Motu proprio
Posté le 12.09.2008 par auto23652
Benoît XVI rappelle que le Motu proprio est un acte de tolérance
Paris, le 12 septembre 2008 - (E.S.M.) - Dans l’avion qui le menait en France, le Pape Benoît XVI a tenu la traditionnelle rencontre avec les journalistes. L'entretien qui a duré 15 minutes environ, s'est déroulé en français. ce sont quatre questions qui ont été posées au saint-Père.
Benoît XVI rappelle que le Motu proprio est un acte de tolérance
Conférence de presse dans l'avion
Le 12 septembre 2008 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Dans l’avion qui le menait en France, le Pape Benoît XVI a tenu la traditionnelle rencontre avec les journalistes. L'entretien qui a duré 15 minutes environ, s'est déroulé en français. ce sont quatre questions qui ont été posées au saint-Père.
La première question partait de la célèbre phrase de Jean-Paul II à la France : “France es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ?“, avait demandé en 1980 Jean-Paul II
lors de son premier voyage. Aujourd’hui, quel sera votre message aux Français ?
Pensez-vous qu’à cause de la laïcité, la France est en train de perdre son identité chrétienne ?
Réponse de Benoît XVI : Il me semble évident aujourd’hui que la laïcité en soi n’est pas en contradiction avec la foi. Je dirais même qu’elle est un fruit de la foi parce que la foi chrétienne était, dès le commencement, une religion universelle, donc pas identifiable avec un État et présente dans tous les États. Pour les chrétiens, il était toujours clair que la religion et la foi n’étaient pas politiques, mais une autre sphère de la vie humaine… La politique, l’État, n’étaient pas une religion mais une réalité profane avec une mission spécifique… et les deux doivent être ouverts l’un à l’égard de l’autre. Dans ce sens, je dirais aujourd’hui, pour les Français, et pas seulement pour les Français mais aussi pour nous chrétiens d’aujourd’hui dans ce monde sécularisé, il est important de vivre avec joie la liberté de notre foi, de vivre la beauté de la foi et de rendre visible dans le monde d’aujourd’hui qu’il est beau d’être croyant, qu’il est beau de connaître Dieu, Dieu avec un visage humain en Jésus-Christ… montrer la possibilité d’être croyant aujourd’hui et même qu’il est nécessaire pour la société d’aujourd’hui qu’il y ait des hommes qui connaissent Dieu et peuvent donc vivre selon les grandes valeurs qu’il nous a données et contribuer à la présence des valeurs qui sont fondamentales pour la construction et pour la survie de nos États et de nos sociétés.
Vous aimez la France… qu’est-ce qui vous lie plus particulièrement à la France, à ses auteurs ?
Réponse de Benoît XVI : Je n’oserai pas dire que je connais bien la France. Je la connais un peu, mais j’aime la France, la grande culture française, surtout naturellement les grandes cathédrales, et aussi le grand art français… la grande théologie qui commence avec saint Irénée de Lyon jusqu’au 13e siècle et j’ai étudié l’université de Paris au 13e siècle : saint Bonaventure, saint Thomas d’Aquin. Cette théologie a été décisive pour le développement de la théologie en Occident… Et naturellement la théologie du siècle du Concile Vatican II. J’ai eu le grand honneur et la joie d’être ami du père de Lubac, l’une des plus grandes figures du siècle passé, mais j’ai eu aussi des bons contacts de travail avec le père Congar, Jean Daniélou et d’autres. J’ai eu des relations personnelles très bonnes avec Etienne Gilson, Henri-Irénée Maroux. Donc, j’ai eu réellement un contact très profond, très personnel et enrichissant avec la grande culture théologique et philosophique de la France. Cela a été réellement décisif pour le développement de ma pensée. Mais aussi la redécouverte du grégorien originel avec Solesmes, la grande culture monastique… et naturellement la grande poésie. Étant un homme de baroque, j’aime beaucoup Paul Claudel, avec sa joie de vivre, et aussi Bernanos et les grands poètes de France du siècle passé. C’est donc une culture qui a réellement déterminé en profondeur mon développement personnel, théologique, philosophique et humain.
Une autre question très intéressante a été celle-là sur le Motu Proprio « Summorum Pontificum » et sur les préoccupations des catholiques français sur ce document.
Que dites-vous à ceux qui, en France, craignent que le Motu proprio ‘Summorum Pontificum’ marque un retour en arrière sur les grandes intuitions du Concile Vatican II ?
Réponse de Benoît XVI : C’est une peur infondée parce que ce Motu proprio est simplement un acte de tolérance, dans un but pastoral pour des personnes qui ont été formées dans cette liturgie, l’aiment, la connaissent, et veulent vivre avec cette liturgie. C’est un petit groupe parce que cela suppose une formation en latin, une formation dans une certaine culture. Mais il me semble que c’est exigence normale de la foi et de pastorale pour un évêque de notre Église d’avoir de l’amour et de la tolérance pour ces personnes et de leur permettre de vivre avec cette liturgie. Il n’y a aucune opposition entre la liturgie renouvelée par le Concile Vatican II et cette liturgie. Chaque jour, les pères conciliaires ont célébré la messe selon l’ancien rite et, en même temps, ils ont conçu un développement naturel pour la liturgie dans tout ce siècle car la liturgie est une réalité vivante qui se développe et conserve dans son développement son identité. Il y a donc certainement des accents différents, mais quand même une identité fondamentale qui exclue une contradiction, une opposition entre la liturgie renouvelée et la liturgie précédente. Je pense quand même qu’il y a une possibilité d’un enrichissement des deux parties. D’un côté les amis de l’ancienne liturgie peuvent et doivent connaître les nouveaux saints, les nouvelles préfaces de la liturgie, etc… d’autre part, la liturgie nouvelle souligne plus la participation commune mais, toujours, n’est pas seulement l’assemblée d’une seule communauté mais un acte de l’Église universelle, en communion avec tous les croyants de tous les temps, et un acte d’adoration. Dans ce sens, il me semble qu’il y a un enrichissement réciproque et il est clair que la liturgie renouvelée est la liturgie ordinaire de notre temps.
Une réponse entièrement sereine et positive, qui fait voir même la complémentarité et la possibilité d’un enrichissement réciproque des deux formes de la liturgie latine.
Vous allez en pèlerinage à Lourdes ? Qu’est-ce que représente Lourdes pour vous et y êtes-vous déjà allé ?
Réponse de Benoît XVI : J’ai été à Lourdes pour le Congrès eucharistique en 1981, après l’attentat contre le Saint-Père (Jean-Paul II, ndlr). Et le cardinal Gantin était le délégué du Saint-Père. C’est pour moi un très très beau souvenir. Le jour de la fête de sainte Bernadette est en même temps le jour de ma naissance. De ce fait, déjà, je me sens très proche de cette petite sainte, cette petite fille jeune, pure, humble, avec laquelle a parlé notre Vierge. Rencontrer cette réalité, cette présence de la Vierge dans notre époque, voir les traces de cette petite fille qui était amie de la Vierge et d’autre part rencontrer la Vierge sa mère est d’autre part pour moi un événement très important. Naturellement nous n’y allons pas pour trouver des miracles. Je vais y trouver l’amour de la Mère qui est la vraie guérison pour toutes les douleurs et être solidaire avec tous ceux qui souffrent, dans l’amour de la Mère. Cela me semble un signe très important pour notre époque.
Ces quatre réponses du pape ont donné le ton d'une inspiration que Benoît XVI désire suivre et qui nous montre vraiment l'esprit de son pèlerinage et de sa visite en France.
Sources : www.vatican.va - E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité) - 12.09.2008 - T/Voyage France
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Posté le 07.09.2008 par auto23652
Fideliter N° 185 - Motu proprio un an après - Editorial par l'abbé Régis de Cacqueray
Depuis un an, des jugements contradictoires ont été émis concernant le Motu Proprio Summorum pontificum de juillet 2007. Avec le recul, il est possible d'y voir plus clair.
Le point fondamental pour bien l'interpréter, me semble-t-il, est de percevoir qu'il inaugure un mouvement concernant la liturgie et, de ce fait, l'Église elle-même (Lex orandi, lex credendi). C'est seulement en évaluant le sens et la portée de ce mouvement qu'on peut exprimer un jugement juste, et justifié.
Un mouvement démarre d'un point de départ. Quelle est la situation de la liturgie en juin 2007? La domination quasi totale, écrasante, de la messe dite de Paul VI, et l'élimination à peu près absolue de la messe traditionnelle, considérée soit comme totalement dépassée, soit comme carrément interdite.
Face à cela, deux très petits groupes. D'une part, les « traditionalistes » qui déclarent sans discontinuer que la messe traditionnelle n'est pas interdite et ne peut pas l'être, et qui n'ont jamais accepté la messe de Paul VI; mais ceux-là sont durement persécutés par les autoritésecclésiastiques. D'autre part, les « Ecclesia Dei » à qui, par la grâce de quelques lois d'exception, est permis dans des conditions restrictives de célébrer la messe traditionnelle, au titre d'une préférence spirituelle.
Le premier article du Motu Proprio est évidemment inacceptable: la messe traditionnelle et la messe de Paul VI sont « deux mises en œuvre de l'unique rite romain ». Mais cette formule exprime simplement le point de départ.
Or, à partir de cet état des lieux (catastrophique), le Motu Proprio va ouvrir la voie, et beaucoup plus largement que tout ce qui avait été fait jusqu'ici, à la célébration de la messe traditionnelle.
« Le Missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le Bx Jean XXIII doit (...) être honoré en raison de son usage vénérable »; « Il est donc permis de célébrer le sacrifice de la messe suivant l'édition type du Missel romain promulgué par le Bx Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé »; « Tout prêtre catholique de rite latin, qu'il soit séculier ou religieux, peut utiliser le Missel romain publié en 1962 par le Bx Pape Jean XXIII »; « Pour célébrer ainsi (...), le prêtre n'a besoin d'aucune autorisation, ni du Siège apostolique ni de son Ordinaire », etc.
Et aussi (lettre du pape): « Je voudrais attirer l'attention sur le fait que le Missel de 1962 n'a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé ».
Le Motu Proprio ouvre donc une porte vers la liturgie traditionnelle pour tous ceux, et ils sont immensément nombreux, qui en ont été privés illégitimement depuis quarante ans.
Cela ne concerne pas, bien sûr, ceux qui savent que la messe traditionnelle ne peut pas être interdite, et y assistent donc en toute sûreté de conscience. Pour cette minorité, hélas! que sont les « traditionalistes », utiliser le Motu Proprio serait une régression: ce serait admettre que la messe de Paul VI a « la même dignité » que la messe traditionnelle: ce qu'à bon droit nous avons toujours refusé.
En revanche, ceux qui ne connaissent que la messe de Paul VI et étaientjusqu'ici persuadés, en raison de la propagande, que la messe traditionnelle était interdite voire mauvaise, peuvent désormais avoir l'occasion, grâce au Motu Proprio, d'accéder à cette messe et d'en découvrir les richesses.
Tel est le sens essentiel du mouvement inauguré par le Motu Proprio: une certaine possibilité, pour tant de baptisés qui en ont été privés depuis des décennies, de voir pour la première fois la liturgie traditionnelle de l'Église et de s'y réhabituer; passage progressif mais humainement nécessaire pour commencer à sortir, au moins au plan liturgique, de la crise.
Les évêques français (en particulier) ne s'y sont pas trompés, qui font tout pour bloquer, restreindre, dénaturer le Motu Proprio.
Ne nous y trompons donc pas nous-mêmes.
Abbé Régis de Cacqueray †, Supérieur du District de France
Posté le 15.06.2008 par auto23652
Le Motu Proprio s'organise à Rome
Le 14 Juin 2008 - (E.S.M.) - Dans la Lettre aux Amis de la Fraternité Saint-Pierre de mai 2008, l’abbé John Berg, supérieur général, se réjouit que Rome, « cœur de l’Église », soit le premier diocèse en Europe à confier une paroisse personnelle à la Fraternité Saint-Pierre.
La forme extraordinaire du rite romain
Le Motu Proprio s'organise à Rome
Le 8 juin l’abbé Joseph Kramer, de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, a été officiellement installé curé de la paroisse Santa Trinita dei Pellegrini. En effet, conformément à l’article 10 du Motu Proprio Summorum Pontificum et après avoir reçu la proposition du cardinal Camillo Ruini, vicaire du pape pour le diocèse de Rome, Benoît XVI a décidé que dans le centre de Rome l’église Santa Trinità dei Pellegrini devait être érigée en paroisse personnelle « afin de satisfaire aux besoins pastoraux de la communauté entière des fidèles traditionnels résidant dans ledit diocèse ».
Un communiqué de la Fraternité Saint-Pierre, daté du 7 mai, déclarait : « On espère que cette paroisse particulière ne servira pas seulement les paroissiens locaux mais qu’elle fournira aussi un exemple approprié de la beauté et de la solennité de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain aux nombreux pèlerins et étudiants à Rome ».
Dans la Lettre aux Amis de la Fraternité Saint-Pierre de mai 2008, l’abbé John Berg, supérieur général, se réjouit que Rome, « cœur de l’Église », soit le premier diocèse en Europe à confier une paroisse personnelle à la Fraternité Saint-Pierre. « En établissant une église à Rome comme centre pour la messe traditionnelle, écrit-il, le vicariat ne voulait pas seulement servir les paroissiens résidant en ville mais aussi offrir un lieu d’accueil aux pèlerins attachés à la forme extraordinaire ».
Mais le Motu Proprio doit être lu à la lumière de la lettre du pape Benoît XVI aux évêques qui l’accompagnait et qui affirmait : « pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres ». C’est ce que rappelait, le 30 mai 2008, le cardinal Castrillón Hoyos, au cours de l’ordination de quatre prêtres de la Fraternité Saint-Pierre à Lincoln au Nebraska (USA), en présence de l’abbé John Berg.
Dans son homélie, il a déclaré : « En tant que président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, je porte un regard particulier sur ces jeunes hommes qui célébreront le Saint Sacrifice de la Messe et les Sacrements principalement selon les livres liturgiques de la forme extraordinaire du Rite romain qui est un trésor pour l’ensemble de l’Église. Cela répond à un désir d’un bon nombre de fidèles. Comme je suis heureux de promouvoir la volonté exprimée par notre Saint-Père dans son Motu Proprio Summorum Pontificum et d’encourager la mise en œuvre de ce document important, je vous invite aussi, mes chers fils et frères, à vous efforcer à faire partie intégrante des diocèses dans lesquels vous allez servir, frères de vos frères prêtres, en montrant un profond respect pour la forme ordinaire du rite romain, en concélébrant avec vos évêques à la messe chrismale et quand ce signe de la communion sacerdotale est spécialement approprié ».
Tous les commentaires sur l'Exhortation ► Sacramentum Caritatis
Le Motu Proprio ► Le texte officiel et tous les commentaires
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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 14.06.08 - T/M.P.
Posté le 18.05.2008 par auto23652
Un nouvel entretien important du Cardinal Castrillon Hoyos
14-05-2008
Le Motu Proprio de Benoît XVI est une grande richesse spirituelle pour toute l'Église
Dario Castrillon Hoyos : Tradition sans contestation
par Vittoria Prisciandaro. Source: www.sanpaolo.org - traduction E.S.M.
Le cardinal qui est à la tête de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » explique en quoi le Motu Proprio de Benoît XVI est une grande richesse spirituelle pour toute l'Église, et la façon de résoudre les problèmes qui sont apparus jusqu’ici.
Son Éminence est satisfaite. Le téléphone du bureau du rez-de-chaussée, dans le palais de l'ex Saint Office, connaît une nouvelle vie, et sur les tables s’accumule une correspondance venue du monde entier. Après la promulgation du Motu proprio, la Commission pontificale « Ecclesia Dei » est en effet devenue un maillon important dans l'organigramme du Vatican. « À présent, j'ai deux fois plus de travail que dans la Congrégation du clergé », confie le cardinal Dario Castrillon Hoyos, colombien, 79 ans, chaleureux partisan de la réintégration des Lefebvristes et, depuis l’an 2000, président de la Commission. Créée pour gérer les rapports avec la Fraternité Saint Pie X et avec les groupes qui gravitent dans la galaxie traditionaliste, « Ecclesia Dei » est aujourd'hui devenue un interlocuteur incontournable des diocèses et des paroisses pour les controverses relatives à l'application du rite extraordinaire.
Éminence, quelques mois après la promulgation du Motu proprio, quel bilan en faites-vous ?
« Avec le Motu proprio, le Pape a voulu offrir à tous une nouvelle occasion de profiter de l'énorme richesse spirituelle, religieuse et culturelle présente dans la liturgie de rite grégorien. Le Motu proprio a été conçu comme un trésor offert à tous, et non fondamentalement pour répondre aux lamentations ou aux demandes de qui que ce soit. Un bon nombre de personnes qui n’étaient pas initialement impliquées dans cette forme extraordinaire du rite romain ont maintenant pour lui une grande estime. Parmi les fidèles, je distinguerais trois groupes : ceux qui ont un lien quasi organique avec la Fraternité Saint Pie X ; ceux de la Fraternité Saint-Pierre ; et enfin ceux du groupe le plus important et le plus nombreux, formé de personnes éprises de culture religieuse de tous les temps et qui, aujourd'hui, découvrent l'intensité spirituelle du rite ancien, dont de nombreux jeunes. Au cours de ces mois-ci sont nées de nouvelles associations de personnes appartenant à ce dernier groupe ».
À propos de la richesse, certains spécialistes de la liturgie soulignent le fait que le rite extraordinaire n'offre pas la richesse biblique introduite par le novus ordo…
« Ils n'ont pas lu le Motu proprio, parce que le Pape affirme que les deux formes doivent s’enrichir mutuellement. Et il est évident que cette richesse liturgique ne va pas être gaspillée. Dans le novus ordo, en quelques années, on lit pratiquement toute la Bible, et c’est là une richesse qui ne s'oppose pas au rite extraordinaire, mais s’y intègre ».
Une autre objection porte sur le risque que des célébrations séparées et différentes créent des communautés séparées…
« C’est une multiplicité enrichissante ; c'est un surcroît de liberté culturelle que le Pape introduit sous une forme audacieuse. Du reste, dans les paroisses, il y a beaucoup de différences dans les célébrations, et je ne veux pas parler des abus, parce que ce ne sont pas les abus qui constituent la raison principale du Motu proprio ».
Votre secrétaire, monseigneur Camille Perl, a annoncé qu'il y aurait un document d'éclaircissement sur le Motu proprio. Quand sera-t-il publié ?
« C’est le cardinal Bertone qui l’a annoncé, et il a le droit de le faire. Mais moi qui suis un serviteur du Pape, je ne l'annoncerai que quand le Pape me dira de le faire. Notre Commission a indiqué au Souverain Pontife que de nombreuses demandes arrivent de chaque partie du monde, dont un très grand nombre sont justifiées, mais dont certaines sont basées sur un manque de connaissance. Le Saint-Père, et seulement lui, dira s'il convient de publier un tel document et quand ».
Quelles sont les demandes qui vous sont parvenues et lesquelles mériteraient une réponse ?
« La première concerne le latin, parce que - disent les auteurs de ce type de demande - célébrer dans une langue qu’on ne connaît n’est pas pratique. Malheureusement les séminaristes, et même certains prêtres, ne l'ont pas étudié et il leur est donc difficile de célébrer sous la forme extraordinaire. Pour ce faire, ils devraient au moins connaître le canon de la Messe – la partie de la consécration. Nous autres d‘« Ecclesia Dei », nous nous équipons et nous préparons des rencontres, des cours et une communication informatique en vue d’une connaissance approfondie de la liturgie antérieure. Plusieurs cours déjà sont en activité en France, en Allemagne, au Brésil, en Amérique centrale et aux États-Unis. À Tolède, en Espagne, par exemple, nous sommes en train d’évaluer s'il convient de créer un séminaire supplémentaire pour la préparation au rite extraordinaire ou de donner des cours spéciaux dans le séminaire du diocèse. En général on remarque dans le monde académique un certain intérêt pour un retour au latin. Il a été triste au cours de ces années de constater l'abandon non seulement de la langue, mais même de certains contenus théologiques liés à la précision sémantique de la langue latine ».
« S'il manque de prêtres dans un diocèse et que seuls trois ou quatre fidèles demandent le rite extraordinaire, le bon sens dit qu’il est difficile de satisfaire cette demande. Cependant, puisque l'intention, la mens du Pape est de concéder ce trésor pour le bien de l'Église, le mieux pour les endroits où il n’y a pas de prêtres, serait d’offrir une célébration selon le rite extraordinaire dans une des Messes dominicales paroissiales. Ce serait une Messe pour tous ; tous, même les jeunes générations, profiteraient de la richesse du rite extraordinaire, par exemple de ces instants de contemplation qui, dans le novus ordo, ont disparu ».
Donc vous dites que, s'il n'y a pas de groupe consistant et stable, à l'avenir, il est question de proposer une des Messes dominicales selon le rite extraordinaire ?
« Je dirais que oui. D’ailleurs cette possibilité avait déjà été approuvée à l'unanimité en 1986 par une commission cardinalice à laquelle participait le cardinal Ratzinger lui-même (mais elle n'était pas devenue opérationnelle). Je serais sûr que cela serait faisable maintenant. ».
Un autre point à éclaircir est la définition d’un « groupe stable et consistant ». Que veut dire cela exactement ?
« C’est une question de bon sens : pourquoi faire un problème si les personnes qui demandent le rite viennent de paroisses différentes ? Si elles se réunissent et, ensemble, demandent une Messe, elles deviennent un groupe stable, même si elles ne se connaissaient pas au départ. Même le nombre est une question de bonne volonté. Dans certaines paroisses, en particulier à la campagne, les jours ouvrables, les personnes qui participent à la Messe ordinaire sont trois ou quatre et le même cas se produit dans de nombreuses maisons religieuses. Si ces trois personnes demandent la Messe ancienne, faut-il, d’un point de vue pastoral, la leur refuser ? ».
Donc le futur document devrait être plus accueillant aux demandes émanant de petits groupes ?
« Oui, mais il faut le voir non pas comme quelque chose qui va à l’encontre des autres, de la majorité, mais qui vise à leur enrichissement et toujours en évitant toute forme d’antagonisme ».
Il y a ensuite le problème des sacrements : je pense au rite de l’Ordination ou à celui de l’Onction des malades, pour lesquels on se réfère à des codes de droit canonique différents et on emploie des formules différentes…
« A première vue, il y a certainement quelques problèmes par rapport à l'Ordination, à l’Onction des malades et même aux divergences de calendrier. En ce qui concerne l'Ordination, dans la forme ancienne, il y avait la tonsure, les ordres mineurs et le sous-diaconat. Cette forme est encore en service et continuera à l'être dans les Institutions liées de façon stable au rite ancien, comme la Fraternité Saint-Pierre, la Fraternité Saint Pie X et d’autres Institutions. Pour l’Onction, avant même le Motu proprio, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avait déjà indiqué qu'il n'y a pas de conflit entre les deux formules, et que la formule nouvelle comme l'ancienne sont valides, et elle a dit la même chose au sujet des autres sacrements dont les formules diffèrent. En ce qui concerne les calendriers qui ne coïncident pas toujours, il y a effectivement des problèmes comme dans les cas des fêtes patronales d'une paroisse, des sanctuaires, des congrégations et des instituts religieux, etc. On usera de prudence et de bon sens pour réaliser les accommodements nécessaires. La Commission pontificale « Ecclesia Dei » » s’en occupe aussi.
Quels sont les délais prévus pour la réconciliation avec la Fraternité Saint Pie X ?
« Il y a des signes positifs ; il y a un dialogue non interrompu. Il y a quelques jours à peine, j’ai écrit une nouvelle lettre à monseigneur Fellay, le supérieur de la Fraternité, en réponse à sa lettre précédente. Outre les rencontres et la correspondance, nous nous parlons au téléphone. Je considère viable une réconciliation avec la Fraternité Saint Pie X parce que, comme nous l'avons souvent dit à « Ecclesia Dei », il ne s'agit pas d'un vrai schisme mais d'une situation anormale apparue après l'« action schismatique » de monseigneur Lefebvre avec l'attribution de l'épiscopat sans mandat pontifical, à l’encontre de la volonté exprimée par le Pape. Dans mon cœur, j'ai une grande confiance que le Saint-Père réussira à retisser les liens de l'Église avec l’accès de ces frères à la pleine communion. Il restera toujours quelques différences, comme nous en avons toujours eu dans l'histoire de l'Église ».
Mais avec les Lefevbristes il y a aussi un problème d'acceptation du dialogue œcuménique…
« Oui, en effet, il y des difficultés relatives à l'interprétation des témoins du Concile à ce sujet et à certaines pratiques concrètes œcuméniques, mais aucun évêque de la Fraternité Saint Pie X ne dira qu'il ne faut pas chercher l'unité des chrétiens ».
Après le Motu proprio, certains membres de la Fraternité Saint Pie X sont-ils de nouveaux en communion avec l'Église de Rome ?
« Oui, et d’autres souhaitent le faire aussi. Mais j'ai l'espoir que le groupe entier vienne ; je ne voudrais pas qu'il se divise. Cependant si une personne vient et dit qu'elle veut être rapidement en unité avec le Pape, nous devons l’accepter. Le Motu proprio a aussi suscité le rapprochement d’autres personnes. Par exemple, le 28 mars, j'ai reçu la lettre d'un évêque non catholique qui a décidé d'entrer dans l'Église catholique avec d’autres évêques et des prêtres qui célèbrent la Messe tridentine ».
Les nouveaux pouvoirs d'« Ecclesia Dei » n'entrent-ils pas en conflit avec le ministère des évêques ?
« Le Pape Benoît XVI, qui possède l'autorité sur toute l'Église, sur chacun des fidèles et des évêques, a établi les nouvelles règles dans le Motu proprio, et la Commission pontificale n’est qu’un moyen à la disposition du Vicaire du Christ pour faire appliquer sa décision. « Ecclesia Dei » est attentive à l'application du Motu proprio en fraternelle harmonie, en compréhension et en collaboration avec les évêques. Il faut éviter les attitudes de divergence avec les pasteurs de la part de personnes, de groupes ou d’institutions à cause du Motu proprio. Les pasteurs, dans l’obéissance au Pape, auront certainement de la compréhension pour les fidèles qui ont un amour particulier envers la tradition liturgique. Avec les évêques qui se sont mis en contact avec nous, j’ai toujours eu de la compréhension ».
Dans l'introduction à la réimpression du Compendium de Liturgie pratique de Trimeloni, vous écrivez que le Pape se sert de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » pour que, dans la diversité des formes cultuelles, puisse briller la richesse des trésors de la foi et de la spiritualité de l’Épouse du Christ. En quoi consiste la différence entre la liturgie de Jean XXIII et celle, réformée, de Paul VI?
« Le Pape Jean XXIII a incorporé la liturgie dans son désir de dialogue entre l'Église et la culture contemporaine. Paul VI a donné un caractère organique aux réformes nées de ce désir. L'Esprit Saint, qui accompagne l'Église en permanence, inspire les changements nécessaires à tout moment de l'histoire, sans rupture violente du processus de perfectionnement qu'il a lui-même inspiré au cours de l’histoire. Benoît XVI, avec ce Motu proprio, unit les richesses des deux stades du processus, en dissipant le malaise de ceux qui ont cru qu’il y avait eu dans le domaine liturgique une rupture inacceptable ».
Après la reformulation de la prière du Vendredi Saint, il a été dit qu'on faisait un retour de 40 ans en arrière dans le dialogue entre juifs et chrétiens. S’attendait-on à ces critiques ?
« N'est-il pas une bonne chose de prier pour nos frères, fils d'Abraham comme nous ? Abraham est le père de la foi, mais il s’inscrit dans une chaîne de salvification dans laquelle on attend le Messie. Et le Messie est arrivé. Dans les Actes des Apôtres nous lisons que 5000 juifs se sont convertis en un jour. Je ne conteste pas la prière du novus ordo, mais je considère comme parfaite celle, actuelle, du rite extraordinaire. Et je prie volontiers pour la conversion de mes nombreux amis juifs, parce que je crois vraiment que Jésus est le Fils de Dieu et le Sauveur de tous ».
Vittoria Prisciandaro
Posté le 17.05.2008 par auto23652
Bien lire le Motu proprio du pape Benoît XVI
Ceux qui lisent le Motu Proprio Summorum Pontificum en n'y voyant qu'un texte permettant de célébrer la liturgie selon la forme extraordinaire du rite romain font une erreur: ils ne prennent en compte que la moitié du document magistériel et avancent comme des canards boiteux. Il faut, en effet, prendre le Motu proprio dans sa totalité pour bien comprendre la pensée de Benoît XVI.
Le Souverain Pontife y souligne, après avoir fait un rapide survol historique, que "le concile Vatican II exprima le désir que l'observance et le respect dus au culte divin soient de nouveau réformés et adaptés aux nécessités de notre temps. Poussé par ce désir, notre prédécesseur le Souverain Pontife Paul VI approuva en 1970 des livres liturgiques restaurés et partiellement rénovés de l'Église latine; ceux-ci (...) ont été accueillis avec plaisir par les évêques comme par les prêtres et les fidèles. Jean-Paul II reconnut la troisième édition type du Missel romain. Ainsi, les Pontifes romains se sont employés à ce que "cet édifice liturgique, pour ainsi dire, (...) apparaisse de nouveau dans la splendeur de sa dignité et de son harmonie". (...) Le Missel romain promulgué par Paul VI est l'expression ordinaire de la "lex orandi" de l'Eglise catholique de rite latin. (...)"
On lit bien: "l'observance et le respect dus au culte divin... adaptés aux nécessités de notre temps".
Il est donc clair que la portée du Motu proprio Summorum pontificum ne peut pas être correctement comprise tant qu'on ne voit pas que ce document ne se limite pas à traiter de la forme "tridentine" de la liturgie romaine, mais qu'il aborde aussi la question de la forme prise par cette même liturgie depuis Vatican II.
Or, ce second aspect de la question - celui qui touche à la forme "ordinaire" du rite romain - est systématiquement laissé dans l'ombre: pas un seul évêque de France n'a donné à ses prêtres des instructions claires pour que la liturgie de l'Église, sous sa forme "ordinaire", soit partout célébrée avec respect et avec le souci de s'en tenir strictement au missel romain (Présentation du Missel Romain).
Ainsi, le vent de panique provoqué par l'annonce du Motu proprio s'étant dissipé, on continue partout à célébrer les messes dominicales comme on a toujours fait jusqu'ici: en prenant beaucoup de liberté et en adoptant le Missel romain de façon indue. Ainsi, dans la majorité des paroisses, les célébrants continuent-ils à ne plus mettre de chasuble, les prières pénitentielles du début de la messe sont omises, tout comme le rite du lavement des mains à l'offertoire et les prières qui suivent le "Notre Père". Presque partout c'est en élevant l'hostie et le calice que les célébrants prononcent les paroles de la consécration, alors que le Missel spécifie qu'en les disant, le prêtre doit s'incliner sur l'hostie et le calice. Presque partout le "Gloire à Dieu" est systématiquement remplacé par un "Gloire à Dieu" qui n'en est pas un tandis que le "Je crois en Dieu" et l' "Agneau de Dieu" sont remplacés par des "Je crois en Dieu" et des "Agneau de Dieu" qui n'en sont pas. Au "Notre Père", il faut se donner la main pour faire une chaîne. Et de façon quasi systématique, des fidèles laïcs sont appelés pour distribuer la communion... ce que n'exigent pas nos assemblées dominicales de plus en plus réduites. Quant aux chants, ils versent de façon générale dans la "médiocrité et la banalité", comme vient d'ailleurs de le reconnaître Mgr Bruguès - qui semble pouvoir parler plus librement depuis qu'il a été nommé à Rome -.
Ainsi donc, si nos évêques veillent à ouvrir quelques églises à la forme extraordinaire du rite romain, ils évitent soigneusement d'appliquer ce que préconise le Motu proprio Summorum pontificum pour mettre un terme définitif aux nombreux dysfonctionnements de la forme ordinaire du même rite.
Quelle situation risque d'engendrer une telle "démission" des pasteurs diocésains ? La réponse est simple: une situation bancale et sans réel avenir. En effet: comment pourra-t-on justifier le fait qu'autour de quelques îlots où sera respectée la forme extraordinaire du rite romain puisse subsister la bouillie informe sous laquelle est présentée la forme ordinaire du même rite ? Comment pourra-t-on expliquer aux fidèles qu'un même prêtre puisse s'appliquer à respecter la liturgie lorsqu'il la célèbre sous sa forme extraordinaire, et s'autoriser à la dénaturer plus ou moins gravement dès qu'il la célèbre sous sa forme ordinaire ? Une telle divergence dans la pratique liturgique ne risque-t-elle pas d'accentuer les tensions entre certains fidèles au lieu de les estomper ce qui est, au fond, l'unique raison d'être du Motu proprio que nous a donné Benoît XVI ?
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Sources : PRO LITURGIA
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 15.05.2008 - T/M.P.
Posté le 04.05.2008 par auto23652
Depuis le Motu Proprio de Benoît XVI...
Le 02 mai 2008 - (E.S.M.) - Depuis la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI en juillet 2007, reconnaissant, à côté du rite romain « ordinaire », un rite « extraordinaire », le paysage liturgique de l’Église a, qu’on le veuille ou non, profondément changé.
L’Art de célébrer la messe -
Depuis le Motu Proprio de Benoît XVI...
Une traduction qui vient à point
Père Michel Gitton
La traduction française de l’édition 2002 de la Présentation générale du Missel Romain est disponible en français depuis avril 2008 (1). Présentation et analyse.
Depuis le Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI en juillet 2007, reconnaissant, à côté du rite romain « ordinaire », un rite « extraordinaire », le paysage liturgique de l’Église a, qu’on le veuille ou non, profondément changé. C’est donc dans un tout autre esprit que nous pouvons recevoir la traduction française enfin réalisée de la Présentation générale du Missel Romain (PGMR) qui vient de paraître. On sait que le pape Jean-Paul II avait tenu en 2002 à donner à l’Église une édition à jour du Missel Romain restauré à la suite du Concile Vatican II, dont la première édition remontait à 1969. Ce travail considérable, qui intégrait les additions faites au sanctoral, mais qui donnait aussi les mélodies complètes pour la célébration de la messe en langue latine, comportait, comme il se doit, des préliminaires. Ceux-ci, qui sont les héritiers de l’ancien code des rubriques (dont la dernière édition était de 1962), donnent les principes généraux de la célébration et de ses différentes parties, ainsi que des règles sur le rôle des divers ministres, sur le choix des formulaires, sur l’ornementation, etc.
La nouveauté, c’est que ce document est inévitablement pris dans l’optique d’une comparaison implicite avec le rite « extraordinaire ». Naguère, le triomphalisme post-conciliaire était de règle dans beaucoup de milieux : l’Église avait abandonné définitivement les vieilles pratiques pour des usages plus éclairés, qui avaient le double avantage de retrouver la simplicité des origines et d’être mieux compris des hommes d’aujourd’hui. Sur ces deux points, il a fallu déchanter, le thème du « retour aux sources » n’a pas résisté sur tous les points à une meilleure connaissance des origines (notamment sur la concélébration et la question de l’orientation de l’autel), et quant à la compréhension plus facile, on ne peut pas dire qu’elle ait abouti à ramener les foules dans les églises !
Ce n’est pas dire que le rite « ordinaire » ne puisse faire valoir des qualités propres qui ne sont pas nulles et qui, à notre avis, justifient largement son usage dans la plus grande partie de l’Église catholique. Mais la preuve doit en être faite et le document mis aujourd’hui à la disposition des prêtres et des fidèles peut sans doute y aider. Mais surtout, si l’on veut soutenir la comparaison, il convient que la célébration de la messe selon le missel de 2002 s’améliore, et donc que l’on accepte de lire, d’étudier et, au besoin, de se réformer.
Le premier usage de ce PGMR est donc de rappeler qu’il existe un rite romain de la messe, que ce n’est pas une pâte à modeler que chacun peut interpréter à sa guise, le § 42 introduit d’ailleurs une autre source, tout à fait essentielle, « la pratique léguée du Rite romain ». Nous sortons de « l’herméneutique de la rupture » et nous apprenons qu’il y a derrière nous une longue histoire dont ce missel est l’héritier, c’est là que nous pouvons trouver les solutions aux questions que le missel laisse sans réponse et que nous pouvons éclairer des choix que le missel laisse ouverts.
Le titre donné à la traduction française : l’Art de célébrer la messe est sans doute une heureuse trouvaille, il renvoie aux conclusions du synode de 2006 sur la Sainte Eucharistie, reprises dans l’exhortation apostolique du Saint-Père Benoît XVI (2). En réalité, l’objectif du texte dont nous avons maintenant la traduction n’est pas de donner une nouvelle législation sur le sujet (la liturgie ne se réforme pas par décret). On peine en effet à trouver au fil des pages des points qui traduiraient des modifications sensibles : même la prescription plus claire sur les pouvoirs des évêques et des conférences épiscopales (§ 387-390) est plutôt contraignante à leur égard. On peut citer l’insistance pour que toutes les lectures prévues soient faites « strictement » (§ 357), et quelques autres points en plus ou en moins. Mais on peut dire que l’objectif essentiel est de tirer les conclusions de la réception du missel de 1969, canalisant certains abus, remettant le tout dans une ambiance plus traditionnelle, comme en témoigne le préambule qui situe le missel dans la tradition liturgique de l’Église. On retrouve là un usage plus normal du ministère de Pierre qui n’est pas chargé de créer ex nihilo, mais de discerner dans la pratique ce qui va dans le sens de la continuité et du développement du rite romain et ce qui s’en écarte.
La traduction française, quant à elle, pour tardive qu’elle soit, arrive sans doute au bon moment. Elle se recommande par son incontestable lisibilité, même si certains choix aboutissent à de légères confusions (3). On voit la timide réintroduction d’un vocabulaire usant des termes propres au culte catholique, même si la tendance est encore limitée : on ose quelques fois parler de la « sainte communion », de l’« adoration de la croix », mais malheureusement pas du calice (qui est toujours une « coupe » sauf p. 126, § 327), on risque la « patène », etc. Surtout, les intitulés des prières retrouvent leur forme classique (Sanctus, Orate fratres, Agnus Dei), même si c’est avec traduction à la suite.
Si c’est un art qui est demandé, cet art demandera encore beaucoup de travail à ceux qui en sont les premiers usagers, c’est-à-dire les prêtres, souvent dépourvus en ce domaine de toute formation sérieuse (ceci étant vrai tous rites confondus). La perte de mémoire qui affecte notre société a atteint en ce domaine une ampleur vertigineuse. La défaillance d’une génération, qui avait pu recevoir l’écho de l’usage « reçu » mais ne l’a pas transmis, se fera encore longtemps sentir. Mais la prétention et le mauvais goût avec lequel tout liturge se croit volontiers compétent et prend ses habitudes pour la loi de l’Église (celle d’aujourd’hui ou de toujours, peu importe) n’est guère moins dommageable. Le chemin sera long, raison de plus pour s’y mettre sans retard....
Père Michel Gitton
(1) L’Art de célébrer la Messe. Présentation générale du Missel Romain, 3e édition typique 2002, préface de Mgr Robert Le Gall, Desclée-Mame, 2008, 224 pages, 12,50 e.
(2) Sacramentum Caritatis, Exhortation apostolique post-synodale, 22 février 2007, § 38 et suiv.
(3) L’un au deuxième alinéa du n. 22 in fine, où, parlant des Messes stationales de l’évêque, le texte latin dit : Quare huiusmodi Missarum sollemnia exemplo esse debent universæ diœcesi, que cette traduction rend par : « C’est pourquoi de telles messes solennelles doivent être un exemple pour tout le diocèse » (p. 32) ; inutile de souligner que pour l’auteur du texte latin c’est la solennité de ces Messes – voire leur cérémonial – qui devrait être un [bon] exemple pour tout le diocèse. L’autre au troisième alinéa du n. 309, sur l’emploi de l’ambon.
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Posté le 26.02.2008 par auto23652
De l'application "généreuse" du Motu proprio de Benoît XVI : un exemple éloquent !
Cité du Vatican, le 26 février 2008 - (E.S.M.) -
Le Saint-Père Benoît XVI a entendu offrir à tous les fidèles la faculté d'assister à la messe célébrée selon le rite du Bienheureux Jean XXIII, en particulier dans le cadre de leurs paroisses. L'intention du pape est connue, explicitée, publiée, à la portée de tous ceux qui souhaitent s'informer loyalement : mettre un terme à une insupportable division dans l'Eglise, par l'exercice d’une paternelle charité
Le Saint-Père Benoît XVI -
De l'application "généreuse" du Motu proprio de Benoît XVI : un exemple éloquent !
I. Ainsi que chacun le sait, le Saint-Père a entendu offrir à tous les fidèles la faculté d'assister à la messe célébrée selon le rite du Bienheureux Jean XXIII, en particulier dans le cadre de leurs paroisses. L'intention du pape est connue, explicitée, publiée, à la portée de tous ceux qui souhaitent s'informer loyalement : mettre un terme à une insupportable division dans l'Eglise, par l'exercice d’une paternelle charité. Le « doux Christ sur la terre », comme disait sainte Jeanne d’Arc du pape, a invité ses frères dans l’épiscopat et, partant, ses frères dans le sacerdoce, à dilater leurs cœurs pour accueillir ces fidèles qui ne demandent eux-mêmes qu’à vivre dans la communion.
Il apparaît au moins au fait de ces choses que toute la communauté catholique n’a qu’à gagner à cette expansion de bienveillance. L’Eglise, en France, ne souffre-t-elle pas d’un manque cruel de prêtres, qui préjudicie aux âmes ? N’en a-t-elle pas suffisamment souffert, serait-on tenté de dire ? Les communautés traditionalistes reconnues, qui ne constituent pas une caste de sous-catholiques intouchables, ont de nombreux prêtres, formés dans la piété et le sens liturgique, qui ne demandent qu’à entrer dans l’œuvre commune, et elles ne manquent pas elles-mêmes de dynamisme et de vitalité, comme l’avait constaté en son temps le regretté cardinal Gagnon, missionné par le pape Jean-Paul II pour en dresser un état.
Tout serait si simple, si chacun acceptait de prendre le risque de cet apprivoisement réciproque, le risque de cette unification, de cet enrichissement partagé, en faisant de la charité la loi suprême du discernement en la matière ! Las, c’est avec consternation et douleur que l’on constate, en maints endroits, que ce serait manifestement trop simple. Nous savons, d’expérience, que d’aucuns jugent qu’il est impertinent de le dire. Le reproche nous en a déjà été amèrement adressé. L’ostrakon est ineffaçable. Les fidèles attachés au rite du Bienheureux Jean XXIII, que le Saint-Père accueille pourtant sur son cœur, ne sont pour eux que des suspects et doivent le demeurer, des exilés de l’intérieur qui n’ont que ce qu’ils méritent et que l’on doit maintenir à bout de goupillon.
En voici un exemple, mieux, un témoignage. Celui-ci nous a été adressé par des lecteurs d’Hermas, que nous remercions pour leur confiance. Pour camper utilement le décor, précisons qu’il ne s’agit en aucune manière de personnes susceptibles de recevoir une étiquette de « traditionaliste ». Tant pis pour ceux qui dressaient déjà leur carabine. Il s’agit bien au contraire de personnes actives en leur paroisse, qui font part de ce dont elles ont été les témoins directs.
II. « Des fidèles de Saint-Germain-en-Laye (78) avaient demandé et obtenu un accord verbal du curé de Saint-Germain pour que fût célébrée la messe selon la forme extraordinaire. Or voici que dimanche dernier, 17 février, à la fin de la messe de 18h30, le curé de la paroisse a pris la parole pour faire une annonce qu’il a qualifiée d’extraordinaire.
Il a annoncé aux fidèles de Saint-Germain qu’il n’autorisait pas la mise en place d’une messe célébrée selon le rite extraordinaire et cela après cinq mois de réflexion et de consultation.
Il lui a semblé inimaginable de remplacer une messe dominicale par une messe célébrée selon le rite dit du Bienheureux Jean XXIII ni même d’en rajouter une autre… par exemple à 8H30 le dimanche matin.
Aucun des sept prêtres de la paroisse n’a souhaité célébrer selon ce rite, ni faire appel à un prêtre extérieur.
Cette décision nous a-t-il dit, a été prise après une large consultation de l’équipe liturgique, du conseil paroissial, bref de la paroisse tout entière.
Et enfin l’argument venant du fond du cœur : lorsque de telles messes sont célébrées, des personnes, qui n’ont rien à voir avec la paroisse, viennent y assister. La grande crainte de Monsieur le curé est de voir son église pleine.
L’annonce faite, l’assemblée a applaudi.
En sortant de l’église nous nous sommes demandés quelle était la valeur de cet argument qui consiste à se plaindre que des gens viennent assister à la messe.
Il y a quelques années, habitant au Pecq, nous allions à la messe à Saint-Wandrille. Les fidèles venaient de partout, l’église était comble et très priante. Nous formions une assemblée très unie. Cette messe célébrée comme elle l’était était une véritable nourriture spirituelle pour les fidèles.
La messe célébrée selon le rite extraordinaire est une attente du cœur et de l'âme pour beaucoup.
L’attitude de la paroisse de Saint-Germain ressemble à un acte de désobéissance flagrant vis-à-vis de la lettre apostolique du 7 juillet 2007.
Ce refus ne fera qu’accroître la rancœur.
Cela pose aussi quelques questions quant à l’œcuménisme. Il est de bon ton d’organiser des prières communes avec nos frères protestants et orthodoxes vers la mi-janvier. Par contre célébrer une messe catholique avec des frères catholiques est impensable. Pourquoi ? »
III. Rappelons qu’aux termes de l’article 1er du Motu Proprio, « Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la “lex orandi” de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même “lex orandi” de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la “lex orandi” de l’Église n’induisent aucune division de la “lex credendi” de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain ».
Aussi l’article 5 § 1 indique-t-il : « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces fidèles en harmonie avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église ».
A Saint-Germain, la célébration selon la forme extraordinaire, jugée nécessaire par le Saint-Père, est jugée « impensable » en une paroisse de sept prêtres, au motif irrationnel que des personnes étrangères à la paroisse s’y pourraient rendre ! Il ne vient même pas à l'esprit qu'il pourrait être fait un apostolat utile auprès d'elles, que ce retour à la vie paroissiale leur serait un gain ! Il n'est même pas "pensable", pour satisfaire la demande présentée - initialement acceptée, rappelons-le - de faire appel à des prêtres extérieurs sachant célébrer selon l'ancienne forme liturgique.
Pas d’accueil pour les fidèles concernés, pas d’unité avec eux mais « discorde », au sens propre de séparation du cœur. Avec cet horrible point d’orgue, consternant dans une église – supposée être le lieu privilégié de l’unité et de la charité fraternelle – et qui a dû être si humiliant, si blessant pour les fidèles attachés à l’ancienne forme liturgique : les applaudissements imbéciles d’une foule heureuse de les rejeter.
« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font… ».
Sources: HERMAS
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 26.02.2008 - T/Motu Proprio
Posté le 26.02.2008 par auto23652
Le Motu proprio de Benoît XVI est un texte important qui portera du fruit à long terme
Le 26 février 2008 -
Voilà qu'après des décennies de divisions douloureuses au sein de l'Église, le pape promulgue un texte très clair, clair dans son objet, clair dans ses conditions de réalisation, clair dans les problèmes qu'il entend résoudre Le Motu proprio de Benoît XVI est un texte important qui portera du fruit à long terme, soyons-en certains.
Le pape Benoît XVI en la fête du baptême du Seigneur-
Le Motu proprio de Benoît XVI est un texte important qui portera du fruit à long terme
Depuis quelques semaines, les textes diocésains relatifs à l'application du Motu Proprio Summorum Pontificum du pape et les échos des premières réponses reçues des curés se multiplient. Un sentiment domine: déception ! Une fois de plus on va nous dire que les fidèles attachés à l'ancien rite sont d'éternels insatisfaits. Remercions donc d'abord ces pasteurs généreux et compréhensifs qui ont élargi les autorisations précédentes.
Mais enfin, voilà qu'après des décennies de divisions douloureuses au sein de l'Église, le pape promulgue un texte très clair, clair dans son objet, clair dans ses conditions de réalisation, clair dans les problèmes qu'il entend résoudre ; et ce texte est accompagné d'une longue lettre explicative qui répond aux argumentations entendues depuis des décennies: non, être attaché à l'ancien rite ce n'est pas nécessairement être contre le concile Vatican II, ce n'est pas forcément soutenir la Fraternité Saint Pie X. Le pape rappelle qu'il y a eu de nombreux abus liturgiques et cela explique en partie cet attachement au rite ancien. Ce Motu proprio porte l'espérance d'une grande réconciliation dans l'Église, sans vainqueurs ni vaincus.
C'est un texte fort qui change radicalement l'esprit dans lequel l'ancien missel peut être célébré. Mais voilà qu'on a l'impression que l'on a affaire à un induit restrictif laissé à l'appréciation des évêques. On nous reparle de fidélité au concile, alors que le pape dit que ce n'est pas en question ; on se félicite de la qualité liturgique actuelle comme s'il n'y avait eu aucun problème, alors que le pape dit qu'elle est gravement en cause ; on affirme que ce texte est destiné aux seuls fidèles de la Fraternité Saint Pie X, alors que le pape affirme que ce n'est pas le cas ; surtout, on invente, il n'y a pas d'autres termes, des conditions d'applications qui contreviennent formellement au texte: on spécifie au curé de n'accepter aucune demande sans l'accord de l'évêque, on désigne un interlocuteur officiel pour tout le diocèse, on restreint la célébration du rite traditionnel à un seul lieu pour le diocèse ou aux seuls lieux déjà existants, on refuse au curé le droit de célébrer librement et sans autorisation spéciale les sacrements dans la forme extraordinaire, on avance que les groupes stables ne doivent provenir que d'une seule et même paroisse ou que ce sont les groupes Ecclesia Dei déjà existants, on affirme que l'évêque n'est pas tenu d'accéder au désir des fidèles... Tout cela est en complète contradiction avec la lettre et l'esprit du Motu proprio. Comment ne pas désigner cette attitude par son nom : désobéissance ?
L'occasion est donnée à tous de progresser sur le grand chemin de l'unité et on prend le chemin inverse: pourquoi ? Absolument rien ne légitime une telle attitude. C'est pourquoi avec persévérance, ténacité et patience, les fidèles doivent partout où ils le peuvent, faire connaître, après s'être regroupés, leur légitime demande aux curés de leur secteur d'habitation, en leur rappelant les paroles du Saint-Père : le curé est a priori le premier et le seul interlocuteur de ces fidèles pour ces demandes; personne d'autre ne l'est au regard de la loi édictée par le pape lui-même ; si le curé refuse, ils doivent, avec le même respect, demander à l'évêque de leur donner satisfaction ; en cas de refus ils doivent se plaindre auprès du Saint-Siège d'une telle attitude non conforme à la volonté du pape;
c'est assez pitoyable de devoir en arriver jusque-là, d'autant plus que la Commission Ecclesia Dei à Rome est déjà submergée de plaintes à ce sujet. Ce n'est cependant pas le moment de se décourager. Le Motu proprio de Benoît XVI est un texte important qui portera du fruit à long terme, soyons-en certains. L.M.
Sources: La Nef N° 187
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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 26.02.2008 - T/Motu Proprio
Posté le 08.02.2008 par auto23652
Notre dame de Versailles
Un Motu Proprio de retard dans le diocèse de Versailles Lettre 83 - 4 février 2008
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Quand on évoque le diocèse de Versailles, il est de bon ton de dire que les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain sont bien acceptés et que l’accueil de l’ordinaire du lieu est large et généreux. Certes, à côté de la politique d’ostracisme total menée à l’encontre de ces fidèles dans de trop nombreux diocèses, les évêques successifs de Versailles, avec quatre lieux de culte officiels où est célébrée la messe traditionnelle, ont longtemps fait figure d’exemples de bienveillance à l’égard des fidèles soucieux de vivre leur foi au rythme de cette forme liturgique.
Rappelons que le diocèse de Versailles est un diocèse historiquement et sociologiquement très pratiquant, quelle que soit la forme liturgique. Sur la seule ville de Versailles, les églises sont bondées et la pratique est massive. L’apparente « largesse » à l’égard de la liturgie traditionnelle n’est que le pendant de cette pratique massive des fidèles, y compris dans la forme extraordinaire. Par ailleurs, la « largesse » du diocèse de Versailles n’est pas plus grande que celle de certains diocèses de province où le nombre de fidèles concernés est pourtant beaucoup moins grand. A titre d’exemples, nous pouvons citer le diocèse du Mans ou le diocèse de Laval avec également quatre lieux de culte traditionnel chacun.
Il est de notoriété publique que les lieux de culte où est célébrée la forme extraordinaire du rite romain sont complètement saturés. Les 5 messes dominicales célébrées à la chapelle Notre Dame des Armées de Versailles, les 4 messes dominicales célébrées à l’église Saint Louis du Port Marly, les 2 messes dominicales célébrées à l’église saint Germain du Chesnay ou bien encore la messe dominicale célébrée à l’église paroissiale de Saint Martin de Bréthencourt ne suffisent clairement pas à satisfaire l’énorme demande dans ce diocèse. Il suffit pour s’en convaincre d’arriver avec moins d’un quart d’heure d’avance à l’une des grand messe dominicale pour s’apercevoir qu’il est impossible de trouver une place assise et qu’il faudrait pousser les murs pour accueillir les fidèles contraints d’assister à la messe debout quand ils ne sont carrément pas dehors… Ceci sans parler des 5 lieux de culte du diocèse de Versailles desservis par des prêtres de la Fraternité Saint Pie X, non encore reconnus par l’ordinaire du lieu, qui eux aussi connaissent une très forte affluence.
Oui la demande de célébrations de la messe traditionnelle est énorme dans le diocèse de Versailles. Ainsi, chacune des paroisses de la seule ville de Versailles connaît un « groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure », groupe s’étant naturellement manifesté auprès du curé. On pourrait donc s’attendre, conformément au Motu Proprio du 7 juillet dernier, à ce que les curés accueillent « volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. ».
De même, ceux sont les autorités du diocèse elles-mêmes qui affirment qu’à ce jour, ce ne sont pas moins de vingt-deux (22 !!! pour plus de renseignements contacter info@motuproprio78.com ) demandes sérieuses de célébration de la forme extraordinaire du rite romain dans des paroisses du diocèse qui se sont fait connaître.
Comment comprendre alors que depuis l’entrée en vigueur du Motu Proprio rien ou quasiment rien ne bouge dans le diocèse de Versailles en dépit des besoins évidents et connus de tous ?
Comment comprendre que des exemples récents illustrent au contraire une volonté de ne pas appliquer dans les faits le Motu Proprio Summorum Pontificum qui fait de la paroisse le cadre normal de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain et qui en finit avec le principe des réserves indiennes du Motu Proprio de 1988… ?
L’exemple de Rambouillet est révélateur de cette volonté de contourner ou de nier la réalité de la demande et de ne pas appliquer le Motu Proprio. En
effet, à la demande de plusieurs fidèles, Monsieur le Curé de Rambouillet a accepté de célébrer la messe de Saint Pie V dans son église Saint Lubin le dimanche 13 janvier dernier. Malgré l’absence totale de publicité du curé, le bouche à oreilles a fonctionné et les familles alentours intéressées se sont rendues à cette messe. L’affluence était au rendes-vous et le curé lui-même a affirmé avoir distribué 400 communions… La chapelle latérale dans laquelle le curé avait prévu de célébrer la messe était manifestement trop petite pour contenir la foule. A la sortie de la messe, plusieurs fidèles étaient étonnés en discutant avec les paroissiens habituels de constater que ces derniers leur demandaient ce qu’il se passait, manifestant ainsi le fait qu’ils n’avaient pas été informés par leur curé qu’une telle célébration avait lieu ce jour… Par conséquent, cette messe « ad experimentum » avait tout pour démontrer la réalité de la demande, l’existence indéniable d’un « groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure » et par conséquent, être le début d’une application paisible du Motu Proprio. Et bien, non ! Depuis le 13 janvier dernier, les centaines de fidèles sont priés d’aller pratiquer leur foi ailleurs qu’à Saint Lubin car « la messe du 13 janvier avait des allures de triomphalisme ». On voit bien la logique : s’il n’y avait eu qu’une poignée de fidèles à cette messe, on aurait ainsi pu justifier l’arrêt de l’expérience. Il y a beaucoup de monde ? Qu’à cela ne tienne, on jugera la cérémonie trop triomphaliste, trop ceci ou trop cela pour en stopper immédiatement la continuation. Désormais, le fameux « il n’y a pas de demande » peut aussi se décliner par « cette demande n’est pas opportune ou est mal formulée… ». Ainsi, à Rambouillet, on nie l’existence d’un groupe de 500 personnes sous un motif grotesque qui en dit long sur la bonne foi de certains…
L’exemple de Maisons Laffitte est tout aussi révélateur. Voilà une paroisse où un groupe stable soucieux de vivre sa foi au rythme de la liturgie traditionnelle de l’Eglise se manifeste auprès du curé. Il se trouve que ce groupe stable est bien connu du curé et de la paroisse puisqu’il est composé de paroissiens habituels qui pratiquent régulièrement dans la paroisse dans la forme ordinaire du rite romain mais qui souhaitent bénéficier du Motu Proprio et assister à la célébration de la messe dans sa forme extraordinaire. Ces paroissiens habituels et connus du curé qui font cette demande se trouvent être également investis dans la paroisse :
catéchisme, chorale, oeuvres… Une situation idéale pour mettre en oeuvre les mesures de Benoît XVI serait on tenté de penser ? Presque un cas d’école ! Et bien non ! A Maisons Lafitte, malgré une réelle demande bien ancrée dans la paroisse, on décide de ne pas appliquer le Motu Proprio.
Enfin, la situation à Versailles est également préoccupante pour les fidèles. Voilà de nombreuses années que la chapelle Notre Dame des Armées est desservie par des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre (http://www.fsspfrance.org/). Il est ésormais un secret pour personne que les prêtres qui desservent cette chapelle ont demandé leur incardination au diocèse de Versailles et par conséquent quitteront la Fraternité dans un avenir plus ou moins proche. Nous n’avons certes aucun jugement sur la personne de ces prêtres qui sont parfaitement libres d’avoir les parcours personnels qu’ils souhaitent. Nous comprenons mal en revanche qu’on remercie de fait une communauté Ecclesia Dei (dont les statuts ont été définitivement approuvés par Rome) qui n’a pas démérité et a montré sa fidélité et son amour de l’Eglise. Ce que les fidèles ne peuvent s’empêcher de considérer comme un hold-up d’apostolat les scandalise véritablement. Jamais on ne leur demande leur avis... curieux de la part des apôtres du dialogue et de l'échange... Est ce vraiment respectueux ? Ne serait il pas envisageable d’incardiner les prêtres qui en ont fait la demande dans le diocèse de Versailles mais de laisser la FSSP desservir Notre Dame des Armées. Il nous semble qu’il y a de la place pour tout le monde dans le grand diocèse de Versailles et que les besoins sont loin d’être comblés.
Que dire encore de ce père curé qui déclare « être très favorable à une application du motu proprio dans sa paroisse « mais qui ajoute « ne rien pouvoir faire à l’encontre du vicaire général » et cet autre qui benoîtement nous demande « de revenir l’année prochaine » et celui-là qui n’hésite pas (Cela fera bien rire notre ami Denis Crouan de Pro Liturgia ! www.proliturgia.org ) à proposer à ses interlocuteurs interloqués « La célébration d’une messe de Paul VI en latin » Comme si ils n’étaient que des niais qui n’avaient jamais rien compris ! Non les fidèles ne comprennent pas ces intrigues et manoeuvres menées sans concertation ou sans respect Et sont malheureusement révélatrices de l’esprit avec lequel "on" entend répondre à la demande dans le diocèse de Versailles et régler la question.
Faut-il enfin rappeler un principe fondamental du droit de l’Église, qui est justice et miséricorde, et qui est toujours en lien direct ou indirect avec la foi : le motu proprio affirme l’existence d’un droit strict, qui plus est d’un droit concernant la vie sacramentelle des fidèles ? Normalement, les pasteurs devraient d’eux-mêmes en proposer la réalisation. Ce n’est que par réalisme et par condescendance, compte tenu de l’état d’esprit de trop nombreux pasteurs, que le texte – sans doute provisoirement – prévoit que les fidèles ont à solliciter de leurs pasteurs l’application de leur droit. Mais il est contraire à la justice, au bon sens élémentaire, à la charité pastorale la plus évidente, voire même, il faut le dire, au sens de la foi, de poser cent conditions et dresser mille obstacles pour qu’une loi portée par le Vicaire du Christ et concernant la lex orandi ne soit en définitive pas appliquée.
Souhaitons donc que bientôt le Motu Proprio soit honnêtement mis en oeuvre dans le diocèse de Versailles qui aurait tous les atouts pour être un magnifique exemple de la bonne mise en œuvre des mesures de Benoît XVI.
Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise.
Posté le 06.02.2008 par auto23652
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Motu Proprio de Benoît XVI et les conséquences épiscopales en France
Le 06 février 2008 - (E.S.M.)
- Le Motu proprio de Benoît XVI, peut paradoxalement jouer un rôle libérateur quant au recouvrement de l'indépendance d'un certain nombre d'évêques vis-à-vis des structures et du conformisme d'en haut et d'en bas.
Claude Barthe, prêtre, écrivain, éditeur
Motu Proprio de Benoît XVI et les conséquences épiscopales en France
A la différence des nombreux documents qui voudraient encadrer la célébration de la liturgie de Paul VI, dont la répétition souligne l'inefficacité, la Lettre apostolique Summorum Pontificum est juridiquement percutante. En fait, on est dans un autre monde cultuel : avec la réforme de Paul VI, il s'agit d'interpréter bien, mal, mieux, un peu moins comme ceci, un peu plus comme cela, des directives liturgiques flexibles et malléables; avec les livres tridentins, il s'agit tout simplement de prendre ou de laisser.
Lesquels prendront et combien ? On estime généralement que ne s'est pas produit en septembre de raz-de-marée tridentin. C'est bien possible, mais on risque d'avoir tout de même quelques surprises. Je voudrais parler ici de celles concernant les évêques de France.
En soi, le texte semble fait pour passer par-dessus leurs têtes et s'appuyer sur les curés, dont il est notoire que beaucoup répondront bien plus « généreusement » à la demande du pape que ne l'ont fait jusqu'ici ses frères dans l'épiscopat. Toutefois, le Motu proprio, peut paradoxalement jouer un rôle libérateur quant au recouvrement de l'indépendance d'un certain nombre d'évêques vis-à-vis des structures et du conformisme d'en haut et d'en bas. En effet, il légitime de facto un certain clergé, celui dit des « nouveaux prêtres » (nouveaux, même si certains ont un âge qui n'est plus tendre), face au clergé « conciliaire », qui détient dans les diocèses et les organismes nationaux une bonne part des postes de responsabilité.
Par ailleurs, il serait incompréhensible que le Motu proprio de Benoît XVI ne produise pas aussi des effets dans le système des nominations épiscopales françaises, qui est, pour résumer à gros traits, un procédé d'autoreproduction à l'intérieur d'une classe de responsables conciliaires. Ce procédé est certes nuancé par la recherche de candidats « modérés » (surtout pas traditionnels!), spécialement en raison de l'influence particulièrement importante, durant des décennies, du cardinal Lustiger. Mais le résultat est que de rares épiscopes sont en phase avec ces « nouveaux prêtres » que j'évoquais et avec leur volonté, tant de renouvellement pastoral dans un sens « identitaire » que de retournement d'une page idéologique. Sauf à imaginer l'absurde et le surréaliste - qui, il est vrai, ne sont jamais inimaginables dans le monde ecclésiastique -, à savoir que le gouvernement de l'Église à tous les niveaux où se « font » les évêques ne modifie en rien son fonctionnement, il serait logique que l'un des critères de choix des nouveaux évêques soit la volonté de faciliter l'application du Motu proprio, qui est, qu'on le veuille ou non, un texte à effets refondateurs. D'autant que, à Rome comme en France, les prêtres et responsables favorables à son application pensent surtout à l'effet indirectement correcteur qu'il aura sur la liturgie de Paul VI et au rééquilibrage des forces, comme on dirait en politique et comme on peut aussi le dire dans l'Église, qui est une société divine et humaine.
Il faut enfin évoquer un autre aspect, plus hypothétique, des conséquences épiscopales de Summorum Pontificum. On sait que l'idée de l'organisation d'une espèce de « rite saint Pie V » (un peu semblable à un rite oriental, mais en moins formel) a été examinée au cours de la dernière partie du pontificat de Jean-Paul II. Concrètement, elle aurait pris la forme de quelque chose comme une administration apostolique mondiale dotée de plusieurs évêques jouant le rôle de vicaires régionaux. Si le projet semble aujourd'hui enterré, il n'est pas dit qu'on ne le retrouve pas, en partie, sous la forme d'institution d'évêques « saint-Pie V » parcourant le monde pour ordonner, visiter, articuler les divers groupes, inciter à la création de paroisses personnelles, préparer les voies de l'émergence légale de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X sous forme de prélature personnelle. Une chose paraît cependant assurée: si de tels évêques tridentins (ou pour mieux dire, d'évêques missionnés vers le monde tridentin) sont institués, ils ne sortiront pas du milieu « saint-Pie V » lui-même, mais pourraient émaner et dépendre de la commission Ecclesia Dei renforcée.
Au total, les célébrations traditionnelles devraient être davantage fondues dans le paysage, lequel pourrait avoir lui-même des couleurs plus traditionnelles. Tout ceci - ecclésiologie fiction ? - avec des risques de remise en question de bien des positions acquises, mais certainement pour le plus grand profit d'un apostolat dynamique.
Abbé Claude Barthe
Sources : revue Catholica
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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 06.02.2008 - BENOÎT XVI - T/Motu Proprio