Liturgie
Posté le 07.11.2007 par auto23652
Messe tridantine le mans?? ( Le Mans )
Hostia: victime expiatoire en latin
Dans un perspective qui est en même temps oecuménique - si on veut - il est aussi possible de lire le texte de la messe catholique orientale (bizantine), qui est pratiquement la même que la messe des orthodoxes (séparés). On voit tout de suite la grande ressemblance avec la messe tridentine et une certaine différence avec le novus ordo.
Pour le texte critique préfacé par le prestigieux Card. Ottaviani, c`est un élément de la question qui permet de réfléchir. Cependant, il concerne, à ma connaissance, la première version (1967 ou 1968) du novus ordo, la notion de sacrifice ayant été soulignée dans la version de 1969. Le point, très subtil, c`est que beaucoup diront que le sacrifice est bien présent dans le novus ordo, mais réinterprété, avec autre chose d`ajouté avec.
Alors il nous reste a observer par nous-même si les messes que nous voyons évoquent un sacrifice offert à Dieu (un sacrifice qui en ce cas-ci, implique la mort de la victime ("hostie" signifie victime), donc une atmosphère fort sérieuse à tout le moins.
Autrement dit: tout le monde dit que la théorie du sacrifice est là dans le novus ordo. Mais la pratique suit-elle? (je dirais donc que la question concerne la pratique de la foi, non à proprement parler sa théorie - à moins que des prêtres manquent d`obéissance ou aient été déboussolés par leurs séminaires et nient que la messe soit un sacrifice; Mgr Rouet de poitiers ne semble pas très éloigné de ce point de vue).
Le problème du nouveau rite est qu'il a été "élaboré" de manière artificielle sur des données (forcément partielles et partiales) un peu historico-critiques, et de manière à pouvoir être célébré aussi bien par des catholiques que par des protestants (ce fut la volonté explicite de Paul VI et de Mgr Bugnini) : or un rite qui peut être célébré par des catholiques et des protestants sans que ceux ci soient gênés par le contenu du missel, alors que justement ils ont nié le sacerdoce, la doctrine du sacrifice eucharistique et celle de la transubstantiation, prouve que le nouveau missel est au moins "faible" pour nourrir la foi des fidèles dans un sens pleinement catholique en accord avec toute la tradition dogmatique... Le problème est un problème de foi, et non seulement de formes extérieures et de rites!
Pour ce qui est du latin, il existe des missels pour les fidèles, très bien faits, où l'on a le texte latin et la traduction en regard: on peut même télécharger sur internet le texte de l'ordinaire de la messe pour avoir un petit livret qu'on imprime et permet de se débrouiller assez bien...
Pour plus de renseignements:
mesnil.marie@gmail.com
Bon et saint dimanche!
Posté le 01.11.2007 par auto23652
Maurice Duruflé et les réformes...
19-06-2007
Le Forum Catholique bien connu nous rappelait opportunément,le 17 juin dernier comment Maurice Duruflé,ancien Président d'Una Voce,n'hésita pas à prendre position contre les désastreuses réformes liturgiques que l'on sait. Un bien bel exemple de courage à méditer!
P.B.
Au milieu du désarroi dans lequel était plongée la musique liturgique post-conciliaire Maurice Duruflé n’hésita pas à descendre dans l’arène en prenant sa plume pour dénoncer l’application des « réformes » liturgiques de Vatican II. Il lança des appels angoissés dès 1965.
Cet « être exquis » était en effet profondément attristé par la « décadence vertigineuse de notre musique sacrée. Un tel désastre est sans précédent dans l’histoire de l’Eglise. Les historiens qui demain nous jugeront le feront avec une sévérité légitime. » (La Croix, 13 décembre 1967). Le Monde du 29 décembre 1966 publie un de ses article intitulé : « Pourquoi je n’écrirai pas de messe en français ».
Il s’en explique plus longuement dans un autre article :
« Le chant grégorien est l’aboutissement d’un long travail de création au cours des siècles. Il avait presque sombré dans l’oubli ou la caricature au siècle dernier. Grâce aux moines de Solesmes, grâce à saint Pie X, notre XXe siècle a vu sa restauration. L’art grégorien a porté à un tel point de perfection le chant liturgique que ce serait, dans l’ordre de la culture chrétienne, une véritable catastrophe s’il disparaissait. Tous les musiciens de quelque valeur en France, en Europe et dans le monde, ne pardonneraient pas à l’Eglise cette faute. Or le chant grégorien est lié au latin. » (La France catholique, 1er juillet 1966).
« Le latin avait ce caractère hiératique, cette résonance mystérieuse, convenant merveilleusement au sens sacré que n’aura jamais le français. » (La Croix, 13 décembre 1967).
Les mots qu’il emploie dans des revues spécialisées sont encore plus durs : « Sous prétexte que la langue vulgaire a été « autorisée » […]
une fringale de destruction de tout ce qui appartient au passé s’empare d’une partie importante du clergé au nom du « renouveau musical liturgique ». Quel renouveau ? Jusqu’à maintenant nous voyons s’amonceler les ruines et sur ces ruines apparaissent déjà quelques minables mélodies sur des paroles françaises. […] L’assemblée des fidèles est maintenant considérée comme une assemblée de retardés ou de sous-développés qu’il faut mener à la baguette en leur faisant chanter […] les vulgarités musicales que l’on entend. […] Le résultat est que bien des paroissiens déçus et découragés, vont ailleurs chercher une messe qui a de la tenue et pendant laquelle ils pourront prier. » « Y a-t-il quelque chose de plus comique, de plus grotesque, que d’entendre articuler, sur un ton qui se veut solennel, les trois syllabes : « Saint, Saint, Saint » ? Il y avait une chaleur autrement rayonnante, autrement convaincante dans les trois Sanctus dont tout le monde comprenait parfaitement le sens des paroles. […] Ce massacre total de notre riche patrimoine grégorien aboutit à un nivellement par le bas de toutes nos fêtes liturgiques. »
Il évoque ailleurs les difficultés qu’il rencontre pour accompagner à l’orgue les « lamentables » « Seigneur, prends pitié ». Le 3 juillet 1967, en vacances à Ménerbe (sa femme Marie-Madeleine était originaire du Vaucluse), Maurice Duruflé écrivait à son fidèle ami André Fleury : « Comme toi je reste traditionaliste.
Je n’admets pas qu’on renie un passé et qu’on fasse table rase d’un langage qui a servi à créer tant de chefs-d’œuvre. Le nouveau à tout prix m’exaspère. »
Duruflé, à l’occasion de ses articles publiés dans les journaux, put mesurer par l’abondant courrier qu’il reçut qu’il existait une masse silencieuse au sein du clergé qui rendait témoignage de la situation extrêmement douloureuse, sous forme voilée ou plus ferme voire véhémente selon la position hiérarchique ou le tempérament de chacun. Bien que dans ses dernières années l’éminent musicien ait cruellement souffert de la dégradation de la musique sacrée, il ne voulait pas s’enfoncer dans l’aigreur et la nostalgie mais plutôt transmettre une note réconfortante.
Voici ses réflexions prospectives dans Una Voce (n. 83, décembre 1978) et L’Orgue (n. 174, 1980) :
« La désaffection dont ce chant est l’objet depuis 1965, dernière année du concile Vatican II, ne pouvait être que le présage d’une nouvelle résurrection. La richesse de sa substance musicale, son potentiel expressif, sa résonance secrète, sa spiritualité profonde étroitement liée à la liturgie pendant tant de siècles, devaient surmonter la crise qui lui avait été imposée artificiellement sous le prétexte fallacieux de prétendues décisions conciliaires. » « Disons qu’aujourd’hui le fond de l’abîme a été touché et que, dans le domaine de la musique sacrée qui nous préoccupe, un sursaut se manifeste de tous côtés. Une remontée lente mais certaine est amorcée. […] Un jour n’est peut-être pas loin où l’Eglise catholique, consciente de certains excès qui lui ont été imposés et dont elle a souffert, célèbrera dans un immense Te Deum le retour triomphal de son chant liturgique de toujours, musique sublime dans sa simplicité. »
Posté le 01.11.2007 par auto23652
Cathédrale de Lille: l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire...
Le pape Benoît XVI rappelle le lien profond entre la beauté et la liturgie
Le 29 octobre 2007 - (E.S.M.) - Benoît XVI, souligne en reprenant l'argumentation de Jungmann, que le sens de cette modalité n’était pas de tourner le dos au peuple mais d’adopter la même orientation que lui.
Les fidèles, ainsi que le célébrant à l’autel, sont tournés vers l’orient au cours de la messe.
Le pape Benoît XVI rappelle le lien profond entre la beauté et la liturgie
Dans le prolongement de Sacramentum Caritatis de Benoît XVI
1) LA MESSE : ► Le Mystère eucharistique
2) LA SAINTE LITURGIE: (page précédente) ► La liturgie expression de la beauté et de la sublimité du Dieu
3) À TRAVERS LES SIÈCLES : ► L'irrécusable affirmation de st Paul
4) L’ÉGLISE
Avant d’assister à la messe, il nous faut d’abord entrer dans l’église. Une première chose la caractérise : elle est orientée. L’église chrétienne est en effet ordinairement tournée vers l’Est.
Les fidèles, ainsi que le célébrant à l’autel, sont tournés vers l’orient au cours de la messe. Le symbolisme en est très riche. Tout d’abord, on situe traditionnellement le paradis terrestre à l’orient : «Les églises chrétiennes sont tournées du côté de l’orient afin que nos regards soient dirigés du côté du paradis, notre antique patrie, d’où nous avons été chassés. Et nous prions Notre-Seigneur de nous rendre ce lieu d’où nous avons été chassés (Pseudo-Athanase, P.G. 28, 618-619) .»
Alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Benoît XVI affirmait, dans la préface d'un ouvrage du théologien Uwe Michael Lang intitulé "Tournés vers le Seigneur", que le Concile n'avait pas exigé de ne plus célébrer dos au peuple et en latin.
Benoît XVI, souligne en reprenant l'argumentation de Jungmann, que le sens de cette modalité n’était pas de tourner le dos au peuple mais d’adopter la même orientation que lui. (...) La prière eucharistique, au contraire, est la prière dans laquelle le prêtre sert de guide, mais est orienté, en même temps que le peuple et comme le peuple vers le Seigneur. (...) Le livre d’Uwe Michael Lang, qui est si agréablement objectif et qui n’a absolument rien de polémique, précise celui qui est devenu Benoît XVI, peut se révéler une aide précieuse. Pour lire cet article : ► Le P. Uwe Michael LANG
En harmonie avec la Sainte Écriture,
les Pères voient dans le soleil levant l’image du Christ : « C’est de l’orient, nous dit Origène, que nous vient le salut; de là vient cet homme appelé Orient, médiateur entre Dieu et les hommes (IX e homélie sur le Lévitique, n. 10).» Le soleil levant est aussi la figure du Christ ressuscité « puisque ce soleil qui semble mourir à l’occident, nous le voyons ressusciter avec tant de gloire en orient (Honorius d’Autun, P.L. 172, 575) », et de son retour à la fin des temps : « Le Seigneur lui-même nous le dit : “De même que l’éclair part de l’orient jusqu’à l’occident, ainsi en sera-t-il de l’avènement du Seigneur”; et c’est parce que nous attendons sa venue que nous prions dans la direction de l’orient (S. Jean Damascène, P.G. 94, 1134-1135) .»
On distingue dans l’église différentes parties : la nef, où prennent place les fidèles; une ou plusieurs marches donnent accès au chœur, où se tient le clergé (les chanoines, les religieux…), puis au sanctuaire, espace sacré environnant l’autel, où officient le célébrant et ses ministres. (Dans les églises paroissiales, où il y a peu de clergé, chœur et sanctuaire sont généralement confondus.)
La présence de marches pour accéder au chœur, puis au sanctuaire, et enfin à l’autel, a son importance. Pour rencontrer Dieu, il faut s’élever, se détacher des choses de la terre : c’est au sommet du Sinaï que Moïse avait reçu la Loi; c’est du haut d’une montagne que Notre-Seigneur prêcha les béatitudes, manifesta sa gloire à ses apôtres le jour de la Transfiguration, et consomma son sacrifice. Ce symbolisme est mis en lumière de manière très heureuse par le psaume 42, que le célébrant récite avant de monter à l’autel, au commencement de la messe : « Envoyez votre lumière et votre vérité, elles me conduiront au sommet de votre sainte montagne, dans l’intimité de votre demeure. »
Au centre du sanctuaire : l’autel, sur lequel le prêtre va offrir le Sacrifice, n’est pas une simple table; il représente Jésus-Christ :
( ndlr : Si on admet cette identification - l'" autel " c'est le Christ - il devient possible de retrouver le " sacrifice de la croix " dans l'Eucharistie : le Christ est (ce en quoi) Celui en qui est rendu présent le " sacrifice de la croix ", le Christ est le centre de l'action de grâce dont l'Eucharistie assure l'accomplissement ; donc le " sacrifice de la croix " est le centre de l'action de grâce dont l'Eucharistie assure l'accomplissement.)
Aussi l’autel est-il construit en pierre, matériau qui, par sa solidité, son poids, sa résistance, est signe de force (dans les psaumes, Dieu est souvent appelé par le psalmiste «mon rocher»); et, comme le déclare saint Pierre devant le Sanhédrin : « C’est lui, Jésus-Christ, la pierre que vous, les bâtisseurs, avez rejetée, et qui est devenue la pierre d’angle (Ac 4 11) .» La table de l’autel, gravée de cinq croix (les cinq plaies du Christ), est ointe de saint chrême au jour de sa dédicace («christ» signifie «oint»). L’autel, recouvert de nappes de lin blanc, évoquant la gloire du Christ, est paré de chandeliers, au milieu desquels on place une croix, qui rappelle l’identité du sacrifice de la messe avec celui du Calvaire.
Dans la pierre de l’autel sont scellées des reliques des saints, et en particulier de saints martyrs. Sans doute y a-t-il là quelque vestige d’une coutume païenne de l’ancienne religion romaine : au jour anniversaire de la mort d’un défunt, les membres de sa famille se réunissaient sur sa tombe pour y partager un repas rituel. De même, les premiers chrétiens sont venus célébrer l’anniversaire des martyrs en offrant sur leurs tombeaux le Saint-Sacrifice de la messe (que saint Thomas d’Aquin appelle le banquet sacré, sacrum convivium). Avec l’édit de Constantin, les persécutions prennent fin, et le peuple chrétien peut édifier en l’honneur de ses martyrs de somptueuses basiliques, dont l’inauguration donne lieu à de grandes solennités : au milieu de tout un peuple en liesse, au chant des psaumes, on transfère les saints ossements depuis les catacombes, pour les déposer sous l’autel du Saint-Sacrifice.
L’autel est déjà présent dans l’Ancien Testament : il apparaît dès le livre de la Genèse comme le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu, tout d’abord par le sacrifice qu’on y offre. Ainsi Noé, à peine sauvé des eaux et sorti de l’arche, «construisit un autel à Yahvé, prit de tous les animaux purs et offrit des holocaustes sur l’autel (Gn 8 20) .» L’autel peut être aussi érigé pour garder le souvenir d’une manifestation divine : « Abram traversa le pays jusqu’au lieu saint de Sichem, au chêne de Moré. Yahvé apparut à Abram et dit : “C’est à ta postérité que je donnerai ce pays.” Et là, Abram bâtit un autel à Yahvé qui lui était apparu (Ibid., 12 6-7) .» L’autel, dans ce cas, matérialise le lieu où Dieu a visité son serviteur, il devient une ouverture sur le Ciel. Ainsi Jacob, consacrant, par une onction d’huile, la pierre sur laquelle avait reposé sa tête pendant la nuit où Dieu lui était apparu, s’écria : « Que ce lieu est redoutable! Vraiment c’est ici la maison de Dieu et la porte du Ciel (Ibid., 28 17) .»
Repères :
A propos de l'autel, lors de la Messe de Minuit, en 2006, le pape Benoît XVI rappelait que pour les Pères, la mangeoire des animaux (qui avait servi de lit à l'Enfant-Jésus) est devenue le symbole de l’autel, sur lequel est déposé le Pain, qui est le Christ lui-même: la vraie nourriture pour nos cœurs. Et nous voyons encore une fois qu’il s’est fait petit : sous l’humble apparence de l’hostie, d’un petit morceau de pain. Il se donne lui-même à nous. ► (Benoît XVI)
Dans l'exhortation Sacramentum Caritatis, le pape Benoît XVI rappelle le lien profond entre la beauté et la liturgie doit nous rendre attentifs à toutes les expressions artistiques mises au service de la célébration. Un aspect important de l'art sacré est certainement l'architecture des églises, dans lesquelles doit ressortir l'unité entre les éléments constitutifs du choeur: autel, crucifix, tabernacle, ambon, siège. A ce propos, on doit garder présent à l'esprit que l'architecture sacrée a pour but d'offrir à l'Église qui célèbre les mystères de la foi, en particulier l'Eucharistie, l'espace le plus adapté au déroulement approprié de son action liturgique. En effet, la nature du temple chrétien est définie par l'action liturgique elle-même, qui implique le rassemblement des fidèles (ecclesia), qui sont les pierres vivantes du temple.
L'architecture elle-même attire ici déjà vers le haut nos sens en direction de "ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment" (Cf. 1 Co 2, 9). Dans toute forme d'engagement au service de la liturgie, notait le pape, un critère déterminant doit être le regard toujours tourné vers Dieu. ► (Jésus Christ)
Le centre de l’espace liturgique, et le cœur de la sacralité humaine : Sanctuaire et Crucifix : ► l'herméneutique erronée
Une contribution de la Commission Pontificale pour les Biens Culturels de l’Église catholique sous la direction de Son Exc. Mgr Mauro Piacenza. Les espaces pour la liturgie : ► (L'Eglise)
à suivre... 5) LE CÉLÉBRANT ET SES MINISTRES
Sources: abbaye Ste Marie du Barroux - E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 29.10.2007 - BENOÎT XVI - T/Liturgie
Posté le 29.10.2007 par auto23652
CE QUI A MAL TOURNÉ AVEC VATICAN II
Lors de son discours à la Curie, le Pape Benoît XVI a entrepris une réflexion sur le Concile à 40 ans de sa conclusion, se demandant quels étaient les résultats de cet événement, et comment il a été reçu.
La question de la réception de Vatican II surgit d'un choc de deux herméneutiques opposées, celle de la " discontinuité et de la rupture et celle de la réforme " , du renouveau dans la continuité de l'Eglise unique. "L'herméneutique de la discontinuité risque de conduire à une rupture entre l'Eglise pré-concilaire et l'Eglise post-conciliaire. A cela s'oppose celle de la réforme telle que l'a présentée Jean XXIII en disant que le Concile "entend transmettre la doctrine pure et intégrale, sans atténuation ni déformation" Il est nécessaire que cette doctrine immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et présentée selon les exigences contemporaines ".
A quelques jours de la présentation de la première encyclique de Benoît XVI, il nous à semblé intéressant de publier une "explication" (toujours d'actualité) de la crise que traverse actuellement l'Eglise catholique.
Depuis plusieurs mois, Benoît XVI, ne cesse de nous commenter tous les textes de Vatican II. Le temps semble venu nous suggère t-il, de réfléchir sur la pertinence de Vatican II. C’est l’événement central de l’histoire de l’Église en notre temps. Ses seize documents, bien qu’avec une force inégale, sont la mesure de la Foi des catholiques romains. Bien compris, c’est une bénédiction pour l’Église – " bien compris. "
Dans la rubrique TEXTES DU VATICAN , nous avons regroupé les 16 documents de VATICAN II
Qu’est-ce qui a mal tourné avec Vatican II ? (Extraits du chapitre V)
Ce n’est pas ses enseignements, dit le cardinal Ratzinger (devenu Benoît XVI) – les documents qui ont été promulgués, mais la fausse interprétation qui en fut faite dans la période post-conciliaire. Le cardinal Ratzinger a noté qu’il était indéniable que les années qui ont suivi le Concile ont été une mauvaise période pour l’Église catholique. Après le Concile, il s’est produit des choses qui étaient directement en opposition avec les aspirations de Jean XXIII qui l’a convoqué et de Paul VI qui l’a poursuivi. 66 Ces Papes et les Pères du Concile s’attendaient à une nouvelle unité parmi les catholiques et à un zèle missionnaire; c’est la division et la dissidence qui sont venues. Le cardinal Ratzinger a cité la remarque de Paul VI que dans l’Église, nous semblons être passés de l’autocritique à l’autodestruction. 67 Une grande partie de cette histoire, a ajouté le cardinal, s’est déroulée sous la bannière de " l’esprit de Vatican II ", mais les problèmes dans l’Église ne viennent pas tous de Vatican II.
Leur cause externe a été celle de la révolution culturelle qui a secoué l’Occident : l’idéologie libérale radicale avec son caractère individualiste, rationaliste et hédoniste. Leur cause interne a été ces forces centrifuges, cachées et agressives – tantôt malveillantes, tantôt non – qui ont cherché à épouser les pires aspects de la modernité.
Pour le cardinal, cela faisait partie de " l’anti-esprit de Vatican II " 68 qui part du principe que l’histoire de l’Église commence avec Vatican II à la case départ. Ce qui amène comme résultat la confusion dans bien des domaines. Le manque de clarté sur la nature du sacerdoce a contribué à propulser de nombreux prêtres dans l’état laïc et même hors de la Foi. Les Conférences épiscopales, au cours de leurs réunions, paraissaient avoir réduit le vote de chaque évêque au statut d’un vote parmi d’autres, même si chaque évêque est en fait gardien de la Foi dans son diocèse et qu’il est directement relié au Saint-Père. L’étude des Écritures semblait avoir été détachée de l’Église. Les catholiques avaient perdu le sens du péché originel et succombaient à la permissivité morale et à la confusion au sujet du mariage. La réforme liturgique s’était développée dans des sens totalement inattendus et inacceptables, et les catholiques modernes tendaient à minimiser même l’Enfer et le Diable.
Le cardinal Ratzinger et le Vatican étaient décidément insatisfaits de la direction prise par l’Église depuis Vatican II. Beaucoup pensent que cette insatisfaction a conduit directement au second Synode extraordinaire.
CE QUI A MAL TOURNÉ AVEC VATICAN II
Une explication de la crise catholique
par
Ralph M. McInerny
TABLE DES MATIÈRES
Introduction
Les enseignements oubliés du Concile
1968 : l’année ou l’Église s’est démembrée
À qui appartient l’Église, de toute façon ?
Des laïcs ballottés par les théologiens
Le Vatican répond enfin à la dissidence
Les théologiens se refusent à professer leur foi
Comment réparer ce qui a mal tourné avec Vatican II
Notice biographique
Notes
Introduction
" C’était merveilleux d’être en vie ce matin-là, mais d’être jeune, c’était le Paradis. " 1 Voilà ce qu’écrivait William Wordsworth dans un élan d’enthousiasme pour la Révolution française, sans doute parce qu’il y avait entre elle et lui la zone tampon du Canal de la Manche. Beaucoup ont éprouvé la même euphorie durant les jours heureux du Concile Vatican II dont les sessions ont duré de 1962 à 1965.
Un jour nouveau s’était levé. On allait ouvrir tout grand les fenêtres et laisser entrer le bon air frais de la modernité. C’était en vérité le jour que fit Yahvé. 2
Certains avaient exprimé leur surprise lorsque Jean XXIII a annoncé qu’il y aurait un Concile. Les conditions habituelles pour la convocation à un niveau aussi élevé des évêques de l’Église se semblaient pas présentes, et, comme s’il voulait en tenir compte, le Saint-Père avait précisé qu’il s’agirait d’un Concile pastoral, et qu’on n’y traiterait pas de questions doctrinales. On reconnaissait implicitement que les enseignements de l’Église étaient aussi clairs que possible. Ce qui manquait, c’était une effort renouvelé de la part des catholiques pour évangéliser le monde, une mise à jour, un aggiornamento.
JFK et Jean XXIII n’étaient pas ce qu’ils semblaient être
Pour beaucoup, Jean XXIII ressemblait au Frère Tuck, cet aumônier d’une bande de voleurs bienveillants. Il avait l’air d’un brave grand-père, un homme compréhensif prêt à tout pardonner. On l’associait souvent à John F. Kennedy qui avait été élu Président des États-Unis en 1960 et avait donné d’un seul coup au catholicisme une respectabilité qu’il n’avait jamais eue dans ce pays. Les deux Jean allaient d’une certaine manière rendre la foi acceptable au monde moderne. Comment ne pas répondre à ce petit Pape affable et rondelet ? Et comment résister au charme de JFK, une célébrité, une star, qui rendait presque frénétiques des foules habituellement réservées ?
La réputation posthume du Président Kennedy sombre malheureusement de plus en plus bas, jour après jour. S’il avait rendu presque chic le fait d’être catholique, il est difficile de savoir ce à quoi il croyait vraiment lui-même, si tant est qu’il croyait.
D’autre part, celui qui se donne la peine de découvrir quelle sorte d’homme était réellement Jean XXIII retrouvera difficilement le personnage qu’en ont fait les médias . On oublie maintenant qu’au début de sa papauté il a publié une directive exigeant l’entière restauration du latin comme langue d’enseignement dans les séminaires et les institutions pontificales. Son sens de l’autorité et de la dignité de la fonction papale est clairement exprimé dans l’encyclique qu’il a publiée sur le Pape Léon I er . 3
Le vrai Jean XXIII ne ressemble en rien au patron de notre Église moderne décentralisée dont la liturgie est célébrée dans plus de langues que n’en connut la tour de Babel. Et les avis à propos de Vatican II, comme de la Révolution française, sont maintenant pour la plupart mitigés. " Liberté, Égalité, Fraternité " 4 paraissait une devise merveilleuse, mais beaucoup de têtes allaient tomber. L’ aggiornamento avait lui aussi ses attraits, mais fallait-il que disparaissent tant de traditions bien-aimées ?
La force de l’Église dans les années cinquante
À quoi ressemblait l’Église d’avant le Concile ? On aurait bien tort de la comparer à quelque chose de brisé qui avait besoin de réparations. Voici quelques impressions sur l’Église aux États-Unis juste avant que les évêques ne se réunissent au Vatican pour le début du Concile.
Dans son livre monumental de 1979, The Battle for the American Church, Mgr George Kelly nous proposait un petit tour du monde en citant des douzaines d’intellectuels catholiques ici et à l’étranger ayant atteint une renommée internationale comme artistes, écrivains ou penseurs. " Le firmament catholique anglais, faisait-il remarquer, était constellé d’étoiles ", 5 tout comme l’Europe continentale. 6 Les États-Unis avaient eux aussi leurs sommités intellectuelles. 7
On avait cependant le sentiment, dans le monde de l’après-guerre, qu’en ce qui concerne la vie intellectuelle et culturelle de la nation, les catholiques n’avaient pas encore réalisé leur plein potentiel. Ce qui correspondait de bien des manières à l’autocritique de l’élite protestante de race blanche lorsqu’elle regardait vers l’Angleterre au cours du dix-neuvième siècle. Cette insatisfaction parmi les catholiques a eu l’effet d’un coup de fouet sur les collèges et les universités catholiques, déclenchant un désir d’excellence qui devait bientôt produire des résultats étonnants, à la fois bons et mauvais.
Cette évocation de la scène préconciliaire se compare de façon intéressante avec celle de l’acerbe catholique Evelyn Waugh. Comme beaucoup d’écrivains britanniques, Waugh inclinait à la condescendance envers les anciennes colonies. Dans son livre The Loved One, il faisait des coutumes funéraires de la Californie une image de la nation. Il serait facile de montrer qu’il était antiaméricain. Mais Waugh était aussi un catholique converti dont la loyauté envers son Église d’adoption était profonde.
En 1949, il a écrit pour le magazine Life un article intitulé " The American Epoch in the Catholic Church ", un texte particulièrement positif et optimiste. Waugh écrit que les catholiques américains forment le corps le plus riche et le plus vivant de l’Église universelle. Il est impressionné par les réalisations des catholiques américains en matière d’éducation, par les paroisses florissantes et les ambitieux projets de construction. De plus, il admire le renouveau spirituel illustré par Thomas Merton et la prolifération des monastères contemplatifs dans tout le pays. Waugh avait deux impressions principales : premièrement, que la diversité dans les formes extérieures du catholicisme était aussi grande en Amérique qu’en Europe, et, deuxièmement, que le catholicisme " n’est pas quelque chose d’étranger et de contraire à l’esprit américain, mais qu’il en constitue une partie essentielle ".
Waugh termine en fait son article par une identification du catholicisme et du mode de vie américain : " Il existe un ‘way of life’ authentiquement américain qui est celui de tout bon catholique américain et il est en tout point contraire au ‘way of life’ fictif et largement diffusé que craignent l’Europe et l’Asie. Et c’est, par la grâce de Dieu, ce ‘way of life’ qui prévaudra. " 9 Le titre de l’article traduit le jugement final de Waugh. Il prévoit une ère américaine dans l’Église catholique.
Cette attitude positive est aussi celle de Jacques Maritain dans son livre Réflexions sur l’Amérique , écrit en 1958, et qu’Alexis de Tocqueville avait d’une certaine manière devancé puisqu’il prophétisait déjà dans De la démocratie en Amérique que les Américains afflueraient vers l’Église catholique. 10 Un peu comme John Henry Newman, il pensait qu’il n’en ressortirait finalement que deux groupes : ceux qui abandonneront le christianisme et ceux qui retourneront vers l’Église de Rome.
L’article de Waugh en 1949 décrit ce qui, pour bien des catholiques, doit ressembler à un âge d’or depuis longtemps révolu de l’Église catholique en Amérique. Le livre de Mgr Kelly confirme ce point de vue. Voici par exemple quelques statistiques recueillies par Mgr Kelly dans le Catholic Directory.
En 1950 :
Il y avait 60.000 prêtres aux États-Unis, et 25.000 séminaristes se préparaient à l’ordination.
Il y avait 150.000 enseignants religieux dans les écoles .
Il y avait cinq millions d’enfants dans les écoles catholiques, de la maternelle au collège, et cinq millions de plus dans des écoles non catholiques qui recevaient une instruction religieuse .
La pratique de la Foi ? Soixante-quinze pour cent des catholiques mariés assistaient à la messe chaque dimanche. Cinquante pour cent recevaient la Sainte Communion au moins une fois par mois. Quatre-vingt cinq pour cent des célibataires allaient à la Messe dominicale et la moitié allaient communier au moins une fois par mois. Les catholiques ayant reçu une éducation universitaire étaient les plus pratiquants de tous . 11
Mgr Kelly tire de nombreuses conclusions de ces statistiques. Pour la majorité des catholiques, l’Église était encore le véhicule qui leur permettait de s’assimiler à la société américaine et de gravir les échelons de l’échelle sociale et économique. Les fidèles étaient loyaux envers leurs pasteurs et leurs évêques ainsi qu’envers les enseignants du système scolaire des écoles catholiques. Les paroisses catholiques étaient des centres de vie sociale; elles constituaient parfois des minorités ethniques mais le plus souvent, ces paroisses étaient elles-mêmes le creuset de nombreuses nationalités. On voyait surgir de ce système éducationnel une élite catholique, des mouvements apostoliques laïcs pour la justice sociale, la paix internationale, la vie familiale, et la perfection spirituelle était florissante. 12 Qui pourrait reprocher à Mgr Kelly de s’enorgueillir de ce tableau !
Le déclin de l’Église après le Concile
Puis Vatican II est venu qui lançait un appel au renouveau, à une manière nouvelle et plus efficace de répandre la vérité, demandant qu’une plus grande attention soit portée à la formation et à la préparation des prêtres. La vie religieuse devait être renouvelée; tous les membres de l’Église devaient grandir en sainteté. Gaudium et spes , le document le plus long de Vatican II, proposait même une vision complète et exaltante du rôle que devait jouer l’Église dans le monde moderne.
Les catholiques s’attendaient à un bond en avant et présumèrent que, particulièrement en Amérique, un brillant tableau serait rendu encore plus lumineux. Cela ne s’est pas produit. C’est tout le contraire qui est arrivé.
" L’esprit de Vatican II " a balayé le latin des autels comme des psautiers. Aujourd’hui, un peu plus de quarante ans après la clôture du Concile, la plupart des prêtres sont probablement incapables de dire la Messe en latin. La liturgie a été maintes et maintes fois modifiée. Les prêtres se présentent devant l’assemblée en présidents et le mot d’ordre est participation des laïcs. Et si l’on voit assurément un plus grand nombre de laïcs s’affairer autour du sanctuaire, les bancs de l’église ne sont plus aussi remplis qu’ils le furent : l’assistance à la Messe a dégringolé.
On estime que dans le sillage du Concile, dix millions de catholiques ont cessé d’assister régulièrement à la Messe, une baisse de trente pour cent. Dans certaines grandes villes, selon les estimations, trente pour cent seulement des catholiques assistent à la Messe dominicale. Le déclin a été particulièrement accentué parmi les jeunes, même chez ceux qui appartenaient au système d’éducation catholique. Les inscriptions dans les écoles catholiques ont chuté rapidement. Le nombre de enfants baptisés a diminué. 13
Une comparaison de l’Église préconciliaire et des aspirations de Vatican II avec les événements des quarante dernières années nous oblige à nous poser la question : Qu’est-ce qui a mal tourné ? Est-il possible de prétendre que les choses se sont améliorées ? Il y a quelques réussites, mais il est indéniable que la foi des catholiques a été ébranlée et que notre mode de vie ne nous distingue plus des autres Américains. Chose étonnante, c’est sous la bannière de Vatican II que l’Église catholique a connu ce déclin. Et il semble parfois qu’on veuille nous dire que cette mauvaise nouvelle est une bonne nouvelle si seulement nous pouvions comprendre l’esprit du deuxième Concile du Vatican.
Le temps semble venu de réfléchir sur Vatican II. C’est l’événement central de l’histoire de l’Église en notre temps. Ses seize documents , bien qu’avec une force inégale, sont la mesure de la Foi des catholiques romains . Bien compris, c’était une bénédiction pour l’Église – bien compris.
Telle est notre tâche, et elle est en vérité formidable.
L’autorité de Vatican II
Depuis la fin du Concile, des milliers de pages ont été écrites pour discuter la signification et la mise en œuvre des centaines de points que contiennent ses seize documents. Dans quelques-uns de ces nombreux livres s’élève la voix de critiques qui prétendent que le deuxième Concile du Vatican contredit des Conciles antérieurs et d’autres enseignements solennels de l’Église, de sorte qu’il est lui-même invalide.
Je réponds à ces critiques que peu importe les problèmes que les documents de Vatican II peuvent poser, celui de leur contradiction avec les Conciles antérieurs ne peut pas être du nombre. C’est le Pape qui convoque un Concile œcuménique; il dirige le travail de l’assemblée des évêques; et il promulgue les documents exprimant le jugement des évêques.
Lorsqu’il fait cela, ces documents deviennent la mesure de notre Foi.
Ce qui rend valide Vatican II est aussi ce qui rend Vatican I, le Concile de Trente et tous les autres Conciles valides. Accepter un Concile, c’est les accepter tous; rejeter un Concile, c’est les rejeter tous : faire un choix parmi les Conciles est hors de question .
Par conséquent, je ne défendrai pas le deuxième Concile du Vatican contre ceux qui l’estiment suspect et en contradiction avec les Conciles précédents ou avec des enseignements solennels de l’Église.
Au contraire, j’adopte comme nécessaire le fait que nous sommes tenus par les enseignements du deuxième Concile du Vatican. Certes, j’admets que de nombreux passages des seize documents de Vatican II exigent d’être étudiés et interprétés avec soin, mais une étude qui commence par de l’animosité contre le Concile est vouée à l’erreur. Pour ma part, j’embrasse le Concile de tout cœur et avec gratitude. Mon intention est d’éliminer les obstacles qui empêchent sa véritable mise en application.
Et ce travail est urgent. Car parmi ceux qui acceptent l’autorité du Concile, certains ont tenté d’utiliser ses documents pour justifier des pratiques que les Pères du Concile n’ont jamais ni envisagées ni voulues. Une évaluation détaillée de ces abus des documents du Concile est essentielle pour la compréhension d’une grande partie de l’histoire de l’Église depuis Vatican II. Elle fournirait un jugement très intéressant sur le kaléidoscope de changements survenus dans l’Église depuis ces trente dernières années, changements que beaucoup ont accueillis avec joie et que beaucoup d’autres ont en horreur.
Néanmoins, bien que j’accepte le Concile et que je rejette les abus qu’on en fait, je n’ai pas tenté dans ces pages un tel examen kaléidoscopique. On pourrait y consacrer des volumes, mais je crois que cela ne ferait qu’obscurcir au lieu d’éclairer la réponse à la question la plus fondamentale, " Qu’est-ce qui a mal tourné avec Vatican II ? "
C’est afin de donner la réponse la plus profonde possible à cette question clé que j’ai écrit un livre succinct et focalisé. J’ai intentionnellement évité des centaines de points importants mais moins essentiels que pourrait soulever une lecture attentive et réceptive des documents de Vatican II.
Pourquoi ? Afin de pouvoir me concentrer sur l’unique question qui anime un si grand nombre des autres controverses qui tourbillonnent autour du Concile et de l’Église aujourd’hui : la crise de l’autorité, la force la plus importante à l’origine des eaux agitées que traverse la barque de Pierre depuis la clôture de Vatican II.
Il y a quarante ans que les fidèles catholiques inquiets cherchent dans la confusion une réponse à cette unique question : Où repose réellement l’autorité dans l’Église ? Seule une réponse sûre à cette question révélera les racines du problème concernant ce qui a mal tourné avec Vatican II. Seule une réponse sûre à cette question nous permettra de voir ce qui doit être fait pour ramener le Concile vers ses objectifs premiers.
Vatican II a-t-il présagé la fin des temps ?
Beaucoup s’imaginent que le temps lui-même va s’arrêter. Dans des cercles catholiques sérieux, cette crainte est souvent alimentée par de récents avertissements apocalyptiques rapportés au cours d’apparitions réelles ou supposées de la Vierge Marie. Beaucoup croient que les apparitions de 1917 à Fatima, au Portugal, annonçaient la fin du monde; mais on pourrait aussi fort bien affirmer que Fatima prédisait les conséquences très réelles, quoique inattendues, de Vatican II.
Jacinthe, une des trois enfants auxquels Marie est apparue à Fatima, dit un jour, " Je ne peux pas dire comment, mais j’ai vu un jour le Saint-Père dans une très grande maison, agenouillé devant une table avec le visage dans les mains. Il pleurait. Il y avait beaucoup de gens devant la maison; il y en a qui lui jetaient des pierres, d’autres qui l’injuriaient et disaient des gros mots. " 14
Quelqu’un a-t-il fait une meilleure description de l’état de siège de la papauté et du Magistère de l’Église depuis Vatican II ?
Certains en ont même conclu que l’Église a tout simplement déraillé au début des années soixante et que nous vivons actuellement la fin des temps.
La guerre semble déclarée à l’intérieur de l’Église elle-même : des théologiens éminents en appellent de Vatican II pour nier l’autorité du Pape et exhortent les fidèles à tout simplement l’ignorer. Cependant, comment se peut-il que le Concile ait raison et que le Pape ait tort ?
En même temps, beaucoup de catholiques conservateurs ont dénoncé le Concile lui-même comme une aberration doctrinale, en soutenant que ses enseignements sont en contradiction avec la doctrine catholique traditionnelle. Pourtant, se réclamer des Papes antérieurs contre le Pape actuel, des Conciles œcuméniques passés contre un autre Concile œcuménique, crée d’insurmontables difficultés. Si l’Église n’était pas protégée de l’erreur dans Vatican II, pourquoi devrait-on imaginer que les Conciles précédents aient été plus fiables ?
Mais alors si le Concile est sans défaut, qu’est-ce qui ne l’est pas ?
Qu’est-ce qui a mal tourné avec Vatican II ? Ces défections massives de prêtres et de religieux ne pouvaient pas être l’objectif du Concile, mais elles ont eu lieu en grand nombre. L’attitude impudente de théologiens bien en vue envers le Magistère et leur rejet du Saint-Père, qu’il se nomme Paul VI, Jean-Paul II ou Benoît XVI (pour être complet) ne peuvent avoir été voulus par Vatican II, mais leur dissidence n’est que trop caractéristique de l’Église actuelle. Les manifestations de faiblesse de la part des pasteurs et des évêques n’étaient certainement pas dans les intentions du Concile, mais combien de prêtres et d’évêques défendent-ils encore la Foi avec le courage et la foi du Saint-Père ?
Et pourquoi le Pape, aujourd'hui Benoît XVI, se retrouve-t-il seul à lutter avec patience et énergie contre les maux de notre temps, seul à faire valoir la Foi dans le monde où nous vivons ?
Pour répondre à ces questions et découvrir le remède au triste déclin de notre Église au cours des dernières décennies, nous devons examiner le Concile lui-même et les événements clé qui l’ont suivi.
Le vibrant appel de Fatima à la prière et à la pénitence suggère que la faute ne repose pas uniquement sur nos évêques et nos théologiens, mais en nous-mêmes. Il est possible que le renouveau que Jean XXIII attendait du Concile ne se produira finalement qu’en obéissant au message de Notre-Dame de Fatima. La crise d’autorité qui tourmente l’Église est peut-être une punition pour nos propres péchés et pour les péchés des autres dans l’Église.
Posté le 29.10.2007 par auto23652
Le nouveau cérémoniaire de Benoît XVI s'exprime: les messes-spectacle çà suffit !
Cité du Vatican, le 28 octobre 2007 - (E.S.M.) - Une interview en exclusivité du nouveau cérémoniaire du Pape Benoît XVI - Mgr Guido Marini : «les messes-spectacle çà suffit, maintenant, mettons en avant la sobriété et le respect de la liturgie »
Mgr Guido Marini -
Le nouveau cérémoniaire de Benoît XVI s'exprime: les messes-spectacle çà suffit !
Une interview du nouveau cérémoniaire du Pape Benoît XVI - Mgr Guido Marini : «les messes-spectacle çà suffit, maintenant, mettons en avant la sobriété et le respect de la liturgie »
Il est arrivé il y a peu de peu au Vatican : accent génois très marqué, 42 ans, a grandi à l'école du Cardinal Giuseppe des Siri et des collaborateur de confiance des Archevêques Dionigi Tettamanzi, Tarcisio Bertone et Angelo Bagnasco, le nouveau maître des célébrations liturgique du Pape Benoît XVI, Mgr Guido Marini, successeur de l'homonyme Piero, parle pour la première fois après l'attribution de cette prestigieuse prestigieux.
Monseigneur, avant tout bienvenue et bon travail…
« Merci de ce vœu, j'en ai vraiment besoin. Je sais, je suis à Rome depuis très peu de temps, et je dois observer, étudier, me faire aux habitudes locales... : il y a beaucoup à faire, je crois ».
Entre temps on passe d'un Marini … à l'autre : que dit Piero, votre prédécesseur ?
« Je le remercie de tout cœur. Il a donné beaucoup à l'Église, il a servi deux Papes, et je me trouve seulement au début de mon chemin ».
Il a été appelé à une tâche ardue…
« C'est évident. La vie de chaque maître de cérémonies liturgiques du Saint Père est parsemée de problèmes. Nous sommes sous les feux de la rampe, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de commettre des erreurs ».
Beaucoup ont soutenu que vous aviez été appelé parce que sur le plan liturgique vous étiez plus sobre et plus traditionnel que Mgr Piero Marini. Quelle est votre conception de la liturgie?
« Comme le veut et l'enseigne l'Église, ni plus ni moins. Je ne suis pas quelqu'un qui cherche des inventions et des fantaisies. Je peux même sembler banal, mais la liturgie est le respect des règles dictées par l'Église, et je ne vois pas la raison pour laquelle je dois ne pas l'accepter ».
On dit justement qu'à Gênes, où vous avez œuvré jusqu'à maintenant, la liturgie était bien soignée, sobre et élégante, sans fioritures fantaisistes…
« Mais la liturgie est par nature-même ainsi. Je le répète : personne ne peut déroger aux règles liturgique de l'Église. La Messe est un don, une grâce, non un spectacle. Donc aucune invention, mais le respect absolu des règles liturgique ».
Le pape Benoît XVI, au-delà du très grand théologien, est également un fin liturgiste. Il accorde une grande importance à la liturgie correctement exécutée …
« Collaborer avec le Saint Père sera pour moi une grâce. La popularité du Pontife, son souci de prêcher la vérité et son courage sautent aux yeux de tous. Et pour ce qui est de la liturgie, je suis en total accord avec la thèse du pape: la Messe est un sacrifice. ».
À votre avis, y a-t-il eu des abus liturgiques dernièrement ?
« Vous savez, l'Église est grande. Mais, comme l'a reconnu le Pape lui-même dans la Lettre explicative au 'Motu Proprio Summorum Pontificum', il y a eu des abus et les interprétations extravagantes. Ce que je peux dire est que sûrement je ne serai auteur d'aucune invention, je me limiterai à appliquer scrupuleusement les règles aujourd'hui existantes ».
À propos : que pensez du Motu Proprio de Benoît XVI qui a libéralisé la Messe sous sa forme tridentine ?
« Je suis à 100% avec le Motu proprio, c'est un acte de bon sens, de justice, de liberté et clairvoyance ».
Sources: Petrus - Traduction E.S.M.
Posté le 27.10.2007 par auto23652
Le Cérémonial des Evêques selon l'édition de 1752 vient d'être réédité
Le Cérémonial des Évêques du concile de Trente à Vatican II
Cæremoniale Episcoporum
Le texte du Cæremoniale Episcoporum classique et sa traduction française, disponibles sur le site Cérémoniaire depuis quelques mois, se trouvent désormais aussi en librairie, édités par Hora Décima.
Textes latin et français. Traduction intégrale du texte selon l’édition de 1752, établie, révisée et annotée par André Philippe M. Mutel o.s.s.m. et Peter Freeman.
Le Cérémonial des Évêques est un livre liturgique majeur. Il a pour fonction d’expliquer le déroulement des cérémonies de l’évêque, spécialement dans sa cathédrale. Il représente la liturgie romaine de référence. Le Cérémonial des Évêques tridentin, édité en latin et en français, est resté en vigueur jusqu’en 1984. Il a coexisté avec la réforme de Vatican II durant quinze ans, pendant lesquels certains prélats ont continué à s’y référer : singulier exemple d’une certaine osmose des deux formes du rite.
Le Cérémonial des Évêques relève d’une esthétique sacrée : il règle une savante chorégraphie cultuelle au sein d’un ensemble formé par l’espace architectural, la musique, les chants, les objets précieux, le parement des autels et des clercs. Les saints mystères bien célébrés diffusent cette beauté propre à l’ordre harmonieux du culte divin, la sainte beauté de la liturgie chrétienne
ISBN 2-915844-05-4 EAN 9782915844054 Prix 37,50 euros T.T.C. 288 pages
Éditions Hora Decima
4, rue Galvani
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33 (0)6 15 20 65 12
Posté le 26.10.2007 par auto23652
Qui doit servir à la messe ?
La réponse de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements du 07 mars 2003
Un prêtre membre de l’Association Pro Liturgia a interrogé la Congrégation pour le Culte divin au sujet du service d'autel accompli par des jeunes filles. Voici la réponse qu'il a obtenue le 7 mars 2003 et qui est signée de Mgr. Tamburrino, Archevêque-secrétaire de la Congrégation :
"Monsieur l'Abbé,
Cette Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements a bien reçu votre lettre du 14 juillet 2002, à laquelle était joint un article du journal Famille Chrétienne au sujet du service d'autel accompli par des filles.
En vous remerciant pour votre démarche qui montre votre souci de la dignité de la liturgie et du respect de ses normes, la Congrégation voudrait répondre à votre demande, tout en vous assurant que, en ce qui concerne l'article en question, elle ne restera pas inactive.
Au sujet de l'accès des femmes au service de l'Autel, à la suite de la réponse positive qui résultait de l'interprétation authentique de l'expression "ou encore d'autres fonctions" du canon 230 §2 du Code de Droit canonique par le Conseil pontifical pour l'Interprétation des Textes législatifs, du 30 juin 1992, la Congrégation pour le Culte divin a adressé une Lettre aux Présidents des Conférences des Evêques, le 15 mars 1994, dans laquelle il est stipulé que c'est à chaque Evêque, après avoir entendu l'avis de la Conférence des Evêques, sur la base "d'un jugement prudentiel, d'estimer ce qu'il convient de faire pour un développement harmonieux de la vie religieuse dans son propre diocèse".
Si, "pour des raisons particulières", l'Evêque accorde une telle autorisation, cette députation temporaire des femmes au service de)'autel devra être clairement expliquée aux fidèles. De plus, l'autorisation donnée à ce sujet par quelques Evêques ne peut nullement être invoquée comme imposant une obligation aux autres Evêques.
Enfin, la Lettre tient à préciser que "le Saint-Siège rappelle qu'il sera toujours opportun de suivre la noble tradition du service de l'autel confié à de jeunes garçons. On sait que ce service a permis un développement encourageant des vocations sacerdotales. L'obligation de continuer à favoriser l'existence de ces groupes d'enfants de chœur demeurera donc toujours".
Il convient de noter en outre que, dans une Lettre du 27 juillet 2001, publiée dans le Bulletin officiel de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements Notitiae Janv. fév. 2002, 426-427, pp. 49-51, ce Dicastère précise que, dans le cas où l'Evêque diocésain a donné l'autorisation, celle-ci "ne peut en aucun cas exclure du service de l'autel les hommes ou, en particulier, les jeunes garçons, puisqu'il sera toujours très opportun de suivre la noble tradition du service de l'autel confié à de jeunes garçons" (Lettre circulaire précitée du 15 mars 1994, n. 2).
Cette Congrégation est toujours prête à répondre à votre attente pour le cas où vous éprouveriez le besoin de vous adresser de nouveau à elle.
Je vous prie de croire, Monsieur l'Abbé, en l'expression de mes sentiments cordiaux et dévoués en Jésus-Christ."
Copyright : Association Apostolat Sainte Thérèse et site Internet http://www.tresordelafoi.org
La question des filles servantes d’autel !
Pour bien saisir la pensée de l’Eglise au sujet de la liturgie, il convient de lire les instructions dans sa totalité et ne pas omettre, comme certains, les notes. Or, dans le cas des servants d’autel, nous voyons qu’il est clairement dit, au n°47 des nouvelles normes liturgiques de 2004, que « les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’évêque diocésain ; dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet (note 122) ». Que disent ces normes auxquelles fait référence la note 122 du document et que l’on prend généralement soin d’omettre ? Elle donne des instructions pratiques en six points :
« 1) Après avoir entendu l’avis de la Conférence des Évêques, il revient à chaque Evêque de prendre une décision, s’il le juge bon, sur la base d¹un jugement prudentiel sur ce qu’il convient de faire pour un développement harmonieux de la vie religieuse dans son propre diocèse. (cela signifie que si l¹Évêque ne dit rien ou estime qu’il n’a rien à dire à ce sujet, les filles ou les femmes ne sont pas autorisées à servir à l’autel dans son diocèse).
2) Chaque Evêque est appelé à prendre une décision personnelle, s’il l’estime nécessaire. L’autorisation donnée à ce sujet par quelques Evêques ne peut nullement être invoquée comme imposant une obligation aux autres Evêques.
3) Les fonctions liturgiques, dont le service de l’autel, sont exercées en vertu d’une députation temporaire, selon le jugement de l¹Évêque, sans qu’il s’agisse d’un droit à les exercer de la part des laïcs, qu’ils soient hommes ou femmes.
4) Lorsque l’Evêque, pour des raisons particulières, autorise l’accès des femmes au service de l’autel, cela devra être clairement expliqué aux fidèles, en faisant référence au can. 230 § 2 du code de droit canon de 1983, qui trouve déjà une large application dans le fait que les femmes remplissent souvent la fonction de lecteur dans la liturgie, et peuvent être appelées à distribuer la sainte communion, comme ministres extraordinaires de l’Eucharistie, ainsi qu’à exercer d¹autres fonctions, comme il est prévu au can. 230 § 3.
5) Tout en respectant la décision que, pour des raisons déterminées selon les conditions locales, certains Évêques ont adoptée, le Saint-Siège rappelle qu’il sera toujours très opportun de suivre la noble tradition du service de l’autel confié à de jeunes garçons, qui a eu pour effet depuis un temps immémorial le développement des futures vocations sacerdotales. Ainsi, l'autorisation de l'Évêque ne peut, en aucun cas, exclure du service de l'autel les hommes, ou, en particulier les jeunes garçons. L’obligation de continuer à favoriser l’existence de ces groupes d’enfants de choeur demeurera donc toujours.
6) L’autorisation éventuelle de l’Evêque ne peut pas obliger les prêtres du diocèse à faire appel aux femmes ou aux filles pour le service de l’autel ».
Ce dernier point signifie bien qu’une éventuelle autorisation de l’Evêque doit toujours laisser aux prêtres la liberté de ne pas faire appel à des femmes ou des filles pour le service de l’autel.
La liturgie de l’Eglise est une richesse à recevoir et non à construire : elle n’est ni un lieu ni un moment de bricolages ou d’expérimentations, comme l’ont courageusement rappelé plusieurs évêques qui ont rappelé ce que dit Vatican II : « Personne, pas même le prêtre, ne peut, de son propre chef, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie » (Constitution Sacrosanctum Concilium (constitution sur la sainte liturgie du concile Vatican II) , n° 22 § 3). Modifier la liturgie selon le bon plaisir du célébrant ou d’une équipe liturgique est toujours un abus grave qui conduit les fidèles à être privés du trésor que veut leur confier l’Eglise.
Au lieu de modifier sans cesse la liturgie, essayons de comprendre le sens divin que le Saint-Esprit a voulu donner à la liturgie. A ce moment là, on constatera les fruits nombreux et positifs de la réforme liturgique. Respecter ce que la Tradition de l’Eglise a établi à propos du service de l'autel, c’est se prémunir de tomber dans des situations équivoques ou inextricables en ce qui concerne l’ordination des femmes au sujet desquelles il a été précisé : « l’ordination sacerdotale des femmes ne saurait être acceptée, pour des raisons tout à fait fondamentales. Ces raisons sont notamment: l’exemple rapporté par la Sainte Ecriture du Christ qui a choisi ses apôtres uniquement parmi les hommes ; la pratique constante de l’Eglise qui a imité le Christ en ne choisissant que des hommes et a soutenu que l’exclusion des femmes du sacerdoce est en accord avec le plan de Dieu sur l’Eglise ». Par ailleurs, le fait que la très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise, n’ait reçu ni la mission spécifique des apôtres ni le sacerdoce ministériel montre clairement que la non-admission des femmes à l'ordination sacerdotale ne peut pas signifier qu’elles auraient une dignité moindre ni qu’elles seraient l’objet d’une discrimination ; mais c’est l’observance fidèle d’une disposition qu'il faut attribuer à la Sagesse du Seigneur de l'univers. Car c’est à la sainteté des fidèles que se trouve totalement ordonnée la structure hiérarchique de l'Eglise. Voilà pourquoi, rappelle la Déclaration Inter Insigniores , « le seul charisme supérieur, qui peut et doit être désiré, c'est la charité » (I Corinthiens 12, 13). Les plus grands dans le Royaume des Cieux, ce ne sont pas les ministres, mais les saints. Et le Pape conclut ainsi dans la lettre au § 4 : « C’est pourquoi, afin qu’il ne subisse aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l’Eglise, je désire, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (Evangile de saint Luc 22, 32), que l’Eglise n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l'Eglise ». Il faut donc que les fidèles baptisés ne cherchent pas à exercer un pouvoir mais à se sanctifier en aimant Dieu de tout leur coeur, de toute leur âme et de toutes leurs forces, également en respectant les commandements de Dieu et les dont la toute-puissance et la gloire sont manifestés à travers le culte liturgique.
Allant à l’encontre des voeux exprimés par quelques évêques français, la Commission théologique internationale vient d’exclure (en 2002) la possibilité de l’ordination diaconale des femmes. Après cinq années d’études, cette Commission a précisé que les diaconesses dont on trouve mention dans l’église primitive n'étaient pas des diacres féminins, au sens où souhaitent l’entendre les actuels promoteurs d'un ministère sacerdotal et diaconal asexué au sein de l’Eglise. Par le rite d’institution, les « diaconesses » exerçaient des fonctions bien distinctes de celles des « diacres ordonnés ».
En ces temps d’errements qui sont les notre, conserver l’unité [1] du sacrement de l’Ordre en manifestant la distinction entre le ministère des évêques et des prêtres et celui des diacres, est une nécessité pour l’Eglise ainsi que pour le rôle des laïcs.
Ceci dit, il est possible de faire participer les filles au service de l’autel en leur faisant porter une cape blanche. Elles auront alors comme rôle de faire tout ce qui ne concerne pas le service de l’autel : donner à l’accueil un livre ou une feuille, faire la quête, porter pendant la procession des offrandes une fleur ou un lumignon etc… C’est donc un rôle complémentaire qu’il y a entre les servants d’autels homme et femme comme il y avait du temps du Christ une complémentarité entre les disciples du Christ et les saintes femmes qui suivaient le Christ.
Auteur : François LUGAN
Copyright : Association « Apostolat Sainte Thérèse », site Internet http://www.tresordelafoi.org
[1] Cf. Conseil Pontifical pour l’interprétation des Textes Législatifs, Responsio ad propositum dubium, 11 juillet 1992 : AAS 86 (1994) pp. 541-542 ; Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Lettre aux Présidents des Conférences des Évêques sur les fonctions liturgiques exercées par des laïcs, 15 mars 1994 : Notitiae 30 (1994) pp. 333-335, 347-348 ; Lettre à un Evêque, 27 juillet 2001: Notitiae 38 (2002) 46-5 ; Normes liturgiques de 2004 numéro 44 à la fin sur le rôle des laïcs.
Posté le 26.10.2007 par auto23652
Attitude d'adoration
LES SERVANTS DE MESSE.
N’ayez pas peur de vous agenouiller devant Dieu! Car adorer le Créateur ne diminue en rien l’homme, mais lui restitue sa pleine humanité et dignité!
Le pape demande de transmettre aux jeunes le désir de suivre le Christ, source de bonheur ( TRANSMETTRE...2.11.2005 )
Il nous demande également de puiser dans l'immense héritage de Jean-Paul II et de relire Vatican II. Nous avons extrait quelques documents qui sont autant d'incitations pour encourager les servants d'autel.
Voici quelques extraits et les liens qui correspondent à ces textes.
LETTRE DU PAPE JEAN-PAUL II AUX PRÊTRES POUR LE JEUDI SAINT 2004
( Il faut privilégier le soin des servants d'autel )
6. C'est précisément à cette lumière, chers Frères prêtres, qu'il faut privilégier, à côté d 'autres initiatives, le soin des servants d'autel , qui constituent comme un «vivier» de vocations sacerdotales. Le groupe des servants d ' autel , bien accompagné par vous au sein de la communauté paroissiale, peut parcourir un vrai chemin de croissance chrétienne, formant quasiment une sorte de pré-séminaire. Éduquez la paroisse, famille de familles, à voir dans les servants d ' autel ses propres enfants comme «des fils autour de la table» du Christ, Pain de vie (cf. Ps 127, 3).
Profitant de la collaboration des familles les plus sensibilisées et des catéchistes, suivez avec une profonde sollicitude le groupe des servants d'autel pour que, par le service de l' autel , chacun d 'eux apprenne à aimer toujours plus le Seigneur Jésus, le reconnaisse réellement présent dans l'Eucharistie et goûte la beauté de la liturgie. Toutes les initiatives concernant les servants d ' autel qui sont organisées par le diocèse ou par les zones pastorales doivent être promues et encouragées , en tenant toujours compte des différences d 'âge. Pendant mes années de ministère épiscopal à Cracovie, j'ai pu remarquer combien il était profitable de se consacrer à leur formation humaine, spirituelle et liturgique. Quand les enfants et les adolescents accomplissent leur service à l' autel avec joie et enthousiasme, ils offrent aux jeunes de leur âge un témoignage éloquent sur l'importance et la beauté de l'Eucharistie . Grâce à la sensibilité marquée et imaginative qui caractérise leur âge, et grâce aux explications et à l'exemple des prêtres et de leurs compagnons plus âgés, les plus jeunes peuvent aussi grandir dans la foi et se passionner pour les réalités spirituelles.
Et enfin, n'oubliez pas que vous êtes, vous, les premiers «apôtres» de servants d'autel : votre témoignage compte plus que tout autre moyen ou que toute autre assistance. Dans une participation régulière aux célébrations du dimanche et des jours de fête, les servants d ' autel vous rencontrent, par vos mains ils voient «se faire» l'Eucharistie, sur votre visage ils lisent le reflet du Mystère, dans votre cœur ils devinent l'appel à un amour plus grand. Soyez pour eux des pères, des maîtres et des témoins de la piété eucharistique et de la sainteté de vie!
Et toi, Mère du Christ Souverain Prêtre, obtiens toujours à l'Église des vocations nombreuses et saintes, et des ministres de l' autel fidèles et généreux.
Du Vatican, le 28 mars 2004, cinquième dimanche de Carême, en la vingt-sixième année de mon pontificat. Jean-Paul II
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Dans:
REDEMPTIONIS SACRAMENTUM
47 - Il est tout à fait louable que se maintienne la coutume insigne que soient présents des enfants ou des jeunes - dénommés habituellement « servants d’autel» ou «enfants de chœur» - qui servent à l’autel comme acolytes, et reçoivent, selon leurs capacités, une catéchèse utile, adaptée à leur service.[119] On ne doit pas oublier que, du nombre de ces enfants, qui servent à l’autel, a surgi, au long des siècles, une multitude de ministres sacrés .[120] Afin de pourvoir plus efficacement aux besoins pastoraux de ces servants d’autel, il est nécessaire d’instituer et de promouvoir pour eux des associations, en faisant même appel à la participation et à l’aide de leurs parents. Quand des associations de ce genre acquièrent une dimension internationale, il revient à la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements de les ériger, ou d’approuver et de reconnaître leurs statuts.[121] Les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’Évêque diocésain; dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet .[122]
122] Cf. Conseil Pontifical pour l’Interprétation des Textes Législatifs, Responsio ad propositum dubium, 11 juillet 1992: AAS 86 (1994) pp. 541-542; Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Lettre aux Présidents des Conférences des Évêques sur les fonctions liturgiques exercées par des laïcs, 15 mars 1994: Notitiae 30 (1994) pp. 333-335, 347-348; Lettre à un Évêque, 27 juillet 2001: Notitiae 38 (2002) 46-54.
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S.Em. le Card. Francis ARINZE, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements (CITÉ DU VATICAN)
Dans le cadre de la Célébration eucharistique, l’ars celebrandi se réfère à la participation intérieure et extérieure du célébrant et de l’assemblée. Il souligne l’importance d’éprouver un sentiment vif de contemplation émerveillée, presque de stupeur sacrée, face au Mystère de Dieu qui se révèle et nous donne ses richesses dans la Sainte Eucharistie. Il exige un silence réceptif et une réaction de prière qui procède de l’écoute des coeurs ouverts à l’action, cachée mais puissante, de l’Esprit Saint.
L’ars celebrandi impose de sérieuses exigences au prêtre qui célèbre le Sacrifice eucharistique: la conscience du ministère reçu lors de l’ordination ( agnosce quod agis, imitare quod tractas ) et la conscience qu’il agit in persona Christi et en tant que ministre de l’Église universelle. Il incite le prêtre à approfondir sa connaissance de la liturgie, de l’Écriture et de la théologie et souligne l’importance de la formation continue des prêtres qui exercent le ministère. En réalité, de nombreux abus liturgiques sont souvent causés par l’ignorance ou par une fausse conception de la liberté (Redemptionis Sacramentum, 7, 9).
L’ars celebrandi aide le prêtre à avoir une attitude pleine de foi et une posture disciplinée lors de la Messe. D’un côté, il ne peut pas s’isoler des présents, de l’autre, il ne doit pas devenir lui-même le protagoniste. La liturgie n’est pas en premier lieu ce que nous faisons mais ce que nous recevons dans la foi.
Quant aux autres participants à la célébration de l’Eucharistie - les servants d’autel, les lecteurs, le choeur , etc. - l’ars celebrandi exige d’eux une bonne préparation, la foi, l’humilité et une attention centrée sur le mystère sacré plutôt que sur soi.
Quand la Messe est célébrée dans cet esprit, elle nourrit la foi et l’exprime avec force - lex orandi, lex credendi. Grâce à une compréhension véritable du rôle des normes liturgiques, une telle célébration est exempte de toute banalisation et de toute désacralisation. Elle renvoie chez lui le peuple de Dieu après l’avoir nourri de manière appropriée, revitalisé spirituellement et envoyé de manière dynamique pour évangéliser.
Le rôle de l’Évêque diocésain en matière de promotion de l’ars celebrandi est d’une importance cruciale (cf. Sacrosanctum Concilium, 41; Instrumentum Laboris, 52). Les Messes célébrées dans les cathédrales, dans les grands sanctuaires et centres de pèlerinage, ainsi qu’à l’occasion de grands rassemblements de fidèles doivent être des modèles en matière d’ars celebrandi. ( L’ars celebrandi 07.10.2005 )
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Constitution conciliaire SACROSANCTUM CONCILIUM sur la Sainte Liturgie
Education à l'esprit liturgique
29. Même les servants , les lecteurs, les commentateurs et ceux qui appartiennent à la Schola cantorum s'acquittent d 'un véritable ministère liturgique. C'est pourquoi ils exerceront leur fonction avec toute la piété sincère et le bon ordre qui conviennent à un si grand ministère , et que le peuple de Dieu exige d 'eux à bon droit.
Aussi faut-il soigneusement leur inculquer l'esprit de la liturgie, selon la mesure de chacun, et les former à jouer leur rôle de façon exacte et ordonnée.
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CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ DIRECTOIRE POUR LE MINISTÈRE ET LA VIE DES PRÊTRES
32. Pastorale des vocations
Le prêtre réservera un soin particulier à la pastorale des vocations , en ne manquant pas d'encourager la prière à cette intention, de se dépenser dans la catéchèse, de soigner la formation des servants à l'autel, de favoriser des initiatives appropriées au moyen d'un rapport personnel qui fasse découvrir les talents et sache reconnaître la volonté de Dieu pour un choix courageux à la suite du Christ. (95)
Certainement, la conscience claire de son identité, la cohérence de sa vie, la joie transparente et l'ardeur missionnaire constituent autant d'éléments indispensables de cette pastorale des vocations qui doit s'intégrer dans la pastorale générale ordinaire.
Avec le séminaire, berceau de sa vocation et terrain d'une première expérience de vie de communion, le prêtre maintiendra toujours des rapports de collaboration cordiale et d'affection sincère.
C'est «une exigence incontournable de la charité pastorale» (96) que chaque prêtre — secondant la grâce du Saint-Esprit — se préoccupe de susciter au moins une vocation sacerdotale qui puisse continuer son ministère .
Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, le 31 janvier 1994, a approuvé le présent directoire et en a autorisé la publication.
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BUREAU DES CÉLÉBRATIONS LITURGIQUES DU SOUVERAIN PONTIFE
En cette année 2004, le Pape se rend de nouveau à Lourdes en pèlerinage, les 14 et 15 août
5 e Mystère: l'Institution de l'Eucharistie
Station: devant la basilique de Notre-Dame du Rosaire. Avec quelques évêques, prêtres et diacres se trouvera un grand nombre de servants d'autel puisque ce service, fortement loué dans les derniers documents du Saint-Siège , a une si grande importance pour l'initiation à l'Eucharistie et pour la pastorale des vocations . En effet, il rend proche du Sauveur et il donne envie de le servir dans le sacerdoce en renouvelant le Sacrifice eucharistique et en servant ses frères.
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Posté le 26.10.2007 par auto23652
Nouveau site consacré au chant grégorien et à la musique religieuse
Les Actualités - Actualités de France
26-10-2007
Présentation du site par M. l'abbé Lorber:
"Vous aimez le chant grégorien et la musique polyphonique religieuse ? Vous êtes à la bonne adresse .
Ce site vous donne accès à de nombreuses ressources :
vous souhaitez écouter du chant grégorien : vous pouvez écouter des extraits en ligne, acheter un disque.
Vous êtes intéressés par l'interprétation du chant grégorien : vous trouverez ici non seulement des textes, mais un module d'apprentissage.
Vous aimez la polyphonie sacrée et êtes à la recherche de disques et/ou vous vous voudriez en savoir davantage : allez à la rubrique de découverte du monde de la polyphonie sacrée ou encore à la rubrique de nos disques. Des trésors entiers inconnus du grand public vous y attendront d'ici peu: écoutes d'extraits, conseils de disques, textes explicatifs (Ouverture: fin novembre).
Vous préparez un événement familial et cherchez une partition pour confectionner un livret liturgique: vous trouverez tout ce qu'il faut dans la base de données de partitions.
Vous êtes chef de chœur et souhaitez varier votre répertoire tout en l'adaptant au niveau de votre chorale : rejoignez le forum des chefs de chœur (démarrage: début novembre) et téléchargez les partitions adaptées à vos besoins (disponible dès maintenant), les parties des voix séparées. Ce site ne veut pas être une oeuvre personnelle, mais le rassemblement de toutes les ressources intéressantes en matière de musique liturgique. Nous sommes éparpillés à travers la France et même le monde, chacun a dans son répertoire quelques perles qu'il serait bon de mettre à disposition des autres chefs de choeur. Cette mise en commun nous permettra de créer un fond de partitions exclusivement liturgiques, libres de droits et d'accès, disponible sur le web.
Pour préparer une répétition de grégorien, il est indispensable de connaître de plus près les pièces à répéter. Pour aider à cela, nous mettrons les commentaires de Dom Baron en ligne. Avant une répétition, une lecture de ces textes vous aidera à donner à vos choristes le style et l'esprit du chant grégorien et de la liturgie du jour.
J'invite les différents acteurs du monde de la musique liturgique à rassembler les ressources qui pourront permettre à chacun de puiser selon ses besoins, de nous enrichir mutuellement, et en fin de compte – et surtout! – d'enrichir la liturgie que nous célébrons. "
Abbé Bernard Lorber http://www.musique-liturgique.com
Posté le 24.10.2007 par auto23652
La pensée lumineuse du pape Benoît XVI
Rome, le 22 octobre 2007 - (E.S.M.) - La promulgation du Motu proprio Summorum Pontificum doit combler notre espérance avec une reconnaissance sans nom pour notre courageux Saint-Père Benoît XVI : vienne la paix liturgique et l'unité entre tous les catholiques !
Vienne la paix liturgique et l'unité entre tous les catholiques !
La pensée lumineuse du pape Benoît XVI
LA LITURGIE ET LA MOBYLETTE
Le pape Benoît XVI, après Jean-Paul II, souhaite remettre de l'ordre dans la liturgie. Pour ce faire, il publie l'Exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis suivie par le Motu Proprio "Summorum Pontificum". Aussitôt nos chers vieux soixante-huitards, ex-Jocistes aigris (Pour les plus jeunes : JOC = jeunesse ouvrière catholique), se mettent à parler de "retour en arrière". On proteste. Il est toujours de bon ton de protester quand on n'a plus vraiment confiance dans le Seigneur et dans son Église. "C'est le refus des acquis de Vatican II", dit un clerc en col roulé qui se croit encore dans le vent, comme "autrefois", et qui entend protéger les tabous liturgiques de son milieu d'appartenance sans même s'apercevoir qu'il fait très "folklo" dans son costume d'ancien militant de l'ACO. (Action Catholique Ouvrière, le site officiel, du moins ce qu'il en reste !)
Le souvenir des jours anciens s'accroche ainsi aux progressistes d'hier qui sont devenus, sans s'en rendre compte, les intégristes d'aujourd'hui. Ils aimeraient que revienne cette époque bénie et exaltante où l'on célébrait l'Eucharistie autour de la table de cuisine d'une HLM, avec soeur Ginette qui osait se mettre en civil. Mais ils oublient de voir que, comme disait une vieille paroissienne à son curé qui venait de liquider le maître-autel de l'église: "Ce ne sera jamais plus comme avant".
C'est vrai : ce ne sera jamais plus "comme avant". Car une majorité de fidèles souhaitent à présent davantage de dignité en liturgie; il arrive même que des jeunes nés bien après le Concile se prennent à apprécier la forme "extraordinaire" du rite romain tellement elle leur apparaît célébrée avec plus de respect que les messes paroissiales qui se prévalent du Concile. Et puis, les pèlerins viennent en nombre à Rome écouter les catéchèses de Benoît XVI, la bête noire de nos vieux ex-progressistes. Enfin, nombreux sont les catholiques qui aimeraient réentendre et chanter le grégorien au cours des liturgies. Dignité, beauté, respect des rites: autant de choses que les néo-conservateurs ne peuvent pas comprendre, eux qui se sont employé pendant des années à tout saboter, à imaginer "leur" révolution liturgique.
Au milieu de ces nouvelles orientations qui se font jour dans l'Église de ce XXIème siècle, le clergé d'hier ne veut pas s'éclipser. On le comprend. Mais il continue avec une désarmante candeur à ressasser interminablement les vieux slogans d'hier: "Les gens ne comprennent pas le latin"; "Il faut rendre la messe plus vivante"; "Il faut que les fidèles puissent participer activement"; "Il faut que les gens puissent voir ce qui se passe à l'autel"... etc. Autant d'idées qui n'étaient pas fausses en elles-mêmes mais qui, coupées d'une vision globale de la liturgie et donnant lieu à des applications menées à la hussarde - comme disait feu le Cardinal Lustiger - furent à l'origine de la crise liturgique que l'on sait.
Les vieux slogans d'hier ont cependant un avantage: ils permettent au clergé "néo-tradi-hard" de ne pas s'interroger sur les vrais problèmes: chute de la pratique dominicale, baisse alarmante du nombre des vocations sacerdotales et religieuses... etc.
D'où cette question: dans quel monde vivent ces clercs ? Si en France l'Église continue à s'enfoncer dans la crise, n'est-ce pas d'abord parce qu'elle est encore trop souvent entre les mains de ces militants d'un autre siècle qui refusent d'appliquer les directives magistérielles, lesquelles sont autrement plus "modernes" - puisqu'il faut être moderne - que leurs vieux principes ? Si la crise se prolonge, n'est-ce pas parce que ces clercs et ces laïcs qu'on dit "engagés" affectent de parler au peuple sans vouloir se rendre compte que le peuple ne les écoute plus, tellement leurs discours sont décalés ? Les fidèles préoccupés et inquiets de l'avenir de la liturgie, de la prière, de la catéchèse, de leur foi, de l'Église, ne peuvent plus se reconnaître dans ces clercs immobiles et souvent idéologues qui refusent de s'interroger sur les vrais problèmes posés par la désertification des messes dominicales et des séminaires diocésains, ou qui continuent à s'accrocher à une pastorale ayant suffisamment donné les preuves de son inaptitude à répondre aux vrais questions et à surmonter la crise actuelle.
Il est inquiétant de voir avec quelle mauvaise foi ces clercs sexagénaires qui brassent avec une désarmante opiniâtreté les idées d'un autre siècle, sont aujourd'hui devenus capable de travestir la pensée lumineuse de Benoît XVI. Ainsi, quand le pape explique comment comprendre Vatican II pour mieux en appliquer les principes, ils crient à la trahison du Concile. Quand le pape autorise la célébration du rite romain sous sa forme "extraordinaire", ils brandissent le spectre d'un retour inconditionnel au latin et d'une division au sein de l'Église. Quand le pape Benoît XVI demande que les rites soient respectés et dignement accomplis, ils crient à la violation du principe de "participation active" des fidèles à la liturgie et à la ruine des acquis du Concile. Quelle incroyable hypocrisie, chez ces gens-là, dans leur soudaine référence à Vatican II, ce concile que, depuis 40 ans, ils n'ont guère respecté !
C'est donc une image ancienne de la liturgie - et, au-delà de la liturgie, de l'Église aussi - qui est actuellement soutenue par les vieux états-majors toujours en place dans nos diocèses. Comme s'ils avaient mal passé leur puberté, ils continuent une interminable crise d'adolescence qui les conduit à employer un discours totalement anachronique dont ne veulent plus les jeunes générations de fidèles.
Leurs célébrations liturgiques, totalement décalées, ont quelque chose en commun avec ces vieilles mobylettes que trafiquent les jeunes: elles font beaucoup de bruit, fument tant qu'elles peuvent... mais n'avancent plus.
Denis CROUAN docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia
La promulgation du Motu proprio Summorum Pontificum doit combler notre espérance avec une reconnaissance sans nom pour notre courageux Saint-Père Benoît XVI : vienne la paix liturgique et l'unité entre tous les catholiques !
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