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Benoît XVI en Terre Sainte

La leçon du pape théologien, Benoît XVI

Publié le 20/05/2009 à 23:40 par auto23652
La leçon du pape théologien, Benoît XVI
La leçon du pape théologien, Benoît XVI

Le 18 mai 2009 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Samedi 16 mai au matin, j’ai appelé une amie religieuse palestinienne pour lui dire que j’étais en vie après cette semaine mémorable : 20 heures de sommeil en une semaine, 3 repas avalés en cinq jours, des journées de 22 heures de travail (je compte pour travail les heures passées à céder au bon vouloir de la sécurité israélienne mais aussi palestinienne – à Bethléem, les Palestiniens ont voulu montrer qu’ils étaient tout aussi capables (et bornés ?) que les Israéliens).

Elle m’écoute mais ce qui lui brûle les lèvres de me dire c’est : “Je lui ai embrassé la main au Saint-Sépulcre.” Alors là je suis scotchée. Avant la visite, elle m’avait dit d’un ton sec que je ne lui avais jamais connu : “Qu’il reste chez lui !” Mais à l’autre bout de la ligne, je la sens si heureuse… Et ce n’est pas la seule à m’ exprimer ce bonheur, cette fierté de pouvoir dire : « J’y étais ». Je connais aussi nombre de religieux européens vivant ici, facilement sceptiques sur ce que dit ou fait Benoît XVI, parmi eux de grands intellos, eux aussi ont rendu les armes et lui rendent hommage… Moi aussi je lui aurais bien embrassé les mains… j’ai bien failli d’ailleurs.

Même mes voisins appartenant à une minuscule église protestante évangélique m’interrogent avec empressement car je l’ai vu de si près, ils m’ont vue à la télé. « Alors, alors ? »

Le glacial Benoît XVI vénéré ! Oui, glacial, et ce n’est pas lui manquer de respect ! A mon arrivée à la salle de presse jeudi soir après la journée de Nazareth, les vaticanistes sont dans tous leurs états : « Le pape était super heureux, il a chanté, il a levé les bras ». Regardez la vidéo quand Benoît XVI est au taquet de la joie ça reste très, très… retenu.

Que s’est-il donc passé ? Qu’a-t-il dit ? Le plus étonnant c’est que la révolution des cœurs et des esprits s’est opérée tout au long de la semaine dans la communauté chrétienne arabe sans que la plupart ait une réelle connaissance des propos mêmes du pape.

Nous ne sommes pas dans l’épluchage analytique des discours. On se contente de bribes rapportées ici ou là. Il y a eu aussi des images extrêmement fortes en Jordanie et ici et tout le reste se fait grâce au très efficace et bien nommé téléphone arabe. Il faudrait que je laisse traîner mes oreilles dans les jours qui viennent. Mais je sais, et je sens déjà que les chrétiens locaux ont du baume au cœur… Ils se sont sentis compris, respectés, reconnus, aimés.

Et puis le pape a rencontré juifs et musulmans et aux uns comme aux autres il a montré son respect et à tous il a lancé un message pour la justice, l’égalité et le savoir vivre ensemble. Et la petite communauté chrétienne a apprécié ces appels, elle qui se sent coincée entre les deux. Et il y a eu les divers appels à la création d’un état palestinien et à la chute du Mur.

Pour ma part, faute d’avoir tout vu, j’ai lu tous les discours et j’ai vu et entendu. Il faudra que je relise les discours, ceux du Saint-Père, ceux de ses hôtes, mais je suis profondément marquée d’abord pas l’intensité de la prière du pape dont j’ai été le témoin à la grotte de l’Annonciation à Nazareth et plus encore dans l’intimité devant le Saint-Sacrement au Saint-Sépulcre, j’en ai pleuré d’émotion. Il est vraiment venu en pèlerin pour prier.

J’ai pleuré de tristesse à Gethsémani. J’espère que les chrétiens palestiniens qui n’ont pas daigné se rendre à la messe pour des raisons de confort – il fallait arriver « trop » à l’avance et s’asseoir par terre – feront leur examen de conscience. J’espère que ceux qui ont été empêchés de s’y rendre à cause des contrôle de sécurité croiront encore à la possibilité de vivre avec les juifs. J’ai pleuré de joie à Nazareth sur le Mont du précipice en voyant ce que j’attendais, une manifestation de « christian pride » arabe.

J’ai jubilé de ces messes largement en langue arabe mais qui ont aussi laissé un peu de place à l’hébreu, la langue aussi de chrétiens en Israël. J’ai aimé que le pape salue cette communauté hébréophone qui vit une autre situation, loin d’être facile tous les jours. Ce serait bienvenu que ces deux communautés lancent des ponts entre elles, prémices des ponts à jeter entre Israéliens et Palestiniens.

Au camp de Aïda, j’ai senti l’émotion du chef du camp disant au pape : « Merci d’avoir renoncé à visiter des lieux saints pour venir nous visiter. » J’ai vu la silhouette blanche du pape se détacher sur la grisaille du mur. Ce mur, la plus triste expérience de son voyage, a dit le pape à son départ.

D’un mur à l’autre, le pape m’a paru heureux de sa prière devant le Mur occidental.

Tant d’images me reviennent à l’esprit. J’écris, il est 10h37 ce dimanche, j’entends ma voisine du dessous syriaque orthodoxe qui écoute une messe catholique… je me précipite voir. C’est la messe de Nazareth qui est rediffusée à la télévision maronite libanaise Télélumière ! Nous n’avons pas fini de mesurer la portée de ce voyage, moins médiatique et moins facile que celui de Jean-Paul II. J’ai l’impression qu’il pourrait porter plus de fruits.

Je pense à cette semaine, à ce mont du Précipice, à son histoire, Jésus avait prêché à la synagogue, ça n’avait pas plu, on avait voulu le précipiter du haut de la montagne. J’ai vraiment craint que Benoît XVI sur notre champ de mines ne se fasse exploser, que par ses propos quels qu’ils soient, ne se fasse crucifier… Il est venu, il a prêché et comme Jésus au milieu de ses détracteurs « passant au milieu d’eux, s’en alla. » Le pape théologien nous donne une leçon : le temps et le projet de Dieu dépassent nos courtes vues. Il nous précède et nous tire et Dieu nous attire à Lui infailliblement, en Lui il n’y aura plus ni juifs, ni chrétiens, ni musulmans, nous finirons bien par être Un en Lui.

Marie-Armelle Beaulieu


Sources : pape-en-israel.blogs
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 18.05.09 - T/Terre Sainte


Vêpres à la Basilique de l'annonciation

Publié le 15/05/2009 à 03:16 par auto23652
 Vêpres à la Basilique de l'annonciation
Vêpres à la Basilique de l'annonciation

Homélie de Benoît XVI

Le 14 mai 2009 -

Chers Frères Évêques,
Révérend Père Custode,
Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Il est très émouvant pour moi de me trouver avec vous, aujourd’hui, en ce lieu où le Verbe de Dieu s’est fait chair et où il est venu habiter parmi nous. Et comme il est bon que nous nous rassemblions ici pour chanter la prière vespérale de l’Église, rendant à Dieu louange et action de grâce pour les merveilles qu’il a accomplies envers nous ! Je remercie Mgr Nabil El-Sayah pour ses paroles de bienvenue et à travers sa personne je salue tous les membres de la communauté maronite présente en Terre Sainte. Je salue les prêtres, les religieux et les religieuses, les membres des mouvements ecclésiaux et les collaborateurs pastoraux de toute la Galilée. Et je veux une fois encore mentionner avec gratitude le soin avec lequel, au long des siècles, les Frères de la Custodie ont su conserver des lieux saints comme celui-ci. Je salue Sa Béatitude Michel Sabbah, patriarche latin émérite, qui, pendant plus de vingt ans dans ces régions, a conduit son peuple. Je salue les fidèles du Patriarcat latin et leur patriarche actuel, Sa Béatitude Fouad Twal, ainsi que les membres de la communauté Grecque-melkite, représentés par Mgr Elias Chacour. En ce lieu où Jésus lui-même a grandi jusqu’à l’âge adulte et a appris l’hébreu, je salue les Chrétiens de langue hébraïque, qui nous rappellent les racines juives de notre foi.

Ce qui est arrivé ici à Nazareth, loin des yeux du monde, est un acte singulier de Dieu, une intervention puissante dans le cours de l’histoire, par laquelle un enfant a été conçu pour apporter le salut au monde entier. La merveille de l’Incarnation en cesse pas de nous mettre au défi et de nous inviter à ouvrir notre esprit aux possibilités sans limites de la puissance transformante de Dieu, de son amour pour nous, de son désir d’union avec nous. Ici, le Fils éternel et bien-aimé est devenu homme et pour nous, ses frères et ses sœurs, il est devenu possible d’avoir part à sa filiation divine. Ce mouvement d’amour qui s’abaisse et s’anéantit a rendu possible le mouvement d’exaltation par lequel nous sommes élevés au point de partager la vie de Dieu lui-même (cf. Ph 2, 6-11).

L’Esprit qui « est venu sur Marie » (cf. Lc 1, 35), est le même Esprit qui planait sur les eaux à l’aube de la Création (cf. Gn 1,2). Cela nous rappelle que l’Incarnation est un acte de nouvelle création. Quand notre Seigneur Jésus Christ a été conçu dans le sein virginal de Marie, Dieu s’est uni à notre humanité créée, entrant alors dans une nouvelle relation permanente avec nous et inaugurant une nouvelle Création. Le récit de l’Annonciation nous montre l’extrême délicatesse de Dieu (cf. Sainte Julienne de Norwich – 1342-1416 – Révélations de l’amour divin, 77-79). Il ne s’impose pas, il ne fait simplement que prédéterminer le rôle que Marie va jouer dans son plan de salut, il sollicite d’abord son consentement. Dans l’acte premier de la Création, il ne pouvait évidemment pas y avoir place pour un consentement de ses créatures, mais pour cette nouvelle Création, c’est ce qu’il fait. Marie représente toute l’humanité. Elle parle en notre nom à tous lorsqu’elle répond à l’invitation de l’ange. Saint Bernard décrit comment toute la cour céleste était suspendue, dans l’attente de son consentement qui devait consommer l’union nuptiale entre Dieu et l’humanité. L’attention de tous les chœurs d’anges était rivée sur ce lieu, où un dialogue s’établit à partir duquel s’écrivit un chapitre nouveau et définitif, de l’histoire du monde. Et Marie dit : « Qu’il m’advienne selon ta parole ! ». Et le Verbe de Dieu se fit chair.

Quand nous réfléchissons sur ce mystère joyeux, cela nous met dans l’espérance, dans l’espérance certaine que Dieu continue à nous rejoindre dans notre histoire, qu’il continue d’agir avec une puissance créatrice afin d’atteindre des buts qui, à vues humaines, semblent impossibles. Nous sommes mis au défit de nous ouvrir à l’action transformante de l’Esprit Créateur qui fait de nous des êtres nouveaux, qui nous fait un avec lui, et nous remplit de sa vie. Et nous sommes invités, avec une exquise courtoisie, à donner notre consentement à sa venue en nous, à accueillir le Verbe de Dieu dans nos cœurs, pour que nous soyons rendus capables de répondre à son amour et de nous ouvrir à l’amour les uns envers les autres.

Dans l’État d’Israël et dans les Territoires Palestiniens, les Chrétiens sont une minorité de la population. Peut-être vous arrive-t-il parfois de penser que votre voix compte peu. Un grand nombre de vos frères chrétiens ont émigré, espérant trouver ailleurs plus de sécurité et de meilleures perspectives. Votre situation fait penser à celle de la jeune Vierge Marie, qui menait une vie cachée à Nazareth, avec bien peu de moyens humains en termes de richesse et d’influence. Et pourtant, si nous reprenons les paroles de Marie dans son splendide hymne de louange, le Magnificat, Dieu a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante, il a comblé de biens les affamés. Puisez force dans les paroles de ce cantique de Marie que nous allons chanter dans un instant en union avec l’Église tout entière à travers le monde ! Ayez le courage d’²être fidèles au Christ et demeurer ici, sur cette terre qu’il a sanctifiée par sa présence ! Comme Marie, vous avez un rôle à jouer dans le plan de salut de Dieu, en rendant le Christ présent dans le monde, en étant ses témoins, et en répandant son message de paix et d’unité. Pour cela, il est essentiel que vous soyez unis entre vous, afin que l’Église en Terre Sainte puisse être clairement reconnue comme « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen Gentium, 1). Votre unité dans la foi, l’espérance et l’amour est un fruit de l’Esprit Saint qui demeure en vous, et qui vous rend capables d’être des instruments efficaces de la paix de Dieu, pour être les artisans d’une réconciliation véritable entre les différents peuples qui reconnaissent en Abraham leur père dans la foi. Car, ainsi que Marie le proclamait joyeusement dans son Magnificat, Dieu se souvient toujours de « son amour, de la promesse à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais » (Lc 1, 54-55) !

Chers amis dans le Christ, soyez assurés que je me souviens de vous constamment dans mes prières, et je vous demande de faire de même pour moi. Tournons-nous maintenant vers notre Père céleste, qui en ce lieu, s’est penché sur son humble servante, et chantons ses louanges en union avec la bienheureuse Vierge Marie, avec tous les chœurs des anges et des saints, avec toute l’Église aux quatre coins du monde !


Sources : www.vatican.va

Benoît XVI : Messe sur la place de la Mangeoire à Bethléem

Publié le 14/05/2009 à 12:00 par auto23652
Benoît XVI : Messe sur la place de la Mangeoire à Bethléem
Benoît XVI : Messe sur la place de la Mangeoire à Bethléem

Le 13 mai 2009

Homélie du Saint Père

Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Je remercie le Dieu Tout-puissant de me donner la grâce de venir à Bethléem, non seulement pour vénérer le lieu de la naissance du Christ, mais aussi pour me tenir à vos côtés, chers frères et sœurs dans la foi qui vivez dans ces Territoires Palestiniens. Je suis reconnaissant au Patriarche Fouad Twal pour les sentiments qu’il a exprimés en votre nom, et je salue avec affection mes Frères Évêques et tous les prêtres, les personnes consacrées et les fidèles qui travaillent quotidiennement pour confirmer cette Église locale dans la foi, l’espérance et la charité. D’une façon particulière, mon cœur se tourne avec affection vers les pèlerins venant de la bande Gaza déchirée par la guerre : je vous demande de rapporter à vos familles et à vos communautés l’assurance que je les garde en mon cœur, leur partageant mes sentiments de tristesse pour les pertes que vous avez dû supporter, et ma solidarité dans la prière dans l’immense tâche de reconstruction à laquelle vous devez faire face et mes prières pour que l'embargo soit bientôt levé.

« Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une grande nouvelle, une grande joie (…) Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David » (Lc 2, 10-11). Le message de la venue du Christ, porté depuis les cieux par la voix des anges, continue de résonner dans cette ville, tout comme il résonne dans les familles, les maisons et les communautés à travers le monde. C’est une « bonne nouvelle », disent les anges « pour tout le peuple ». Elle proclame que le Messie, le Fils de Dieu et le Fils de David est né « pour vous » : pour vous et pour moi, pour les hommes et les femmes de tous les temps et de tous les lieux. Dans le dessein divin, Bethléem, « le plus petit des clans de Juda » (Mi 5, 1), est devenu le lieu d’une gloire ineffaçable : lieu où, à la plénitude des temps, Dieu a choisi de se faire homme, pour mettre fin au long règne du péché et de la mort, et donner une nouvelle et abondante vie à un monde devenu vieux, las et opprimé par le manque d’espérance.
Pour tous les êtres humains, Bethléem est associée à l’heureux message de renaissance, de renouveau, de lumière et de liberté. Toutefois, ici, au milieu de nous, comme cette merveilleuse promesse semble loin d’être réalisée ! Combien lointain paraît être ce Royaume dont le pouvoir est étendu, royaume de paix, de sécurité, de justice et d’intégrité que le prophète Isaïe annonçait dans la première lecture (cf. Is 9, 5-6) et que nous proclamons définitivement établi par la venue de Jésus Christ, Messie et Roi !

Depuis le jour de sa naissance, Jésus a été en fait « un signe de division » (Lc 2, 34), et il continue à l’être, même de nos jours. Le Seigneur des armées, dont les « origines remontent aux temps anciens, à l’aube des siècles » (Mi 5, 1), a souhaité inaugurer son Royaume en prenant naissance dans cette petite bourgade, entrant en notre monde dans le silence et l’humilité d’une grotte, et reposant, comme un enfant sans défense, dans une mangeoire. Ici, à Bethléem, au milieu de toutes sortes de contradictions, les pierres continuent à proclamer cette « bonne nouvelle », le message de la rédemption, que cette ville, plus que toute autre, est appelée à proclamer au monde. Car c’est ici que, d’une manière qui surpassa toute espérance et toute attente humaine, Dieu s’est montré fidèle à ses promesses. Par la naissance de son Fils, il a révélé la venue du Royaume de l’amour : un amour divin qui se penche sur nous afin de nous apporter la guérison et de nous relever ; un amour qui est manifesté dans l’humiliation et la faiblesse de la Croix, et qui cependant triomphe dans la gloire de la Résurrection pour une nouvelle vie. Le Christ a apporté un Royaume qui n’est pas de ce monde, mais c’est un Royaume capable de changer ce monde, car il a le pouvoir de changer les cœurs, d’illuminer les esprits et de fortifier les volontés. En prenant notre chair, avec toutes ses faiblesses et en la transfigurant par la puissance de son Esprit, Jésus a fait de nous les témoins de sa victoire sur le péché et la mort. Et c’est bien ce que le message de Bethléem nous appelle à être : témoins du triomphe de l’Amour de Dieu sur la haine, l’égoïsme, la peur et le ressentiment qui paralysent les relations humaines et engendrent la division là où des frères devraient habiter ensemble dans l’unité, la destruction là où les hommes devraient construire, le désespoir là où l’espérance devrait fleurir !

« En espérance, nous avons été sauvés » (Rm 8, 24), dit l’Apôtre Paul. Mais il affirme en même temps, avec un parfait réalisme que la création continue à gémir en travail d’enfantement, alors même que, nous qui avons reçu les prémices de l’Esprit, nous attendons patiemment l’accomplissement de notre rédemption (cf. Rm 8, 22-24). Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui, Paul tire de l’Incarnation une leçon qui est particulièrement adaptée au travail dont vous-mêmes, peuple choisi de Dieu à Bethléem, faite l’expérience : « la grâce de Dieu s’est manifestée », nous dit-il, « elle nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux » (Tt 2, 11-13) alors que nous attendons la manifestation de notre bienheureuse espérance, Jésus Christ, le Sauveur.

Est-ce que ce ne sont pas là les vertus requises pour les hommes et les femmes qui vivent dans l’espérance ? En premier lieu, la constante conversion au Christ qui rejaillit non seulement sur nos actes mais aussi dans nos raisonnements : avoir le courage d’abandonner des manières infructueuses de penser, d’agir et de réagir. Ensuite, cultiver un état d’esprit de paix fondée sur la justice, sur le respect des droits et des devoirs de tous et l’engagement à coopérer pour le bien commun. Et aussi la persévérance, persévérance dans le bien et dans le refus du mal. Ici à Bethléem, il est demandé aux disciples du Christ une persévérance particulière : celle d’être des témoins fidèles de la gloire de Dieu qui s’est manifestée ici, par la naissance de son Fils, des témoins de la bonne nouvelle de sa paix qui est venue des cieux pour demeurer ici-bas.

« N'ayez pas peur ! » C’est le message que le Successeur de saint Pierre désire vous laisser aujourd’hui, se faisant l’écho du message des anges et c’est la mission que notre bien-aimé Pape Jean-Paul II vous laissa lorsqu’il vint chez vous en l’année du Grand Jubilé de la naissance du Christ. Appuyez-vous sur la prière et la solidarité de vos frères et sœurs de l'Église universelle et, par des initiatives concrètes, travaillez à consolider votre présence ici et à offrir de nouvelles opportunités à ceux qui sont tentés de partir. Soyez des ponts de dialogue et de coopération constructive pour l’édification d’une culture de paix qui doit remplacer l’impasse actuelle de la peur, de l'agression, de la frustration. Développez vos Églises locales, faisant d’elles des ateliers de dialogue, de tolérance et d’espérance, autant que de solidarité et de charité concrète.

Par-dessus tout, poursuit Benoît XVI, soyez les témoins de la puissance de la vie, de la vie nouvelle apportée par le Christ ressuscité, la vie qui peut illuminer et transformer les situations humaines les plus sombres et les plus désespérantes. Votre patrie n’a pas seulement besoin de structures économiques et politiques nouvelles, mais d’une manière bien plus importante, pourrions-nous dire, il lui faut une nouvelle infrastructure « spirituelle », capable de galvaniser les énergies de tous les hommes et de toutes les femmes de bonne volonté pour le service de l’éducation, du développement et de la promotion du bien commun. Vous avez chez vous les ressources humaines pour construire cette culture de paix et de respect mutuel qui pourra garantir un avenir meilleur à vos enfants. Voilà la noble entreprise qui vous attend. N’ayez pas peur !

La vénérable Basilique de la Nativité, battue par les vents de l’histoire et le poids des ans, se tient devant nous en témoin de la foi qui supporte et triomphe du monde (cf. 1 Jn 5, 4). Toute personne qui visite Bethléem ne peut pas ne pas remarquer qu’au cours des siècles le grand portail qui ouvre sur la maison de Dieu est devenu progressivement plus petit. Prions aujourd’hui pour que, par la grâce de Dieu et avec notre engagement, la porte qui ouvre sur le mystère de Dieu venu demeurer parmi les hommes, temple de notre communion à son amour, et préfiguration d’un monde de paix éternelle et de joie, s’ouvre toujours davantage pour accueillir, renouveler et transformer chaque cœur humain. De cette manière, Bethléem continuera à se faire l’écho du message confié aux bergers, à nous-mêmes, et à toute l’humanité : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » !

Amen.


Sources : www.vatican.va -

Homélie de la messe dans la Vallée de Josaphat à Jérusalem

Publié le 13/05/2009 à 12:00 par auto23652
Homélie de la messe dans la Vallée de Josaphat à Jérusalem
Homélie de la messe dans la Vallée de Josaphat à Jérusalem
Le 12 mai 2009 -

Chers Frères et Sœurs,

« Le Christ est ressuscité, alléluia ! ». Par ces mots, je vous salue avec une très grande affection. Je remercie le Patriarche Fouad Twal pour les paroles de bienvenue qu’il m’a adressées en votre nom, et avant tout, j’exprime ma joie de pouvoir célébrer cette Eucharistie avec vous, qui êtes l'Église à Jérusalem. Nous sommes rassemblés sous le Mont des Oliviers, où notre Seigneur a prié et a souffert, où il a pleuré par amour de cette Ville et à cause du désir qu’elle puisse connaître ce qui pouvait lui « donner la paix » (Lc 19, 42). De ce lieu, il est retourné vers le Père, donnant son ultime bénédiction terrestre à ses disciples et à nous. Aujourd’hui, recevons cette bénédiction. Il vous la donne d’une façon particulière, chers frères et sœurs, qui êtes reliés par une chaîne interrompue avec les premiers disciples qui ont rencontré le Seigneur ressuscité et l’ont reconnu à la fraction du pain, ceux qui ont été convertis en écoutant la prédication de saint Pierre, et ceux qui, les premiers, ont fait l’expérience de l’Esprit répandant la plénitude de ses dons à la Pentecôte. Je salue également tous ceux qui sont présents, et aussi tous les fidèles de Terre sainte qui, pour diverses raisons, n’ont pu nous rejoindre aujourd’hui.

Comme Successeur de saint Pierre, j’ai mis mes pas dans les siens afin de proclamer au milieu de vous le Christ ressuscité, de vous confirmer dans la foi de vos pères et d’invoquer sur vous la consolation qui est le don du Paraclet. Me tenant devant vous aujourd’hui, je ne peux oublier les difficultés, les frustrations, les épreuves et les souffrances que tant de vous ont dû supporter à cause des conflits qui ont affecté ces terres, sans parler des amères expériences de déplacement auquel tant de vos familles ont été contraintes et – qu’à Dieu plaise – puissiez-vous ne plus connaître. J’espère que ma venue ici est ressentie comme le signe que vous n’êtes pas oubliés, que votre présence persévérante et votre témoignage sont hautement précieux aux yeux de Dieu et importants pour l’avenir de ces terres. En raison justement des profondes racines que vous avez dans cette terre, de votre culture chrétienne, forte et ancienne, ainsi que de votre confiance inébranlable dans la fidélité de Dieu à ses promesses, vous, Chrétiens de Terre Sainte, vous êtes appelés à servir non seulement comme une lumière-témoin de foi pour l'Église universelle, mais aussi comme un levain d’harmonie, de sagesse et d’équilibre dans la vie d’une société qui, traditionnellement, a été pluraliste, multiethnique et plurireligieuse et qui continue à l’être.

Dans la deuxième lecture de ce jour, l’Apôtre Paul demande aux Colossiens de « rechercher les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu » (Col 3, 1). Ses paroles résonnent avec une force particulière ici, au pied du Mont des Oliviers où Jésus a accepté le calice de la souffrance dans une complète soumission à la volonté du Père, et d’où, selon la tradition, il est monté pour siéger à la droite du Père intercédant sans cesse pour nous, les membres de son Corps. Saint Paul, le héraut puissant de l’espérance chrétienne, savait bien quel est le prix de cette espérance, ce qu’elle coûte en souffrances et persécutions pour la cause de l’Évangile, néanmoins il n’a jamais fléchi dans sa conviction que la résurrection du Christ marque le début d’une nouvelle création. Et il nous dit : « Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire » (Col 3, 4) !

L’exhortation de Paul à « rechercher les réalités d’en haut » doit résonner sans cesse en nos cœurs. Par ses paroles, il nous oriente vers le plein accomplissement de la vision de foi dans la Jérusalem céleste, là où, conformément aux antiques prophéties, Dieu essuiera toute larme de nos yeux et préparera pour le salut de tous les peuples un festin (cf. Is 25 6-8 ; Ap 21, 2-4).

Voilà l’espérance, voilà la vision, qui inspire tous ceux qui aiment la Jérusalem terrestre et qui la voient comme une prophétie, la promesse de la réconciliation universelle et de la paix que Dieu désire pour toute la famille humaine. Mais, sous les murs de cette même Cité, nous sommes amenés à constater avec tristesse combien notre monde est éloigné de l’accomplissement plénier de cette prophétie et de cette promesse. Dans cette Ville Sainte où la Vie l’a emporté sur la mort, où l’Esprit a été répandu comme les prémices de la nouvelle création, l’espérance doit toujours se battre contre le désespoir, contre les frustrations et le cynisme, tandis que la paix, qui est don de Dieu et à laquelle il nous appelle, continue à être menacée par l’égoïsme, les conflits, les divisions et par le fardeau des erreurs du passé. C’est pour cela que la Communauté chrétienne de cette Cité, où eut lieu la résurrection du Christ et où fut répandu l’Esprit, doit d’autant plus tenir ferme dans l’espérance que donne l’Évangile, s’appuyant sur la promesse de la victoire définitive du Christ sur le péché et la mort, témoignant de la puissance du pardon et rendant visible la nature la plus profonde de l'Église qui est d’être signe et sacrement d’une humanité réconciliée, renouvelée et unie dans le Christ, nouvel Adam.

Tandis que nous sommes ici rassemblés au pied des remparts de cette cité, que les disciples de trois grandes religions considèrent comme sacrés, comment pouvons-nous ne pas songer à la vocation universelle de Jérusalem ? Annoncée par les prophètes, cette vocation apparaît aussi comme un fait indiscutable, comme une réalité à jamais enracinée dans l’histoire complexe de cette ville et de ses habitants. Les Juifs, les Musulmans tout comme les Chrétiens considèrent cette cité comme leur patrie spirituelle. Comme il reste beaucoup à faire pour faire en sorte qu’elle soit véritablement une « cité de paix » pour tous les peuples, où tous peuvent venir en pèlerinage pour chercher Dieu et écouter sa voix, une voix qui « annonce la paix » (cf. Ps 85, 9) !

De fait, Jérusalem est depuis toujours une ville où résonne dans les rues l’écho de langues différentes, où cheminent sur les pavés des peuples de toute race et langue, et dont les murs sont un symbole de l’amour providentiel de Dieu pour la famille humaine tout entière. Comme un microcosme de notre univers mondialisé, cette Ville, si elle veut vivre en conformité à sa vocation universelle, doit être un lieu qui enseigne l’universalité, le respect des autres, le dialogue et la compréhension mutuelle ; un lieu où les préjugés, l’ignorance et la peur qui les alimentent, sont mis en échec par l’honnêteté, le bon droit et la recherche de la paix. Il ne devrait pas y avoir place, à l’intérieur de ces murs, pour la violence, l’étroitesse d’esprit, l’oppression et la vengeance. Ceux qui croient en un Dieu miséricordieux – qu’ils se reconnaissent comme Juifs, Chrétiens ou Musulmans – doivent être les premiers à promouvoir cette culture de réconciliation et de paix, sans se laisser décourager par la pénible lenteur des progrès ni par le lourd fardeau des souvenirs du passé.

Ici, je voudrais parler sans détours de la tragique réalité – qui ne peut manquer d’être source de préoccupations pour tous ceux qui aiment cette Ville et cette terre – du départ de tant de membres de la Communauté chrétienne depuis ces dernières années. S’il est bien compréhensible que certaines raisons puissent pousser un grand nombre – spécialement les jeunes - à prendre la décision d’émigrer, il reste que cette décision a pour conséquence un véritable appauvrissement culturel et spirituel de la Ville. Je veux répéter aujourd’hui ce que j’ai déjà dit en d’autres occasions : en Terre Sainte, il y a de la place pour tous ! En demandant aux Autorités civiles de respecter et de soutenir la présence chrétienne ici, je veux également vous assurer de la solidarité, de l’amour et du soutien de toute l'Église et du Saint-Siège.

Chers amis, dans l’Évangile qui vient d’être proclamé, saint Pierre et saint Jean courent vers le tombeau vide, et Jean, nous dit-on : « vit et crut » (Jn 20, 8). Ici, sur la Terre Sainte, avec les yeux de la foi, vous avez la grâce, avec tous les pèlerins du monde entier qui affluent dans ses églises et ses sanctuaires, de « voir » les lieux sanctifiés par la présence du Christ, par son ministère ici-bas, sa passion, sa mort et sa résurrection ainsi que par le don de l’Esprit Saint. Ici, tout comme l’Apôtre saint Thomas, vous pouvez « toucher » les réalités historiques qui sont à la base de notre profession de foi dans le Fils de Dieu. Ma prière pour vous aujourd’hui est que vous puissiez continuer, jour après jour, à « voir et reconnaitre dans la foi » les signes de la Providence de Dieu et de sa miséricorde infinie, que vous puissiez « écouter » avec une foi et une espérance renouvelées les paroles réconfortantes de la prédication apostolique, et « toucher » les sources de la grâce dans les sacrements afin d’incarner pour d’autres leur promesse de commencements nouveaux, la liberté qui jaillit du pardon, la lumière intérieure et la paix qui peuvent apporter guérison et espérance dans les réalités humaines les plus sombres.

Dans la Basilique du Saint-Sépulcre, les pèlerins de chaque siècle ont vénéré la pierre qui, selon la tradition, fermait l’entrée du tombeau au matin de la résurrection du Christ. Revenons souvent vers ce tombeau vide. Affirmons notre foi dans la victoire de la Vie et prions pour que chaque « lourde pierre » qui ferme nos cœurs, et bloque notre totale adhésion au Seigneur dans la foi, l’espérance et l’amour, puisse voler en éclats sous la puissance de la lumière et de la vie qui, au premier matin de Pâques, s’est répandue de Jérusalem jusqu’au bout du monde. Le Christ est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité, alléluia !


Sources : www.vatican.va

Benoît XVI: Cérémonie de Bienvenue à l’aéroport Ben Gurion à Tel Aviv

Publié le 12/05/2009 à 12:00 par auto23652
Benoît XVI: Cérémonie de Bienvenue à l’aéroport Ben Gurion à Tel Aviv
Benoît XVI : cérémonie de Bienvenue à l’aéroport Ben Gurion à Tel Aviv

Le 11 mai 2oo9

Beboît XVI est arrivé à l'aéroport de Tel Aviv en provenance de Jordanie. Il a été accueilli par le président israélien Shimon Pérès et le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, à sa descente d'avion.


Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Excellences, Mesdames et Messieurs,

Merci de votre chaleureux accueil dans l’État d’Israël, sur cette terre qui est tenue pour sainte par des millions de croyants à travers le monde. Je suis reconnaissant au Président, Monsieur Shimon Peres, pour ses aimables paroles, et j’apprécie l’opportunité qui m’a été offerte de venir en pèlerinage sur une terre consacrée par les pas des patriarches et des prophètes, une terre que les chrétiens ont en particulière vénération puisque c’est là que se déroulèrent la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Je prends place dans une longue file de pèlerins chrétiens venus dans ces lieux, un cortège qui remonte aux premiers siècles de l’histoire de l’Église et qui, j’en suis sûr, se prolongera dans le futur. Je viens, comme tant d’autres avant moi, pour prier sur ces lieux saints, pour prier spécialement pour la paix - la paix ici en Terre Sainte, et la paix dans le monde.

Monsieur le Président, le Saint-Siège et l’État d’Israël partagent de nombreuses valeurs, en particulier la préoccupation de donner à la religion sa juste place dans la société. Le juste ordonnancement des relations sociales présuppose et requiert le respect de la liberté et de la dignité de chaque être humain, que les Chrétiens, les Musulmans et les Juifs croient être créé par un Dieu aimant, à son image et à sa ressemblance. Quand la dimension religieuse de la personne est niée ou marginalisée, le fondement même de la juste compréhension des droits humains inaliénables est mis en péril.

Le peuple juif a tragiquement fait l’expérience des terribles conséquences d’idéologies qui nient la dignité fondamentale de toute personne humaine. Il est juste et opportun que, pendant mon séjour en Israël, je puisse avoir la possibilité d’honorer la mémoire des six millions de Juifs victimes de la Shoah, et de prier pour que l’humanité ne soit plus jamais témoin d’un crime d’une telle ampleur. Malheureusement, l’antisémitisme continue de relever la tête en beaucoup d’endroits de notre monde. Ceci est totalement inacceptable. Tous les efforts doivent être faits pour combattre l’antisémitisme où qu’il se manifeste, et pour promouvoir le respect et l’estime pour les personnes de toute race, peuple, langue et nation dans le monde entier.

Durant mon séjour à Jérusalem, j’aurai le plaisir de rencontrer de nombreux responsables religieux éminents de ce pays. Les trois grandes religions monothéistes ont, entre autres, en commun une vénération particulière pour cette cité sainte. C’est mon espérance la plus chère que tous les pèlerins qui se rendent sur les lieux saints puissent y avoir accès librement et sans restriction, qu’ils puissent prendre part aux célébrations religieuses et qu’ils puissent soutenir le digne entretien des lieux de culte qui se trouvent sur les sites sacrés. Puissent les termes de la prophétie d’Isaïe s’accomplir : de nombreuses nations afflueront vers la montagne du Temple du Seigneur, pour qu’Il puisse leur enseigner ses chemins, pour qu’elles puissent suivre ses sentiers – des sentiers de paix et de justice, des sentiers qui conduisent à la réconciliation et à l’harmonie (cf. Is 2, 2-5).

Bien que le nom de Jérusalem signifie « ville de la paix », il est trop évident que, depuis des décennies, la paix a tragiquement fait défaut aux habitants de cette Terre Sainte. Les yeux du monde sont tournés vers les peuples de cette région alors qu’ils s’efforcent de trouver une solution juste et durable aux conflits qui ont causé tant de souffrances. Les espoirs d’innombrables hommes, femmes et enfants de connaître un avenir plus stable et plus sûr dépend de l’issue des négociations pour la paix entre Israéliens et Palestiniens. Avec les hommes de bonne volonté, où qu’ils soient, je plaide pour qu’avec tous les responsables soient explorées toutes les possibilités afin d’aboutir à une solution juste aux difficultés persistantes, de telle sorte que les deux peuples puissent vivre en paix dans leur propre pays, à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues. À cet égard, j’espère et je prie pour qu’un climat de plus grande confiance puisse bientôt être créé qui permettra aux parties d’accomplir de réels progrès sur la route de la paix et de la stabilité.

J’adresse un salut particulier aux Évêques catholiques et aux fidèles ici présents. Sur cette terre, où Pierre a reçu la mission de faire paître le troupeau du Seigneur, je viens comme le successeur de Pierre pour exercer mon ministère parmi vous. Ce sera une joie toute spéciale pour moi de me joindre à vous pour les célébrations finales de l’Année de la Famille, qui se dérouleront précisément à Nazareth, foyer de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Comme je l’ai dit l’an dernier dans mon Message pour la Journée mondiale de la Paix, la famille est « la première et irremplaçable éducatrice de la paix » (n. 3) ; elle a donc un rôle vital à jouer dans la guérison des divisions qui blessent la société humaine à tous les niveaux. Aux communautés chrétiennes de Terre Sainte, je dis : par votre témoignage de foi en Celui qui a prêché la réconciliation et le pardon, par votre engagement pour défendre le caractère sacré de toute vie humaine, vous pouvez apporter une contribution significative à la cessation des hostilités qui ont trop longtemps affligé cette terre. Je prie pour que votre présence continue en Israël et sur les territoires palestiniens porte beaucoup de fruits pour que grandisse la paix et le respect mutuel entre les peuples qui vivent sur les terres de la Bible.

Monsieur le Président, mesdames et messieurs, je renouvelle mes remerciements pour votre accueil et je vous assure de mes sentiments de bonne volonté. Puisse Dieu donner force à son peuple ! Puisse Dieu bénir son peuple par la paix !


Sources : www.vatican.va

Homélie de Benoît XVI au stade International à Amman

Publié le 11/05/2009 à 12:00 par auto23652
Homélie de Benoît XVI au stade International à Amman
Homélie de Benoît XVI

Messe au Stade International à Amman

10 mai 2009 -

Homélie du Saint Père

Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Je me réjouis que nous puissions célébrer cette Eucharistie ensemble au début de mon pèlerinage en Terre sainte. Hier, depuis les hauteurs du Mont Nébo où je me tenais, je regardais avec attention cette terre magnifique, la terre de Moïse, d’Élie et de Jean le Baptiste, la terre où les antiques promesses de Dieu ont été accomplies par la venue du Messie, Jésus Notre Seigneur. Cette terre a été le témoin de sa prédication et de ses miracles, de sa mort et de sa résurrection, et de l’effusion de l’Esprit Saint sur l’Église, sacrement d’une humanité réconciliée et renouvelée. Alors que je considérais le mystère de la fidélité de Dieu, je priais pour que l’Église sur ces terres soit confirmée dans l’espérance et fortifiée dans son témoignage au Christ ressuscité, le Sauveur du genre humain. Vraiment, comme saint Pierre nous le dit dans la première lecture de ce jour, « son nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver » (Ac 4, 12).

La joyeuse célébration du sacrifice eucharistique de ce jour exprime la riche diversité de l’Église catholique en Terre Sainte. Je vous salue tous avec affection dans le Seigneur. Je remercie Sa Béatitude Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, pour ses aimables paroles d’accueil. Avec respect et gratitude, je salue aussi Son Altesse Royale le Prince Ghazi Ben Mohammed, qui représente le Roi de Jordanie, et je La remercie pour sa présence au milieu de nous. Mes salutations s’adressent aussi aux nombreux jeunes des écoles catholiques qui apportent aujourd’hui tout leur enthousiasme à cette célébration eucharistique.

Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, Jésus proclame : « Je suis le bon pasteur… qui donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11). En tant que Successeur de Pierre, à qui le Seigneur a confié le soin de son troupeau (cf. Jn 21, 15-17), j’ai longtemps attendu cette opportunité de me tenir devant vous comme un témoin du Sauveur ressuscité, et de vous encourager à persévérer dans la foi, l’espérance et la charité, dans la fidélité aux traditions antiques et à l’histoire édifiante du témoignage chrétien qui remonte au temps apostolique. La communauté catholique, ici, est profondément touchée par les difficultés et les incertitudes qui affectent tous les peuples du Moyen-Orient. Puissiez-vous ne jamais oublier la grande dignité qui vient de votre héritage chrétien, ou manquer de sentir la solidarité affectueuse de tous vos frères et sœurs de l’Église à travers le monde entier !

« Je suis le bon pasteur », nous dit le Seigneur, « je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14). Aujourd’hui, en Jordanie, nous célébrons la Journée mondiale de Prière pour les Vocations. Alors que nous méditons sur l’Évangile du Bon Pasteur, demandons au Seigneur d’ouvrir nos cœurs et nos esprits toujours plus pleinement pour entendre son appel. Véritablement, Jésus « nous connaît », plus profondément que nous ne nous connaissons nous-mêmes, et il a un dessein pour chacun de nous. Nous savons aussi que, quelque soit son appel, nous trouverons le bonheur et l’épanouissement ; en effet, nous nous trouverons véritablement nous-mêmes (cf. Mt 10, 39). Aujourd’hui, j’invite les nombreux jeunes présents ici à considérer comment le Seigneur les appelle à le suivre et à construire son Église. Que ce soit dans le ministère sacerdotal, dans la vie consacrée ou dans le sacrement de mariage, Jésus a besoin de vous pour faire entendre sa voix et travailler à la croissance de son Royaume.

Dans la seconde lecture de ce jour, saint Jean nous invite à « penser à l’amour dont le Père nous a comblés » en faisant de nous ses enfants d’adoption dans le Christ. Entendre ces paroles devrait nous rendre reconnaissants pour l’expérience de l’amour du Père que nous avons faite dans nos familles, à travers l’amour de notre père et de notre mère, de nos grands-parents, de nos frères et sœurs. Pendant la célébration de l’Année de la Famille, l’Église en Terre Sainte a réfléchi sur la famille comme un mystère d’amour qui donne la vie, doué dans le dessein divin d’un appel et d’une mission propre : rayonner l’amour divin qui est la source et l’ultime accomplissement de tous les autres amours de nos vies. Que chaque famille chrétienne grandisse dans la fidélité à sa haute vocation pour être une véritable école de prière, où les enfants apprennent l’amour sincère de Dieu, où ils murissent par la maîtrise de soi et le souci du bien des autres, et où, modelés par la sagesse née de la foi, ils contribuent à construire une société toujours plus juste et fraternelle. Les fortes familles chrétiennes de ces contrées sont un legs précieux laissé par les générations précédentes. Puissent les familles d’aujourd’hui être fidèles à cet impressionnant héritage, et ne jamais manquer de l’assistance matérielle et morale dont elles ont besoin pour remplir leur rôle irremplaçable dans le service de la société !

Un aspect important de votre réflexion durant cette Année de la Famille a été consacré à la dignité particulière, à la vocation et à la mission des femmes dans le dessein de Dieu. Qui peut dire ce que l’Église ici présente doit au patient, aimant et fidèle témoignage d’innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou infirmières ! Qui peut dire ce que votre société doit à toutes ces femmes qui, de différentes et parfois de très courageuses manières, ont consacré leurs vies à construire la paix et à promouvoir l’amour ! Dès les premières pages de la Bible, nous voyons comment l’homme et la femme, crées à l’image de Dieu, sont destinés à se compléter l’un l’autre en tant qu’intendants des dons de Dieu et partenaires dans la communication du don qu’il fait de sa vie au monde, à la fois sur le plan biologique et spirituel. Malheureusement, cette dignité reçue de Dieu et ce rôle des femmes n’ont pas toujours été suffisamment compris et estimés. L’Église, et la société dans son ensemble, a commencé à saisir combien nous avons besoin de façon urgente de ce que le Pape Jean-Paul II appelait le « charisme prophétique » des femmes (cf. Mulieris Dignitatem, n.29) comme porteuses d’amour, enseignantes de la miséricorde et artisans de paix, apportant chaleur et humanité à un monde qui trop souvent juge la valeur des personnes d’après les froids critères de l’utilité et du profit. Par son témoignage public de respect vis-à-vis de la femme, et sa défense de la dignité innée de toute personne humaine, l’Église en Terre Sainte peut apporter une importante contribution au progrès d’une vraie culture humaniste et à la construction de la civilisation de l’amour.

Chers amis, revenons aux mots de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui. Je crois qu’ils contiennent un message qui vous est particulièrement destiné, vous son fidèle troupeau sur ces terres où il vécut. « Le bon pasteur », nous dit-il, « donne sa vie pour ses brebis ». Au commencement de cette messe, nous avons demandé au Père de « nous donner part à la force du courage du Christ notre berger », qui est demeuré ferme dans la fidélité à son Père (cf. Prière d’ouverture, Messe du quatrième dimanche de Pâques). Puisse le courage du Christ notre berger vous inspirer et vous soutenir chaque jour dans vos efforts pour rendre témoignage de la foi chrétienne et pour maintenir la présence de l’Église dans l’évolution du tissu social de ces terres si anciennes.

La fidélité à vos racines chrétiennes, la fidélité à la mission de l’Église en Terre Sainte réclament à chacun de vous un courage singulier : le courage de la conviction, née d’une foi personnelle, qui ne soit pas seulement une convention sociale ou une tradition familiale ; le courage de dialoguer et de travailler aux côtés des autres chrétiens au service de l’Évangile et de la solidarité avec les pauvres, les personnes déplacées et les victimes des grandes tragédies humaines ; le courage de construire de nouveaux ponts pour rendre possible la rencontre fructueuse des personnes de religions et de cultures différentes, et donc d’enrichir le tissu de la société. Cela signifie également rendre témoignage à l’amour qui nous porte à donner nos vies au service des autres, et ainsi à contrecarrer des manières de penser qui justifient qu’on puisse « prendre » des vies innocentes.

« Je suis le bon berger ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14). Réjouissez-vous que le Seigneur vous ait appelés par votre nom et ait fait de vous les membres de son troupeau. Suivez-le avec joie et laissez-le vous guider sur tous vos chemins en toute chose ! Jésus sait à quels défis vous faites face, quelles épreuves vous endurez et le bien que vous faites en son nom. Faites-lui confiance, faites confiance à son amour inlassable pour chacun de ses membres de son troupeau, et persévérez dans le témoignage rendu au triomphe de cet amour. Puissent saint Jean-Baptiste, le patron de la Jordanie, et Marie, Vierge et Mère, vous encourager par leur exemple et leur prière, et vous conduire à la plénitude de la joie dans les pâturages éternels où nous ferons pour toujours l’expérience de la présence du Bon Pasteur et où nous connaître pour toujours les profondeurs de son amour. Amen.




Sources : www.vatican.va -

Discours de Benoît XVI: Mosquée Al-Hussein Bin-Talal à Amman

Publié le 10/05/2009 à 12:00 par auto23652
Discours de Benoît XVI:  Mosquée Al-Hussein Bin-Talal à Amman
Discours de Benoît XVI: Mosquée Al-Hussein Bin-Talal à Amman

Le 09 mai 2009

Altesse Royale,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

C’est une source de grande joie pour moi de vous rencontrer ce matin dans ce lieu magnifique. Je souhaite remercier le Prince Ghazi Ben Mohammed Ben Talal pour ses aimables paroles de bienvenue. Les nombreuses initiatives de Votre Altesse Royale en vue de promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel sont appréciées par le peuple du Royaume hachémite et sont très largement reconnues par la communauté internationale. Je sais que ces efforts reçoivent le soutien actif des autres membres de la famille royale comme du Gouvernement de la Nation, et qu’elles trouvent un large écho à travers de nombreuses initiatives de collaboration parmi les Jordaniens. Pour tout cela, je désire exprimer ma sincère admiration.

Des lieux de culte, comme cette splendide Mosquée Al-Hussein Ben Talal du nom du révéré Roi défunt, se dressent comme des joyaux sur la surface de la terre. Les anciens comme les modernes, les plus splendides comme les plus humbles, tous ces édifices nous orientent vers le Divin, l’Unique transcendant, le Tout-Puissant. A travers les siècles, ces sanctuaires ont attiré des hommes et des femmes dans leur espace sacré pour qu’ils s’arrêtent, qu’ils prient, pour qu’ils reconnaissent la présence du Tout-Puissant et pour qu’ils confessent que nous sommes tous ses créatures.

Pour cette raison, nous ne pouvons pas manquer d’être interpellés par le fait qu’aujourd’hui, avec une insistance croissante, certains affirment que la religion faillit dans son ambition à être, par nature, constructrice d’unité et d’harmonie, à être une expression de la communion entre les personnes et avec Dieu. Certains soutiennent même que la religion est nécessairement une cause de division dans notre monde ; et ils prétendent que moins d’attention est prêtée à la religion dans la sphère publique, mieux cela est. Certainement et malheureusement, l’existence de tensions et de divisions entre les membres des différentes traditions religieuses, ne peut être niée. Cependant, ne convient-il pas de reconnaître aussi que c’est souvent la manipulation idéologique de la religion, parfois à des fins politiques, qui est le véritable catalyseur des tensions et des divisions et, parfois même, des violences dans la société ? Face à cette situation, où les opposants à la religion cherchent non seulement à réduire sa voix au silence, mais à la remplacer par la leur, la nécessité pour les croyants d’être cohérents avec leurs principes et leurs croyances est ressentie toujours plus vivement. Musulmans et chrétiens, précisément à cause du poids de leur histoire commune si souvent marquée par les incompréhensions, doivent aujourd’hui s’efforcer d’être connus et reconnus comme des adorateurs de Dieu fidèles à la prière, fermement décidés à observer et à vivre les commandements du Très Haut, miséricordieux et compatissant, cohérents dans le témoignage qu’ils rendent à tout ce qui est vrai et bon, et toujours conscients de l’origine commune et de la dignité de toute personne humaine, qui se trouve au sommet du dessein créateur de Dieu à l’égard du monde et de l’histoire.

La détermination des éducateurs et des responsables civils et religieux jordaniens à s’assurer que le versant public de la religion reflète sa véritable nature, est digne d’éloge. Par l’exemple donné par des individus et des communautés, et par la prévision des cours et des programmes de formation, se met en évidence la contribution positive de la religion dans les secteurs éducatif, culturel, social et charitable de votre société civile. J’ai eu un exemple de première main de cet espoir. Hier, j’ai été le témoin du travail renommé en matière d’éducation et de réhabilitation du Centre Notre Dame de la Paix, où chrétiens et musulmans transforment la vie de familles entières, en les assistant pour que leurs enfants handicapés puissent prendre leur juste place dans la société. Plus tôt ce matin, j’ai béni la première pierre de l’Université de Madaba où de jeunes adultes chrétiens et musulmans bénéficieront côte à côte d’un enseignement universitaire, les rendant aptes à contribuer de façon appropriée au développement économique et social de leur nation. Les nombreuses initiatives de dialogue interreligieux soutenues par la famille royale, par la communauté diplomatique, et parfois entrepris en coordination avec le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux sont aussi dignes d’éloge. Cela inclut le travail actuel accompli par l’Institut Royal pour les Etudes Interreligieuses et pour la Croyance Islamique, le Message d’Amman de 2004, le Message interreligieux d’Amman de 2005 et, plus récemment, la lettre Common Word (Parole commune) qui faisait écho à un thème consonant à celui de ma première Encyclique : le lien indissoluble entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et la nature fondamentalement contradictoire de l’usage de la violence et de l’exclusion au nom de Dieu (cf. Deus Caritas est, n.16).

De telles initiatives conduisent clairement à une meilleure connaissance réciproque, et elles favorisent un respect grandissant à la fois pour ce que nous avons en commun et pour ce que nous comprenons différemment. Ainsi, devraient-elles pousser les Chrétiens et les Musulmans à explorer toujours plus profondément la relation essentielle entre Dieu et ce monde de telle façon que nous puissions nous efforcer d’assurer que la société s’établisse en harmonie avec l’ordre divin. A cet égard, la coopération développée ici en Jordanie est une illustration exemplaire et encourageante pour la région, et même pour le monde, de la contribution positive et créatrice que la religion peut et doit apporter à la société civile.

Chers amis, je désire aujourd’hui mentionner une tâche dont j’ai parlé à de nombreuses reprises et dont je crois fermement que Chrétiens et Musulmans peuvent la prendre en charge, particulièrement à travers leurs contributions respectives à l’enseignement et à l’éducation ainsi qu’au service public. Il s’agit du défi de développer en vue du bien, en référence à la foi et à la vérité, le vaste potentiel de la raison humaine. Les Chrétiens parlent en effet de Dieu, parmi d’autres façons, en tant que Raison créatrice, qui ordonnes et gouverne le monde. Et Dieu nous rend capables de participer à sa raison et donc d’accomplir, en accord avec elle, ce qui est bon. Les Musulmans rendent un culte à Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui a parlé à l’humanité. En tant que croyants au Dieu unique, nous savons que la raison humaine est elle-même un don de Dieu et qu’elle s’élève sur les cimes les plus hautes quand elle est éclairée par la lumière de la vérité divine. En fait, quand la raison humaine accepte humblement d’être purifiée par la foi, elle est loin d’en être affaiblie; mais elle en est plutôt renforcée pour résister à la présomption et pour dépasser ses propres limitations. De cette façon, la raison humaine est stimulée à poursuivre le noble but de servir le genre humain, en traduisant nos aspirations communes les plus profondes et en élargissant le débat public, plutôt qu’en le manipulant ou en le confinant. Ainsi, l’adhésion authentique à la religion – loin de rendre étroits nos esprits – élargit-elle l’horizon de la compréhension humaine. Elle protège la société civile des excès de l’égo débridé qui tend à absolutiser le fini et à éclipser l’infini, elle assure que la liberté s’exerce « main dans la main » avec la vérité, et elle enrichit la culture avec des vues relatives à tout ce qui est vrai, bon et beau.

Cette manière de concevoir la raison, qui pousse continuellement l’esprit humain au-delà de lui-même dans la quête de l’Absolu, constitue un défi ; elle oblige à la fois à l’espérance et à la prudence. Chrétiens et Musulmans sont poussés, ensemble, à rechercher tout ce qui est juste et vrai. Nous sommes liés pour dépasser nos propres intérêts et pour encourager les autres, les fonctionnaires et les responsables en particulier, à agir de même pour faire leur la profonde satisfaction de servir le bien commun, même s’il doit en coûter personnellement. N’oublions pas que parce que c’est notre commune dignité humaine qui donne naissance aux droits humains universels, ceux-ci valent également pour tout homme et toute femme, quelque soit sa religion et quelque soit le groupe ethnique ou social auquel il appartienne. À cet égard, nous devons noter que le droit à la liberté religieuse dépasse la seule question du culte et inclut le droit – spécialement pour les minorités – d’avoir accès au marché de l’emploi et aux autres sphères de la vie publique.

Avant de vous quitter, je voudrais ce matin mentionner de manière spéciale la présence parmi nous de Sa Béatitude Emmanuel III Delly, Patriarche de Bagdad, que je salue chaleureusement. Sa présence me conduit à faire mémoire du peuple voisin, celui d’Iraq, dont de nombreux membres ont trouvé refuge ici en Jordanie. Les efforts de la communauté internationale pour promouvoir la paix et la réconciliation, conjugués à ceux des responsables locaux, doivent continuer afin de porter des fruits dans la vie des Iraquiens. Je souhaite exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui sont engagés dans les efforts pour renouer la confiance et pour rebâtir les institutions et les infrastructures nécessaires au bien-être de ce pays. Et, une fois encore, j’invite avec insistance les diplomates et la communauté internationale qu’ils représentent, ainsi que les responsables politiques et religieux locaux, à faire tout ce qui est possible pour assurer à l’antique communauté chrétienne de cette noble terre ses droits fondamentaux à une coexistence pacifique avec l’ensemble des autres citoyens.

Chers amis, je crois que les sentiments que j’ai exprimés aujourd’hui nous donnent une espérance renouvelée face à l’avenir. Notre amour et notre service devant le Tout Puissant s’expriment non seulement dans notre culte mais aussi dans notre amour et notre préoccupation pour les enfants et les jeunes – vos familles – et tous les Jordaniens. C’est pour eux que vous travaillez et ce sont eux qui motivent votre exigence de placer le bien de toute personne humaine au cœur des institutions, des lois et des travaux de la société. Puisse la raison, humble et ennoblie par la grandeur de la vérité de Dieu, continuer à modeler la vie et les institutions de ce pays, de telle sorte que les familles puissent prospérer et que tous puissent vivre en paix, en contribuant à la culture qui donne son unité à ce grand royaume et en la faisant grandir !



Sources : www.vatican.va

Discours de Benoît XVI sur le Mont Nébo

Publié le 10/05/2009 à 12:00 par auto23652
Discours de Benoît XVI sur le Mont Nébo
Discours de Benoît XVI sur le Mont Nébo


Depuis le Mont Nebo (840 mètres) d'où il a contemplé Jérusalem à l'horizon, acte symbolisant Moïse contemplant la Terre promise.

"Al salam Alaykoum" (Paix soit sur vous) a dit le Saint-Père en arabe à la cinquantaine de prêtres présents. Les premiers chrétiens ont érigé une petite église au IVe siècle et les vestiges d'une basilique et d'un monastère y ont été découverts. Voici l'intégralité du discours du Saint-Père :

Père Ministre Général,
Père Custode,
Chers amis,

En ce saint lieu, consacré à la mémoire de Moïse, je vous salue tous avec affection en Jésus Christ notre Seigneur. Je remercie le Ministre général de l’Ordre des Frères mineurs, le Père José Rodriguez Carballo, pour ses mots chaleureux de bienvenue. Je saisis également cette occasion pour exprimer ma gratitude, et celle de l’Église tout entière, aux Frères de la Custodie pour leur très ancienne présence sur ces terres, pour leur joyeuse fidélité au charisme de saint François, et pour leur généreuse sollicitude dans l’assistance spirituelle et matérielle en faveur des communautés chrétiennes locales et des innombrables pèlerins qui visitent chaque année la Terre Sainte. Je désire rappeler aussi, avec une gratitude particulière, le défunt Père Michele Piccirillo, qui a consacré sa vie à l’étude des Antiquités chrétiennes et qui est enterré dans ce sanctuaire qu’il a tant aimé.

Il est juste que mon pèlerinage puisse commencer sur cette montagne, où Moïse a contemplé de loin la Terre promise. La magnifique perspective qui s’ouvre depuis l’esplanade de ce sanctuaire nous invite à méditer sur cette vision prophétique qui embrassait mystérieusement le grand plan de salut que Dieu avait préparé pour son peuple. C’est en effet dans la vallée du Jourdain qui s’étend sous nos yeux que, à la plénitude des temps, Jean le Baptiste devait venir pour préparer la voie au Seigneur. C’est dans les eaux du Jourdain que Jésus, après son baptême par Jean, a été manifesté comme le Fils bien-aimé du Père et que, consacré par l’Esprit-Saint, il a inauguré son ministère public. Et c’est depuis le Jourdain que l’Évangile progressera, d’abord à travers la prédication et les miracles du Christ et que, plus tard, après sa résurrection et le don de l’Esprit à la Pentecôte, il sera porté par ses disciples jusqu’aux extrémités de la terre.

Ici, sur les hauteurs du Mont Nébo, la mémoire de Moïse nous invite à « lever les yeux » pour embrasser du regard avec gratitude non seulement la puissante œuvre accomplie par Dieu dans le passé, mais aussi pour regarder avec foi et espérance vers l’avenir qu’il nous offre, à nous-mêmes et au monde. Comme Moïse, nous aussi avons été appelés par notre nom, invités à entreprendre un exode quotidien du péché et de la servitude vers la vie et la liberté, et nous avons reçu une promesse irrévocable pour guider notre marche. Dans les eaux du Baptême, nous sommes passés de l’esclavage du péché à une vie nouvelle et à l’espérance. Dans la communion de l’Église, Corps du Christ, nous attendons de voir la cité céleste, la nouvelle Jérusalem, où Dieu sera tout en tous. Depuis cette sainte montagne, Moïse dirige notre regard – comme il le fera encore sur les hauteurs du Mont Tabor (cf. Lc 9, 28-36) - vers l’accomplissement de toutes les promesses de Dieu, dans le Christ.

Moïse a contemplé de loin la Terre promise, au terme de son pèlerinage terrestre. Son exemple nous rappelle que nous avons part nous aussi à l’immémorial pèlerinage du peuple de Dieu à travers l’histoire. Dans les pas des prophètes, des apôtres et des saints, nous sommes appelés à poursuivre la mission du Seigneur, à rendre témoignage à la Bonne Nouvelle de la miséricorde et de l’amour universel de Dieu, et à œuvrer pour l’avènement du Royaume du Christ par notre charité, notre service des pauvres et nos efforts pour être levain de réconciliation, de pardon et de paix autour de nous. Nous savons, comme Moïse, que nous pourrions ne pas voir le plein accomplissement du plan divin durant notre vie terrestre. Cependant, nous croyons qu’en assumant la petite part qui nous est confiée, dans la fidélité à la vocation que chacun de nous a reçue, nous aiderons à rendre droits les chemins du Seigneur et à accueillir l’aurore de son Royaume. Et nous savons que le Dieu qui a révélé son nom à Moïse comme le gage qu’il serait toujours à nos côtés (cf. Ex 3, 14) nous donnera la force de persévérer dans une espérance joyeuse même au milieu des souffrances, des épreuves et des tribulations.

Depuis les origines, les chrétiens sont venus en pèlerinage sur les lieux associés à l’histoire du peuple élu, aux événements de la vie du Christ et de l’Église naissante. Cette grande tradition, que mon présent voyage entend poursuivre et confirmer, est fondée sur le désir de voir, de toucher, de goûter dans la prière et la contemplation, les endroits bénis par la présence physique du Sauveur, de sa sainte Mère, des apôtres et des premiers disciples qui l’ont vu relevé d’entre les morts. Ici, sur les pas des innombrables pèlerins qui nous ont précédés au cours des siècles, nous sommes provoqués à mesurer plus pleinement le don de notre foi et à grandir dans cette communion qui transcende toute frontière de langue, de race et de culture.

L’antique tradition du pèlerinage sur les lieux saints nous rappelle aussi le lien inséparable qui unit l’Église et le peuple juif. Depuis le commencement, l’Église sur cette terre a commémoré dans sa liturgie les grandes figures de l’Ancien Testament, comme un signe de sa conscience profonde de l’unité des deux Testaments. Puisse, aujourd’hui, notre rencontre nous inspirer un amour renouvelé pour les écrits de l’Ancien Testament et le désir de dépasser tous les obstacles à la réconciliation des Chrétiens et des Juifs dans le respect mutuel et la coopération au service de cette paix à laquelle la Parole de Dieu nous appelle !

Chers amis, rassemblés en ce lieu saint, que nos yeux et nos cœurs se tournent maintenant vers le Père. Alors que nous nous préparons à redire la prière que Jésus nous a enseignée, demandons-lui de hâter la venue de son royaume afin que nous puissions voir l’accomplissement de son plan de salut, et faire l’expérience, avec saint François et tous les pèlerins qui nous ont précédés marqués du signe de la foi, du don de l’indicible paix – pax et bonum – qui nous attend dans la Jérusalem céleste.

Allocution d’accueil du Ministre général frère José Carballo ofm à l’occasion de la visite du Saint Père au Mont Nebo

Très Saint Père, veuillez recevoir au nom de tous les Frères Mineurs qui vivent en Terre Sainte et de tout l’Ordre le salut de saint François : Que le Seigneur vous donne la Paix !

Livret de la célébration sur le Mont Nébo Ici, sur le Mont Nebo, aux portes de la terre promise, nous vous souhaitons la bienvenue au début de votre pèlerinage en Terre Sainte. Ici, Moïse, au terme de l’exode, eut la grâce de voir la terre que le Seigneur avait promise à son peuple. La promesse de Dieu devenait finalement réalité. Moïse avait conduit Israël pendant quarante ans. Pendant quarante ans, il avait été la voix de Dieu pour le peuple et la voix du peuple auprès de Dieu. Il avait reçu du Seigneur la loi et l’avait transmise à Israël afin qu’il l’observe. Il avait aidé le peuple à grandir dans la foi, l’exhortant et le soutenant dans les moments de découragement mais l’admonestant et le reprenant aussi lorsque la tentation des oignons d’Egypte se faisait plus forte. Grâce à Moïse, Israël avait appris à mieux connaître son Seigneur : un Dieu prévoyant qui n’abandonne jamais son peuple. Un Dieu qui, durant le chemin, est lumière dans les ténèbres et repos de la fatigue. Un Dieu qui tient compte des besoins de ses fils au travers de la manne du ciel et de l’eau de la roche. Un Dieu qui descend dans une tente pour demeurer au milieu d’eux et, avec eux, se fait pèlerin. Ainsi, Moïse non seulement conduisit le peuple de l’Alliance vers cette terre mais surtout le conduisit à son Seigneur et Sauveur.

Très Saint Père, vous avez voulu vous faire aujourd’hui pèlerin, nous rappelant que telle est la condition du peuple de Dieu. Au cours de ce voyage, vous n’êtes pas seul. Nous désirons vous accompagner, mieux, vous suivre, comme par un temps le peuple d’Israël avait suivi Moïse et s’était fait conduire par lui. Nous aussi aujourd’hui, nous nous sentons comme dans le désert et nous avons besoin de celui qui nous conduit au Seigneur, de quelqu’un qui nous aide à le connaître toujours plus comme un Père prévoyant et miséricordieux, comme notre Seigneur Jésus Christ nous l’a révélé. Souvent, en effet, nous sommes pris par le découragement et par la peur lorsque le chemin se fait âpre et dur. Parfois, il semble que le mal prévaut. Partout, nous voyons des guerres et des violences. Il existe encore tant de pauvreté qu’elle écrase une grande partie de l’humanité alors que les droits humains les plus élémentaires sont foulés aux pieds. La soif de richesse et de pouvoir fait que les hommes n’hésitent pas à dévaster la création qui leur avait été confiée afin qu’ils en prennent soin. La foi en la promesse de la terre où coulent le lait et le miel, dans le Royaume qui croît sans faire de bruit comme une petite graine de moutarde, risque de s’évanouir dans nos cœurs et nous risquions d’être tentés d’abandonner la charrue et de nous retourner.

Ici, sur ce mont, l’un de nos confrères, frère Michele Piccirillo, que le Seigneur a récemment appelé à Lui, a dédié sa vie entière afin de nous permettre de goûter la beauté de ces lieux, nous restituant les chefs d’œuvre perdus et enfouis par les siècles. Son œuvre, outre son immense valeur scientifique, nous enseigne qu’il est dans la nature profonde de l’homme d’aller toujours à la recherche de la vraie beauté. Très Saint Père, au cours de ce pèlerinage, nous nous confions à vous. Portez nos supplications aux Seigneur et adressez-nous, une fois encore, cette Parole qui est la seule à pouvoir nous donner le salut. Aidez-nous à redécouvrir la beauté de notre vocation, la beauté d’être disciples du Ressuscité. Alors, comme les disciples, nous aurons le courage de laisser derrière nous notre cénacle, commode et sûr, pour nous mettre à nouveau sur les routes du monde, en témoignant à tous la joie de Pâques.

Frère José Rodrígez Carballo ofm

Sources : www.vatican.va

Benoît XVI au centre Notre-Dame de la Paix de Amman

Publié le 08/05/2009 à 12:00 par auto23652
 Benoît XVI au centre Notre-Dame de la Paix de Amman
Benoît XVI au centre Notre-Dame de la Paix de Amman

Au centre "Regina Pacis", un centre pour les personnes handicapées.


Béatitudes,
Excellences,
Chers Amis,

Je suis très heureux d’être ici avec vous cet après-midi, et de saluer chacun de vous ainsi que les membres de vos familles, où qu’ils se trouvent. Je remercie Sa Béatitude le Patriarche Fouad Twal pour ses aimables paroles de bienvenue et de manière particulière je salue la présence parmi nous de Mgr Selim Sayegh, dont l’intuition et le travail pour ce Centre, avec ceux de Sa Béatitude le Patriarche émérite Michel Sabbah, sont aujourd’hui honorés par la bénédiction des nouvelles constructions qui viennent juste d’être réalisées. Je désire également saluer avec grande affection les membres du Comité central, les Sœurs comboniennes et l’équipe dévouée des laïcs en incluant tous ceux qui travaillent dans les nombreux départements et unités de ce Centre. Votre réputation d’excellence pour la compétence professionnelle, pour les soins pleins de compassion et la promotion sans défaillance de la juste place dans la société de ceux qui sont particulièrement dans le besoin, sont bien connus ici et dans l’ensemble du Royaume. Je remercie les jeunes ici présents pour leur accueil chaleureux. C’est une grande joie pour moi d’être parmi vous.

Comme vous le savez ma visite au Centre Notre-Dame de la Paix, ici à Amman, est la première étape de mon pèlerinage. Comme d’innombrables pèlerins avant moi, je peux, à mon tour, satisfaire le désir profond de toucher, de tirer réconfort et de vénérer les lieux où Jésus a vécu, lieux qui ont été sanctifiés par sa présence. Aux temps apostoliques déjà, Jérusalem était le premier lieu de pèlerinage des Chrétiens, mais plus tôt encore, dans l’ancien Proche-Orient, les peuples sémitiques avaient construit des sanctuaires pour marquer et commémorer une présence ou une action divine. Et les gens simples voyageaient vers ces lieux portant une part des fruits de leur pays et du bétail pour les offrir en hommage et en action de grâce.

Chers amis, chacun d’entre nous est un pèlerin. Nous sommes tous incités à avancer avec courage sur le chemin de Dieu. Dans nos vies, naturellement, nous avons tendance à regarder en arrière - parfois avec regrets et douleur, souvent avec gratitude et satisfaction – ; nous regardons aussi vers l’avenir - parfois avec impatience ou anxiété, mais toujours avec désir et espérance, sachant aussi que d’autres sont là tout au long du chemin pour nous encourager. Je sais que les chemins qui ont conduit beaucoup d’entre vous vers le Centre « Regina Pacis » ont été marqués par des souffrances ou des épreuves. Certains d’entre vous luttent courageusement avec des handicaps, d’autres ont enduré le rejet et d’autres encore sont venus vers ce lieu de paix simplement pour y chercher encouragement et réconfort. Le grand succès de ce Centre réside, je le sais, dans la promotion de la juste place à accorder aux personnes handicapées dans la société. Pour cela, le Centre propose que des exercices et du matériel adapté soient fournis en vue d’une telle intégration. Pour votre clairvoyance et pour votre détermination vous méritez tous d’être encouragés et grandement loués.

Parfois, il est difficile de trouver une justification à ce qui apparaît seulement comme un obstacle à surmonter ou même comme une souffrance – physique ou émotionnelle – à endurer. Cependant la foi et l’intelligence nous aident à découvrir un horizon au-delà de nous-mêmes et nous permet de nous représenter la vie comme le fait de Dieu. L’amour inconditionnel de Dieu, qui donne vie à chaque être humain, donne un sens et un but à toute vie humaine. C’est un amour sauveur (cf. Jn 12, 32). Comme les chrétiens le confessent, c’est à travers la Croix que Jésus, en fait, nous introduit à la vie éternelle et, ce faisant, il nous indique la voie à suivre – le chemin d’espérance qui guide chacun de nos pas le long de la route, pour que nous devenions ainsi porteurs de cette espérance et de cette charité pour les autres.

Chers amis, à la différence des pèlerins du passé, je ne viens pas avec des présents ou des offrandes. Je viens simplement avec une intention, une espérance : prier plus particulièrement pour le don précieux de l’unité et de la paix très spécialement au Moyen-Orient. Paix pour chaque personne, pour les parents et les enfants, pour les communautés, paix pour Jérusalem, paix pour la Terre Sainte, pour la région, paix pour la famille humaine tout entière ; la paix durable qui naît de la justice, de l’intégrité et de la compassion, la paix qui surgit de l’humilité, du pardon, et du désir profond de vivre en harmonie les uns avec les autres.

Prier, c’est espérer en action. Et, en effet, le vrai sens de toute chose est contenue dans la prière : nous entrons dans un contact d’amour avec le Dieu unique, le Créateur universel, et, ce faisant, nous comprenons la futilité des divisions humaines et des préjugés et nous découvrons les merveilleuses possibilités qui s’ouvrent devant nous lorsque nos cœurs sont convertis à la vérité de Dieu, à Son dessein sur chacun de nous et sur le monde.

Chers jeunes amis, c’est à vous en particulier que je désire dire, étant au milieu de vous, que c’est de Dieu que je tire ma force. Les épreuves que vous avez subies, votre témoignage de compassion et votre détermination à dépasser les obstacles que vous rencontrez, m’encouragent à croire que la souffrance peut apporter des changements dans le sens du bien. A travers nos propres épreuves, et en étant aux côtés des autres dans leurs luttes, nous entrevoyons l’essence de notre humanité, nous devenons, pour ainsi dire, plus humains. A un autre niveau, nous découvrons que même des cœurs endurcis par le cynisme, l’injustice ou le peu de volonté de pardonner, peuvent toujours être rejoints par Dieu, et qu’ils peuvent toujours être ouverts à une nouvelle manière d’être, à une vision de paix.

Je vous exhorte tous à prier chaque jour pour notre monde. Et aujourd’hui, je désire vous demander d’accomplir une tâche spécifique : veuillez, s’il vous plaît, prier pour moi chaque jour de mon pèlerinage ; pour mon renouvellement spirituel personnel dans le Seigneur et pour la conversion des cœurs sur le chemin de pardon et de solidarité que Dieu ouvre afin que mon espérance – votre espérance – pour l’unité et la paix dans le monde porte des fruits abondants.

Que Dieu bénisse chacun de vous et vos familles, ainsi que les enseignants, les soignants, les administrateurs et les bienfaiteurs de ce Centre ! Que Notre-Dame, Reine de la Paix, vous protège et vous guide sur le chemin de Son Fils, le Bon Pasteur !




Sources : www.vatican.va -


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