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Recueillement et Grégorien Doctrine et Liturgie.
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Blog Religion
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08.07.2007
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Exegese

Les quatre animaux

Posté le 24.04.2008 par auto23652
Les quatre animaux des évangélistes-
L’homme (ou ange) pour Matthieu
- Le lion pour Marc-
Le bœuf pour Luc
- L’aigle pour Jean
les Quatre animaux.


Concernant les quatre animaux, dans l’Apocalypse, on peut lire ceci (IV, 6) : « Vis-à-vis du trône, il y avait une mer transparente comme le verre, et semblable à du cristal ; et au bas du trône et à l’entour, il y avait quatre animaux pleins d’yeux devant et derrière. 7. Le premier animal était semblable à un lion, le second était semblable à un veau, le troisième avait le visage comme celui d’un homme, et le quatrième était semblable à un aigle qui vole. »

Et la citation suivante les décrit encore mieux.

Dans Ezéchiel - Introduction

« 1. La trentième année, au quatrième mois, le cinq du mois, alors que je me trouvais parmi les déportés, au bord du fleuve Kebar, le ciel s’ouvrit et je fus témoin de visions divines. Le cinq du mois - c’était la cinquième année d’exil du roi Joiakin - la parole de Yahvé fut adressée au prêtre Ezéchiel fils de Buzi, au pays des Chaldéens, au bord du fleuve Kebar.

« C’est là que la main de Yahvé fut sur moi. Je regardai : c’était un vent de tempête, soufflant du nord, un gros nuage environné d’une lueur, un feu d’où jaillissaient des éclairs, et au centre comme l’éclat du vermeil, au milieu du feu. Au centre, je discernai quelque chose comme quatre animaux dont voici l’aspect : ils avaient une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces, et chacun quatre ailes. Leurs jambes étaient droites et leurs sabots ressemblaient à des sabots de bœuf, étincelants comme de l’airain poli. Des mains humaines apparaissaient sous leurs ailes ; leurs faces, à tous les quatre, étaient tournées vers les quatre directions. Leurs ailes étaient jointes l’une à l’autre ; ils ne se tournaient pas en marchant ; ils allaient chacun devant soi. Quant à leur aspect, ils avaient une face d’homme, et tous les quatre avaient une face de lion à droite, et tous les quatre avaient une face de taureau à gauche, et tous les quatre avaient une face d’aigle. Leurs ailes étaient déployées vers le haut ; chacun avait deux ailes se touchant et deux ailes lui couvrant le corps ; et ils allaient chacun devant soi ; ils allaient là ou l’esprit les poussait ; ils ne se tournaient pas en marchant.

« … Je regardai les animaux ; il y avait une roue à terre, à côté d’eux, de tous les quatre…. Et lorsque les animaux avançaient, les roues avançaient près d’eux, et lorsque les animaux s’élevaient de terre, les roues s’élevaient… Car l’esprit de l’animal était dans les roues. »

Je vous répète la phrase qui dit : Quant à leur aspect, ils avaient une face d’homme, et tous les quatre avaient une face de lion à droite, et tous les quatre avaient une face de taureau à gauche, et tous les quatre avaient une face d’aigle.

Je résume mes observations au sujet de ces animaux :

D’abord, il s’agit bien d’animaux ; du moins ce qui est semblable à des animaux, et, parmi ceux-ci, celui qui a le visage d’homme. Par la suite, on parlera toujours des quatre animaux : celui qui a le visage d’homme n’est donc pas un être humain, mais un animal.

Ensuite, les quatre animaux ne sont pas différents, car tous les quatre :

1. ont une forme humaine
2. ont quatre faces, lion à droite, veau à gauche, aigle sans précision d’orientation (le visage d’homme et le visage d’aigle n’ont pas d’orientation précisée ; on peut supposer que l’un regarde devant et l’autre derrière. [temple d’Angkor) ;
3. pleins d’yeux devant et derrière [Janus].

Il y a aussi le fait qu’à côté de chacun des animaux, il y a une roue , qui bouge en même temps que l’animal, car l’esprit de l’animal est dans la roue.
Voyons d’abord le fait que les quatre animaux ne sont pas différents, et pourtant Jean les présente comme différents. Dans l‘univers comme dans l’homme, il y a un assemblage de différents courants de force, de pensée, de sentiment. Aussi bien dans l’expression universelle que dans le caractère humain, chaque courant se manifeste de façon dynamique tout en restant concurrent des autres courants qui demeurent à l’état potentiel. Il faut remarquer que chaque animal est placé à un point cardinal : chacun, investi des quatre courants, manifeste, dans l’orientation où il est placé, le courant qui lui est le plus spécial : le lion à droite, le veau à gauche, l’homme devant et l’aigle derrière. [Je m’abstiens de commenter ces quatre apparences, car, d’une part, c’est assez expressif, et d’autre part, chacun de nous a sa propre idée là-dessus.]
Sur le plan personnel, même si quelqu’un est « fort », énergique, sa façon d’agir, et même d’être, reflète nécessairement les autres aspects de sa personnalité. Cela diffère forcément de celle d’un autre qui a, lui aussi, la volonté comme caractéristique. Tous les rois ne sont pas semblables, tous les instructeurs non plus, tous les ingénieurs, tous les artisans, tous les maçons, personne n’agit et ne se comporte de façon identique à celui qui a la même caractéristique principale.
Le fait que les quatre animaux cités soient pleins d’yeux devant et derrière est un autre point important.
Mais je rappelle que, selon Ezéchiel, les quatre « animaux » avaient une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces, et chacun quatre ailes. Leurs jambes étaient droites et leurs sabots ressemblaient à des sabots de bœuf. J’ose à peine dire ce que je pense. Mais, les jambes droites n’indiquent-elles pas le redressement de l’animal à la stature humaine, le passage à l’état d’homo erectus, avec encore un « souvenir » du règne animal, comme le montrent les sabots de bœuf ?
Si on y réfléchit bien, la Bible, et par conséquent les Evangiles et l’Apocalypse, s’adressent à la nouvelle humanité annoncée et baptisée par le premier Jean, vêtu de peau de bête, qui vivait dans le désert, qui baptise dans l’eau et qui annonce que « quelqu’un vient, qui vous baptisera de feu et d’esprit saint » ; cet esprit saint est représenté par le H qui s’est ajouté aux noms d’Abraham et de Sarah, lorsqu’ils conçurent leur fils après une longue période d’infertilité.
Rappelons qu’à la sonnerie de la septième trompette, les vingt-quatre vieillards tombent de leur siège – devant le trône de Dieu - et leur visage fut à terre…
Cela n’indiquerait-il pas la fin d’un cycle – où les représentants actifs étaient bien « devant le trône de Dieu », c’est-à-dire accrédités dans leur fonction – et la venue d’un nouveau cycle, où les vingt-quatre sont remplacés par un Dieu unique et son représentant, le Christ ?
Ce serait l’avènement d’une nouvelle humanité – comme nous venons de le voir avec Abram qui devint AbraHam et Sarai qui devint SaraH, et dont le fils, Isaac, fut comblé de tous les biens de la terre par son père.

Le tétramorphe, ou quatre Vivants, représente les quatre animaux ailés tirant le char de la vision d'Ezéchiel (Ez 1 ; 1-14. ) On les retrouve dans l'Apocalypse de Jean (4; 7-. Plus tard les Pères de l'Eglise en ont fait l'emblème aux quatre évangélistes : le lion pour Marc, le taureau pour Luc, l'homme pour Matthieu et l'aigle pour Jean. Ils accompagnent souvent les représentations du Christ en majesté.

L’homme est Matthieu : son évangile débute par la généalogie humaine de Jésus.

Le lion est Marc : Dans les premières lignes de son évangile, Jean-Baptiste crie dans le désert ("un cri surgit dans le désert").

Le bœuf est Luc : aux premiers versets de son évangile, il fait allusion à Zacharie qui offre un sacrifice à Dieu, or dans le bestiaire - traditionnel, le bœuf est signe de sacrifice.

L’aigle est Jean: son évangile commence par le mystère céleste



--

Psaume 22 (23)

Posté le 10.04.2008 par auto23652
Psaume 22

Le psaume du Sanctuaire ou des 14 bébédictions


Tu es mon berger, ô Seigneur !
Rien ne saurait manquer où tu me conduis.

1 - Dans tes verts pâturages tu m'as fait reposer,
Et dans tes eaux limpides tu m'as désaltéré.

2 - Dans la vallée de l'ombre je ne crains pas la mort :
Ta force et ta présence seront mon réconfort.

3 - Tu m'as dressé la table d'un merveilleux festin ;
Ta coupe, débordante, m'enivre de ton Vin.

4 - Ton huile vivifiante rayonne sur mon front ;
Je trouve l'abondance au sein de ta maison.

5 - Vers ta justice sainte, tu traces mon sentier,
Pour faire mieux connaître ta gloire et ta bonté.

6 - Ta grâce et ta lumière sans fin me poursuivront
Et jusqu'en ta demeure, un jour, m'introduiront.



Ce Psaume est une énumération de quatorze bénédictions qui constituent deux plénitudes de bénédictions, car nous pouvons sans doute les grouper en deux séries de sept. Dans la première partie — les trois premiers versets et le début du quatrième — David nous parle de son Berger, de ce qu’Il est et de ce qu’Il fait pour lui ; dans la seconde, c’est à son Berger qu’il parle à peu près constamment : « Tu es avec moi... ta houlette et ton bâton... Tu dresses devant moi une table... Tu as oint ma tête d’huile... ».

Nous pourrions sans doute intituler le Psaume 22 : le Psaume du sanctuaire. Il a été souvent appelé le Psaume du voyage — et certes, nous y avons tous les soins du Berger à l’égard de ses brebis traversant le désert — mais il va beaucoup plus loin : la jouissance des bénédictions qui y sont présentées implique l’habitation dans le sanctuaire. Le croyant n’est-il pas exhorté à traverser ce monde en goûtant déjà par la foi les beautés et les joies du sanctuaire ? C’est dans la mesure dans laquelle nous réaliserons que nous sommes ressuscités avec Christ, cherchant « les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu », que nous pourrons savourer la part précieuse qui était celle de David quand il a composé ce Psaume — et sans doute pourrions-nous le faire beaucoup mieux que lui, car nous possédons le Saint Esprit qui occupe nos âmes de Christ et se plaît à nous faire jouir des choses célestes. Tous les soins dont nous sommes les objets devraient nous conduire à discerner et à connaître mieux Celui qui nous les a dispensés. C’est Lui qui remplit le sanctuaire !

Nous pouvons rendre témoignage à la fidélité du Berger qui nous a gardés jusqu’à ce jour, accompagnés, encouragés, qui a pourvu à tout. Cela nous a-t-il conduits à mieux le connaître ?



femme pourquoi pleures tu?

Posté le 27.03.2008 par auto23652
Marie Madeleine

Diffusion de l'Evangile selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire (calendrier Tridentin de 1962)

jeudi 27 mars 2008
Jeudi de Pâques


Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l'Église
74ème oraison, PL 158, 1010-1012



« Pourquoi pleures-tu ? »


« Femme, pourquoi pleures-tu ? » Seigneur très aimant, comment cherches-tu à savoir pourquoi elle pleure ? Ne t'avait-elle pas vu immolé cruellement, percé de clous, suspendu au gibet comme un brigand, livré aux railleries des impies ? Comment donc peux-tu lui dire : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle n'avait pas pu t'arracher à la mort, et elle voudrait au moins embaumer ton corps, pour le garder le plus longtemps possible de toute corruption... Et voilà que, pour comble, elle croit perdu ce corps qu'elle avait la joie de posséder encore. Avec lui tout espoir s'est évanoui pour elle, si elle n'a plus ce qu'elle voulait garder en souvenir de toi. Comment peux-tu donc lui demander à cet instant : « Femme pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »

O bon Seigneur, c'est ta disciple fidèle, rachetée par ton sang, qui est tourmentée du désir de te voir. Vas-tu permettre longtemps une telle peine ? Maintenant que tu échappes à la corruption, as-tu perdu toute compassion ? Parvenu à l'immortalité, as-tu oublié la miséricorde ? Non, ta douce bonté, Ami, te fait intervenir sans retard, pour que celle qui pleure son Seigneur ne cède pas à l'amertume du coeur.

« Marie ! » O Seigneur, tu as appelé ta servante par son nom familier, et elle reconnaît tout de suite la voix familière de son Seigneur. « Marie. » Parole si douce, si débordante de tendresse et d'amour ! Il t'est impossible, Maître, de dire plus bref et plus fort : « Marie ! Je sais qui tu es. Je sais ce que tu veux. Me voici ! Ne pleure plus. Me voici, moi que tu cherches. » Aussitôt, les larmes changent de nature : comment pourraient-elles s'arrêter, maintenant qu'elles jaillissent d'un coeur en fête ?


Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,11-18.

Cependant Marie se tenait près du sépulcre, en dehors, versant des larmes; et, en pleurant, elle se pencha vers le sépulcre;
Et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été mis le corps de Jésus, l'un à la tête, l'autre aux pieds.
Et ceux-ci lui dirent: "Femme, pourquoi pleurez-vous?" Elle leur dit: "Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis."
Ayant dit ces mots, elle se retourna et vit Jésus debout; et elle ne savait pas que c'était Jésus.
Jésus lui dit: "Femme, pourquoi pleurez-vous ? Qui cherchez-vous ?" Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit: "Seigneur, si c'est vous qui l'avez emporté, dites-moi où vous l'avez mis, et j'irai le prendre."
Jésus lui dit: "Marie!" Elle se retourna et lui dit en hébreu: "Rabboni!" c'est à dire "Maître!"
Jésus lui dit: "Ne me touchez point, car je ne suis pas encore remonté vers mon Père. Mais allez à mes frères, et dites-leur: Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu, et votre Dieu."
Marie-Madeleine alla annoncer aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur, et qu'il lui avait dit ces choses.


Jésus nous donne la "vie" parce qu'il nous donne Dieu

Posté le 26.03.2008 par auto23652
Le 25 mars 2008 - (E.S.M.) - Nous sommes arrivés au terme de la méditation du livre "Jésus de Nazareth" de Benoît XVI. Cette dernière page synthétise tout le livre; Jésus est la résurrection et la vie et il est venu dans le monde pour que les hommes aient la vie et l'aient en abondance. Jésus nous donne la « vie » parce qu'il nous donne Dieu. Tout est dit, merci Saint-Père.

Jésus est la résurrection et la vie

Benoît XVI rappelle que Jésus nous donne la "vie" parce qu'il nous donne Dieu


Benoît XVI en vient maintenant aux passages dans lesquels le contenu du « Je suis » est concrétisé par une image. On en trouve sept chez Jean et ce n'est sans doute pas un hasard s'il y en a justement sept : Je suis le pain de vie — la lumière du monde - la porte - le bon pasteur - la résurrection et la vie - le chemin, la vérité et la vie - la vraie vigne. Schnackenburg a raison d'indiquer qu'à ces grandes images on peut parfaitement ajouter celle de la source, de l'eau vive ou jaillissante, même s'il n'y a pas expressément de « Je suis » dans ces passages, car Jésus s'y présente néanmoins lui-même comme étant cette source (cf. Jn 4, 14 ; 6, 35 ; 7, 38 ; et aussi 19, 34). Comme nous avons déjà largement commenté ces images dans le chapitre sur Jean, il suffira de résumer brièvement la signification commune à ces paroles de Jésus chez Jean.

Schnackenburg attire l'attention sur le fait que toutes ces images sont « une variation sur un thème unique, à savoir que Jésus est venu dans le monde pour que les hommes aient la vie et l'aient en abondance (cf. Jn 10, 10). Il fait simplement le don unique de la vie et il peut le faire parce qu'en lui la vie divine est présente avec une abondance originelle et inépuisable (R. Schnackenburg, Das Johannesevangelium, op. cit., II, p. 69s). ». L'homme n'a besoin que d'une chose, il ne désire en fin de compte qu'une seule et unique chose : la vie, la plénitude de la vie, le « bonheur ». Il y a un passage chez Jean dans lequel Jésus donne un nom à cette chose simple que nous espérons, le « comble de la joie » (cf. 16, 24).

Cette chose unique autour de laquelle tournent bien des désirs et bien des espérances de l'homme, est également exprimée dans la deuxième demande du Notre Père : « Que ton règne vienne ». Le « règne de Dieu » est la plénitude de la vie, justement parce qu'elle n'est pas seulement un « bonheur » privé, une joie individuelle, mais aussi le monde parvenu à sa forme juste, l'unité entre Dieu et le monde.

L'homme n'a finalement besoin que d'une seule chose qui les contient toutes, précise Benoît XVI, mais il lui faut faire le tour de ses souhaits et de ses désirs superficiels pour apprendre à discerner ce dont il a vraiment besoin et ce qu'il veut vraiment. Il a besoin de Dieu. Et c'est maintenant que nous pouvons voir ce qu'il y a en fin de compte derrière toutes ces formules imagées : Jésus nous donne la « vie » parce qu'il nous donne Dieu. Il peut nous le donner parce qu'il est lui-même un avec Dieu. Parce qu'il est le Fils. Il est lui-même le don, il est « la vie ». C'est pour cela qu'il est, en raison de sa nature même, communication, « existence pour ». Et c'est cela qui apparaît sur la croix comme sa véritable exaltation.

Jetons un regard en arrière. Nous avons trouvé trois expressions dans lesquelles Jésus à la fois voile et dévoile son propre mystère : Fils de l'homme, Fils, Je suis. Ces trois expressions manifestent son profond enracinement dans la Parole de Dieu, la Bible d'Israël, l'Ancien Testament. Mais c'est en lui seulement que ces trois expressions prennent tout leur sens, comme si elles l'avaient pour ainsi dire attendu.

Ces trois expressions révèlent l'originalité de Jésus, sa nouveauté, sa caractéristique exclusive, à laquelle il n'y a pas de dérivé ultérieur. Aussi ces trois expressions ne sont-elles possibles que dans sa bouche. Au centre, on trouve le mot de la prière, le mot « Fils », auquel correspond le mot de l'interpellation Abba-Père. Aucune des trois expressions ne pouvait donc devenir, en l'état, un langage de profession de foi de la « communauté », de l'Église naissante.

L'Église naissante a placé le contenu de ces trois expressions centrées sur « le Fils » dans la locution « Fils de Dieu », la détachant ainsi définitivement de ses origines mythologiques et politiques. Sur la base de la théologie de l'élection d'Israël elle acquiert maintenant une signification tout à fait nouvelle, qui avait été préfigurée dans les discours où Jésus parlait en tant que Fils et « Je suis ».

Pour ce faire, indique Benoît XVI, le premier concile de Nicée (325) a recouru à l'adjectif « Il a fallu bien des processus complexes et laborieux de distinction et de lutte pour clarifier complètement cette nouvelle signification et la préserver des interprétations mythologiques et polythéistes aussi bien que politiques. consubstantiel » (homoousios). Loin d'helléniser la foi, de la charger du poids d'une philosophie qui lui serait étrangère, ce mot a justement retenu l'incomparable nouveauté, l'incomparable différence apparue dans les dialogues de Jésus avec son Père. Dans le symbole de Nicée, l'Église ne cesse d'affirmer ce que Pierre disait à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16).

L'Aube du monde recréé par la grace et l'amour.

Posté le 26.03.2008 par auto23652
Elle se tenait là près du tombeau et sanglotait...


Benoît XVI définit ce qui fonde notre unité


Rome, le 24 mars 2008 - (E.S.M.) - Ce qui a plus particulièrement retenu notre attention lors de l'homélie de la Veillée pascale, c'est la réflexion du pape Benoît XVI sur la communion avec Jésus Christ qui découle du Baptême et le grand moi des croyants qui sont devenus par la réalité de ce sacrement « un dans le Christ ».

Elle se tenait là près du tombeau et sanglotait...

Benoît XVI définit ce qui fonde notre unité

Lors de la Messe de la résurrection, le pape Benoît XVI a évoqué la nature spirituelle du Baptême que l'Église représente dans le sacrement au moyen d'éléments manifestes. L’élément primordial du Baptême est l’eau, ensuite il y a en deuxième lieu la lumière et le feu.
La lumière de la vérité précise Benoît XVI et le feu de l’amour qui transforment l’être de l’homme. Ces différents thèmes ont été développés par le pape dans son homélie dont nous vous retrouvez le texte intégral (ici).

Ce qui a plus particulièrement retenu notre attention c'est la réflexion du pape sur la communion avec Jésus Christ qui en découle et le grand moi des croyants qui sont devenus par la réalité du Baptême « un dans le Christ » (Ga 3, 28).

Vous devenez une unité, indique Benoît XVI, oui, un avec Lui, et de ce fait un entre vous. Cela, ajoute le pape, peut sembler très conceptuel et peu réaliste. Mais plus vous vivrez votre vie de baptisés, plus vous ferez l’expérience de cette vérité. Les baptisés et les croyants ne sont jamais totalement étrangers l’un à l’autre. Des continents, des structures sociales, des cultures peuvent nous séparer. Le fait de nous rencontrer, ajoute Benoît XVI, nous permets de nous connaître selon le même Seigneur, la même espérance, la même foi, le même amour, qui fondent notre unité. De la sorte la foi devient une force de paix et de réconciliation dans le monde : l’éloignement est surpassé ; dans le Christ nous sommes devenus proches (cf. Ep 2, 13).

ndlr : Le Carême et la Semaine Sainte se sont achevés par la Messe de Pâques sur la place St Pierre et par la bénédiction Urbi et Orbi. Conscients que la plupart de nos lecteurs ne sont pas sur les pistes de ski, nous profitons de l'occasion pour leur témoigner toute notre affection et notre proximité spirituelle en rayonnant de la joie pascale. Le Christ a détruit notre mort, nous pouvons aller sans crainte à la vie. Le texte qui suit vous plongera dans l’infini amour divin pour l’homme et présent dans chaque être humain.

SOUS LA CONDUITE DE L'ESPRIT (Méditations à partir de notes de cours personnels P.P.C.)

Si l'évangile johannique est précédé d'un Prologue, nous plaçant « au commencement » et plongeant pour ainsi dire dans l'éternité, il ne s'arrête qu'après avoir ouvert les portes de l'avenir sur la Parousie finale.

Le contraste est grand entre ce que l'on pourrait appeler le « corps » de cet évangile si strictement limité au temps où Jean a vécu avec le Sauveur ; de cet évangile qui ne contient pas une scène dont il n'ait été le témoin ; et ces deux antennes qui plongent, l'une dans le passé et l'autre dans l'avenir.

Le Prologue nous place en face du Verbe « qui était au commencement et qui était avec Dieu (1.1) ». La finale nous met devant ces deux réalités conjointes qui désormais seront : « le Christ continué, répandu et communiqué » : l'Esprit Saint et l'Église. Ou plus exactement, l'Esprit Saint en tant qu'il agit dans l'Église et en chacun de ceux qui la constituent ; l'Église en tant qu'elle est le corps du Christ gouverné et vivifié par l'Esprit.

Entre le Prologue et le corps de l'Évangile johannique il y a l'Incarnation, ce fait majeur. Entre le corps de l'Évangile et la finale, il y a également un événement de première importance, fait capital sur lequel repose tout l'édifice de la foi : la Résurrection. Avec elle, ce n'est pas seulement la vie terrestre du Christ qui s'achève, c'est une ère nouvelle qui commence, et que consacreront, d'une part, le retour du Christ auprès de son Père et, de l'autre, l'envoi de l'Esprit Saint.

Saint Jean n'a pas attendu l'Ascension et la Pentecôte pour nous présenter en finale de son Évangile l'avènement de l'ère nouvelle et en marquer les caractères essentiels.

Sans doute, aux enseignements et aux actes du Christ, la croix donne déjà leur sens. Cependant, seule la Résurrection leur apporte une consécration qui fait de cette mort une victoire, et de cette « fin » un commencement.

Une époque nouvelle s'ouvre dans laquelle l'humanité régénérée est appelée à vivre.

LA RÉSURRECTION ET LES TÉMOIGNAGES

Comme les synoptiques et saint Paul, le quatrième Évangile fait à la Résurrection une place éminente. Mais fidèle à sa manière, Jean ne s'attarde pas à narrer ce que d'autres déjà ont rapporté. Avant de dégager les effets de la victoire du Christ sur la mort, et très particulièrement sur l'une de ses conséquences : son retour auprès du Père, Jean, tout en notant certains détails dont il fut témoin, rassemble d'autres témoignages. Ils ne corroborent pas seulement le sien; ils font également pendant à ceux qui, au début de son Évangile, saluaient dans le Christ, le Messie, mais cette fois ce sera pour affirmer sa divinité et son titre de Fils de Dieu. Tels sont les témoignages de Pierre, de Marie Madeleine, des apôtres, et enfin de Thomas.

Témoignages décisifs sur lesquels repose l'ordre nouveau au sein duquel l'humanité est appelée désormais à vivre : Ordre de l'Église et des sacrements, ordre de la « foi chrétienne », ordre de l'Esprit enfin ; puisque dorénavant c'est sous son influence constante et directrice que les hommes auront, depuis le départ du Christ jusqu'à son retour et à la Parousie, à « passer de ce monde au Père (13.1) ».

Les scènes rapportées par Jean et qui ont trait à la Résurrection sont particulièrement vivantes et évocatrices :

C'est Pierre et Jean lui-même qui, entendant affirmer par Marie Madeleine revenue du tombeau hors d'haleine : « On a enlevé le Seigneur, et nous ne savons pas où on Va mis (20.2) », courent au sépulcre :

Ils couraient tous deux ensemble. L'autre disciple, plus rapide que Pierre, le distança et arriva le premier au tombeau. Se penchant il voit les bandelettes à terre... le suaire roulé... à part... Cependant il n'entra pas. Simon Pierre arrive à son tour... Il entre... Alors entra à son tour l'autre disciple (20.3-8).

La description du tombeau dont la porte basse exige que l'on se penche pour voir à l'intérieur, et les détails notés par l'évangéliste : bandelettes gisant à terre, suaire roulé dans un endroit à part, sont d'un témoin. Mais les mots qui suivent : « II vit et il crut (20.8) » palpitent encore de l'émotion qui l'étreignit lorsque, devant le tombeau vide, la foi soudain l'envahit.

De cette foi Jean a reçu les prémices à la Résurrection. Il sait donc la vertu de la victoire du Christ sur la mort, et à quel point elle est appelée à travers les siècles à constituer la base indestructible de cette foi.

A son témoignage personnel et à celui de Pierre, l'apôtre joint celui de Marie-Madeleine : « Elle se tenait là près du tombeau et sanglotait, et - détail sûrement vu par saint Jean - tout en sanglotant se penche... et aperçoit dans le tombeau deux anges qui lui parlent ; puis se retournant voit Jésus qui se tenait là, mais sans savoir que c'était lui (20.11-14). »

Et c'est alors l'admirable récit, tout pétri de tendresse et baignant dans une lumière virginale :

Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Le prenant pour le jardinier elle lui dit : Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis et j'irai le prendre. Jésus lui dit : Marie! Elle le reconnut et lui dit en hébreu : Rabbouni, c'est-à-dire : Maître. Jésus lui dit : Ne me retiens pas ainsi, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver les frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu (20.15-17).

Aube d'un monde recréé dans la grâce et dans l'amour ; premier matin d'une humanité nouvelle et qui se sait pardonnée. Dieu retrouve ses enfants et les appelle. Le bon Pasteur connaît ses brebis par leur nom et elles reconnaissent sa voix.

Jean rapporte ensuite le témoignage émanant du groupe des apôtres : tout d'abord sans Thomas, puis avec lui (20.24,26). Ces deux scènes, toutes semblables, qui se succèdent à huit jours d'intervalle (20.26), fournissent un précieux témoignage non seulement sur la Résurrection, mais encore sur la qualité de la foi qui accueille le Ressuscité.

Madeleine l'avait reconnu à sa voix, et l'amour lui avait ouvert les yeux. Les apôtres se servent des leurs pour regarder les mains et le côté du Maître (20.20), entré toutes portes closes, dans la pièce où ils se trouvaient réunis. Ils ne se rendent qu'à l'évidence, et donnent alors libre cours à leur joie (20.20). Mais à Thomas, le témoignage pourtant unanime de ses compagnons ne suffit pas :

Si je ne vois à ses mains la marque des clous, si je ne mets les doigts dans la marque des clous, et si je ne mets la main dans son côté, je ne croirai pas (20.25).

Du moins cette « incrédulité » nous vaut-elle, comme la lenteur à croire des disciples d'Emmaüs, une perle évangélique que l'on pourrait appeler « la béatitude johannique ».

Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui croiront sans avoir vu (20.29).

Cette parole qui introduit la conclusion du quatrième Évangile, semble ouvrir du même coup les portes de l'avenir.

« Heureux ceux qui croiront sans avoir vu », s'écrie le Seigneur dont le regard aperçoit déjà l'immense foule « impossible à dénombrer (Ap 7-9) » de ceux qui à travers les siècles, deviendront enfants de Dieu en croyant en lui.

Ces mots nous placent devant l'ère nouvelle dans laquelle entre l'humanité, ère de la foi à laquelle le quatrième Évangile, en nous communiquant la bonne nouvelle du salut, vient de fournir son contenu.

Jésus a accompli en présence des disciples encore bien d'autres signes qui ne sont pas relatés dans ce livre. Ceux-là l'ont été pour que vous croyiez, que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom (20.30,31).

Mais la foi n'est qu'une des dimensions d'un évangile qui en comporte d'autres. Destiné à des hommes engagés dans le temps, il ne peut se contenter de leur révéler ce qui ne participe pas du temps : ce qui est immuable, éternel, divin en un mot. Il doit encore leur donner les moyens de se réaliser eux-mêmes dans le temps où Dieu les a placés, et leur enseigner la route qui, dans le Christ, mène jusqu'au Père, ainsi que le moyen de passer de ce monde jusqu'à lui. Les notions de devenir et de temps sont connexes, et entraînent avec elles celle de l'itinéraire à suivre. Sur ce dernier, Jean n'a guère insisté, sinon pour indiquer qu'il se résume dans la fidélité aux commandements, fidélité dont l'amour est l'âme et le levier.

Celui qui a mes commandements et qui les garde, voilà celui qui m'aime (14.21). Si vous m'aimez vous garderez mes commandements (14.15).

En revanche il médite bien davantage sur le fait que la vie chrétienne doit se réaliser à l'intérieur du temps et grâce à lui.

Sans doute dans le quatrième Évangile, le Christ se donne comme la « Voie », l'unique voie. On ne saurait donc envisager un code moral qui ne viendrait pas de lui ou ne se référerait pas à lui. De fait, depuis l'Incarnation et la Rédemption, la vie et la voie morales tiennent dans une fidélité au Christ, un attachement à sa Personne (Que cette Personne se manifeste dans nos frères ou qu'il s'agisse du Christ lui-même). Mais le salut, individuel ou collectif, se réalise au sein d'une histoire et il est inséparable d'une donnée au déroulement imprévisible : le temps.

Si le Christ n'avait pas tenu compte des conditions concrètes dans lesquelles les hommes ont à faire leur salut, s'il ne leur avait pas procuré, sous une forme adaptée, son aide et sa présence tandis qu'ils avancent vers Dieu, il aurait, oserait-on dire, manqué de réalisme. Mais il est notre Créateur : « C'est lui qui nous a faits (PS 95.6) » et « il sait ce qu'il y a dans l'homme (2.25) ».

Bien mieux : il a pleinement partagé notre condition et il a l'expérience des multiples difficultés que nous devons surmonter. La place faite au « monde » dans le quatrième Évangile en est une preuve et montre qu'après le Maître, le disciple a pris conscience de tout ce qui a partie liée avec ce « monde », pour faire obstacle à l'homme dans son chemin vers Dieu.

Ceci n'empêche pas le même évangile d'insister sur ce qui nous est donné dans l'immédiat, et de nous rappeler sans cesse que posséder le Christ et croire en lui, c'est être « dès maintenant enfants de Dieu (1 Jn3.2) », c'est « avoir la vie éternelle (6.47) ». On peut donc dire que Dieu nous a tout donné dans le Christ.

Loin de s'opposer, ces deux dimensions s'accomplissent l'une par l'autre. C'est pourquoi, au moment où par les sacrements, commence à s'édifier dans l'Église la communauté des hommes avec Dieu, le Christ n'envisage pas seulement son départ, mais aussi et surtout le temps qui suivra. Ses gestes, ses paroles prévoient et organisent ce temps à l'intérieur duquel sa vie sera appelée à devenir la leur.

La parole par laquelle Jean ouvre le récit de la Pâque :

Sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin (13.1),

revêt donc, là encore, sa plénitude de signification. Tandis que les sacrements et l'Église sont les moyens grâce auxquels sera communiqué aux hommes « jusqu'à la fin » l'amour vigilant du Christ ; leur foi, nourrie par les sacrements, devra elle aussi « jusqu'à la fin », vaincre le monde (1 Jn5-4) et manifester au Christ leur amour.

A ces caractères dont est marquée la nouvelle période qui s'ouvre, il faut cependant en ajouter encore un autre d'importance capitale et qui les domine tous.

En effet, le Christ a explicitement lié à son départ la venue et l'action de l'Esprit Saint. C'est sous sa conduite qu'il a placé l'humanité, et c'est à son action toute-puissante et créatrice que les institutions qu'il laisse, devront leur efficacité et leur vertu.

Aussi, est-ce sur cet Esprit à l'œuvre dans ce « temps » qui va du départ du Christ à son retour — ainsi que sur la nature et la forme de son action — qu'il convient de méditer, non sans avoir fait tout d'abord cette remarque :

L'évangile johannique nous montre le Christ laissant à ses disciples une œuvre qui non seulement semble accomplie, aux deux sens du mot, mais qu'il donne lui-même comme telle :

Père, j'ai achevé l'œuvre que tu m'avais donné à faire (17-4).
Tout est accompli (19-30).

Et cependant ce même évangile apparaît ordonné tout entier à une réalité qui ne fait que commencer et dont le Christ s'est contenté de jeter les fondements.

J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant (16-12).

Ainsi, Jean ne met pas moins de force à nous montrer dans le Christ l'unique fondement de tout ce qui sera, celui auquel rien ne pourra jamais être ajouté, retranché ou modifié, qu'à nous tourner vers ce qui doit se réaliser, une fois le Christ remonté auprès de son Père.

L'aujourd'hui est et demeure donc toujours le fondement du « demain », tandis que le « demain » est le développement de cet aujourd'hui qui, d'une certaine manière au moins, le contient. Entre l'un et l'autre on ne doit pas parler seulement de fidélité mais de continuité et d'unité vitales. L'aujourd'hui est sans cesse « en acte » et c'est lui qui à l'intérieur du temps fait le demain.

Alléluia, ô Toi, notre Père bien aimé,
Alléluia, ô Toi, le Fils qui nous sauve,
Alléluia, ô Toi, l’Esprit d’amour et de lumière,
Alléluia, Alléluia.


Sources : Extraits de cours personnels sur l'Évangile de St Jean - E.S.M.

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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 24.03.08 - BENOÎT XVI - T/Spiritualité

le Pape répète le rite du lavement des pieds

Posté le 22.03.2008 par auto23652
Le rite du lavement des pieds souligne si c’était encore nécessaire, la supériorité du religieux chrétien sur la société civile et laïque, dans sa représentation spirituelle et symbolique. Ce rituel symbolise, en effet le but, la raison et l’objectif du pouvoir, dans son rapport entre supérieur et subordonné, et ce, au plus haut degré de signification et de sens. La vie civile dans ses contrefaçons de rapprochement à grand renfort de proximité et de techniques de communication, pour des raisons politiques, de productivité ou d’organisation des entreprises, ne nous renvoie qu’à une tautologie de pacotille de ce qui a déjà été dit dans sa totalité et sa magnificence spirituelle.
Les défenseurs obtus et aveugles, de la laïcité sacralisée, le laïcisme, dans ce qu’elle a de plus aveugle et bornée, ainsi que les gardiens du silence laïque, littéralement ritualisé sur tout ce qui touche nos racines chrétiennes, portent l’énorme responsabilité de la déliquescence du sens, du signifiant et de l'éthique, et en conséquence de la corruption et de la déviance des actes de ceux qui sont en charge de la société économique, civile et politique! En vidant le contenu chrétien de la pensée, ils ont vidé l’Egrégore, et se sont faits les alliés objectifs des puissances obscures et du mal. Nous commençons à le sentir de façon diffuse mais certaine dans tous les niveaux de la société.
Mais revenons à cette sublime cérémonie, que le Pape a officié dans sa totalité matérielle et spirituelle.

M.



Le pape Benoît XVI répète le rite du lavement des pieds, « un geste qui enlève la poussière et la fausseté »

Après l'évangile chanté en grec et en latin comme le veut la tradition, et qui relate le moment où Jésus lave les pieds de ses disciples, Benoît XVI est revenu au cours de son homélie sur le sens de cet épisode. Un moment, comme l'a rappelé le pape, où Jésus endosse l'étoffe de l'humanité et se fait esclave. Mieux qu'un simple lavement, ce geste, dit le pape, est un véritable acte de purification, ainsi par sa parole et son amour, le Christ purifie le chrétien.

"Jour après jour nous sommes recouverts de différentes formes de poussière, de paroles vides, de préjugés, d'une sagesse réduite et altérée. Tout cela blesse et contamine notre âme, tout cela nous menace d'incapacité de voir la vérité et le bien. Si nous accueillons les paroles de Jésus avec un cœur attentif, elles se révèlent véritablement une purification de l'âme, de l'homme intérieur".

Un acte suprême d'amour que Jésus conclut en offrant un nouveau commandement: " Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés".

Dans le climat culturel d'une ''sagesse réduite et altérée'', il y a le danger qu' ''une fausseté ouverte s'infiltre au plus profond de nous''. C'est ce qu'a dénoncé le pape Benoît XVI dans l'Homélie de la Messe ''in Coena Domini'' qu'il a célébrée dans la Basilique de Saint Jean de Latran.

Cette distorsion, explique Benoît XVI, ''offusque et contamine l'âme et nous menace d'une incapacité pour la vérité et le bien''. Le rite du lavement des pieds, a expliqué le Saint-Père, est un ''don qui nous introduit dans la mentalité du Christ'' qui révèle comment ''la grandeur de Dieu est différente de notre idée de grandeur, parce que nous désirons systématiquement un Dieu du succès et non de la Passion''. ''Le Jeudi Saint - a souligné le pape - nous exhorte à ne pas laisser que la rancune envers l'autre devienne un empoisonnement de l'âme, à purifier sans cesse notre mémoire, nous pardonner mutuellement avec le cœur''. Le Saint-Père a également réaffirmé que le ''christianisme en rapport avec le moralisme est de plus, une chose différente. Le christianisme est avant tout un don''.

Moment fort de la cérémonie, celui où le pape a répété le geste du Christ en lavant lui-même les pieds de douze prêtres de Rome, respectant par là le mandat de Jésus qui avait demandé à ses disciples de répéter sans cesse ce geste de purification, un geste indispensable pour participer au banquet du Seigneur.

Synthèse de l'homélie du Saint-Père plus complète dès traduction

Laver les pieds et se laisser laver les pieds sont les deux faces d'une même réalité spirituelle : Jésus, humble serviteur, montre l'exemple d'une vie au service des pèlerins ou des piétons de la vie que nous sommes. C'est cette humanité-là qu'il honore et respecte amoureusement en lavant les pieds de ses disciples comme Marie Madeleine lui a lavé les pieds.

À nous de savoir accepter cet abandon de nous-mêmes en laissant laver nos pieds salis par la poussière de nos chemins, dans cet acte où nous reconnaissons notre faiblesse, pour mieux rejoindre le Christ. Le lavement des pieds paraît quelquefois un peu difficile à mettre en œuvre. Pourtant il est porteur d'un tel message qu'il ne faudrait pas le manquer.



C'est la seule fois de l'année où le président de l'assemblée se met à genoux devant ceux dont il est toujours la tête. Déjà le pape faisait ce geste au VIe siècle, lavant les pieds de ceux qui étaient à son service. Et c'est précisément parce qu'il est ministre (c'est-à-dire serviteur) que, comme le Christ, Seigneur et Maître, il se montre serviteur de ses frères.

Le deuxième geste important en ce jour est la fraction du pain avec le chant de l'Agneau de Dieu. C'est lui qui donne le sens complet de l'eucharistie : « Puisqu'il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps ; car nous tous participons à cet unique pain » (1 Co 10, 17). On partage le corps eucharistique du Christ pour que chaque fidèle, en en recevant une part, participe au corps mystique du Christ. La fraction du pain fait passer l'assemblée de l'unique pain à l'unique corps. Une grande hostie un peu épaisse signifiera mieux la densité de l'acte du partage. On peut aussi mettre en valeur le geste de la répartition des hosties dans différents ciboires ou coupelles à partir d'un seul récipient, à condition qu'ils ne soient déposés sur l'autel qu'au moment de la fraction du pain.

Le Jeudi saint est enfin le jour par excellence, prévu dans la Présentation générale du Missel romain, pour proposer la communion sous l'espèce du vin. Là aussi, il est bon que le vin consacré soit partagé juste avant la distribution de la communion, réparti entre différentes coupes à partir d'un plus grand calice.

La célébration se termine par la procession au reposoir. Celle-ci gagnera en densité si on y met du silence. Pour créer une atmosphère de recueillement et servir de transition avec la fin de la messe, pendant que les lumières s'éteignent progressivement, on peut lire le début de la Passion selon Marc (Mc 14, 28.32-38) : « Après le chant des psaumes, ils partirent pour le Mont des Oliviers. Ils parvinrent à un domaine appelé Gethsémani... "Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation." » Au reposoir, on pourra lire des passages du discours de Jésus lors de son dernier repas (Jn 13-17).

Texte original de l'homélie du Saint Père ► Italien
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Sources : www.vatican.va - E.S.M.

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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 21.03.2008 - T/Semaine Sainte

Le Graal et le Calice

Posté le 22.03.2008 par auto23652
Le Saint Graal
Vitrail de l'église de Tréhorenteuc
(Foret de Paimpont)

La quète du Graal...

Qu’est-ce que le saint Graal ? Quels sont ses rapports avec le saint Calice ?


Juan Chapa

Étymologiquement, le mot graal vient du latin tardif gradalis ou gratalis, qui dérive du latin classique crater, vase. Dans les livres de chevalerie du Moyen Âge il est présenté comme étant le récipient ou la coupe dans lequel Jésus a consacré son Sang au cours de la dernière Cène et que Joseph d’Arimathie a utilisé ensuite pour recueillir le sang et l’eau qui ont coulé quand il a lavé le corps de Jésus.

Des années plus tard, selon ces livres, Joseph l’emporta avec lui aux îles britanniques (voir « Qui était Joseph d’Arimathie ? ») et fonda une communauté de gardiens de la relique, qui devait être liée plus tard aux Templiers. Il est probable que cette légende est née au pays de Gales et qu’elle s’inspire de sources anciennes latinisées, comme ce peut être le cas des Actes de Pilate, un ouvrage apocryphe du Vème siècle.

Avec la saga celte de Perceval ou Parsifal, liée au cycle du roi Arthur et développée dans des ouvrages tels que Le conte du Graal, de Chrétien de Troyes, Parcival, de Wolfram von Eschenbach, ou Le morte Darthur, de Thomas Malory, la légende s’enrichit et se répand. Le Graal devient une pierre précieuse qui, gardée pendant un certain temps par des anges, a été confiée à la garde de chevaliers de l’ordre du saint Graal et de leur chef, le roi du Graal.

Tous les ans, le Vendredi saint, sous une colombe du ciel et après avoir déposé un cachet sur la pierre, elle renouvelle sa vertu et sa force mystérieuse, qui communique une jeunesse perpétuelle et peut combler tout désir de manger et de boire. De temps à autre, des inscriptions sur la pierre révèlent le nom de ceux qui sont appelés au bonheur éternel dans la ville du Graal, au Mont sauvage.

Par sa thématique, cette légende est en rapport avec le calice que Jésus utilisé lors de la dernière Cène et sur lequel existent diverses traditions anciennes. Elles sont fondamentalement au nombre de trois.

Selon la plus ancienne, du VIIème siècle, un pèlerin anglo-saxon affirme avoir vu et touché dans l’église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, le calice que Jésus a utilisé. Il était en argent et avait deux anses visibles.

Une seconde tradition dit que ce calice est celui qui est conservé dans l’église San Lorenzo de Gênes. On l’appelle le Sacro catino. Il s’agit d’un verre de couleur verte semblable à une assiette, qui aurait été apporté à Gênes par les croisés au XIIèmesiècle.

Selon une troisième tradition, le calice de la dernière Cène est celui qui est conservé dans la cathédrale de Valence, en Espagne, où il est vénéré comme le saint Calice. Il s’agit d’une coupe en calcédoine de couleur très foncée, qui aurait été apportée par saint Pierre à Rome et utilisée dans cette ville par ses successeurs, jusqu’à ce qu’elle soit remise, au IIIème siècle, à cause des persécutions, à la garde de saint Laurent, qui l’aurait apportée à Huesca. Après avoir été dans divers endroits de l’Aragon, elle aurait été transférée à Valence au XVème siècle.

Joseph d'Arimathie

Posté le 22.03.2008 par auto23652
Icone de Joseph d'Arimathie

Joseph d’Arimathie

Un nouvel article écrit par des professeurs de la faculté de théologie de l’université de Navarre, sur la personne du Christ, son milieu, ses amis...


Icone de Joseph d'Arimathie

Joseph d’Arimathie est mentionné dans les quatre Évangiles dans le contexte de la Passion et de la mort de Jésus. Il était originaire d’Arimathie (Arimathajimen hébreu), une ville de Judas, l’actuelle Rentis, à dix kilomètres au nord-est de Lydda, lieu probable de la naissance de Samuel (1 S 1, 1). Riche (Matthieu 27, 57) et membre illustre du sanhédrin (Marc 15, 43 ; Luc 23, 50), il possédait un tombeau neuf creusé dans le roc, près du Golgotha, à Jérusalem. C’était un disciple de Jésus, mais, comme Nicodème, il l’était en secret par crainte des autorités juives (Jean 19, 38). Luc dit de lui qu’il attendait le royaume de Dieu et qu’il n’avait pas consenti à la condamnation de Jésus par le sanhédrin (Luc 23, 51). À l’heure cruelle de la crucifixion, il n’hésite pas à faire face et il demande à Pilate le corps de Jésus (dans L’évangile de Pierre 2, 1 ; 6, 23-24, un apocryphe du IIème siècle, il le sollicite avant la crucifixion). Le préfet lui ayant donné l’autorisation, il détache le crucifié, l’enveloppe dans un drap propre et, aidé par Nicodème, dépose Jésus dans son tombeau, qui n’avait pas encore été utilisé. Après l’avoir fermé avec une grande pierre, tous deux s’en vont (Matthieu 27, 57-60 ; Marc 15, 42-46 ; Luc 23, 50-53 et Jean 19, 38-42). Tels sont les données historiques.

À partir du IVème siècle surgissent des traditions légendaires à caractère fantastique qui exaltent la personne de Joseph. Un apocryphe du Vème siècle, les Actes de Pilate, appelé aussi Évangile de Nicodème, raconte que les Juifs ont reproché à Joseph et Nicodème leur comportement envers Jésus et que Joseph a été mis en prison pour ce motif. Libéré miraculeusement, il apparaît à Arimathie. Il retourne à Jérusalem et raconte comment il a été libéré par Jésus. Plus fabuleuse encore est la Vindicta Salvatoris (IVème siècle ?), qui s’est beaucoup répandue en Angleterre et en Aquitaine. Ce livre raconte la marche de Titus à la tête de ses légions pour venger la mort de Jésus. Ayant conquis Jérusalem, il trouve Joseph dans une tour où il avait été enfermé pour qu’il meure de faim. Il avait été cependant alimenté par une nourriture céleste.

Aux XII-XIIIème siècles, la légende de Joseph d’Arimathie s’est enrichie de nouveaux détails dans les îles britanniques et en France, et a été insérée dans le cycle du saint Graal et du roi Arthur. Selon une de ces légendes, Joseph a lavé le corps de Jésus et en a recueilli le sang et l’eau dans un récipient. Puis Joseph et Nicodème en ont divisé le contenu. D’autres légendes disent que Joseph, emportant ce reliquaire avec lui, a évangélisé la France (certains récits disent qu’il a débarqué à Marseille avec Marthe, Marie et Lazare), l’Espagne (où Jacques l’aurait consacré évêque), le Portugal et l’Angleterre. Le personnage de Joseph devint très populaire dans ce dernier pays. La légende en fait le premier fondateur de la première église sur le sol britannique, à Glastonbury Tor, où son bâton prit racine et fleurit tandis que Joseph dormait. Glastonbury Abbey devint un important lieu de pèlerinage jusqu’à sa dissolution avec la Réforme de 1539. En France, une légende du IXème siècle rapporte que Fortuné, patriarche de Jérusalem, à l’époque de Charlemagne, s’enfuit en Occident en emportant avec lui les ossements de Joseph d’Arimathie, jusqu’au monastère de Moyenmoutier, dont il devint l’abbé.

Toutes ces légendes qui n’ont aucun caractère historique montrent l’importance accordée aux premiers disciples de Jésus. Le développement de ces récits peut être en rapport avec des polémiques de circonstance avec Rome dans certaines régions (comme l’Angleterre ou la France). Il s’agirait de démontrer que des régions avaient été évangélisées par des disciples de Jésus et non par des missionnaires envoyés par Rome. En tout état de cause, cela n’a aucun rapport avec la vérité historique.

A-t-on volé le corps de Jésus?

Posté le 22.03.2008 par auto23652
A-t-on volé le corps de Jésus ?



Ceux que l’affirmation de la Résurrection de Jésus dérange et qui trouvent que le tombeau où il avait été déposé est vide, pensent immédiatement et disent que quelqu’un a volé son corps (voir Matthieu 28, 11-15).

La pierre trouvée à Nazareth avec un rescrit impérial rappelant qu’il est nécessaire de respecter l’inviolabilité des tombeaux témoigne qu’un grand trouble se produisit à Jérusalem du fait de la disparition du cadavre de quelqu’un qui provenait de Nazareth autour de l’année 30.

Cependant, le fait de trouver le tombeau vide n’empêcherait pas de penser que le corps a été volé. Malgré tout, cela produit une telle impression sur les saintes femmes et les disciples de Jésus qui se sont approchés du tombeau, que même avant d’avoir vu de nouveau Jésus vivant, ce fut le premier pas pour reconnaître qu’il était ressuscité.

L’Évangile de saint Jean contient un récit précis de ce qu’ils ont trouvé. Il raconte que Pierre et Jean ayant entendu ce que Marie leur racontait, Pierre sortit avec l’autre disciple et ils se rendirent tous deux au tombeau : « Ils courraient ensemble tous les deux, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre, et il arriva le premier au tombeau. Se penchant, il vit les bandelettes posées là, mais il n’entra pas. Puis arriva aussi Simon-Pierre, qui le suivait. Il entra dans le tombeau et vit les bandelettes posées là, ainsi que le suaire, qui avait été sur sa tête, posé non avec les bandelettes, mais tout enroulé à part, à sa place. Alors entra aussi l’autre disciple, qui était arrivé le premier au tombeau : il vit et il crut » (Jean 20, 4-8).

Les mots que l’évangéliste utilise pour décrire ce que Pierre et lui virent dans le tombeau vide expriment avec un vif réalisme l’impression que ce qu’ils ont vu leur a causé. D’entrée de jeu, la surprise d’y trouver les bandelettes. Si quelqu’un était entré pour faire disparaître le cadavre, aurait-il pris le temps d’enlever les bandelettes pour n’emporter que le corps ? Cela ne semble pas logique. Mais en outre le suaire était « tout enroulé », tel qu’il avait été le vendredi après-midi autour de la tête de Jésus. Les bandelettes restaient comme elles avaient été placées enveloppant le corps de Jésus, à cette différence près qu’elles n’enveloppaient plus rien et qu’elles se trouvaient « posées là », vides, comme si le corps de Jésus s’était volatilisé et en était sorti sans les défaire, passant à travers elles. Il y a des données encore plus surprenantes dans la description de ce qu’ils virent. Quand on ensevelissait un corps, on entourait d’abord la tête avec le suaire, puis tout le corps, la tête y compris, étaient enveloppés dans les bandelettes. Le récit de Jean spécifie que le suaire restait dans le tombeau « en un autre endroit », c’est-à-dire conservant la même disposition qu’il avait eue quand le corps de Jésus s’y trouvait.

La description de l’Évangile indique avec une extraordinaire précision ce que les deux apôtres ont vu avec stupéfaction. L’absence du corps de Jésus était humainement inexplicable. Il était physiquement impossible que quelqu’un l’ait volé et que, pour le tirer du linceul, il ait dû défaire les bandelettes et le suaire, et que ceux-ci soient restés isolés. Mais ils avaient présents à l’esprit les bandelettes et le suaire tels qu’ils étaient quand ils avaient laissé le corps du Maître dans le tombeau, le vendredi après-midi. L’unique différence était que le corps de Jésus ne s’y trouvait plus. Toute le reste demeurait à sa place.

Ce qu’ils ont trouvé dans le tombeau vide était à tel point significatif que cela leur fit pressentir d’une certaine façon la résurrection du Seigneur, car « ils virent et ils crurent ».

La résurrection de Jésus

Posté le 22.03.2008 par auto23652
Noli me tangere

La résurrection de Jésus


Correggio. Noli me tangere

La résurrection du Christ est un événement réel qui a eu des manifestations historiquement vérifiées. Les apôtres ont rendu témoignage de ce qu’ils ont vu et entendu. Vers 57, saint Paul écrit aux Corinthiens : « Je vous ai, en effet, transmis tout d’abord ce que moi-même j’avais reçu : quel le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; qu’il a été mis au tombeau et qu’il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures ; et qu’il est apparu à Céphas, puis aux Douze » (1 Corinthiens 15, 3-5).

Quand quelqu’un s’approche de nos jours de ces faits pour y chercher avec le plus d’objectivité possible la vérité de ce qui s’est produit, une question peut se présenter à son esprit : S’agit-il d’une manipulation de la réalité qui a eu un écho extraordinaire dans l’histoire humaine, ou d’un fait réel qui continue d’être surprenant et inattendu aujourd’hui comme pour les disciples stupéfaits à l’époque ?

Il n’est possible de trouver une réponse raisonnable à cette question qu’en étudiant ce que pouvaient être les croyances de ces hommes au sujet de la vie après la mort, pour se rendre compte si l’idée d’une résurrection comme celle qu’ils racontent est quelque chose de logique dans leurs schémas mentaux.

D’entrée de jeu, dans le monde grec on trouve des références à une vie après la mort, mais avec des caractéristiques singulières. L’Hadès, motif récurent dès les poèmes homériques, est le domicile de la mort, un monde d’ombres qui est comme un vague souvenir de la demeure des vivants. Mais Homère n’a jamais imaginé qu’un retour de l’Hadès soit possible dans la réalité. Dans une perspective différente, Platon a spéculé sur la réincarnation, mais n’a pas pensé à la revitalisation du corps, une fois mort, comme à quelque chose de réel. C’est-à-dire que, même s’il était parfois question d’une vie après la mort, l’idée de résurrection ne passait jamais par la tête, c’est-à-dire l’idée d’un retour à la vie corporelle dans le monde présent d’un individu quelconque.

Dans le judaïsme, la situation était en partie distincte et en partie commune. Le shéol dont parlent l’Ancien Testament et d’autres textes juifs anciens n’est pas très différent de l’Hadès homérique. Les gens y sont comme endormis. Mais, à la différence de la conception grecque, des portes sont ouvertes sur l’espérance. Le Seigneur est l’unique Dieu, aussi bien des vivants que des morts, avec un pouvoir aussi bien sur le monde d’ici-bas que sur le shéol. Un triomphe sur la mort est possible. Dans la tradition juive, d’aucuns manifestent une croyance en une certaine résurrection. L’on attend aussi la venue du Messie. Mais les deux événements ne semblent pas liés. Pour n’importe quel Juif contemporain de Jésus, il s’agit, au moins de prime abord, de deux questions théologiques qui se situent dans des domaines très distincts l’un de l’autre. On s’attend à ce que le Messie batte les ennemis du Seigneur, rétablisse dans toute sa splendeur et sa pureté le culte du Temple, établisse la domination du Seigneur sur le monde, mais on ne pense jamais qu’il ressuscitera après sa mort : c’est quelque chose qui, d’ordinaire, ne venait jamais à l’idée d’un Juif pieux ou instruit.

Dérober son corps ou inventer le faux bruit comme quoi il est ressuscité avec son corps, comme argument pour prouver qu’il était le Messie, est impensable. Le jour de la Pentecôte, selon les Actes des apôtres, Pierre affirme que « Dieu l’a ressuscité, l’affranchissant des douloureux la mort », concluant : « Que toute la maison d’Israël sache avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Messie ce Jésus que vous avez crucifié » (Actes 2, 24.36).

L’explication de semblables affirmations est que les apôtres avaient été les témoins de quelque chose qu’ils n’avaient jamais pu imaginer et que, malgré leur perplexité et les moqueries qu’ils pensaient à juste titre que cela allait provoquer, ils se voyaient dans l’obligation d’en rendre témoignage.

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