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Recueillement et Grégorien Doctrine et Liturgie.
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Blog Religion
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08.07.2007
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Liturgie

La Liturgie, relation totale de l'Eglise avec Jésus

Posté le 09.12.2007 par auto23652
La liturgie, relation totale de l’Église avec Jésus Christ "Mediator Dei"


VATICAN, le 08 décembre 2007 - (E.S.M.) - Ce titre est bien connu : c’est l' "incipit" de l’encyclique du Serviteur de Dieu, le Pape Pie XII : la déclaration la plus organique du Magistère de l’Église sur la liturgie, qui ait jamais été produit jusqu’à présent.

Le pape Pie XII

La liturgie, relation totale de l’Église avec Jésus Christ "Mediator Dei"

LES PAROLES DE LA DOCTRINE

par l’Abbé Nicola Bux et l’abbé Salvatore Vitiello

Ce titre est bien connu : c’est l' "incipit" de l’encyclique du Serviteur de Dieu, le Pape Pie XII : la déclaration la plus organique du Magistère de l’Église sur la liturgie, qui ait jamais été produit jusqu’à présent. La Constitution liturgique du Concile Vatican II elle-même se fonde sur ses principes doctrinaux et en reprend la structure en les développant. La surprise à la lecture d’un document qui date de soixante ans, c’est d’en découvrir encore son actualité : elle est poussée par une intention pastorale, ayant ouvert la voie à la ‘pastorale liturgique’, comme les montre les « instaurationes » ou réformes qui suivirent dans la décennie suivant, la plus célèbre étant celle de l’Ordo de la Semaine Sainte (1955), inaugurée en 1951 avec la restauration de la Veillée Pascale dans toute son antiquité.

La préoccupation pastorale se manifeste aussi dans la méthode : ne pas imposer subitement, d’un seul coup, une disposition qui bouleverse l’ordonnance des « unités liturgiques » (Messe, Bréviaire, Calendrier…), mais proposer une restauration graduelle des parties les plus anciennes, sans toutefois éliminer les développements, étant donné que la liturgie, tout comme le corps ecclésial est un organisme vivant : on ne peut amputer des parties seulement parce qu’elles n’existaient pas à la naissance. C’est un peu la méthode qui s’applique dans les œuvres d’art. Plusieurs études ont mis en lumière les principes qui guidèrent ce grand pontife : en particulier celle de l’innovation dans la continuité, bien différente de l’archéologisme et du créativisme (Cf. à ce sujet : C. Braga: La riforma liturgica di Pio XII. Documenti-1.La ‘Memoria sulla riforma liturgica’, Roma 2003, CLV, BEL 128; N.Giampietro, Il Card.Ferdinando Antonelli e gli sviluppi della riforma liturgica dal 1948 al 1970, SA, Roma 1978.). Jean XXIII et Paul VI eurent l’intention de continuer dans le sillage et avec la méthode de Pie XII, comme le montrent les éditions du Missel Romain de 1962 et de 1965. A présent, le « Motu Proprio » de Benoît XVI se relie à cette présentation traditionnelle et innovatrice en son temps.

On connaît l’affirmation de Dostoïevski dans « les Frères Kamazov » : « Si quelqu’un pouvait me démontrer que la vérité se trouve en dehors du Christ, je préférerais rester avec le Christ plutôt que cette vérité ». Ce n’est certes pas théologiquement correct, mais cela exprime l’essentiel pour le chrétien : le caractère irréductible entre l’Église et le monde, comme entre le sel et la nourriture à laquelle il doit donner du goût. Le monde pourra accepter la tradition, la pensée, l’art, les valeurs du Christianisme, à la limite aussi l’exemple moral du Christ : mais l’esprit du monde n’acceptera jamais de se laisser posséder par l’esprit du Christ, parce qu’il aspire sans cesse à l’autonomie. Alors que l’Église est totalement relative au Christ : elle ne serait plus l’Église si elle cessait de l’être.

Le culte ou liturgie de l’Église manifeste totalement cette relation, comme l’affirme au début l’Encyclique « Mediator Dei ». Autrement, on crée quelque chose qui est semblable au culte chrétien, mais sans le Christ. Ou un culte éloigné de la gloire à donner à Dieu, et du salut à donner à l’homme, occupé à célébrer eux-mêmes, la communauté, le prêtre, ou un culte relégué dans une dimension ‘spirituelle’ évanescente, où disparaissent la conscience et l’expérience, le changement d’une satisfaction uniquement esthétique. Dans l’un et dans l’autre cas, la méthode essentielle du Christianisme a été refusée, celle d’une communion à laquelle adhérer et obéir, qui est le présupposé nécessaire pour s’approcher tout d’abord, et pour la participation ensuite de l’homme au culte.

Un Évêque italien parmi les plus attentifs à la liturgie, écrit notamment : « Le pélagianisme dans ses différents degrés, est toujours un danger pour la vie de l’Église (même quand on ne parle presque jamais de la Grâce, même quand on ne connaît pour ainsi dire pas le contenu dans lequel il est né et a eu une manifestation profonde). Si la mentalité pélagienne est appliquée à la Liturgie, on en arrive à insister beaucoup plus et à accorder beaucoup plus d’importance à l’action extérieure que l’homme y exerce, qu’à celle qu’exerce le Christ par l’action ministérielle instrumentale de celui qui a été rendu capable d’agir par Lui ‘in persona Christi et Ecclesiae’, par la Parole qui est annoncée, par les signes qui sont accomplis. On en arrive à oublier que ce qui compte est l’action divine, de l’Esprit, de la Grâce, et non pas celle de l’homme, qu’il soit simple fidèle, que ce soit la communauté ou le Ministre lui-même » (Mons.Mario Oliveri, La Divina Liturgia, Albenga 2007, p 7).

La présomption de créer une nouvelle liturgie et la faiblesse existentielle et culturelle de l’Église, ont contribué au climat où les abus ont pris pied, signes de la rébellion et de la désobéissance, tellement opposés à l’obéissance du Christ jusqu’à la mort en Croix, que la liturgie doit annoncer de manière essentielle. Ainsi, comme l’a déclaré quelqu’un, tous ceux qui auraient dû entrer dans l’Église avec la réforme liturgique, sont restés en dehors. Nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir, mais, nous, chrétiens, nous avons la responsabilité de témoigner que le nihilisme et le relativisme, qui ont pénétré dans la liturgie, ne peuvent vaincre, parce qu’ils ont déjà été vaincus par Celui qui fait sans cesse « l’univers nouveau » (Apocalypse, 21, 5).

Si on avait tenu compte de tout cela dans la réalisation de la réforme liturgique postconciliaire, on aurait évité des traumatismes et des oppositions. A présent, s’ouvre une saison où doit prévaloir la confrontation franche et sereine des idées, parce que personne ne représente tout seul toute l’Église, mis à part l’Evêque de Rome ; l’aide d’institutions compétentes ne doit pas faire défaut ; en premier lieux, celles qui sont guidées par les Bénédictins, sous la direction de la Congrégation du Culte Divin, autorité suprême qui veille sur la liturgie « pour conserver ou obtenir la réconciliation et l’unité ». (lettre du pape Benoît XVI aux évêques, qui accompagne le Motu Proprio "Summorum Pontificum").

Repères (parmi tant d'autres) :
Sacrée Congrégation des Séminaires et Universités in "Doctrina et Exemplo", signé par Paul VI 12/1965 :

4. (...) Comme acte public de l'Église, le culte liturgique est nécessairement hiérarchique et, par conséquent, soumis aux prescriptions de l'Autorité compétente. Il s'en suit que la désobéissance aux prescriptions de la loi, résultant de préférences personnelles, altère la nature de l'acte qui n'est plus liturgique ; ce n'est plus le culte de l'Église, mais la prière privée d'un individu ou d'une faction.

Concile Vatican II in "Sacrosanctum Concilium", voté à l'unanimité et signé par Paul VI /1963 :
22. Modifier la liturgie relève de la hiérarchie

§ 1. Le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l'autorité de l'Église: il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l'évêque.

§ 2. En vertu du pouvoir donné par le droit, le gouvernement, en matière liturgique, appartient aussi, dans des limites fixées, aux diverses assemblées d'évêques légitimement constituées, compétentes sur un territoire donné.

§ 3. C'est pourquoi absolument personne d'autre, même prêtre, ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie.

Ndlr : En conclusion de quoi, toute désobéissance est :

- une désobéissance au concile
- une désobéissance au Magistère de l'Église, ce qui rend hypocrite pendant la Messe la phrase de la prière Eucharistique "En union avec ton serviteur le Pape".


Sources: www.vatican.va

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 08.12.2007 - BENOÎT XVI - T/Liturgie - T/Doctrine



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Rorate caeli

Posté le 01.12.2007 par auto23652
Jacques le juste

Ecoutez le magnifique "Rorate caeli"

www.unavoce.fr

Chant de l'Avent


Le cantique Roráte cæli a été composé par un prêtre français de l’Oratoire au début du XVIIe siècle.

Malgré sa composition tardive, il n’en demeure pas moins de l’authentique chant grégorien, même au point de vue modal.

Le refrain est issu de la magnifique prophétie d’Isaïe qui sera chantée à l’introït du IVe dimanche de l’Avent.

Roráte cæli désuper, et nubes pluant justum.

Ô cieux, versez votre rosée ; nuages, faites pleuvoir le juste !

Les couplets sont également empruntés à différents passages d’Isaïe : ils chantent en une déclamation très lyrique, la misère des peuples retenus dans la captivité du péché et soupirant après la venue du Rédempteur.



L’année Grégorienne d’Yves Gire publié chez Dominique Martin Morin en 2000 est toujours disponible à Una Voce pour la somme de 28 € franco.

www.unavoce.fr

Son associé au billet :

Le "double usage de l'unique et même rite

Posté le 01.12.2007 par auto23652
Le Motu Proprio de Benoît XVI ne concerne pas que l'ancienne liturgie


Le 30 novembre 2007 - (E.S.M.) - En demandant avec instance que la messe soit célébrée "en conformité avec les prescription du Missel actuel", le pape Benoît XVI ne montre-t-il pas très clairement que le Motu proprio ne s'adresse pas qu'aux fidèles attachés à la forme "extraordinaire" de la liturgie mais aussi à tous les prêtres qui se disent attachés à l'enseignement de Vatican II ?

Le "double usage de l'unique et même rite"

Le Motu Proprio de Benoît XVI ne concerne pas que l'ancienne liturgie

Ceux qui analysent le Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, qu'ils lui soient favorables ou qu'ils lui soient défavorables, ne retiennent généralement qu'un seul aspect de l'enseignement contenu dans ce document magistériel: celui qui concerne la forme "extraordinaire" du rite romain et l'autorisation donnée de pouvoir célébrer l'Eucharistie selon l'Ordo missae du Bienheureux Jean XXIII. Cette lecture est très insuffisante. Le document magistériel n'aborde pas "que" la question de la forme "tridentine" de la liturgie; il aborde "aussi" la question de la forme actuelle de la messe, ce qu'oublient de souligner bien des fidèles, bien des prêtres, et bien des évêques!
Reprenons certains termes du Motu proprio qui concernent directement la liturgie actuelle :

"Parmi les livres liturgiques du rite romain, la première place revient évidemment au Missel romain", écrit Benoît XVI qui utilise ici un singulier - "le Missel romain" (missale-romanum) - pour bien montrer la continuité dans les différentes éditions du Missel qui se sont succédées au cours des siècles. Et si le pape dit que la première place doit revenir au Missel romain, cela signifie aussi qu'il faut mettre hors des sacristies, des églises et des autels les livrets d'animation liturgique qui ne sont en aucun cas l'équivalent de ce Missel, le seul ouvrage qui fait autorité en liturgique. (Présentation générale du Missel Romain)

Puis Benoît XVI indique que "le Concile Vatican II exprima le désir que l'observance et le respect dus au culte divin soient de nouveau réformés et adaptés aux nécessités de notre temps." Nous lisons bien: "observance et respect". Que de travail à faire dans ce domaine-là dans nos paroisses où si peu "observent" et si peu "respectent"!

Le Motu proprio poursuit : "le Souverain Pontife Paul VI approuva en 1970 des livres liturgiques restaurés et partiellement rénovés de l'Eglise latine; ceux-ci, traduits partout dans le monde en de nombreuses langues modernes, ont été accueillis avec plaisir par les Évêques comme par les prêtres et les fidèles. Jean-Paul II reconnut la troisième édition type du Missel romain. Ainsi, les Pontifes romains se sont employés à ce que "cet édifice liturgique, pour ainsi dire, apparaisse de nouveau dans la splendeur de sa dignité et de son harmonie" (...)". Les livres liturgiques ont été officiellement, approuvés, reconnus, accueillis et ils ont permis que la liturgie soit à nouveau splendide et digne, écrit le Saint-Père. Ainsi, ce qui a enlaidi la liturgie actuelle, ce n'est pas l'usage des livres restaurés à la suite de Vatican II, mais le fait que de nombreux célébrants ont organisé des messes qui ne tenaient pas compte de ces livres. Autrement dit, s'il y a crise liturgique, la faute n'incombe ni au Concile, ni au missel romain qui en est issu, mais bien à certains clercs et aussi à certains fidèles laïcs - quel que soit le "bord" duquel ils se réclament - qui se trompent de cible en attaquant systématiquement Vatican II.

Le pape Benoît XVI poursuit: "le Missel romain promulgué par Paul VI est l'expression ordinaire de la lex orandi (la règle de ce qu’il faut dire dans la prière) de l'Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l'expression extraordinaire de la même lex orandi de l'Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la lex orandi de l'Église n'induisent aucune division de la lex credendi (la règle de ce qu’il faut croire) de l'Église; ce sont en effet deux mises en oeuvre de l'unique rite romain." Il faut bien lire ce passage capital qui ruine complètement les propos et les arguments que l'on trouve aussi bien sous la plume de certains "traditionalistes" qui refusent Vatican II que sous celle de ceux qui se réclament du Concile pour le déformer sans vergogne. Ce que dit très exactement le pape ici, c'est que quelle que soit l'expression liturgique employée pour célébrer l'Eucharistie, il n'y a aucun risque d'altération de la foi catholique : les deux expressions de la prière - l'expression "ordinaire" aussi bien que l'expression "extraordinaire" - traduisent parfaitement la foi de l'Église. Voilà pourquoi seuls ceux qui reconnaissent sans la moindre arrière-pensée l'autorité de Vatican II sont habilités à veiller à ce que dans nos églises ne puisse exister que l'une de ces deux formes qui sont le "double usage de l'unique et même rite" dit le Souverain Pontife dans sa Lettre qui accompagne le Motu proprio et qu'il adresse aux évêques.

Dans cette même Lettre Benoît XVI rappelle "avant tout que le Missel, publié par Paul VI et réédité ensuite à deux reprises par Jean-Paul II, est et demeure évidemment la forme normale ­ la forma ordinaria ­ de la liturgie Eucharistique." Autrement dit, les célébrations qui s'éloignent du Missel actuel tout en se réclamant du Concile - autrement dit, celles qu'on trouve encore dans une majorité de paroisses - sont le reflet de "formes anormales" de la liturgie. A ce titre, elles doivent définitivement disparaître.
Et le pape d'ajouter que si beaucoup de personnes ont souhaité retrouver la forme "extraordinaire" de la liturgie, c'est parce qu'en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel mais qu'on a déformé la liturgie à la limite du supportable. Ici encore, Benoît XVI s'adresse directement à ceux qui se disent fidèles à Vatican II mais qui ont fait subir des déformations à la liturgie restaurée: ils sont les premiers responsables de ce que des fidèles se sont tournés vers la forme "extraordinaire" de la messe. De cette constatation, le Saint-Père tire la conclusion de son message aux évêques: "dans la célébration de la Messe selon le missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l'a été souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. La meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions; c'est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel." En demandant avec instance que la messe soit célébrée "en conformité avec les prescription du Missel actuel", le pape Benoît XVI ne montre-t-il pas très clairement que le Motu proprio ne s'adresse pas qu'aux fidèles attachés à la forme "extraordinaire" de la liturgie mais aussi à tous les prêtres qui se disent attachés à l'enseignement de Vatican II ?

Or c'est précisément ce point-là que beaucoup ont tendance à passer sous silence, comme pour éviter d'avoir à reconnaître que leurs façons de célébrer la messe n'est pas toujours conforme à l'enseignement conciliaire dont ils se réclament, et devraient donc être corrigées.

Denis CROUAN docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia

Le Motu Proprio ► Le texte officiel et tous les commentaires


Sources: PRO LITURGIA

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 30.11.2007 - BENOÎT XVI - T/M.P.

Précisions de l'abbé Laguérie

Posté le 30.11.2007 par auto23652
Motu Proprio de Benoît XVI, précisions de l'abbé Laguérie



Le 29 novembre 2007 - (E.S.M.) - Le Pape Benoît XVI, par exemple, en produit une de taille lorsqu’il affirme (c’est très violent à la réflexion !) que le rite ancien respecte mieux que l’autre le caractère sacré.

Le caractère sacré de la Liturgie -

Motu Proprio de Benoît XVI, précisions de l'abbé Laguérie

Voici la question qui a été posée à l'abbé Laguérie (IBP) : Vous semblez étrangement absent du débat qui fait rage sur le Forum Catholique et met en cause votre confrère. N’est-il pas temps que vous coupiez court aux rumeurs et aux non-dits et nous donniez officiellement la position du Bon Pasteur, dont vous avez la responsabilité ?

Suit la réponse :

Rien de plus simple, cher ami ! Ce ne sera qu’une redite.

Parce qu’à la vérité, on a dit mille et une choses superfétatoires, alors que la position de l’Institut du Bon Pasteur, telle que je la formule ici, peut tenir en quelques phrases. A quelques mots près, cette position était déjà la mienne, il y a quelques mois sur ce blog. (cf « Vous avez dit "légitimité" ? » du 17/04/2007 et « Droit ou illégalité ? » du 22/02/2007)

1 Contester la légitimité de la forme ordinaire du rite romain, c’est nier le pouvoir du Pontife Romain sur la liturgie et ce n’est pas catholique.

2 Il s’agit de cette légitimité « ab origine », comme dans sa source, qui d’elle-même garantit la validité du rite, son efficacité et conséquemment sa « sainteté » objective, comme action du Christ Lui-même.

3 Le mot « légitimité » pris dans ce sens, n’a évidemment pas celui de la vie courante qui indique alors, de surcroît, une rectitude de fait et une parfaite conformité doctrinale.

4 Par où l’on saisit que le mot « légalité » serait tout à fait insuffisant parce qu’il ne garantirait que l’aspect juridique de la promulgation et non pas la validité du rite ainsi promulgué. Voila pourquoi nous préférons, à bon droit, utiliser le mot « légitimité ».

5 Laquelle, ainsi comprise et distinguée de la notion courante, permet de toute évidence une critique sérieuse du contenu, parce qu’elle ne le recouvre pas. Le Pape Benoît XVI lui-même, par exemple, en produit une de taille lorsqu’il affirme (c’est très violent à la réflexion !) que le rite ancien respecte mieux que l’autre le caractère sacré. Lorsqu’il s’agit du « Saint des Saints » de l’Église…c’est ce que nous pensons depuis 40 ans et renoncer à cette position alors même que le Pape Lui-même nous vient à la rescousse serait aussi stupide que scandaleux.

Les questions comportementales sont à déduire de ces principes, et non l’inverse. Nous ne sommes pas marxistes ! Le témoignage que nous entendons rendre à la sainteté prouvée et incontestable de l’usage traditionnel de la messe, sans préjudice de la « légitimité » que nous reconnaissons à l’autre, nous font une grave obligation morale de ne participer activement qu’à cette usage-là. Et personne, absolument personne, ne peut nous faire l’obligation du contraire : il faudrait pour cela nous démontrer que la communion n’est pas entièrement établie dans la célébration de l’antique et vénérable forme ! (évêques, prêtres et fidèles confondus, chacun dans son rôle). Simple monstruosité théologique dont on ose espérer que le cléricalisme le plus fou n’aille s’emparer. Comme si nous allions exiger de tous les évêques et prêtres de la forme ordinaire, qu’ils célébrassent l’extraordinaire pour démontrer qu’ils sont bien en communion avec l’Église. Quelle blague !

Il ne faut guère s’étonner de cette agitation. Voilà 30 ans que, si les questions du Magistère (Munus docendi) font l’objet d’études régulières, les questions de Juridiction (Munus Sanctificandi et Munus regendi) sont laissées en friche, tant du côté des traditionalistes que du côté des conciliaires. On a préféré se jeter au visage des étiquettes et des insultes (« intégristes », « ralliés », « libéraux », « modernistes », « schismatiques » etc.…) qui masquent, et témoignent aussi, du vide intellectuel ainsi cultivé. Le FC vient malheureusement de nous donner ces jours-ci, malgré quelques belles interventions, une petite idée de cette friche. Sans vantardise et avec beaucoup d’inquiétudes, voilà 20 ans que je me dis que ce vide va faire de la casse. Il faut donc se mettre à étudier sérieusement ces questions difficiles et délicates sous peine de sombrer dans l’imbécillité ou le sectarisme. D’autant que ce nouveau Pape brouille à lui seul toutes les pistes et que les désobéissants d’hier deviennent les fidèles d’aujourd’hui et vice-versa. Et parce qu’il l’a déjà bien commencé dans son livre magistral « Non lieu sur un schisme », c’est M. l’abbé Héry que l’Institut va charger de débrouiller ces questions, avec sa finesse et sa ténacité légendaires.

Ce qui veut dire qu’il est tout à fait inutile d’inviter quelque prêtre que ce soit de l’ Institut du Bon Pasteur à concélébrer une messe (par exemple pour le Jeudi ou le mardi saint) et même à y assister. Et non pas seulement parce que ses statuts le lui interdisent. Le droit canon (Can. 902 ) affirme expressément ce droit de tout prêtre à la célébration individuelle et donc au refus légitime de la concélébration. Sauf, s’il se trouvait déjà-là et que ce refus fit scandale, parce qu’un office commun va commencer, évidemment (ibidem). Mais encore et surtout, parce que le témoignage qu’il doit rendre s’en trouverait obscurci jusqu’à la destruction. Enfin, s’il est besoin, parce que son supérieur général le lui interdit expressément, conformément au droit de l’Église et du droit particulier de l’Institut.

J’en profite pour saluer les sympathiques internautes du Forum Catholique. Mais de grâce, ce conseil : dormez la nuit. Que de bêtises ça nous éviterait le jour. Le curé d’Ars avait-il raison : « tout ce qui est fait après 22h00, l’est pour le diable » ?

Le Motu Proprio de Benoît XVI ► Le texte officiel et tous les commentaires


Sources: www.vatican.va

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 29.11.2007 - BENOÎT XVI - T/M.P.

Benoît XVI donne l'exemple: suivons le!

Posté le 27.11.2007 par auto23652
Benoît XVI donne l'exemple : suivons-le !


Cité du Vatican, le 26 novembre 2007 - (E.S.M.) - C'est à deux cérémonies magistralement bien célébrées par le pape Benoît XVI auxquelles nous avons pu assister samedi et dimanche en la basilique Saint-Pierre du Vatican. Merci à Mgr Marini de veiller à l'authentique application des directives liturgiques édictées à la suite de Vatican II et rappelées par la parution du Motu Proprio.

Le pape Benoît XVI -

Benoît XVI donne l'exemple : suivons-le !

A l'occasion de la fête du Christ Roi de l'Univers notre pape Benoît XVI a concélébré la messe avec les nouveaux Cardinaux, en la basilique Saint-Pierre du Vatican.

Et là, surprise: sur un site internet où interviennent généralement des fidèles davantage attachés à la forme "extraordinaire" de la liturgie qu'à la forme "ordinaire", les louanges pour cette messe papale vont bon train. Un internaute déclare: "les premières photos de la messe de ce matin confirment les changements liturgiques en cours à Rome. Le pape porte la dalmatique sous la chasuble ce que ne faisait pas Jean-Paul II à l'exception du Jeudi Saint. Après les splendeurs du consistoire (...), cette nouvelle modification dans un sens plus "tradi" montre que le changement tant attendu du cérémoniaire papal porte des fruits d'espérance... attendons la messe de minuit qui là aussi pourrait nous réserver de bonnes surprises!"

Un autre internaute intervient à son tour pour déclarer: "j'ai regardé cet après-midi la messe célébrée à Rome ce matin et confirme ce qui vient d'être dit (...). De plus, le cérémoniaire a une attitude exemplaire, (il y a) de très beaux ornements, (...) le plateau de communion (est) ressorti. Et surtout (pour la première fois depuis bien longtemps je pense), la célébration (se fait) face à la croix au milieu de l'autel entourée de six chandeliers. Franchement, ça donne une toute autre dimension. Bravo et prions pour ce Mgr. Marini."

Ce qu'il faut bien voir ici, c'est que Benoît XVI, au fond, n'a fait que respecter à la lettre l'Ordo Missae actuel ainsi que le nouvel Caeremoniale Episcoporum. Et c'est ce qui a fait que la cérémonie à eu beaucoup d'allure...

Remarquons deux choses:

1. Les vêtements portés par les ministres étaient somptueux - tout le monde le reconnaît - mais ni lourds ni rigides. Les diacres avaient de véritables dalmatiques, c'est-à-dire une tunique dotée de "vraies" manches et non de ces sortes de casaques de mousquetaires dotées d'ailettes voulant ressembler à des manches. Le pluvial que portait le Saint-Père à la cérémonie du samedi ressemblait à un vrai vêtement ample et enveloppant, et non à une carapace rigidifiée.

2. Le pape, à la messe, était aidé de deux diacres. En cela, il a respecté le Cérémonial des Evêques qui précise (cf. n°26) que "dans une célébration liturgique présidée par l'évêque, il y aura normalement au moins trois diacres: un pour le service de l'Evangile et de l'autel, et deux pour assister l'évêque". Il y avait effectivement deux diacres en dalmatique, en plus de Mgr Marini qui remplissait aussi une fonction diaconale en assistant directement le Saint-Père. Le tout a ainsi paru très équilibré.

Autrement dit: quand la forme "ordinaire" du rite romain est célébrée en tenant intelligemment compte des livres liturgiques, les célébrations ont de l'allure (voir ici). Personne ne pourra dire le contraire.

Merci à Mgr Marini de veiller à l'authentique application des directives liturgiques édictées à la suite de Vatican II et (NDRL) rappelées par la parution du Motu Proprio.

Merci, Saint-Père, de prêcher par l'exemple. Nous vous suivons!

Denis CROUAN docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia

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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 26.11.2007 - BENOÎT XVI

Comment on a tourné le dos à Dieu!

Posté le 18.11.2007 par auto23652
La messe dite "face au peuple"

par l'abbé Luc Lefèvre



L'abbé Luc Lefèvre a été pendant plusieurs années le Supérieur de l'Opus Sacerdotale.



" Messe face au peuple ", " messe à l'envers ", comme disait Paul Claudel. De plus en plus, depuis une vingtaine d'années et surtout depuis le Concile, - très souvent en souvenir des messes des maquis et des camps -, les maîtres-autels sont démolis et remplacés par de simples tables, que l'on dit provisoires. Et, par suite, logique ou non, les messes sont obligatoirement célébrées " face au peuple " ou "Vers le peuple ", même quand il n'y a aucun assistant, aucun participant ni actif ni même passif. Ces habitudes nouvelles ont pu déplaire et peuvent déplaire encore au prêtre célébrant ainsi qu'à l'assistance, ou, tout au moins, à une très grande partie de l'assistance. Elles peuvent, par ailleurs, assure-t-on, donner satisfaction à tous. " On aime ou on n'aime pas... ". Des goûts et des couleurs on ne discute point. Nous ne nous permettrons pas ici de présenter des réactions personnelles. Stériles seraient les discussions, et les " polémiques ", comme on dit, ne doivent jamais être engagées lorsqu'il s'agit de l'Eglise, de la vie de l'Eglise et des prescriptions du Concile dans le domaine de la Liturgie.

Mais la question, nous a-t-il semblé, peut être posée : Quelles sont les prescriptions conciliaires et post -conciliaires auxquelles on se réfère pour rendre obligatoire la " messe face au peuple ", non seulement dans les paroisses des grandes villes, mais dans les plus humbles églises de nos campagnes et non seulement chez nous en France, mais dans toutes les parties du monde ?

A ceux qui interrogent, s'ils sont laïcs ou prêtres, la réponse est toujours la même : "les ordres viennent d'en haut".

Les " ordres " sont-ils écrits ? sont-ils publiés ? sont-ils à l'usage de tous, qui sont, sans exception aucune, membres du Peuple de Dieu ?

Il n'est que de recourir aux textes, aux textes connus de nous, parce qu'ils sont officiels.



La Constitution sur la Liturgie, promulguée le 4 décembre 1963: pas un mot, ni dans le chapitre II : Le mystère de l'Eucharistie; ni dans le chapitre VII : L'Art sacré et le matériel du culte. Pourtant, au no 124, nous devons relever ces quelques lignes : " Dans la construction des édifices sacrés, on veillera soigneusement à ce que ceux-ci se prêtent à l'accomplissement des actions liturgiques et favorisent la participation active des fidèles ". Ces lignes sont peut-être lourdes de sens pour les interprétations à venir, mais elles sont brèves et ne concernent nullement nos églises et nos oratoires dans le présent.

Le Motu proprio Sacram Liturgiam du 25 janvier 1964. Pas un mot.

L'Instruction Inter Oecumenici du 26 septembre 1964. Au chapitre V, no 91 : L'autel majeur :
" Il est bien de construire l'autel majeur séparé du mur, pour qu'on puisse en faire facilement le tour et qu'on puisse y célébrer vers le peuple, et il sera placé dans l'édifice sacré, de façon à être véritablement le centre vers lequel l'attention de l'assemblée des fidèles se tournera spontanément.
" Dans le choix des matériaux destinés à sa construction et à sa décoration, on observera les règles du droit.
" En outre, le sanctuaire qui entoure l'autel sera assez vaste pour permettre d'accomplir commodément les rites sacrés ".
No 92. " Le siège pour le célébrant et les ministres, selon la structure de chaque église, sera placé de telle façon que les fidèles puissent bien le voir et que le célébrant lui-même apparaisse véritablement comme présidant toute l'assemblée des fidèles.
" Cependant si le siège est placé derrière l'autel, on évitera la forme d'un trône qui convient uniquement à l'évêque".
Dans ces numéros 91 et 92, nous relevons l'expression " qu'on puisse y célébrer vers le peuple ". L'Instruction de 1964 prévoit donc le cas où la messe sera célébrée versus populum. Mais elle ne dit nullement que toutes les Messes doivent être célébrées "face au peuple ".
Au no 95, où il est parlé de la conservation de la Sainte Eucharistie, nous lisons :
" Il est permis de célébrer la messe face au peuple, même s'il y a sur l'autel un tabernacle, petit sans doute, mais convenable".
La permission est donc ici, une fois encore formulée. Mais nous devons noter que, dans ce cas, le prêtre célèbre non seulement " face au peuple ", mais aussi " face à Notre-Seigneur présent dans le tabernacle ". Le texte parle d'un authentique tabernacle " solide et inviolable, placé au milieu de l'autel ". Il ressort donc de ce texte que les caissettes en bois blanc mobiles doivent être interdites.

Documents de l'Episcopat français
a) Lettre pastorale de l'épiscopat français sur la sainte liturgie (14 janvier 1964). Pas un mot, ni la moindre allusion.

b) Première Ordonnance de l'épiscopat français réglant les premières applications de la Constitution " De sacra liturgia " (D. C. 16 février 1964). Il n'en est rien dit.

c) Deuxième Ordonnance de l'épiscopat français (D.C. ler novembre 1964). Rien.

d) Troisième Ordonnance de l'épiscopat français sur la liturgie (24 novembre 1964). Rien.

e) Directives pratiques de la Commission épiscopale française de liturgie (20 juillet 1965. D. C. 19 septembre 1965). Sur le renouveau liturgique et la disposition des églises. Le texte distingue nettement deux cas : 1) l'aménagement d'une église existante ; 2) l'aménagement des églises à construire.

Dans la première partie, la Commission dit le devoir de respecter la propriété d'autrui : le curé, on le rappelle, n'est pas propriétaire de son église ; il n'a donc pas le droit d'agir comme s'il en était le maitre unique et définitif. " Leur destruction [des éléments précieux du patrimoine religieux et national], leur aliénation, leur transformation inconsidérée et indue peuvent constituer de véritables actes de vandalisme... Il serait regrettable que de pareilles fautes individuelles soient attribuées à linfluence de la réforme liturgique et servent à la déconsidérer ".

La commission dit aussi qu'il faut respecter des ensembles existants, même médiocres " qui peuvent réaliser une certaine harmonie, une justesse de proportions, d'éclairage et de couleurs que nous risquons d'endommager par des suppressions partielles ou hâtives ". Il est bon de connaître tous ces textes : n'y voyons-nous pas que les fidèles sont en plein accord avec l'Episcopat français, quand ils déplorent les scandaleuses transformations de leurs églises ? Et c'est pourtant eux que l'on ose présenter comme des " révoltés " ! Révoltés, peut-être... Mais contre qui ? mais contre quoi ? Contre le Concile et sa Constitution ? Contre les ordonnances épiscopales ?--Certainement pas.

Dans la deuxième partie, dans laquelle il est question des ensembles à créer, il est parlé, d'une manière explicite de l'implantation de l'autel. La référence à l'Instruction (v. no 3) est d'abord rappelée et de sages " directives " sont alors données

" L'Instruction ne se contente pas de permettre l'adaptation de l'autel en vue de la célébration face au peuple, elle déclare explicitement qu'il est préférable (PRAESTAT) de le construire séparé du mur, afin de faciliter une telle célébration. Et pour lever l'obstacle posé par les décrets de la Sacrée Congrégation des Rites en date du ler juin 1957, elle permet (LICET) d'adapter l'autel à cette célébration, même si on doit y placer un tabernacle, " petit sans doute, mais convenable " (Art. 95).

" Si le prêtre doit pouvoir célébrer face au peuple, il n'est pas indispensable qu'il le fasse tous les jours. Quand il célèbre en semaine, sans assemblée, il peut légitimement souhaiter célébrer sans avoir les yeux sur une nef vide. Aussi convient-il de prévoir des deux côtés de l'autel un marchepied assez vaste pour qu'on puisse célébrer dans les deux positions ".

On retiendra qu'il est toujours parlé de permission et non d'obligation; et qu'il est explicitement dit que la célébration face au peuple n'est pas indispensable. Combien nombreux sont les prêtres qui seraient heureux de savoir que la Commission leur donne entièrement raison, quand ils refusent. d'aller chaque matin à une table tournée vers la nef que ne remplit aucune assemblée de fidèles...

" Les ordres viennent de haut, de très haut ", nous a-t-on répété. Ces ordres, nous ne les avons trouvés nulle part dans les textes officiels, qui sont mis à la disposition de tous. Nous nous refusons à les chercher ailleurs.

Par contre, d'autres textes sont multipliés depuis quelques mois, qui émanent, eux, des plus hautes autorités, soucieuses de faire respecter, par tous, les prescriptions conciliaires et post -conciliaires et d'apaiser les inquiétudes d'un nombre grandissant de fidèles... qui ne comprennent plus rien ... ! Nous en donnerons quelques-uns, qui tiennent un langage fort différent du langage tenu - dans la pratique quotidienne - par les " pilotes ", comme on dit, qui font la loi et l'imposent brutalement en usant de moyens, merveilleusement et mystérieusement efficaces.

S. E. le Cardinal Liénart : Allocution adressée au clergé de Lille, le 18 mai 1965 (Semaine Religieuse du diocèse de Lille, 30 mai 1965. cf. D. C. no 1451, 4 juillet 1965, col. 1183-1184). Il commence par les applications qui doivent être faites en liturgie puis il traite de l'aménagement des églises, "mettant en garde contre un danger d'excès "

" La nouvelle liturgie invite à modifier la disposition des lieux. Cependant, il faut voir les différents aspects de la question. D'abord, je rappelle un principe il n'est pas obligatoire de dire la messe face au peuple. Ce qui est obligatoire, c'est de dire la partie de la messe qui est le ministère de la Parole face au peuple. Quant à l'autre partie de la messe, on peut la dire face au peuple, mais on n'y est pas obligé, et il ne faut pas, sous prétexte de le faire quand même, tout saccager dans une église. Il y a des églises qui s'y prêtent ; d'autres qui ne s'y prêtent pas. Si elles s'y prêtent, on le fera, mais là encore, attention ! Il ne faut pas, tout d'un coup, sacrifier les maitres-autels qui peuvent avoir leur valeur, supprimer inconsidérément ce qui existe pour le remplacer par des improvisations qui n'ont pas été étudiées.

" -Poser un autel portatif ou un autel secondaire sur lequel on dira la messe face au peuple, ce peut être très bien ; ce peut être aussi une faute au point de vue de l’art et du goût. Il ne faut pas qu'un zèle intempestif, une précipitation irréfléchie, nous mènent à saccager nos églises. Je vous demande d'agir posément, comme l'Eglise le demande, pour que nous ne sacrifions rien de ce qui avait une valeur, soit artistique, soit religieuse. Cela suppose une certaine modération ".

S. E. le Cardinal Lefebvre : un communiqué paru dans " La vie catholique du Berry ", 23 juillet 1966.

" S. Em. le Cardinal fait siennes les directives suivantes adressées par le Cardinal Lercaro, présidant le Consilium pour l'application de la Constitution sur la Liturgie, aux Evêques d'Afrique du Nord (D. C. no 1470, ler mai 1966, col. 805). Ces directives valent pour toutes les paroisses et communautés du diocèse.

(Il est certain que l'autel face au peuple rend plus vraie et plus communautaire la célébration eucharistique et facilite la participation. Mais même ici, il est nécessaire que la prudence guide le renouveau.

(D'abord, pour une liturgie vivante et participée, il n'est pas nécessaire que l'autel soit face au peuple. Toute la liturgie de la parole, dans la messe, se célèbre au siège ou à l'ambon, face au peuple par conséquent. Pour la liturgie eucharistique, les installations de microphones, désormais courantes, aident suffisamment à la participation.

(De plus, il faut tenir compte de la situation architecturale et artistique, laquelle, en bien des pays, est d'ailleurs protégée par de sévères lois civiles. Et qu'on n'oublie pas que bien d'autres facteurs, tant de la part du célébrant que des ministres et de l'ambiance, doivent jouer leur rôle pour une célébration vraiment digne.

(D'autre part, les autels provisoires, construits en avant de l'autel majeur, en vue de la célébration face au peuple, devraient petit à petit disparaître, pour laisser place à une organisation fixe convenable du sanctuaire)".

Le Cardinal Lercaro n'a pas précisé quels sont ces " autres facteurs ", à propos de la messe face au peuple, qui " doivent jouer leur rôle pour une célébration vraiment digne ". Il est peut-être permis de penser que le Cardinal envisage ici - entre beaucoup d'autres - le cas du célébrant qui n'est point " photogénique ", comme on dit, qui, atteint par les misères de la maladie ou de l'âge, exhibe ses grimaces et ses tics... Il y a aussi le célébrant de très petite taille dont seule la tête apparaît derrière la table... Est-il bien certain que l'officiant doive alors s'imposer à la vue de ceux qui, n'ayant plus de livre en mains et ne devant plus s'agenouiller pour se recueillir la tête dans les mains, demeurent debout, les yeux fixés sur lui, l'observant, le dévisageant et se... distrayant…

Est-ce vraiment favorable à une célébration digne ? On comprend que le Consilium, instruit par les expériences de tous les diocèses du monde, et tenant compte des réactions saines et saintes des fidèles, rappelle que ce qui importe principalement, c'est la dignité de la célébration.

Pour terminer, nous donnerons, entre beaucoup d'autres témoignages de théologiens, celui d'un des plus célèbres représentants des Universités allemandes, le Professeur Dr Josef Ratzinger, de Tübingen. Il ne s'agit pas d'un article de Revue, ni d'un extrait d'un cours. Au Katholikentag, réuni à Bamberg au mois de juillet 1966, c'est le Dr Ratzinger qui a donné le cours magistral sur " Le Catholicisme après le Concile " : 1) Le renouveau liturgique; 2) L'Eglise et le monde; 3) L'ouverture à l'oecuménisme. Sans faire totalement' nôtres les réflexions du théologien allemand, nous retenons quelques remarques qui ont trait à notre sujet.

L'auteur a commencé par dénoncer, à propos du renouveau liturgique, les deux excès dans lesquels beaucoup ont pu tomber : l'archaïsme et la modernisation outrancière.

" Chez les théologiens, il y a un certain archaïsme qui voudrait restaurer la forme classique de la liturgie romaine telle qu'elle était avant les proliférations de l'époque carolingienne et du Moyen Age. On ne se demande pas - comment la liturgie doit-elle être ? Mais: comment était-elle autrefois ? Bien que le passé nous apporte une aide indispensable pour résoudre les problèmes d'aujourd'hui, il n'est pas purement et simplement le critère qui doit fonder la réforme. Savoir comment a fait Grégoire le Grand, c'est bien, mais cela n'oblige pas à faire de même. Avec cet archaïsme, on s'était souvent coupé la route vers ce qui est légitime... "

Nous sommes en train de créer un nouveau ritualisme, remarque J. Ratzinger. Un ritualisme fait de nouvelles formes ingénieuses qui cachent l'essence des choses. Il y a aujourd'hui, déclare-t-il des exagérations et des étroitesses qui sont irritantes et déplacées :

" Toute messe doit-elle vraiment être célébrée en se tournant vers le peuple ? Est-il si important de pouvoir voir la figure du prêtre ? N'est-il pas souvent bon de penser qu'il est un chrétien avec les autres et que, par conséquent, il a tous les motifs de se tourner avec eux vers Dieu et de dire ainsi Notre Père avec eux tous. Le tabernacle est séparé du maître-autel, et il y a pour cela de bonnes raisons [l’auteur ne les précise pas ...]. Mais on peut se sentir indisposé de voir sa place prise maintenant par le siège du célébrant, et s'exprimer ainsi dans la liturgie un cléricalisme qui peut être pire que celui d'autrefois. Le développement liturgique qui a fait écarter le siège du célébrant et signifier par la place du tabernacle que le Seigneur présidait lui-même la liturgie, n'avait-il pas quelque chose de bon qu'aujourd'hui nous commençons à redécouvrir progressivement ? Le fait d'abaisser le siège du célébrant et d'élever le tabernacle n'était-il pas aussi le signe que l'on prenait davantage conscience que la maison de Dieu est polarisée sur le Christ et que la liturgie chrétienne ne connaît qu'un président: le Christ ? "

Beaucoup de prêtres et de fidèles ont regretté une recherche exagérée de la simplicité et ils souffrent de voir l'autel du saint sacrifice réduit à une table, trop souvent misérable. Le Dr Josef Ratzinger, expert remarqué du Concile, se fait ici l'écho de ces regrets et de ces souffrances

" ... L'aspiration radicale à la simplicité conduit à écarter toute somptuosité esthétique, afin de mieux sentir la puissance originelle de la parole et de la réalité qui nous saisissent ; cela est juste et même nécessaire. En ce domaine, l'Eglise doit toujours revenir à la simplicité des origines pour faire l'expérience de ce qui est l'essentiel derrière toutes les structures et le communiquer. Mais en même temps, il ne faut pas oublier que célébrer la Cène du Seigneur est de sa nature une fête, et qu'à la fête convient également la beauté festive. Le " praeclarus calix " remonte à l'heure de la Cène et si toute la liturgie s'efforce d'être un beau calice, un vase précieux et étincelant qui évoque pour nous la magnificence de l'autel, elle ne doit être gênée par aucun purisme, par aucun archaïsme. Cette beauté ne peut-elle pas être un service plus désintéressé que cette passion des structures qui se complaît dans des idées liturgiques toujours nouvelles " (D. C. no 1478, 18 septembre 1966, col. 1564, 1565).

Nous avons posé la question : quels sont les textes conciliaires et postconciliaires qui prescrivent la messe face au peuple ? et la destruction des autels ?

Après l'examen des textes publiés, force nous est de conclure qu'il n'y a aucune prescription officielle qui intéresse l'Eglise universelle.

Et pourtant l'affirmation est de plus en plus clamée : " Les ordres viennent de haut. Respectons le Concile ".

Que d'absurdités, que de contre-vérités sont chaque jour attribuées au Concile depuis des années... même avant la première Session d'octobre 1962 ! L'Eglise, par la voix du Souverain Pontife, par celle des Congrégations Romaines et par celle de nos Evêques, ne cesse de protester, sans réussir hélas à faire taire des " autorités parallèles " qui se manifestent, ouvertement ou non, dans la plupart des nations…

Nous devons insister dans notre conclusion sur tant d'actes insensés, auxquels ont été conduits, comme malgré eux, ceux qui ont décidé de transformer, à tout prix, leur église pour la célébration face au peuple.

Encore une fois, ce n'est pas le bon peuple qui juge. On l'a vu dans les textes que nous avons reproduits : le reproche sévère est adressé aux uns et aux autres, plus ou moins responsables, de mettre à sac leur église, de la saccager, et de se livrer à des actes de vandalisme.

Retenons qu'il ne s'agit pas ici des interventions, si légitimes en pays civilisé, des Beaux-Arts ou des représentants de la Loi... fort nombreuses il est vrai, mais des cris d'alarme qui viennent des chefs de l'Eglise.

C'est aussi les chefs de l'Eglise qui ont reproché à tant et tant de zelanti la transformation de leurs églises en salles de conférence, en temples vides et morts, sous prétexte de pauvreté... et de simplicité !

Que les terribles " inquisiteurs " des milieux paroissiaux n'accablent donc pas les fidèles, s'ils se font, à leur rang de plus en plus modeste, les fidèles échos de la Hiérarchie dans leur plainte, dans leur souffrance.

Le peuple souhaite de voir entretenir la beauté de la Maison de Dieu et respecter la beauté de l'Autel du Sacrifice de Notre-Seigneur, quand il entend son prêtre proclamer avec tremblement : INTROIBO AD ALTARE DEI.



Abbé Luc Lefèvre



La désobéissance de certains évèques

Posté le 17.11.2007 par auto23652
Mgr Ranjith critique la désobéissance de certains évêques envers Benoît XVI




Cité du Vatican, le 16 novembre 2007 - (E.S.M.) - Le secrétaire de la congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Mgr Albert Malcolm Ranjith, critique la désobéissance de certains évêques envers le Pape Benoît XVI pour la récente publication d'un Motu Proprio qu'il a libéralisé la messe préconciliaire.

Le pape Benoît XVI -

Mgr Ranjith critique la désobéissance de certains évêques envers Benoît XVI

« Non aux danses, aux chants et homélies de caractère politico-social »

Le secrétaire de la congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Mgr Albert Malcolm Ranjith, critique la désobéissance de certains évêques envers le Pape Benoît XVI pour la récente publication du Motu Proprio qui a libéralisé la messe préconciliaire (la soi-disant messe en latin) et réaffirme son « non » aux « danses », « instruments musicaux », « chants » mais même « certaines homélies de caractère politico-social ».

L'attitude d'« autonomie » montrée « parmi quelques ecclésiastiques », mais également « dans les plus hauts rangs de l'Église » ne correspond certainement pas « à la noble mission que le Christ a confié à son Vicaire, le Pape », affirme l'archevêque dans une interview à « Fides », l'agence de presse de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

« On remarque que dans quelques pays ou diocèses, des règles qui pratiquement annulent ou déforment l'intention du Pape, ont émanées des Évêques. Un tel comportement n'est pas concevable avec la dignité et la noblesse de la vocation des pasteurs de l'Église ».

Mgr Ranjith rappelle ensuite la motivation qui a conduit Benoît XVI à sanctionner formellement la validité de la liturgie précédent le Concile Vatican II. « La réforme post-conciliaire n'est pas entièrement négative », affirme l'archevêque. « Au contraire, il y a beaucoup d'aspects positifs dans ce qui fut réalisé. Mais il y a également des changements introduits abusivement qui continuent à être portés en avant malgré leurs effets nuisibles sur la foi et sur la vie liturgique de l'Église ». En particulier, « l'usage de danses, des instruments musicaux et des chants qui n'ont rien de liturgique - affirme Mgr Ranjith - cela ne convient pas au contexte sacré de l'église et de la liturgie ; j'ajoute aussi certaines homélies de caractère politico-sociales souvent peu préparées. Toute cela dénature la célébration de la sainte messe et il y a là une chorégraphie et une manifestation théâtrale, mais pas de foi ».

Lors d'une récente interview, Mgr Ranjith avait déjà invité le clergé à l'obéissance au Saint Père ► Motu Proprio de Benoît XVI - Mgr Ranjith invite le clergé à l'obéissance

Sources: www.vatican.va - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 16.11.2007 - BENOÎT XVI - T. Motu Proprio

Domine cuando veneris

Posté le 11.11.2007 par auto23652
"Dómine quando véneris" est un très beau répons de l'office des morts : c'est le dernier du premier nocturne des matines.

www.unavoce.fr

Dómine, quando véneris judicáre terram, ubi me abscóndam a vultu iræ tuæ ?

Seigneur, quand vous serez venu pour juger la terre, où me cacherai-je pour fuir le regard de votre courroux ?

Quia peccávi nimis in vita mea.

Puisque j’ai tant péché dans ma vie.

Et voici la traduction du verset suivant :

Les fautes que j’ai commises m’épouvantent, et je suis devant vous couvert de confusion : ne me condamnez pas quand vous viendrez pour le jugement.

Et le dernier verset est le célèbre Réquiem ætérnam dona eis Dómine…

Donnez-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière perpétuelle brille sur eux.


Il est interprété par les moines de Fontgombault : CD "Liturgie des défunts dans le rite romain" - ( AM/CD 107/30 105)

• L’année Grégorienne d’Yves Gire publié chez Dominique Martin Morin en 2000 est toujours disponible à Una Voce pour la somme de 28 € franco.
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Son associé au billet :

La messe des défunts selon le rite Tridentin

Posté le 11.11.2007 par auto23652
LA MESSE DES DÉFUNTS

Una Voce

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Répons : Subvenite

La messe des défunts n'est jamais chantée le dimanche, et ne devrait donc pas normalement figurer dans cet ouvrage. Cependant c'est certainement la messe qui est le plus souvent chantée : 2 novembre, enterrements, messes anniversaires, etc. et il serait dommage de ne pas en parler. Nous présenterons même tous les chants de la cérémonie des funérailles tels qu'ils se déroulent dans l'église, en commençant par le Répons Subvenite, qui est chanté à l'entrée du cercueil.

Les Répons sont principalement des chants de l'office des matines, mais on en chante aussi en d'autres circonstances, notamment pour accompagner une procession d'entrée dans l'église, nous l'avons vu par exemple le 2 février ou le dimanche des Rameaux. Ils comportent toujours des versets, chantés sur des psalmodies très ornées, et après lesquels on reprend à chaque fois la dernière phrase du Répons.

Le texte de celui-ci n'est pas tiré de la Sainte Écriture (aucun des chants de cette cérémonie ne le sont d'ailleurs, à part le verset du Graduel). Notre église de pierres est la figure du ciel, et dès maintenant l'Église demande que l'âme du défunt y soit accueillie par ceux qui y sont déjà :

Subvenite Sancti Dei, occurrite Angeli Domini : Suscipientes animam ejus : Offerentes eam in conspectu Altissimi.

Venez à sa rencontre saints de Dieu, accourez anges du Seigneur, recevez son âme et offrez-la en présence du Très-Haut.

La mélodie de cette invitation est pleine de douceur, de lumière et de paix. Voici maintenant le texte du premier verset :

Suscipiat te Christus, qui vocavit te : et in sinum Abrahæ Angeli deducant te.

Que le Christ t'accueille, Lui qui t'a appelé, et que les anges te conduisent dans le sein d'Abraham.

Le sein d'Abraham est une figure biblique qui désigne le ciel ; on la trouve en particulier dans l'évangile du mauvais riche et du pauvre Lazare.

Le deuxième verset des Répons à généralement pour texte le Gloria Patri, mais dans la liturgie des défunts celui-ci est partout remplacé par la phrase Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis, que nous allons retrouver à de nombreuses reprises ; nous en parlerons à propos de l'Introït dont elle constitue le texte.


Introït : Requiem

Après le Répons Subvenite qui accompagne l'entrée du cercueil dans l'église, commencent les chants de la messe des défunts.

L'Introït reprend le texte du deuxième verset du Répons Subvenite, qui revient comme un leitmotiv dans toute la liturgie des défunts, notamment à la fin des psaumes :

Requiem æternam dona eis Domine : et lux perpetua luceat eis.

Donnez leur Seigneur le repos éternel, et que la lumière sans fin brille pour eux.

Le repos, la lumière : voilà les deux caractéristiques de la bienheureuse éternité qui s'opposent aux fatigues et aux obscurités de cette vie. Voila ce que nous allons demander sans cesse tout au long de cette messe pour ceux qui nous ont quittés, et ce qui rend cette liturgie si apaisante et si consolante. On sait que la messe des défunts est couramment appelée messe de requiem, du premier mot de cet Introït, mais on ne pense pas toujours que requiem veut dire " repos ". Ce texte n'est pas tiré de la Sainte Écriture et viendrait d'un écrit apocryphe. en tout cas il nous est donné par l'Église comme la meilleure expression de notre prière en ce jour. Et s'il nous parle de repos et de lumière, la mélodie simple et un peu monotone apporte le calme et la sérénité, non sans une certaine ferveur dans ses élans successifs.

Ce court Introït est accompagné, comme verset, du début du psaume 64 qui est un cantique d'action de grâces et de louange au Seigneur pour tous ses bienfaits :

Te decet hymnus Deus in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem : exaudi orationem meam, ad te omnis caro veniet.

À Vous, Ô Dieu convient une hymne dans Sion, à Vous sont acquittés les vœux à Jérusalem. Écoutez ma prière ; que toute chair vienne à vous.

C'est évidemment à cause de ces derniers mots que ce verset a été choisi. La chair au sens biblique désigne non seulement le corps physique, mais la nature humaine avec toutes ses facultés, qui est appelée à la résurrection finale comme l'enseigne notre Credo.


Graduel : Requiem

Nous retrouvons dans la première partie du Graduel de la messe des défunts le même texte que dans l'Introït, le refrain de toute cette liturgie : Requiem æternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis, toujours le repos et la lumière.

La deuxième partie est très différente : c'est le seul texte de cette messe et même de toute la cérémonie des funérailles, qui soit tiré de la Sainte Écriture ; il s'agit d'un verset du psaume 111 Beatus vir, qui chante le bonheur du juste, celui qui accomplit parfaitement la volonté divine :

In memoria æterna erit justus, ab auditione mala non timebit.

Le souvenir du juste sera éternel, il n'aura pas à craindre qu'on dise du mal de lui.

Dans le psaume, la bonne renommée dont jouit le juste est purement terrestre. Dans la liturgie le mot éternel prend tout son sens ; il s'agit du ciel où le juste a mérité de prendre place parmi les élus. Si ce texte n'est pas littéralement une prière, nous pouvons le chanter comme suite à la prière de la première partie pour demander que tous ceux pour qui nous prions fassent partie des bienheureux dont nous rappelons le souvenir chaque année à la Toussaint. La mélodie de ce Graduel est une mélodie type que nous avons déjà rencontrée souvent, et dont nous avons dit que ses souples et amples vocalises se prêtent à l'expression de toutes sortes de sentiments : ici évidemment notre prière ardente et confiante pour tous ceux qui nous ont quittés.


Trait : Absolve

Après le Graduel, la messe des défunts comporte un Trait à la place de l'Alléluia, comme en Carême. On sait qu'au point de vue de la forme le Trait est une psalmodie avec des intonations et des formules de cadences très ornées, mais le texte de celui-ci n'est pas tiré d'un psaume. C'est une prière de l'Église qui expose de manière très précise notre demande pour ceux qui nous ont quittés.

Absolve, Domine, animas omnium fidelium defunctorum ab omni vinculo delictorum. Et gratia tua illis succurrente, mereantur evadere judicium ultionis. Et lucis æternæ beatitudine perfrui.

Délivrez, Seigneur, les âmes de tous les fidèles défunts de tous les liens des péchés. Et avec le secours de votre grâce qu'ils méritent d'échapper au jugement de vengeance, et de jouir du bonheur de la lumière éternelle.

On retrouve à la fin le thème de la lumière qui est présent tout au long de cette messe. La mélodie est une mélodie type qui appartient à de nombreux Traits, en particulier ceux de la vigile pascale. Elle est par elle-même assez joyeuse et affirmative, ce qui donne à cette prière un caractère de confiance et d'espoir.


Séquence : Dies iræ

Le Trait de la messe des défunts est maintenant suivi de la célèbre Séquence Dies iræ, mais celle-ci n'appartenait pas à l'origine à la liturgie des funérailles, puisqu'elle n'a été composée qu'au treizième siècle ; elle est attribuée au franciscain Thomas de Celano, un des premiers compagnons de saint François d'Assise, et n'était peut-être pas d'abord destinée à la messe des morts, mais cette magnifique méditation sur les fins dernières s'y intègre parfaitement, et les fidèles y sont très attachés. Elle n'est d'ailleurs que le développement littéraire et musical d'un verset du Répons Libera me que nous trouverons à l'absoute après la messe, et qui est beaucoup plus ancien. Ce thème musical est souvent considéré comme le thème de la mort, et a été utilisé par de nombreux compositeurs. Quant au texte, s'il insiste beaucoup sur le jugement redoutable, il évoque aussi de façon très émouvante la douce miséricorde du Sauveur qui a donné sa vie pour nous. Cette Séquence est très longue : elle se compose de dix-huit strophes, comprenant chacune trois vers de huit pieds, dont la mélodie se répète deux par deux. Aussi, comme pour la Séquence Lauda Sion de la fête du Saint Sacrement, nous ne reproduisons pas ici le texte latin, et nous nous contentons d'en donner la traduction.

Jour de colère que ce jour-là qui réduira le monde en cendre, selon David et la Sibylle.

Quelle terreur quand le juge viendra pour tout examiner avec rigueur !

La trompette retentissant avec éclat parmi les tombeaux de tous lieux rassemblera les hommes devant le trône.

La mort et la nature s'étonneront quand la créature ressuscitera pour répondre au Souverain Juge.

On présentera le livre où est écrit et renfermé tout le jugement du monde.

Quand le juge siégera, tout ce qui est caché apparaîtra, et rien ne restera impuni.

Malheureux, que dirai-je alors ? Quel avocat vais-je implorer lorsque le juste à peine sera rassuré ?

Roi d'une majesté redoutable, qui sauvez par grâce ceux qui doivent être sauvés, sauvez-moi, source de bonté.

Souvenez vous, bon Jésus, que c'est pour moi que Vous êtes venu, ne me perdez pas en ce jour là.

En me cherchant Vous Vous êtes assis, fatigué, en souffrant sur la croix Vous m'avez racheté. qu'une telle peine ne soit pas vaine.

Juge juste et vengeur, accordez-moi la grâce du pardon avant le jour des comptes.

Je gémis comme un coupable, mes fautes font rougir mon front. Je vous en supplie, Ô Dieu, épargnez-moi.

Vous qui avez absous Marie-Madeleine, exaucé le bon larron, et m'avez ainsi donné l'espérance,

Mes prières ne sont pas dignes, mais dans votre bonté faites que je ne brûle pas au feu éternel.

Placez-moi parmi les brebis, séparez-moi des boucs, et mettez-moi à votre droite.

Confondant les maudits voués aux flammes éternelles, appelez-moi avec les bénis.

Suppliant et prosterné, le cœur broyé comme cendre, je vous conjure de prendre soin de mes derniers moments.

Ô jour de larmes où l'homme coupable ressuscitera de la poussière pour être jugé ; pardonnez-lui donc, Ô mon Dieu.

Et Vous, Seigneur, miséricordieux Jésus, donnez-leur le repos.


Offertoire : Domine Jesu Christe

L'Offertoire de la messe des defunts est assez exceptionnel, d'abord par sa longueur, ensuite parce qu'il possède un verset, après lequel la dernière phrase est reprise, ce qui l'assimile à la forme Répons, dont nous avons d'autres exemples aujourd'hui. Toutefois, la mélodie de ce verset n'est pas un ton psalmodique orné comme dans les Répons habituels, mais simplement la suite de la mélodie de la phrase précédente. Le texte de cet Offertoire est une très belle prière au Christ Sauveur pour les âmes de ceux qui nous ont quittés. L'enfer y est désigné par des images bibliques très expressives, notamment celle des ténèbres, auxquels s'oppose la lumière du ciel, ce thème de la lumière que l'on retrouve tout au long de cette messe. On y trouve enfin la belle image, illustrée par une importante iconographie au Moyen-_ge, de saint Michel accueillant les âmes à l'entrée du ciel.

Domine Jesu Christe, Rex gloriæ, libera animas omnium fidelium defunctorum de pœnis inferni, et de profondo lacu : libera eas de ore leonis, ne absorbeat eas tartarus, ne cadant in obscurum : sed signifer sanctus Michaël repræsentet eas in lucem sanctam : Quam olim Abrahæ promisisti, et semini ejus.

Seigneur Jésus-Christ, Roi de gloire, délivrez les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l'enfer et de la fosse sans fond. Délivrez-les de la gueule du lion, que l'abime ne les engloutisse pas et qu'elles ne tombent pas dans les ténèbres, mais que le porte-étendard, saint Michel, les introduise dans la sainte lumière que Vous avez promise autrefois à Abraham et à sa descendance.

Et voici le verset :

Hostias et preces tibi Domine laudis offerimus : tu suscipe pro animabus illis, quarum hodie memoriam facimus : fac eas, Domine, de morte transire ad vitam.

Seigneur, nous Vous offrons ces hosties et ces prières de louange ; recevez-les pour ces âmes dont nous faisons mémoire aujourd'hui ; Seigneur, faites-les passer de la mort à la vie.

La mélodie est un simple récitatif très calme et de peu d'amplitude, mais qui souligne de façon très expressive tous les accents du texte, faisant ainsi de ce chant une prière suppliante. On remarquera en particulier la belle montée sur le sed (mais) qui oppose l'enfer et le ciel où nous attend saint Michel. Il n'y a que sur les derniers mots semini ejus que l'on trouve une vocalise un peu plus développée, évoquant l'innombrable descendance d'Abraham, c'est-à-dire tous les élus.


Communion : Lux æterna

Si l'Offertoire de la messe des défunts est d'une longueur exceptionnelle, la Communion au contraire est très courte ; ce n'est qu'une petite antienne presque entièrement syllabique, à la mélodie simple et légère. Et pourtant elle adopte en quelque sorte elle aussi la forme d'un Répons, puisqu'elle possède un verset après lequel est reprise la deuxième phrase de l'Antienne.

Le texte reprend la deuxième phrase de l'Introït en la développant quelque peu. C'est toujours le thème de la lumière du ciel qui revient une fois de plus.

Lux æterna luceat eis, Domine : cum sanctis tuis in æternum, quia pius es.

Que la lumière éternelle brille pour eux Seigneur avec vos saints pour l'éternité car vous êtes bon.

Quant au verset, c'est à nouveau la phrase refrain que l'on a déjà trouvée plusieurs fois, notamment à l'Introït :

Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. Cum sanctis tuis in æternum, quia pius es.


Répons : Libera me

Après la messe des défunts, la cérémonie des funérailles, s'achève par l'absoute, c'est-à-dire la bénédiction solennelle du cercueil, pendant laquelle on chante le Répons Libera me. Aussi bien pour le texte que pour la mélodie, ce Répons présente une certaine parenté avec la Séquence Dies iræ qui s'en est inspirée. Mais l'accent est mis ici uniquement sur le thème du Jugement dernier et de la terreur qu'il doit nous inspirer. Et c'est seulement par la mélodie que s'exprime l'appel à la miséricorde divine.

Libera me Domine, de morte æterna, in die illa tremenda : Quando cæli movendi sunt et terra : Dum veneris judicare sæculum per ignem.

Délivrez-moi Seigneur de la mort éternelle en ce jour redoutable, quand les cieux et la terre seront ébranlés, tandis que vous viendrez juger le monde par le feu.

Voici le premier verset après lequel est reprise la deuxième phrase du Répons :

Tremens factus sum ego, et timeo, dum discussio venerit, atque ventura ira.

Je suis devenu tremblant et j'ai peur tandis que viennent le jugement et la colère à venir.

Puis le deuxième verset après lequel est reprise la troisième phrase du Répons :

Dies, illa, dies iræ, et calamitatis et miseriæ, dies magna et amara valde.

Ce jour est un jour de colère de désolation et de malheur, un grand jour et très amer.

C'est ce verset en particulier qui developpe la sequence Dies iræ.

Heureusement après ces accents dramatiques, on retrouve dans le dernier verset le refrain de toute cette liturgie : le repos et la lumière du ciel.

Requiem æternam dona eis Domine et lux perpetua luceat eis.

Et après ce dernier verset le Répons est repris en entier.


Antienne : In paradisum

Après l'absoute, pendant que le cercueil quitte l'église, on chante l'antienne In paradisum, où nous retrouvons exactement le même thème que dans le Répons Subvenite, qui accompagnait l'entrée du cercueil : l'accueil des défunts par les habitants du ciel. Ce chant est en fait constitué de deux antiennes qui s'enchaînent :

In paradisum deducant te Angeli, et in tuo adventu suscipiant te martyres, et perducant te in civitatem sanctam Jerusalem.

Chorus Angelorum te suscipiat, et cum Lazaro quondam paupere æternam habeas requiem.

Que le choeur des anges te reçoive et avec Lazare, le pauvre de jadis, que tu entres en possession du bonheur éternel.

Que les anges te conduisent en paradis, que les martyrs te reçoivent à ton arrivée, et qu'ils te guident vers Jérusalem, la cité sainte.

Le pauvre Lazare nous rappelle le sein d'Abraham dont parlait le Répons Subvenite, et la cité sainte de Jérusalem est encore une figure du ciel. Cette liturgie des défunts se termine ainsi par le premier mot de la messe, qui lui a donné son nom : requiem, le repos.

La mélodie de la première antienne, presque entièrement syllabique, est très légère et aérienne : on monte vraiment au paradis ! Bien qu'elle s'enchaîne parfaitement, la mélodie de la deuxième antienne est plus grave, et elle s'étale sur le mot æternam pour évoquer le repos qui ne finit pas.

NB. Les commentaires des pièces grégoriennes figurant dans cet article sont de l'ouvrage : Yves Gire : L'Année grégorienne, 1 vol. de 304 p aux éditions Dominique Martin Morin – qui présente tous les chants du propre de la messe des dimanches et fêtes de l'année. (64 messes).

On peut se procurer cet ouvrage à UNA VOCE, 3 rue Lamandé 75017 Paris.

http://www.unavoce.fr/

On peut trouver les articles et la bibliographie de Yves Gire avec le lien suivant

http://www.clio.fr/espace_culturel/yves_gire.asp


Nous remercions un lecteur d'avoir bien voulu nous le signaler.



Liturgia defunctorum

Posté le 11.11.2007 par auto23652
Cimetières en Pologne

Liturgia defunctorum



10-11-2007
La forme extraordinaire du rit romain antérieure au Concile Vatican II nous offre depuis le dimanche 4 novembre les mêmes chants du propre, celui du XXIIIe dimanche après la Pentecôte (quatre dimanches de suite cette année).

Mais la liturgie est suffisamment riche pour combler ces trous et c’est la Messe de Requiem que je vous propose. Loin d’être un pis aller, cette messe sublime est depuis fort longtemps reconnue par nombre de personnages éminents comme la plus belle œuvre de l’histoire du chant !

Jamais musique n’a été si grande et si humble à la fois. Tout entière au service de la parole.






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