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Recueillement et Grégorien Doctrine et Liturgie. Audio. Una Voce
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Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
08.07.2007
Dernière mise à jour :
06.10.2008
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Actualite

Discours de congé du Pape Benoît XVI

Posté le 15.09.2008 par auto23652


Discours de congé du Saint-Père Benoît XVI

Monsieur le Premier Ministre,
Chers Frères Cardinaux et Évêques,
Autorités civiles et politiques présentes,
Mesdames, Messieurs !

Au moment de quitter – non sans regret - le sol de France, je vous suis très reconnaissant d'être venu me saluer, en me donnant ainsi l'occasion de dire une dernière fois combien ce voyage dans votre pays a réjoui mon coeur. A travers vous, Monsieur le Premier Ministre, je salue Monsieur le Président de la République et tous les membres du Gouvernement, ainsi que les Autorités civiles et militaires qui n'ont pas ménagé leur efforts pour contribuer au bon déroulement de ces journées de grâce. Je tiens à exprimer ma sincère gratitude à mes Frères dans l'Épiscopat, au Cardinal Vingt-Trois et à Mgr Perrier en particulier, ainsi qu'à tous les membres et au personnel de la Conférence des Évêques de France. Il est bon de se retrouver entre frères. Je remercie aussi chaleureusement Messieurs les Maires et les municipalités de Paris et de Lourdes. Je n'oublie pas les Forces de l'ordre et tous les innombrables volontaires qui ont offert leur temps et leur compétence. Tous ont travaillé avec dévouement et ardeur pour la bonne réussite de mes quatre jours dans votre Pays. Merci beaucoup.

Mon voyage a été comme un diptyque. Le premier volet a été Paris, ville que je connais assez bien et lieu de multiples rencontres importantes. J'ai eu l'occasion de célébrer l'Eucharistie dans le cadre prestigieux de l'esplanade des Invalides Invalides. J'y ai rencontré un peuple vivant de fidèles, fiers et forts de leur foi, que je suis venu encourager afin qu'ils persévèrent courageusement à vivre l'enseignement du Christ et de son Église. J'ai pu prier aussi les Vêpres avec les prêtres, avec les religieux et les religieuses, et avec les séminaristes. J'ai voulu les affermir dans leur vocation au service de Dieu et du prochain. J'ai passé aussi un moment, trop bref mais combien intense, avec les jeunes sur le parvis de Notre-Dame. Leur enthousiasme et leur affection me réconfortent. Comment ne pas rappeler aussi la prestigieuse rencontre avec le monde de la culture à l'Institut de France et aux Bernardins ? Comme vous le savez, je considère que la culture et ses interprètes sont des vecteurs privilégiés du dialogue entre la foi et la raison, entre Dieu et l'homme.

Le second volet de mon voyage a été Lourdes, un lieu emblématique, qui attire et fascine tout croyant : comme une lumière dans l'obscurité de nos tâtonnements vers Dieu. Marie y a ouvert une porte vers un au-delà qui nous interroge et nous séduit. Maria, porta caeli ! Je me suis mis à son école durant ces trois jours. Le Pape se devait de venir à Lourdes pour célébrer le 150e anniversaire des Apparitions. Devant la Grotte de Massabielle, j'ai prié pour vous tous. J'ai prié pour l'Église. J'ai prié pour la France et pour le monde. Les deux Eucharisties célébrées à Lourdes m'ont permis de m'unir aux fidèles pèlerins. Devenu l'un d'eux, j'ai suivi l'ensemble des quatre étapes du chemin du Jubilé, visitant l'église paroissiale, puis le cachot et la Grotte, et enfin la chapelle de l'hôpital. J'ai aussi prié avec et pour les malades qui viennent chercher apaisement physique et espoir spirituel. Dieu ne les oublie pas, et l'Église non plus. Comme tout fidèle en pèlerinage, j'ai voulu participer à la procession aux flambeaux et à la procession eucharistique. Elles font monter vers Dieu supplications et louanges. Lourdes est aussi le lieu où se rencontrent régulièrement les Évêques de France pour prier ensemble et célébrer l’Eucharistie, réfléchir et échanger sur leur mission de pasteurs. J’ai voulu partager avec eux ma conviction que les temps sont propices à un retour à Dieu.

Monsieur le Premier Ministre, Frères Évêques et chers amis, que Dieu bénisse la France ! Que sur son sol règne l'harmonie et le progrès humain, et que son Église soit le levain dans la pâte pour indiquer avec sagesse et sans crainte, selon son devoir propre, qui est Dieu ! Le moment est arrivé de vous laisser. Peut-être reviendrais-je dans votre beau Pays ? J'en ai le désir, un désir que je confie à Dieu. De Rome, je vous resterai proche et lorsque je m'arrêterai devant la réplique de la grotte de Lourdes, qui se trouve dans les jardins du Vatican depuis un peu plus d'un siècle, je penserai à vous. Que Dieu vous bénisse!

Merci !





--

Messe des Invalides

Posté le 13.09.2008 par auto23652

Quelques phrases de Benoît XVI, relevées durant la messe des invalides



Sur la pratique et la dévotion religieuse:
"N'ayez pas peur! N'ayez pas peur de donner votre vie au Christ!"



Sur le sacerdoce des prêtres:
"Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au coeur de l'Église! Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde!"

"Chers jeunes ou moins jeunes qui m'écoutez, ne laissez pas l'appel du Christ sans réponse". Les vocations connaissent un déclin constant en France, comme dans la plupart des pays catholiques européens. Il y a actuellement en France 15.440 prêtres diocésains, c'est-à-dire travaillant dans les paroisses, contre 16.859 en 2004 et 37.555 en 1970.



Plus généralement:
Mise en garde contre les "idoles", ces "fausses représentations de Dieu".

"L'argent, la soif de l'avoir, du pouvoir et même du savoir n'ont-ils pas détourné l'homme de sa fin véritable?"

"Saint Paul explique aux Colossiens que la cupidité insatiable est une idolâtrie et il rappelle à son disciple Timothée que l'amour de l'argent est la racine de tous les maux".



Sur la liturgie...
A la fin de l'office, le pape a lui-même donné la communion à une quarantaine de personnes qui l'ont reçue à genoux.

Soutien au Myanmar

Posté le 09.05.2008 par auto23652
Urgence Myanmar : Soutenez l'Ordre de Malte


Suite au passage meurtrier du cyclone Nargis au Myanmar (Birmanie), le corps de secours international d'urgence de l'Ordre de Malte, Malteser International, débloque une première aide d'urgence de 50 000EUR afin de venir en aide aux dizaines de milliers de victimes.


Vous pouvez aider ces populations sinistrées en faisant un don en ligne
http://www.ordredemaltefrance.org/index.php?/Don-en-ligne.html

ou en adressant vos dons à :

Ordre de Malte France - Urgence Myanmar
42 rue des Volontaires
75015 Paris

Présent au Myanmar (Birmanie) depuis 2001, Malteser International participe à la mise en oeuvre de programmes sanitaires, notamment la fourniture en eau potable, pour venir en aide a plusieurs milliers de personnes dans différentes régions du Myanmar.

Merci pour votre soutien !

Faire un don

http://www.ordredemaltefrance.org/index.php?/Don-en-ligne.html

Benoît XVI : Trois Années de Pontificat

Posté le 20.04.2008 par auto23652
Benoît XVI : Trois Années de Pontificat - Une Voie Ouverte Pour Notre Siècle




Le 19 avril 2008 - Qui pouvait succéder au Siège de Pierre après qu'il fut occupé par Jean-Paul II le Grand ? Celui que l'Esprit Saint désignerait ! La réponse était si simple que bien peu s'aventurèrent à la donner. Il désigna celui qui avait tout fait pour ne pas l'être, Benoît XVI.

Le pape Benoît XVI -

Benoît XVI : Trois Années de Pontificat - Une Voie Ouverte Pour Notre Siècle

Par notre ami Pierre-Charles Aubrit Saint Pol
" Tu es petrus"

Le pape est chef de l'Église Catholique Apostolique parce qu'il est d'abord élu au pontificat pour la ville de Rome ; c'est parce qu'il est évêque de Rome qu'il devient pape et qu'il succède à Pierre. Ainsi donc, qu'il soit prêtre ou non, les cardinaux réunis en conclave élisent l'évêque de Rome. Ils élisent un pasteur qui de ce fait devient le Pasteur universel. La charge pétrinienne du pape est de "suivre" Jésus. Benoît XVI, en acceptant la charge de Pasteur universel, accepte de suivre le Christ dans notre monde actuel, dans les réalités de notre temps: "Enfin, ma pensée – presque comme une onde qui se répand – va à tous les hommes de notre temps, croyants et non croyants." (ici) Le Saint-Père poursuit en exposant malgré lui l'obligation de salut pour tout baptisé et qu'il fait sienne: "Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide l’Église en cette heure de notre histoire". Le pape le sait, la voie de son propre salut, quel que soit son état de vie, est celle de l'humilité, celle d'une kénose en Jésus et en ses frères qu'il doit confirmer. Le Souverain Pontife est le Serviteur des serviteurs du Christ Jésus. Faire la volonté de Jésus, c'est accepter de reposer avec Lui au Mont des Oliviers, d'être giflé dans le prétoire du monde, de gravir le Golgotha des incompréhensions, d'être crucifié avec le doux Maître, car tout triomphe pour Dieu sur cette terre ne peut être que dans le renoncement et dans le non-sens selon l'esprit du monde. Depuis l'unité italienne, l'évêque de Rome a tout son temps pour n'être qu'au service du Corps du Christ...

" Docteur universel de la foi "

Benoît XVI, dans son homélie durant la messe qui précède l'entrée en conclave, révélait une lucidité sur l'état des esprits du monde qui tonne toujours, aujourd'hui qu'il est notre pape, comme le tempo de son pontificat : " Nous ne devrions pas rester des enfants dans la foi, dans un état de minorité. Et en quoi consiste le fait d'être des enfants dans la foi? Saint Paul répond: " Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine " ( Ep 4, 14). Une description très actuelle! ". Il était clair que Benoît XVI ne tournerait pas le dos au cardinal qu'il fut, ce que ne manquèrent pas souhaiter les médias qui rêvent d'un monde selon leurs images : l'art d'enluminer le blasphème! Il ne se départira pas de cette lucidité qui s'accompagne d'une liberté intellectuelle plus forte sans aucun doute que celle qui possédait son prédécesseur - l'urgence du pontificat précédent n'était pas la même - : " Nous possédons, en revanche, une autre mesure: le Fils de Dieu, l'homme véritable . C'est lui la mesure du véritable humanisme. Une foi "adulte" ne suit pas les courants de la mode et des dernières nouveautés; une foi adulte et mûre est une foi profondément enracinée dans l'amitié avec le Christ". Nous le savons maintenant, Benoît XVI se veut le pape qui clôt définitivement les applications du Saint Concile Vatican II. Il entend que l'esprit de ce Concile rayonne dans toute l'Église de telle manière qu'on en termine avec les turbulences causées par des importations de l'esprit du monde. Il commencera par le motu proprio.

" Docteur universel de la liturgie "

Benoît XVI veut corriger les abus nés de la réforme liturgique voulue par Paul VI qui suivra pas à pas la rédaction du nouveau missel. Cette crise liturgique conf. ( La Lettre Catholique ) deviendra le lieu et l'enjeu d'une confrontation idéologique aux effets dévastateurs, le regretté Paul VI décidera d'une application absolutiste de cette réforme et, il faut bien le dire, sans prendre l'exacte mesure des sensibilités et des souffrances de l'ensemble du Corps du Christ. Une décision qui n'engagea pas l'infaillibilité ce qui permit à Jean Paul II de commencer à corriger le tire avec un souci évident de charité.

Benoît XVI réaffirme lors de son installation en tant qu'évêque de Rome son principe légitime d'autorité: " Le pape n'est pas un souverain absolu, dont la pensée et la volonté font loi. (…) La Chaire est (…) le symbole de l'autorité d'enseignement, qui est une autorité d'obéissance et de service, afin que la Parole de Dieu — la vérité ! — puisse resplendir parmi nous, en nous indiquant la route de la vie », affirmait le pape Benoît XVI dans son homélie prononcée lors de son « installation » comme évêque de Rome, à Saint-Jean-de-Latran". La décision de libérer la dite liturgie tridentine est prise dans la perspective de l'unité des chrétiens. Car comment peut-on d'un côté tendre la main en vue de l'unité des chrétiens et négliger de la tendre à nos frères catholiques attachés à une certaine tradition liturgique et à une certaine culture traditionnelle. Comment pourrait-on continuer de réclamer le respect des droits de l'homme et la liberté religieuse sans l'appliquer au mieux dans sa maison ? Ceux qui s'opposèrent à cette décision dont Mgr. Dagens et l'actuel archevêque de Toulouse firent preuve d'insuffisance culturelle, d'ignorance historique sans précédent, d'infestation idéologique ; ce qui révéla la nature encore très profonde de la crise en l'Église de France, de son inféodation à des concepts sociaux culturels hétérodoxes. Mais ce qui devait rendre cette polémique inacceptable c'était : 1- le procès d'intention contre le pape ; 2- un prodigieux contre témoignage de charité envers nos frères qui, à par une élite tout à fait insupportable, souffrent toujours d'un sentiment objectif de rejet. L'application du motu proprio reste très aléatoire où n'est pas absent une odeur légère d'hypocrisie. L'introduction de ce document ne laisse aucun doute sur l'intention du pape: " LES SOUVERAINS PONTIFES ont toujours veillé jusqu’à nos jours à ce que l’Église du Christ offre à la divine Majesté un culte digne, « à la louange et à la gloire de son nom » et « pour le bien de toute sa sainte Église ».

Depuis des temps immémoriaux et aussi à l’avenir, le principe à observer est que «chaque Église particulière doit être en accord avec l’Église universelle, non seulement quant à la doctrine de la foi et aux signes sacramentels, mais aussi quant aux usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue, qui sont à observer non seulement pour éviter des erreurs, mais pour transmettre l’intégrité de la foi, parce que la lex orandi de l’Église correspond à sa lex credendi » . (ici). Il est évident qu'en tendant cette main aux traditionalistes et autres intégrismes, le pape veut non seulement renforcer l'unité des catholiques intra muros mais également rassurer nos frères orthodoxes sur l'attachement du Saint siège à la tradition vivante tant que celle-ci n'offense pas la Charité. Dans une projection à moyen terme, le pape prépare l'affirmation de l'autorité de Pierre dans le domaine de la doctrine ce qui annonce des corrections doctrinales fortes.

" Principe visible d'unité "

L'unité de l'Église a toujours été une préoccupation pétrinienne depuis l'origine de l'Église - elle est de son seul ressort -, à chaque fois que cette unité fut déchirée ce fut d'abord le fait initial de l'orgueil humain et spirituel au sein même de l'Église. Les schismes majeurs ont toujours été la réponse de Dieu à l'orgueil, car par-dessus tout Dieu veut son Corps du Christ dans l'humilité, condition incontournable pour contempler sa Gloire dans l'Éternité. La voie de l'unité est celle de l'humilité. Mais pour autant cette voie-là ne saurait se distraire de l'exigence de la vérité alliée à la Charité. Comme dans un second tonnerre, nous entendîmes ce que notre cœur et notre âme désiraient entendre au-dessus de toutes les désharmonies du monde en "verbiagé" sur le sujet de l'Œcuménisme.

Depuis l'inoubliable cérémonie de la repentance de l'an 2000 voulue et présidée par Jean-Paul II le Grand, nous n'avions plus aucune raison de nourrir de sentiments d'infériorité ni de culpabilité : être du Christ selon la foi catholique nous libérés de toute humiliation illégitime, nous sommes des humains debout et fiers de notre appartenance à l'Église.

Le pape libère une parole de vérité conforme à l'ecclésiologie : "les courants nés de la Réforme ne sont pas des églises". L'affirmation de cette vérité est le début d'une remise en ordre au sein même de certaines églises nationales qui connaissent, envers les mouvements de la Réforme, des situations hétérodoxes quand elles ne sont pas aberrantes et blessantes pour le Corps du Christ. La confusion n'est pas le lieu où peut triompher la Charité. Enfin, et malgré tous les efforts de son prédécesseur, le pape reprenait la main sur ce sujet: : " Benoît XVI s’engageait solennellement en disant: « Ici, justement, à Bari, cité qui conserve les reliques de saint Nicolas, terre de rencontre et de dialogue avec nos frères chrétiens d’Orient, je voudrais redire ma volonté d’assumer comme engagement fondamental de travailler de toutes mes énergies à la reconstitution de l’unité pleine et visible de tous les disciples du Christ. Je suis conscient que les manifestations de bons sentiments ne suffisent pas. Il faut aujourd’hui des gestes concrets qui entrent dans les âmes et bouleversent les consciences, en appelant chacun à la conversion intérieure qui est le présupposé de tout progrès sur le chemin de l’œcuménisme » (cf. Discours aux représentants des Églises et communautés chrétiennes et d’autres religions non chrétiennes, 25 avril 2005). Je vous demande à tous de prendre avec décision la route de cet œcuménisme spirituel qui, dans la prière, ouvre à l’Esprit Saint, qui peut seul créer l’unité » "(ici). Le souci impérieux de l'unité introduit une exigence rarement soulignée par nos intellos pris dans le vent du monde et de ses modes : la rigueur intellectuelle, une exigence disciplinaire incontournable pour la service de la vérité dans la Charité.

Benoît XVI, Maître es qualité intellectuelle...

Le pape rappelle la nécessité d'obéir à la vérité: "L’obéissance à la vérité comporte une capacité de voir la réalité, une attitude réaliste envers le monde et envers soi-même, et exige une discipline, c’est-à-dire être disciples, suivre la réalité, qui ne s’improvise pas, mais qui est le fruit d’un travail authentique et constant." Certes, cette parole fait partie d'un discours qui réunit le thème de la vérité et celui de la pureté sexuelle, de la chasteté. Il n'en demeure pas moins vrai que pour un intellectuel, un intellectuel catholique et, un simple baptisé l'obéissance à la vérité, fut-elle matérielle en son sujet, est un impératif lié à la dignité de l'homme et pour nous catholiques à notre salut. Cette obéissance exclue toute inféodation à des idéologies quelles qu'elles soient, car dans ses mécanismes, l'idéologie s'oppose par nature à l'accueil réaliste de la vérité, elle lui dénie tout droit à moins qu'elle puisse être un utilitaire dans le discours sans toutefois pouvoir le dominer.

Le pape dans son discours à l'université de Ratisbonne aura rendu toute sa liberté à la vie intellectuelle face aux esprits du monde. Depuis les avatars maudits des idéologies révolutionnaires, toutes les tendances confondues, toutes les générations qui ont compté d'élites aspiraient à ce genre de discours libératoire qui pouvait seul nous libérer, nous dégager radicalement des enfermements dans lequel on engeola bien des intellectuels et singulièrement dans les pays occidentaux et trop souvent avec la complicité plus ou moins diffuse de gens comme François Mauriac, ces catholiques libéraux !!!. Le discours de Ratisbonne; " Nous n’avons pas à rougir de ce que nous sommes. L’Évangile n’a qu’un cadre : l’amour envers Dieu et le prochain. Nous n’avons à nous restreindre dans aucun autre cadre, ni politique, ni social, et certainement pas idéologique." Le pape a agi dans la logique même de l'Église éducatrice des peuples et enseignante, même si ce discours était de pure forme intellectuelle ; en rappelant le retour aux incontournables catégories de la pensée sur lesquelles s'est forgée la culture de l'Europe, il a exprimé et redonné les orientations pour un renouveau de la civilisation de l'Europe chrétienne. Il a défoncé les portes infernales de la culture chrétienne en Occident; il a libéré les voies de la raison alliée objective de la foi. Il aura également remis l'Église là où elle n'aurait jamais du déchoir, c'est-à-dire reprendre sa place, toute sa place dans les débats intellectuels qui traversent toutes les sociétés face à la mondialisation et ses dérives hédonistes, ses dérives si radicalement opposées à la loi morale naturelle. L'Église est debout au rendez-vous de tous les défis...

Conclusion ... !

Il n'est pas possible de conclure sur ces trois années d'un pontificat si dense et dont l'éclat est tout intérieur. Nous avons choisi des thématiques qui nous ont semblé majeures, il y en a d'autres certainement; il fallait faire un choix et c'est toujours cruel. Nous voudrions toutefois terminer sur une note de joie, de bonheur allègre et dans la lumière de l'Espérance. Ce pontificat reprend là où le précédent fut arrêté : mettre l'Église sur la voie de l'intériorité, spiritualiser ses propres institutions. Le triomphe de l'Église n'est certainement pas celui qu'on imagine dans la lumière orgueilleuse du Grand Siècle, non! Non, le triomphe de l'Église s'établira dans une kénose aussi absolue que possible selon l'exemple de son Époux: Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu. L'Église ne sera belle que pour autant qu'elle sera humble, vivant d'une pauvreté intérieure aussi fondée que celle qui constitue la nature même du Dieu Trine. Prions pour que tous les membres de l'Église Catholique Apostolique et Romaine réalisent et contribuent à ce nouvel essor, car de leur engagement fidèle et sincère pourrait bien dépendre leur salut.
Le pape Benoît XVI est le Père commun universel, aimons-le en fils et filles amantes, défendons-le sans faiblesse et dans la charité, répandons ses enseignements, défendons-le pour tout où c'est nécessaire. Nous sommes des hommes et des femmes libres, libres de l'amour de Jésus et de Marie, libre de cette liberté arrachée par le sang des martyrs qui ne cesse de couler... Fiers d'être catholiques.

Regarder la vidéo ► Trois années de pontificat


Sources : lescatholiques.free.fr - Pierre-Charles Aubrit Saint Pol

19.04.2008 - T/Benoît XVI

Allocution de Benoît XVI à l'ONU

Posté le 19.04.2008 par auto23652
Allocution de Benoît XVI à l’Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies


Cité du Vatican, le 18 avril 2008 - (E.S.M.) - Le pape Benoît XVI est arrivé ce matin à New York où il était attendu à l’Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies. Voici le discours que le Saint-Père a adressé devant l'assemblée de l'ONU.

Allocution de Benoît XVI à l’Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies à New York

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

En m’adressant à cette Assemblée, j’aimerais avant tout vous exprimer, Monsieur le Président, ma vive reconnaissance pour vos aimables paroles. Ma gratitude va aussi au Secrétaire général, Monsieur Ban Ki-moon, qui m’a invité à venir visiter le Siège central de l’Organisation, et pour l’accueil qu’il m’a réservé. Je salue les Ambassadeurs et les diplomates des Pays membres et toutes les personnes présentes. À travers vous, je salue les peuples que vous représentez ici. Ils attendent de cette institution qu’elle mette en œuvre son inspiration fondatrice, à savoir constituer un « centre pour la coordination de l’activité des Nations unies en vue de parvenir à la réalisation des fins communes » de paix et de développement (cf. Charte des Nations unies, art. 1.2-1.4). Comme le Pape Jean-Paul II l’exprimait en 1995, déclare Benoît XVI, l’Organisation devrait être un « centre moral, où toutes les nations du monde se sentent chez elles, développant la conscience commune d’être, pour ainsi dire, une famille de nations » (Message à l’Assemblée générale des Nations unies pour le 50e anniversaire de la fondation, New York, 5 octobre 1995).

À travers les Nations unies, les États ont établi des objectifs universels qui, même s’ils ne coïncident pas avec la totalité du bien commun de la famille humaine, n’en représentent pas moins une part fondamentale. Les principes fondateurs de l’Organisation – le désir de paix, le sens de la justice, le respect de la dignité de la personne, la coopération et l’assistance humanitaires – sont l’expression des justes aspirations de l’esprit humain et constituent les idéaux qui devraient sous-tendre les relations internationales. Comme mes prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II l’ont affirmé depuis cette même tribune, tout cela fait partie de réalités que l'Église catholique et le Saint-Siège considèrent avec attention et intérêt, voyant dans votre activité un exemple de la manière dont les problèmes et les conflits qui concernent la communauté mondiale peuvent bénéficier d’une régulation commune. Les Nations unies concrétisent l’aspiration à « un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale » (Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, n. 43), qui doit être inspiré et guidé par le principe de subsidiarité et donc être capable de répondre aux exigences de la famille humaine, grâce à des règles internationales efficaces et à la mise en place de structures aptes à assurer le déroulement harmonieux de la vie quotidienne des peuples. Cela est d’autant plus nécessaire dans le contexte actuel où l’on fait l’expérience du paradoxe évident d’un consensus multilatéral qui continue à être en crise parce qu’il est encore subordonné aux décisions d’un petit nombre, alors que les problèmes du monde exigent, de la part de la communauté internationale, des interventions sous forme d’actions communes.

En effet, les questions de sécurité, les objectifs de développement, la réduction des inégalités au niveau local et mondial, la protection de l’environnement, des ressources et du climat, requièrent que tous les responsables de la vie internationale agissent de concert et soient prêts à travailler en toute bonne foi, dans le respect du droit, pour promouvoir la solidarité dans les zones les plus fragiles de la planète. Je pense en particulier à certains pays d’Afrique et d’autres continents qui restent encore en marge d’un authentique développement intégral, et qui risquent ainsi de ne faire l’expérience que des effets négatifs de la mondialisation. Dans le contexte des relations internationales, il faut reconnaître le rôle primordial des règles et des structures qui, par nature, sont ordonnées à la promotion du bien commun et donc à la sauvegarde de la liberté humaine. Ces régulations ne limitent pas la liberté. Au contraire, elles la promeuvent quand elles interdisent des comportements et des actions qui vont à l’encontre du bien commun, qui entravent son exercice effectif et qui compromettent donc la dignité de toute personne humaine. Au nom de la liberté, il doit y avoir une corrélation entre droits et devoirs, en fonction desquels toute personne est appelée à prendre ses responsabilités dans les choix qu’elle opère, en tenant compte des relations tissées avec les autres. Nous pensons ici à la manière dont les résultats de la recherche scientifique et des avancées technologiques ont parfois été utilisés. Tout en reconnaissant les immenses bénéfices que l’humanité peut en tirer, certaines de leurs applications représentent une violation évidente de l’ordre de la création, au point non seulement d’être en contradiction avec le caractère sacré de la vie, mais d’arriver à priver la personne humaine et la famille de leur identité naturelle. De la même manière, l’action internationale visant à préserver l’environnement et à protéger les différentes formes de vie sur la terre doit non seulement garantir un usage rationnel de la technologie et de la science, mais doit aussi redécouvrir l’authentique image de la création. Il ne s’agira jamais de devoir choisir entre science et éthique, mais bien plutôt d’adopter une méthode scientifique qui soit véritablement respectueuse des impératifs éthiques.

La reconnaissance de l’unité de la famille humaine et l’attention portée à la dignité innée de toute femme et de tout homme reçoivent aujourd’hui un nouvel élan dans le principe de la responsabilité de protéger. Il n’a été défini que récemment, mais il était déjà implicitement présent dès les origines des Nations unies et, actuellement, il caractérise toujours davantage son activité. Tout État a le devoir primordial de protéger sa population contre les violations graves et répétées des droits de l’homme, de même que des conséquences de crises humanitaires liées à des causes naturelles ou provoquées par l’action de l’homme. S’il arrive que les États ne soient pas en mesure d’assurer une telle protection, il revient à la communauté internationale d’intervenir avec les moyens juridiques prévus par la Charte des Nations unies et par d’autres instruments internationaux. L’action de la communauté internationale et de ses institutions, dans la mesure où elle est respectueuse des principes qui fondent l’ordre international, ne devrait jamais être interprétée comme une coercition injustifiée ou comme une limitation de la souveraineté. À l’inverse, c’est l’indifférence ou la non-intervention qui causent de réels dommages. Il faut réaliser une étude approfondie des modalités pour prévenir et gérer les conflits, en utilisant tous les moyens dont dispose l’action diplomatique et en accordant attention et soutien même au plus léger signe de dialogue et de volonté de réconciliation.

Le principe de la « responsabilité de protéger » était considéré par l’antique ius gentium comme le fondement de toute action entreprise par l’autorité envers ceux qui sont gouvernés par elle : à l’époque où le concept d’État national souverain commençait à se développer, le religieux dominicain Francisco De Vitoria, considéré à juste titre comme un précurseur de l’idée des Nations unies, décrivait cette responsabilité comme un aspect de la raison naturelle partagé par toutes les nations, et le fruit d’un droit international dont la tâche était de réguler les relations entre les peuples. Aujourd’hui comme alors, un tel principe doit faire apparaître l’idée de personne comme image du Créateur, ainsi que le désir d’absolu et l’essence de la liberté. Le fondement des Nations unies, nous le savons bien, a coïncidé avec les profonds bouleversements dont a souffert l’humanité lorsque la référence au sens de la transcendance et à la raison naturelle a été abandonnée et que par conséquent la liberté et la dignité humaine furent massivement violées. Dans de telles circonstances, cela menace les fondements objectifs des valeurs qui inspirent et régulent l’ordre international et cela mine les principes intangibles et coercitifs formulés et consolidés par les Nations unies. Face à des défis nouveaux répétés, c’est une erreur de se retrancher derrière une approche pragmatique, limitée à mettre en place des « bases communes », dont le contenu est minimal et dont l’efficacité est faible.

La référence à la dignité humaine, fondement et fin de la responsabilité de protéger, poursuit Benoît XVI, nous introduit dans la note spécifique de cette année, qui marque le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme. Ce document était le fruit d’une convergence de différentes traditions culturelles et religieuses, toutes motivées par le désir commun de mettre la personne humaine au centre des institutions, des lois et de l’action des sociétés, et de la considérer comme essentielle pour le monde de la culture, de la religion et de la science. Les droits de l’homme sont toujours plus présentés comme le langage commun et le substrat éthique des relations internationales. Tout comme leur universalité, leur indivisibilité et leur interdépendance sont autant de garanties de protection de la dignité humaine. Mais il est évident que les droits reconnus et exposés dans la Déclaration s’appliquent à tout homme, cela en vertu de l’origine commune des personnes, qui demeure le point central du dessein créateur de Dieu pour le monde et pour l’histoire. Ces droits trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au cœur de l’homme et présente dans les diverses cultures et civilisations. Détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l’interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses. La grande variété des points de vue ne peut pas être un motif pour oublier que ce ne sont pas les droits seulement qui sont universels, mais également la personne humaine, sujet de ces droits.

À la fois nationale et internationale, la vie de la communauté met clairement en évidence que le respect pour les droits et pour les garanties qui leur sont attachées sont la mesure du bien commun, utilisée pour apprécier le rapport entre justice et injustice, développement et pauvreté, sécurité et conflits. La promotion des droits de l’homme demeure la stratégie la plus efficace quand il s’agit de combler les inégalités entre des pays et des groupes sociaux, quand il s’agit aussi de renforcer la sécurité. En effet les victimes de la misère et du désespoir dont la dignité humaine est impunément violée, deviennent des proies faciles pour les tenants du recours à la violence et deviennent à leur tour des destructeurs de paix. Pourtant le bien commun que les droits de l’homme aident à réaliser ne peut pas être atteint en se contentant d’appliquer des procédures correctes ni même en pondérant des droits en opposition. Le mérite de la Déclaration universelle a été d’ouvrir à des cultures, à des expressions juridiques et à des modèles institutionnels divers la possibilité de converger autour d’un noyau fondamental de valeurs et donc de droits : mais c’est un effort qui, de nos jours, doit être encore plus soutenu face à des instances qui cherchent à réinterpréter les fondements de la Déclaration et à compromettre son unité interne pour favoriser le passage de la protection de la dignité humaine à la satisfaction de simples intérêts, souvent particuliers. La Déclaration a été adoptée comme « un idéal commun qui est à atteindre » (Préambule) et elle ne peut pas être utilisée de manière partielle, en suivant des tendances ou en opérant des choix sélectifs qui risquent de contredire l’unité de la personne humaine et donc l’indivisibilité de ses droits.

Nous constatons souvent dans les faits une prédominance de la légalité par rapport à la justice quand se manifeste une attention à la revendication des droits qui va jusqu’à les faire apparaître comme le résultat exclusif de dispositions législatives ou de décisions normatives prises par les diverses instances des autorités en charge. Quand ils sont présentés sous une forme de pure légalité, les droits risquent de devenir des propositions de faible portée, séparés de la dimension éthique et rationnelle qui constitue leur fondement et leur fin. La Déclaration universelle a en effet réaffirmé avec force la conviction que le respect des droits de l’homme s’enracine avant tout sur une justice immuable, sur laquelle la force contraignante des proclamations internationales est aussi fondée. C’est un aspect qui est souvent négligé quand on prétend priver les droits de leur vraie fonction au nom d’une perspective utilitariste étroite. Parce que les droits et les devoirs qui leur sont liés découlent naturellement de l’interaction entre les hommes, il est facile d’oublier qu’ils sont le fruit du sens commun de la justice, fondé avant tout sur la solidarité entre les membres du corps social et donc valable dans tous les temps et pour tous les peuples. C’était une intuition exprimée, dès le Ve siècle après Jésus Christ, par l’un des maîtres de notre héritage intellectuel, Augustin d’Hippone. Il enseignait que « le précepte : ‘Ce que tu ne veux pas qu’on te fasse, ne le fais pas à autrui’ ne peut en aucune façon varier en fonction de la diversité des peuples » (De Doctrina Christiana III, 14). Les droits de l’homme exigent alors d’être respectés parce qu’ils sont l’expression de la justice et non simplement en raison de la force coercitive liée à la volonté des législateurs.

Mesdames et Messieurs,

À mesure que l’on avance dans l’histoire, de nouvelles situations surgissent et l’on cherche à y attacher de nouveaux droits. Le discernement, c’est-à-dire la capacité de distinguer le bien du mal, est encore plus nécessaire quand sont en jeu des exigences qui appartiennent à la vie et à l’action de personnes, de communautés et de peuples. Quand on affronte le thème des droits, qui mettent en jeu des situations importantes et des réalités profondes, le discernement est une vertu à la fois indispensable et féconde.

Le discernement nous amène alors à souligner que laisser aux seuls États, avec leurs lois et leurs institutions, la responsabilité ultime de répondre aux aspirations des personnes, des communautés et de peuples tout entier peut parfois entraîner des conséquences rendant impossible un ordre social respectueux de la dignité de la personne et de ses droits. Par ailleurs, une vision de la vie solidement ancrée dans la dimension religieuse peut permettre d’y parvenir, car la reconnaissance de la valeur transcendante de tout homme et de toute femme favorise la conversion du cœur, ce qui conduit alors à un engagement contre la violence, le terrorisme ou la guerre, et à la promotion de la justice et de la paix. Cela favorise aussi un milieu propice au dialogue interreligieux que les Nations unies sont appelées à soutenir comme elles soutiennent le dialogue dans d’autres domaines de l’activité humaine. Le dialogue doit être reconnu comme le moyen par lequel les diverses composantes de la société peuvent confronter leurs points de vue et réaliser un consensus autour de la vérité concernant des valeurs ou des fins particulières. Il est de la nature des religions librement pratiquées de pouvoir mener de manière autonome un dialogue de la pensée et de la vie. Si, à ce niveau là aussi, la sphère religieuse est séparée de l’action politique, il en ressort également de grands bénéfices pour les personnes individuelles et pour les communautés. D’autre part, les Nations unies peuvent compter sur les fruits du dialogue entre les religions et tirer des bénéfices de la volonté des croyants de mettre leur expérience au service du bien commun. Leur tâche est de proposer une vision de la foi non pas en termes d’intolérance, de discrimination ou de conflit, mais en terme de respect absolu de la vérité, de la coexistence, des droits et de la réconciliation.

Les droits de l’homme doivent évidemment inclure le droit à la liberté religieuse, comprise comme l’expression d’une dimension à la fois individuelle et communautaire, perspective qui fait ressortir l’unité de la personne tout en distinguant clairement entre la dimension du citoyen et celle du croyant. Au cours des dernières années, l’action des Nations unies a permis que le débat public offre des points de vue inspirés par une vision religieuse dans toutes ses dimensions y compris le rite, le culte, l’éducation, la diffusion d’information et la liberté de professer et de choisir sa religion. Il n’est donc pas imaginable que des croyants doivent se priver d’une partie d’eux-mêmes – de leur foi – afin d’être des citoyens actifs. Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits. Il est d’autant plus nécessaire de protéger les droits liés à la religion s’ils sont considérés comme opposés à une idéologie séculière dominante ou à des positions religieuses majoritaires, de nature exclusive. La pleine garantie de la liberté religieuse ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion et donc la possibilité pour les croyants de participer à la construction de l’ordre social. Ils le font effectivement à l’heure actuelle par exemple à travers leur engagement efficace et généreux dans un vaste réseau d’initiatives qui va des Universités, des Instituts scientifiques et des écoles, jusqu’aux structures qui promeuvent la santé et aux organisations caritatives au service des plus pauvres et des laissés-pour-compte. Refuser de reconnaître l’apport à la société qui s’enracine dans la dimension religieuse et dans la recherche de l’Absolu – qui par nature exprime une communion entre les personnes – reviendrait à privilégier dans les faits une approche individualiste et, ce faisant, à fragmenter l’unité de la personne.

Ma présence au sein de cette Assemblée est le signe de mon estime pour les Nations unies et elle veut aussi manifester le souhait que l’Organisation puisse être toujours davantage un signe d’unité entre les États et un instrument au service de toute la famille humaine. Elle manifeste aussi la volonté de l'Église catholique d’apporter sa contribution aux relations internationales d’une manière qui permette à toute personne et à tout peuple de sentir qu’ils ont leur importance. D’une manière qui est en harmonie avec sa contribution au domaine éthique et moral et à la libre activité de sa foi, l'Église travaille aussi à la réalisation de ces objectifs à travers l’activité internationale du Saint-Siège. Le Saint-Siège a en effet toujours eu sa place dans les assemblées des Nations tout en manifestant son caractère spécifique comme sujet dans le domaine international. Comme les Nations unies l’ont récemment confirmé, le Saint-Siège apporte aussi sa contribution selon les dispositions du droit international, aidant à la définition de ce droit et y recourant.

Les Nations unies demeurent un lieu privilégié où l'Église s’efforce de partager son expérience « en humanité », qui a mûri tout au long des siècles parmi les peuples de toute race et de toute culture, et de la mettre à la disposition de tous les membres de la Communauté internationale. Cette expérience et cette activité, qui visent à obtenir la liberté pour tout croyant, cherchent aussi à assurer une protection plus grande aux droits de la personne. Ces droits trouvent leur fondement et leur forme dans la nature transcendante de la personne, qui permet aux hommes et aux femmes d’avancer sur le chemin de la foi et de la recherche de Dieu dans ce monde. Il faut renforcer la reconnaissance de cette dimension si nous voulons soutenir l’espérance de l’humanité en un monde meilleur et si nous voulons créer les conditions pour la paix, le développement, la coopération et la garantie des droits pour les générations à venir.

Dans ma récente encyclique Spe Salvi, je rappelais que « la recherche pénible et toujours nouvelle d’ordonnancements droits pour les choses humaines est le devoir de chaque génération » (n. 25). Pour les chrétiens, cette tâche trouve sa justification dans l’espérance qui jaillit de l’œuvre salvifique de Jésus Christ. C’est pourquoi l’Église est heureuse d’être associée aux activités de cette honorable Organisation qui a la responsabilité de promouvoir la paix et la bonne volonté sur toute la terre. Chers Amis, a conclu Benoît XVI, je vous remercie de m’avoir permis de m’adresser à vous aujourd’hui et je vous promets le soutien de mes prières pour que vous poursuiviez votre noble tâche.

Avant de prendre congé de cette illustre Assemblée, je voudrais adresser mes souhaits dans les langues officielles à toutes les nations qui y sont représentées :

Paix et prospérité, avec l’aide de Dieu !


Mai 68 : un regard Catholique

Posté le 07.04.2008 par auto23652
Mai 68 : un regard "catholique social"


Transformation de la société en une dissociété : le tout-à-l’ego.


Là est l’imposture de Mai 1968 : s’être présenté comme l’ennemi de la société de consommation, alors qu’il anéantissait tout ce qui freinait le triomphe de celle-ci.

L’esprit de 68 a vomi tout ce qui n’était pas le caprice individuel (d’où le célèbre slogan : « il est interdit d’interdire »). Il ouvrait ainsi la voie au matérialisme mercantile. Celui-ci allait se substituer à tout, en installant : 1. le caprice individuel comme ressort du marketing ; 2. le marketing comme seul lien du vivre-ensemble... Ainsi les slogans de 68 furent récupérés en bloc par le marketing, et ce fut la naissance de la sous-culture des années 1980-2000 : plus besoin de chercher le sens de la vie, il suffisait d’être « soi-même », de « penser avec son corps », de se contenter d’exister, de « bouger » – et finalement, d’acheter. Le marketing ne demandait rien de mieux aux consommateurs : ne plus se poser de questions, devenir dociles et ductiles.

La célébration médiatique de 68 commence. Nous avions vingt ans, ce printemps-là... Voici mon avis (Patrice de Plunkett, journaliste professionnel) quatre décennies plus tard :

[ Le texte ci-dessous, dont je suis l'auteur, est l’introduction de Liquider Mai 68 ? (Presses de la Renaissance), ouvrage collectif sous la direction de Chantal Delsol et Matthieu Grimpret. Ont aussi contribué à ce livre : Denis Tillinac, Christophe Durand, Jean Sévillia, Jean-Marie Petitclerc, Paul-Marie Coûteaux, Sarah Vajda, Antoine-Joseph Assaf, Jacques Garello, Ludovic Laloux, Elsa Godart, François Grimpret, Jean-Louis Caccomo, Pierre Guénin, Steve Frankel, Michelle d’Astier de La Vigerie, Ioanna Novicki, Dominique Folscheid, Ilios Yannakakis. En librairie le 15 avril. Blog du livre : http://liquidermai68-lelivre.blogspot.com/ ]

http://liquidermai68-lelivre.blogspot.com/

LA REPENTANCE N'EST PAS DANS L'AIR

Liquider Mai 1968 : vaste programme, eût dit de Gaulle. Il faut voir où l’on met les pieds.

Peut-on regarder 68 comme un drame politique dont on pourrait dresser le bilan, à la façon des Livres noirs du communisme et du colonialisme ?

Ce serait une erreur.

J’en témoigne. J’avais vingt ans cette année-là et j’étais sur le terrain. Étudiants « réacs » [Qui avions deux ennemis : les gens de Krivine (futurs ministres socialistes) et ceux d'Occident (futurs ministres ultralibéraux] de Nanterre et du Quartier latin, nous nous sommes bien amusés – mais sans y croire une seconde ! Nous ne sommes pas allés sur les Champs-Élysées le 30 mai. Pas un instant nous n’avons gobé que « les rouges » voulaient « prendre le pouvoir ». Ni que la « révolte étudiante » était « dirigée et exploitée par des meneurs au service d’une puissance sans visage qui agit partout à la fois dans le monde », comme l’écrivait alors Mauriac dans son bloc-notes... La panique bourgeoise nous faisait rire. La droite jouait à la contre-révolution, mais il n’y avait pas de révolution ; les cris de guerre des gauchistes sonnaient faux, leurs slogans avaient l’air d’un décor. La société qu’ils dénonçaient n’existait pas. Le danger qu’ils proclamaient (la « fascisation du capitalisme ») était imaginaire et absurde.

Mais nous qui étions dans le bain, contrairement à la droite, nous sentions qu’il y avait tout de même un esprit du mouvement de Mai : et que cet esprit était autre chose que son apparence.

On devinait un volcan qui n’était pas politique [« La majorité des centaines de milliers de personnes qui y ont participé, à différents niveaux, n’avaient ni idéologie définie ni appartenance politique… La révolution de Mai 68 fut culturelle, et non politique. » (Manuel Castells, professeur à Berkeley, La Vanguardia, 19 mai 2007).
3. Sorti en 2008.].

Sous les gesticulations pseudo-marxistes courait en réalité une fièvre irrésistible d’individualisme, vouée à brûler tout ce qui paraissait freiner encore un peu le règne de l’ego.

Mai 68 allait aider – sans le vouloir – à installer une société consumériste, fondée sur l’exploitation commerciale des pulsions du Moi les plus déshumanisantes : une société où le travail allait devenir aussi flexible que la morale, comme dans le film de Ken Loach It’s a free world [Sorti en 2008]. Cette société allait fusionner la gauche et la droite comme des gérantes du même hypermarché. Pierre Legendre l’écrira en 2001 : « Notre société prétend réduire la demande humaine aux paramètres du développement, et notamment à la consommation » [Le Monde, 23 octobre 2001] .

Pour que la société puisse devenir ce terrain vague, il fallait raser les ultimes valeurs supérieures à l’individu, les dernières « haies », les vestiges d’un art de vivre plus ancien que la bourgeoisie moderne.

Cette destruction fut l’œuvre de l’esprit de 68. Il a agi comme un incendie. Ce n’était pas difficile : les « haies » étaient desséchées par le néant moral des Trente Glorieuses... « Notre mode de vie focalisé sur le confort et l’utilitaire ne satisfait pas la jeune génération », affirmait en 1967 le journaliste italien Giorgio Bocca. Son diagnostic surestimait le mobile des jeunes, mais il était presque exact sur un point : la faillite éthique des vieux.

La prophétie de Boutang

Quelqu’un avait vu cette faillite plus nettement, en France, deux ans avant 1968. C’était le philosophe Pierre Boutang, et sa vision [La Nation française, 19 janvier 1966] a l’air d’une prophétie lorsqu’on la relit en 2008 :

« Une part de la réalité de l’homme est en train de s’évanouir, ou changer de sens ; subissant à la fois les techniques de massification (perdant de plus en plus son visage, la ressemblance avec Dieu) et la rhétorique de l’humanisme le plus vague et dégoulinant, le citoyen des démocraties modernes et développées a laissé tomber […] sa réalité d’homme, vivante et en acte. Il a cessé d’agir comme père, d’exercer comme un père une autorité familiale (or nul n’est homme s’il n’est père, dit Proudhon). […] Pour cela, les fils s’éloignent (même en restant là) et haïssent ou méprisent à la fois le fils que fut leur père, et le père qu’il n’est pas. Leur ‘‘protéïsme’’, leur capacité de désir de prendre toutes les formes animales, jusqu’au refus du visage humain et de la détermination sexuelle, n’est que le constat d’absence, mais d’absence molle et pesante, d’un être de l’homme, à l’image de Dieu, chez l’adulte. »

Ce texte de 1966 était une prémonition du processus de Mai 68 :

- d’abord la nullité morale des pères, bourgeoisie « traditionnelle » déboussolée qui s’attirait le mépris des enfants ;

- puis la dislocation psychologique des enfants, « jusqu’au refus du visage humain et de la détermination sexuelle ».

En mai 2008 ces enfants ont la soixantaine. Leur refus de naguère est devenu l’esprit d’une néo-bourgeoisie : l’âme d’un monde sans âme, où la droite et la gauche desservent par roulement – à des heures différentes – le rayon des « nouvelles mœurs » à l’enseigne du Grand N’importe Quoi. Le philosophe Bernard Stiegler conclut [Comprendre le capitalisme (Le Nouvel Observateur hors-série, mai 2007)] à leurs torts partagés :

« On a souligné un paradoxe à propos de Mai 68 : on a pensé que le capitalisme était porté par la droite, qui défend les ‘‘valeurs traditionnelles’’, et que c’est un mouvement de gauche (Mai 68) qui a voulu symboliquement détruire ces valeurs. Mais en réalité, ce qui a réellement organisé cette destruction des valeurs, c’est le capitalisme… Le capitalisme est contradictoire avec le maintien d’un surmoi… Une société sans surmoi s’autodétruit. Le surmoi, c’est ce qui donne la loi comme civilité. Un récent rapport du préfet de la Seine-Saint-Denis expliquait la violence dans les cités par cette absence de surmoi, qui se traduit alors par le passage à l’acte… »

Selon la formule d’un autre philosophe de 2008, Jean-Claude Michéa, il est « impossible de dépasser le capitalisme sur sa gauche ». Ainsi les postures dominantes aujourd’hui sont libérales-libertaires : elles cultivent les transgressions « qui servent à la bonne marche des affaires » ; « elles rompent les solidarités effectives, en isolant plus encore l’individu dans une monade où se perd ‘‘le goût des autres’’, où il n’est plus qu’un rouage. [Le Monde, 22 novembre 2002, à propos du livre de Michéa Impasse Adam Smith (Climats)] »

En détruisant le français et l’histoire à l’école, par exemple, les pédagogues post-68 ont fait table rase au profit de l’idéologie marchande – qui exploite l’amnésie et parle en basic english.

Mai 68, portier du matérialisme mercantile

Mai 68 n’est donc pas l’antithèse de 2008.

Il n’est pas l’inverse de notre société libérale-libertaire (ou ultralibérale, c’est la même chose).

Il n’est pas l’opposé de « notre monde postmoderne avec sa politique cacophonique et vide, et sa contre-culture devenue marché de masse » [Ed Vulliamy, The Observer, 30 septembre 2007]…

Au contraire : 68 en fut le point de départ ! Fausse révolution, vraie pulvérisation. Transformation de la société en une dissociété : le tout-à-l’ego. Mutation de l’homme « familial enraciné » en « individu dans la foule », sans attaches ni foyer stable... Mai 68 a lancé l’idée que toute stabilité était « fasciste », et cette diabolisation du durable [Douée pour récupérer ce qui la conteste, la rhétorique économique allait (plus tard) s’emparer de la formule « développement durable ». Mais où sont les réalisations concrètes ?] a fleuri en tous domaines. L’économique y a vu son intérêt. Le capitalisme s’y est reconnu. Ayant succédé aux pères bourgeois, les fils bourgeois ont séparé la bourgeoisie et les « valeurs traditionnelles ». Ils ont transposé 68 dans le business, comme le pubard ex-trotskiste incarné par Maurice Bénichou dans une merveille de film passée inaperçue en 1997 : La Petite Apocalypse de Costa Gavras. Ce fut l’époque où l’ex-mao François Ewald devenait le philosophe du Medef, sous la houlette d’un autre soixante-huitard passé au néocapitalisme : Denis Kessler.

Ainsi a surgi ce que Luc Boltanski et Ève Chiapello, dans leur enquête parue à la fin de la dernière année du XXe siècle, ont appelé Le nouvel esprit du capitalisme [Gallimard 1999, 843 pages.]:

« Nous avons voulu comprendre plus en détail […] pourquoi la critique […] s’éteignit brutalement vers la fin des années 70, laissant le champ libre à la réorganisation du capitalisme pendant presque deux décennies […], et pour finir, pourquoi de nombreux soixante-huitards se sentirent à l’aise dans la nouvelle société qui advenait, au point de s’en faire les porte-parole et de pousser à cette transformation. »

Quelle physionomie a cette nouvelle société ? Stiegler l’indique : « Puisque le désir est le moteur qui nous fait vivre et nous meut (ce qui détermine en profondeur notre comportement), le capitalisme de consommation cherche par tous les moyens à en prendre le contrôle pour l’exploiter comme il exploite les gisements pétrolifères : jusqu’à épuisement de la ressource… »

Mais d’abord, cette forme de capitalisme devait « détourner la libido des individus de ses objets socialement construits par une tradition, par les structures prémodernes comme l’amour de Dieu, de la patrie, de la famille. »

Boltanski et Chiapello (1999) confirmeront ainsi la vision de Boutang (1966) sur l’absence inéluctable du « père » et du familial – matrice de toute société – dans la société nouvelle :

« La famille est devenue une institution beaucoup plus mouvante et fragile, ajoutant une précarité supplémentaire à celle de l’emploi et au sentiment d’insécurité. Cette évolution est sans doute en partie indépendante de celle du capitalisme, bien que la recherche d’une flexibilité maximale dans les entreprises soit en harmonie avec une dévalorisation de la famille en tant que facteur de rigidité temporelle et géographique, en sorte que […] des schèmes similaires sont mobilisés pour justifier l’adaptabilité dans les relations de travail et la mobilité dans la vie affective… [Boltanski, op.cit] »

Alors que son idéologie prétendait « contester la société de consommation », 68 a préparé le terrain au triomphe absolu de cette société. Car le centre nerveux de l’esprit de 68 n’était pas idéologique, mais psychologique, sous la forme d’un double rejet :

- le rejet du familial (avec une virulence dont se souviennent les lecteurs du Charlie Hebdo des grandes années) ;

- le rejet du spirituel (avec la même virulence, n’en déplaise à feu Maurice Clavel qui fut seul à voir le Saint-Esprit sur les barricades du 3 mai).

Rejeter le familial et le spirituel, c’était rejeter l’essentiel de la condition humaine et nous soumettre à un sort injuste : « nous forcer à passer nous-mêmes à côté de notre propre vie, et ainsi laisser la promesse de vie s’enfuir dans la banalité pour finir dans le vide [Josef Ratzinger, notre pape Benoît XVI, La mort et l’au-delà, Fayard 1994] ». Une telle mutilation révoltait Patrick Giros, qui allait mourir à la tâche au service des SDF : « Rendez-vous compte, cette logique soixante-huitarde, que je connais parce que je suis un des fils de 68, eh bien les premières victimes qu’elle fait ce sont les petits, les jeunes, les fragiles, ceux qui ont une famille explosée, ou des fragilités psychologiques… [À la rencontre des personnes de la rue (« Aux captifs la libération »), de Jean-Guilhem Xerri, Nouvelle Cité 2007] »

Or ce rejet soixante-huitard du spirituel et du familial, est aussi le centre nerveux de la société consumériste. Celle-ci réduit le monde humain à la consommation matérielle individualiste (une fuite en avant égocentrique : une vie réduite à l’insatisfaction acheteuse). Elle ampute l’existence de dimensions qui sont les clés de la condition humaine.

Là est l’imposture de Mai 1968 : s’être présenté comme l’ennemi de la société de consommation, alors qu’il anéantissait tout ce qui freinait le triomphe de celle-ci.

L’esprit de 68 a vomi tout ce qui n’était pas le caprice individuel (d’où le célèbre slogan : « il est interdit d’interdire »). Il ouvrait ainsi la voie au matérialisme mercantile. Celui-ci allait se substituer à tout, en installant : 1. le caprice individuel comme ressort du marketing ; 2. le marketing comme seul lien du vivre-ensemble... Ainsi les slogans de 68 furent récupérés en bloc par le marketing, et ce fut la naissance de la sous-culture des années 1980-2000 : plus besoin de chercher le sens de la vie, il suffisait d’être « soi-même », de « penser avec son corps », de se contenter d’exister, de « bouger » – et finalement, d’acheter. Le marketing ne demandait rien de mieux aux consommateurs : ne plus se poser de questions, devenir dociles et ductiles.

Ces noces de Mai et du Marché auraient horrifié, dix ans plus tôt, les soixante-huitards extrêmes : ceux qui rêvaient d’abolir l’argent, d’en revenir au troc et de proclamer « l’An 01 » avec le dessinateur Gébé. Pourtant c’est ce qui est advenu... Cela n’aurait pas étonné le vieux Marx, qui félicitait le capitalisme (cent trente ans plus tôt) de son pouvoir de destruction-innovation :

« La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c'est-à-dire l'ensemble des rapports sociaux. […] Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l'époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux […] se dissolvent […] Tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée. [Manifeste de 1848] »

Les sociaux et les mondains

Alors, critiquer Mai ? Oui. Mais n’en faisons pas un prétexte. Ne disons pas que tout va bien aujourd’hui ; ou qu’il suffirait, pour que tout aille mieux, de liquider l’esprit de 68.

Je préfère être avec Benoît XVI, lorsqu’il demande que l’on change le modèle économique global [novembre 2006].

Et avec les évêques de la planète catholique, lorsqu’ils appellent à lutter contre « des injustices qui crient vers le ciel » [Synode universel, octobre 2005].

Et avec les anciens soixante-huitards qui ont lancé en France l’économie solidaire… Ceux-là ont su ne pas suivre l’esprit de 68 dans son transfert ultralibéral. En se faisant entrepreneurs sociaux, ils ont à la fois pris le contre-pied du matérialisme mercantile et de 1968 (la « déconstruction » ravageuse).

La fusion de 1968 et du consumérisme ne légitime pas le consumérisme ; le triomphe actuel du consumérisme ne nous dispense pas de chercher des solutions pour en sortir.

À gauche de la gauche, quelques-uns commencent à voir le rôle de l’esprit de 1968 dans l’hypermarché qu’est la société présente. Ainsi le journal La Décroissance [Décembre 2007] donnant la parole au maire de Grigny (Rhône), René Balme, qui accuse le slogan « interdit d’interdire » d’avoir ouvert un boulevard à la marchandisation de tout : en effet, dit-il, la libre concurrence « ne doit être bridée par rien »… Le psychiatre Jean-Pierre Lebrun ajoute : « Beaucoup de gens sont aujourd’hui dans une grande confusion, car ils croient être débarrassés des interdits. Si plus rien n’est interdit, plus rien ne veut rien dire. » Selon Lebrun, spécialiste des comportements, la « stratégie néolibérale » disloque la condition humaine en niant que les limites soient « utiles et fondatrices » ; elle fait ainsi « sauter les verrous les uns après les autres » : « Le néolibéralisme […] dans son versant consumériste donne l’illusion que l’on peut avoir accès facilement à la satisfaction de nos prétendus besoins, et cela sans aucun renoncement. Mais la vie humaine ne se résume ni à cette satisfaction, ni à ces prétendus besoins. »

Beaucoup de gens trouvent que la société de consommation ne pose aucun problème. Ce n’est pas mon avis, mais ce que vous venez de lire n’est qu’un regard personnel.

Il y a d’autres regards...

Leur diversité et leur confrontation sont un service que rend ce livre. Car l’heure vient de réparer l’un des pires dégâts collatéraux de Mai : avoir pollué l’exercice du débat dans ce pays. L’esprit de 68 ajoute en effet à ses caractéristiques celle d’être futile et manichéen en même temps. Il brandit la dérision, mais il voit le monde en noir et blanc. Camp du Bien contre camp du Mal ! Dans ce climat, les nuances disparaissent et l’échange d’idées devient impossible : il n’y a que des imprécations, des anathèmes contre les horreurs ultimes et les abominables relents dont on affuble l’adversaire. Personne n’est plus en mesure d’analyser les données, de faire la part des choses. Quarante ans après 68 on est toujours dans cette ornière : quand le professeur Alain Badiou proclame, en chaire, que « Sarkozy est le nouveau nom du pétainisme » [Dans son cours à l’ENS pendant la campagne présidentielle de 2007], c’est 1968 qui continue ; toujours la manie de l’exorcisme (« CRS - SS ») substitué au raisonnement... Et quand Jean-François Kahn fait rire tout le monde en 2007 avec cette entrée de son Abécédaire mal pensant [Plon, 2007]:

« – ‘‘Abject’’ : équivalent à ‘‘contestable’’ dans les livres de Bernard-Henri Lévy »…

…les lecteurs songent-ils que la démesure dans l’invective est un legs de Mai 68 ?

En 2006, je dînais dans une grande ville française avec le patron d’un quotidien régional et sa femme. Lui et moi avions presque le même âge. L’épouse était plus jeune. Après nous avoir écoutés évoquer le joli mois de mai, elle nous a coupé la parole :

– Au fond, la génération de 1968, vous emmerdez tout le monde depuis quarante ans ?

Nous lui avons répondu :

– C’est assez vrai.

En une époque de repentances, celle de notre génération n’a pas eu lieu et ne semble pas près de se faire.

Un psychanalyste télégénique déclare en octobre 2007 : « Je suis resté fidèle aux idéaux de 1968 ». Il explique : «J’avais 16 ans et j’ai vécu cette période comme une déflagration. La vie intime, qui jusque là était forclose, a jailli d’un coup dans la société… » Ce soixante-huitard impénitent a réussi dans l’existence (souligne Libération) : « Parisien aisé, entre un appartement dans le 3e arrondissement et des voyages en Inde avec ses enfants, il devient assez logiquement un pur bobo : ‘‘Au test du Nouvel Observateur, j’ai toutes les réponses positives, de la marque de café au lieu de vacances’’. »

Quelques jours après, Le Monde consacre une page entière à raconter le plus grand mariage de la saison. L’article s’intitule : « Carnet mondain de la nostalgie »… En effet le marié fut un héros de Mai, il est eurodéputé aujourd’hui et il a convié huit cents personnes à la noce : toute l’élite parisienne, tous anciens de 68 ! Entre autres un psychanalyste médiatique (un de plus), qui jubile et déclare à ses voisins de table : « Si on n’est pas invité ce soir, on n’existe pas socialement. »

Deux mois plus tard, un joaillier de la rue de la Paix annonce une « nouvelle collection seventies ». Sur sa pleine page de pub, on voit une top-model qui lève le poing avec un bracelet de platine et une bague de diamants ; sourcil froncé, œil dur, lèvres ouvertes comme pour un cri, la créature mime une attitude de manifestante. Derrière elle on voit un ciel bleu, sur lequel se détache – en petites capitales couleur blanc-nuage – le slogan du magasin : « militant de l’impertinence ». Le folklore de Mai est devenu un argument de vente.

Oui, 68 a changé la vie.

Non, la repentance n’est pas dans l’air.

P.P.

Sources : Patrice de Plunkett

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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 07.04.08 - T/Brèves

Le Cardinal Vingt-Trois

Posté le 22.03.2008 par auto23652
Interview du Cardinal Vingt-Trois





Le 22 mars 2008 - (E.S.M.) - Nous fêtons Pâques dimanche. Comment, dans une société française de plus en plus sécularisée, faire comprendre le sens de la « résurrection » ? C'est la première question posée au cardinal Vingt-Trois lors d'une interview dans Pèlerin.
Le Cardinal Vingt-Trois, Archevêque de Paris

Interview du Cardinal Vingt-Trois dans Pèlerin

Nous fêtons Pâques dimanche. Comment, dans une société française de plus en plus sécularisée, faire comprendre le sens de la « résurrection » ?

Notre devoir de chrétiens n’est pas de trouver une formule magique destinée à convaincre nos contemporains. En revanche, nous pouvons les aider à se poser certaines questions. En voici deux. Premièrement, que veut dire aimer ? A travers le récit de la Passion, Dieu donne une réponse : c’est être capable de se donner tout entier, d’aimer « jusqu’au bout ». Ensuite, la question de la mort et de la vie. Nous observons, à travers l’histoire, une peur commune de la mort et, actuellement, des tentatives diverses pour la dissimuler, pour éviter le choc de la mort à l’œuvre dans le monde, celle de nos proches et finalement, la nôtre... Comment réagir ? La mort est-elle la fin de tout, ou peut-elle être replacée dans un autre registre, celui de la vie ? La résurrection du Christ, c’est l’affirmation que l’amour est plus fort que la mort. Tel est notre message d’espérance à l’occasion de Pâques.

Compte tenu des rythmes actuels de vie et de travail en France, Pâques, Noël, la Pentecôte, et même le dimanche, perdent peu à peu leur caractère religieux. Cette évolution est-elle irréversible ?

Ce qui est valable dans un petit espace de sécularisation, - à savoir l’Europe occidentale -, ne l’est pas forcément à l’échelle universelle. Le mode de vie qui s’est élaboré dans nos sociétés depuis les débuts de l’ère moderne rend-il les hommes plus heureux ? Certes, ils sont moins malheureux, moins soumis aux contraintes matérielles de l’existence. Mais ont-ils pour autant progressé dans le bonheur ? Je ne le pense pas. Sinon, nous ne serions pas les champions du monde de la vente de neuroleptiques !

Commençons par votre responsabilité d’archevêque de Paris. Quelles sont vos priorités pour la capitale ?

Je souhaite prolonger l’élan missionnaire donné par mon prédécesseur, le cardinal Lustiger, dont les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), en 1997, ou l’opération Paris-Toussaint 2004 furent des points d’orgue. En décembre 2005, j’avais convié tous les catholiques parisiens à investir le champ social, la réflexion éthique, les jeunes et la famille. Nous allons achever un cycle de visites pastorales et définir des orientations communes pour l’action du diocèse de Paris. Ce travail se fera dans des « Assisse diocésaines pour la Mission » au cours de la prochaine année scolaire. Il coïncidera avec l’ouverture du Collège des Bernardins qui offrira un centre de rencontre et de dialogue sur les grandes questions de notre société.

Si la capitale est en apparence moins touchée, l’effondrement de la pratique et la crise des vocations n’épargnent pas l’Église de France, dont vous présidez depuis peu la conférence des évêques. Comment voyez-vous l’avenir ?

Certaines convictions, certaines expériences s’appliquent à tout le pays autant qu’à Paris. A commencer par la remise en cause du postulat, dominant dans les années 70, selon lequel le christianisme serait en fin de parcours. Trente ans plus tard, force est de constater qu’il n’est toujours pas enterré. Pour reprendre l’expression de l’écrivain Georges Suffert, « le cadavre de Dieu bouge encore ». Après ce constat en creux, une certitude : la Parole de Dieu a quelque chose à dire aux hommes d’aujourd’hui. Les chrétiens ne sont pas seulement les gestionnaires d’une religion sociale assurant les baptêmes, les mariages et les enterrements...

Sur quels exemples précis fondez-vous cette conviction ?

Le million de personnes présentes aux JMJ, en 1997, et le succès de Paris Toussaint 2004 ne dépendaient pas des seuls catholiques familiers de nos églises ou de nos associations. Une partie de ce public n’était pas forcément fervent ou engagé. Ainsi, lorsque l’Évangile est présenté comme une expérience vécue, et non comme un slogan publicitaire, je constate qu’il intéresse nos contemporains. Nous n’en sommes plus au temps où, dans les années 50, le christianisme n’était plus perçu comme une référence pertinente. Aujourd’hui, des intellectuels et des non-croyants s’interrogent positivement au sujet de l’Église et de ce qu’elle propose à la société.

Vous semblez dire qu’il est temps, pour les catholiques, de redresser la tête...

En tout cas, qu’ils ne soient pas en retard d’un combat ! Nous fondre dans le décor puisque plus personne ne veut nous écouter... Mener notre vie le plus honnêtement possible en préservant notre piété dans un petit sanctuaire personnel... Ces attitudes d’hier ne sont plus en phase avec la société d’aujourd’hui. Les chrétiens doivent se convaincre que l’Évangile n’est pas un produit du passé dont on gèrerait les restes le plus paisiblement possible, mais un produit d’avenir. Ni défaits, ni soumis, ni provocateurs, les chrétiens existent. Ils sont dépositaires d’une force, d’une sagesse qu’il leur faut apprendre à remettre au service des autres.
Au mois de septembre, Benoît XVI devrait se rendre en France. Notre pays joue-t-il un rôle particulier dans l’Église ?

Le pape Benoît XVI vient d’abord en pèlerinage à Lourdes, pour les 150 ans des apparitions de la Vierge Marie. Quant à la France, elle est un pays comme les autres dans la vie de l’Église. Pourtant, le regard que l’on porte sur elle depuis l’étranger est plus aiguisé. Nos qualités de réflexion suscitent en permanence l’attention, avec cette double conséquence : ce qui marche dans l’Hexagone est considéré comme prémonitoire, mais quand une expérience échoue, cela prend des allures de catastrophe...
La laïcité est une des caractéristiques de la République française. Or celle-ci a fait l’objet, ces derniers mois, de multiples déclarations de Nicolas Sarkozy. Approuvez-vous sa conception de la « laïcité positive » ?

Pour avoir entendu le président de la République s’exprimer à plusieurs reprises sur ce thème, je pense que ses convictions sont réelles. Par ailleurs, les propos qu’il a tenus à Rome ne sont pas si novateurs qu’il y paraît : quand le général De Gaulle disait au pape que « la France est une nation chrétienne », il n’exprimait pas quelque chose de très différent. L’essentiel est de pousser la société française à réfléchir : nos concitoyens veulent-ils vraiment d’une société où les religions n’apparaissent pas ? Avec la place prise par l’islam, cette question ne se pose plus comme il y a 30 ou 40 ans, lorsque le catholicisme était la référence dominante.
C’est-à-dire ?

Sans rien changer au cadre législatif, la société française est invitée à redéfinir ses « marqueurs » religieux : la neutralité de l’État, telle qu’elle se concevait lorsque 80 % de la population se reconnaissait dans le christianisme, ne recouvre plus le même sens aujourd’hui. Quant aux religions, elles ne prétendent évidemment pas jouer dans la société de 2008 le même rôle qu’au XIXème siècle ! Ceux qui persistent dans cette vision de la laïcité n’ont aucun sens des évolutions historiques. Cela porte un nom : le dogmatisme. La laïcité devient un laïcisme qui n’est plus un mode de fonctionnement des institutions, mais comme une religion en soi.
Immigration, justice, repos dominical... Des évêques, mouvements et associations catholiques ne se sont pas privés d’intervenir, ces derniers mois, pour faire valoir leurs désaccords avec des projets de réforme du gouvernement. Avez-vous le sentiment d’être entendus ?

Nous sommes entendus. Cela dit, exprimer publiquement un désaccord n’est pas une fin en soi. S’il s’agissait de se faire remarquer, je pourrais le faire toutes les semaines pour le seul plaisir de me sentir utile... Mais pour quelle efficacité ? En politique, la façon la plus efficace de progresser n’est pas forcément d’obtenir de la place dans les journaux. D’autres moyens d’action sont quotidiennement mis en oeuvre. Dans le domaine du logement par exemple, l’action des catholiques, notamment par le Secours catholique a infiniment plus de poids que des déclarations médiatiques.

En 2009, les lois de bioéthique devraient être actualisées. Quand et comment l’Église compte-t-elle participer à la réflexion ?

Tout le monde sait déjà ce que pensent les évêques sur des sujets comme la protection de l’embryon ou des personnes en fin de vie. Un groupe de travail a même été constitué au sein de notre conférence, dont les premiers résultats nous seront communiqués à Lourdes, début avril. Quel est notre but, là encore ? Aider les évêques à dialoguer avec les parlementaires de leurs diocèses. Les élus sont confrontés à des questions si nombreuses et complexes qu’ils ne peuvent pas les maîtriser toutes. Si les évêques peuvent les aider à une réflexion plus large, dégagée de la pression ambiante, cela peut faire avancer le bien commun.

Vous avez tout de même réclamé, à plusieurs reprises, que l’embryon soit « traité comme une personne » sans pour autant remettre en cause la loi dépénalisant l’IVG. Est-ce vraiment compatible ?
Ce n’est pas moi qui ai demandé que l’avortement soit dépénalisé... Cela relève de la responsabilité du législateur. En attendant, comme dans toutes les situations que nous ne maîtrisons pas, nous demandons que le principe de précaution si souvent invoqué soit appliqué et donc que l’embryon soit protégé par un statut juridique. Si je veux faire progresser la manière de traiter l’embryon, je ne pense pas que le déclenchement d’une nouvelle guerre à propos de la loi de 1975 soit la meilleure formule.

Concernant l’euthanasie, une partie de l’opinion, y compris des chrétiens, reprochent à l’Église son manque de compassion vis-à-vis des souffrances de tel ou tel relayées par les médias. Que leur répondez-vous ?

Ne nous laissons pas enfermer par l’émotion qu’engendre la médiatisation de drames individuels. La question n’est pas de désigner qui, dans ces situations, a tort ou raison, mais de savoir quelle société nous voulons. Les facultés de médecine doivent-elles enseigner à leurs étudiants des techniques de mise à mort de leurs futurs patients ? Les enfants sont-ils des objets de satisfaction que l’on peut se procurer à n’importe quel prix ? Voulons-nous, au fond, une société marchande privilégiant le désir sur toutes les autres considérations ? Il n’y aurait alors plus d’espace pour la raison. Au nom de cette dernière, évitons de légiférer à partir de situations particulières et sachons mettre en œuvre les solidarités nécessaires pour que ces personnes qui souffrent soient accompagnées dans la proximité.

Autre sujet brûlant, la lutte contre les sectes. Le changement d’approche du gouvernement - moins de prévention et plus de répression d’une part, distinction entre sectes et nouveaux mouvements religieux d’autre part - représente-t-il, selon vous, un progrès ?

Tout d’abord, la législation n’a pas été modifiée. Ensuite, qui est capable d’établir la différence entre ce qui est une secte et ce qui ne l’est pas ? Ou bien le gouvernement se transforme en tribunal d’inquisition, distinguant entre les bonnes religions et les mauvaises : on entrevoit alors les litiges que cela entraînerait... Ou bien les pouvoirs publics continuent, comme c’est le cas aujourd’hui, d’intervenir légitimement sur les questions d’ordre public et la justice sur des délits caractérisés. Lorsque la Préfecture de police autorise l’organisation d’un chemin de croix dans la rue, elle ne prend pas position sur la résurrection du Christ mais sur l’absence de trouble sur la voie publique.

Dans beaucoup de pays du monde, la liberté religieuse est remise en cause. En Irak, l’archevêque chaldéen de Mossoul a été retrouvé mort deux semaines après son enlèvement. Comment réagissez-vous ?

Avec beaucoup de peine et une grande préoccupation. Ma peine vient de ce qui est arrivé à Mgr Rahho et à ses compagnons, de ce qui menace les communautés chrétiennes en Irak et de ce que subit le peuple irakien qui est entraîné dans une spirale de violence infernale. Ma préoccupation concerne les communautés chrétiennes du Moyen-Orient et leur avenir. Leurs membres, malgré le courage dont ils font preuve, vont-ils être acculés à quitter leur terre, leurs familles et leurs pays pour survivre ? J’ai exprimé ces sentiments aux communautés chaldéennes de France dont je suis l’Ordinaire, et je les ai assurées de la prière et du soutien de nos communautés chrétiennes françaises comme je l’avais fait avec le Conseil des Églises chrétiennes en France il y a quelques jours.

Propos recueillis par Paula Boyer, Vincent Cabanac et Samuel Lieven


Sources : Diocèse de Paris

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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 22.03.08 - T/International/France

Souhaits de Benoît XVI pour Haïti

Posté le 14.03.2008 par auto23652
Benoît XVI souhaite la poursuite et l'intensification du soutien au peuple haïtien



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Cité du Vatican, le 13 mars 2008 - (E.S.M.) - Evoquant le voyage de Jean-Paul II en Haïti, il y a vingt-cinq ans, à l'occasion du congrès eucharistique national, dont le thème central était: "Il faut que quelque chose change ici", le Saint-Père s'est posé la même question que son prédécesseur: "Les choses ont-elles changé?". [/b]

Les évêques d'Haïti

Benoît XVI souhaite la poursuite et l'intensification du soutien au peuple haïtien

Synthèse du discours du Saint-Père

Le pape Benoît XVI a reçu ce matin les évêques haïtiens à la conclusion de leur visite Ad Limina, venus à Rome pour "partager avec la Curie romaine les motifs de joie et d'espérance, ainsi que d'inquiétude, vécus par le peuple de Dieu" qui est en Haïti.

Evoquant le voyage de Jean-Paul II, il y a vingt-cinq ans, à l'occasion du congrès eucharistique national, dont le thème central était: "Il faut que quelque chose change ici", le Saint-Père s'est posé la même question que son prédécesseur: "Les choses ont-elles changé?". Le pays, a-t-il alors rappelé "a connu des heures douloureuses, que l'Eglise suit avec attention: divisions, injustices, misère, chômage, éléments qui sont source de profonde inquiétude pour le peuple".

"Je demande au Seigneur -a poursuivi le Pape- de mettre au cœur de tous les Haïtiens, notamment des personnes qui ont une responsabilité sociale, le courage de promouvoir le changement et la réconciliation, afin que tous les habitants du pays aient des conditions de vie dignes et qu'ils bénéficient des biens de la terre, dans une solidarité toujours plus grande".

"Je ne peux oublier ceux qui sont obligés d'aller dans le pays voisin pour subvenir à leurs besoins. Je souhaite que la Communauté internationale poursuive et intensifie son soutien au peuple haïtien, pour lui permettre de prendre toujours davantage en main son avenir et son développement". Abordant ensuite un des soucis majeurs des pasteurs, Benoît XVI a cité "la situation de la structure familiale, rendue instable en raison de la crise que traverse le pays, mais aussi de l'évolution des mœurs et de la perte progressive du sens du mariage et de la famille, mettant sur le même plan d'autres formes d'union".

"C'est en grande partie à partir de la famille - a-t-il rappelé - que la société et l'Eglise se développent. L'attention à cet aspect de la vie pastorale est donc fondamentale, car il s'agit du lieu primordial d'éducation de la jeunesse. Je vous encourage donc - a ajouté le Pape à l'attention de ses hôtes - à soutenir les époux et les jeunes foyers par un accompagnement et une formation toujours plus appropriés, leur enseignant aussi le respect de la vie".

Puis il a encouragé les évêques d'Haïti à être attentifs à la formation permanente des prêtres: "En ayant avec eux des relations fraternelles et confiantes, vous les aiderez à exercer un ministère fécond, les invitant aussi à s'abstenir d'engagements politiques" et à fonder "leur apostolat sur leur relation au Christ, sur le mystère eucharistique qui nous rappelle que le Seigneur s'est donné totalement pour le salut du monde". Le Saint-Père les a également invités "à envisager avec les épiscopats d'autres pays la mise à disposition de formateurs expérimentés, ayant une vie sacerdotale exemplaire, pour accompagner au long des différentes étapes de leur formation". Des prêtres dont les diocèses ont besoin, dépend l'avenir de l'Eglise en Haïti. "Puissent des Eglises locales entendre cet appel et accepter de faire le don de prêtres pour vous aider dans la formation des séminaristes".

"Les écoles catholiques, malgré leurs faibles moyens, jouent un rôle important en Haïti. Elles sont appréciées par les autorités comme par la population. A travers l'enseignement, c'est la formation et la maturation des personnalités qui se réalisent, par la reconnaissance des valeurs essentielles et par la pratique des vertus. C'est aussi une conception de l'homme et de la société qui se transmet".

Enfin, le Saint-Père a salué "le travail des religieux, des religieuses et des bénévoles, souvent engagés auprès des plus pauvres et des plus déshérités de la société, montrant que, en luttant contre la pauvreté, on lutte aussi contre de nombreux problèmes sociaux qui en dépendent".

Texte intégral du discours du Saint Père ► Le pape Benoît XVI s'adresse à l'épiscopat haïtien

Tous les textes du temps de Carême ► Table Carême

Sources : www.vatican.va 080313 (620) - E.S.M.

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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 13.03.2008 - T/Benoît XVI

Décès du Grand Maître de l'Ordre Souverain Militaire de Malte,

Posté le 09.02.2008 par auto23652
Benoît XVI rend hommage à Fra'Andrew Bertie, Grand Maître de l'Ordre de Malte



Cité du Vatican, le 08 février 2008 - (E.S.M.) - Le pape Benoît XVI a envoyé un télégramme de condoléances suite au décès, survenu hier soir, du Grand Maître de l'Ordre Souverain Militaire de Malte, Son Excellence Em.ma Fra'Andrew Bertie, télégramme envoyé ce matin au Lieutenant par intérim de l'Ordre Souverain Militaire de Malte, S.E. Fra'Giacomo de la Tour du Temple de Sanguinetto :

Benoît XVI rend hommage au témoignage de Fra'Andrew Bertie, Grand Maître de l'Ordre de Malte

Le pape Benoît XVI a envoyé un télégramme de condoléances suite au décès, survenu hier soir, du Grand Maître de l'Ordre Souverain Militaire de Malte, Son Excellence Em.ma Fra'Andrew Bertie, télégramme envoyé ce matin au Lieutenant par intérim de l'Ordre Souverain Militaire de Malte, S.E. Fra'Giacomo de la Tour du Temple de Sanguinetto :

Le pape Benoît XVI "participe spirituellement à la douleur pour le décès de Son Excellence très éminente Fra'Andrew Bertie, Grand Maître de l'Ordre Souverain Militaire de Malte" et - écrit-il dans son message - désire adresser à l’ordre tout entier mes sincères condoléances et rappeler l’œuvre de l’homme influent et l’engagement généreux dans l’exercice de sa haute charge particulièrement auprès des plus nécessiteux comme l'engagement de l’amour envers l’Eglise et son lumineux témoignage des principes évangéliques". "J’invoque pour son âme la paix éternelle et accorde de tout cœur à Votre Excellence, ma bénédiction apostolique, conclut Benoît XVI.

Texte original du télégramme du Saint-Père Benoît XVI ► Italien

Le Grand Magistère annonce la disparition de Sa Hauteur Tres eminente, le 78e Grand Maître de l'Ordre Souverain Militaire Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem de Rhodes et de Malte, Fra Andrew Willoughby Ninian Bertie, survenue à Rome le 7 février 2008. Le Grand Commandeur de l’ordre de Malte, S.E Ven. Bali'Parmi Giacomo de la Tour du Temple de Sanguinetto, a été nommé Lieutenant par intérim de l’ordre et restera à la tête de l'Ordre Souverain jusqu'à l' élection du nouveau Grand Maître.

Andrew Willoughby Ninian Bertie a été le premier britannique élu Grand Maître au cours des 900 ans d'histoire de l'Ordre. Né le 15 mai 1929, il a suivi ses étudies à l'école Bénédictine Ampleforth College dans le Yorkshire, et a passé une licence en Histoire Moderne au Christ Church d'Oxford. Il a en outre fréquenté l'École d'Études Africaines et orientales à la London University. Après avoir fait son service militaire prés de la Garde Écossaise, il a travaillé comme journaliste dans le domaine financier à Londres, pour ensuite se consacrer à l'enseignement de langues modernes (français et espagnol) à la Worth School dans le Sussex. Accueilli dans l’ordre en 1956, il aprononcé ses vœux perpétuels en 1981 et a fait partie du Conseil Souverain (le gouvernement de l’ordre) pendant les sept années suivantes avant d'être élu Grand Maître le 8 avril 1988.

Fra'Andrew Bertie, qui parlait parfaitement cinq langues, a été témoin de beaucoup de changements au sein même de l'Ordre de Malte, en contribuant à moderniser ses projets humanitaires, en augmentant le nombre de membres et d'aide apportée aux pauvres et aux nécessiteux dans les pays en difficulté. Il a développé de 49 à 100 le nombre des rapports diplomatiques bilatéraux de l’ordre, dont la délicate mission est même d'offrir l'assistance aux pays en difficultés suite à des désastres naturels ou des guerres. Il a contribué à l'organisation d'importantes conférences internationales où les membres ont été invités à participer aux stratégies humanitaires de l’ordre et il s'est toujours engagé à souligner l'importante mission spirituelle d'aide aux pauvres et aux nécessiteux en donnant un exemple de vie fidèle aux principes chrétiens. Il a en outre modernisé la structure et l'administration interne de l’ordre.

Homme réfléchi et avec de nombreux centres d'intérêts, bien que' avec une discrétion toute britannique, Fra Andrew était très aimé de tous ceux qui travaillaient avec lui à ses nombreux projets. Il appréciait beaucoup la compagnie des jeunes et ses ex-étudiants lui ont souvent rendu visite au Palais Magistral à Rome. Il aimait beaucoup recevoir et parler avec les personnes engagées dans les œuvres de l'Ordre. Il a fait de nombreux voyages autour du monde pour visiter les activités humanitaires entreprises et consulter les associations nationales. Lorsque cela était possible, il passait ses congés dans sa maison de Malte, où il aimait organiser et enseigner des cours de judo pour enfants et où il s'occupait de la campagne en cultivant ses oranges dont les quatre variétés différentes était source d'orgueil, ou d'anxiété par mauvais temps.

L'Ordre de Malte reste fidèle à ses principes fondateurs qui sont : protéger la foi et servir les pauvres. Ses membres partagent cette même vocation et unissent leurs efforts pour que règnent solidarité, justice et paix, conformément aux enseignements de l'Evangile et en parfaite communion avec le Saint-Siège, « Tuitio Fidei et Obsequium Pauperum » est leur devise.


Le 2 décembre dernier, le Saint Père Benoît XVI avait rendu visite à l'hôpital romain "San Giovanni Battista" de Rome, appartenant à l'Ordre de Malte et S.A. Fra'Andrew Bertie, Prince et Grand Maître de l'Ordre Souverain Militaire de Malte était présent pour accueillir le pape ► Hommage de Benoît XVI à l'Ordre de Malte

Le 22 juin 2007, le pape Benoît XVI avait reçu en audiences SAE Fra Andrew Bertie, Prince et Grand Maître de l'Ordre souverain et militaire de Malte, entretien pendant lequel ils s'étaient entretenus entre autres du Proche Orient
► Benoît XVI reçoit SAE Fra Andrew Bertie, Prince et Grand Maître de l'Ordre de Malte

Les points évoqués lors d'une précédente rencontre entre le pape Benoît XVI et le le Grand Maître ► Benoît XVI reçoit le Grand Maître de l'Ordre de Malte.

► Benoît XVI est Bailli Grand Croix de l’Ordre de Malte

Sources: www.vatican.va - E.S.M.

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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 08.02.2008 - BENOÎT XVI

La démarche scientifique

Posté le 29.01.2008 par auto23652
Benoît XVI rappelle que toute démarche scientifique doit être une démarche d’amour




Cité du Vatican, le 28 janvier 2008 - (E.S.M.) - En fin de matinée, dans la Salle des Papes du Palais Apostolique du Vatican, le Saint Père Benoît XVI a reçu en Audience les participants à la Rencontre inter-académique.

Benoît XVI reçoit l'académie des sciences de Paris

Audience aux participants à la rencontre inter-académique promue par l'académie des sciences de Paris et l'académie pontificale des sciences

En fin de matinée, dans la Salle des Papes du Palais Apostolique du Vatican, le Saint Père Benoît XVI a reçu en Audience les participants à la Rencontre inter-académique sur le thème : « L'identité changeante de l'individu » promu par l'Académie des Sciences de Paris et de l' Académie Pontificale des Sciences. À notre époque où le développement des sciences attire et séduit par les possibilités offertes, il importe plus que jamais d’éduquer les consciences de nos contemporains, pour que la science ne devienne pas le critère du bien, et que l’homme soit respecté comme le centre de la création et qu’il ne soit pas l’objet de manipulations idéologiques, ni de décisions arbitraires ni non plus d’abus des plus forts sur les plus faibles''.

C’est l’appel prononcé par Benoît XVI pendant l'audience, tenue dans la Salle des Papes du Palais Apostolique, accordée aux participants à la rencontre inter-académique ''l'identité changeante de l'individu'', qui s'est déroulée à Paris les 24 et 25 janvier par l'initiative de l'Académie des Sciences morales et politiques et de l'Académie des Sciences de France, avec l'Académie Pontificale des Sciences. Le Saint-Père a voulu mettre en garde contre des ''dangers dont nous avons pu connaître les manifestations au cours de l’histoire humaine, et en particulier au cours du vingtième siècle''.

''Tout le chemin scientifique - a averti le Saint Père - doit aussi être une démarche d’amour, appelée à se mettre au service de l’homme et de l’humanité, et à apporter sa contribution à la construction de l’identité des personnes''.

Texte intégral du discours du Saint-Père

Messieurs les Chanceliers,
Excellences,
Chers Amis Académiciens,
Mesdames et Messieurs,

C’est avec plaisir que je vous accueille au terme de votre Colloque qui s’achève ici à Rome, après s’être déroulé à l’Institut de France, à Paris, et qui fut consacré au thème « L’identité changeante de l’individu ». Je remercie tout d’abord le Prince Gabriel de Broglie pour les paroles d’hommage par lesquelles il a voulu introduire notre rencontre. Je voudrais également saluer les membres de toutes les institutions sous l’égide desquelles ce Colloque a été organisé: l’Académie pontificale des Sciences et l’Académie pontificale des Sciences sociales, l’Académie des Sciences morales et politiques, l’Académie des Sciences, l’Institut Catholique de Paris. Je me réjouis que, pour la première fois, une collaboration inter-académique de cette nature ait pu s’instaurer, ouvrant la voie à de larges recherches pluridisciplinaires toujours plus fécondes.

Alors que les sciences exactes, naturelles et humaines sont parvenues à de prodigieuses avancées sur la connaissance de l’homme et de son univers, la tentation est grande de vouloir circonscrire totalement l’identité de l’être humain et de l’enfermer dans le savoir que l’on peut en avoir. Pour ne pas s’engager sur une telle voie, il importe de faire droit à la recherche anthropologique, philosophique et théologique, qui permet de faire apparaître et de maintenir en l’homme son mystère propre, car aucune science ne peut dire qui est l’homme, d’où il vient et où il va. La science de l’homme devient donc la plus nécessaire de toutes les sciences. C’est ce qu’exprimait Jean-Paul II dans l’encyclique Fides et ratio: « Un grand défi qui se présente à nous est celui de savoir accomplir le passage, aussi nécessaire qu’urgent, du phénomène au fondement. Il n’est pas possible de s’arrêter à la seule expérience; même quand celle-ci exprime et rend manifeste l’intériorité de l’homme et sa spiritualité, il faut que la réflexion spéculative atteigne la substance spirituelle et le fondement sur lesquels elle repose » (n. 83). L’homme est toujours au-delà de ce que l’on en voit ou de ce que l’on en perçoit par l’expérience. Négliger le questionnement sur l’être de l’homme conduit inévitablement à refuser de rechercher la vérité objective sur l’être dans son intégralité et, de ce fait, à ne plus être capable de reconnaître le fondement sur lequel repose la dignité de l’homme, de tout homme, depuis la période embryonnaire jusqu’à sa mort naturelle.

Au cours de votre colloque, vous avez fait l’expérience que les sciences, la philosophie et la théologie peuvent s’aider pour percevoir l’identité de l’homme, qui est toujours en devenir. À partir d’une interrogation sur le nouvel être issu de la fusion cellulaire, qui est porteur d’un patrimoine génétique nouveau et spécifique, vous avez fait apparaître des éléments essentiels du mystère de l’homme, marqué par l’altérité : être créé par Dieu, être à l’image de Dieu, être aimé fait pour aimer. En tant qu’être humain, il n’est jamais clos sur lui-même ; il est toujours porteur d’altérité et il se trouve dès son origine en interaction avec d’autres êtres humains, comme nous le révèlent de plus en plus les sciences humaines. Comment ne pas évoquer ici la merveilleuse méditation du psalmiste sur l’être humain tissé dans le secret du ventre de sa mère et en même temps connu, dans son identité et dans son mystère, de Dieu seul, qui l’aime et le protège (cf. Ps 138 [139], 1-16).

L’homme n’est pas le fruit du hasard, ni d’un faisceau de convergences, ni de déterminismes, ni d’interactions physico-chimiques; il est un être jouissant d’une liberté qui, tout en prenant en compte sa nature, transcende cette dernière et qui est le signe du mystère d’altérité qui l’habite. C’est dans cette perspective que le grand penseur Pascal disait que « l’homme passe infiniment l’homme ». Cette liberté, qui est le propre de l’être-homme, fait que ce dernier peut orienter sa vie vers une fin, qu’il peut, par les actes qu’il pose, se diriger vers le bonheur auquel il est appelé pour l’éternité. Cette liberté fait apparaître que l’existence de l’homme a un sens. Dans l’exercice de son authentique liberté, la personne réalise sa vocation; elle s’accomplit; elle donne forme à son identité profonde. C’est aussi dans la mise en œuvre de sa liberté qu’elle exerce sa responsabilité propre sur ses actes. En ce sens, la dignité particulière de l’être humain est à la fois un don de Dieu et la promesse d’un avenir.

L’homme porte en lui une capacité spécifique : discerner ce qui est bon et bien. Mise en lui par le Créateur comme un sceau, la syndérèse le pousse à faire le bien. Mû par elle, l’homme est appelé à développer sa conscience par la formation et par l’exercice, pour se diriger librement dans l’existence, en se fondant sur les lois essentielles que sont la loi naturelle et la loi morale. À notre époque où le développement des sciences attire et séduit par les possibilités offertes, il importe plus que jamais d’éduquer les consciences de nos contemporains, pour que la science ne devienne pas le critère du bien, et que l’homme soit respecté comme le centre de la création et qu’il ne soit pas l’objet de manipulations idéologiques, ni de décisions arbitraires ni non plus d’abus des plus forts sur les plus faibles. Autant de dangers dont nous avons pu connaître les manifestations au cours de l’histoire humaine, et en particulier au cours du vingtième siècle.

Toute démarche scientifique doit aussi être une démarche d’amour, appelée à se mettre au service de l’homme et de l’humanité, et à apporter sa contribution à la construction de l’identité des personnes. En effet, comme je le soulignais dans l’encyclique Deus Caritas est, « l’amour comprend la totalité de l’existence dans toutes ses dimensions, y compris celle du temps… L’amour est ‘extase’», c’est-à-dire, «chemin, exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément vers la découverte de soi-même » (n. 6). L’amour fait sortir de soi pour découvrir et reconnaître l’autre; en ouvrant à l’altérité, il affermit aussi l’identité du sujet, car l’autre me révèle à moi-même. Tout au long de la Bible, c’est l’expérience qui, à partir d’Abraham, a été faite par de nombreux croyants. Le modèle par excellence de l’amour est le Christ. C’est dans l’acte de donner sa vie pour ses frères, de se donner totalement, que se manifeste son identité profonde et que nous avons la clé de lecture du mystère insondable de son être et de sa mission.

Confiant vos recherches à l’intercession de saint Thomas d’Aquin, que l’Église honore en ce jour et qui demeure un «authentique modèle pour ceux qui recherchent la vérité» (Fides et ratio, n. 78), je vous assure de ma prière pour vous, pour vos familles et pour vos collaborateurs, et j’accorde à tous avec affection la Bénédiction apostolique.

[Texte original: Français]

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Sources: www.vatican.va - E.S.M.

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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 28.01.2008 - BENOÎT XVI
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