodor Innitzer informe le pape sur les déportations commises à Vienne.
En 1941, l'ambassadeur de l’État français au Vatican, Léon Bérard, s'inquiète de l'avis du Vatican sur le statut des juifs promulgué par le régime de Vichy. Le secrétariat d'État du Vatican confirme que la législation ne s'oppose pas à l'enseignement de l’Église. Le nonce apostolique en France Valerio Valeri, « embarrassé » par ce blanc-seing pontifical accordé à la politique juive du régime de Vichy, vérifie l'information auprès du Vatican. Le secrétaire d'État Maglione confirme que c'est bien la position du Saint-Siège. Mais dès 1942, le pape Pie XII fait officiellement savoir au maréchal Pétain par son nonce en France, Mgr Valerio Valeri, que le Saint-Siège désapprouve totalement les mesures prises par Vichy à l'encontre des Juifs.
En septembre 1941 en outre, Pie XII s'oppose au code juif slovaque, qui, à l'opposé du statut des juifs français, interdit le mariage mixte.
En avril 1941, Pie XII accorde une audience à Ante Pavelić, nouveau dictateur de Croatie. Une note du Foreign office britannique sur le sujet décrit Pie XII comme « le plus grand couard de l'époque ». Cependant, le Vatican ne reconnaîtra pas le régime croate. Il ne condamnera jamais publiquement les conversions forcées de Serbes par les Croates. Il le fera dans une mémorandum confidentiel daté du 25 janvier 1942 et adressé à la légation yougoslave.
En octobre 1941, Harold Tittman, délégué américain au Vatican demande au pape de condamner les atrocités commises contre les juifs ; la réponse du pape fait état de son souhait de rester « neutre», réitérant par là la position du Vatican exprimée dès septembre 1940.
Mais Pie XII condamnera néanmoins par la suite à travers son message radiodiffusé de Noël 1941 « l'oppression, ouverte ou dissimulée, des particularités culturelles et linguistiques des minorités nationales » ainsi que « l'entrave et le resserrement de leurs capacités naturelles » avec « la limitation ou l'abolition de leur fécondité naturelle ».
En 1941, Pie XII déclare que la condamnation du communisme exprimée dans Divini Redemptoris par Pie XI n'interdisait pas les catholiques américains de soutenir le prêt-bail accordé par les États-Unis à l'URSS, et soutenir ainsi sa lutte contre le Reich (puisqu'elle n'est plus l'alliée d'Hitler depuis que celui-ci a tenté d'envahir l'URSS le 22 juin 1941).
1942
En mars 1942, Pie XII établit des relations diplomatiques avec l'Empire du Japon, puis avec la Chine nationaliste.
En mai 1942, l'ambassadeur polonais Kasimierz Papée s'étonne que le pape ne condamne pas les atrocités commises en Pologne.
En mars 1942, le chargé d'affaire slovaque apprend à Pie XII que le gouvernement slovaque planifie la déportation de 80 000 juifs en Pologne. Le Vatican proteste auprès du gouvernement slovaque en « déplorant ces mesures qui enfreignent le droit des gens, du seul fait de leur race ».
Le 18 septembre 1942, le pape reçoit une lettre de Monseigneur Montini (futur pape Paul VI) disant que « les massacres prennent des proportions effrayantes».
En septembre 1942, Myron Taylor, représentant des États-Unis à Rome, et ses homologues anglais, brésilien, uruguayen, belge et polonais préviennent que le « prestige moral » du Vatican est sévèrement compromis par sa passivité face aux atrocités, à quoi le cardinal Maglione répond que les rumeurs ne sont pas vérifiées.
Les représentants des puissances alliées, à l'appui de leur demande, font parvenir au Vatican le rapport qui leur est parvenu du bureau de Genève de l'Agence juive pour la Palestine.
Le 17 décembre 1942, toutes les nations alliées, condamnent officiellement l'extermination des juifs par les nazis et annoncent que les responsables n'échapperont pas au châtiment.
Le 24 décembre 1942, dans son message de Noël radiodiffusé, Pie XII évoque « les centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur nationalité ou de leur lignage, sont destinées à la mort ou à un dépérissement progressif » et appelle à la paix.
Le 25 décembre 1942, le New York Times publie un éditorial dans lequel il est écrit : « La voix de Pie XII est bien seule dans le silence et l’obscurité qui enveloppe l’Europe ce Noël... Il est à peu près le seul dirigeant restant sur le Continent européen qui ose tout simplement élever la voix. »
Juste après Noël 1942, le représentant américain auprès du Vatican fait remarquer au Pape que le message papal de Noël 1942 ne pouvait répondre aux attentes. Le pape lui répond que, d'une part, « il n'aurait pu, en parlant de ces atrocités, mentionner les nazis sans mentionner également les bolchéviques et, qu'à son avis, cela n'aurait sans doute pas plu aux Alliés. ... et que, d'autre part, « les récits des atrocités sont certes fondés, tout en m'indiquant par son attitude qu'à ses yeux, il y avait quelque peu d'exagération, voulue à des fins de propagande ».
En décembre 1942, Tittmann suggère à Mgr Maglione de faire une déclaration similaire à la déclaration alliée German Policy of Extermination of the Jewish Race. Mgr Maglione lui répond que le Vatican « ne peut dénoncer publiquement des atrocités particulières ». Le même Harold Tittmann écrira dans ses Mémoires, publiés par son fils en 2004 : « Je ne peux m'empêcher de penser qu'en évitant de parler, le Saint Père a fait le bon choix ; il a ainsi sauvé bien des vies. »
1943
Le 2 juin 1943, dans un discours devant le collège des cardinaux, Pie XII exprime sa sollicitude envers ceux qui, à cause de leur nationalité ou de leur race, sont « livrés à des mesures d'extermination » dont il voudrait fustiger toute l'ignominie par le détail et en des termes plus forts, ainsi qu'il ressort des 124 lettres écrites aux évêques allemands pendant la guerre. Il fait cependant remarquer que « toute parole de notre part à l'autorité compétente, toute allusion publique doivent être sérieusement pesées et mesurées, dans l'intérêt même des victimes, afin de ne pas rendre leur situation plus grave et plus insupportable ». Les évêques hollandais en avaient fait l'expérience lorsque, en juillet 1942, ils avaient protesté contre la persécution des Juifs : aussitôt les Nazis ont organisé une fouille minutieuse des monastères et des couvents, menant à une rafle des très nombreux Juifs cachés là, dont Edith Stein.
Le même jour, le pape ose une sortie sur la question polonaise : « le sort tragique du peuple polonais… le silencieux héroïsme de ses souffrances et sa place future dans une Europe refaite sur des bases chrétiennes et dans une assemblée d’États exempte des erreurs et des égarements du passé. » Ce texte est reçu avec ferveur par les Polonais, notamment par le cardinal Sapieha, archevêque de Cracovie, qui n’en demande pas plus par peur des représailles.
Le 26 juin 1943, Radio Vatican déclare que « Quiconque établit une distinction entre les Juifs et les autres hommes est un infidèle et se trouve en contradiction avec les commandements de Dieu. La paix dans le monde, l'ordre et la justice seront toujours compromis tant que les hommes pratiqueront des discriminations entre les membres de la famille humaine. » C'est une excommunication en règle. Le New York Times cite et acte ce message dans son tirage du jour suivant.
C'est ainsi encore que, devant les atrocités toujours plus nombreuses commises par la Gestapo et les S.S., le pape Pie XII laisse l'Osservatore Romano exprimer l'indignation universelle dans son numéro du 25 octobre 1943. Aussitôt les Allemands font saisir le journal dans les kiosques et menacent de reprendre les perquisitions dans les monastères pour y débusquer les Juifs cachés.
En septembre 1943, suite à l'occupation allemande de l'Italie du Nord, l'Église accorde le refuge à 477 Juifs à l'intérieur du Vatican et à 4 238 autres dans des monastères et couvents des environs.
Pie XII parle, mais surtout il agit. Fin 1943, le commandant des S.S. de Rome ordonne au chef de la communauté israélite de fournir 50 kg d'or dans les 24 heures sous peine de déportation immédiate de 200 autres Juifs (une grande rafle ayant déjà eu lieu le 16 octobre 1943). La collecte n'ayant réuni que 35 kg d'or, le grand rabbin de Rome reçoit du pape Pie XII les 15 kg manquants, réunis grâce à une collecte auprès des catholiques de Rome.
Pie XII n'avait pas attendu ce jour-là pour agir en faveur des Juifs. Il organisait, avec l'aide du clergé de Rome et des autres pays européens et d'Amérique latine (notamment la République dominicaine du général Trujillo), des réseaux pour faire échapper les Juifs aux griffes des Nazis. Par diverses filières, ils pouvaient ensuite gagner des pays neutres ou faisant partie de la conférence des Alliés.
1944
En mars 1944, par son nonce apostolique à Budapest, Angelo Rotta, le Vatican unit sa voix à celle du Roi Gustave V de Suède, de la Croix-Rouge, des États-Unis et de Grande-Bretagne pour protester contre les exactions contre les juifs hongrois, Pie XII envoie un télégramme le 25 juin au régent Miklós Horthy, lui demandant d'épargner les populations qui souffrent « en raison de leur origine nationale ou raciale ». Les déportations cessent le 8 juillet 1944.
Fin août 1944, Pie XII lance un appel aux Londoniens et aux Anglais "pour les inviter au pardon des injures et leur demander de ne pas se venger de l'Allemagne des maux que celle-ci leur a infligés". » Le Times publie de nombreuses lettres de protestation.
Le 29 novembre 1944, une délégation de 70 rescapés vient, au nom de la United Jewish Appeal (organisme dirigeant du mouvement sioniste mondial), exprimer à Pie XII la reconnaissance des Juifs pour son action en leur faveur.
La conversion du grand rabbin de Rome
Le grand rabbin de Rome, Israel Zolli, se convertit à la religion catholique et entre dans l’Église avec sa femme et sa fille, le 13 février 1945, en choisissant pour prénom de baptême Eugenio, c’est-à-dire le propre prénom du pape. Il désire ainsi manifester l’importance qu’a eu le pape dans sa conversion, à commencer par son exemple de charité auprès des Juifs. Après sa conversion, on lui a souvent demandé s'il s'était converti par gratitude envers le pape Pie XII. Il a toujours répondu négativement, ajoutant toutefois: « On pourrait dire du règne de Pie XII qu'il est inspiré par les paroles du prophète Isaïe : « La paix est l'harmonie, la paix est le salut pour ceux qui sont proches comme pour ceux qui sont loin, je veux tous les guérir » (Is. 57, 19). L'Église catholique aime toutes les âmes. Elle souffre avec tous et pour tous ; elle attend avec amour tous ses enfants sur le seuil sacré de Pierre, et ses enfants sont tous les hommes… Il n'existe pas de lieu de souffrances que l'esprit d'amour de Pie XII n'ait atteint… Au cours de l'histoire, aucun héros n'a commandé une telle armée. Aucune force militaire n'a été plus combattante, aucune n'a été plus combattue, aucune n'a été plus héroïque que celle menée par Pie XI au nom de la charité chrétienne."
Les témoignages de la société civile juive
Au lendemain de la guerre, de nombreux témoignages de reconnaissance ont été adressés à Pie XII. Le grand rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, s'est exprimé ainsi en 1944 : « Ce que votre Sainteté et ses éminents délégués (…) font pour nos frères et sœurs (…), le peuple d'Israël ne l'oubliera jamais. »
En 1958, Golda Meir, ministre des Affaires étrangères d'Israël, a déclaré à l'occasion du décès de Pie XII : « Quand le terrible martyre de notre peuple arriva, pendant la décennie de la terreur nazie, la voix du Pape s’ éleva pour les victimes […] Nous pleurons un grand serviteur de la paix ». Elio Toaff déclare : « Les juifs se souviendront toujours de ce que l'Église a fait pour eux sur l'ordre du pape au moment des persécutions raciales. »
Les desous de la manipulation médiatique et du complot
Cette polémique arrive sur la place publique en 1963 avec la présentation de la pièce de théâtre Le Vicaire, œuvre du dramaturge allemand Rolf Hochhuth, qui a été produite pour la première fois en Allemagne en 1963. Les thèses défendues par l'auteur portent avant tout sur le fait que le pape aurait pu en faire plus. Jusqu'alors, l'image du pape était relativement préservée mais la pièce a largement contribué à retourner l'opinion publique.
La pièce connut en effet un grand succès international, fut traduite en 20 langues, souleva d'innombrables questions auxquelles le Vatican répondit en annonçant qu'il fallait attendre l'ouverture des archives après cinquante ans.
En 2002, le film Amen., du réalisateur gréco-français Costa-Gavras, directement inspiré du Vicaire, relançait le débat.
Cinq ans plus tard, un officier de la DIE (services d'espionnage roumains) passé à l'Ouest en 1978 et recruté par la CIA américaine, Ion Mihai Pacepa, affirme que le général soviétique Ivan Agayants, chef du service de désinformation du KGB, aurait conçu en 1963 un plan contre Pie XII. L'idée était de produire une pièce de théâtre s'appuyant sur de prétendues archives. L'auteur officiel, Rolf Hochhuth, aurait donc juste repris pour Le Vicaire un script inventé par Agayants sur la base de documents envoyés à Moscou par les renseignements roumains (qui auraient réussi à infiltrer les archives du Vatican en 1960 et 1962) et ne se serait pas inspiré du témoignage de Kurt Gerstein, pourtant personnage central de l'œuvre.
Le Mémorial Yad Vashem et la photo de Pie XII
Au musée du Mémorial figure depuis 2005 une photo de Pie XII parmi « ceux dont on devrait avoir honte pour ce qu'ils ont fait contre les juifs »!. Peut-être fait-on allusion à la conversion chrétienne du Grand rabin Israel Zolli, avec sa femme et sa fille, le 13 février 1945, et qui choisit pour prénom de baptême Eugenio, c’est-à-dire celui du pape de Rome, à la fin de la guerre...
ca semble une controverse interminable on ecrit pour le defendre et aussitot un autre ecrit pour le blamer .Ecrire un commentaire