Lettre de Paix Liturgique N° 67 du 23 octobre
..... Nous sommes en train de créer des groupes de fidèles dans chacun des arrondissements de Paris.
Si vous désirez nous rejoindre, vous pouvez vous faire connaître afin que nous puissions vous convier à nos prochaines rencontres......
►
« Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. »
Le 7 juillet dernier, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI publiait le Motu Proprio « Summorum Pontificum Cura » rappelant de manière claire la position de l’Eglise sur la question de la célébration de la liturgie traditionnelle.
Pourtant à Paris, ville de 2 500 000 habitants, rien ne bouge, du moins officiellement.
Est-ce dire que dans cette grande ville il n’existe donc aucun « groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure » ?
La question mérite d’être posée puisque Monseigneur Chauvet, Vicaire Général de l’Archevêché de Paris, affirmait le 10 octobre dernier sur les ondes de radio Notre-Dame « aujourd''hui nous avons une quinzaine simplement de demandes... de personnes privées... donc je veux dire par là qu''il n''y a pas de groupe stable, aujourd''hui nous n''avons pas de groupe stable. »Qu’il nous soit permis de penser que Monseigneur Chauvet est – au mieux – « mal informé »…
Après comme avant le Motu Proprio du 7 juillet 2007, tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes à Paris, il n’y a pas de problèmes liturgiques, la demande des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise est satisfaite…
On ne connaît hélas que trop bien cette version officielle.
Ce satisfecit liturgique qu’un certain clergé se plaît à s’attribuer sans complexe est magnifiquement exprimé dans la lettre en date du 14 septembre 2007 du Père Philippe Marsset, curé de Saint-Pierre de Montrouge, distribuée dans cette église.
A la lecture de cette lettre, le lecteur comprendra – ou devra comprendre – que la situation parisienne est convenable depuis longtemps et que seules quelques adaptations locales sont suffisantes…
► Le document recueilli à Saint-Pierre de Montrouge
Chers frères et sœurs chrétiens,
J’emploie ce vocabulaire un peu solennel pour vous exposer succinctement, comme chaque curé est invité à la faire dans sa paroisse, le sens du Motu Proprio de notre Pape au sujet de la liturgie. Ce document (qui prend effet au jour de la Croix Glorieuse, ce 14 septembre) a fait couler un peu d’encre et il nous appartient dans chaque lieu où se vit la foi catholique de clarifier son sens, son esprit. Je le ferai en reprenant en substance la lettre de notre archevêque.
1. Il n’y a aucune remise en cause de la « forme ordinaire » de la liturgie paroissiale, c''est-à-dire de la manière dont nous célébrons la messe aujourd’hui. « Ordinaire », dans le langage liturgique veut dire « habituel, commun » et non pas « banal » ! Une forme « extraordinaire » (ce qui veut dire « exceptionnelle ») est permise et n’a d’ailleurs jamais été interdite : celle du missel de 1962, dit de St Pie V. Cette messe est célébrée depuis 1988 à Paris dans trois églises : Ste Odile, St Eugène-Ste Cécile et Notre-Dame du Lys, remplacée depuis ce jour par St Germain l’Auxerrois. Dans ces trois lieux la qualité liturgique permet aux chrétiens sensibles à cette forme d’expression et fidèles à l’église de pouvoir prier habituellement sous cette forme « extraordinaire ».
2. Nous veillons depuis longtemps à St Pierre de Montrouge, à la qualité de toutes les célébrations liturgiques (Eucharisties dominicales et de semaines, sacrement du Pardon, baptême etc…). Vos échos et ceux de chrétiens de passage nous disent que cet effort n’est pas vain. Nous continuons sereinement à renforcer la beauté, l’intériorité et la joie de célébrer ensemble le Christ Ressuscité. La messe doit bien être ce lieu où nous nous donnons en vérité « la Paix du Christ » avant de communier à son corps.
3. D’un point de vue canonique, il est clair qu’un prêtre désirant aujourd’hui célébrer selon l’usage ancien doit reconnaître la « valeur et la sainteté » de la messe ordinaire (celle que nous célébrons). Autrement dit, il doit y avoir une communion de foi avec l’église et les évêques. Ce n’est pas une concession, c’est une confession et une adhésion de foi.
4. Dans ce document, Benoit XVI ouvre la possibilité de célébrer la messe selon la forme extraordinaire du rite à « un groupe stable de fidèles attachés à la tradition antérieure » qui en ferait la demande (art 5 § 1 du motu Proprio). C’est en partie pour répondre à ces besoins que ces trois paroisses parisiennes ont été choisies. Mais le pape confie à chaque curé le soin d’évaluer ce terme avec bon sens et discernement et de voir éventuellement comment lui permettre une expression dans la communion de l’église.
Il me semble que ce document du Saint-Père est une ultime étape pour montrer le problème de la fidélité à la communion ecclésiale n’est pas un problème liturgique, mais disciplinaire, dogmatique et théologique. L’ouverture de cette possibilité de célébrer la messe selon l’ancien rite révèle, de fait, aux chrétiens que cela ne peut se faire que dans la communion avec notre évêque en assumant la totalité de la Tradition Catholique et notamment du Concile Vatican II.
Pour ma part, je ne suis pas inquiet de cette mise en œuvre car je perçois un « sensum fidei », un bon sens ecclésial, ici à St Pierre de Montrouge. Je suis heureux de la manière dont nous prions ensemble et dont nous célébrons. Il est toutefois certain que si la totalité des paroissiens arrivait à l’heure à la messe, ce serait là une vraie conversion de la communauté… Mais si c’était la seule à vivre, tout irait bien. Non, ce que nous avons à apprendre, c’est le « vivre ensemble » dans une foi reçue dont nous ne sommes pas propriétaire, mais dépositaires…
Père Philippe Marsset, curé de Saint-Pierre de Montrouge (Paris)
► Commentaires
Nous avons demandé à Jacques Laffont paroissien de Saint Pierre de Montrouge de nous donner son sentiment :
Q : Que pensez-vous de ce texte ?
R : Ce texte est une provocation ! Depuis des années, tout est fait à Paris pour ne pas appliquer « généreusement et largement » le Motu Proprio… de 1988. Le Motu Proprio de Benoît XVI du 7 juillet dernier semble ne rien changer pour ces apparatchiks du diocèse… Pourtant, tout le monde à Paris sait bien que depuis des années les milliers de fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise sont bâillonnés et qu’il leur est quasiment impossible d’obtenir autre chose que le minimum minimorum concédé en 1988. Tout le monde sait bien qu''en définitive, la seule église de Paris où une vraie vie paroissiale existe avec toutes les activités et toutes les oeuvres est Saint-Nicolas du Chardonnet.
Q : Pourquoi cette réaction ?
R : Paris compte 2 500 000 habitants dont 5 % au moins sont proches de la forme extraordinaire et l’on continue à ignorer leur existence. Ce pourcentage a été vérifié par l’expérience à deux reprises (sondages CSA, organisme professionnel et indépendant). On peut, comme Monseigneur Chauvet, se convaincre que seule « 15 personnes » sont demandeuses mais la réalité est totalement différente.
Q : Mais tout de même l’évêque vient d’accorder une messe dans la belle église Saint-Germain l’Auxerrois.
R : Vous parlez « d’accorder une messe » comme si nous en étions encore au Motu Proprio Ecclesia Dei de 1988. Les temps ont changé et il serait temps d’arrêter d’appréhender la question de la célébration de la liturgie traditionnelle comme une « parenthèse miséricordieuse » ou je ne sais trop quelle concession pour attardé. Relisez donc le Motu Proprio et la lettre du Saint-Père du 7 juillet dernier.
La célébration de la forme extraordinaire du rit romain à Saint-Germain est une excellente nouvelle pour les habitants du 1er arrondissement mais cela concerne-t-il les familles de Notre-Dame du Lys (15e arrondissement) et leurs jeunes enfants ? Evidemment non, alors pourquoi "donner" une église en remplacement d''une autre ? Est-ce respectueux des personnes ? Donner une église éloignée en remplacement d’une autre, c’est là que se trouve la provocation. On sait pourtant que la demande dans le 15e arrondissement n’est déjà pas satisfaite et qu’une église plus adaptée que Notre-Dame du Lys serait nécessaire dans cet arrondissement très familial. La solution proposée par l’évêché est donc encore une fois la déportation des fidèles. A croire que les méthodes autoritaires et les basses manipulations du Père Aybram du diocèse de Nanterre font des émules. Mais attention, qui sème le vent...
Q : Que proposez-vous ?
R : Que l’évêque entame un vrai dialogue… et pas une énième manipulation, en vue de mesurer l’exact besoin des fidèles en quantité et répartition de lieux de culte traditionnels sur le sol de Paris…
Q : Pourquoi cela ne se fait-il pas ?
R : Tout simplement car le diocèse ne veut sans doute pas voir la réalité : celle que les 5 % de fidèles attachés à la liturgie du Bienheureux Jean XXIII devraient trouver au moins une célébration dominicale dans chaque arrondissement de Paris.
Q : N’est-ce pas exagérer ?
R : L’existence de Saint-Nicolas du Chardonnet (23 rue des Bernardins – 75005) avec ses 5 messes le dimanche et ses 3 messes quotidiennes en semaine, celle du centre Saint-Paul (12 rue saint Joseph – 75002) avec ses 5 messes le dimanche et ses 2 messes quotidiennes en semaine, et celle des trois églises Ecclesia Dei (Église Saint-Eugène : 4 rue du Conservatoire – 75009 ; Chapelle Notre-Dame-du-Lys : 7 rue Blomet – 75015 ; Église Sainte-Odile : 2 avenue Stéphane Mallarmé – 75017) et leurs messes dominicales révèlent une forte demande et un fort potentiel… Il suffirait alors d’organiser, par arrondissement, des réunions honnêtes, à l’instar de ce que le Père Blin, curé de Sèvres (92) a organisé le 29 septembre dernier réunissant plus de 70 personnes, pour rencontrer les fidèles plutôt que d’affirmer qu’ils n’existent pas, pour répondre à leurs attentes plutôt que de continuer à les mépriser. Ainsi, on pourrait mettre en place des célébrations dont la légitimité et le succès ne seraient contestés par personne…
Q : Je vous comprends mais depuis des années les fidèles parisiens des paroisses Ecclesia Dei semblent n’avoir pas montré beaucoup de zèle.
R : Vous devriez plutôt vous demander comment ces fidèles ont pu réussir à maintenir le peu qui leur a été concédé il y a presque 20 ans malgré les pressions, les intimidations, le chantage et les rapports de force inéquitables. Avez-vous une idée du nombre de couleuvres que ces fidèles ont dû avaler pour ne pas perdre le peu qu’ils avaient… soumis en permanence qu’ils étaient aux épées de Damoclès qui se seraient abattues sur eux s''ils avaient eu l’audace de manifester leurs besoins ou de demander plus…
Les prêtres qui les ont soutenus dans leurs justes aspirations ont tous rapidement été remerciés et envoyés vers des banlieues éloignées et souvent inhospitalières…
Q : Alors que faire ?
R : Il est temps de comprendre que les querelles liturgiques sont terminées. Le Pape nous l’a rappelé. Il nous faut agir enfin ! Nous rencontrer. Créer par arrondissement des groupes qui dans la charité iront solliciter les prêtres pour leur demander la célébration qu’ils désirent.
Q : Quelques mots de conclusion ?
Nous sommes en train de créer des groupes de fidèles dans chacun des arrondissements de Paris. Si vous désirez nous rejoindre, vous pouvez vous faire connaître afin que nous puissions vous convier à nos prochaines rencontres.
info@motuproprio75.com
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Au moment où Mgr Vingt-Trois va recevoir son chapeau de cardinal, nous espérons qu''une application large et généreuse du Motu Proprio de Benoit XVI soit permise aux nombreux prêtres de Paris qui en comprendront la nécessité pastorale, l''importance et l''urgence.
Sylvie Minpontel