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Recueillement et Grégorien Doctrine et Liturgie. Audio. Una Voce
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08.07.2007
Dernière mise à jour :
06.10.2008
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Psaumes

Psaume 73

Posté le 10.08.2008 par auto23652
PSAUME 73
Psaume d'Asaph

1. Certainement Dieu est bon envers Israël, envers ceux qui sont purs de cœur.

2. Et pour moi, il s'en est fallu de peu que mes pieds ne m'aient manqué, -d'un rien que mes pas n'aient glissé ;

3. Car j'ai porté envie aux arrogants, en voyant la prospérité des méchants.

4. Car il n'y a pas de tourments dans leur mort, et leur corps est gras ;

5. Ils n'ont point de part aux peines des humains, et ils ne sont pas frappés avec les hommes.

6. C'est pourquoi l'orgueil les entoure comme un collier, la violence les couvre comme un vêtement ;

7. Les yeux leur sortent de graisse; ils dépassent les imaginations de leur cœur.

8. Ils sont railleurs et parlent méchamment d'opprimer; ils parlent avec hauteur ;

9. Ils placent leur bouche dans les cieux, et leur langue se promène sur la terre.

10. C'est pourquoi son peuple se tourne de ce côté-là, et on lui verse l'eau à plein bord,

Il. Et ils disent: Comment Dieu connaîtrait-il, et y aurait-il de la connaissance chez le Très-Haut ?

12. Voici, ceux-ci sont des méchants, et ils prospèrent dans le monde, ils augmentent leurs richesses.

13. Certainement c'est en vain que j'ai purifié mon cœur et que j'ai lavé mes mains dans l'innocence :

14. J'ai été battu tout le jour, et mon châtiment revenait chaque matin.

15. Si j'avais dit: Je parlerai ainsi, voici, j'aurais été infidèle à la génération de tes fils.

16. Quand j'ai médité pour connaître cela, ce fut un travail pénible à mes yeux,

17. Jusqu'à ce que je fusse entré dans les sanctuaires de Dieu… : j'ai compris leur fin.

18. Certainement tu les places en des lieux glissants, tu les fais tomber en ruines.

19. Comme ils sont détruits en un moment! Ils sont péris, consumés par la frayeur.

20. Comme un songe, quand on s'éveille, tu mépriseras, Seigneur, leur image, lorsque tu t'éveilleras.

21. Quand mon cœur s'aigrissait, et que je me tourmentais dans mes reins,

22. J'étais alors stupide et je n'avais pas de connaissance; j'étais alors avec toi comme une brute.

23. Mais je suis toujours avec toi: tu m'as tenu par la main droite ;

24. Tu me conduiras par ton conseil, et, après la gloire, tu me recevras.

25. Qui ai-je dans les cieux ? Et je n'ai eu de plaisir sur la terre qu'en toi.

26. Ma chair et mon cœur sont consumés; Dieu est le rocher de mon cœur, et mon partage pour toujours.

27. Car voici, ceux qui sont loin de toi périront ; tu détruiras tous ceux qui se prostituent en se détournant de toi.

28. Mais, pour moi, m'approcher de Dieu est mon bien ; j'ai mis ma confiance dans le Seigneur, l'Éternel, pour raconter tous tes faits.



Le premier verset de ce psaume est la conclusion à laquelle Asaph, son auteur, est arrivé après la douloureuse expérience qu'il rapporte dans les versets 2 à 15

-conclusion qui est un triomphe de la foi sur la vue, de la grâce sur la propre justice.

L'angoisse du Psalmiste ne nous surprendra pas si nous avons compris quelque chose, des voies de Dieu envers Israël. À ce peuple avaient été promises de nombreuses bénédictions terrestres qui allaient jusqu'à l'exemption de tout revers et de toute maladie. (Lisez Exode 15, 26 ; 23, 25 ; Deutéronome 7, 15.) Une seule condition était posée et la voici : « Si tu écoutes attentivement la voix de l'Éternel, ton Dieu, si tu fais ce qui est droit à ses yeux, si tu prêtes l'oreille à ses commandements, et si tu observes toutes ses lois. »

Or, Asaph, homme pieux et fidèle, n'avait pas oublié la promesse divine et pourtant c'était tout l'opposé qu'il avait sous les yeux. D'où l'amertume de sa plainte : «Certainement c'est en vain que j'ai purifié mon cœur et que j'ai lavé mes mains dans l'innocence : j'ai été battu tout le jour, et mon châtiment revenait chaque matin. » Ses souffrances étaient d'une nature morale, mais plus vives et plus intenses que si elles eussent été purement physiques. Personnellement il marchait avec Dieu, mais il était associé à un peuple devenu infidèle et par conséquent solidaire de ce peuple.

Le même principe a aujourd'hui son application dans l'Église. L'Église a été infidèle comme le fut Israël en son jour, et ceux-là seuls souffrent de son bas état qui marchent avec Dieu. Ils ne discernent pas seulement cet état, mais ils s'en reconnaissent solidaires en vertu de leur association avec ceux qui ne sont pas fidèles. Il ne s'agit pas ici d'association avec le monde, toujours illicite ; mais d'association avec le peuple de Dieu -association pleine de joies lorsque ce peuple marche sous le regard de Dieu et pleine de tristesses lorsqu'il s'écarte de la bonne voie. Si je souffre par le fait de ma mondanité, je ne puis pas, je ne dois pas porter ma plainte devant Dieu, qui attend de moi la confession et l'humiliation. Si je souffre parce que, en la présence de Dieu et à la lumière de cette présence, je vois autour de moi un mal dont il me faut me reconnaître solidaire en vertu du lien qui m'attache au peuple de Dieu, alors je remplis un sacerdoce.

Asaph fut près d'envier la prospérité des méchants et des insensés. Si le peuple d'Israël avait été dans un état normal, dans un bon état spirituel, un tel danger eût été écarté, car c'est lui qui aurait été heureux et prospère, alors que les orgueilleux auraient été abaissés, car « Dieu résiste aux orgueilleux mais il donne la grâce aux humbles. » Mais parce que son peuple n'était pas humble, Il laissait s'élever les orgueilleux pour humilier son peuple. C'était là sa manière de montrer son amour. Cette manière peut déconcerter un homme, voire même un saint homme, comme était assurément Asaph, mais elle n'en est pas moins la bonne, la seule bonne. Que le monde soit dans la joie, le croyant devra être dans la tristesse, ainsi qu'il arriva pendant que Jésus était dans le tombeau; mais « la tristesse qui est selon Dieu produit une repentance à salut dont on n'a pas de regret. » Asaph connut cette tristesse-là, car aussitôt après avoir donné cours à son ressentiment, il rentre en lui-même et dit : « Quand mon cœur s'aigrissait, et que je me tourmentais dans mes reins, j'étais alors stupide et je n'avais pas de connaissance; j'étais avec toi comme une brute. » Il avait perdu tout sens moral et spirituel en regardant du côté de l'homme sans Dieu; il recouvre un jugement sain en s'enfermant dans le sanctuaire pour ne voir et n'entendre que Dieu. C'est là, en effet, et là seulement, que se dévoile la pensée divine.

L'apôtre nous dit en Romains 11;29, précisément en rapport avec l'avenir d'Israël: « Les dons de grâce et l'appel de Dieu sont sans repentir. » Voilà ce qu'Asaph apprit dans le sanctuaire et ce qui lui fit commencer son psaume par cette touchante parole : « Certainement Dieu est bon envers Israël. » Il voyait la ruine autour de lui, la ruine d'Israël, à laquelle correspondait l'opulence de ses ennemis ; mais il prévoyait en même temps le rétablissement du peuple dans la faveur de Dieu en vertu de conseils que rien ni personne ne pouvait anéantir. Or, si l'abaissement d'Israël favorisait l'élévation des impies, le relèvement certain d'Israël entraînerait nécessairement leur destruction. C'est pourquoi le psalmiste dit : « Certainement tu les places en des lieux glissants, tu les fais tomber en ruines. Comme ils sont détruit en un moment... Comme un songe, quand on s'éveille, tu mépriseras, Seigneur, leur image, lorsque tu t'éveilleras.»

Les conseils de Dieu sont le seul appui solide de la foi dans tous les temps: « À toujours, ô Éternel, ta parole subsiste dans les cieux. » Celle de l'homme est changeante et contradictoire. Cessez, a dit le prophète de vous confier en l'homme, qui n'est que souffle, car de quelle valeur est-il ? En quittant à Milet les anciens d'Éphèse, qui ne devaient plus revoir son visage, l'apôtre leur rappelle qu'il leur a « annoncé tout le conseil de Dieu », et les avertit de prendre garde à eux-mêmes et à tout le troupeau au milieu duquel l'Esprit Saint les avait établis surveillants ; car dit-il : « je sais qu'après mon départ il entrera parmi vous des loups redoutables qui n'épargneront pas le troupeau; et il se lèvera d'entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des doctrines perverses pour attirer les disciples après eux. » (Actes 20; 28, 30.) Au dehors, des loups attaquant le troupeau mal gardé ; au-dedans, des séducteurs qui pervertiraient la saine doctrine : quelle perspective ! Où se réfugier au milieu d'un tel état de choses ? Dans le sanctuaire de la présence de Dieu pour y entendre cette rassurante déclaration : « Et maintenant je vous recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d'édifier et de vous donner un héritage avec tous les sanctifiés» (Actes 20;32.) À toujours, ô Éternel ! répéterons-nous, ta parole subsiste dans les cieux; unique mais suffisante ressource pour tous les tiens !

Mais les consolations recueillies dans le sanctuaire ne sont pas seulement pour l'avenir, elles sont également pour le présent. Asaph sut en faire ample provision, et quand il reprit sa marche il était muni de tout le secours nécessaire. « Mais je suis toujours avec toi. » Est~ce à dire que sa sécurité venait de sa fidélité ? Non. Elle était en ceci ; « Tu m’as tenu par la main droite; tu me conduiras par ton conseil, et, après la gloire, tu me recevras.» Se sentant absolument dans la dépendance de Dieu, il était, pour cette raison même, pleinement rassuré. Être reçu dans la gloire est une idée et aussi une vérité chrétienne, mais la traduction dit : « et après la gloire, tu me recevras. » Sous cette forme, il devient l'expression de la foi juive, qui était celle du psalmiste. En effet, le peuple avec lequel Asaph s'identifiait, comme c'était son devoir de le faire, ne sera pleinement rétabli dans la faveur divine que quand ils verront, manifesté en gloire, donc après la gloire, Celui qu'ils ont percé, et qu'ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un fils unique. Mais dans l'attente de ce jour béni, encore à venir, Asaph voulait pour le temps présent, une source de consolation et d'encouragement pour son âme, une source qui pourrait déborder sans nuire et qui, en temps de sécheresse, ne tarirait pas. Et où la trouver ? S'il la cherche au ciel, c'est dans le Dieu vivant qu'il la trouve ; s'il la cherche sur la terre, c'est encore et toujours en Dieu : « Qui ai-je dans les cieux ? Et je n'ai eu de plaisir sur la terre qu'en toi. » Il n'était pas de ceux qui attendent d'être au ciel pour vivre et se complaire dans la société du Dieu vivant. Le sanctuaire lui avait appris ce que valait cette société, et il la déclare indispensable à son âme à l'exclusion de tout le reste.

Ce qui fut pour Asaph une pierre d'achoppement, c'est-à-dire le monde dans sa prospérité et le croyant dans l’opprobre, ne saurait être pour nous un sujet d'étonnement, attendu que Celui que nous connaissons comme Sauveur et reconnaissons pour Seigneur, a été méprisé des hommes, et un homme de douleurs et sachant ce que c'est que la langueur. Ce qui serait étrange; ce serait que les chrétiens eussent les honneurs alors que leur Maître n'a eu que le mépris. Cela ne pourrait être 'que par une sorte de trahison de leur part. Suivez ce précieux Sauveur de la crèche à la croix et dites s'il y eut des grandeurs terrestres sur le chemin qu'Il a tracé. Il n'en a pas trouvé pour Lui-même et Il ne nous en a pas davantage promis. L'appel du chrétien est de toute autre nature que celui de l'Israélite, le premier étant exclusivement céleste, le second étant terrestre. C'est la position de Christ qui détermine la nature et le caractère de l'appel.

Si Christ est chassé du monde, Il s'en va au ciel en passant par la mort pour l'accomplissement de la rédemption, et, dans le ciel, reste « caché en Dieu» jusqu'à ce que ses ennemis soient mis pour son marchepied. Or, à l'heure présente, ceux qui l'ont chassé n'ont rien perdu de leur arrogance, et si nous voulons nous attacher à Lui, il faudra nous attendre à souffrir, souffrir avec Lui pour régner avec Lui et recevoir notre portion là où il a la sienne actuellement. C'est par beaucoup d'afflictions qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu ; mais avec Christ en nous et le ciel devant nous, nous aurions grand tort de porter envie aux insensés et d'ambitionner la prospérité des méchants.

Dieu ne demande pas au chrétien d’être misanthrope, encore moins de haïr le monde dont il n'est plus, mais seulement de se garder de ses souillures. Il l'exhorte, au contraire, et avant toutes choses, à faire des supplications, des prières, des intercessions, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont haut placés, « afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté; car cela est bon et agréable devant notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité. » C'est un beau rôle que celui d'intercesseur auprès de Dieu en faveur de la race humaine tout entière, rôle hélas! peu compris et mal rempli, et c'est un des meilleurs moyens de ne pas tomber dans la mondanité. Si, en communion avec la pensée de Dieu, je suis préoccupé du salut des âmes, les convoitises et les pièges du monde n'auront pas de prise sur moi. Je ne chercherai pas son amitié, qui est inimitié contre Dieu, mais son bien. Je n'entrerai pas dans ses poursuites, ni dans ses combinaisons, mais je m'efforcerai de lui dire qu'il n'y a pas de vrai bonheur sans Dieu, et moi qui suis heureux en Dieu, je lui montrerai par là que je possède ce qu'il n'a pas.

Le chrétien ne doit pas être provocateur, ni agressif envers personne. Il est le disciple de Celui qui a été doux et humble de cœur devant toutes les provocations et les injures, de Celui qui, lorsqu'on l'outrageait, ne rendait pas d'outrage, mais se remettait à Celui qui juge justement. Et quand Il souffrait ne menaçait pas! Et quand n'a-t-il pas souffert dans notre triste monde ? Avec un tel modèle sous les yeux, comment pourrait-on porter envie aux insensés ? Si le disciple aime son Maître et l'esclave son Seigneur, il estimera qu'il n'est pas de plus grand honneur pour lui que d'être comme son Maître et Seigneur. À l'exemple de Moïse, il attachera un plus grand prix à l'opprobre de Christ qu'aux richesses de l'Égypte. La marche de Christ détermine la marche du chrétien. Il se dévoile quand il suit un chemin autre que celui que Christ lui a tracé. « Tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés.» Dira-t-on que depuis le départ du Seigneur le monde a changé en bien ? Hélas ! non ; ce sont les chrétiens qui ont changé, mais pas en bien. Rares sont aujourd'hui ceux dont la foi est assez vivante pour les porter à se réjouir d'être estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Christ. Tout au plus s'y résignerait-on si le cas se présentait. Assurément la résignation vaut mieux que le murmure ; mais la joie dans la souffrance lui est singulièrement supérieure.

Au chrétien, et au chrétien seul, a été réservée la prérogative de souffrir avec Christ, c'est-à-dire de lui être associé dans son opprobre pendant que le monde le répudie. La conséquence qui en découle, c'est qu'il régnera avec Christ au jour de son triomphe. Cela doit lui suffire. S'il entre dans la pensée de Dieu, il comprendra que l'opprobre d'aujourd'hui est proche parent de la gloire de demain, et il bénira Dieu pour sa participation à l'un et à l'autre.



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Psaume 53 du 9eme dimanche aprés la Pentecôte

Posté le 13.07.2008 par auto23652
P.P. Rubens ((Siegen 1577 - Anvers 1640) " Le Roi David"



Psaume 53 ( 54) du 9eme Dimanche aprés la Pentecôte

1 Au maître chantre. Avec instruments à cordes. Méditation de David.
2 Lorsque les Ziphiens allèrent dire à Saül : David ne se tient-il pas caché parmi nous ?
3 O Dieu ! par ton nom sauve-moi, Et par ta force fais-moi justice !

4 O Dieu ! écoute ma prière, Prête l'oreille aux paroles de ma bouche !
5 Car des étrangers se sont levés contre moi ; Des hommes violents en veulent à ma vie, Ils n'ont point mis Dieu devant leurs yeux.
6 Voici, Dieu est mon secours, Le Seigneur est de ceux qui soutiennent mon âme ;
7 Il fera retomber le mal sur ceux qui m'épient. Selon ta fidélité, extirpe-les !
8 Je t'offrirai des sacrifices volontaires ; Je célébrerai ton nom, ô Eternel, car il est bon,
9 Car il m'a délivré de toute détresse, Et mes yeux se réjouissent à la vue de mes ennemis.



David et les Ziphiens.

La suscription de ce psaume semble tirée littéralement du récit 1 Samuel 23.19, ou du document qui lui a servi de source. Après avoir dû sortir de Kéila, qu'il avait sauvée des Philistins et dont les habitants n'en projetaient pas moins de le livrer à Saül, David apprend qu'il n'est pas plus en sûreté au désert de Ziph, les gens de la contrée étant allés révéler sa retraite au roi. Notre psaume est l'ardente prière qu'il adressa à Dieu à ce moment-là, prière qui fut merveilleusement exaucée, puisqu'une incursion subite des Philistins survint à temps pour empêcher Saül de se saisir de lui dans le désert de Maon.

La prière, simple et brève (versets 3 à 5), est promptement suivie de l'action de grâces (versets 6 à 9).

Verset 3
3 à 5
La prière.

Par ton nom : car ce nom, c'est toi-même, dans le déploiement de tes perfections.

Par ta force : le terme hébreu désigne ici la vaillance et la force d'un grand guerrier.

Verset 5
Comme il le fait souvent, David motive ici sa prière par le fait que ses ennemis sont ceux de Dieu.

Des étrangers. Les Ziphiens appartenaient bien à la tribu de Juda ; mais la désignation d'étranger, souvent prise dans le sens défavorable de barbare ou d'ennemi, peut fort bien être employée ici d'une manière figurée. L'expression parallèle : des hommes violents, montre du reste que le terme d'étranger désigne ici moins la nationalité que le caractère.

Ils n'ont point mis Dieu... Il y a au fond de toute décision humaine un acte de volonté par lequel l'homme choisit le mobile qui influera sur lui. Le véritable Israélite place devant son esprit Dieu lui-même et sa volonté clairement manifestée ; l'étranger regarde à son intérêt ou à ses caprices.

Verset 6
6 à 9
Confiance et action de grâces.

Après un jeu d'instruments, où se reflètent les émotions que provoque la conduite coupable des ennemis, le cri : Voici, exprime comme toute nouvelle la certitude du secours divin. Mais, demande Calvin, à quel propos dit-il que Dieu lui est prochain, vu que, même entre les bêtes sauvages, il n'a plus de cachette sûre ?... Il fallait qu'il fût doué d'une merveilleuse vertu de la foi, pour, du profond des enfers, s'élever soudainement à Dieu. Au reste, quand il compte Dieu entre ceux qui soutiennent son âme, il n'entend pas simplement que Dieu soit un du nombre de ceux-là, car ce ne lui serait pas faire grand honneur que de le mettre au même niveau que les hommes.... ; mais plutôt il signifie que Dieu tient le parti de ceux qui lui portent bon vouloir, comme était Jonathan et autres semblables. Il se console en cette assurance qu'ayant Dieu, qui préside an milieu d'eux, ils seront plus forts que toute la bande des méchants.
Un proverbe anglais dit : Un seul Tout-Puissant est plus que beaucoup de puissants.

Verset 7
Selon ta fidélité, qui ne revient pas sur ce qu'elle a promis...

Extirpe-les... Parce qu'ils te sont étrangers, ils ne doivent pas subsister devant toi.

Verset 9
Mes yeux se réjouissent : en constatant qu'il est satisfait à la justice. Voir à ce sujet, comme pour la parole du verset 7 : extirpe-les, la note d'introduction au Psaume 35.


"La Bible annotée"
http://www.levangile.com/Bible-Annotee-Psaumes-54.htm

Psaume 46

Posté le 01.05.2008 par auto23652
PSAUME 46


1 Au maître chantre. Des fils de Koré. Psaume.
2 Vous, tous les peuples, battez des mains, Poussez vers Dieu des cris de joie.
3 Car l'Éternel, le Très-Haut, est redoutable, Il est le grand roi de toute la terre.
4 Il range des peuples sous nos lois, Il met des nations sous nos pieds,
5 Il nous choisit notre héritage, Gloire de Jacob, qu'il a aimé.
(Jeu d'instruments.)
6 Dieu est monté au milieu des cris de joie, L'Eternel, au son de la trompette.
7 Psalmodiez à Dieu, psalmodiez ; Psalmodiez à notre Roi, psalmodiez ;
8 Car Dieu est le roi de toute la terre. Psalmodiez un cantique !
9 Dieu est devenu roi des nations, Dieu s'est assis sur son saint trône.
10 Les chefs des peuples se sont assemblés Comme peuple du Dieu d'Abraham, Car à Dieu appartiennent les boucliers de la terre ; Il est infiniment élevé.




COMMENTAIRE

Le Roi de toute la terre.

La pensée exprimée par ce psaume se rattache étroitement à celle du précédent. Dieu a mis fin aux combats jusqu'aux bouts de la terre ; il s'est élevé au-dessus des nations (Psaume 46). Celles-ci n'ont plus qu'à lui rendre hommage et à former toutes ensemble le peuple du Dieu d'Abraham (Psaume 47). Cette dernière déclaration donne à tout le cantique une grande élévation. Un chant de triomphe national est souvent exclusif et méprisant à l'égard des vaincus. Ici, rien de semblable, mais une joie pure et sainte, à la pensée que Dieu est enfin glorifié et que l'humanité tout entière va avoir part aux bénédictions promises à Abraham.

De telles espérances se sont fait jour souvent dans le cours de l'histoire d'Israël. Aussi a-t-on pu chercher à rattacher ce cantique soit aux victoires de David, soit aux grandes délivrances accordées à Josaphat (2 Chroniques 20.1) ou à Ezéchias (2 Rois 19.1), soit même au retour de la captivité. Il est intéressant de rapprocher le verset 10 : Les boucliers de la terre appartiennent à Dieu, du récit de 2 Samuel 7.7, qui nous montre David amenant à Jérusalem les boucliers d'or du roi syrien Hadadézer. Aurions-nous peut-être ici un cantique composé à l'occasion de la consécration à l'Éternel de ces boucliers, emblèmes de la puissance païenne ? Quoi qu'il en soit, ce psaume est un admirable monument de l'attente d'Israël, qui est encore celle de l'Eglise, relativement au règne universel du Seigneur. On peut comme toucher au doigt, dans ce cantique, l'action de l'Esprit divin, qui élève l'homme au-dessus de tout intérêt personnel ou même national, pour l'initier aux grands secrets du conseil divin et lui faire entrevoir le règne de la gloire divine sur la terre entière.

Dans une première strophe, le psalmiste rappelle la place d'honneur accordée à Israël au milieu des peuples, qui tous reçoivent l'Éternel comme leur roi (versets 2 à 5). Dans la seconde strophe, ce privilège lui-même s'efface en présence de la gloire du Roi céleste, qui monte sur son trône glorieux, d'où il règne sur tous les peuples, devenus son peuple.

Verset 2
2 à 5
Le Roi acclamé ; Israël, le peuple privilégié.

Battez des mains, en acclamant et saluant votre roi. Comparez 2 Rois 11.12.

Verset 4
4 et 5
Il range..., il met..., il choisit... On s'attendrait à voir ces verbes au passé. Mais la pensée du psalmiste n'est pas de raconter ce qui s'est accompli à tel moment de l'histoire ; elle est bien plutôt d'énumérer, à la gloire de Dieu, tout ce qu'il sait faire, peu importe quand, en faveur de son peuple.

Verset 5
Le pays accordé à Israël comme son héritage est sa gloire, parce qu'il lui rappelle que Dieu l'a aimé avec prédilection : C'est peut-être cette pensée du choix dont Israël a été l'objet de la part de Dieu qui amène le psalmiste à désigner son peuple sous le nom de Jacob, préféré à Esaü. Comparez Malachie 1.2.

Verset 6
6 à 10
Le Roi au milieu de ses sujets.

Dieu est monté... Des yeux de l'esprit, le psalmiste contemple l'Éternel prenant possession de la royauté universelle.

La trompette : hébreu schophar, le clairon retentissant de la victoire. C'est l'instrument dont on se sert dans les synagogues, pour annoncer une nouvelle année ; aussi ce psaume est-il devenu, pour les Juifs, un cantique de Nouvel-An.

Verset 7
Psalmodiez. Ce mot, quatre fois répété, s'adresse à tous les peuples de la terre, représentés peut-être, dans la cérémonie dont il s'agit, par différents chœurs s'entre-répondant.

Verset 8
Un cantique : hébreu, Maskil, enseignement, proclamation de vérité (Psaumes 32.1, note).

Verset 9
Son saint trône. La royauté de Dieu a été niée aussi longtemps que les peuples l'ont méconnue, L'Eternel l'a reconquise et va régner désormais.

Verset 10
Les chefs... se sont assemblés. Le psalmiste les voit en esprit réunis au pied du trône de l'Éternel et formant ensemble le peuple du Dieu d'Abraham. Le nom d'Abraham rappelle à la fois la gloire d'Israël et la bénédiction promise à tous les peuples.

Les boucliers de la terre : C'était là une image employée parfois pour désigner les rois, les protecteurs des nations. Comparez Osée 4.18. Ce sens figuré est néanmoins contesté, et il est très possible que le sens propre soit ici le vrai. Nous savons que les rois aimaient à décorer leur palais de boucliers de luxe, et que les conquérants rapportaient dans leurs capitales ceux qu'ils avaient pris à l'ennemi (lRois 14.26-28). Les boucliers conquis sont le symbole de la victoire remportée et de la soumission des ennemis. Voir l'introduction au psaume.

Psaume 32

Posté le 06.04.2008 par auto23652
Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi : miserére nobis.




Psaume 32

1 De David. Méditation. Heureux celui dont la transgression est pardonnée Et dont le péché est couvert !
2 Heureux l'homme auquel l'Éternel n'impute point l'iniquité Et dans l'esprit duquel il n'y a pas de fraude !
3 Tant que je me suis tu, mes os se sont consumés, Pendant que je gémissais tout le jour.
4 Car jour et nuit ta main s'appesantissait sur moi, Ma vigueur était changée en une sécheresse d'été.
(Jeu d'instruments.)
5 Je t'ai fait connaître mon péché, Je n'ai pas caché mon iniquité. J'ai dit : Je confesserai mes transgressions à l'Éternel ! Et toi, tu as enlevé l'iniquité de mon péché.
(Jeu d'instruments.)
6 Qu'ainsi tout homme pieux te prie, au temps où l'on te trouve : Certes, quand de grandes eaux déborderaient, elles ne l'atteindraient point.

7 Tu es pour moi un asile, tu me garantis de la détresse, Tu m'entoures de chants de délivrance.
(Jeu d'instruments)
8 Je te rendrai intelligent, et je te montrerai le chemin où tu dois marcher ; Mon œil te guidera.
9 Ne soyez pas comme le cheval, comme le mulet, Qui n'a point d'intelligence, Que l'on bride avec un frein et un mors, pour le dompter, Sans quoi il n'approcherait pas de toi.
10 Bien des douleurs sont la part du méchant, Mais celui qui se confie en l'Éternel sera environné de miséricorde.
11 Justes, réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse ; Poussez des cris de joie, vous tous qui êtes droits de cœur !



Confession et pardon.
L'expérience religieuse dont nous trouvons ici le récit est d'une très grande importance. Un pécheur a vainement cherché la paix, aussi longtemps que, par une fraude cachée, il a refusé de reconnaître sa faute. Mais dès qu'il en est venu à une confession sincère, le pardon s'est trouvé là ; aussi est-ce par un cri d'allégresse (heureux... !) que sa conscience soulagée exprime sa joie. Alors même que la suscription n'attribuerait pas le psaume à David, les pensées du lecteur se porteraient sur le roi coupable qui, pendant toute une année, après sa grande chute, s'obstina à fermer les yeux sur sa faute, mais qui, repris par Nathan et préparé sans doute par de longs tourments intérieurs à accepter cette remontrance humiliante, n'hésita pas à s'écrier : J'ai péché (2 Samuel 12.13).

C'est ici le second des sept psaumes dits de pénitence (voir Psaume 6), et le premier des treize psaumes qui portent le nom de Maskil. Ce terme est un adjectif signifiant : intelligent. On a pensé qu'il était appliqué aux psaumes spécialement destinés à rendre le lecteur intelligent, à l'instruire sur quelque point important, et qu'il pourrait être rendu par le mot : instruction. Mais si certains de ces psaumes, celui-ci entre autres, sont de vrais enseignements, d'autres, tels que le 142, n'ont point ce caractère. Peut-être le moi Maskil désigne-t-il un travail de réflexion, plutôt que d'instruction, et pourrait-il se rendre par : méditation.

Les trois premières strophes développent la pensée centrale du psaume (versets 1 à 5). Les trois dernières exposent les conséquences de l'expérience qui vient d'être racontée (versets 6 à 11).

Verset 1
1 à 5
Après un premier cri de soulagement et de joie (versets 1 et 2), vient le récit de l'expérience du psalmiste.

Heureux. Comparez Psaumes 1.1. Cette joie n'est pas celle de l'homme léger qui ne se rend pas compte de la gravité de sa faute. Le péché est désigné ici sous ses différentes faces, comme transgression (acte coupable), comme dépravation intérieure ou péché proprement dit, enfin comme iniquité plaçant l'homme sous la condamnation. La transgression est enlevée (traduction littérale) ; le péché intérieur est couvert, rendu invisible, même aux yeux de Dieu ; il n'est plus tenu compte de l'iniquité. Le mot enlevé correspond à celui qu'emploie Jean-Baptiste, lorsqu'il dit : Voilà l'agneau de Dieu, qui ôte (emporte) le péché du monde (Jean 1.29).

Verset 2
Pas de fraude. C'est la condition du pardon qui va être développée dans les deux strophes suivantes.

Verset 3
Tant que je me suis tu, sur la seule chose qu'il y eût à dire. Le coupable peut gémir, crier, parler même à Dieu de beaucoup d'autres choses : c'est comme s'il ne disait rien, tant qu'il ne confesse pas sa faute.

Mes os se sont consumés. L'interdit caché ronge comme un feu intérieur.

Verset 4
Ta main s'appesantissait sur moi : par des châtiments proprement dits (1 Samuel 5.6), rendus plus douloureux par le malaise intérieur.

Ma vigueur, hébreu : la sève vitale.

Jeu d'instruments. Ici la musique rend plus complète l'impression de douloureux malaise qui vient d'être produite.

Verset 5
Je t'ai fait connaître... La grande résolution est prise et exécutée ; celle de l'enfant prodigue, qui dit : Je me lèverai, et j'irai vers mon père, et je lui dirai J'ai péché !

Je n'ai pas caché, hébreu : Je n'ai pas couvert ; c'est le même mot que verset 1. Tant que le pécheur couvre lui-même sa faute, il empêche Dieu de la couvrir par le pardon.

Et toi... L'action de Dieu, qui pardonne, suit immédiatement celle de l'homme, qui s'accuse. Saint Augustin a dit : La parole n'est pas plus tôt sur les lèvres, que la blessure est guérie dans le cœur. Il faut observer cependant que le pardon n'accompagne la confession que lorsqu'elle est un acte libre de confiance et d'abandon entre les mains de Dieu. Telle ne fut pas la confession de Judas (Matthieu 27.4).

L'iniquité de mon péché : sa culpabilité, qui attire le châtiment. Les épreuves qui frappèrent David dans la suite ne lui apparurent pas comme des signes de l'éloignement de Dieu. Voir Psaumes 3 et 4.

Verset 6
6 à 11
Les suites du pardon, pour tous les hommes pieux, aussi bien que pour le coupable gracié.

Au temps où l'on te trouve : pendant le temps de grâce, avant celui où Dieu ne se laisse plus trouver. Comparez Esaïe 55.6.

De grandes eaux : image des jugements de Dieu. Comparez Esaïe 8.8 ; Nahum 1.8.

Verset 7
Tu es pour moi un asile. A la pensée du danger, le psalmiste fait appel au sentiment intime qu'il a de sa communion avec Dieu.

Tu m'entoures de chants... Où qu'il regarde, il voit moins le danger que l'occasion que lui offrira le danger même de louer Dieu pour ses délivrances.

Verset 8
Dieu répond à la confiance du croyant, en promettant de l'éclairer pour qu'il ne retombe plus dans l'égarement où il a manqué périr.

Mon œil te guidera : il veillera sur toi, et, d'un signe, te dirigera. La conscience, affranchie du poids qui pesait sur elle, retrouve la délicatesse nécessaire pour discerner la volonté de Dieu. Comparez Romains 12.2.

Verset 9
Ne soyez pas... Après l'expérience douloureuse qu'il a faite, le psalmiste invite les fidèles à se laisser diriger par le moindre signe de l'amour divin, pour que Dieu ne soit pas obligé de les ramener sur le chemin de l'obéissance par la pression douloureuse du mors, ainsi que cela lui est arrivé à lui-même.

On le bride avec un frein..., littéralement : on le pare d'un frein. Le mors du cheval est sa parure, mais en même temps le signe et l'instrument de sa sujétion. Au reste le sens de ces mots est discuté. Plusieurs traduisent: On emmuselle sa bouche avec un frein, sans quoi il n'approcherait pas..., ou de peur qu'il ne s'approche. Le premier sens nous semble rentrer mieux dans l'idée générale du passage. Le cheval indompté s'éloigne de son maître, comme le pécheur de son Dieu.

Verset 10
10 et 11
Ces versets forment la conclusion du psaume.

Verset 11
Droits de cœur. Ce dernier mot correspond à la parole du début : pas de fraude (verset 2).



Psaume 138

Posté le 23.03.2008 par auto23652
Lever de soleil sur Jérusalem

Psaume 138

Il y a une analogie entre la fête de Pâques et la fête de Noël que l'on retrouve dans la sagesse de la liturgie Tridentine. Une boucle est faite.


1Au maître de chant. Psaume de David. Yahweh, tu me sondes et tu me connais,
2 tu sais quand je suis assis ou levé, tu découvres ma pensée de loin.
3 Tu m'observes quand je suis en marche ou couché, et toutes mes voies te sont familières.
4 La parole n'est pas encore sur ma langue, que déjà, Yahweh, tu la connais entièrement.
5 En avant et en arrière tu m'entoures, et tu mets ta main sur moi:
6 Science trop merveilleuse pour moi, elle est trop élevée pour que j'y puisse atteindre!
7 Où aller loin de ton esprit, où fuir loin de ta face?
8 Si je monte aux cieux, tu y es; si je me couche dans le schéol, te voilà!
9 Si je prends les ailes de l'aurore, et que j'aille habiter aux confins de la mer,
10 Là encore ta main me conduira, et ta droite me saisira.
11 Et je dis: Au moins les ténèbres me couvriront, et la nuit sera la seule lumière qui m'entoure!..
12 Les ténèbres mêmes n'ont pas pour toi d'obscurité; pour toi la nuit brille comme le jour, et les ténèbres comme la lumière.
13 C'est toi qui as formé mes reins, et qui m'as tissé dans le sein de ma mère.
14 Je te loue d'avoir fait de moi une créature si merveilleuse; tes oeuvres sont admirables, et mon âme se plaît à le reconnaître.
15 Ma substance n'était pas cachée devant toi, lorsque j'étais formé dans le secret, tissé avec art dans les profondeurs de la terre.
16 Je n'étais qu'un germe informe, et tes yeux me voyaient, et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m'étaient destinés, avant qu'aucun d'eux fût encore.
17 O Dieu, que tes pensées me semblent ravissantes! Que le nombre en est grand!
18 Si je compte, elles surpassent en nombre les grains de sable: je m'éveille, et je suis encore avec toi!
19 O Dieu, ne feras-tu pas périr le méchant? Hommes de sang, éloignez-vous de moi!
20 Ils parlent de toi d'une manière criminelle, ils prennent ton nom en vain, eux, tes ennemis!
21 Ne dois-je pas, Yahweh, haïr ceux qui te haïssent, avoir en horreur ceux qui s'élèvent contre toi?
22 Oui, je les hais d'une haine complète, ils sont pour moi des ennemis.
23 Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon coeur; éprouve-moi, et connais mes pensées.
24 Regarde si je suis sur une voie funeste, et conduis-moi dans la voie éternelle.

Ce psaume dont sont tirés plusieurs passages de la Messe de Paques Tridentine a été commenté par Benoît XVI et Jean Paul II
En voici les textes

Ô homme : tu es la gloire de Dieu


"Dieu connaît l’être humain alors même qu’il n’est qu’un tout petit "embryon" et qu’il n’est pas visible aux yeux des autres hommes, et, en raison de la grandeur transcendante de sa connaissance, il envisage déjà son avenir, car tous ses jours sont inscrits dans le livre de vie. "



Psaume 138, 13-16



13. C'est toi qui as formé mes reins,
qui m'as tissé dans le sein de ma mère.



14. Je reconnais devant toi le prodige,
l'être étonnant que je suis :
Etonnantes sont tes oeuvres
toute mon âme le sait.

15. Mes os n'étaient pas cachés pour toi
quand j'étais façonné dans le secret,
modelé aux entrailles de la terre.



16. J'étais encore inachevé, tu me voyais ;
sur ton livre, tous mes jours étaient inscrits,
recensés avant qu'un seul ne soit !

BENOIT XVI

Chers Frères et Sœurs,


" Le psaume 138, hymne sapiential d'intense beauté et passion nous conduit à méditer la réalité la plus élevée et admirable de tout l'univers, l'homme, défini comme le " prodige " de Dieu. (v.14) Il s'agit en réalité d'un thème en syntonie profonde avec le temps de Noël où nous célébrons le grand mystère du Fils de Dieu fait homme pour notre salut".



"Après avoir considéré le regard et la présence du Créateur qui dominent tout l'horizon cosmique - a expliqué Benoît XVI - la deuxième partie du psaume que nous méditons aujourd'hui loue le regard amoureux que Dieu pose sur l'être humain , considéré dès son début plein et complet. Bien qu'encore "informe" dans le ventre maternel, le mot hébraïque utilisé par quelques biblistes renvoie à " l'embryon ", Dieu posait déjà son regard bienveillant et amoureux sur lui ".



"Sur cette merveille de la création, le Seigneur porte un regard d’amour, et il l’entoure de toute sa tendresse dès son origine, dès qu’il est dans le sein maternel; Dieu l’aime, car c’est Lui qui l’a façonné, qui l’a tissé dans le secret. Dieu connaît l’être humain alors même qu’il n’est qu’un tout petit embryon et qu’il n’est pas visible aux yeux des autres hommes, et, en raison de la grandeur transcendante de sa connaissance, il envisage déjà son avenir, car tous ses jours sont inscrits dans le livre de vie. Saint Grégoire le Grand assimile à ce petit être toutes les personnes qui sont faibles dans leur démarche spirituelle, invitant chacune à l’espérance, car le Seigneur accompagne tous les hommes avec amour."



Benoît XVI a rappelé que "le symbole du potier et du tisserand qui "façonne", tisse sa création artistique, son chef d'œuvre, est fréquent dans le psaume et l'idée que Dieu connaît déjà tout l'avenir de cet embryon informe est très puissante . Dans le livre de la vie du Seigneur, sont déjà inscrits les jours que cette créature vivra et comblera d'œuvres pendant son existence terrestre. La grandeur transcendante de la connaissance divine s'impose de nouveau, embrassant non seulement le passé, le présent de l'humanité mais aussi l'arc encore caché du futur".



Le Pape a conclu citant la réflexion de saint Grégoire le Grand sur ce psaume qui représente "une méditation sur ceux qui dans la communauté chrétienne sont plus faibles dans son chemin spirituel". "Bien qu'imparfaits et petits, mais pour ce qu'ils réussissent à comprendre, ils aiment Dieu et le prochain et n'omettent jamais de faire le bien quand ils le peuvent contribuant ainsi à la construction de l'Eglise. C'est un message d'espérance adressé à tous, même à ceux qui avancent avec difficulté sur le chemin de la vie spirituelle ecclésiale".



A la fin de la catéchèse, Benoît XVI a salué les pèlerins dans différentes langues et a rappelé plus particulièrement "ces chères populations touchées il y a un an par le tsunami qui a fait d'innombrables victimes humaines et provoquant d'importants dommages à l'environnement. Prions le Seigneur pour tous ceux qui, également dans les autres régions du monde, ont été victimes de catastrophes naturelles et qui attendent encore notre solidarité concrète".



Je salue cordialement les pèlerins francophones, notamment les membres du Conseil général élargi de la Congrégation de Jésus et Marie, et le groupe de la paroisse Saint-Victor de Meylan. À tous, je souhaite une heureuse et sainte année 2006, avec la Bénédiction apostolique

VIS 051228 (420)



Le psaume 138 loue la beauté, le prodige et la merveille de l’être humain qui s’en étonne lui-même.

Le pape Jean-Paul II, a également commenté le Ps. 138 dans son encyclique Veritatis Splendor. ( Veritatis Splendor - Jean- Paul II)


"Instruite par les paroles du Maître, l'Eglise croit que l'homme, fait à l'image du Créateur , racheté par le sang du Christ et sanctifié par la présence du Saint-Esprit, a comme fin ultime de son existence d'être « à la louange de la gloire » de Dieu (cf. Ep 1, 12), en faisant en sorte que chacune de ses actions soit le reflet de sa splendeur. « Donc, connais-toi toi-même, ô belle âme : tu es l'image de Dieu , écrit saint Ambroise. Connais-toi toi-même, ô homme : tu es la gloire de Dieu (1 Co 11, 7). Ecoute de quelle manière tu en es la gloire. Le prophète dit : ta sagesse est devenue admirable, car elle provient de moi (Ps 138, 6), c'est-à-dire que, dans mes œuvres, ta majesté est la plus admirable, ta sagesse est exaltée dans le cœur de l'homme. Alors que je me regarde moi-même, que tu scrutes mes pensées secrètes et mes sentiments profonds, je reconnais les mystères de ta science. Donc, connais-toi toi-même, ô homme, et tu découvriras combien tu es grand, et veille sur toi . .. ».




Psaumes dans le Christ

Posté le 21.03.2008 par auto23652
LE CHRIST EST PSAUME

Isaïe 52, 13-53, 12 ; Hébreux 4, 12-16 et 5, 7-9 ; Jean 18, 1-19, 42

Vendredi Saint


Homélie du Frère Bernard MAITTE



Lorsque la Parole se fait corps, lorsque le Verbe se fait chair, alors, le corps devient cri, la chair devient prière. L'épître aux Hébreux dit de Jésus qu'Il a présenté avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort. Lorsque l'on médite sur les récits de la Passion, nous pouvons être frappé par des choses qui reviennent régulièrement, à savoir : les citations de psaumes. Ainsi, de la citation la plus connue dans la passion selon saint Matthieu : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ", le début du psaume 21, à celle que nous allons entendre dans la passion selon saint Jean qui est une parole qui culmine dans le même psaume et le psaume 68 : " J'ai soif ! "
Jésus cite les psaumes. Pourquoi ? Parce qu'Il les connaît par cœur, Il est né dans un peuple façonné par les psaumes. Un peuple qui ne peut pas se faire d'images de Dieu, qui ne peut pas se satisfaire de représentation de Dieu sous peine d'idolâtrie et où tout art est à peu près exclu, en tout cas, l'art figuratif. C'est pourquoi, le peuple d'Israël a cultivé au plus haut point l'art de la parole poétique, c'est-à-dire le psaume. Vous le savez, ces psaumes que nous récitons, que nous chantons, ces psaumes souvent étranges, ces psaumes qui peuvent bousculer, car si certains disent : J'étais dans la joie quand j'allais vers les parvis du Seigneur, et si d'autres évoquent une sorte de douceur : Le Seigneur est mon berger, ou encore de confiance : Ma lumière et mon salut, c'est le Seigneur, il en est d'autres plus terribles. Il est des psaumes qui disent la détresse et l'angoisse : Du fond de l'abîme, je crie vers toi Seigneur. Il y en a même qui vont encore beaucoup plus loin et qui demandent à ce que l'ennemi, celui qui m'a fait du mal, soit anéanti : Traite-le comme un fétu en proie au vent… remplis-le d'épouvante. Un peuple, donc, façonné dans la relation à Dieu par cet art le plus extrême de la poésie. Et Jésus est né dans un peuple qui sait prier. Lorsqu'Il dit les psaumes sur la croix, Il dit la prière de tout un peuple, d'un peuple de l'alliance.
Pourquoi Jésus dit-Il ces psaumes ? Nous pourrions penser aussi que de manière très claire et pourtant extraordinaire, Il accomplit ces psaumes. Il suffit de relire le psaume 21, et les évangélistes dont Jean en particulier, l'ont bien saisi, pour retrouver une concordance inimaginable entre ce que dit ce psaume et ce que vit le Christ : Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l'ont tiré au sort… tous ceux qui me voient me bafouent, leur bouche ricane, ils hochent la tête : 'Qu'il s'en remette à Dieu, qu'il le délivre ! qu'il le libère, puisqu'il l'aime !...Comme l'eau je m'écoule et tous mes os se disloquent…. Le psaume 21 qui est mis dans la bouche de Jésus nous dit que Jésus accomplit les Écritures. Il accomplit tout ce qui a été écrit depuis le début : Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre, et Il dit : que la lumière soit. Jésus accomplit cette Écriture : " Je suis la lumière du monde ". Jésus, flambeau qui brûle sur la croix. Il accomplit toutes les Écritures et en citant le psaume, Il cite l'Écriture par excellence, l'art de la Parole portée à son ultime incandescence. Il accomplit ces psaumes comme Il accomplit cette Parole, ce poème.
Pourquoi Jésus dit-Il des psaumes ? Pas simplement parce qu'Il les connaît, pas simplement pour accomplir l'Écriture, mais parce qu'Il est lui-même " psaume ", Il est lui-même poème, Il est lui-même Cantique, Il est lui-même chant d'amour dans sa propre chair. La Parole, le psaume s'est fait chair, et la chair du Christ dit à la fois, toute la détresse, toute l'angoisse, et son corps la Parole qui l'habite. Psaume incarné qui dit ainsi l'intérieur de ce qu'est cette parole, car lui-même est Parole de Dieu. Et cette Parole qui va bientôt se taire et entrer dans le grand silence, c'est une parole qui se dit désormais dans un corps qui dit : " J'ai soif ". Dans une chair qui crie dans la détresse et dans les larmes son amour et son désir, s'adressant à Dieu, comme à l'humanité. Si le psaume est la plus belle des relations entre Dieu et l'humanité, alors Jésus est vraiment psaume. Il dit par excellence comme Il le vit, comme Il est dans la réalité, dans le tissu même de son existence et de son identité l'ultime parole qui est une Parole faite chair, une chair qui dit la Parole de Dieu et qui dit cet amour si proche et si angoissé, un corps qui parle poésie.
Peut-être aussi Jésus cite-t-Il de manière privilégiée ce psaume 21, dont on sait que lorsque le début est prononcé, même si chez saint Jean on n'entend pas ce début, c'est pour arriver à proclamer à la fin du psaume : Je te louerai dans la grande assemblée. Autrement dit, quand la Parole de Dieu se fait encore entendre aujourd'hui, elle passe par cette réalité où Dieu ne fait plus de discours, comme Il n'en a d'ailleurs jamais fait mais " est " ce qu'il " dit ". Dieu est Parole, Dieu est psaume. Peut-être Jésus pense-t-il à ce Cantique de Marie : Mon âme exalte le Seigneur. Âme exaltée sur la croix d'un corps qui ouvre les bras vers le ciel. Oui, sur la croix, Il a élevé les humbles, Il a renversé les superbes de leur trône, Il comble de biens les affamés, lui qui a si soif. Il se souvient de sa promesse faite à Abraham, mais c'est bien Lui le fils de la promesse, et à sa descendance à jamais, et sa descendance pour toujours : c'est nous.
Jésus est psaume. Jésus est prière, Jésus est Cantique. Le plus grand des psaumes dans la Bible, c'est le Cantique des Cantiques, le chant des chants, le psaume par excellence. Le chant d'amour, le psaume d'amour, c'est celui de l'Époux, le Christ ; et Jésus aujourd'hui ne meurt plus, car son épouse accepte tout simplement de répondre à l'Époux comme dans le Cantique des Cantiques. Et lorsque le psaume fait chair, quand son corps lui-même a dit toute la réalité de l'humanité et de l'Alliance, quand sa vie est cantique, alors, Lui, Parole de Dieu dans notre corps fait retentir son chant d'amour ; et Il nous laisse sa Parole, en notre corps ainsi aimé, Il nous laisse son Cantique. Alors aujourd'hui, l'Église dit : N'éveillez pas mon Amour avant l'heure de son bon plaisir.

AM








Psaume 14

Posté le 20.03.2008 par auto23652
PSAUME QUATORZIÈME (13)

“ JÉSUS ” D’ISRAËL


La dédicace de ce psaume, « À David, maître de chant », le situe dans le même contexte que les précédents : celui des persécutions et divisions du retour de l’Exil. Il est un acte d’espérance dans l’avènement du Messie qui doit naître de Sion et restaurer Israël.

1. Au maître de chant, à David.

Nabal a dit dans son cœur : « Point de Dieu ! » Ils s’abaissent, s’enténèbrent en leur “ haut fait ”. Pas un ne fait le bien.

2. Yahweh, du haut du ciel, se penche sur les fils d’Adam pour voir s’il en est un d’intelligent, un qui cherche Élohim.

3. Tous, en se détournant de Lui, se sont corrompus ; pas un ne fait le bien, non pas un seul.

4. Ne savent-ils pas, tous les artisans d’iniquité, qu’en mangeant mon peuple, ils mangent le pain de Yahweh ? N’ont-ils pas lu ?

5. Là, ils tremblèrent d’épouvante parce que Élohim était avec la génération sainte.

6. Vous vous moquez du projet de l’humilié, parce que Yahweh est son refuge.

7. Qui fera sortir de Sion le salut d’Israël ? Lorsque Yahweh changera le sort de son peuple, Jacob exultera, Israël sera dans la joie !

Verset 1. Nabal est traduit ordinairement par un nom commun : « l’insensé ». Mais l’hébreu n’a pas d’article. Sujet du verbe, Nabal est donc le nom propre de l’homme du même nom, archétype de tous les “ impies ”, “ insensés ”, “ abrutis ” qui disent en leur cœur qu’il n’y a pas de bon Dieu ! Le Livre de Samuel raconte comment cet homme agit envers David comme si Dieu n’existait pas, injuriant celui qui était l’oint de Yahweh, et refusant de le ravitailler, lui et sa troupe, au temps où il errait en chef de bande méprisé. David, courroucé, s’apprêtait à châtier Nabal comme il le méritait, lorsque s’interposa Abigayil, prophétesse inspirée du Dieu vivant et de ses promesses, épouse de « ce vaurien..., car il porte bien son nom : il s’appelle Nabal et l’infamie s’attache à lui » (1 S 25, 25).

C’est de lui que le prophète Isaïe a écrit : « Il dit des insanités et son cœur s’adonne au mal en pratiquant l’impiété, en tenant sur Yahweh des propos aberrants, en laissant l’affamé sans nourriture ; il refuse la boisson à celui qui a soif. » (Is 32, 6) Nabal est la personnification de l’humanité pécheresse. C’est pourquoi le psalmiste passe soudain de ce cas singulier au pluriel : « Ils s’abaissent, s’enténèbrent en leur “ haut fait ” » opposé aux “ hauts faits ” de Yahweh (Ps 9, 12). Qui “ ils ” ? Le verset suivant va le dire : les fils d’Adam. C’est-à-dire tout le monde... Tous coupables devant Dieu dira saint Paul dans l’Épître aux Romains.

Verset 2. Le verbe hébreu “ šâkal ” signifie avoir l’intelligence des choses divines. L’Inconnu de l’Exil annonce que ce don est promis au Messie : « Voici que mon Serviteur sera intelligent. Il se lèvera, grandira et sera prodigieusement exalté. » (Is 52, 14) Le contraste de l’ « intelligence » du Messie à venir avec la surdité et l’infidélité d’Israël est déjà tout entier précontenu dans le contraste entre Nabal et Abigayil qui, précisément, était « pleine d’intelligence [ šèkhèl ] et belle à voir » (1 S 25, 3). Apprenant l’affront fait à David par son mari, elle s’empressa d’accourir au-devant de l’oint du Seigneur outragé pour intercéder en faveur de sa maison, préfigurant de cette façon la Vierge Marie, médiatrice de toutes grâces, au milieu d’un monde entièrement corrompu.

Verset 3. Le psalmiste regarde autour de lui, ou plutôt : il voit Yahweh se pencher du haut du ciel et constater que, comme au temps du Déluge et de la tour de Babel, comme au temps de Sodome et Gomorrhe, il ne se trouve pas un seul juste capable d’attirer la miséricorde divine. Et aujourd’hui, en nos temps d’apostasie, il en va de même...

Avant l’Exil, le prophète Jérémie avertissait ainsi Jérusalem : « Parcourez les rues de Jérusalem, regardez donc, renseignez-vous, cherchez sur ses places si vous découvrez un homme, un qui pratique le droit, qui recherche la vérité : alors je pardonnerai à cette ville. » (Jr 5, 1) Il ne s’en est pas trouvé au temps du prophète Jérémie, mais pas davantage au retour de l’Exil. Le psalmiste le constate amèrement : « Tous se sont corrompus ». Jérusalem serait-elle devenue comme Sodome au temps de la Genèse, lorsque Abraham intercédait en vain pour elle auprès de Yahweh ?

Entre les versets 3 et 4 de la version hébraïque, la Septante et la Vulgate comportent un ajout qui revêt une grande importance du fait de son insertion par saint Paul dans l’Épître aux Romains (3, 13-18).

« Leur gosier est un sépulcre béant,

leur langue trame la ruse.

Un venin d’aspic est sous leurs lèvres,

la malédiction et l’aigreur emplissent leur bouche.

Agiles sont leurs pieds à verser le sang ;

ruine et misère sont sur leurs chemins.

Le chemin de la paix, ils ne l’ont pas connu,

nulle crainte de Dieu devant leurs yeux. »

Dans l’Épître aux Romains, ces versets se présentent comme faisant suite aux versets 1 à 3 du psaume 14. Ils fournissent à saint Paul son grand argument, selon lequel « tout ce que dit la Loi, elle le dit pour ceux qui sont sous la Loi, afin que toute bouche soit fermée, et le monde entier reconnu coupable devant Dieu » (Rm 3, 19). Aux yeux de l’Apôtre, ces versets sont donc un résumé de « la Loi », ce mot désignant l’ensemble de l’Ancien Testament, comme nous l’avons expliqué (Ps 1, 2 ; Il est ressuscité no 18, janvier 2004, p. 25). De fait, ces quelques versets résument toute l’histoire des origines, depuis la faute originelle commise à l’instigation du serpent venimeux, le plus rusé des animaux : après le péché originel, vient l’assassinat d’Abel par Caïn, évoqué ici, puis une corruption universelle.

L’image du « sépulcre béant » rappelle la révolte de Coré contre l’autorité de Moïse et d’Aaron, au temps de l’Exode. Déjà appliquée à l’aire d’un temple schismatique (Ps 5, 10), l’image évoque ici le « gosier » de ceux qui disent qu’il n’y a pas de Dieu.

4. Ne savent-ils pas, tous les artisans d’iniquité, qu’en mangeant mon peuple, ils mangent le pain de Yahweh ? N’ont-ils pas lu ?

Ce verset est une reprise d’un oracle du prophète Michée contre les mauvais chefs du peuple, qui ne gouvernent pas selon les desseins de Yahweh et oppriment le peuple : « Ils mangent la chair de mon peuple, ils arrachent la peau de dessus eux, et leurs os, il les brisent. Ils les découpent comme viande dans la marmite, comme chair en plein chaudron. » (Mi 3, 3)

On reconnaît les faux frères samaritains qui, au retour de l’Exil, dominaient Jérusalem en ruine, entravant de tout leur pouvoir la restauration du Temple et de la nation qu’ils mettaient au pillage. Pourtant, « n’ont-ils pas lu » comment « le sol se fendit sous leurs pieds, la terre ouvrit sa bouche et les engloutit, eux et leurs familles, ainsi que tous les hommes de Coré et tous ses biens » (Nb 16, 31-32).

5. Là, ils tremblèrent d’épouvante parce que Élohim était avec la génération sainte.

« À leurs cris, tous les Israélites qui se trouvaient autour d’eux s’enfuirent. Car ils se disaient : “ Que la terre ne nous engloutisse pas ! ” » (Nb 16, 33-34) Ainsi en va-t-il des Samaritains qui ont rompu l’alliance avec Yahweh, érigeant temple contre Temple, à la ressemblance de Coré contestant l’autorité de Moïse et d’Aaron jadis, au désert. Les Samaritains n’appartiennent pas à « la génération sainte », puisqu’ils sont une population d’Israélites mélangée avec les colons transférés de divers pays au temps de l’invasion assyrienne, ayant amené avec eux leurs dieux et leurs coutumes.

6. Vous vous moquez du projet de l’humilié, parce que Yahweh est son refuge.

C’est la définition de l’humilié (‘anî), il trouve son refuge en Dieu, selon la prophétie de Sophonie, datée de 612 : « Je ne laisserai subsister en ton sein qu’un peuple humble et modeste, et c’est dans le nom de Yahweh que cherchera refuge le reste d’Israël. » (So 3, 12)

7. Qui fera sortir de Sion le salut d’Israël ? Lorsque Yahweh changera le sort de son peuple, Jacob exultera, Israël sera dans la joie !

“ Sion ” est le nom de Jérusalem, capitale du royaume de Juda, “ Israël ” désigne ici le royaume du Nord, dont la capitale est Samarie. Le psalmiste commence par s’adresser à ce dernier. Le « salut d’Israël », qui se traduit aussi bien le « Jésus d’Israël » (yeshû‘at yisra’el ), doit venir de Sion, c’est-à-dire de Jérusalem, selon qu’il est écrit : « De Sion vient la Loi et de Jérusalem la parole de Yahweh. » (Is 2, 3) Jésus le redira à la Samaritaine : « Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs » (Jn 4, 22), habitants de Juda.

Mais le salut de tous est certain, selon cette promesse du prophète Jérémie : « Car voici venir des jours, oracle de Yahweh, où je ramènerai les captifs de mon peuple Israël et Juda, dit Yahweh, je les ferai revenir au pays que j’ai donné à leurs pères et ils en prendront possession. » (Jr 30, 3) Jérémie s’adressait alors à l’Israël du Nord, déporté depuis cent ans, quand Josias entreprenait la reconquête de la Samarie et de la Galilée. L’espoir naquit alors d’un retour des exilés de 721 dans le royaume de David restauré dans son ensemble. Cette annonce du retour fut ensuite étendue au royaume de Juda lorsqu’il fut à son tour conquis et déporté :

« Ainsi parle Yahweh Sabaoth, le Dieu d’Israël. On dira encore cette parole au pays de Juda et dans ses villes quand je ramènerai leurs captifs : “ Que Yahweh te bénisse, toi, demeure de justice, toi sainte montagne ! ” » (Jr 31, 23)

Ainsi, les oracles de Jérémie, prononcés au temps de Josias, entre 622 et 609, retrouvent toute leur actualité dramatique dans les siècles qui suivent le retour d’Exil. De Sion restaurée, le salut s’étendra à Jacob, c’est-à-dire au reste de la Palestine, encore aux mains des Samaritains, personnifiés par Nabal.

« Qui fera sortir de Sion le Jésus d’Israël ? » La Vierge qui doit enfanter (Is 7, 14) est la personnification de Sion. C’est de la Vierge Marie que doit « sortir le Jésus d’Israël »... Les psaumes sont un protévangile. Le dernier mot évoque, par le verbe yagèl, le nom d’Abigayil, cette autre femme qui vint au-devant de David comme la Samaritaine viendra au-devant de Jésus : « Jacob exultera », yagèl ya‘akob. Ainsi le chapitre 4 de l’Évangile de saint Jean répond-il à l’attente de ce psaume : la rivalité entre Jérusalem et Samarie transparaît d’abord dans les paroles de la Samaritaine, puis l’aspiration au Messie qui restaurera l’unité du peuple élu :

« La femme lui dit : “ Je sais que le Messie doit venir, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, il nous dévoilera tout. ” Jésus lui dit : “ Je suis, moi, celui qui te parle. ” » (Jn 4, 25-26)

frère Bruno de Jésus.

Psaume 68

Posté le 19.03.2008 par auto23652
Psaume 68,


1 Au maître de chant. Psaume de David. Cantique.
2 Que Dieu se lève, et que ses ennemis soient dispersés, et que ceux qui le haïssent fuient devant sa face!
3 Comme se dissipe la fumée, dissipe-les; Comme la cire se fond au feu, que les méchants disparaissent devant Dieu!
4 Mais que les justes se réjouissent et tressaillent devant Dieu; qu'ils soient transportés d'allégresse .
5 Chantez à Dieu, célébrez son nom! Frayez le chemin à celui qui s'avance à travers les plaines! Yahweh est son nom; tressaillez devant lui!
6 Il est père des orphelins et juge des veuves, Dieu dans sa sainte demeure.
7 Aux abandonnés Dieu donne une maison; il délivre les captifs et les rend au bonheur; seuls les rebelles restent au désert brûlant.
8 O Dieu, quand tu sortais à la tête de ton peuple, quand tu t'avançais dans le désert, - Séla.
9 la terre fut ébranlée, les cieux eux-mêmes se fondirent devant Dieu; le Sinaï trembla devant Dieu, le Dieu d' Israël.
10 Tu fis tomber, ô Dieu, une pluie de bienfaits; ton héritage était épuisé, tu le réconfortas.
11 Envoyés par toi, des animaux vinrent s'y abattre; dans ta bonté, ô Dieu, tu prépares leur aliment aux malheureux.
12 Le Seigneur a fait entendre sa parole; les femmes qui annoncent la victoire sont une troupe nombreuse.
13 "Les rois des armées fuient, fuient, et celle qui habite la maison partage le butin."
14 Quand vous étiez couchés au milieu des bercails, les ailes de la colombe étaient recouvertes d'argent, et ses plumes brillaient de l'éclat de l'or.
15 Lorsque le Tout-Puissant dispersait les rois dans le pays, la neige tombait sur le Selmon.
16 Montagne de Dieu, montagne de Basan, montagne aux cimes élevées, montagne de Basan
17 pourquoi regardez-vous avec envie, montagnes aux cimes élevées, la montagne que Dieu a voulue pour séjour? Oui, Yahweh y habitera à jamais!
18 Le char de Dieu, ce sont des milliers et des milliers; le Seigneur vient du Sinaï dans son sanctuaire
19 Tu montes sur la hauteur emmenant la foule des captifs; tu reçois les présents des hommes, Même les rebelles habiteront près de Yahweh Dieu:
20 Béni soit le Seigneur! Chaque jour il porte notre fardeau; il est le Dieu qui nous sauve. - Séla.
21 Dieu est pour nous le Dieu des délivrances; Yahweh, le Seigneur, peut retirer de la mort.
22 Oui, Dieu brisera la tête de ses ennemis, le front chevelu de celui qui marche dans l'iniquité.
23 Le Seigneur a dit: " Je les ramènerai de Basan, je les ramènerai du fond de la mer,
24 afin que tu plonges ton pied dans le sang; et que la langue de tes chiens ait sa part des ennemis."
25 On voit tes marches, ô Dieu, les marches de mon Dieu, de mon roi, au sanctuaire.
26 En avant sont les chanteurs, puis les musiciens, au milieu, des jeunes filles battant du tambourin.
27 "Bénissez Dieu dans les assemblées, le Seigneur, vous qui êtes de la source d'Israél."
28 Voici Benjamin, le plus petit, qui domine sur eux; voici les princes de Juda avec leur troupe, les princes de Zabulon, les princes de Nephthali.
29 Commande, ô Dieu, à ta puissance, affermis, ô Dieu, ce que tu as fait pour nous.
30 A ton sanctuaire, qui s'élève au-dessus de Jérusalem, les rois t'offriront des présents.
31 Menace la bête des roseaux, la troupe des taureaux avec les veaux des peuples; afin qu'ils se prosternent avec des pièces d'argent. Disperse les nations qui se plaisent aux combats!
32 Que les grands viennent de l'Egypte, que l'Ethiopie s'empresse de tendre les mains vers Dieu.
33 Royaumes de la terre, chantez à Dieu, célébrez le Seigneur! - Séla.
34 Chantez à celui qui est porté sur les cieux, les cieux antiques.
35 Reconnaissez la puissance de Dieu! Sa majesté est sur Israël, et sa puissance est dans les nuées.
36 De ton sanctuaire, ô Dieu, tu es redoutable! Le Dieu d' Israël donne à son peuple force et puissance. Béni soit Dieu.

Traduction en français du Chanoine Crampon, édition numérique par Jesusmarie.com

Commentaire

Il y a un portrait de Dieu qui nous attire dans ce psaume. « Père des orphelins, défenseur des veuves! À l’isolé Dieu accorde une maison; aux captifs, il rend la liberté. (vv. 6-7). Voilà un avant goût des béatitudes : « Heureux les pauvres car le Royaume des cieux est à eux! » (Matthieu 5, 3) Le Seigneur est venu à la rencontre de ceux qui sont dans une situation de détresse pour les consoler et leur apporter du réconfort.

On voudra bien noter le triple palier vertical qui est décrit dans la représentation du cosmos. Au plan inférieur, le désert plat. Le Dieu de la sortie d’Égypte chevauchant les nuées et descendant au ras du sol. (v. 5). Au plan intermédiaire, le sanctuaire sur la colline, à mi-chemin entre ciel et terre qui est le lieu de la célébration liturgique du salut par le chant (v. 18). Au plan supérieur, la demeure céleste de Dieu où il chevauche dans la sphère inaccessible des cieux primordiaux. (vv. 33-34)

À ce triple palier spatial correspond une triple étape chronologique : le passé au Sinaï au tout début de l’histoire d’Israël en tant que peuple; le présent au temple, lieu de l’actualisation permanente de l’aide de Dieu pour celui qui prie; et le futur du rêve ou de l’espoir du croyant uni à tous les peuples sous l’égide du Dieu de la nature.

On voit se profiler l’évocation du mystère de la résurrection du Christ à Pâques. Comme la sortie d’Égypte sert de prototype à toute expérience du salut, on est tout à fait autorisé à appliquer la sortie de Dieu en avant de son peuple (v. 8) à l’exode du Christ qui passe à travers le désert de la mort, c’est-à-dire sa sortie du tombeau. Le tremblement de terre (v. 8) rappelle le tremblement de terre au Sinaï et surtout celui du récit de la mort et de la résurrection en saint Matthieu (Mt 27,51-54).

« Les messagères » sont les annonciatrices de la victoire des forces ennemies (v. 12). Faisons le lien avec les femmes croyantes choisies comme premiers témoins du Ressuscité, qui annoncent la déroute définitive de l’Ennemi. Préfiguration du Golgotha, le Mont-Sombre (v. 15), porteur de l’ombre de la mort, se couvre de blanche neige, couleur de la pleine lumière et donc de la vie retrouvée. Les « sources d’Israël » (v. 27) forment le point de départ de la procession du peuple vers le temple de Jérusalem (v. 30), explicitement nommé. En relecture pascale, la source du nouvel Israël qu’est l’Église émane du nouveau temple, le corps de Jésus suspendu sur la croix (voir Jean 19,34)

« Le Seigneur a dit : « Je les ramène des abîmes de Basan, je les ramène des abîmes de la mer. » (v. 23). Ce verset donne prise à une application psychologique. Si l’on interprète le sommet de l’orgueilleux Basan comme le symbole de l’exaltation du moi conscient, et « les gouffres de la mer » en référence aux profondeurs de l’inconscient, on peut relire le parallélisme bipolaire du verset comme une affirmation de la victoire du Seigneur, par sa Parole toute-puissante sur toutes les formes du mal psychologique humain, tant conscient qu’infra-conscien


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Psaume 120

Posté le 02.03.2008 par auto23652
Psaume 120

1 Cantique des pèlerinages. A l'Éternel, dans la détresse où j'étais, J'ai crié, et il m'a répondu.
2 Eternel, arrache mon âme à la lèvre menteuse, A la langue perfide !
3 Que te donnera-t-il et qu'y ajoutera-t-il, Langue perfide ?
4 Les flèches du guerrier, flèches acérées, Avec les charbons ardents du genêt.
5 Que je suis malheureux de séjourner en Mésec, D'habiter parmi les tentes de Kédar !
6 Mon âme en a assez d'habiter Avec qui hait la paix !
7 Je suis homme de paix, et, dès que je parle, Les voilà à la guerre.




Psaume 120 :Israël au milieu des Gentils.

[i]Ce psaume exprime les soupirs d'un Israélite habitant au milieu d'un peuple infidèle et barbare et ceux d'Israël lui-même en butte à l'hostilité des Gentils. (Bovet)
Sans faire aucunement. allusion aux fêtes de Jérusalem, il fait comprendre à quel besoin profond répondaient ces solennités, dans lesquelles Israël reprenait conscience de lui-même, comme peuple de l'Éternel.[/i]

Verset 1
Les délivrances du passé.

Il m'a répondu. Avant d'exposer à Dieu sa triste. situation, le fidèle pense avec reconnaissance aux exaucements d'autrefois.



Verset 2
2 à 4
Les calomniateurs.

Arrache mon âme. L'hébreu hattsil est le mot propre pour signifier : arracher à une bête féroce sa proie (1 Samuel 17.35). La lèvre du menteur et la langue du calomniateur dévorent leur victime comme la gueule d'une bête féroce (Bovet). Le dernier verset du psaume précédent comparait Israël à une brebis perdue ; notre psalmiste voit cette brebis déjà livrée à la gueule du loup.

Verset 3
Que te donnera-t-il...? S'adressant aux ennemis d'Israël, le psalmiste leur annonce le châtiment divin. Le pronom il désigne ici l'Éternel, comme l'indique l'expression : il donnera et il ajoutera, qui est une sorte de formule sacramentelle annonçant une rémunération divine ; cette rémunération comporte la plus grande mesure possible, soit de récompense, soit de châtiment (Ruth 1.17 ; 1 Samuel 3.17 ; 1 Rois 19.2 ; Luc 6.38).

Verset 4
Les flèches..., les charbons... C'est ici la double réponse à la double question du verset précédent : Que donnera-t-il, qu'ajoutera-t-il ? Tel péché, tel châtiment. La langue est comparée parfois à une flèche (Psaumes 64.4), parfois à un feu (Proverbes 16.27) ; la langue trompeuse perce, elle sera percée ; elle brûle, elle sera brûlée. Les anciens jetaient sur les villes assiégées, pour les incendier, des flèches chargées de braises. Comparez Ephésiens 6.16, la mention des traits enflammés du malin.



Verset 5
5 à 7
Les barbares.

Le ton de la première strophe a été celui de la menace et du triomphe ; le psalmiste revient ici à la triste situation des Israélites entourés de populations hostiles. Remarquer ici l'emploi du procédé littéraire, fréquent dans les psaumes des Maaloth, qui consiste à reprendre l'expression saillante d'un verset, pour en faire le point de départ du versa suivant :

Que je suis malheureux d'habiter parmi...
Mon âme en a assez d'habiter

Avec qui hait la paix,
Je suis homme de paix...

Delitzsch a même cherché dans cette forme littéraire l'explication du terme de Maaloth (montées). La pensée s'élève comme de degré en degré vers son but. Mais ce genre de composition ne se trouve pourtant pas dans tous les psaumes des Maaloth ; il ne saurait par conséquent leur avoir donné leur nom.

Mésec (Caucase) : les représentants des barbares du Nord.

Kédar (Arabie) désigne ceux du Sud. Ces deux noms ensemble rappellent, soit au propre, soit au figuré, les peuples au milieu desquels sont dispersés un grand nombre d'Israélites.

Verset 7
Je suis homme de paix. L'étranger haineux prête à l'Israélite paisible les dispositions hostiles qui l'animent lui-même ; avant même qu'il ait parlé (littéralement : Lorsque je vais parler), on l'accuse déjà d'avoir dit du mal.

Ce psaume, avec sa menace et sa plainte, est resté l'expression des sentiments du peuple de Dieu vis-à-vis du monde idolâtre. Nous avons ici comme l'adieu menaçant jeté aux nations étrangères, dont les Juifs de la dispersion ont eu tant à souffrir, l'effort du sentiment religieux pour se dégager d'un entourage profane et pour s'élever à la rencontre du Dieu vivant.

Psaume 121

Posté le 02.03.2008 par auto23652
Psaume 121 : « Ma confiance dans le secours de Dieu »

par Christian Eeckhout

Il est bon de mettre à nouveau notre confiance totale en Dieu, tant il nous est parfois difficile de tenir dans les épreuves humaines. Tant est grande la pression de la société actuelle sur le besoin de sécurité…parfois bien illusoire en ce monde.

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Le psaume 121 appartient, lui aussi, à la collection des cantiques pour les montées (Ps 120-134), que les pèlerins chantaient en marchant vers Jérusalem aux trois grandes fêtes, ou que priaient les lévites en gravissant les degrés du Temple du Dieu d’Israël.

Nous verrons qu’il place l’accent sur Dieu comme étant vraiment le meilleur secours, un gardien sans faille qui mérite notre confiance pleine et entière.

Le Texte : Cantique pour les montées.

Je lève les yeux vers les montagnes : Mon secours, d’où viendra-t-il ?
Le secours me vient de Yahvé qui a fait le ciel et la terre.
Qu’il ne laisse chanceler ton pied ! qu’il ne dorme, ton gardien !
Vois, il ne dort ni ne sommeille, le gardien d’Israël.

Yahvé est ton gardien, ton ombrage, Yahvé à ta droite.
De jour, le soleil ne te frappe, ni la lune en la nuit.

Yahvé te garde de tout mal, il garde ton âme.
Yahvé te garde au départ, au retour, dès lors et à jamais.

Trad. © La Bible de Jérusalem

Commentaire :

« Les montagnes ». Oui, elles sont nombreuses au pays de la Bible, depuis le mont Sinaï au sud, jusqu’à l’Hermon et la haute Galilée au nord, avec les monts de Samarie et de Judée au centre de la région. Tout comme elles nous appellent à lever les yeux, elles veulent aussi élever l’esprit du croyant. Dans la pensée biblique, elles sont la marque d’une élévation spirituelle de l’auteur. Les montagnes introduisent une parole de grande hauteur d’âme, une réalité spirituelle de haute importance.

De plus, dans la Bible, le Dieu qui fait route avec les siens comme un pasteur avec son troupeau est surnommé « le Dieu montagnard » (El-Shaddai) par les patriarches, ou encore « le Dieu très-haut » (El-Elyôn).

Le psalmiste précise de quel Dieu il s’agit pour lui : le seul secours de la créature vient de son créateur : le Seigneur qui a fait le ciel et la terre. Un autre cantique des montées, le Ps 124,8 dira de même que le secours de la créature est dans le nom du Dieu créateur. Ce Dieu est écrit quatre fois au moyen du tétragramme YHWH qui est le nom propre du Dieu révélé, selon la tradition élohiste, à Moïse dans l’épisode du buisson ardent (Ex 3,13-14). Le nom caractérise l’être actif, efficace et dynamique qui est là pour sauver le peuple d’Israël, surtout lorsqu’il est opprimé dans sa liberté religieuse.

On parle tant de sécurité dans tous les domaines … mais concrètement, je peux toujours trébucher, ou même être surpris dans mon sommeil. Alors le psalmiste cherche la parade en ces occasions. Il nous appelle à voir que celui qui veille en permanence c’est celui-là qui protège son peuple : c’est « le gardien d’Israël » (v.4). YHWH garde Israël : cette réponse à la question initiale va être reprise quatre fois dans la seconde partie du cantique, utilisant le rythme graduel et devenant à nouveau très personnel.

En premier lieu, « Le Seigneur est ton gardien », là même où tu vis, quel que soit l’environnement astral et sa puissance, comme le chantait déjà le prophète Isaïe dans l’hymne d’action de grâce au Seigneur : « Car tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le malheureux plongé dans la détresse, un abri contre la pluie, un ombrage contre la chaleur » (Is 25,4). Le livre de l’Apocalypse reprendra cette figure de l’ombrage contre les feux du soleil en parlant de la préservation des serviteurs de Dieu (cf. Ap 7,15-17).

Cette allégorie de l’ombre protectrice pour parler de la présence de Dieu se retrouve encore en Is 49,10. La présence située « à la droite », c’est-à-dire à la place favorable (cf. Ps 110,5), est déjà vue par le psalmiste pour parler de Dieu comme sauveur du pauvre au Ps 109,31 et comme guide et conseiller aux Ps 16,8 et 73,23.

En deuxième lieu, « le Seigneur te garde de tout mal » : ce qui revient à affirmer la protection contre tout ce qui s’oppose à Dieu. Dès lors que la confiance est placée en Lui, le mal ne peut gagner du terrain en nous.

Ensuite « Il garde ton âme », ton esprit, le souffle de vie, ta personne donc. Après le danger des astres et du mal externe, la protection s’étend au caractère interne, à l’existentiel, au fond de l’être. (Ps 121, 7b = Ps 97,10b).

Enfin, quels que soit notre parcours, les allées et venues, les déplacements en somme,
Pour le psalmiste confiant en Dieu, le Seigneur est celui qui garde ou protège en permanence, dans la durée des jours.

Le psaume 121 chante donc que contre le mal extérieur comme à l’intérieur, dans l’espace et dans le temps, le Seigneur veille, protège et garde la créature qui met en Lui sa confiance. C’est en même temps un appel à Dieu pour qu’Il protège les siens contre tout danger sur les chemins de pèlerinage.

Pour les chrétiens en route vers la Jérusalem du Ciel, pour les baptisés, temples de l’Esprit-Saint, il devient chant de bénédiction de Dieu sur la route de la vie conduisant au Royaume. Le psaume 121 se fait prière de confiance assurée au Christ, vainqueur du monde et du mal, qui nous dit : « Dans le monde, vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! Moi, j’ai bel et bien vaincu le monde. » (Jn 16,33b). Ayant traversé l’épreuve de la croix, Jésus ressuscité est le vrai pasteur, le protecteur fidèle pour toujours.

Le psaume 121 dans la liturgie


Dans le rite tridentin ce psaume est central le 4 eme dimanche de Carème.

Depuis la réforme du deuxième Concile œcuménique de Vatican, la liturgie place le psaume 121 dans la prière des vêpres du vendredi de la deuxième semaine, et le donne à entendre comme psaume responsorial au 29e Dimanche dans l’année (C). Mais ce qui est intéressant est qu’il est placé dans la messe à l’intention des réfugiés et des exilés, eux qui bien souvent n’ont plus que Dieu comme refuge (cf. aussi Ps 16,1) et en qui ils mettent toute leur confiance. Comme pour le psalmiste, le Seigneur restera leur bien suprême. Après l’exode d’égypte et le retour d’exil à Babylone, ce psaume 121 est approprié pour nombre de personnes qui vivent actuellement la vie d’exilé, de réfugié.

Ce psaume de confiance absolue au Dieu de l’univers permet enfin de faire un rapprochement avec la prière de toute l’assemblée à la conclusion de chacune des préfaces de la messe. Lorsque les fidèles entonnent le « Sanctus », ils prient « Hosanna ! », ce qui signifie en hébreu : « Accorde le salut » (Ps 118,25a – v. 26 LXX –). Cette prière est reprise comme une acclamation mais elle est cri d’espoir et de confiance à la fois, lequel a été adressé à Jésus lors de sa descente du mont des oliviers devant Jérusalem (en Mt 21,9 ; Mc 11,9-10 ; Jn 12,13), juste avant sa Passion. Cette espérance présente et tournée vers l’avenir, Jésus l’honorera en osant lui-même l’offrir comme une prière de confiance toute filiale dans sa grande épreuve cloué en croix : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23,46b, qui reprend Ps 30,6a LXX).

En résumé

Grâce au psaume 121, nous pouvons dire ceci : Telle une fontaine de confiance positive surgie du fond de la terre, malgré les apparences parfois contraires, une déclaration, un cri ou un souhait de confiance illimitée du psalmiste envers l’existence de Dieu créateur est la réponse prépondérante à la question lancinante de l’origine du secours. Pour le croyant, « le gardien d’Israël » vient à la rescousse, en véritable bon Pasteur, c’est sûr. C’est là tout l’enjeu de la piété filiale.

Concluons avec la réflexion vigoureuse de saint Bernard : « Vous priez mal si en priant vous cherchez autre chose que le verbe, ou si vous ne demandez pas l’objet de votre prière par rapport au Verbe. Car tout est en lui : les remèdes à vos blessures, les secours dont vous avez besoin, l’amendement de vos défauts, la source de vos progrès, bref tout ce qu’un homme peut et doit souhaiter. »


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