Fête de N.S.Jésus-Christ Roi
27-10-2007
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Dimanche 28 octobre 2007 - Fête du Christ Roi en ce XXIIe dimanche après la Pentecôte, fête célébrée, dans le rit tridentin, le dernier dimanche d'octobre...
Introït : Dignus est Agnus
La fête du Christ-Roi a été instituée en 1925 par le Pape Pie XI pour lutter contre le laïcisme, hérésie qui prétend organiser toute la vie sur la terre comme si Dieu n'existait pas, et rappeler aux hommes que seule la soumission à la royauté de Notre Seigneur et à son enseignement peuvent ramener la paix et le bonheur dans la société. Il l'a fixée au dimanche qui précède la Toussaint, la fête du ciel, et la commémoration des défunts, prière pour les âmes du purgatoire, pour bien montrer que ce n'est pas seulement dans l'au-delà, mais sur cette terre que doit s'établir le règne du Christ. Dans le nouveau calendrier qui est suivi maintenant dans la plupart des paroisses, cette fête a été renvoyée à la fin de novembre, au dernier dimanche de l'année liturgique, après celui où on lit l'évangile de la fin du monde, ce qui semble reporter ce règne après le jugement dernier et dénature ainsi le sens de la fête. Les chants de la messe ont été composés à cette occasion en 1925, et pourtant c'est de l'authentique chant grégorien, qui n'est donc pas seulement une musique du moyen âge, mais qui est de tous les temps, comme l'Église, dont il est la prière.
Le texte de l'Introït est tiré de l'Apocalypse de saint Jean au chapitre V. C'est la grande vision de l'Agneau immolé qui est seul digne d'ouvrir le livre aux sept sceaux, ayant mérité la royauté universelle par son sacrifice. Il reçoit les louanges et les acclamations de multitudes d'anges auxquels s'unit toute la création.
Dignus est Agnus, qui occisus est, accipere virtutem, et divinitatem, et sapientiam, et fortitudinem, et honorem. Ipsi gloria et imperium in sæcula sæculorum.
Il est digne l'Agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force et l'honneur.A Lui la gloire et l'empire pour les siècles des siècles.
Cette dernière phrase est prise dans un autre passage de l'Apocalypse, au début du livre. La mélodie de cet Introït est originale, mais on y retrouve des formules habituelles à bon nombre d'autres pièces. Elle est très noble et solennelle. On remarquera la magnifique progression des substantifs depuis virtutem jusqu'à honorem, culminant au début de la deuxième phrase sur le sommet de la pièce Ipsi gloria, (à lui la gloire).
Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 71, grand psaume messianique que nous allons retrouver au Graduel.
Deus, judicium tuum Regi da : et justitiam tuam Filio Regis.
Dieu, donnez au Roi votre jugement et au Fils du Roi votre justice.
Graduel : Dominabitur
Le texte du Graduel de la fête du Christ-Roi est tiré du psaume 71, un des grands psaumes messianiques dont nous avons entendu le début comme verset de l'Introït. Il célèbre la puissance et la justice du roi d'Israël dont le prestige et la renommée s'étendent à tout l'univers connu. Le roi d'Israël, est la figure du Messie dont les versets réunis ici chantent la royauté universelle.
Dominabitur a mari usque ad mare, et a flumine usque ad terminos orbis terrarum. Et adorabunt eum omnes reges terræ : omnes gentes servient ei.
Son pouvoir s'étendra d'une mer à l'autre et depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre. Tous les rois de la terre l'adoreront, toutes les nations le serviront
C'est bien le Christ Roi, dont l'empire s'étend d'une mer à l'autre et à partir du fleuve, peut-être l'Euphrate, ou le Jourdain, jusqu'aux extrémités de la terre. C'est Lui que tous les puissants de la terre doivent adorer et servir en se soumettant à sa loi. Ce texte nous rappelle évidemment la fête de l'Épiphanie où l'on retrouve à plusieurs reprises le psaume 71, et l'on ne s'étonnera donc pas que l'on ait repris pour ce Graduel la mélodie de celui de l'Épiphanie qui s'adapte très bien au texte de ce jour. Comme celle de tous les Graduels, elle est très ornée avec de grandes vocalises, et de plus très affirmative avec des élans pleins d'enthousiasme.
Alléluia : Potestas ejus
Comme celui de l'Introït, le texte de l'Alléluia de la fête du Christ-Roi est tiré d'une apocalypse, mais de l'Ancien Testament cette fois, celle du prophète Daniel dont saint Jean, qui connaissait parfaitement bien la Bible, s'est certainement inspiré pour écrire la sienne, car il y a de nombreuses ressemblances entre les deux. Cette apocalypse de Daniel commence par la grande vision du Fils de l'homme qui vient sur les nuées du ciel. Il a été précédé par quatre bêtes plus monstrueuses les unes que les autres qui ont exercé leur pouvoir sur la terre pendant un certain temps, puis ce pouvoir a été détruit. Le pouvoir est donné ensuite au Fils de l'homme, mais ce pouvoir est éternel.
Potestas ejus potestas æterna, quæ non auferetur : et regnum ejus, quod non corrumpetur.
Son pouvoir est un pouvoir éternel, qui ne lui sera pas enlevé et son règne (sous-entendu est un règne éternel) qui ne sera pas détruit.
Le Fils de l'homme, bien entendu c'est le Christ ; il s'est lui-même à de nombreuses reprises attribué ce titre, notamment devant Caïphe. La mélodie est celle de l'Alléluia du quatrième dimanche après Pâques Christus resurgens : le Christ ressuscité ne meurt plus, la mort ne l'emportera plus sur lui. Le rapprochement entre les deux textes est évident. Cette mélodie est une magnifique acclamation ample et solennelle au Christ victorieux de la mort et de ses ennemis.
Offertoire : Postula a me
Nous retrouvons dans l'Offertoire de la fête du Christ-Roi un psaume messianique, qui est cette fois le psaume 2. Le verset précédent qui est utilisé dans la liturgie de la nuit de Noël disait : " Le Seigneur m'a dit : Tu es mon fils, moi aujourd'hui je t'ai engendré ". Il se continue par celui-ci :
Postula a me, et dabo tibi Gentes hereditatem tuam, et possessionem tuam, terminos terræ.
Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage, et pour domaine les extrémités de la terre.
Dans le psaume, il s'agit du roi d'Israël, dont par l'onction sacrée Dieu a fait son fils, c'est-à-dire son représentant sur terre pour gouverner les nations en son nom, mais il est là aussi la figure du Messie, véritable fils de Dieu à qui toutes les nations doivent être soumises. Autre rapprochement avec Noël, la mélodie de cet Offertoire emprunte ses formules à celles des Offertoires de la messe de minuit et de la messe du jour. Comme c'est généralement le cas pour les Offertoires, c'est une mélodie très intérieure, douce et contemplative. Ici on n'acclame pas, on se recueille en pensant à la royauté que Notre-Seigneur doit exercer sur nos âmes si elles sont soumises à sa volonté.
Communion : Sedebit
Le texte de l'antienne de Communion de la fête du Christ-Roi est tiré du psaume 28 qui n'est pas, lui, un psaume messianique, mais un chant de louange à Dieu pour sa majesté et sa toute-puissance. Ce verset a été choisi à cause du mot Roi qui y figure et qui s'applique aujourd'hui au Christ. De plus, il évoque la paix qui est un des bienfaits de la royauté de Notre Seigneur.
Sedebit Dominus Rex in æternum : Dominus benedicet populo suo in pace.
Le Seigneur siège sur son trône, roi pour l'éternité. Le Seigneur bénira son peuple dans la paix.
C'est une petite antienne qui est destinée normalement à accompagner le chant d'un psaume. La mélodie qui ressemble à d'autres antiennes de Communion, est pleine de simplicité, et de cette paix dont parle le texte.
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